Merci à Lunastrelle et Avana pour leurs reviews !
Avana, voici la réponse à ta question !
Bonne lecture !
DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.
Chapitre 31 :
Un tourbillon d'émotions
Ariale s'éveilla en sursaut. Elle avait encore fait un cauchemar. Elle était perdue dans le brouillard, à fuir un danger qu'elle ne connaissait pas, mais sentait d'instinct.
La jeune fille cligna des yeux, attendant qu'ils s'habituent à l'obscurité. Elle était dans l'un des chambres de l'auberge de Gongaga. Elle dormait dans un lit, le plus près de la fenêtre. Sephiroth dormait dans le second près de la porte.
Ariale perçut de légers ronflements. Ils provenaient du bas de son lit, où son gromelot dormait, pelotonné dans un coussin posé sur les couvertures rien que pour lui.
Les trois autres argentés dormaient dans une autre chambre de l'auberge.
La jeune fille se leva et marcha en silence jusqu'à la salle de bains. Elle n'alluma pas la lumière, l'obscurité lui faisait du bien, elle lui rappelait un peu les profondeurs de l'océan.
Ariale poussa un léger soupir puis ouvrit le robinet et s'aspergea le visage d'eau. Une fois cela fait, elle se retourna pour sortir, quand son regard s'arrêta sur la fenêtre de la salle de bains. Il y avait du brouillard, elle ne voyait quasiment rien au-dehors.
Du brouillard… La créature serait-elle revenue ? Comme pour confirmer ses interrogations, un cri résonna dans la nuit. La chose était revenue.
Ariale sentit son cœur battre plus vite. Elle se dirigea vers la porte de sortie de la chambre quand elle hésita. Sortir seule, sans arme ni personne, pieds nus et en chemise de nuit ? Ce n'était pas une si bonne idée que ça…
Mais la jeune fille en avait assez d'être tout le temps encadrée. Ce mystère, elle seule pouvait le résoudre, elle le sentait. Il fallait qu'elle y aille, et seule.
Décidée, elle ouvrit la porte et descendit en silence l'escalier. Elle sortit dehors.
Dès qu'elle se fut éloignée de la porte de quelques pas, la brume de la nuit l'enveloppa de son manteau bleuâtre. Curieusement, elle n'avait plus aucun mal à bouger, cette fois.
Mais la créature continuait de crier, elle pouvait l'entendre. Un mélange de peur et d'espoir l'envahit. Il fallait que ce soit ce qu'elle espérait, sinon… elle le regretterait, elle le savait !
Ariale inspira profondément, puis se mit en marche à travers le brouillard. Le contact du sol sous ses pieds la rassurait. L'esprit de la terre était en elle. Parfois, elle pouvait sentir à l'avance quand son pied allait heurter un rocher ou rencontrer un trou. Elle l'évitait alors avec facilité, puis continuait sa progression dans le brouillard.
Elle finit par entrer l'orée de la forêt. Là, dans une clairière, elle l'aperçut. Sa silhouette sombre se déplaçait en cercle dans la brume.
Ariale attendit, puis eut une idée. Elle pouvait contrôler l'eau. Et la brume était faite de vapeur. La jeune fille se concentra, puis tendit les mains devant elle, comme pour ouvrir en grand les battants d'une porte.
La brume se dissipa devant elle. Et enfin, elle put voir la créature qui effrayait tant les habitants de Gongaga. Ce n'était pas un monstre. C'était un cheval.
Un magnifique étalon blanc à la crinière argentée. Celle-ci bougeait étrangement, comme agitée par un vent invisible. Elle semblait fumer. La brume provenait de là. Ariale comprit en croisant son regard : il y avait une petite étincelle verte qui dansait dans ses yeux. L'éclat de la Mako. Cet animal avait dû être amené sur Gaïa pour subir des expériences, et avait acquis le pouvoir de créer une brume protectrice.
Il se tenait près d'un étalage de marchands où étaient rangés des sacs de pommesottes. Il avait réussi à fourrer son museau dans l'un d'eux mal fermé, et mangeait les fruits.
Évidemment, les chevaux n'existaient pas sur Gaïa, on avait donc dû le prendre pour un monstre et le pourchasser pendant tout ce temps. Et il venait hanter la ville chaque nuit dans le seul but de se nourrir.
Le cheval regarda la jeune fille un moment. Tous deux se tenaient immobiles au milieu de la brume. Finalement, avec une infinie lenteur, Ariale fit un pas en avant.
Les oreilles dressées, le cheval ne recula pas, mais se tourna un peu plus vers elle. Soudain, il leva la tête, hennit puis s'enfuit au galop vers la forêt.
« ATTENDS ! » cria Ariale.
Elle voulut lui courir après, quand elle sentit une poigne d'acier se refermer sur son poignet. Elle se retourna et vit Kadaj, son Souba à la main. Il la regardait de ses yeux étincelants de colère.
« Qu'est-ce qui t'a pris, enfin ? » dit le jeune homme.
Il ne lui laissa pas le temps de répondre, il l'entraîna derrière un buisson avec lui. Ariale comprit en entendant des bruits de pas. Des gens passèrent devant eux, des épées et des fusils à la main, avec des torches. Des chasseurs. Ils devaient traquer le « fantôme ».
Une fois qu'ils furent suffisamment loin, les jeunes gens sortirent de leur cachette.
« Bon, tu n'as rien ? » demanda Kadaj.
« Quoi ? Non, pourquoi ? »
« Tu étais seule face au monstre qu'ils traquent, je te signale. »
« Mais non, ce n'est pas un monstre ! C'est un cheval ! Un animal domestique de ma planète. »
« Un… cheval ? »
« Oui. Ce sont nos Chocobos à nous. »
« Aaah. »
Le jeune homme parut mieux comprendre.
« Et chez toi, les chevals peuvent créer de la brume paralysante ? »
« On dit des chevaux, au pluriel, et non, ils n'ont pas de pouvoirs. Celui-là a dû subir des expériences, vu qu'il n'y a que la Shinra qui peut faire venir des êtres vivants de ma planète sur la tienne. »
« Bon… Mais pourquoi tu es sortie toute seule, dans le noir ? »
« Je voulais vérifier. J'étais tellement sûre que c'était un cheval, mais en même temps… »
« Oui ? »
« Je ne sais pas… Je crois que j'avais peur. Peur de me tromper. »
Kadaj acquiesça en silence, tout en continuant de la fixer. Gênée, Ariale baissa la tête. Dans le noir, l'éclat de la Mako était plus intense dans les yeux du jeune homme. Elle avait l'impression qu'il essayait de scanner son âme au rayon X.
Soudain, des coups de feu retentirent, puis des hennissements. Ariale sentit son cœur se serrer. Non, ils n'avaient pas… ?
« Faut rentrer. On pourrait prendre une balle perdue, il y a des chasseurs partout », dit Kadaj.
Il voulut l'entraîner vers une rue, mais la jeune fille résista.
« Non ! Il faut les arrêter, ils veulent tuer une créature innocente ! »
« Mais c'est dangereux et ça ne nous regarde pas ! »
« Oh, mais bien sûr, toi, tu t'en fiches, ce n'est pas une créature de ton monde… »
Les yeux de Kadaj devinrent plus étincelants. Ariale prit peur. Elle comprit qu'elle avait dépassé les bornes.
« EH ! Je te signale que je suis sorti moi aussi sans autorisation ! Je t'ai vue depuis la fenêtre de ma chambre, je n'ai pas réveillé mes frères, je suis venu pour te sauver, alors que Sephiroth nous avait tous clairement expliqué qu'il ne fallait pas lui désobéir ! J'ai risqué ma peau pour te sauver de ce que je croyais être le piège d'un monstre, et c'est comme ça que tu me remercies ? En plus, on aura du bol si on réussit à rentrer avant que l'un d'eux ne s'aperçoive de notre absence ! »
« Alors, rentre, mais moi, je reste ! Cette créature est de ma planète, et je ne veux pas… encore perdre une chose qui me rattache à mon monde », finit-elle d'une voix brisée.
Le visage de Kadaj se radoucit en entendant ça. Marmonnant des jurons, il prit l'autre chemin, celui menant à la forêt.
« Bon, alors viens, grouille, avant qu'ils l'attrapent ! »
Ariale surmonta sa surprise et le suivit, un sourire aux lèvres. Mais tandis qu'ils évoluaient dans la forêt, elle finit par ressentir le froid. Elle ne put retenir un éternuement.
« Tais-toi, enfin ! Ils vont nous entendre », dit le jeune homme.
« Désolée », dit Ariale tout bas.
Ils firent encore quelques pas, quand un craquement résonna. Aucun d'eux n'eut le temps de se demander ce que c'était. Ils se sentirent brusquement soulevés du sol puis violemment plaqués l'un contre l'autre, avec des cordes autour d'eux.
Kadaj fut le premier à comprendre : ils avaient été pris dans un piège. Sans doute un dispositif qu'un chasseur avait installé pour le cheval.
Ils étaient dans un filet, coincés dans les airs, suspendus à un arbre. Les cordes étaient si épaisses et serrées qu'ils ne pouvaient pas bouger.
« Génial ! Et maintenant ? » dit Ariale.
Kadaj réalisa que sous la surprise, il avait lâché son Souba. Il était tombé par terre. Il essaya de dégager son bras droit, mais rien à faire. Ce maudit filet était trop serré.
« Tu fais quoi, là ? » demanda Ariale.
« Il y a une petite dague, cachée dans ma botte gauche… j'essaie de l'atteindre ! »
« Attends… j'essaie. »
Heureusement, ses bras n'étaient pas trop coincés, à elle pouvaient passer entre les mailles du filet. Elle les passa sur le torse du jeune homme, puis son dos, mais ne put descendre plus bas. Kadaj la regarda. Ariale réalisa soudain leur situation. Ils étaient collés l'un contre l'autre…
La jeune fille essaya de se concentrer sur la dague, mais il n'y avait rien à faire, ils étaient coincés ! Soudain, elle se souvint : ses griffes !
Elle les sortit, puis leva les bras et essaya d'atteindre la corde retenant le filet. Mais elle n'était pas assez grande.
« Je ne peux pas l'atteindre… ! »
« Attends, je vais t'aider », dit le jeune homme.
Il la saisit par la taille et la poussa vers le haut. Lorsque le visage d'Ariale arriva à sa hauteur, tous deux se figèrent. Leurs visages étaient si proches…
Mais, d'un geste sec, Ariale trancha la corde. Le filet se détendit aussitôt. Ils tombèrent par terre, l'un sur l'autre.
Kadaj gémit. Il était tombé sur le dos, génial ! Et Ariale l'écrasait. La jeune fille posa ses mains sur le sol pour se redresser, mais elle réalisa trop tard son erreur : elles étaient posées de chaque côté de la tête du jeune homme.
Celui-ci la regarda, les yeux brillants, mais pas de colère cette fois. Ariale se figea. Bon sang, pourquoi se sentait-elle si… troublée par ses yeux, tout à coup ?
Soudain, un autre coup de fusil les fit sursauter. Ariale se redressa d'un coup et s'éloigna vivement du jeune homme. Celui-ci se leva, regarda autour de lui et ramassa son Souba.
« On ne peut pas rester plus longtemps, c'est trop dangereux », dit-il d'une voix froide, celle du guerrier estimant le danger.
Ariale obéit et le suivit docilement jusqu'en ville. Intérieurement, elle était soulagée, mais en même temps, une partie d'elle se sentait étrangement triste, comme blessée. Il n'avait rien ressenti ? Ce qui s'était passé tout à l'heure ne signifiait donc rien pour lui ?
La jeune fille eut un sursaut mental : depuis quand n'avait-elle plus pensé à lui ? Bon sang, Dylan… Elle l'avait donc oublié avec tant de facilité, juste pendant quelques secondes, coincée dans un filet, plaquée contre un garçon ?
Pourtant, elle avait toujours mal, au fond d'elle. Jamais elle n'aurait cru qu'un jour, cela guérirait, ou même diminuerait. Comment pouvait-elle déjà penser à sortir avec quelqu'un d'autre ? Un habitant d'une autre planète, en plus ! Et qui ne ressentait sans doute rien pour elle, à en juger le détachement qu'il affichait depuis ce qui s'était passé. Pourtant, elle aurait juré avoir vu ses yeux brûler d'une lueur familière, la même que celle dans les yeux de Dylan, lorsqu'ils avaient commencé à éprouver des sentiments l'un pour l'autre…
Lorsqu'ils revinrent à l'auberge, ils prirent chacun la direction de leur chambre respective sans dire un mot.
Une chance, les autres dormaient. Ariale fila se laver un peu dans la salle de bains, puis retourna au lit.
Elle finit par s'endormir, sans se douter un seul instant que dans l'autre chambre, quelqu'un était tourmenté par le même tourbillon d'émotions qu'elle.
Et voilà ! Alors, Avana, contente ? Tu vois, une de tes suggestions était bonne !
