Merci à Evlan, Elia41, Ysa666, Lunastrelle et Emokami pour leurs reviews ! Bonne lecture.
DISCLAIMER : Les personnages de Final Fantasy 7 appartiennent à Square Enix. Ariale et les terriens sont nés de mon imagination.
Chapitre 50 :
À cheval !
Ariale avait perdu la notion du temps.
Tout ce dont elle se souvenait, c'était qu'après que Rufus l'ait frappée puis jetée au sol, on lui avait bandé les yeux puis on l'avait traînée hors de la pièce.
Elle avait perdu connaissance par à-coups, puis s'était réveillée sanglée à une table, avec des aiguilles plantées dans le bras.
Un infirmier au sourire sadique avait souri, puis ouvert la valve des des différents tuyaux reliés aux aiguilles, pour commencer à lui injecter des somnifères.
Ariale avait pris peur. Sephiroth lui avait raconté (sans trop entrer dans les détails) le genre d'expériences qu'on lui avait infligées dès son enfance. Et le produit le plus utilisé pour les injections était la Mako. Il paraît que c'était brûlant, comme du feu dans les veines !
Mais les produits qu'on avait injectés à la jeune fille étaient froids, et la faisaient toujours sombrer dans le noir. Elle ne comprenait pas. Pourquoi se contentait-on de la garder ainsi dans le noir ?
On la nourrissait par perfusion, elle ne pouvait jamais rester consciente bien longtemps.
Mais le pire, c'était une fois qu'elle sombrait. Elle rouvrait les yeux dans un autre univers complètement factice. Et là, Rufus Shinra venait la voir. Ses pouvoirs étaient atroces.
Il la refaisait visiter la pièce où Karl l'avait torturée sous les yeux de Dylan, cet endroit où il l'avait agressée jusqu'à ce qu'elle en perde la vie qu'elle portait dans son ventre.
Puis la falaise, d'où elle avait sautée avec une balle dans la tête, ou la piscine où elle s'était noyée quand elle était petite…
Parfois, au contraire, ses rêves commençaient de manière agréable. Elle ouvrait les yeux dans son salon, chez elle, sur Terre. Elle était assise dans un fauteuil et caressait son ventre, qui avait bien grossi, tant l'enfant qu'elle attendait grandissait vite et bien.
Puis elle se souvenait alors que tout ça n'était qu'illusion, qu'elle avait tout perdu. Alors elle se retrouvait dans le noir, face à Rufus Shinra qui la fixait avec un sourire malveillant, et elle lui hurlait dessus.
Alors il s'en allait et la laissait seule dans le noir, à hurler et pleurer en silence. Tout ça ne s'arrêterait-il donc jamais ?
Combien de temps allait-elle encore souffrir ? Pourquoi lui faisait-on ça ? Elle n'avait rien fait à personne ! Rien ! Elle n'avait qu'essayé d'aider, dès le début ! Alors pourquoi lui infligeait-on ça ? Les esprits en elle ne répondaient plus, la drogue semblait avoir coupé son âme d'eux, comme si un mur de brume s'était érigé entre la jeune fille et eux.
Soudain, il lui sembla entrevoir une lueur, au loin. Curieuse, elle ne put s'empêcher de regarder. Qu'est-ce que c'était ? Des voix retentirent, déformées par la distance.
« PRENEZ ÇA ! »
Ariale sentit soudain une petite sensation de piqûre au bras. Le noir se dissipa peu à peu. Elle leva les yeux et vit un plafond avec un projecteur braqué sur elle.
Sous l'éblouissement, elle referma les yeux.
« Ariale ? Ariale ! Ouvre les yeux, je t'en prie ! Allez, fais-moi signe ! »
Cette voix… Encore un rêve, sans doute ! Un autre tour de Rufus Shinra. Mais pourquoi lui montrer Cait Sith, cette fois ? Quelle douleur pouvait bien être liée au souvenir du robot-chat qu'on lui avait offert sur Terre pour Noël, quand elle était enfant ?
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« Ariale ! Oui, c'est bien, ouvre les yeux ! Allez, ma grande ! »
Le robot félin regarda sa maîtresse rouvrir les yeux et le regarder avec l'air groggy.
« Cait… Sith ? »
« Oui, c'est moi ! Tiens, bois, il faut t'hydrater. »
Il lui tendit un verre d'eau. Ariale gémit. Non, elle ne voulait plus rien prendre, plus aucun produit !
« Ce n'est que de l'eau ! Allez, je t'en prie, bois ! »
Mollement, plus par faiblesse que confiance, la jeune fille ouvrit la bouche et but le gobelet plastique que lui tendait le chat. Lorsqu'elle eut fini, elle laissa sa tête retomber sur la table.
Mais Cait Sith n'en avait pas fini avec elle. Il se mit à lui secouer le bras.
« Allez, viens ! Il faut qu'on sorte d'ici, je t'en prie ! »
« Je ne peux pas. Tu n'es qu'une illusion. Encore un sale tour de Rufus Shinra. »
« Non, je suis réel ! »
« Encore une illusion. Tu veux quoi, Rufus ? Me faire rêver de la liberté, avant de me replonger dans le noir ? » dit la jeune fille en direction du plafond.
Cait Sith poussa un soupir puis leva la patte. Elle trembla, puis il l'abattit sur le visage de la jeune fille.
« Et ça, c'est réel ? Ariale, bouge, je t'en conjure ! » supplia le chat.
Ariale rouvrit les yeux et porta la main à sa joue en feu. C'était bien réel…
Avec moins d'efforts, elle se redressa sur la table. Elle vit alors que les deux scientifiques qui travaillaient dans la pièce gisaient par terre. L'un d'eux avait ses lunettes écrasées sur son nez en sang, l'autre avait des hématomes sur le visage. Et les sangles qui relaient la jeune fille à la table avaient été arrachées.
« C'est moi qui ai fait ça. Viens, suis-moi, allez ! »
Ariale regarda le chat puis, prise d'une impulsion, elle le prit dans ses bras et le serra fort contre elle. Ce dernier se figea, puis lui rendit son étreinte.
« Oh, Cait Sith… Tu m'as tellement manqué ! »
« Je sais, ma puce. Je sais », dit le chat en lui frottant le dos, comme lorsqu'elle rentrait de l'école en pleurs parce qu'elle avait eu une mauvaise note ou que les autres élèves s'étaient moqués d'elle.
Ariale finit par le lâcher puis sauta au sol. Ses jambes étaient douloureuses. Elle baissa les yeux et vit qu'elles avaient sérieusement maigri. Depuis combien de temps l'avait-on gardée allongée ainsi, la privant d'exercice ?
Plus tard, les questions ! Surmontant la douleur, la jeune fille suivit les conseils du chat. Elle prit la blouse d'un des scientifiques et son badge, attacha ses cheveux pour prendre l'air légèrement moins sauvage, puis sortit de la pièce avec lui.
Elle se mit à traverser les couloirs blancs du laboratoire. Le chat la faisait parfois s'arrêter à un tournant et faisait le guet pour elle. Ils attendaient que quelqu'un passe, un scientifique ou un garde, puis reprenaient leur chemin. Ariale gardait la tête baissée, car des caméras étaient positionnées en haut des murs à différents endroits dans les couloirs.
Alors qu'elle arrivait à un autre tournant, elle aperçut un ascenseur. Un ascenseur !
« Par ici la sortie ! » dit Cait Sith.
Soudain pleine d'espoir, Ariale se mit à marcher, presque à courir vers l'ascenseur quand soudain, elle se heurta à quelqu'un…
Un Turk ! Le rouquin.
Horrifiée, Ariale recula puis, surmontant sa surprise, leva le poing pour le frapper. Mais Reno était entraîné et habitué à ce genre de surprises. Il para son coup puis lui envoya un coup de genou dans le ventre. La jeune fille tomba au sol en gémissant.
Cait Sith se rua sur l'homme pour le frapper, mais Reno brandit son bâton électrique et envoya un décharge qui fit tomber le chat au sol.
Ariale leva les yeux et sentit la colère monter en elle. Soudain, elle ressentit une sensation familière dans sa main droite. La peau s'ouvrait, la fente nourricière apparaissait. Les esprits s'éveillaient en elle, la drogue ne faisait plus d'effet !
La jeune fille regarda le Turk s'approcher puis la saisir à la gorge pour la forcer à se relever. Ariale se laissa faire et, sans prévenir, plaqua sa main sur la poitrine du Turk.
Celui-ci réalisa trop tard son erreur et se mit à hurler de douleur. Ariale le regarda se vider de son énergie avec un sentiment de joie ineffable.
Oh, comme elle en avait rêvé depuis que son calvaire ici avait commencé ! Elle l'avait presque vidé de toute sa force, quand elle s'arrêta. Une minute, qu'est-ce qu'elle était en train de faire ? Non, ça n'allait pas… Ce n'était pas elle, ça…
Elle sentit soudain Cait Sith près d'elle la tirer par un pan de sa veste, en lui montrant l'ascenseur d'un signe de tête. Il fallait y aller !
Ariale réfléchit rapidement, puis se tourna vers le Turk qui avait maintenant l'air d'un vieillard de presque cent ans.
Elle ferma les yeux et laissa toute l'énergie revenir en lui. Mais, alors qu'il allait récupérer ses dix dernières années pour retrouver son âge originel, la jeune fille s'arrêta. Cette maigre dose d'énergie suffirait, elle sentait mieux ses jambes maintenant et les derniers effets de la drogue avaient complètement disparu.
Elle lâcha le Turk qui la regarda avec l'air médusé. Pourquoi ne pas avoir fini le travail ? Pourquoi ne pas l'avoir tué ? Avant qu'il n'ait pu lui poser une question, elle prit son bâton et l'assomma violemment avec.
Puis elle se redressa et courut à l'ascenseur. Elle suivit les instructions de Cait Sith et se mit à monter. L'installation était souterraine, apparemment.
Une fois en haut, elle franchit l'ouverture et vit qu'elle était dans un hall d'entrée. Le sol était carrelé, les murs en béton avec une porte blindée. Deux gardes encadraient l'entrée. Et une secrétaire se trouvait assise derrière un comptoir.
Ariale regarda Cait Sith. Quelle était la suite du plan ? Le chat haussa des épaules en signe qu'il l'ignorait. Ariale vit les regards se braquer sur elle.
La jeune fille se mit lentement en marche vers la porte de sortie avec les yeux baissés, essayant de prendre l'air le plus normal possible. Son cœur battait comme un fou dans sa poitrine, ses poings étaient serrés, ses mains toutes moites.
Une fois devant la porte, elle hésita. Les gardes ne semblaient pas vraiment faire attention à elle. Apparemment, ils n'avaient pas besoin de fixer attentivement la photo sur le badge volé, sa tenue à elle seule suffisait.
La jeune fille passa le badge dans la fente magnétique près de la porte. Le voyant passa du rouge au vert, puis les portes s'ouvrirent.
« Attendez », dit un garde.
Ariale se raidit. Droite comme un I, elle se tourna vers l'homme.
« C'est quoi, ce robot ? » demanda l'homme avec amusement.
« Oh, ça… un prototype de robot. Je l'emmène dehors pour faire des tests, puis je reviens », dit Ariale.
« Ah ! D'accord. Bonne chance, madame », dit-il avec amabilité en inclinant la tête, avant de reprendre sa position initiale.
Une fois dehors, Ariale sentit ses poumons se dégonfler comme des ballons. Bon sang, quelle peur elle avait eue ! Mais lorsqu'elle vit où elle se trouvait, elle se figea. Il n'y avait rien dehors, sinon la forêt ! Ce laboratoire était isolé en pleine nature.
« Allez viens ! Les membres d'Avalanche ne sont pas loin. »
Soudain, l'alarme de l'installation retentit dans son dos. On avait découvert sa fuite !
Catastrophée, Ariale se mit à courir à travers la forêt. Cait Sith courait devant elle. Mais la jeune fille sentait qu'elle n'y arriverait pas.
Elle finit par entendre des bruits de course derrière elle, puis des cliquetis d'armes. Ils arrivaient !
« Par ici ! »
« Elle est partie par-là ! »
« Rattrapez-la, et abattez le robot qui est avec elle, c'est un des membres d'Avalanche ! » criait la voix de Reno.
Alors lui aussi était de la partie ! Ariale trébucha soudain contre un rocher et tomba au sol. Rien à faire, elle n'y arriverait pas ! En plus, les arbres et les buissons serrés dans la forêt ralentissaient sa progression.
« Viens vite, allez ! » dit Cait Sith en revenant près d'elle.
Ariale se redressa et gémit. Sa cheville droite lui faisait mal ! Elle avait dû se la fouler.
Soudain, un bruit retentit près d'elle. La jeune fille se retourna sur le dos et se mit à ramper sur les coudes.
Quelque chose sortit des buissons. Mais ce n'était pas un humain. C'était le cheval ! Ce cheval qu'elle avait vu à Gongaga, et qu'elle avait réussi à approcher !
La bête s'approcha d'elle sans crainte et hennit. Ariale n'y comprit rien. Que lui voulait-il ? Elle le vit s'accroupir près d'elle, comme pour l'inviter à le monter.
La jeune fille hésita, mais les cris de ses poursuivants suffirent à la motiver.
Tout en s'appuyant sur sa jambe gauche, elle se redressa puis monta la bête. Cait Stih sauta dessus, juste derrière elle. Aussitôt les deux amis sur son dos, le cheval se remit debout puis se mit en route à travers la forêt.
D'abord au trot, puis au galop. Ariale se retourna et aperçut les fantassins menés par Reno qui arrivaient. Ils étaient tout près !
Mais dès que le cheval se mit au galop, ils se firent distants, jusqu'à disparaître au loin derrière les buissons de la forêt.
Ariale se cramponna à la crinière du cheval. Il est vrai qu'il n'avait ni selle ni bride, et elle n'était pas très forte en équitation, alors monter à cru… Et sa cheville droite touchait souvent le flanc de l'animal, ce qui ne faisait qu'accroître sa douleur.
Elle continua de galoper à travers la forêt, sans but bien précis. Qu'importe où le cheval l'emmenait, il était son ami et l'éloignait de cet enfer où on l'avait retenue prisonnière !
La forêt disparut bientôt, pour laisser place à de grandes plaines désertiques. Le cheval finit par ralentir le pas, un peu fatigué.
Ariale sentit alors la chaleur étouffante du désert l'assaillir. Il faisait si chaud ! Cait Sith ne disait plus rien derrière elle.
La jeune fille se retourna et voulut lui demander ce qu'il avait, quand elle vit que la tête du chat dodelinait. Inquiète, elle l'attrapa par le bras et le fit s'assoire devant elle pour mieux l'examiner.
Elle réalisa alors qu'il était en veille. Oh non, pas maintenant ! Pourquoi lui faisait-il ça ?
Soudain, un bruit de moteur de camion résonna. Affolée, Ariale serra plus fort la crinière de sa monture entre ses doigts.
Ce dernier activa alors son pouvoir, et créa un nuage de brouillard autour d'eux. Juste à temps, car un camion passa devant eux, un énorme camion.
La jeune fille le vit pourtant s'arrêter à quelques mètres d'elle, puis un homme noir musclé avec un bras mécanique en descendit.
« Bon ! Alors, où elle est, cette fuyarde ? »
Ariale se baissa, sa tête entrant en contact avec l'encolure de sa monture. Lui aussi la cherchait !
« Du calme, Barret. Ce brouillard a surgi de nulle part, et je crois que c'est elle qui l'a créé, elle a peur de nous », dit une voix de femme.
« Eh ben, quelle trouillarde, j'te jure, Tifa ! » dit le dénommé Barret.
Ignorant sa remarque, Tifa cria : « Tout va bien ! Nous sommes des amis de Cait Sith, nous ne te voulons aucun mal ! Tu ne retourneras pas aux labos, je te le promets ! »
« C'est bon, Tifa, je l'ai trouvée », dit une autre voix.
Ariale se tourna vers l'auteur de ces mots. Vincent Valentine ? Il se tenait juste en face d'elle, ses yeux rouges luisant dans le brouillard.
Pris de terreur, le cheval se cabra en hennissant. Vincent recula, évitant de justesse les sabots de la bête. Prise de court, Ariale tomba au sol. Sa tête heurta un caillou. Sous la douleur, elle se sentit perdre connaissance.
La dernière chose qu'elle vit, ce fut le visage de Vincent et celui plus doux et inquiet d'une jolie jeune femme brune penchés sur elle. Elle ferma les yeux, ressentant à peine deux bras musclés la soulever puis l'emmener dans le camion, pour la déposer une couchette.
Ariale sombra à nouveau dans le noir, son esprit plongeant dans un sommeil normal, cette fois.
Et voilà ! Vous voyez, Cait Sith est arrivé à la rescousse ! Et le cheval aussi, ainsi que des membres d'Avalanche. Vous avez aimé, j'espère ? Rassurés pour Ariale ?
