Après avoir refermé la porte de la chambre, aménagement, pièces, comparables à ceux d'un appartement cosy de trois pièces, l'étreinte se précipita en ma direction d'une manière empressée, m'enveloppant dans l'imminence avec fougue. Mes bras qui s'enroulèrent de nouveau autour de son écharpe, ses mains plaçaient de chaque côté de mon visage, reproduisant à un détail près, la scène du baiser dans cette rue. Je reprenais la remarque, mentalement, exprimée sincèrement par Emily, soulignant sur ses lèvres cette satisfaction C'est divin ! Avant que je ne sois envoyée, le début du calvaire, chez Calvin Klein pour aller chercher les premières courses vestimentaires, nageant complètement à ce moment, début de la phase critique de mon apprentissage, dans l'ignorance en matière de fringue, adjectif grossier que ma langue avait osée employer, me valant d'être rabaissée par Miranda, vexée par mon indifférence, décontraction naturelle, portées envers cet accessoire que l'on appelle ceinture. J'ai vraiment cru que sa chair allait se séparer de son visage. Quel regard offusqué lancé sur moi ! Quant à celui de Christian, à cet instant, celui-ci était empli d'un désir crépitant, dilatant ses pupilles, réaction qui révèle une envie de posséder ce que l'on convoite. J'étais devenue l'objet unique de son attention, une vive source d'inspiration pour l'homme. Son âme d'écrivain en veille devait sûrement lui en insuffler. Qu'il le note ! Baiser, étreinte se rompirent en douceur, ce charmeur pris ses distances, sourire éclatant étalé sur les lèvres, tout en retirant son manteau, désenroulant son écharpe, avant de me proposer de commander du champagne, passage au tutoiement, étant donné notre rapprochement. Pourquoi nous nous serions encombrés de continuer une telle formalité en terme de politesse ? Son naturel franc, si l'on peut dire, l'en dispensait de toute manière. La suite logique.

-Disposée pour m'accompagner à déguster une coupe ?

-Volontiers, oui.

L'aisance malicieuse de sa bouche m'était devenue contagieuse, sans que la mienne n'étende ce trait de tempérament. J'ôtais à mon tour, mon manteau, abandonnant la panoplie complète contre le froid extérieur, le tout déposé sur le grand coussin beige du canapé, installé dans la partie salon tandis que Christian en profitait pour passer commande rapidement, le cru pétillant de luxe à la française, livré quatre, cinq minutes plus tard, servi uniquement par ses soins et non par celui du garçon d'étage à qui il remit un pourboire agréable, ne sachant le montant de la somme que je ne demandais pas, m'en moquant comme ma première paire de Jimmy Choo malgré ce que Emily avait pu sous-entendre dans sa chambre d'hôpital Tu as vendu ton âme au diable. Miranda ? Elle l'aurait pris de quiconque sans hésiter si cela lui aurait convenu. Je ne pouvais pas lui en vouloir, lui déclarant même, sachant qu'elle m'en voulait de la remplacer. Je n'en portais, toutefois pas, durant cette soirée présente et mon âme…. Vendu, oui, à un tentateur. Accordez-moi miséricorde ! Nous avions tinté nos flûtes, nous tenant debout, extrêmement proches de la console laquée d'un noir, de gris, ma mémoire n'ayant mémorisé le coloris du meuble attenant au canapé, car détail qui m'était totalement insignifiant, n'y accordant une principale importance. Je n'avais pas cédé pour relever le style, la marque, le type du mobilier. Aucune compétence en connaissance de décoration d'intérieur. Ni le lieu, ni le moment, à tout instant. Pas si gentille que je l'aurais suspecté, qu'il l'aurait pensé.

« -Ça tombe bien. » m'avait-il répondu sur les marches que tant de monde influent avait foulé pour ce gala, mettant à l'honneur le magazine.

Cela l'arrangeait parfaitement, émettant son honnêteté, expression irradiante de son espièglerie. Encore mieux maintenant. Quelques gorgées avalées de cette délicieuse boisson à bulles après avoir porté chacun ce mini toast exprimé toutes les trois secondes autour du globe.

-A la tienne ! plus expansif que ma voix

-A la tienne. mon timbre toujours souriant, le souhaitant plus posément.

Vu qu'il n'y avait plus, comme il l'avait nommé très sympathiquement, déployant sa langue non restreinte en extériorisation, celle-ci accentuée d'insolence, ce stupide petit ami, ce séducteur de Thompson a pu accéder à la possibilité de m'enlever mais non sur le champ, énonçant ouvertement ce que son esprit pensait. Cela le paraissait au-delà, véritablement.

Bouche chacune détachée, temporairement du rebord de la flûte, le bout de son index se trempa furtivement dans la robe or du vin effervescent avant d'appliquer une goutte ce cet élixir derrière chaque oreille, sentant une minime coulée qui acheva sa descente à mi- cou. Sensation fraîche, et agréablement troublante. Causée seulement par le filet de champagne ou cette seconde initiative entreprise par son doigt ? Les deux très certainement, fusionnant d'une manière indissociable.

-Pour porter bonheur.

Mon regard le fixa, comme légèrement interrogateur, froncement des sourcils non sollicité, lèvres qui s'étirèrent à demi, par modestie, pudeur principalement, le rose modérément en augmentation aux joues. Le fard suffisait, ne désirant pas que mon teint clair puisse blasphémer avec un rougissement outrancier, réaction indépendante de ma volonté due à un petit soupçon de timidité. Bafouer la divinité de l'apparence ? Quelle faute affreuse qui aurait contrarié mon esthétisme, réalisé avec application et parfaire ensuite une retouche à celui-ci ! En recourbant, à nouveau mes cils, précédemment, déjà gainés par ce mascara noir, à l'aide de sa brosse, face à la glace de la salle de bain, avant que Nigel ne frappe à la porte de ma chambre, réservé au palace du Plaza Athénée, situé avenue Montaigne, dans le 8ème arrondissement envers lequel, lors de notre arrivée, mes yeux avaient été ébaubis. Contemplation fugace qui m'avait permis cependant de me rendre compte de mon évolution intérieure, extérieure grâce et à cause de ma fréquentation professionnelle, qui pourtant me rendait service à faire fleurir ce nouvel enrichissement, une perception inédite de l'existence, en me remémorant mes débuts un tantinet 1 empaillés, lorsque, nerveuse, peu sûre de moi, manquant de conviction, je révisais mes d'articles, ceux-ci encadrés sur une planche noire, rigide, à domicile, les protégeant ainsi de n'importe quel dommage qui aurait pu les abîmer. Une comparaison radicale d'un avant, après, comme lors d'une participation consentie à un relooking extrême, quand on expose sur un montage la transformation expérimentale d'un sujet que l'on juge banal en personnalité d'habillement, de coiffure, d'absence de maquillage. Une présentation négligée de mon travail en y revenant, aurait porté préjudice par rapport à ma motivation sérieuse de me perfectionner dans le monde différemment impitoyable du journalisme. Pendant mon entretien expédié par Miranda Priestly, la familiarité engagée durant le premier contact en aurait provoqué un, sacrément.

Ma correcte éducation, cependant, inculqué, m'a appris les conventions d'usage en matière de formule de politesse. La fourche aux pointes aiguisées ou par le talon aiguille de je ne sais trop quel créateur de renom que chaussait le pied de mon futur 2 autocrate, m'aurait sans pitié perforé mes pauvres mocassins, qui par la suite, après avoir été embauchée au sein de ce royaume plébiscité par tant d'addictives à la dictature de la mode qui signeraient, oui, un pacte avec un démon afin d'y être acceptées, prêtes à subir des ordres de maltraitance à foison au quotidien, taquinée quant à moi par mon saucier préféré, cuisinier également hors pair, suite à mon accès à l'enfer professionnel que je m'apprêtais à vivre, supporter, essayant de ne pas laisser Miranda me rabaisser, de nouveau. Il en n'était pas question, ne parvenant à me détendre comme me l'avait conseillé Nate, l'adversaire détenant le talent de vous piétiner tel un innocent, pauvre insecte, par une semelle dessinée par Manolo Blahnik, ne connaissant pas non plus, l'orthographe exacte comme Gabana à cette seconde. Le Crétin auquel j'avais eu affaire à l'autre bout du fil qui avait raccroché, offensé par mon ignorance, audace de lui demander l'épellation de cette importante grande signature du stylisme italien, croyant que la personne ne savait pas non plus. Quelle erreur naïvement commise de l'inculte que j'étais ! La fin du monde pour les sidérés.

« -Tu as eu un poste dans un magazine féminin ? C'est parce-qu'ils recrutent que par téléphone. »

En songeant à cette réflexion humoristique, j'en étais venue à me questionner quelques temps plus tard.

Est-ce que celui que j'admirais pour sa série d'articles, publiée dans tous les magazines à respectueuse réputation, que j'aime toujours, en ayant parlé à la fac, dans le journal des étudiants, œil affûté d'expert vis-à-vis de l'impression que l'on renvoie de son aspect, affirmant avec certitude de s'y montrer infiniment sensible, aurait-il été levé en ma direction même dans l'accoutrement, fagotage comme vous voulez, dont je m'affublai ? Verbe critiqueur qui m'aurait été indubitablement attribué par le langage d'une buse dédaigneuse, superficielle, narquoise, complètement creuse aussi bien cérébralement que humainement. L'habit ne fait pas l'intelligence. Oui, en me parcourant fugitivement, considérée telle une rareté par la singularité de mon non goût indigeste en prêt-à-jeter, me démarquant pour le coup parmi les invités conviés par le créateur James Holt, dans le 3a de ce loft, envoyé encore par Miranda, là-bas quelque petits mois après mes débuts beaucoup calamiteux.

« -Vous êtes la nouvelle Emily. »

Non au regard de l'illustre, littéraire Christian Thompson, enchanté de notre rencontre, me surnommant d'une façon amicalement, élégamment charmeuse de ce fameux Miranda girl, référence au statut d'esclavage envers lequel toute assistante était inéluctablement liée. Retour à ce cas contraire, une parole cordiale adressée, je pense, incitée par sa curiosité, titillant l'attirance de celle-ci, avec égayement quitte à me charrier quand je lui aurais dévoilé l'identité de la renommée reine rédactrice à laquelle on survivait avec difficulté, en effet, écarquillement bref des yeux, ceux-ci pointant ma tenue effacée d'étudiante aux moyens limités, ne l'oubliant pas, aussi, Une excuse quand même justifiée. Un rictus formé de la bouche, petitement amusé dû à l'étonnement qui n'aurait pu être dissimulé.

« -Vous avez sûrement remercié votre digne compétence pour avoir pu décider Miranda de vous engager car la connaissant, sans vouloir vous vexer ou blesser, la prestance est prioritaire dans ce domaine factice de l'apparente allure et la façon dont vous êtes affublée, a certainement dû être contesté dans sa tête ou verbalement en employant un mépris détourné. »

« -Juste du regard. »

« -Ah ! Elle en excelle et en use. »

Nous en aurions souris ensemble, ajoutant de son côté.

« -Il n'y a pas de ça dont Miranda use, abuse. »

Devinant à quoi il aurait fait allusion, air, tête se seraient rejoint pour un acquiescement réservé, lui donnant entièrement raison, mon cœur y étant. Malmenée. Vous avez trouvé !

« -Vous trouvez vraiment que mes vêtements sont hideux ? »

Et oui ! Moi, taille 40, surnom peu valorisant que l'on m'avait attribué, avant de me lier amicalement avec…

Il aurait été le deuxième après Nigel, envers lequel j'avais devancé ses pensées pendant que je faisais la queue avec mon plateau du déjeuner, derrière, celui-ci contenant un petit pain, soda puis une soupe au maïs responsable de la cellulite comme il m'avait été dit par lui-même, mon sourire crispé, que j'avais goûté, tâchant légèrement, lors de l'enfournée d'une cuillère, mon pauvre pull bleu céruléen, comme l'avait critiqué Miranda, une leçon de couleur reçu dans les gencives après m'être permise de pouffer un peu de rire quand deux ceintures, que j'avais jugées d'identique, avaient été soumises à la rédactrice en chef ou seul son avis compte, lui expliquant ainsi avant de tenter de rattraper ma bévue, que j'avais encore beaucoup à apprendre sur les fringues. Faute de jargon, sanction, langage soutenu, mieux vu. J'aurais pu éviter une offuscation de sa part, m'en sortant dignement au lieu que ma tenue vestimentaire modeste ne soit rabaissée. Second, petit rappel. Quant à sir Thompson, il se serait montré davantage diplomate.

« -Disons que vous pourriez faire beaucoup mieux. »

« -Cela a le mérite de ne pas utiliser ce sens inné de l'hypocrisie. »

« -Civilité de franchise. »

Bouche de nouveau étirée, mes oreilles diverties par la fantaisie séduisante de ce vocabulaire, ne s'avérant aucunement dénué d'originalité. Esprit qui prouvait sa constitution 3 sémillante.

Christian m'aurait, cependant, une minute plus tard, souhaité avec courtoisie, une bonne soirée, désertant le comptoir, sans faire preuve de ce compliment à mon égard, déconcertant mon regard. Nos rapports n'auraient pas été autant approfondis comme ce soir, me trouvant, à la rigueur brillante, mignonne par mon attitude imperméable, contrairement à celle d'une bêcheuse, vaniteuse, pas assez sophistiquée pour son statut d'homme. Cela m'aurait évité qu'une déception brutale ne me baffe mais à juste prise de conscience ainsi que de cette révélation cruciale, majeure qui était tombée dans une audition loin de décliner.

« -Vous êtes charmante, brillante. Vous ne pouvez pas faire ce boulot ? »

Et c'est moi, comme dans cette situation réelle, qui aurait tourné des talons.

« -Je dois partir. »

Présence non fugueuse, face à lui, saisie quelque peu lorsque ses lèvres s'adhérèrent à moitié chemin du cou, ligne droite de celui-ci, où s'était écoulé le nectar pétillant avant de remonter derrière l'oreille parfumé de cette goutte brute au goût délicatement fin, celles-ci raisonnablement entrouvertes, tout à fait décemment. Le premier des préliminaires qui allaient s'en suivre, présentait une approche sage, s'émanant d'élégance qui fit déjà accroître mon trouble récidiviste de tout à l'heure avant que ça ne se dissipe. Tête partiellement inclinée en arrière, paupières fermées, je savourais sa délicatesse qui s'acheminait avec une douceur caressante, ma bouche à son tour, s'entrouvrant avec petitesse, m'exprimant à tonalité basse.

-Christian, je….

Hésitante, gênée de l'assumer ?

Probablement par mauvaise conscience qui me rappelait, là, ma récente rupture mais se concluant éphémère, emmenée dans ce tourbillon émotionnel flambant neuf.

-Chuuut.

Un murmure doux qui me fut soufflé avec tiédeur près du cou.

-Oh ! Andy.

Mon visage repris sa position initiale, le sien émergea, se confrontant à nouveau au mien, lèvres élargissant une ébauche de sourire d'une façon très mesurée, celles-ci se déclarant une nouvelle fois accapareuses pour le plaisir des miennes, ne pouvant pas appliquer la loi de l'hypocrisie, farouchement opposées. Il aurait fallu y être complètement insensible alors et malade pour y résister, du moins de l'opinion provenant de ma condition de femme disponible, totalement disposée à m'aventurer sur cette contrée inconnue, apprivoisée par sa sociabilité, exploration de ce site vierge durant cette non sainte nuit. La promenade commençait agréablement, s'annonçant joliment plaisante. Je trouvais son habilité, là, réciproquement, très sexy. Je sentis son pouce, index, provoqués la descente de la fermeture éclair de ma jupe noire droite, à forme ajustée, lentement, en simultané. Mes oreilles se remirent à bourdonner, non plus à cause de la dose de vin rouge en quantité que j'avais avalée, non comme une ivrogne mais en consommatrice du monde qui se respecte, savourant ma dégustation pécheresse répétée, succulemment, comme à cet instant. Ce qui le redevint, fut à ce moment précis. A travers la brume désépaissie de ma légère ivresse enjouée, qui permit, quelque peu, à la sobriété restituée de mon esprit, dont celle-ci tentait à ce moment de se frayer un chemin davantage éclairé, de compléter cette réflexion silencieuse en mon âme et bienséante conscience.

-Je suis totalement folle de faire ça.

Malheureusement ou heureusement, ce fut plus fort que moi, succombant à la trop grande tentation surnommée mentalement ; Le petit diable à la fourche, moins redoutable, coriace, diaboliquement insupportable que Miranda. Mon attirance avait capitulé face au charisme de Christian Thompson qui s'apprêtait bientôt à m'offrir la deuxième place dans son lit, à ses côtés. Sa séduction m'éveillait irrésistiblement, au point où mon intuition avais su, dès le début, arrêtant de me mentir à l'instant de l'embrasser à mon tour, étant à court d'excuses, que cette soirée allait se terminer inexorablement dans sa chambre d'hôtel dont la décoration ne jurer en rien avec son image. On aurait dit qu'elle avait été spécialement décorée en vue de sa future venue ici. Cela respirer l'orgueil du charmeur qui parvient toujours à ses fins, la chambre en recueillant la concrète preuve tangible due à ma présence. Conquête d'une nuit ? Peut-être pas. Mais approfondir nos rapports, s'est avéré peine perdue. Cependant, à l'heure de notre entrée, en ce lieu privé, on n'aurait pu du tout le présager.

Dieu existait bien pour lui. Plus de Miranda Girl en guise de taquinerie affectueusement amicale prononcée au creux de mon cou, dans ce fantastique petit hôtel situé bel et bien dans le 7ème arrondissement, juste en face de ce restaurant de fallafels qui a, avec exactitude changé un épisode de cette période de ma vie, seulement. L'ennui avait était résolu, puisque le changement d'une vie, exagérément, prétentieusement déclaré, n'était celui de quelqu'un d'autre. Suite à ce baiser plus ou moins innocent, du tout désintéressé mais chaste, adressé sur la joue lors du vernissage dans la galerie, gérée par mon amie Lily, peu de jour avant mon départ à Paris, me tenant par la suite rigueur de m'être laissée saluer par un au revoir masculin de la sorte, le charme de l'embrasseur avait jeté son dévolu sur moi, franchissant la barrière de protection qui me sécurisait. Elle l'avait remarqué, fâchée, déçue, me traitant d'amazone qui recoulait en cachette avec ce séducteur, justement cerné, au look trop tendance, ne sachant plus qui j'étais réellement. Egarement mutuel, dépitée d'écouter également son honnête pensée, dirigée contre moi. Changé apparemment de camp, monsieur Thompson, trouvant ceci très sexy. Que ne dirait pas un homme pour accentuer son effet séducteur sur une femme, l'arme parfaite d'un élégant, sournois, vicieux, salopard. Avec surprise, je réagissais en émettant, un vraiment, en point d'interrogation, me répondant indéniablement ; Vraiment. Affirmativement ! Comment douter, lutter ensuite ? Je ne me sentais plus en sécurité, vulnérable envers mon attirance qui se confirmée à son égard.

-J'ai souvent pensé à toi. Je te le jure.

Aveu doux, murmuré après un momentané détachement des lèvres, bras enlaçant ma taille, bouche de chacun soulignée avec humilité, mon regard fixé, fugitivement contemplatif, flatté, scintillantes pupilles quant aux siennes, emplies de sincérité, frisottant encore de malice.

Il pouvait recommencer, en me le chuchotant, tout doucement.

-Combien de fois par jour ? le testant sans sérieux, question simplement taquine.

-Ou par nuit.

-Oh ! Bien évidemment. Tu es free-lance, donc du temps libre pour ce genre de loisir, dont je fais partie intégrante.

Je m'exclamais ironiquement, le ton posé toutefois, un peu désinvolte, comme souvent à mon habitude, mouvement lent d'un haussement de sourcils lancé à son égard, mes bras enroulés autour de son cou avec souplesse, un tantinet relâchés par leur position. Sa bouche en sourit, acquiesçant envers la phrase reprise, à quelques mots petitement remaniés, celle-ci exprimée peu de seconde avant que je m'oriente vers ce lampadaire autour duquel j'avais débuté de tournoyer, dans la rue du baisé volé.

-Avec exactitude. Miranda girl.

Le surnom avait été prononcé de nouveau, poussant mes lèvres à agrandir leur étirement, l'expression de mes yeux, légèrement amusée, tempérament ne débordant pas d'expansivité, ainsi que le trouble loyal qui trahissait mon regard, le brouillant au minimum, heureusement. Ma vision oculaire aurait été bien embêtée sinon, si la durée de l'effet indésirable, se serait prolongée, celle-ci n'étant équipée de phare antibrouillard. Qu'aurait-elle pu distinguer distinctement ? Son ton en l'émettant fut bas afin de le chuchoter, teinté auparavant d'un soupçon de joyeuseté, regard focalisé droit dans le mien, sa bouche procédant ensuite à un nouveau rapprochement. Préparée au baiser, déjà consommé, pleinement consenti, consentante. Fermeture éclair ouverte de la jupe, le premier bouton nacré aux reflets subtilement argenté et écru de ma veste de tailleur, noire, cintrée, fut déboutonnée soigneusement. Vint le deuxième puis le troisième, inversant l'ordre d'un début de déshabillage, procédure non conventionnelle. Doigts d'écrivain très adroits ! Ses mains remontèrent jusqu'au col, épousèrent les épaules et firent descendre la veste sur celles-ci doucement avant de l'envoyer balader sur le canapé, allant presque s'empiler sur mon manteau, en atterrissant entre celui-ci et le chauffe épaules noir, retiré en vitesse par contre précédemment. Les mains revinrent se positionner à la taille, ne prenant toutefois pas racine à cet endroit, effectuant un glissement avec une lenteur qui s'accéléra lors de la descente sur mes hanches. La jupe, due à son maintien serré, celle-ci restait immobilisée, encore, au niveau du bassin, escarpins non déchaussés, qui me permettait ainsi d'équilibrer la hauteur de ma stature, parvenant à me hisser à quelques minimes centimètres près de la sienne. Cela m'arrangeait à mon tour afin de ne pas me sentir diminuée.

Question de confort uniquement et non de complexe ou principe d'orgueil ! Vraiment pas. Son corps se resserra contre moi, sa bouche se juxtaposa de la mienne, tourna autour, ses lèvres esquissèrent avec légèreté, un trait badin, arachnéen de diablerie, causé par une action préméditée dans la seconde qui fut mise à exécution, celle du frôlement à peine perceptible de ma bouche qui s'entrouvrit au minimum, de nouveau lors de cette accolade. Baiser déposé au coin de ma bouche qui provoqua un soulignement placide, à demi-lèvres, paupières se fermant durant une brièveté, éprouvant un sentiment paisible, de plénitude, mon esprit serein, toucher empreint d'agréabilité, une nouvelle fois, par sa délicatesse. Un délice enivrant. Sa main gauche se plaça sur ma nuque tandis que sa bouche s'engouffrait au creux du cou, inclinant à moitié ma tête vers la gauche, joue effleurée cette fois par inadvertance, de quelques belles boucles dorés, le faisant ressembler à un angelet. Petit ange en apparence. Des baisers se répétèrent, ceux-ci semés tout le long avant de dessiner un collier invisible de perles, tant que l'on y est, imaginé par la beauté pure, gracieuse qui s'en dégage, inspirant cette vision, autour de ma gorge. Je penchais, là, la tête incomplètement, yeux toujours clos, lèvres scellées, très légèrement étirées, sentant mon visage transparaître un voile d'extase. Ce Christian Thompson ! Doté d'une telle finesse pour orner mon cou nu ! Ma voix n'émis aucun son, baignant dans un silence *mirifique, enchanteur. J'assumais ma délectation et le *merveilleux, oui qui se profilait sur mon horizon. Émoustillant à point !

1empaillés : idiot, niais

2 autocrate : despote, tyrannique