Merci encore pour les reviews, et les favoris, j'espère ne pas vous décevoir, avec ce nouveau chapitre ! En tous cas passez un super week end de l'ascension, profitez bien, et puis à mercredi prochain !

Keur sur vous (je suis trop gentille aujourd'hui)


Y'a des nuits comme ça...

« Aloooors, 'Lice, avec Franck ?

- Et toi, Dodo ? Avec ton gars, alors ! Comment il s'appelle, même ? »

Je raffermis ma prise sur mon oreiller. Elles ne la ferment jamais ? « Bécasses » je grogne d'en dessous des couvertures dans lesquelles j'essaie de m'endormir paisiblement, troublée uniquement par les cris de joie, et les éclats de rire de celles qui se prétendent mes amies... Visiblement sourdes parce que, toutes au récit de Dorcas qui aurait donc, attention, info véritablement importante, conclu avec son crush du moment grâce à la bataille de bouffe durant laquelle il l'aurait totalement, irrémédiablement, romantiquement, protégé d'une attaque de radis ensorcelés par cette pouffe de Bellatrix, enragée contre son cousin, de toutes façons elle est sure qu'elle est incestueuse avec lui, cette connasse, et… je disais quoi, moi, déjà ? Ah oui, tout à ce récit fabuleusement inintéressant, elles n'entendent même pas l'insulte, et continuent de pérorer joyeusement, et extrêmement fort, me brisant les oreilles, insensibles à mes divers cris de protestations. Des fois, je me demande pourquoi je les côtoie. En plus, quand elles la ferment enfin, me permettant d'accéder au repos tant attendu, c'est pour qu'un cri perçant et hystérique, genre celui d'une stupide pucelle de première année (pléonasme, je sais) devant Black faisant un strip-tease sexy (oxymore, cette fois !) rompe le silence bienvenue. Je me retourne sur moi-même, marmonnant une ou deux insultes de mon invention (Merlin, je m'excuse à ton caleçon, il ne méritait pas d'être comparé aux cheveux de Rogue), et me rendort, paisiblement, malgré un second hurlement qui déchire la nuit.

Heu, pardon ? C'était quoi ce cri ? J'envoie valser la couverture à mes pieds, et bondit vers ma baguette. Voldemort attaque ? Dumbledore en slip tente de violer une chouette ? Les elfes de maison organisent une partouze ?

Je dévale les escaliers en direction de la salle commune, sans prendre garde à l'état de mes camarades de chambre. Quoique, j'aurais peut-être du les attendre. Histoire d'avoir quelqu'un à balancer sur le potentiel mage noir que je vais trouver en bas, avant de m'enfuir à toutes jambes. Ou sur Dumbledore.

Mais, en fait de Dumbledore en slip kangourou, je me retrouve face à un spectacle assez… ahurissant. Potter qui sautille de canapé en canapé, un morceau de parchemin froissé dans la bouche, se prenant visiblement pour un animal quelconque (il a enfin découvert sa vraie nature, pas trop tôt), mister-mystérieux Lupin qui le course dans la salle, cependant que Black hurle comme une gamine effrayée, sans doute surpris face à l'apparition subite de McGo', qui semble, elle, prête à se jeter de la tour d'astronomie tellement elle est éreintée.

Pardon ?

Pardon ?!

PARDON ?

Je suis vraiment devant Potter qui se prend pour un clébard et qui empêche Lulu' de l'attraper, cependant que Black gueule d'une voix de fillette hystérique de 4 ans sur notre directrice de maison qui à l'air prête à se pendre ?

Genre, vraiment ?

On dirait un rêve. Un cauchemar, plutôt. Quoiqu'en fait, au final, c'est assez drôle.

Carrément désopilant, même.

Je cligne des paupières, une fois. Trèèès longue, la fois. Et, lorsque je les rouvre, la seule chose qui a changé, c'est que Black ne gueule plus de peur, mais de douleur, et que notre prof de métamorphose préférée le tient fermement par l'oreille. Ah, et que Potter s'est planqué sous un fauteuil, aussi.

Et là, je ne peux plus me retenir, j'explose de rire.

Puis, je croise le regard de McGonagall. Et je m'en mords les lèvres, mais c'est trop tard, le fou rire ne veut plus partir.

Genre… Vraiment ?


« Bien, messieurs Lupin et Black, puisque monsieur Potter n'est pas –elle désigne James, qui, à quatre pattes sur le sol, tire comme un dingue sur la chaine qui l'attache au mur en émettant des sons qui ressemblent furieusement à des grognements- en état de me répondre, pourriez vous avoir l'obligeance de, s'il vous plaît, m'expliquer ce que vous faisiez dans la salle commune de Gryffondors, à 3 heures du matin, en train de courir, de hurler, ou diverses autres activités, telles que se prendre pour un chien ? »

Elle dit tout cela d'une traite, puis se masse le front, comme après une bonne grosse migraine. Et c'est là que je me dis que, voilà quoi. On n'est pas toujours les élèves les plus sympas de l'école avec nos profs.

Je coule un regard encore pétillant du fou rire qui couve dans ma gorge mais que je parviens à retenir (question de survie je rigole, la McGo me fout par la fenêtre, c'est sûr), vers les deux abrutis encore en état de marche, qui fixent leurs pieds.

« Eh bien, commence Black, c'est une longue histoire, madame. »

Ca, je veux bien le croire.

« Tellement longue, reprend-t-il alors que son voisin semble le supplier de la fermer tant qu'il est encore temps, que je pense vraiment que vous la raconter cette nuit ne serait pas une bonne idée… On risquerait de compromettre votre sommeil, Minerva (à ce moment, le teint de la directrice, déjà rouge de fureur prends une teinte pivoine assez effrayante), et je ne veux pas vous empêcher de dormir, c'est très important à votre âge et…

- TAISEZ VOUS ! »

Je ne sais pas qui j'admire le plus. Black, qui a débité sa tirade d'une voix égale, sans flipper trop, ni péter de rire, ou alors McGo' qui n'a pas explosé avant au moins 15 bonnes secondes. Je pensais pas qu'elle tiendrait, j'avoue. Elle respire longuement alors que le silence devient pesant. Tout le monde a compris le message. Fermez la, si vous tenez à la vie.

« Bien, Monsieur Black. Si cette histoire est si longue que cela, vous viendrez me la raconter en retenue, disons… tous les soirs jusqu'à la fin du mois ? »

Ouais, m'enfin on est le 31 octobre, prend pas trop de risques le Black. Ah mais non ! On est le 1er novembre, c'est vrai ! Voilà qui devient plus problématique pour sa vie sociale. C'est con, mon cochon.

« Quant à vous, monsieur Lupin, j'attendais bien mieux de la part d'un préfet. Mais, dans ma clémence, et parce que vous tentiez d'arrêter votre camarade, je ne vous colle que trois semaines. Et avec Rusard, non pas avec moi.

Et pour lui… (elle jette un regard vers Potter toujours grognant), après sa nuit à l'infirmerie ou on saura le soigner… Eh bien, disons que cela fera un mois pour lui également.

Passons à votre cas, miss Leight ! »

Elle tourne un regard froid et excédé vers moi, et je me rends compte à la seconde même où le « Mais j'ai rien fait ! » s'échappe de mes lèvres que c'est une idée pourrie. La pire, en fait.

« Bien. Deux semaines en compagnie de celui-là (elle désigne Black d'un mouvement du menton) ne seront pas de trop. Sur ce, bonne nuit. »


« C'est dégueulasse, j'ai rien fait !

- Pourquoi t'as rigolé, aussi, bécasse, tu pouvais pas dormir ?

- Tu cries comme une fille j'y peux rien si j'ai flippé !

- Ta gueule, grognasse ! Si t'es pas contente, tant pis pour toi », crie Black, furieux, et blessé dans sa virilité (si je vous jure, elle existe. Dans sa tête, c'est tout). en envoyant un seau de merde de Scroutt à Pétards en direction du visage.

Retenue, ma joie de vivre. Et c'est comme ça depuis une semaine. Chaque soir, après les cours. Quand j'ai raconté ça aux filles, elles ont explosé de rire, et se sont tout autant foutues de ma gueule. Traîtresses.

« Dis, au final, Black, vous lui aviez fait quoi à Potter ? Fin, une semaine, et il est toujours à l'infirmerie, même Lily commence à s'inquiéter, t'imagine ?! »

Il lève la tête de son torchon qui frotte la cuve des animaux déplacés pour l'occasion du grand nettoyage by les deux victimes de service, dans un enclot, et hésite une seconde avant de me répondre quasi normalement :

« Un sort qui a mal tourné. Tu sais, comme tu fais tout le temps en sortilèges, débile. »

Bah quoi, j'avais bien dit quasi. Et il est presque pas agressif, c'est en progrès. Mais quand même, je veux dire, OK, j'ai déjà fait péter deux-trois trucs, par inadvertance, quand j'étais un peu perdue dans mes pensées, OK, les cheveux de son meilleur ami (le rondouillard qui sert à rien, du coup c'est pas trop grave) sont déjà devenus rouges pétants à cause de moi, mais quand même ! Personne ne s'est mis à aboyer et à courir en rond dans la salle ! Et non, Dorcas que j'ai obligée à marcher 10 kilomètres avant que ses jambes ne s'arrêtent ne compte pas. Qu'est-ce que j'y pouvais, moi, si elle passait devant le rat que je devais ensorceler, au moment pile où je jetais mon sort, et que je ne le maitrisait pas totalement ? Quoi, il est dur ce sort !

« J't'emmerde Black », je réplique mollement. Ca ne fait qu'une semaine que je me le coltine, et j'ai déjà perdu l'ardeur de l'insulte. Le train-train quotidien, ça vous brise une femme, je vous préviens d'avance, au cas où. Et c'est bien dommage, c'était mon punching-ball favori. Enfin, pas vraiment, mais à l'occasion. Quand on se croisait. Soit une fois par an. Environ. Bref, j'ai oublié où j'en étais mais en soit, c'est un gros chieur. Et pourtant, il me saoule de moins en moins.

Je replonge dans mon activité de vidage de seau intensif, prête à finir la corvée du jour en moins d'une heure, histoire de rentrer au château m'affaler sur mon lit, et conter mes malheurs à Alice, qui finira, comme toujours, par me parler de Franck, ou alors à Lily, qui, elle me dira à quel point les maraudeurs sont tous des crétins, surtout James, ohlàlà qu'il peut être saoulant celui-là. Ma vie est vraiment de pire en pire. Je suis en train de vider le cinquième seau (sur une trentaine Hagrid ne s'est pas foutu de nous) que me passe Sirius quand il m'interrompt d'une voix soudain pensive (oui, oui, Black qui pense maintenant, on aura tout vu) :

« Dis moi, Leight, t'as du fric ? »

J'écarquille les yeux, l'air sans doute tout aussi sonnée qu'ahurie. Il veut me racketter ou quoi ce taré ? Mais il me ferait presque flipper, torchon plein de bave de Scroutt à la main, et seau plein de merde du même animal aux pieds !Presque aussi affreux que les serpentards de septième année, menés par l'autre gus aux cheveux blondasses qui me faisaient flipper quand je venais d'arriver. Enfin, cela dit, la majorité des serpentards continue de me faire flipper.

« Pourquoi Black, tu veux aller perdre ta virginité aux putes ? Tu t'es enfin rendu compte que personne voulait de toi sans être payé pour te supporter ?

- Oh si tu le prends comme ça, hein ! Les mecs et moi on organise une ptite soirée ce soir aux trois Balais. Et comme tu peux pas t'empêcher d'être toujours dans nos pattes et de nous faire prendre on se disait que tant qu'à faire autant t'embarquer. »

J'hausse un sourcil incrédule. Black qui veut m'inviter à sa fête ? Pis encore, à une fête prévue avec ses meilleurs amis ? Il y a anguille sous roche. Ou plutôt baleine sous gravillon.

« ... Bon, ok, poursuit-il devant ma tête. James se disait. Et il se disait que si tu pouvais convaincre la préfète... »

Ah bah oui. Direct, c'est plus clair. Potter veut pécho et il savait pas comment faire. Mais il est au courant que pour amener Lily à se retourner le cerveau 100% illégalement, en sortant tout aussi rebellement du château, il va falloir marcher ? Que je vais devoir sacrifier toute mon après midi à la supplier dans un combat quasi perdu d'avance ? Parce qu'aller se bourrer la gueule en compagnie des maraudeurs… Pas persuadée que ce soit son grand trip. Surtout en dehors du château. Mais en même temps, demain, c'est dimanche. Et le dimanche, il se passe jamais rien. Et puis, bientôt, les profs vont commencer à nous bourrer de devoirs (quoiqu'ils le font déjà. C'est juste que je ne les fais pas, y'a une nuance, en effet). Donc, pour la fête, c'est maintenant, ou jamais. Si on sous entend que jamais signifie en réalité très, très loin en juin. Après les BUSES. Que j'ai toujours pas commencé à réviser, d'ailleurs. Je devrais sans doute m'y mettre.

« J'te promets rien. Mais surtout, j'y vais pas pour qu'elle finisse avec lui, hein. Elle deviendrait affreusement chiante, en couple. Déjà que c'est la seule supportable. »