Merci à Lunastrelle, Emokami, Elia41 et Avana pour leurs reviews !

DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.


Chapitre 42 :

Peur et amour

Ariale ouvrit les yeux. Sa vision s'éclaircit lentement. Elle essaya de se lever, mais regretta aussitôt son effort. Elle avait mal partout, son corps lui semblait aussi vide et fragile qu'une poupée. Elle avait mal à la tête et froid.

Il lui fallut un moment pour réussir à s'asseoir et regarder autour d'elle. On l'avait déposée sur un lit, dans ce qui ressemblait à une chambre d'auberge. Elle aurait aimé aller à la fenêtre pour regarder où elle se trouvait, mais elle était encore trop fatiguée.

Elle remarqua soudain que le gromelot se trouvait au pied de son lit. Il dormait. La petite boule de poils remuait à peine. Avec ses yeux fermés, on aurait cru qu'un simple pompon brun avait été posé sur le lit. La jeune fille se pencha pour lui gratter gentiment la tête. Il n'en fallut pas plus pour le réveiller.

« Ah ! Tu te réveilles enfin ! » dit-il en bondissant sur ses genoux.

« Enfin ? »

« Ben, ouais ! Tu as dormi trois jours. »

Ariale écarquilla les yeux. Trois jours ? !

« Les autres t'ont veillée à tour de rôle. Je vais les prévenir que t'es réveillée ! » dit la boule de poils.

Sans attendre, il bondit du lit et sautilla jusqu'à la fenêtre où il se mit à sauter à répétition contre le carreau, sans pour autant le casser.

Finalement, il s'arrêta et regarda vers le bas. Il se tourna vers Ariale avec un sourire.

« C'est bon, ils montent ! »

Juste à ce moment, la porte s'ouvrit. La jeune fille regarda trois des argentés entrer. Sephiroth avait l'air rassuré, Loz et Yazoo s'approchèrent d'elle avec l'air inquiet.

« Comment tu te sens ? » demanda Yazoo.

« Ça va, mais… » dit Ariale.

« Tu as des vertiges ? » demanda Loz.

« Non. »

« De la fièvre ? » dit Yazoo en portant la main à son front.

« Non. »

« Des nausées ? » dit Loz.

« Non. »

« De la cellulite ? » demanda le gromelot.

« Non, je vous assure, ça va ! Mais j'ai horriblement faim. »

Juste à ce moment, Kadaj entra dans la pièce. Ariale se souvint alors de ce qui s'était passé à Rocket City, et elle ressentit un mélange de soulagement, mais aussi de peine en le voyant. Le souvenir de sa « mort » était encore vivant dans son esprit, même si elle le voyait bien vivant devant elle.

« Bon, on va vous laisser », dit Yazoo.

Il sortit, entraînant ses trois frères à sa suite. Loz sortit le dernier, avec le gromelot dans ses mains qui gémissait, demandant pourquoi il ne pouvait pas rester, lui ! Kadaj les regarda sortir puis, une fois seul avec Ariale, parut soudain très absorbé par les lattes du plancher.

« Où on est, au fait ? » demanda Ariale, pour briser ce silence embarrassant.

« À Kalm. »

« Ah… Alors, on a fini par avoir un avion pour quitter le continent ? »

« Mouais. »

Il finit par lever la tête vers elle en soupirant.

« Mes frères m'ont expliqué comment tu m'as ramené. Tu étais très faible. Tu as dormi trois jours, tu étais à bout de force. »

« Je sais, Frognon me l'a dit. »

« Frognon ? »

« Le gromelot. Je me suis dit que ce serait bien de lui donner un nom, un peu comme une mascotte. »

Kadaj leva les yeux au ciel puis, avec l'air énervé, s'assit sur le lit devant elle et la regarda avec colère.

« Quand est-ce que tu vas te décider à suivre mes conseils ? » demanda-t-il.

« Comment ça ? Quels conseils ? »

« Je t'ai dit que je ne voulais pas te voir mourir ! »

« Et moi ? Tu crois que ça m'a plu de te voir mourir, frappé par la foudre ? ! En plus, cet éclair m'était destiné, c'était un coup de l'esprit de l'air, ça ne m'aurait pas tuée ! »

« Oh, désolé ! J'ignorais que les éclairs pouvaient être spéciaux pour certaines personnes ! » dit le jeune homme sur un ton narquois.

Ariale sentit la colère monter en elle.

« C'est ta manière de me remercier ? En te payant ma tête ? ! J'en ai marre ! »

Elle se tourna sur la gauche pour se lever et quitter le lit, mais Kadaj la retint par les bras et la força à se tourner vers lui.

« Ariale, je suis sérieux, je ne veux pas que tu meures. La première fois qu'on s'est rencontrés, je t'ai vue recevoir une balle dans la tête et tomber d'une falaise. »

« Tu t'en veux encore ? » demanda Ariale, en le regardant avec un air plus doux.

Kadaj voulut répondre, mais les mots refusèrent de sortir lorsqu'il croisa son regard. Oui, il s'en voulait, mais surtout, il ne supportait plus l'idée qu'il lui arrive quelque chose. Il laissa son regard se noyer dans les yeux de la jeune fille. Il pouvait y lire du chagrin, de la solitude, de la mélancolie, mais aussi de l'espoir et une lumière qui tenait bon, malgré toutes les épreuves passées.

Ariale se figea. C'était la première fois depuis longtemps qu'il la regardait droit dans les yeux. En fait, il ne l'avait plus regardée dans les yeux depuis leur escapade dans le brouillard. À nouveau, elle se sentit perdre tous ses moyens.

Instinctivement, leurs visages se rapprochèrent. Ariale fut toutefois surprise lorsqu'elle vit Kadaj poser ses lèvres sur les siennes. Puis, sans plus réfléchir, elle ferma les yeux et répondit à son baiser.

Elle sentit les bras du jeune homme entourer sa taille, puis l'attirer contre son torse musclé. Elle pouvait entendre les battements de son cœur qui s'étaient accélérés. Ariale ferma les yeux, s'abandonnant à son baiser.

Mais, lorsqu'elle sentit l'une des mains du jeune homme caresser sa joue puis son baiser s'approfondir, elle se figea. Qu'est-ce qu'elle était en train de faire ? !

Dylan… !

Elle repoussa le jeune homme et recula. Celui-ci écarquilla les yeux, la respirant haletante, tout comme elle.

« Je… je n'aurais pas dû faire ça ! » dit Ariale, les joues rouges.

Soudain pleine d'énergie, elle se leva et sortit de la chambre. Ses jambes tremblaient encore de fatigue, mais elle ne voulait pas rester une minute de plus seule avec lui.

Elle descendrait manger en bas, sortir un peu lui ferait du bien.

Resté seul, Kadaj regarda la porte par laquelle était sortie de la jeune fille, puis se prit la tête dans les mains.

Bravo, crétin ! Et maintenant, tu vas faire quoi ? Lui parler ? Elle va sûrement tout faire pour t'éviter ! Yazoo, je te retiens, toi et tes conseils !

XxXxXxXxXxXxXxX

Cela faisait plus de deux mois que Cissnei vivait sur Terre maintenant. Sa relation avec Stan n'était pas restée secrète, après tout elle était la petite amie d'un membre d'une grande famille de médiums.

Les autres l'avaient bien pris, sauf Morgane, la gothique. Elle continuait de se montrer assez méfiante. Mais elle ne faisait plus aucun commentaire déplacé.

Cissnei était heureuse. Toute son existence sur Gaïa n'était plus qu'un lointain souvenir. Seuls l'amour de Stan et sa petite vie tranquille l'occupaient.

Aujourd'hui, la jeune femme avait fini son cours d'arts martiaux et rangeait ses affaires dans son casier quand elle vit un papier au fond de son casier. Elle le prit et le déplia. C'était un mot de Stan.

« Si tu es libre ce soir, je passe te prendre pour dîner chez moi, ma famille revient pour un dîner. »

Cissnei sourit. Oh que oui, elle allait venir ! Elle adorait la famille de Stan, tout le monde l'avait si facilement adoptée !

Elle traversa le couloir de l'école pour se diriger vers la sortie arrière réservée aux professeurs, quand elle vit une grande lumière blanche envahir l'espace et tout effacer autour d'elle.

Surprise, la jeune femme s'arrêta et regarda autour d'elle. Le sol avait changé sous ses pieds, elle pouvait voir un immense champs de fleurs jaunes et blanches.

« Alors, Cissnei ? Tu as l'air d'aller mieux depuis la dernière fois », dit une voix dans son dos.

Cissnei poussa un soupir. Oh non, pas lui ! Pas maintenant ! Elle se retourna pour faire face à Zack. Ce dernier haussa un sourcil, surpris par son attitude.

« Je refuse d'y retourner, Zack. Ma vie est sur Terre, maintenant. »

L'ex-Soldat Première Classe la fixa de ses yeux bleus électriques et fit une grimace en comprenant ce qui se passait. Elle était tombée amoureuse, une chose qu'il n'avait pas prévue du tout.

« Cissnei, écoute… je ne fais qu'obéir à la Planète, tu sais ! Les choses vont très mal, là-bas, et… »

« Les choses vont toujours très mal, là-bas ! En quoi ma présence pourrait changer ça ? »

« Euh… Je ne sais pas. Je sais juste que tu as un rôle important à jouer pour la suite. »

« Eh bien, trouve quelqu'un d'autre ! Maintenant, ramène-moi, mon petit copain m'attend ! »

« Cissnei, tu n'as pas le choix. Je suis désolé, mais tu dois te résoudre à le quitter. Tu as jusqu'à demain soir, minuit pile. »

Cissnei allait répliquer qu'il n'avait pas à lui dicter sa conduite ni gérer son emploi du temps, mais tout disparut. Elle revint dans le couloir de l'école. Frustrée, elle serra les poings puis se remit en marche vers la sortie.

Une fois dehors, elle vit que Stan l'attendait dans le parking, debout près de sa voiture. En voyant son sourire, elle sentit son cœur se briser. Oh mon Dieu, comment allait-elle lui annoncer ça ? !

XxXxXxXxXxXxXxX

Allongée dans son lit, Ariale ne parvenait pas à dormir. Il était minuit passé. Elle avait bien mangé, sous le regard interrogatif de Sephiroth, Loz et Yazoo. Ils avaient bien vu qu'elle avait l'air bizarre. Elle avait quitté la chambre avec l'air de fuir. Kadaj était passé devant eux puis était sorti. Sephiroth avait lancé un regard inquisiteur à Ariale, mais n'avait pas ajouté quoi que ce soit. Il avait fini par s'en aller dehors, pour s'entraîner. Loz l'avait suivi. Yazoo était resté, regardant Ariale manger. Il avait tenté de lui parler, mais la jeune fille avait dit qu'elle était fatiguée, qu'elle voulait retourner dormir. Elle était remontée dans sa chambre, s'était enfermée dans la salle de bain et avait pris une douche.

Maintenant, allongée dans son lit, elle réfléchissait. Dès demain, le groupe reprendrait sa marche. Ils chercheraient le dernier esprit. Et après ? Quand tout serait fini, que ferait-elle ?

Une fois de plus, la scène du baiser avec Kadaj lui revint à l'esprit. Bon sang, pourquoi l'avait-il embrassée ? ! Et pourquoi avait-elle si facilement répondu à ce baiser ?

Parce que tu l'aimes, dit une partie d'elle. Tu ne t'y attendais pas du tout, mais c'est comme ça, tu l'aimes.

C'était vrai, elle devait le reconnaître. Il avait réussi à lui rendre l'espoir dès leur première rencontre, du moins assez pour l'empêcher de se suicider. Il l'avait toujours poussée à se battre, à garder l'espoir. Chaque fois qu'elle faisait un cauchemar, il l'avait encouragée à en parler, ne serait-ce que pour alléger son cœur.

Mais elle ne cessait de penser à Dylan. Même si du temps avait passé depuis sa mort, elle se demandait encore si c'était une bonne chose de renouer si vite une liaison amoureuse avec quelqu'un d'autre. Dylan aurait-il approuvé ça ? De toute façon, même si elle acceptait de s'engager sur cette voie avec Kadaj, où cette relation les mènerait ? Il était un fugitif, et elle une extraterrestre. Quand tout ça serait fini, elle ne se voyait pas rester sur Gaïa. Ses parents retourneraient sûrement sur Terre, et elle les suivrait…

Pourtant, l'idée de quitter les argentés lui faisait mal. Ils avaient vécu tant de choses ensemble, ils avaient réussi à se faire confiance, des liens s'étaient formés entre eux.

Agacée, elle ferma les yeux et chassa ces maudites pensées de son esprit. Il fallait qu'elle dorme, ils devraient reprendre la route dès demain. Elle ferma les yeux et s'abandonna aux bras de Morphée.

Elle se mit à rêver. Elle marchait à travers une ville qui lui était inconnue. Tout était gris et de métal. Mais il y régnait un silence et une atmosphère qui fit naître de l'angoisse en elle.

Inquiète, elle s'approcha d'une maison et frappa à la porte. Celle-ci s'ouvrit. Une femme apparut devant elle. Ariale prit peur. Cette femme… avait des yeux entièrement noirs, et une bouche de la même couleur. Elle lui offrit un sourire carnassier, puis tendit ses mains comme pour l'attraper.

Terrifiée, Ariale s'enfuit. Elle courut à travers la rue jusqu'à un hôtel et ouvrit la porte. Le tenancier apparut devant elle. Ses yeux à lui aussi étaient noirs ! Il voulut la saisir, avec la même allure de zombie que la femme !

Des tas d'autres gens sortirent des maisons alentour et se mirent à converger vers elle.

Ariale secoua la tête. Non ! Non, ce n'était qu'un cauchemar ! Elle allait se réveiller !

« Oh non, tu ne te réveilleras pas ! » dirent les zombies.

La jeune fille ferma les yeux. Alors, c'était comme ça ? Elle allait mourir… Elle utilisa la dernière échappatoire qui lui restait : hurler !

Elle sentit quelqu'un la secouer avec force. Elle se sentit tomber dans le vide. Elle ouvrit les yeux et inspira fort une bonne goulée d'air.

Elle leva des yeux ahuris vers… Kadaj ? ! Elle ne se demanda même pas ce qu'il fichait dans sa chambre, elle se jeta dans ses bras en pleurant. Surpris, celui-ci hésita puis la serra contre lui.

« J'ai… j'ai cru que j'allais mourir ! » gémit la jeune fille à travers ses sanglots.

Kadaj leva les yeux vers la porte. Ses frères et lui avaient accouru au son de ses cris. Il leur fit signe que ça allait. Ces derniers quittèrent la chambre pour retourner dans la leur.

Resté seul avec elle, le jeune homme se mit à la bercer. Ce genre de choses fonctionnait toujours au laboratoire, quand lui ou un de ses frères se réveillait à cause d'un affreux cauchemar.

Ariale finit par se calmer. La jeune fille réalisa combien elle se sentait bien dans ses bras. Dire que l'espace d'un instant, elle avait cru que tout était fini pour elle, qu'elle allait mourir, en perdant la chance de connaître l'amour encore une fois… Non, elle ne referait pas cette erreur.

Elle leva la tête vers lui et, sans prévenir, l'embrassa. Kadaj ouvrit de grands yeux puis la repoussa.

« Euh… tu es sûre que ça va ? » demanda-t-il, inquiet.

D'accord, ce n'était pas désagréable, mais il s'était attendu à tout sauf à ce qu'elle fasse ça, surtout juste après un cauchemar.

« Mieux, maintenant. Excuse-moi, je… » Elle renifla, puis poursuivit : « … J'ai réfléchi. J'ai cru que l'un de nous deux allait mourir, encore une fois, ce cauchemar semblait si réel ! Et j'ai réalisé que tu avais raison. »

« À quel sujet ? »

« Que la vie compte. Je ne veux pas recommencer les mêmes erreurs. J'ai envie de vivre. »

Elle le regarda droit dans les yeux, espérant qu'il lirait clairement en elle. Kadaj la regarda un instant. Elle sentit qu'il sondait son esprit, elle savait qu'il avait ce pouvoir, Yazoo lui en avait parlé un jour.

Ce qu'il vit parut le convaincre, car il finit par sourire, puis la serrer dans ses bras et se pencher pour l'embrasser. Cette fois, ce fut Ariale qui approfondit le baiser. Ils s'embrassèrent un long moment, puis le jeune homme rompit le baiser pour laisser ses lèvres vagabonder dans le cou de la jeune fille.

Celle-ci gémit de plaisir. Kadaj releva alors la tête et la regarda dans les yeux. Ariale répondit à sa question muette par un baiser empli de passion.

Sans cesser de l'embrasser, le jeune homme la poussa en arrière, la faisant basculer sous lui.


Bon, je m'arrête là ! Alors, contents ?

Bon, les choses se compliquent pour Cissnei, mais au moins, j'espère que la situation entre Ariale et Kadaj vous satisfait ?