Salut ! Je suis sincèrement désolée pour ce retard, j'étais très occupée. Bonne lecture.
Merci à Lunastrelle et Elia41 pour leurs reviews !
DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix.
Chapitre 45 :
Providence
Fou de rage, Tseng tapa du poing sur la table de son bureau. L'employé de la Shinra chargé de lui envoyer les informations transmises par Sonia venait de lui annoncer que la jeune fille avait brusquement coupé le contact hier, en fin de matinée.
Ce qui signifiait qu'elle avait été capturée, ou bien qu'elle les avait abandonnés. Il n'avait jamais aimé cette fille, elle mettait mal à l'aise, sans parler de son maudit pouvoir qui faisait que personne ne pouvait rien lui cacher.
Mais alors, comment s'y prendre, maintenant ? Il ne pouvait pas envoyer ses hommes, les terriens avaient des techniques infaillibles pour reconnaître les leurs. Il ne lui restait plus qu'une option.
Il sortit son PHS puis ordonna qu'on lui amène le spécimen espion 3.
Il attendit un moment puis, agacé, téléphona pour vérifier que son ordre avait bien été reçu. On lui répondit que oui, et que le spécimen demandé devrait déjà être dans son bureau !
Tseng se massa les sinus. Pourquoi ce fichu spécimen était toujours en retard ?
Soudain, il entendit un léger bruit au plafond. Il leva les yeux et soupira.
« Toujours en retard, Dubois ! »
Un homme sauta souplement sur le sol devant lui. Il était impossible de voir son visage, il portait un épais manteau brun, un chapeau et des lunettes noires. Seules ses mains étaient visibles. Elles avaient une inquiétante couleur verdatre et ses doigts étaient unis par une peau fine, comme des mains palmées.
« Je suis toujours élégamment en retard, mon cher. Ce sont les mœurs françaises », répliqua le dénommé Dubois en prenant place sur un fauteuil devant lui.
« Écoutez, je viens de perdre l'un de mes espions chez les terriens, et si ça continue, je n'aurai plus aucun moyen de trouver un remède pour mon patron. »
« Pffft ! Toujours à la recherche de cette fille, Ariale ? »
« Oui », dit Tseng en se pinçant les lèvres.
Les exploits d'Ariale étaient connus de tous les terriens, libres ou prisonniers sur Gaïa. Pour beaucoup, elle était une légende, rien que grâce au fait qu'elle ait causé du mal à leur bourreau, Rufus Shinra.
« Pardonnez-moi, mon ennuyeux employeur Wutaïen, mais votre étrange obsession de cette fille ne vous rend guère service », dit Dubois en pointant le doigt vers Tseng.
Soudain, l'espion se détacha de son siège et se mit à escalader le bureau aussi aisément que s'il n'avait jamais connu la gravité. Ses curieuses chaussures émettaient un bruit de succion, comme s'il possédait des ventouses.
« Cette obsession fait de vous, comme nous disons en France, un doux dingue ! » dit Dubois en tapotant le crâne de Tseng.
Furieux, le Turk le saisit par le bras et le cloua au sol en une simple prise de karaté. Mais Dubois, loin de paraître incommodé, ricana puis lui glissa entre les doigts, comme une anguille puis sortit sans ajouter un mot.
Resté seul, Tseng se redressa en secouant la tête. Décidément, il ne s'entendrait jamais avec les terriens. Plus vite tout ça serait fini, mieux ce serait !
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Les deux groupes s'étaient réveillés à l'aube et avaient repris leur route. Ariale avait essayé de demander aux trois jeunes terriens où ils allaient, mais ces derniers leur avaient dit d'attendre d'y être.
Ariale se sentait mal. Elle savait bien que c'était dangereux, ils se jetaient dans la gueule du loup, mine de rien ! Mais ses parents étaient là-bas, et elle voulait les voir, elle en avait terriblement besoin.
Elle fut toutefois surprise quand elle vit que le groupe les menait à Edge. Elle vit que les Argentés n'avaient pas très envie d'y aller. Mais ils évitèrent de protester.
Il fallut néanmoins réassommer Sonia en cours de route, la blonde s'était à nouveau réveillée.
Arrivés aux porte de la ville, les Argentés remirent leurs capes et suivirent les terriens. Ils se dirigèrent jusqu'au centre de la ville, devant le mémorial. Il avait été reconstruit depuis.
En le voyant, Loz et Yazoo parurent mal à l'aise. Il leur sembla soudain revoir tous les enfants autour du monument, hypnotisés, insensibles aux cris de leurs parents et des citoyens exigeant qu'on les laisse tranquilles.
« Alors, où est cette fameuse planque ? » demanda Sephiroth, les bras croisés.
Mégane le fusilla du regard. Elle ne supportait pas l'arrogance de cet homme, mais bon. Diego s'approcha du mémorial, regarda autour de lui, puis cria : « Aéryn, c'est nous ! Tu peux nous faire passer ? »
Il y eut un silence. Les passants ne le regardèrent même pas, ses cris n'avaient alerté personne. Ariale et les argentés n'y comprenaient rien. À qui parlait-il ?
Soudain, il leur sembla que les bruits autours d'eux avaient changé. Les gens étaient toujours là, autour d'eux, passant sur le passage piéton ou la route, vaquant à leurs occupations. Les voitures et les camions roulaient. Mais tout semblait de plus en plus lent, comme un film dont on aurait ordonné le ralentissement de la bobine.
Puis tout se fit flou, ils ne virent plus que des taches de couleur qui se mêlèrent. Puis, au milieu de toutes ces ombres, il leur sembla voir quelque chose qui bougeait à un rythme normal, autour d'eux. Les formes se précisèrent, ils virent alors qu'il s'agissait d'une femme.
Elle se mouvait autour des terriens, d'Ariale et des argentés. Elle tournait autour d'eux, dansant avec une grâce surhumaine. Ses pieds semblaient flotter au-dessus du sol. Sa longue chevelure noire se mouvait autour d'elle, comme un écran de fumée.
L'espace autour des neuf voyageurs se refit plus net. Ils étaient à nouveau en ville. Mais ce n'était plus la même ville. Le mémorial avait changé. Au lieu d'un météore de métal, on pouvait maintenant voir une grande statue en pierre représentant la planète Terre. Les immeubles autour du monument semblaient plus entretenus, des fleurs étaient accrochées à de nombreuses fenêtres.
Et les gens qui marchaient autour d'eux avaient un aspect physique plus varié. Ariale vit quelques asiatiques portant des kimonos traditionnels de sa planète, des Arabes en tenue de touaregs et des Africains en robes typiques de leurs pays.
« Mesdames et messiers, soyez les bienvenus à Providence, la cité des terriens ! » dit Diego.
« Mais… qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda Kadaj.
« C'est Aéryn qui nous a amenés ici », dit Patrick en montrant la danseuse d'un geste de la main.
Cette dernière s'était arrêtée, et s'approchait maintenant d'eux. Ariale vit alors combien elle était belle. Âgée d'environ trente ans, la peau bronzée, les yeux légèrement en amande, elle portait un corset noir et un pantalon de la même couleur aux pans très amples, qui s'évasaient à partir des cuisses, révélant par moment le galbe de ses jambes. Ses pieds nus semblaient flotter au-dessus du sol.
« Elle a le pouvoir de changer l'espace-temps autour d'elle avec son énergie, en dansant. Elle nous a transportés dans une sorte de réalité parallèle à celle d'Edge, où nous avons tous trouvés refuge »,dit Patrick.
« Comment ça ? On est dans un autre monde ? » demanda Sephiroth, les sourcils froncés.
«Non, plutôt dans un plan d'existence différent. On est toujours sur Gaïa, mais dans une sorte de réalité parallèle où aucun être vivant n'y a jamais vécu jusqu'à présent dit Aéryn. Mais dis-moi, Diego, qu'est-ce que ça signifie ? Pourquoi voulais-tu que je les amène ici ? Ce ne sont pas des terriens. »
« Je sais, mais ils nous ont filé un coup de main. Et celle-là est comme nous, elle veut voir ses parents », dit Diego en posant une main sur l'épaule d'Ariale.
Aéryn s'approcha d'elle et lui sourit.
« Je fais partie des gens que tu as libérés au laboratoire de Junon. Merci, j'ai une dette envers toi depuis ce jour », dit la danseuse, les mains sur le cœur.
« Si je retrouve mes parents grâce à vous, on sera quitte. Vous êtes une merveilleuse danseuse », dit Ariale.
« Merci. Bon, veuillez m'excuser, j'ai encore du travail », dit la danseuse.
Elle recula, puis se remit à danser. Son image disparut bientôt.
« Attendez, où est-elle allée ? » demanda Ariale.
« Dans une autre dimension, on ne sait pas laquelle. Depuis qu'elle a ce pouvoir, elle passe son temps à explorer d'autres espaces-temps. Mais on n'a jamais trop compris son truc. Avant de devenir cobaye comme nous, elle faisait des études de science quantique dans une université à Seattle », dit Mégane.
« Bon, suivez le guide ! » dit Diego.
Tous se mirent en route à travers Providence. Ariale se sentit étrangement heureuse et soulagée à mesure qu'ils avançaient. Il y avait un quartier chinois baptisé Chinatown, un autre italien, un autre français, espagnol, arabe, etc. Pour un peu, Ariale se serait crue à New York. Providence était une cité où les terriens essayaient de recréer une réalité rassurante, pour ne jamais oublier leur vie sur Terre, qu'ils avaient perdue par la faute de la Shinra et des sociétés de leur monde.
Ils passèrent également devant un grand bâtiment moderne, aux murs composés de vitres soutenues par une structure en bois. Une épaisse végétation couvrait les vitres, les empêchant de voir ce qu'il y avait à l'intérieur.
« C'est le Jardin des Plantes de Providence. C'est ta mère qui l'a créé. Elle a une sacrée main-verte depuis qu'on lui a injecté de la Mako. Elle utilise ce don pour nos cultures et la verdure de la ville », dit Diego.
« Elle n'est pas dedans ? » demanda Ariale.
« Non, aujourd'hui, c'est dimanche, jour de congé. Elle est avec ton père chez eux, c'est là qu'on va »,dit Patrick.
La jeune fille inspira profondément. Ses parents étaient donc ici, ensemble dans cette ville.
Ils arrivèrent bientôt devant un curieux endroit. On aurait dit une arène de style grec on romain, avec des gradins en cercle, descendants vers une cour centrale. Là, un homme lisait à des enfants sagement assis Robinson Crusoé.
« C'est l'école. Tous les enfants reçoivent une éducation terrienne, on y tient », dit Mégane.
« Vous ne comptez pas leur enseigner quoi que ce soit sur l'histoire de notre Planète ? » demanda Yazoo.
« Jamais ! » dirent les trois terriens, l'air choqué.
Ariale fit la moue. Leur enseigner les deux en même temps serait pourtant bénéfique. Elle-même se sentait parfois si démunie sur Gaïa, tant elle ignorait de choses essentielles comme les matérias ou les Chocobos !
Diego se retourna pour reprendre la visite, quand il vit une fillette devant lui et poussa un cri. Ariale et les argentés ne comprirent d'abord pas la raison de sa frayeur, jusqu'à ce qu'ils s'aperçoivent que cette fillette n'avait pas l'air normale.
Elle avait des cheveux noirs tressés en deux couettes qui s'arrêtaient avec ses épaules. Elle portait une robe noire avec un col blanc et regardait d'un air particulièrement mauvais les adolescents et les visiteurs de Providence. Elle tenait dans ses mains une cage de fourmis en verre.
« Euh… Salut, Lizzie »,dit Diego, avec un sourire crispé.
La fillette ne lui répondit même pas, elle montra les visiteurs d'un geste sec du menton et dit : « Qu'est-ce qu'ils font ici, ceux-là ? »
« Ce sont des visiteurs, ne fais pas attention à eux, Lizzie. Ils n'ont pas le temps de regarder ta fourmilière de fourmis rouges », dit Mégane.
« Une fourmilière de fourmis rouges ? » dit Sephiroth, l'air surpris.
« Tout à fait », dit Lizzie, avec un sourire méchant.
« Euh, Lizzie, tu sais que c'est dangereux ? Les fourmis rouges de Gaïa sont particulièrement agressives et voraces, elles dévorent les gens jusqu'à la moëlle », dit Sephiroth.
« Seulement mes ennemis », dit la fillette en le fusillant du regard.
« Ouais, ouais, on sait ! Bon, c'est okay, magnifique, Lizzie ! Venez, vous, ne l'énervons pas, ça… enfin, ça pourrait l'énerver ! » dit Diego en attirant les autres loin de la fillette.
Ariale regarda l'enfant une dernière fois avant de les suivre. Elle poussa un soupir. Cette gamine lui rappelait un des personnages de la famille Adams !
« Lui en veuillez pas, elle est la sœur cadette de Selena, la maîtresse des loups », dit Patrick.
Ariale et les argentés se figèrent. Cette gamine était… ?
« Je me disais bien que j'avais déjà vu cet air meurtrier quelque part ! » dit Kadaj, avec une légère grimace.
Finalement, Diego les conduisit dans un recoin isolé de la ville. Ici, il y avait plus d'arbres, tous en fleurs. De l'herbe traversait la route pavée, de jolies maisons évoquant celles de Kalm étaient bâties alentour.
Soudain, Ariale aperçut une femme devant la porte de l'une d'entre elles. Vêtue d'une salopette, un chapeau de paille posé sur ses longs cheveux nattés, elle s'occupait de tailler un buisson de roses avec un sécateur.
Ariale se mit à courir, ignorant soudainement le reste du groupe. Elle se dirigea aussi vite qu'elle put jusqu'au jardin, devant la maisonnette. La jardinière ne l'avait pas remarquée, le bruit du sécateur couvrant les pas d'Ariale.
La jeune fille la regarda un moment, la gorge nouée, puis elle dit : « Maman ? »
La femme se figea, puis se retourna. Elle regarda Ariale sans y croire puis, lentement, se redressa. Elle lâcha son sécateur et regarda la jeune fille sans y croire.
« Ariale ? »
« MAMAN ! »
Ne pouvant plus se retenir, Ariale se jeta dans ses bras. Hélène eut un sursaut puis lui rendit son étreinte avec les larmes aux yeux.
« Ariale… Oh, ma pauvre chérie ! Mais comment as-tu fait pour venir jusqu'ici ? Ne me dis pas qu'Arthur et ses complices t'ont capturée ? »
« Non. Non, c'est moi, qui… Oh, maman, j'ai eu si peur ! »
Juste à ce moment, la porte de la maison s'ouvrit. Alan, le père d'Ariale, apparut dans l'entrebâillement.
« Chérie, j'ai un problème avec les… Ariale ? »
La jeune fille leva la tête et regarda son père. Ce dernier courut près d'elle, puis se joignit à leur étreinte.
À quelques mètres du jardin, Diego, Patrick, Mégane, Frognon et les argentés regardaient la scène avec émotion. Pour une fois, personne ne reprochait à Loz de pleurer, tant la scène était touchante.
« Ooooooh, c'est si touchant, snif ! » dit le gromelot, juché sur la tête de Kadaj.
Voilà ! J'espère que ce chapitre vous a plu. Je voulais poursuivre ce chapitre plus loin que ça, mais je me suis dit que ce serait mieux qu'il se termine sur cette touche d'amour et de bonheur. Ce n'est pas souvent que ce genre de choses arrivent à Ariale dans cette histoire, elle le mérite, vous ne trouvez pas ?
