Merci à Lunastrelle pour sa review !

DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.


Chapitre 29 :

Au feu !

« Et pourquoi tu ne nous as pas prévenus ? » demanda Loz, l'air vexé comme un enfant qu'on n'aurait pas prévenu que son épisode préféré était repassé à la télé hier.

Sephiroth leva les yeux au ciel. Il était arrivé hier soir à Gongaga, à l'auberge où les Incarnés avaient réservé des chambres.

Ariale se reposait dans l'une des chambres en ce moment. Il se tenait près de l'entrée de l'auberge et racontait la raison de son retard aux Incarnés, qui étaient arrivés avec une journée d'avance.

Ces derniers étaient vexés que la terrienne et leur grand frère aient combattu des terriens sans eux.

« Je te rappelle qu'on a un compte à régler avec eux ! » dit Kadaj, bien décidé à soutenir son frère.

Yazoo exprima son soutien par un hochement de tête.

« Bon, très bien ! La prochaine fois, c'est vous qui emmenez cette tête de linotte dans les airs et l'écoutez vous faire la morale ! »

Puis il s'éloigna à grands pas. Les Incarnés le regardèrent avec l'air surpris. Ils s'étaient attendus à un éclat de colère plus violent que ça. Mais non. Sephiroth semblait juste avoir exprimé à sa façon qu'il avait craqué sous le poids des arguments d'Ariale.

Kadaj l'en félicita mentalement. Il aimait de plus en plus cette fille qui avait le courage de tenir tête à l'ex-Général, et il espérait secrètement qu'un jour, lui aussi pourrait surmonter ses propres peurs pour lui dire tout ce qu'il avait sur le cœur. Il fut tiré de ses pensées par un curieux poids qui semblait rebondir sur sa tête.

« Eh ! Je m'ennuie, moi ! » dit le grommelot, en lui tapant la tête par petits bonds.

Puis il se mit à mordre, bien décidé à entamer son cuir chevelu. Énervé, Kadaj attrapa la boule de poils et la jeta par terre. Celle-ci se tourna vers lui avec l'air furieux.

« Je suis là seulement parce qu'Ariale y est aussi ! Pourquoi je dois supporter des types aussi enquiquinants que vous, hein ? ! »

« Ce serait plutôt à moi de poser cette question ! » dit Kadaj.

« Si tu t'ennuies autant d'elle, va dans sa chambre ! Qu'est-ce qui t'en empêche ? » demanda Yazoo.

« Pas question ! » dit Kadaj.

« Pffffft ! Mais pourquoi j'ai pas le droit d'y aller ? ! ? » cria le grommelot en se roulant par terre.

Yazoo fixa son frère du regard, attendant lui aussi une réponse à cette question. Mais Kadaj se contenta de pousser un soupir agacé puis de rentrer dans l'auberge.

Il allait se diriger vers la chambre qu'il partageait avec Loz quand il s'arrêta, puis alla dans celle d'Ariale. La jeune fille était allongée sur le seul lit qui occupait la pièce. Les yeux fermés, elle semblait dormir paisiblement.

Mais il s'aperçut bien vite que son sommeil n'était pas aussi paisible que ça. Même lorsqu'elle dormait, son visage affichait de la tristesse. Cela semblait une habitude chez elle.

Elle devait être heureuse avant, sur sa planète, avec sa famille et ses amis… se dit le jeune homme.

Et il l'enviait. Il aurait aimé savoir ce que cela faisait d'avoir une vraie famille et des amis.

XxXxXxXxXxXxX

Cissnei s'éveilla en sursaut. Elle avait encore rêvé de son « bref séjour » dans la Rivière de la Vie. Elle n'arrivait pas à oublier ce que Zack lui avait dit.

« Il faut que tu ailles quelque part. Tu as autre chose à faire. La planète y tient. »

Pourquoi ? Pourquoi l'avoir fait revenir à la vie ici, dans ce monde si étrange ? Qu'avait-elle à y faire ? La jeune femme regarda sa table de nuit. Dessus reposait une encyclopédie qu'une infirmière lui avait donnée hier soir, elle l'avait réclamée après le départ de son mystérieux sauveur.

Elle avait constaté, en regardant les cartes de géographie, que rien ne correspondait à ce qu'elle connaissait de son monde. Lorsqu'elle avait demandé qui dirigeait cette planète, on lui avait raconté qu'il y avait plusieurs compagnies, des continents dirigés par des tas de représentants différents avec toutes sortes de régimes, certains utilisant des systèmes de gouvernement qui auraient sans nul doute fait blanchir les cheveux du président Shinra, s'il avait entendu ça.

Ainsi, elle se trouvait sur la planète Terre, dans un pays appelé les États-Unis, dans une petite ville nommée Springfield. Drôle de nom.

Et le pire, c'était qu'ici, apparemment, personne ne croyait en la magie. Il n'y avait même pas de monstres, du moins pas grand-chose de méchant qui justifie qu'on se promène dans la rue avec un shuriken.

La jeune femme soupira. Non, vraiment, elle ne voyait pas pourquoi Zack l'avait envoyée ici.

Bientôt, la police de ce monde allait venir l'interroger, lui demander son identité. Et quand ils s'apercevront qu'elle n'était fichée nulle part… Elle finirait en prison. À moins qu'elle ne joue la carte de l'amnésie ?

« Mademoiselle ? » Cissnei leva la tête vers la porte et vit l'infirmière. « Vous avez de la visite. »

L'infirmière s'éclipsa, le jeune homme d'hier apparut dans l'entrebâillement. Cissnei haussa un sourcil curieux. Était-il de la police ? Il n'en avait pas l'air, pourtant. Mais qui était-elle pour juger les gens d'un monde qui lui était totalement inconnu ?

Il la salua d'un signe de tête et s'assit près d'elle.

« Comment vous allez ? » demanda-t-il.

« Bien. Grâce à vous. »

Il leva les yeux au ciel.

« Pour être franc, je croyais que vous étiez morte. »

« J'ai la tête dure. »

« Ouais… Et si ce n'est pas trop indiscret, qui vous a laissé comme ça, toute seule sur une route au milieu de nulle part ? »

Cissnei serra les poings, en bénissant le ciel qu'ils soient cachés sous les draps de son lit.

« Je ne sais pas. Je ne me souviens pas de grand-chose, j'avoue. »

« Hum… Il ne vous est rien arrivé de… bizarre ? Je veux dire, un truc paranormal ? »

Cissnei haussa un sourcil. Et dire que les gens d'ici affirmaient ne pas croire à la magie ! Voilà qu'elle recevait dès la matinée la visite d'un gars qui mettait le sujet sur le tapis !

« Pourquoi vous me demandez ça ? »

« Oh, bah… Rien. Au fait, vous vous appelez… ? »

« Cissnei. »

« Cissnei comment ? »

« … Je l'ignore. »

« Ah… Désolé. Moi, c'est Stan, Stan Omens. »

Soudain, des cris retentirent dans le couloir. Stan se leva et se dirigea vers la porte. Il serra les dents en voyant ce qui se passait : un plateau rempli de flacons de produits médicaux flottait au milieu du couloir, devant deux infirmières terrifiées.

« Stuart ! » siffla Stan.

C'était bien lui. Le fantôme tenait le plateau dans ses mains en ricanant.

« Ben quoi ? On peut plus rigoler ? » se plaignit le fantôme.

« T'es trop gamin, tu changeras jamais ! » dit Cyrrus, apparaissant près de lui.

Soudain, un shuriken fendit l'air et fit éclater le plateau en miettes, ainsi que son contenu qui se répandit par terre dans une grande flaque brunâtre.

Stupéfait, Stan se tourna vers Cissnei. La jeune femme se tenait près de lui, dans sa tenue de patiente d'hôpital, les jambes fléchies, le bras tendu vers son shuriken qui revint dans sa main.

« Vous fichez quoi, là ? » dit Stan, ahuri.

« Je sauve la vie de ces pauvres femmes, quelle question ! Bougez-vous, s'il y a un spectre, j'en fais mon affaire ! »

Elle croyait aux spectres ? Mais elle n'avait pas le don, sinon elle regardait Stuart et Cyrrus dans les yeux.

« Que se passe-t-il, ici ? » dit le docteur, arrivant dans le couloir.

Paniqué, Stan saisit Cissnei par les épaules et la poussa dans la chambre.

« Mais qu'est-ce que vous faites ? ! » dit la jeune femme.

« Je vous sauve la vie, une fois de plus ! Faites ce que je vous dis, ou vous allez finir chez les fous ! Pour commencer, donnez-moi ça ! » Il lui prit le shuriken des mains et le fourra dans la penderie de la chambre, puis il poussa la jeune femme sur le lit et la remit dans ses draps.

Juste à temps, le docteur venait d'entrer dans la pièce.

« On m'a dit qu'un fou armé traînait près de votre chambre ! Est-ce que tout va bien, ici ? » dit le docteur.

« Oh oui, docteur ! Je m'entretenais juste avec ma petite amie. »

« Ah bon ? Vous êtes ensemble ? Je croyais que vous ne connaissiez pas cette jeune personne ? »

Stan regarda Cissnei. Cette dernière avait la bouche grande ouverte, l'air estomaqué par le tissu de mensonges que Stan venait de débiter.

« Le coup sur la tête l'a rendue un peu amnésique, mais tu t'es enfin souvenu de mon nom ce matin, n'est-ce pas, chérie ? »

« Heu… Ou-oui… Oui… Stan… Stan chéri ! » dit la jeune femme avec un sourire crispé.

« Ah… Bon, en tout cas, j'ai fini vos examens. Vous n'avez pas besoin de traitement particulier, juste de repos. Et vous devrez combler quelques carences en vitamines avec cette prescription que je vais vous donner. Vous pourrez sortir cette après-midi, mais je voudrais que vous repassiez me voir dans la semaine. »

« Ne vous en faites pas, je prendrai soin d'elle », dit Stan en lui prenant la main.

Dès le docteur fut sorti, Cissnei dégagea sa main et le fusilla du regard.

« Mais enfin, à quel jeu jouez-vous ? ! » dit la jeune femme.

« Si vous dites aux autres que vous croyez aux spectres, vous serez traitée de dingue ! Vous êtes quoi, au juste ? Une espèce d'agent secret ? »

Cissnei se figea.

« Pourquoi m'aidez-vous ? » demanda-t-elle en détournant le regard.

Stan écarquilla les yeux. C'est vrai, pourquoi ressentait-il le besoin de l'aider depuis qu'il l'avait vue sur la route ?

« Disons que… Je sais ce que ça fait de ne pas… vraiment être dans ce monde, mais d'avoir l'esprit un peu ailleurs », répondit-il au bout d'un moment.

Haussant un sourcil, Cissnei le regarda. Qu'avait-il voulu dire, exactement ?

« Je reviens vous chercher cette après-midi, j'aurai encore des questions. Et croyez-moi, il vaudrait mieux me répondre, plutôt que d'avoir affaire à la police. Ici, ils sont méfiants avec ceux qui n'habitent pas en ville depuis leur naissance », dit Stan tout en se dirigeant vers la porte de la chambre.

Une fois seule, Cissnei réfléchit à ce qu'il venait de dire. Il n'avait pas paru très clair, mais elle avait senti comme de la tristesse dans ses mots. Comme s'il se sentait différent des autres… un peu comme elle.

Mais cela ne signifiait pas pour autant qu'elle pouvait lui faire confiance. Seulement, il venait de lui fournir une excuse pour sortir de l'hôpital et une fausse identité, en disant qu'elle était sa petite amie. Une fois dehors, elle pourrait toujours se débrouiller pour le coincer et le forcer à lui donner toutes les informations dont elle avait besoin sur ce monde pour y survivre. Comment se trouver un logement, un métier et d'autres choses. Après tout, elle n'avait pas vraiment besoin d'un shuriken pour se défendre, elle était une Turk formée depuis l'enfance.

Rassurée par ces dernières pensées, elle se remit plus à son aise dans le lit.

XxXxXxXxXxXxX

Une fois dans sa voiture, Stan se cogna la tête contre le volant. Bon sang ! Comment avait-il pu faire ça ? Inventer des mensonges pareils, dire que cette folle aux tendances meurtrières était sa petite amie ? !

« T'as toujours su t'y prendre avec les femmes, vivantes ou mortes ! » dit Cyrrus, assis derrière lui.

« Eh ! Vous, dans le coffre ! » dit Stan, en voyant que lui et Stuart étaient assis à l'arrière.

« Pas question ! On voulait juste te trouver quelques clients à l'hôpital, et tu nous remercies de cette façon ? ! » dit Stuart.

Stan leva les yeux au ciel. Et on disait que les médiums savaient comment s'y prendre avec ceux de l'autre monde !

XxXxXxXxXxXxX

Dans l'après-midi, vers seize heures, Cissnei put enfin sortir de l'hôpital. Dès qu'elle eut franchi le seuil, elle se retrouva face à la grande rue. Elle se sentait mal.

D'une part à cause de la tenue qu'elle portait : une infirmière lui avait trouvé une robe grise toute simple et des chaussures qui appartenaient à une ancienne infirmière. Elle se sentait un peu mal dans ses vêtements. Et elle se demandait où elle était. Quelle direction prendre ? Elle ne connaissait absolument rien, et n'avait même pas d'argent, du moins pas celui qu'il fallait dans ce monde-ci.

Un coup de klaxon résonna près d'elle. La jeune femme aperçut alors une voiture. Stan se trouvait à l'intérieur. Un peu rassurée, elle marcha jusqu'au véhicule et s'assit à côté de lui.

Tandis que la voiture se mit à rouler à travers la ville, un silence tendu se forma entre les deux passagers. Stan était en fait le seul à entendre, derrière Cissnei, ses deux fantômes qui commentaient la situation en riant.

« Ils sont mignons, silencieux comme ça ! » dit Stuart.

« Oui, de vrais petits collégiens ! » convint Cyrrus.

Stan aurait aimé leur dire de la fermer, mais il ne voulait pas envenimer la situation avec Cissnei.

« Bon… Vous avez faim ? » demanda-t-il.

« Oui. Mais je n'ai rien pour payer, et… »

« Ce n'est rien, je vous invite. J'ai toujours quelques questions. »

« Moi aussi », dit la jeune femme avec autorité. Elle n'avait pas envie de se laisser dominer par cet homme.

Plus tard, tous deux étaient assis à une table d'un petit restaurant en bordure de la ville, juste en face d'une forêt. Stan était soulagé que ses fantômes soient restés dans la voiture.

« Alors, vous voulez bien me dire ce qu'il s'est passé, à l'hôpital ? » dit Cissnei, ne supportant plus d'attendre.

« Eh bien… N'est-ce pas évident ? »

« Oui, mais pourquoi vous saviez que c'était une histoire de fantômes et pas le docteur ni les autres ? »

« Les gens qui ont encore un peu foi en la magie sont classés dans la catégorie des fous et finissent à l'asile. Sans parler de ceux qui se battent avec une espèce d'énorme boomerang comme vous. »

« C'est un shuriken, pas un boomerang », dit Cissnei, l'air froissé.

« Ah, désolé… Mais vous, qui êtes-vous, et d'où pouvez-vous venir pour croire à ce point en ces choses ? »

La jeune femme secoua la tête.

« Je ne sais pas… Je ne sais plus. Je viens de très loin, c'est tout ce que je peux vous dire. J'ai eu… une vie pas très glorieuse. Toute ma vie, je n'ai fait que travailler, dès mon plus jeune âge. Je n'ai même pas connu mes parents, je ne sais pratiquement rien de moi en fait. Et je n'ai réalisé qu'à la fin que mon métier m'a empêchée de vivre comme je l'aurais souhaité. On m'a punie, et fait des choses horribles… »

Stan l'écouta en silence, touché par ces mots. Elle semblait soudain si fragile…

« Maintenant, tout ce que je veux, c'est essayer de trouver un sens à ma nouvelle vie », conclut la jeune femme.

Le jeune homme réfléchit. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait envie de l'aider. Elle avait beaucoup de points communs avec lui, il s'en rendait compte en cet instant.

« Cissnei… ça va s'arranger », dit-il. Sans même s'en rendre compte, il posa la main sur la sienne. Cissnei releva brusquement la tête, stupéfaite par ce geste de réconfort inattendu.

Ses yeux noisette plongèrent dans ceux gris acier de Stan. Ils se figèrent, sans trop savoir pourquoi. Comme si leur réalité commune tissait soudain un lien entre eux.

Tout à coup, une alarme retentit, brisant le charme.

« Au feu ! Au feu ! » cria une femme en sortant des cuisines.

Tout le monde sortit aussitôt, certains comme les cuisiniers ou le gérant essayant de calmer les plus affolés des clients. Cissnei se leva et fit signe de suivre les autres, Stan près d'elle, quand il crut voir quelque chose devant la porte de la cuisine. Il se figea. Une énorme masse de flammes se tenait là, et semblait répandre le feu partout autour d'elle, sur les murs, les tables, les meubles, le plafond…

Une fois dehors, tout le monde se regroupa sur le trottoir de l'autre côté de la rue, face au restaurant. Les pompiers arrivèrent et se mirent à exécuter la manœuvre pour éteindre le feu.

Cissnei rejoignit Stan dans la foule et vit qu'il fixait l'incendie avec l'air inquiet.

« Stan ? Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda la jeune femme.

Le jeune homme la regarda, puis reporta son regard sur le restaurant. Bien sûr, elle ne pouvait pas voir ce qu'il voyait, lui : un homme en feu, au milieu du restaurant qui tombait en ruines. Le corps était calciné, desséché, et le crâne noir, avec de grandes orbites vides. Il ne manquait plus que ça ! Un fantôme pyromane !

Il se passa la main dans les cheveux d'un air las. Décidément, il avait beaucoup de travail, ces temps-ci.


Et voilà ! La suite au prochain numéro ! Qu'en pensez-vous ?