Bonjour ! Pardon d'avoir été absente aussi longtemps, mais j'ai tellement de choses à faire !

Enfin, trêve de bavardages, je sais que vous êtes impatients de lire la suite. Alors bonne lecture !

Merci à Lunastrelle pour sa review !

DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.


Chapitre 30 :

Deux mystérieux fantômes

Sur Terre

Assise à l'une des tables de la cafétéria, Cissnei sirotait un jus de fruits tout en regardant la forêt par la fenêtre. Elle réfléchissait à ce qui lui était arrivé depuis sa « mort » sur Gaïa.

L'hôpital, Stan, le restaurant qui avait pris feu… Puis leur dernière rencontre.

Cela s'était produit en fin d'après-midi. Stan lui avait demandé ce qu'elle comptait faire comme métier. La jeune femme avait hésité. Garde du corps ? Non, cela aurait fait suspect, et Stan lui avait d'ailleurs fait remarquer qu'elle avait l'air trop gentil. Cissnei ne savait pas si elle devait prendre ça comme une critique ou un compliment. Il est vrai qu'elle avait toujours paru jeune et mignonne, on lui avait souvent fait cette remarque chez les Turks. Les femmes avaient du mal à s'affirmer, il fallait une poigne de fer !

Mais la jeune femme ne voulait plus faire quoi que ce soit la rattachant à son ancienne vie. Mais à part se battre, elle ne savait pas faire grand-chose ! Stan avait alors eu une idée : puisqu'elle connaissait les arts martiaux, pourquoi ne pas en faire profiter à d'autres ?

Il l'avait conduite au gymnase de la ville. Elle avait fait une démonstration de ses talents devant les responsables, et ceux-ci avaient bien fini par admettre qu'elle était douée.

Cela faisait donc maintenant près d'une semaine que Cissnei enseignait à des enfants les arts martiaux chaque après-midi de la semaine. La jeune femme s'était surprise à aimer ce métier.

Plus besoin de tuer ni d'espionner. Elle passait son temps avec des jeunes dont la plupart s'avéraient doués. Elle était bien payée et profitait de son temps libre pour se documenter sur ce monde, Internet était très utile pour ça. Elle avait loué un appartement dans un petit coin tranquille pas très loin du gymnase.

Pourtant, quelque chose lui manquait, ou plutôt… elle n'arrivait pas à être profondément heureuse. Elle faisait sans cesse des cauchemars la nuit, où elle revoyait les scientifiques de la Shinra penchés sur elle pendant une de leurs horribles expériences, puis elle plongeait dans la Rivière de la Vie, et elle y errait, seule, dans le noir.

Soudain, l'horloge de la cafétéria la ramena à la réalité : il était dix-huit heures, elle devait y aller. Elle finit son verre puis se rendit au vestiaire pour se changer.

Mais juste devant la porte du gymnase, deux personnes ou plutôt deux fantômes discutaient. Il s'agissait de Stuart et Cyrus.

« Allez, mon vieux, ça suffit, dit Cyrus. Faut qu'on joue les durs. Pas de pitié, faut agir en professionnels, comme Charles Brantson. On ne s'arrête pas tant qu'on n'entend pas les cris, tu piges ? »

« Je suis ton homme », dit Stuart. Il regarda sa montre, puis dit : « En route ! »

« Ouais ! Allons botter quelques culs ! »

Tous deux traversèrent les murs du gymnase. Ils arrivèrent bientôt dans le bureau du directeur du gymnase. Ce dernier était penché sur l'étude de dossiers, mais dans un coin se trouvait un adorable bébé accroché à une petite balançoire spéciale.

« Allons, mon petit, cesse de sauter partout et de te comporter comme un bébé, c'est sérieux ! » dit Cyrus.

Le bébé cessa aussitôt de sauter, et le regarda avec attention.

« Maintenant, on va foutre la trouille de leur vie à ton papa. Alors, viens, mon petit, faut nous aider ! »

« Tu es notre homme ? » demanda Stuart.

Pour toute réponse, le bébé émit un rire enjoué.

« Tu vois ? Il pige ! Les gosses, ça pige toujours », dit Cyrus.

« On y va ! »

« D'accord. »

Soudain, les rires du bébé se firent plus fort. Curieux, le directeur leva les yeux. Il se figea devant la vision qui s'offrait à lui : son bébé volait ! Il flottait dans les airs, et il avait l'air d'adorer ça !

Le pauvre directeur ouvrit la bouche et balbutia : « Au… au secours ! »

Il ne pouvait pas voir Cyrus, qui tenait le bébé dans ses bras, ni Stuart à côté qui riait en regardant la tête du directeur. Mais soudain, le fantôme hippie repoussa le bébé vers Stuart en disant : « Oh, c'est pas vrai ! Il a fait popo ! »

« Oh ! Éloigne-toi de moi ! » dit Stuart, écœuré.

« Mais comment une chose aussi petite peut sentir aussi fort ? ! »

La porte s'ouvrit. Cissnei entra dans la pièce et se figea en voyant ce qui se passait. Le bébé vola directement jusque dans les bras du directeur qui hurla de peur.

Cissnei courut près du malheureux et l'aida à se redresser avec l'enfant dans les bras. Soudain, elle nota quelque chose : le bébé avait une carte dans sa main. Curieuse, elle la saisit et lut : Stan Omens, médium et enquêteur extra-lucide.

Le directeur saisit la carte, la lut puis, sans hésiter, attrapa son téléphone et composa le numéro dessus.

Une heure plus tard, Stan entra dans le bureau, une valise en cuir à la main.

« Bonjour, monsieur le directeur ! Vous m'avez appelé ? »

« Oui », dit ce dernier, son bébé dans ses bras.

Stan se figea en voyant Cissnei assise sur l'un des sièges devant le bureau. Elle le regardait avec l'air sérieux. Stuart et Cyrus étaient debout derrière elle, et n'avaient pas l'air tranquille.

« Fais gaffe, Stan ! Elle se doute de quelque chose, elle a vu la carte de visite qu'on a filée au bébé ! » dit Stuart.

« Bon… Alors, quel est le problème ? » dit Stan.

« Euh… Je ne sais pas, ça vient juste de se calmer », dit le directeur.

« Ah bon… le bureau s'est mis à tourner dans le sens des aiguilles d'une montre ? »

« Non. »

« Quelque chose s'est mis à bouger ou léviter ? »

« Oui ! Mon fils ! »

« Psychotélékinésie spontanée cyclique ! Très bien, je vais faire une évacuation ! »

Cissnei leva les yeux au ciel. Elle en avait connu une de médium, elle, une vraie ! Aéris Gainsborough. Et jamais elle n'aurait dit un truc pareil. Comment allait-il s'y prendre, en plus ? Il n'avait pas de matéria.

Elle vit sortir une espèce de radio de sa valise puis la brancher au mur, et l'activer. Elle se mit à émettre de curieuses radiations. Puis Stan sortit de la poche de son manteau… un pistolet ? ! Il appuya sur la gâchette, faisant jaillir un peu d'eau de l'arme.

« C'est de l'eau bénite », dit-il à la jeune femme.

Ahurie, Cissnei le regarda asperger les murs et les objets d'eau. D'accord, elle reconnaissait que dans son monde, on utilisait les matérias de soin pour combattre les zombies et les spectres, mais là…

Pourquoi j'ai l'impression qu'il se paie la tête du directeur ?

Elle regarda le bébé. Il fixait quelque chose dans le vide et semblait s'amuser. Elle ne pouvait pas voir Stuart, qui s'amusait à lui faire des grimaces.

Soudain, la radio s'éteignit. Une petite fente s'ouvrit sur le haut de la radio, et un mini sachet de plastique bleu foncé en sortit.

« Voilà, ça vous appartient. Six ectoplasmes. Où vous voulez que je le mette ? Les gens aiment garder un souvenir », dit Stan en le prenant délicatement entre ses doigts.

« Euh, non, merci ! Je n'ai pas très envie de garder ça ! » dit le directeur, gêné.

« Bon, alors… »

Stan ouvrit la porte des toilettes et le jeta dedans, referma le couvercle sur la cuvette puis tira la chasse d'eau.

« Vous en faites pas, ils souffrent pas ! En tout cas, c'est ce que disent les bouquins », dit Stan en tapotant le couvercle.

Une fois son chèque remis, Stan sortit de la pièce avec son matériel. Il venait d'atteindre sa voiture quand il entendit une voix derrière lui.

« Stan ! Attendez ! » dit Cissnei.

Il se retourna et regarda la jeune femme courir jusqu'à lui. Elle avait troqué ses vêtements de gym contre un jean, une chemise bleue et des chaussures noires.

« Oui, qu'est-ce qu'il y a ? »

« Comment ce bébé a pu trouver votre carte de visite au moment même où il s'est mis en lévitation ? »

Stan lança un regard gêné à ses deux copains fantômes.

« De quoi je me mêle, poil-de-carotte ? ! » répliqua Cyrus.

« Vous savez, je distribue ma carte à tous ceux qui ont perdu un être cher. Et le directeur a perdu sa femme il y a un an, dans un accident de voiture, alors… »

« Mouais… »

« Écoutez, Cissnei, c'est quoi, le problème ? Je vous ai aidée, maintenant je continue ma vie, et ma vie c'est ça : médium ! Vous gagnez votre croûte à votre manière, moi à la mienne ! »

La jeune femme fit la moue. Il est vrai qu'elle était très méfiante. Un vieux réflexe de Turk, sans doute.

Mais elle avait appris en se documentant sur ce monde que la plupart des médiums ou voyants n'étaient que des escrocs. Rien à voir avec les Cetras. Et même si Stan l'avait bien aidée, elle n'aimait pas que l'on abuse ainsi des gens.

Elle le regarda monter dans sa voiture puis s'en aller. Dans un soupir, elle rajusta la lanière de son sac sur son dos puis prit le chemin de sa propre maison.

XxXxXxXxXxXxX

Une fois chez lui, Stan se laissa tomber sur le canapé. Il avait eu chaud ! Cissnei se doutait qu'il n'était pas honnête à cent pour cent.

Il faudrait qu'il demande à Stuart et Cyrus de hanter des endroits où la jeune femme ne se rendait pas souvent. Il ouvrit l'ordinateur portable posé sur la table devant lui et se remit aux recherches qu'il effectuait avant qu'on l'appelle : le restaurant Chez Tonio qui avait pris feu, le jour où il avait invité Cissnei.

Il ouvrit d'autres dossiers. Des journaux concernant des disparitions massives de gens partout dans le monde y étaient visibles. Mais il avait aussi des photos de ces enlèvements, où on voyait des gens en costume noire les enlever. La plupart étaient floues, mais l'une d'entre elles montrait clairement un homme au physique asiatique, avec des cheveux noirs plutôt longs et un point hindou sur le front.

Soudain, Stan sentit de la sueur se former sur son front, sa chemise se mit à coller à son dos.

Il se tourna vers la fenêtre de droite pour aller l'ouvrir, quand il vit que la chose était là ! La créature des flammes qu'il avait vue !

Paniqué, Stan se leva et recula contre le mur. Impossible de l'identifier, ce n'était qu'un squelette humain noirci, recouvert par les flammes.

« Tout va brûler », dit le spectre.

« Non ! Arrêtez ! Ça suffit, vous n'êtes plus au restaurant, arrêtez ! Calmez-vous… » dit Stan en toussant, tant l'air devenait étouffant.

Les flammes parurent soudain diminuer. Le squelette se fit plus précis, il put voir une forme humaine, vêtue d'une robe rouge couverte de suie et un tablier en feu… une servante ! Son regard croisa deux yeux verts désespérés, puis la vision disparut.

L'air redevint frais dans la pièce. Stan se laissa tomber contre le mur et poussa un soupir de soulagement.

Et on dit que je suis un escroc qui ne voit pas les fantômes ! pensa-t-il avec ironie.

XxXxXxXxXxXxXxX

Sur Gaïa

Ariale ouvrit les yeux. Elle était dans une chambre. Curieux, elle ne se souvenait pourtant pas s'être endormie dans un endroit aussi coquet. Elle se rappelait encore le sauvetage des habitants de Corel dans les souterrains, la poursuite en train, Patrick prêt à la tuer…

Apparemment, Sephiroth avait réussi à la sauver peu avant l'explosion du véhicule. Elle regarda ses mains. Lorsqu'elle possédait l'esprit de l'eau, elle avait une fente nourricière sur la paume de sa main droite.

Mais maintenant, depuis qu'un autre esprit habitait son corps, elle avait retrouvé sa main telle qu'elle était autrefois. Tant mieux, cette fente l'avait toujours mise mal à l'aise.

« Ah ! Tu t'es enfin réveillée ! »

Ariale se tourna vers la table et sourit en voyant le gromelot qui la regardait avec l'air satisfait.

« Tu t'inquiétais pour moi ? » dit gentiment la jeune fille.

« Tu as dormi trois jours, j'te signale ! Les autres étaient imbuvables, surtout Kadaj ! »

Ariale fronça des sourcils. En quoi son état aurait-il pu les mettre de si mauvaise humeur ? Sans doute parce qu'ils la considéraient comme faible, tant ils étaient puissants…

La jeune fille haussa mentalement des épaules. Tant pis, elle se fichait bien de ce qu'ils pensaient d'elle, comme de tout ce qui concernait cette planète. Pourquoi éprouverait-elle de l'affection pour ce monde où elle avait perdu son enfant et son amour ?

« Ariale, est-ce que ça va ? Je t'ai fâchée ? » demanda le gromelot avec l'air inquiet.

« Non, ne t'en fais pas, je pensais à autre chose ! Bon, on sort ? »

Acquiesçant, le gromelot sauta dans la poche de sa veste. La jeune fille sortit de la chambre et descendit l'escalier. L'aubergiste était derrière son comptoir et parut soulagé en la voyant.

« Ah, enfin vous sortez de votre chambre ! J'ai cru que vous y alliez y passer tout votre séjour cloîtré ! Vos frères sont dehors, mais ils ne devraient pas tarder à revenir. »

Ariale le remercia puis sortit dehors. Cette ville était curieuse, les maisons semblaient moitié en tôle moitié en bois. Elle aperçut au loin les ruines immenses d'une espèce de grand gratte-ciel. Si elle se souvenait bien des renseignements que les argentés lui avaient donnés sur ce monde, il s'agissait d'un vieux réacteur Mako. Cet édifice était répugnant, il enlaidissait le cadre pittoresque de la ville.

Ariale prit le chemin inverse, vers la bordure menant à la forêt. Elle s'arrêta au bord de la colline et regarda le paysage s'étendant devant elle. La nuit était presque tombée, le ciel avait pris une teinte violette, mais on pouvait encore distinguer une lueur bleue au loin, autour des collines. Le soleil se couchait.

Ariale admira un moment le spectacle. Dans ces moments-là, elle oubliait tout, même qu'elle n'était plus chez elle. Pourtant, les étoiles qui apparurent bientôt dans l'obscurité lui rappelèrent cette triste réalité. Elle ne connaissait aucune des constellations qui apparaissaient dans le firmament.

Avec un soupir, elle se retourna et vit que Yazoo se tenait à quelques mètres d'elle. Nonchalamment appuyé contre le tronc d'un palmier, il la regardait.

« Ce n'est pas prudent de s'éloigner de la ville comme ça, surtout dans ton état », dit le jeune homme.

« Eh ! Je veillais sur elle, moi ! » dit le gromelot en sautant sur l'épaule de la jeune fille.

Yazoo jeta un vague regard à la créature, puis regarda Ariale. Cette dernière haussa des épaules.

« Je ne comptais pas sortir de la ville, je suis encore à la bordure », dit la jeune fille.

« Ça n'est pas prudent pour autant. Je te rappelle que toi et les tiens êtes recherchés par le WRO, la Shinra et le groupe de cet homme, Arthur. »

Ariale se pinça les lèvres. Elle avait un peu oublié tout ça, avec les derniers évènements.

« Est-ce qu'il y a eu du nouveau, à la radio ? » demanda la jeune fille, au bout d'un moment.

« Pas grand-chose. Des terriens se sont manifestés à différents endroits du globe, mais personne n'a réussi à les appréhender. »

« Tant mieux… » dit la jeune fille.

Yazoo fronça des sourcils.

« Tant mieux ? Je croyais que tu n'étais pas avec eux… ? »

« Ils ne sont pas tous du côté d'Arthur ! Aéris me l'a dit. Et puis… mes parents sont parmi eux. »

« Oh… »

Un silence s'installa quelques instants. Décidée à le briser, Ariale demanda : « Et vous quatre, au fait ? Où sont vos parents ? »

Yazoo détourna le regard un bref instant avant de répondre : « Nous l'ignorons. Pour être franc, je crois que nous n'en avons jamais vraiment eu. La Shinra nous a élevés dès notre naissance. Seul Sephiroth a eu la chance d'avoir un parent adoptif, quand il était jeune. »

« Et vous ? Pourquoi n'étiez-vous pas avec votre frère ? »

« Moi et mes frères n'avons rencontré Sephiroth qu'un mois avant toute cette histoire. Il ne nous considère pas comme des membres de sa famille. »

Ariale fit la moue. Elle comprenait de moins en moins toute cette histoire. Elle allait enchaîner avec une autre question, quand Yazoo tendit le bras en direction de la ville.

« Il faut rentrer, les autres doivent déjà être à l'auberge. Allez, viens. »

La jeune fille accepta, mais se fit une petite note mentale. Elle en reparlerait plus tard, elle était bien décidée à mettre la lumière sur toute cette histoire. Zack et Aéris lui en diraient sûrement plus.

Les deux compagnons se mirent en route le long du chemin menant à la ville. Il n'avait parcouru qu'un mètre quand un curieux cri résonna dans le vent.

« Qu'est-ce que c'était… ? » demanda le gromelot.

Yazoo dégaina sa gunblade. Ariale, elle, ne fit rien. Ce cri lui rappelait celui d'une créature de son monde.

Elle sentit soudain quelque chose bouger entre ses pieds. Elle baissa les yeux et vit que c'était comme de la brume.

Elle avançait au ras du sol à une vitesse incroyable. La jeune fille voulut délivrer ses pieds, mais ils étaient anormalement lourds, comme coincés dans de la glu blanchâtre.

Elle se tourna vers Yazoo et vit qu'il avait le même problème. Et la brume grimpait le long de leur corps, les figeant lentement mais sûrement.

« Je peux plus bouger ! » dit Ariale.

« Moi non plus… » dit Yazoo.

Il essaya de dégager sa gunblade, mais elle semblait coincée dans le nuage.

« Je vais chercher de l'aide ! » dit le gromelot.

Il bondit de l'épaule d'Ariale et atterrit sur le sol, à la limite de la brume. Il se mit à bondir en direction de l'auberge.

Ariale essaya de tirer ses bras, mais ils semblaient collés vers le bas. Soudain, le cri résonna une deuxième fois, plus près.

La jeune fille prit peur. C'était quoi, à la fin ? Quelle créature pouvait immobiliser ainsi ses victimes avant d'attaquer ?

« Yazoo, tu peux pas invoquer tes chimères ? » murmura Ariale.

« Non, j'ai déjà essayé. Cette brume bloque mes pouvoirs », dit le jeune homme sur le même ton.

Ariale aperçut soudain quelque chose dans le brouillard. Elle retint un petit cri.

« Ne bouge pas », souffla Yazoo.

La jeune fille voulut lui lancer un regard noir, mais elle ne pouvait plus tourner la tête. Comment remuer ne serait-ce que le petit doigt dans cette maudite brume gluante ? !

Une forme s'approcha. Ariale plissa les yeux. La brume rendait la créature floue, mais elle entendait nettement un bruit de sabot. La chose passa devant eux, s'arrêta et parut les regarder, tournant sa tête d'abord vers Yazoo puis vers elle.

En la voyant, la créature parut se figer. Puis soudain, elle fit demi-tour en poussant à nouveau son cri puis disparut au loin, dans le brouillard nocturne.

La brume disparut alors de leur corps. Ariale la vit couler le long d'elle, comme de l'eau quittant ses vêtements. Yazoo aussi fut dégagé.

Tous deux se retournèrent pour voir Sephiroth, Loz et Kadaj arriver en courant, le gromelot bondissant près d'eux.

« On est venu dès qu'on a pu, la brume nous ralentissait ! Vous allez bien ? » demanda Kadaj.

« Oui… Ça va », dit Yazoo.

Ariale ne répondit pas, elle continuait de fixer les bois où la créature était partie.

« Eh ! Ça va ? » demanda Kadaj en s'approchant d'elle.

« Hein ? Oh… Oui, ça va. »

« C'était quoi, ces cris qu'on a entendus ? Et cette brume… » dit Sephiroth.

« Aucune idée. Ce n'est pas un des monstres traditionnels de la Planète. Peut-être une invocation, ou un sale tour joué par un Terrien… » dit Yazoo.

« Les gens racontent qu'un fantôme hante la ville la nuit, depuis plus de deux semaines », dit Kadaj.

« Arrête, ne me dis pas que tu crois à ça ! » dit Loz.

« Je ne crois pas que c'était un fantôme », dit Ariale.

« Qu'est-ce qui te fait dire ça ? » demanda Kadaj, vexé qu'elle le contredise.

« Je ne sais pas… Je… Je ne suis pas sûre, mais… J'ai senti que ce n'était pas méchant. Ça me rappelle quelque chose de chez moi… »

« Ah ? Je croyais qu'il n'y avait pas de monstres du tout, chez toi ? » demanda Loz.

Ariale secoua la tête.

« Mouais, je dois me tromper. Laissez tomber. Bon, on rentre ? J'ai froid. »

Elle se mit en marche, suivie bientôt par les Argentés. Sephiroth regarda un instant les bois, puis les suivit, fermant la marche.

À quelques mètres d'eux, derrière les bosquets bordant la forêt, un animal les fixait de ses yeux apeurés. Il les regarda s'éloigner avec soulagement, puis se tourna tristement vers les bois inhospitaliers.


Et voilà ! Alors, vous avez aimé ?