Il parait qu'il arrive un moment, où quand on n'a plus rien à perdre, on est prêt à faire n'importe quoi pour survivre. Je pense que c'est faux, quand on n'a plus rien à perdre, qu'on a déjà tout perdu, pourquoi est-ce qu'on se battrait pour survivre. Quand il n'y a plus rien qui nous retient, il est tellement facile de se laisser aller, il parait que la mort est plus douce que la vie.

Tous les regards étaient fixés sur ce pauvre corps. Un corps froid, un corps dans lequel le sang ne circulait plus, dont le cœur avait renoncé à battre. Un corps dont les poumons ne se gonfleraient plus jamais d'air aussi malsain puisse-t-il être actuellement. Ses bras pendaient lamentablement, pourtant il semblait paisible au milieu de cette foule de visage marqué de coups, de sang, marqué par la haine, la rage, la soif de vengeance. Et dans les yeux de ses amis on lisait la tristesse, la peur mais surtout le désespoir. Qu'est ce qu'il leur restait si même Lui les abandonnait ?

Après tout la vie avait-elle encore des choses à leur apporter ? Ils avaient gouté à la joie, aux rires, à l'amour d'une mère, d'un père, d'un frère, d'une sœur, d'un petit ami, d'un ami, d'une famille. Ils s'étaient déjà sacrifiés pour eux. Ils avaient plongés profondément dans les ténèbres, ils ne leur restaient que l'amertume de voir leur vie prendre une tournant si sombre et pourtant tant redouté et attendu. Pendant des mois, des années ils avaient vu les choses se dégrader, changer même à l'intérieur de ses murs protecteur et puissant qui aujourd'hui avaient cédés.

Alors devant ce corps sans vie que leur restait-il ?

Il parait que la mort est si douce…oui si douce… se laisser aller loin si loin serait si facile…

La Mort… si douce…

Et puis…

Une silhouette qui se relève, tant bien que mal, qui s'avance courageusement. Les regards qui se détournent du triste spectacle de leur ami inanimé, qui se fixent sur lui.

Il s'avance le courageux gryffondor, il est digne de la maison du courage ce gryffondor là, il est têtu, butté, il ne renoncera pas. Oh non la mort n'est pas douce, elle est trompeuse elle ment, elle nous aveugle, elle nous manipule pour mieux nous prendre dans ses filets empoisonnés.

« Vas te faire foutre face de serpent ! » crie-t-il

Oh oui il est courageux le petit griffy, c'est bien Neville, tu as bien retenu la leçon, on va peut-être pouvoir faire quelque chose de toi finalement…

La foule sort de son état de léthargie, et regarde cet adolescent qui à lui seul ose défier le serpent…

Un cri de rage s'élève dans l'air. C'est bien Neville ta colère est puissante.

D'autres se lèvent et se dressent à leur tour. Aujourd'hui ils vont déjouer le piège de la Mort, le filet empoisonné ne les prendra pas, en tout cas pas tout de suite, il reste des choses à faire.

Alors il s'élance dans un cri de guerre…bientôt suivi des autres.

Après tout la vie n'a pas dit son dernier mot.

Car après tout, c'est bien connu, la Mort est une menteuse.


Elle errait dans les couloirs sans but, elle avait besoin de réfléchir. On l'avait envoyé là en mission de surveillance. Surveillance… Mes fesses ! Comme si elle allait rester là sans agir alors que la situation virait au cauchemar. C'était bien mal la connaitre. Ne surtout pas intervenir lui avait-on dit, ne surtout pas se faire repérer, rester dans l'ombre comme simple spectateur, ne pas agir, ne rien dire, ne prévenir personne, rester passif, juste surveiller rapporter leur moindre faits et gestes. Ils allaient voir ce qu'ils allaient voir, ce n'était pas aujourd'hui qu'elle allait laisser se dérouler un massacre juste sous ses yeux sans rien faire alors qu'elle avait le pouvoir de changer les choses. Elle n'était pas majeure, elle n'était pas mature et responsable mais elle l'était bien assez pour se rendre compte qu'une mission de « surveillance » était juste ridicule dans ses conditions.

Aujourd'hui elle avait pris sa décision, aujourd'hui elle avait désobéi au clan et elle continuerait quoiqu'il lui en coute.

Aujourd'hui Caitria du clan Mckeenan, avait sauvé un enfant qui allait être torturés sous ses yeux. Finit la passivité la situation n'avait que trop duré. Elle avait sortit sa baguette de sa poche et jeté un sort, pour que le temps se fige juste quelque instant, juste assez pour faire oublier à cet assassin sans scrupule pourquoi il voulait torturer ce pauvre petit première année de Poufsoufle.

« Un Poufsoufle qui se rebelle et puis quoi encore, pourquoi pas un serpentard tant qu'on y est. » pensa-t-elle

Elle avait trainé le première année dans une salle de classe vide avant que le temps ne reprenne son cour normal, l'avait laissé pleuré toute les larmes de son corps, l'avait rassuré :

« Il ne se souviendra de rien, tu as juste à retourner calmement dans ton dortoir et à faire profil bas pour quelque jour »

L'enfant l'avait regardé avec ses yeux mouillé, « merci » avait-il dit en hoquetant. Elle lui avait sourit.

« Un poufsoufle qui se rebelle après tout pourquoi pas ? » avait-elle pensé.

Elle l'avait laissé là avec ses yeux de merlan frit qui la fixait. « Que cette fille est bizarre » pensait-il mais peu importe.

Maintenant elle était là dans les couloirs de poudlard avec ses pensées. Elle avait désobéi aux règles du clan, ça promettait. Mais peu importe, aujourd'hui pour la première fois depuis longtemps elle se sentait bien, elle avait enfin agit. Et elle avait pris sa décision, elle allait prendre position dans cette guerre, elle allait se battre même si ce n'était qu'à l'échelle de cette école elle voulait redonner de l'espoir à ces regards morts, à ces âmes en peines qui ne savaient plus trop en quoi espérer, elle allait défier l'autorité, aussi bien celle du clan que celle des mangemort qui servait de professeur.

Oui aujourd'hui Caitria s'était décidé, elle allait redonner vie à Poudlard, et celle-ci allait l'aider.

Elle savait tout sur tout après des mois et des mois à observer dans l'ombre.

Elle savait ce qu'il se passait dans les salles de classes durant les cours, elle entendait les chuchotements craintifs échangés dans les couloirs entre deux heures d'études, elle connaissait le contenu des conversations discrètes qui se tenait dans la grande salle, dans les salles communes et dans les dortoirs. Elle savait qui se dressait contre les carrows et connaissait la peur et le doute qui s'était installé chez certains élèves de serpentard et par-dessus tout elle savait ce qu'il se passait dans le bureau du professeur rogue, l'angoisse qui le rongeait à chaque instant et le courage dont il faisait preuve. Lui qui avait passé des années à dénigrer les gryffondors aurait presque eu sa place dans cette maison, mais il mentait trop bien pour ça.

Caitria avait un plan, et aujourd'hui elle passait à l'action.


Il était cinq heures et demie du matin, et Blaise Zabini était le seul garçon de 7ème année réveillé dans le dortoir des serpentard. Il était couché dans son lit à baldaquin, les couvertures remontés jusqu'au menton dans un vain espoir de se réchauffer dans cette pièce glaciale. Cela faisait une heure qu'il tentait de se rendormir en vain, dès qu'il fermait les yeux les peurs et les cauchemars nocturnes remontaient à la surface depuis son inconscient. Il en était réduit à fixer le plafond, plongé dans ses pensées morbides.

Blaise Zabini avait le cafard.

Blaise Zabini se posait des questions, beaucoup de questions.

Mais par-dessus tout Blaise Zabini était terrifié, mort de trouille…

S'il avait pu passer la journée dans son lit ou enterrer sa tête dans le sable comme une autruche il l'aurait fait. Il n'en avait malheureusement pas la possibilité. Pour plusieurs raisons, d'une part parce qu'il était obligé d'assister au cours, du moins physiquement parlant, et d'autre part à cause de Draco Malfoy.

Blaise Zabini avait envie de tuer Draco Malfoy autant qu'il le plaignait. Du fait du départ de celui-ci il avait du prendre la tête de la maison serpentard, il en était devenu le leader, lui le garçon jovial et insouciant qui se fichait pas mal des idées des sangs-purs. C'était lui qui devait encourager ses camarades à la haine, c'était lui qui avait la responsabilité de tout ce merdier. S'il avait eu Draco Malfoy sous la main il l'aurait torturé lentement pour lui faire comprendre ce qu'il endurait actuellement à cause de son départ. Mais il savait qu'il n'avait rien à envier à son ami, sa situation était mille fois pire. Depuis l'année dernière Draco Malfoy avait été forcé de devenir un mangemort. Un assassin. Et Blaise Zabini priait pour que ce ne soit pas bientôt son cas. Il rêvait de fuir loin de ce château loin de ce pays, loin de Voldemort et de ses sbires. Mais c'était malheureusement impossible.

Et puis il y avait elle. Elle et son caractère bien trempé, elle et son courage gryffondoresque qui lui faisait envie. Il aurait pu être réparti à gryffondor le choipeaux le lui avait dit en première année lorsqu'il l'avait posé sur sa tête. Mais il avait été à serpentard. Il la regardait de loin, il l'observait lutter vainement contre les Carrow, contre Rogue, il l'avait aperçue en train de pleurer dans un couloir alors qu'elle se croyait seule, elle avait le visage creusé et des cernes immenses sous les yeux, il avait eu envie de la prendre dans ses bras et de la consoler, de lui dire qu'il était là pour elle. Ce n'était pas normal d'être amoureux de son ennemie, on était en guerre.

Avant il aurait peut-être eu une chance mais aujourd'hui que pouvait-il faire ? Depuis le retour de ce fichu mage noir à face de serpent sa vie était un enfer.

Il regarda l'heure à nouveau, six heure, il prit la décision de se lever et de sortir, prendre l'air lui ferait peut-être du bien. Après une toilette rapide il sortit dans le couloir prenant distraitement la direction de la grande salle toujours perdu dans ses pensées. Jusqu'à ce qu'il croise cette fille.

Il ne l'avait jamais vue auparavant.

Il s'arrêta la fixa un instant, l'avait-il seulement déjà vue à Poudlard ? Sa tête ne lui disait rien. Elle devait être en 6ème ou 7ème année, sur son uniforme un écusson de Serdaigle. Des cheveux long et blond comme les blés, un regard bleu, froid, déterminé. Il frissonna. Qui était-elle ?

« Blaise Zabini ? » dit-elle

Plus une affirmation qu'une question. Il l'observe quelques instants. Elle est plutôt belle. Il ne se souvient pas d'elle, il devrait, il se souvenait toujours d'un joli visage. Il hoche la tête tout de même méfiant.

« J'ai à te parler » reprend-t-elle. Elle jette un coup d'œil à sa montre, il fait de même. 6H15, il a le temps.

« OK, que veux-tu ? » demande-t-il. Il l'observe toujours, il se méfie toujours, il n'est pas serpentard pour rien. Elle ne ressemble pas à une groupie, elle n'en a pas l'air, il les connait bien ses filles là, leur battement de cil, leur chemise déboutonnée… Elle a un regard clair et franc, elle a l'air intelligente ça se lit dans ses yeux, après tout c'est une serdaigle, les serdaigles ont de la cervelle c'est bien connu.

« J'ai un proposition à te faire. »

« Une proposition ? » Une proposition, hein, en temps de guerre une proposition c'est jamais anodin, qu'est ce que cette fille peut bien lui proposer, un échappatoire ? Non surement pas, personne ne peut rien pour lui…

« oui » répond-elle « j'ai une proposition à te faire, mais je ne compte pas en parler en plein milieu d'un couloir ou n'importe quel serpent de ton espèce pourrait surprendre notre conversation »

Et après c'est moi le serpent pense-t-il, elle a pourtant la langue bien fourchue cette fille. Il serre légèrement les poings, il ne la connait pas, mais une chose est sure elle l'énerve déjà.

« Et pourquoi est ce que je te ferais confiance ? Je ne sais pas qui tu es, et entre nous le serpent à la langue fourchue c'est toi ! »

Elle sourit légèrement. Qu'est ce qui lui prend de sourire à cette fille d'abord, il vient de l'insulter.

« Caitria McKeenan, c'est mon nom, et si tu sais ce qu'il signifie, tu sais que tu peux me faire au moins confiance pour une chose »

« Qui est ? »

« Faire bouger ce tas de merdier qu'est devenue cette belle école »

Mckeenan… ce nom lui dit quelque chose, il l'a déjà entendu quelque part chez ses parents, ou vu dans un livre à la bibliothèque il ne sait plus. Il devrait prêter plus d'attention au nom des gens de temps en temps se dit-il.

« Faire bouger ce … tas de merdier… » il la regarde perplexe, quel langage vulgaire pour une si belle bouche.

Elle soupire, mais ils sont passé où ses neurones à celui-là, elle le pensait pourtant intelligent.

« Rendez-vous à minuit ce soir, dans l'ancienne salle de sortilège du 3ème étage »

Et elle tourne les talons et s'en va vers la grande salle.

La salle du 3ème étage ? Celle ou il y avait… Touffu ? Blaise la regarde s'éloigner les yeux écarquillé.

« Cette fille est bizarre » pense-t-il

Il ne sait pas encore qu'il n'est ni le 1er ni le dernier à penser qu'elle est bizarre.

Mais puisqu'elle est bizarre, il ira à son rendez-vous. C'est tous ce qu'il y a de plus illogique, il le sait il ne devrait pas faire confiance à quelqu'un comme cela. Mais il a senti quelque chose quand il l'a vue. Il a senti que les choses pouvaient changer, elle avait fait naitre une petite lueur d'espoir au fond de son esprit embrumé.

« McKeenan hein ? » dit –il tout haut se parlant à lui-même.

Il se remet à marcher, il fallait qu'il aille à la bibliothèque tant pis pour son petit déjeuner, il avait plus urgent à faire. En s'engageant dans le grand escalier Blaise eu une pensée pour Hermionne Granger, la miss-je-sais-tout des gryffondors, il se mettrait presque à lui ressembler… presque hein !