Merci à Lunastrelle et Avana pour leurs reviews !

Avana, je suis désolée si le type de couples te gêne pour lire l'histoire. Je suis pas la scénariste, pas vraiment, j'agis en fonction de ce qui me vient. Enfin, si tu n'aimes plus l'histoire et ne veux plus la lire, je respecterai ton choix.

Bonne lecture !

DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.


Chapitre 32 :

Une immense famille

Allongée sur son lit, Cissnei réfléchissait. Elle redoutait le moment où il faudrait les yeux pour se laisser plonger dans la douce quiétude du sommeil.

Elle ne voulait pas se retrouver à nouveau dans cette maudite ruelle où on l'attendrait, pour lui tirer dessus. Elle ne voulait pas revoir la Rivière de la Vie ni Zack.

Pourquoi m'avoir imposé ça, Zack ? Pourquoi ne pas m'avoir laissée me fondre dans la Rivière de la Vie ? Cette vie est à mourir d'ennui !

En plus, elle n'avait personne, ici. Ni famille ni amis ! Elle n'était qu'un fantôme. Comme sur Gaïa, en fait. Non, sur Gaïa, il y avait eu les autres Turks, comme Tseng, Reno et Rude… Même Zack, il était devenu un ami au fil du temps. Elle aurait aimé qu'il soit plus que ça, en réalité… Mais elle avait toujours su, au fond, qu'elle ne pourrait rivaliser avec Aéris.

Son esprit ne put s'empêcher de faire apparaître le visage de Stan. Pouvait-elle vraiment le considérer comme un ami ? Elle l'ignorait.

De dépit, elle saisit son coussin et le plaqua contre son visage, pour étouffer un gémissement. Soudain, elle s'aperçut qu'il commençait à faire chaud.

Repoussant le coussin, elle s'assit sur le lit et ôta sa chemise. Simplement vêtue d'un soutien-gorge et d'un pantalon de toile, elle se rallongea et ferma les yeux, espérant que cette chaleur assommante la ferait dormir d'un sommeil sans rêve.

Soudain, elle perçut une présence derrière elle. Elle voulut ouvrir les yeux, mais il faisait noir. Elle se retourna, et vit une femme en feu devant elle.

« C'est de votre faute si je suis coincée ici ! »

Les flammes autour d'elle parurent prendre vie et se jetèrent sur Cissnei. La jeune femme recula et prit peur. Elle était en train de brûler ! Elle entendit quelqu'un l'appeler au loin.

« Cissnei ? Cissnei ! CISSNEI ! »

XxXxXxXxXxXxX

« Cissnei ? Cissnei ! CISSNEI ! » cria Stan en la secouant.

La jeune femme se réveilla brusquement et réalisa qu'elle avait changé d'endroit. Elle n'était plus chez elle dans sa chambre, mais dans la cave de l'immeuble. Stan la tenait par les épaules… Réalisant soudain qu'elle ne portait qu'un pantalon et un soutien-gorge, la jeune femme le repoussa d'une gifle puis plaqua ses bras sur sa poitrine.

Rouge comme un pivoine, Stan se retourna et lui tendit sa veste.

« Désolé ! Mais vous vous dirigiez vers la chaudière, vous alliez vous brûler », dit le jeune homme.

« Quoi ? Mais… qu'est-ce que je fais là ? »

« Somnambulisme, en tout cas c'est ce qu'a pensé la concierge quand elle vous a vu passer les couloirs de l'immeuble. Heureusement, personne d'autre n'était là, à part moi. »

En fait, Stan le savait, ce n'était pas tout à fait ça. Il y avait une autre personne ici, dans la cave, avec eux : la femme brûlée. Elle était là, et le fusillait du regard. Un peu plus loin, Stuart et Cyrrus dévisageaient cette femme avec inquiétude.

« Je n'ai jamais eu de crise de somnambulisme », dit la jeune femme en haussant des épaules.

Stan se retourna. « Bah, ce n'est pas grave. »

« Et vous, que faisiez-vous ici ? » dit Cissnei.

« Ben… Je me demandais si vous vouliez dîner avec moi, une nouvelle fois », dit Stan, à court d'arguments. Comment lui avouer qu'il avait suivi l'aura du fantôme de la serveuse jusqu'ici ?

Cissnei cligna des yeux, surprise. Elle aurait pensé qu'il ne voudrait plus lui parler, après leur échange devant le gymnase.

« Quoi, là, maintenant ? ! » dit la jeune femme, surprise.

« Oui. »

Cissnei hésita. Demain, c'était son jour de repos. Après tout, pourquoi pas ?

« Bon, mais laissez-moi le temps de me changer », dit-elle en prenant le chemin de la porte de la cave.

Une fois la jeune femme partie, Stan se tourna vers la femme en feu.

« Laissez-la tranquille ! Pourquoi vous en prendre à elle ? » dit le jeune homme.

« Pour la ramener. Il faut qu'elle me guide. » Puis elle disparut dans un nuage d'étincelles.

XxXxXxXxXxXxX

Le silence était à couper au couteau dans la voiture. Stan regrettait presque qu'il n'y ait plus de fantôme. À côté de lui, Cissnei fixait le paysage par la vitre en réfléchissant.

Pourquoi diable avait-elle accepté ce dîner chez Stan ? Zack avait trop déteint sur elle.

« On y est », dit Stan en éteignant le moteur.

Il se figea en voyant que toutes les fenêtres de sa maison étaient allumées. Non, le fantôme avait osé jouer avec l'électronique chez lui, en son absence ? !

Inquiet, il fit signe à Cissnei d'attendre dans la voiture, puis sortit et se dirigea lentement vers l'entrée. La jeune femme hésita, puis sortit à son tour et le suivit à pas de loups. Si jamais il y avait un cambrioleur dans la maison, ses talents de Turk lui seraient grandement utiles pour l'aider à battre cet intrus.

Mais, dès que Stan eut franchi la porte, un tonnerre de voix retentit dans la maison : « STAAAAAAAAAAAAAAN ! »

Interloquée, Cissnei s'approcha de la fenêtre donnant sur le salon, et là, elle vit une bonne dizaine d'enfants qui encerclaient Stan, essayant de lui sauter dessus pour avoir leur lot de câlins. Stan en attrapa deux et les serra contre lui en souriant.

Cinq autres se trouvaient sur le canapé et s'amusaient à sauter dessus. Trois autres dans un coin s'entraînaient à un numéro de magie, où ils sciaient une boîte dans laquelle une autre fillette était enfermée.

« Stan est à la maison ! » s'écria cette dernière, toute contente.

Une porte s'ouvrit dans le fond, et une femme aux cheveux noirs grisonnants entra.

« Stan ! »

« Maman ! Mais qu'est-ce que vous faites tous là ? ! Je ne vous attendais pas avant la semaine prochaine ! » dit Stan en la serrant dans ses bras.

« Je sais, mais ton père a eu une prémonition, tu sais comment il est… »

Cissnei n'entendit pas vraiment ce qu'ils disaient, le bruit des enfants et la distance atténuaient les sons, mais en voyant tous ces enfants et cette mère qui étreignait son fils, elle se sentit bizarre. Elle avait l'impression d'être un enfant mendiant qui épiait une famille riche à travers une ouverture dans un mur.

Soudain, un homme entra dans le salon. Il était grand, près de deux mètres, avec des épaules carrées, et le crâne chauve.

« Stan ! » dit-il, tout content.

« Salut, p'pa ! »

Le colosse s'approcha et le souleva dans une étreinte d'ours. Soudain, Cissnei vit une adolescente en tenue gothique se dresser devant elle, de l'autre côté de la fenêtre, et la pointer du doigt.

« Oh, maman ! Il y a une voyeuse ! Qui c'est, cette femme ? »

Un petit vieux moustachu en fauteuil roulant surgit de derrière le canapé et s'écria : « Cette femme ? ! Oh ! C'est Thérèse Leduc ! »

La mère de Stan retint le petit vieux par le bras et lui dit : « Non, papy ! C'est pas Thérèse Leduc ! »

« C'est rien, c'est une fille hantée par un fantôme, mais je lui ai encore rien dit à ce sujet », dit Stan.

« Elle est jolie. Tu sors avec elle ? » demanda malicieusement la mère.

« Non ! »

Énervé, il sortit du salon en fermant la porte derrière lui. Cissnei croisa les bras en souriant.

« Je tombe au mauvais moment, on dirait. »

« Oui, non, enfin… Désolé, ma famille a débarqué sans prévenir », dit Stan en se grattant la tête.

Soudain, la porte s'ouvrit. La mère de Stan apparut dans l'entrebâillement et s'approcha.

« Eh bien, Stan, où sont tes bonnes manières ? Entrez, tous les deux, il fait froid ! Mademoiselle, je vous en prie… »

« Je m'appelle Cissnei. Enchantée, madame. »

« Appelez-moi Miranda, je suis la mère de Stan. Allez, venez ! »

Dans un soupir, Stan suivit les deux femmes à l'intérieur. Ils traversèrent la foule d'enfants et s'assirent à la table longue dans la salle à manger. Miranda avait déjà mis les couverts. Un de plus fut mis pour Cissnei, puis le dîner commença.

« Alors, ça fait longtemps que c'est vous, la fiancée de Stan ? » demanda un garçon assis en face de Cissnei.

« Arrête ! C'est pas ma fiancée ! » dit Stan, juste à côté de la jeune femme.

Pour toute réponse, le petit lui tira la langue. Au bout de la table, le père demanda : « Alors, mademoiselle, vous avez l'intention de fonder une famille avec mon fils ? »

« Mais vous allez arrêter, bon sang ? ! » gémit Stan.

Avec un sourire malicieux, Cissnei répondit en lui prenant le bras : « Eh bien, on a pensé qu'on pourrait se marier au printemps prochain. N'est-ce pas, chéri ? »

Stan se dégagea de son étreinte, lui fila un coup de pied sous la table puis dit : « Je tiens à ce que vous sachiez tous que ce n'est qu'une… »

« THÉRÈSE LEDUC ! Ma petite Thérèse ! » dit le grand-père en plongeant les mains dans son assiette de soupe.

Désespéré, Stan enfouit sa tête dans ses mains. La sœur gothique demanda : « Alors, tu t'appelles Cissnei. C'est bien ça ? »

« Oui, Cissnei. »

« C'est un joli nom. Et très original », dit Miranda.

« Salut, Cissnei ! » La jeune femme se pencha vers la source de cette voix et vit un petit bout de choux aux cheveux roux et hirsutes debout près de sa chaise. Il portait une curieuse boîte en métal dans son dos, comme une batterie de voiture. Deux fils y étaient reliés, et plongeaient dans les poches de son pantalon.

« Et toi, comment tu t'appelles, mon p'tit bonhomme ? » dit Cissnei.

« On me surnomme Gégène. »

« Ah bon ? Et pourquoi ce surnom ? »

Stan et sa sœur gothique se lancèrent un regard affolé. Le petit garçon sortit de ses poches deux pinces reliées aux fils, et les plaqua sur les hanches de la jeune femme.

« Gégène ! » cria-t-il, tout content.

Cissnei gémit. Elle ressentit un choc électrique. Pas assez intense pour mourir, mais assez pour que ça pique.

« J'ai compris », dit-elle.

Tout content, le petit s'éloigna.

« Il vous a adoptée », dit la mère en riant.

« Ah… Génial ! Et vous, vous avez une grande famille, c'est incroyable ! » dit la jeune femme en regardant tous ces enfants, qui mangeaient en discutant gaiement.

« Certains sont des neveux et nièces, Stan est l'aîné de mes treize enfants, du moins en l'absence du plus grand, Dylan », dit la jeune femme.

« Et vous arrivez à nourrir tout ce petit monde ? » demanda la jeune femme, impressionnée.

« Oui. Je fabrique et vends des vitraux, je donne aussi des cours et ça rapporte bien. Mon mari, lui, est directeur d'une clinique de médecine paramédicale. Et nous avons chacun un frère et une sœur qui ont un boulot qui rapporte. Mais l'essentiel, c'est que nous soyons tous heureux ensemble. »

Le père acquiesça d'un signe de tête.

« Mon fils m'a dit que vous étiez professeur d'arts martiaux », enchaîna-t-il.

« Oui. Je commence dans le métier, en fait. »

« Ah… Et que faisiez-vous, avant ? »

« Garde du corps », dit Cissnei, en espérant qu'il n'allait pas lui demander de détails.

Soudain, la fille en tenue gothique, qui répondait au nom de Morgane, courut près de son père et lui murmura quelques mots à l'oreille. Ce dernier faillit s'étrangler avec une cuillérée de soupe. Tout le monde à table se figea.

Le père montra Stan du doigt.

« Toi, à la cuisine. Et que ça saute ! »

L'aîné de la famille quitta la pièce avec son père et Morgane. Une fois seuls et enfermés dans la cuisine, le père prit la parole :

« Peux-tu m'expliquer ce que ce fantôme pyromane fiche dans ton jardin ? ! »

Stan se dirigea vers la fenêtre de la cuisine donnant vue sur le jardin et vit qu'en effet, le fantôme de la serveuse en flammes se trouvait au milieu de la pelouse, près du barbecue.

« Je… Je voulais essayer d'en parler à Cissnei pendant le dîner, mais vous avez tous débarqué, et… »

« Stan, je te l'ai déjà dit ! On ne parle pas de notre don à des étrangers ! Cissnei te connaît à peine, tu l'as toi-même dit ! Et on ne sait toujours pas où est Dylan, ni lui ni Ariale et sa famille ne répondent au téléphone, la police les recherche, alors… »

« Je sais ! Mais ce fantôme a failli tuer Cissnei en la faisant tomber dans la chaudière de la cave, comme la sorcière de Hansel et Gretelle ! Que voulais-tu que je fasse ? »

Soudain, des éclats de rire résonnèrent. Curieux, Stan ouvrit la porte de la cuisine et vit que tout le monde s'était réuni autour Cissnei à table. La jeune femme était en train d'enseigner aux enfants des tours que Reno lui avait appris au bar, lors de leurs pauses entre deux missions. Et apparemment, ils s'amusaient comme des petits fous !

En voyant cela, Stan considéra la jeune femme. Elle avait l'air heureuse, épanouie, et les enfants semblaient vraiment l'apprécier. Stan commençait à l'apprécier.

« Et voilà, brelan d'as ! » conclut Cissnei.

Les enfants applaudirent.

« Vous êtes douée, jeune fille ! » conclut Miranda.

« Alors, tu enseignes les arts martiaux ? » demanda une petite blonde.

« Oui. »

« Oh, maman, je pourrai m'inscrire à ses cours et devenir garde du corps, plus tard ? »

« On verra, chérie. Excusez-moi, Cissnei, c'est juste que j'ai connu un garde du corps comme vous, autrefois. »

« Ah bon ? »

« Oui, et… il déprimait. Il passait son temps à boire de l'alcool et fumer. Il pensait que sa vie ne l'avait mené à rien, son passé pesait sur sa conscience. »

Cissnei se figea. Tout ça lui rappelait assez son ancienne vie.

« Bon, il faut que je fasse la vaisselle », dit Miranda en prenant la pile d'assiettes et la soupière.

« Attendez ! Je m'en occupe ! » intervint Cissnei.

Elle prit les couverts.

« Oh, vous êtes très aimable ! » dit Miranda.

Souriante, Cissnei s'approcha de la porte de la cuisine entrouverte. Des bruits de voix lui parvinrent.

« Génial ! Alors si je comprends bien, je laisse le fantôme pyromane tuer Cissnei, elle s'en va en enfer et on a plus qu'à se tourner les pouces pour le restant de nos jours. C'est ça, ton idée ? » dit Stan.

« Ouais ! Ce fantôme ne sera apaisé que lorsqu'il aura eu son lot de morts. De toute façon, c'est qu'une étrangère, alors quel intérêt ? » dit Morgane.

Cissnei se figea. Puis, sans bruit, elle déposa la vaisselle au sol et se dirigea vers la sortie de la maison.

« Petite morveuse, tu manques pas d'air ! Jamais l'un de mes enfants ne fera une chose aussi ignoble ! » dit le père.

« Chez les Omens, le devoir des médiums est d'apaiser les fantômes, et c'est un devoir sacré ! » renchérit Stan.

Morgane se dirigea vers la fenêtre et rit.

« Elle va voler ta voiture, Stan ! »

« Mais non, arrête ! »

« Elle est en train de la voler ! »

« Morgane, c'est pas drôle ! »

Soudain, un bruit de moteur retentit.

« Ça y est, elle l'a volée ! »

Stan bouscula sa sœur et vit qu'en effet, la voiture quittait le parking.

« QUOI ? ! ? » dit le jeune homme.

« C'est Robin des Bois, mais à l'envers », conclut Morgane.

Toute la famille courut dehors. Stan cria en direction de Cissnei : « EH ! Mais qu'est-ce qui te prend ? ! »

« Parce que tu oses me le demander, en plus ! ? » rétorqua la jeune femme, avant d'accélérer. La voiture se dirigea vers le bout de la rue.

« Laissez passer ! C'est une urgence ! » cria le grand-père, en fauteuil roulant. Puis, tout en poussant à fond son bolide à la poursuite de la voiture, il cria : « J'arrive, mademoiselle Leduc ! J'arrive ! Épousez-moi ! »

Furieux, Stan tendit le poing vers elle. Bon sang, quelle peste ! Il se tourna vers Stuart et Cyrrus. Toute la famille suivit son regard et vit également les deux fantômes.

« Vous deux, suivez-la et arrêtez-moi cette voiture ! »

« OK ! » dirent les deux fantômes, avant disparaître.

Mais plus loin dans le jardin, la serveuse eut un sourire malveillant. Ils ne la rejoindraient pas assez vite.

Elle disparut, pour réapparaître dans la voiture, sur le siège de passager, à côté de Cissnei. Cette dernière ne remarqua rien. Pourtant, elle sentit la chaleur. Elle se contenta d'ouvrir une fenêtre pour aérer.