Merci à Lunastrelle et Avana pour leurs reviews !
Avana, c'est okay, merci pour ta réponse ! Et un grand merci à Lunastrelle pour ses messages, ils m'ont bien remonté le moral !
Bonne lecture !
DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.
Chapitre 33 :
Maîtresse de son destin
« J'y crois pas ! J'y crois pas ! J'y crois pas… ! » répétait Cissnei, furieuse.
Elle avait roulé pendant près d'une heure quand la voiture était tombée en panne, en plein milieu d'une petite route de campagne déserte.
Elle se retrouvait maintenant seule, sous un ciel d'encre, perdue en pleine nature. Elle ne comprenait pas. Le réservoir était plein, la batterie fonctionnait, les pneus étaient comme neuf, alors qu'est-ce qui clochait ?
Un peu plus loin, les fantômes Stuart et Cyrrus se lançaient des sourires complices. Jamais Cissnei ne pourrait remettre le moteur en marche, ils l'avaient bien escamoté de l'intérieur, à différents endroits qu'une main humaine ne pourrait atteindre sans les outils nécessaires.
La jeune femme tendit la main vers l'un des câbles pour le vérifier, quand il y eut un faux contact. Elle s'électrocuta. Sursautant, sa tête heurta le capot relevé au-dessus d'elle.
Furieuse, elle lança un coup de pied dans la voiture puis la saisit par les deux bords du capot et cria : « Démarre, espace de tas de ferraille ! Tu n'es qu'une lamentable… »
« … lamentable lâcheuse ! Magouilleuse ! Hypocrite, sale traîtresse ! » cria une voix masculine.
Cissnei s'écarta de la voiture et vit Stan devant elle, un vélo jeté au sol près de lui. Il avait l'air essoufflé, mais furieux. La jeune femme éclata de rire.
« Moi, une traîtresse ? ! Alors celle-là, elle est excellente ! Figure-toi que j'ai tout entendu, tout ! Oui… Toi et ta famille alliez me livrer au fantôme qui a provoqué l'incendie au restaurant ! »
« Qu'est-ce que tu ra… ? Oh, mais quelle crétine ! C'était le projet de mon idiote de petite sœur ! Personne ne l'écoute jamais ! »
Cissnei ouvrit la bouche pour répliquer, puis se ravisa.
« Ah ! J'ai dû manquer un épisode… » dit-elle avec un rire bête.
« Comment t'as pu croire que je te trahirais, voyons ? Je t'avais promis de t'aider ! Et quand je donne ma parole, je tiens ma parole ! »
Cissnei émit un soupir.
« Je suis désolée, Stan, vraiment ! On fait la paix ? »
Stan fit la moue, puis la bouscula et s'approcha du capot. Il le regarda, parut manipuler certains outils avant de se redresser puis fermer le capot. Il monta dans la voiture et mit le contact. Elle se remit en route.
Cissnei fit mine de s'approcher pour monter sur le siège passager, quand le véhicule recula puis se mit à rouler en direction de la route.
« EH ! ATTENDS ! Tu vas pas m'abandonner ici ? ! » cria la jeune femme.
Stan s'arrêta, ouvrit la fenêtre et, tout en gardant les portières verrouillées, dit : « T'as que ce que tu mérites ! Ça t'apprendra à écouter aux portes ! »
« Oh non, t'es injuste ! J'ai tout entendu par hasard, je te signale ! »
Stan allait lui dire qu'il s'en fichait, quand il vit le fantôme pyromane apparaître près de Cissnei. Celle-ci parut soudain prise d'un malaise et se prit la tête dans les mains.
Inquiet, Stan sortit du véhicule et courut la rattraper avant qu'elle ne tombe à terre. Il eut un léger mouvement de recul. La peau de la jeune femme était brûlante ! Elle transpirait à grosses gouttes et tremblait.
Malgré tout, il l'aida à s'asseoir contre la voiture, tout en fusillant le fantôme du regard. Il sortit une bouteille d'eau du coffre de la voiture puis la laissa en boire un peu avant de lui demander :
« Ça va mieux ? »
« Oui… mais je te jure que je n'écoutais pas aux portes, Stan ! »
« Ah bon ? Alors, qu'est-ce que tu faisais ? »
« Mais… rien du tout ! Je… Je… » Elle baissa la tête, confuse. Sentant son trouble, Stan se détendit légèrement et l'encouragea du regard à continuer.
« Je te regardais, avec toute ta famille, et… je me disais que tu avais beaucoup de chance. »
Stan ouvrit de grands yeux surpris puis, contre toute attente, il prit la jeune femme dans ses bras et la ramena dans la voiture.
Il l'allongea sur la banquette arrière, lui mit un coussin derrière la tête puis la recouvrit d'une couverture.
Avec un soupir, il dit : « Tu parles d'une chance ! T'avoir sur le dos… Mais bon, d'accord. »
« D'accord quoi ? »
« Je vais te protéger de ce fantôme. Je vais essayer de le faire reposer en paix, ainsi tu ne risqueras plus rien. »
Cissnei fit silence, surprise, mais touchée par le soudain élan de générosité de Stan.
« Merci », dit-elle avec un doux sourire.
Stan le lui rendit. De nouveau, tous deux se regardèrent avec l'air troublé. Ils avaient de nouveau l'étrange impression qu'un lien spécial se formait entre eux, de façon naturelle. Comme s'ils savaient qu'ils pouvaient avoir confiance l'un en l'autre… Mais pourquoi ?
Soudain, Stan eut un sursaut. Le fantôme était de nouveau là, juste derrière Cissnei, et il semblait fou de rage. Les flammes autour de lui étaient plus fortes que d'habitude, comme si un souffle de rage attisait sa haine.
« Bon, on y va », dit Stan.
Il ferma la portière, puis monta devant prendre le volant. Il démarra, puis prit le chemin de la maison. Il venait de quitter le sentier pour arriver sur l'autoroute, quand il vit le fantôme juste devant lui. Sans réfléchir, par pur réflexe, il freina brutalement et fit un tour sur lui-même avant de stabiliser le véhicule.
Cissnei le regarda avec effarement.
« Qu'est-ce qui se passe ? On a failli renverser quelqu'un ? » demanda la jeune femme, inquiète.
Stan poussa un soupir. Le fantôme venait de disparaître dans un tourbillon de flammes.
« Non. On rentre, c'est bon. Je t'expliquerai tout une fois en sécurité, c'est promis ! » dit le jeune homme.
Un peu inquiète, Cissnei acquiesça malgré tout. Lorsqu'enfin la voiture arriva devant la maison, Stan se gara puis l'aida à s'installer dans le salon.
Une fois assise sur le canapé, toujours enveloppée de sa couverture, la jeune femme le regarda s'asseoir dans le fauteuil devant elle puis fixer le plancher, avec l'air de chercher ses mots.
« Ta famille n'est plus là ? » demanda Cissnei, décidée à briser le silence avec un sujet plus anodin.
« Non, ils dorment, en haut. Il y a beaucoup de chambres. »
« Ah… »
Stan poussa un soupir. Bon, tant pis pour la diplomatie, il la jouerait sincère.
« Cissnei, j'ai besoin de savoir qui tu es. Pourquoi ce fantôme en a après toi ? Tu as vu quelqu'un mourir dans un incendie ? »
Cissnei se raidit. Elle avait vu tant de gens mourir, que ce soit dans un incendie, des fusillades ou des tirs de matéria Feu…
« Je… Je ne sais pas qui est ce fantôme, Stan. Vu mon métier, tu t'imagines bien que je n'ai pas les mains blanches, mais… je ne sais pas ! » dit-elle, perdue.
Stan plissa les yeux.
« Et tu viens d'où ? »
« Si je te le dis, tu ne vas pas me croire. Tu vas me prendre pour une folle ou m'éjecter de la maison. »
« Dis toujours, on verra bien. »
« Très bien. Je viens d'un autre monde. »
Stan haussa les sourcils. Elle s'était attendue à une réaction plus forte, mais il semblait ne pas en être à sa première révélation paranormale.
« Je m'en doutais. Tu parles de spectres et de créatures de manière très naturelle, et puis ton nom, ton arme, sans parler de l'étrange énergie spirituelle qui s'est manifestée le soir où je t'ai trouvée sur la route… »
« Et toi, tu es un vrai médium, hein ? »
« Tu en doutes encore ? » demanda le jeune homme, les bras croisés.
« Non ! Mais je… Enfin… C'est juste qu'ils sont si rares dans mon monde ! »
« Ah ? Tu en as connu ? »
« Une seule. Je ne la connaissais pas vraiment, je l'ai observée une ou deux fois de loin, c'est tout. »
« Parle-moi de ton monde. C'est comment, là-bas ? »
Cissnei hésita un peu au début, abordant le sujet de la Rivière de la Vie sans grande conviction. Elle avait peur qu'à n'importe quel instant, il se braque et la traite de folle. Mais non, il l'écoutait au contraire avec un grand intérêt, l'air fasciné par ce qu'il apprenait, comme les Chocobos, les matérias, les invocations ou les Cetras.
« Ça doit être plutôt cool, chez toi. Tu devais pas t'ennuyer », dit Stan, avec un sourire rêveur.
Cissnei fit la moue. Autrefois, quand elle était Turk, elle entendait souvent Reno dire ce genre de choses. Mais lorsqu'elle s'était retrouvée enfermée dans un laboratoire, les choses avaient changé. La vie sur Gaïa lui était apparue sans intérêt, froide, grise, sans consistance. Elle s'était sentie trahie par sa planète.
« Jamais je n'y retournerai. Pas après ce qu'ils m'ont fait. Je voulais juste aider un ami, et il est mort malgré tout. Et moi, je me suis retrouvée enfermée dans un tube de verre pendant des années, à subir des expériences ignobles, comme lui auparavant… » dit la jeune femme, d'une voix brisée.
« Tu as fait ce que tu as pu pour l'aider. Tu ne pouvais pas savoir ce qui t'attendait. »
Ces mots ne la consolèrent pas. La jeune femme hocha la tête avec l'air agacé. Elle détourna le regard, espérant cacher ses larmes. Elle sursauta lorsqu'elle sentit les bras de Stan l'enlacer, espérant lui apporter un peu de réconfort. Elle pleura librement contre son épaule, ne pouvant tenir davantage.
Comprenant que ce serait assez pour ce soir, Stan la tint gentiment par le bras pour l'aider à monter les escaliers, puis la guida jusqu'à une chambre libre à l'étage. Cissnei constata au passage qu'il y avait de longs couloirs jalonnés de portes et trois étages. Décidément, cette maison était incroyable ! Stan devait souvent recevoir des visites-surprises de sa famille. Et dire que sur sa Planète, seuls les Shinra pouvaient se permettre ce genre de luxe !
Arrivée devant la porte, elle l'ouvrit et se dégagea de Stan. Ce dernier garda pourtant la main sur son bras, et lui dit : « En tout cas, c'était courageux de tenir le coup malgré tout ce que tu as vécu. »
Puis, sans attendre de réponse, il se retourna et descendit dans le salon. Restée seule, Cissnei eut un faible sourire. Ce qu'il avait dit lui réchauffait le cœur.
Une fois dans sa chambre, la jeune femme se lava, enfila un pyjama trouvé dans une armoire puis se mit au lit. Elle s'endormit rapidement. Elle s'attendit à ce que les ténèbres l'accueillent, mais au lieu de cela, elle se retrouva dans un immense espace blanc.
Surprise, elle regarda autour d'elle, sans comprendre. Que faisait-elle ici ?
« Alors, ton séjour sur Terre se passe bien ? » dit quelqu'un derrière elle.
Cissnei ne prit pas la peine de se retourner. Elle connaissait bien cette voix. Zack…
« Pourquoi m'avoir amenée dans ce monde, Zack ? » demanda la jeune femme.
Elle entendit le jeune homme soupirer dans son dos.
« C'était le seul moyen de te protéger. Les Turks te recherchent depuis deux semaines. »
« Pourquoi ? Ils ne me croient pas morte, depuis le temps ? »
« Les scientifiques ont retrouvé les rapports concernant ce qu'on t'a fait. Il faut attendre que les recherches se tassent, avant que tu y retournes. »
Cissnei serra les poings. Non ! Elle ne voulait pas y retourner, surtout pas ! Mais Zack ne lui laissa pas le temps de parler, elle se sentit tomber vers le bas.
« Ne t'en fais pas, Cissnei, tout ira bien », dit la voix de Zack dans sa tête, avant qu'elle se réveille.
La jeune femme rouvrit les yeux et gémit. Ainsi, Zack allait la renvoyer sur Gaïa. Tout n'était pas fini. Dire qu'elle commençait à peine à se familiariser avec ce monde, à se faire des amis…
Cissnei se figea brusquement. Des amis ? Depuis quand considérait-elle donc Stan et sa famille comme des amis ? ! En fait, depuis quand s'attachait-elle aussi vite et facilement avec des gens qu'elle ne connaissait que depuis quelques heures ?
Et Stan… Elle se sentait toujours si bien avec lui, en sécurité. Elle oubliait tous ses soucis dès qu'il était auprès d'elle.
La jeune femme se redressa dans son lit. Non, elle ne serait plus l'esclave du destin désormais. Elle façonnerait sa vie comme elle l'entendrait. Plus de Shinra, plus de Rivière de la Vie ni de forces supérieures pour décider de ce qu'elle devrait faire, où, quand et comment.
Elle quitta la chambre et descendit les escaliers. Stan était dans la cuisine, en train de faire la vaisselle. Apparemment, la famille n'avait pas pensé à la faire.
L'entendant arriver, il se retourna et haussa un sourcil interrogateur.
« Tu as du mal à dormir ? »
Cissnei serra les poings. Comment allait-il réagir ? Ce n'était peut-être pas une bonne idée, surtout après leur dispute sur la route, avec la voiture et tout le reste…
Mais les paroles de Zack lui revinrent, ainsi que la peur quant au fait de retourner sur Gaïa. Elle inspira profondément, puis franchit les derniers mètres qui les séparaient et l'embrassa.
Stan se raidit. Il s'était attendu à tout sauf à ça. La jeune femme recula et leva timidement des yeux emplis de crainte et d'espoir.
Finalement, le médium se pencha et l'embrassa à son tour. Cissnei ferma les yeux, sentant deux bras protecteurs et puissants l'enlacer.
Tous deux s'écartèrent pour reprendre leur souffle, puis Stan laissa Cissnei se blottir contre lui, un sourire paisible et les joues rosies.
Le médium leva les yeux et s'aperçut que Cyrrus et Stan les regardaient.
« Oh non, eh ! Je vais aller dehors, c'est comme si je surprenais mes parents ! » dit Cyrrus, avant de traverser le mur de la cuisine.
Stuart resta, un grand sourire scotché aux lèvres. Stan lui fit signe des yeux de sortir. Il voulait tout gâcher, ou quoi ? !
« Quoi ? Oh oui ! Oui, d'accord ! Je vais attendre dehors, je voulais juste m'assurer que tout allait bien, tu sais, au cas où, et puis aussi, il y a… » dit Stuart.
La main de Cyrrus sortit du mur et l'empoigna par le col de sa veste, le faisant disparaître de la cuisine.
Juste à temps, car Cissnei venait de relever la tête.
« Tu veux un coup de main pour la vaisselle ? » dit-elle, avec un signe de tête vers l'évier.
« Oh, ça peut attendre… » dit le médium avec un sourire malicieux.
Cissnei répondit son sourire, puis le laissa la soulever dans ses bras. Ensemble, ils montèrent jusqu'à l'une des chambres libres. Qu'importe laquelle, cette nuit, il n'y aurait personne pour les déranger.
Ni fantômes, ni famille, ni cauchemars ni rien. Ils étaient ensemble, c'était tout ce qui comptait.
