Theodore Nott sortit de l'ombre du couloir où il était caché. Cela faisait maintenant plusieurs semaines qu'il observait son ami Blaise. Avec sa discrétion habituelle, il avait observé ses mimiques, ses gestes. Il avait bien vu que son humeur était plus sombre, comme tout le monde d'ailleurs, c'était normal. Mais Blaise était son ami, et il ne souriait plus, ne plaisantait plus avec les autres de la bande, il passait des après midi entière à regarder dans le vide et à soupirer. Et quand il ne se morfondait pas dans son coin et qu'ils étaient tous ensemble dans la grande salle il le voyait jeter des coups d'œil discret vers la table des gryffondor, tentant de se faire discret alors qu'il regardait la belle rouquine au caractère de feu des gryffondor. Il savait que Blaise était amoureux. Il savait que ses convictions vis-à-vis de la cause de Lord Voldemort était faible, Blaise n'avait jamais attaché beaucoup d'importance à ses choses là, les seules personnes qu'il avait vraiment insulté pendant sa scolarité était la bande à Potter. Parait-il qu'il ne pouvait pas les encadrer, en fait c'était surtout Malfoy qui ne pouvait pas les encadrer Malfoy et sa jalousie. Malfoy qui était aveugle et qui se mentait à lui-même mais ça c'était une autre histoire.

Ce matin il avait donc suivit Blaise parce qu'il se faisait du souci pour lui, il l'avait entendu se tourner et se retourner dans son lit croyant que tout le monde dormait. Mais Théodore Nott était très observateur.

Et se sachant fort de cette qualité, il avait été étonné de ne pas reconnaitre cette serdaigle. Quand il était arrivé dans le couloir des cachots, il avait d'abord été surpris de voir son ami discuter avec une fille, celui ne s'intéressait plus aux autres filles depuis maintenant plusieurs semaines. Mais il n'avait pu s'empêcher d'écouter, il était fortement intriguée. Qui était-elle et que voulait-elle à Blaise ? Quelle était cette fameuse proposition ? Mais il avait croisé son regard au moment où il arrivait, elle l'avait repéré avant même qu'il ne la voit il en était sur. Elle lui avait d'ailleurs « gentiment » fait comprendre « je ne compte pas en parler en plein milieu d'un couloir ou n'importe quel serpent de ton espèce pourrait surprendre notre conversation » qu'elle avait dit hein. Il avait compris l'allusion après tout il n'était pas censé être là. Il avait donc rebroussé chemin, mais il avait eu le temps d'entendre son nom. McKeenan, Caitria McKeenan. Blaise n'avait pas tout de suite réagit. Mais il passait plus de temps à la bibliothèque que l'autre serpentard. Il n'aurait pas à chercher longtemps pour trouver l'origine exacte de ce nom.

Les McKeenan était connus. Mais pas par le commun des mortels. Il restait des histoires sur ce clan de sorcier. Quelques récits dans quelques livres, on les voyait encore apparaitre dans certains livres de généalogie sorcière. Théodore se souvenait vaguement de ces histoires. Et il y a une chose dont il était sur, c'était que le clan McKeenan possédait des sorciers très puissant, et qu'ils avaient pour habitude de fourrer leur nez partout. De vrai espions, toujours dans l'ombre à s'informer, manipuler. Des fouineurs en puissance voilà ce qu'ils étaient.

Alors une Mckeenan qui faisait une proposition était par définition une Mckeenan dangereuse, même si elle n'était encore qu'élève à Poudlard.

Théodore Nott décida de prendre la direction de la grande salle, il voulait poser des questions à cette McKeenan. Zabini était son ami, et elle avait interêt à se tenir à carreau si elle ne voulait pas avoir de problèmes.

Et oui Théodore était un garçon gentil, mais il défendrait griffes et ongles ses seuls amis.

Caitria regarda Théodore Nott rentrer dans la grande salle. Ce sombre imbécile qui n'est pas fichu de rester discret et qui écoute les conversations des autres. Mais elle l'aime bien quand même, après tout elle et lui ils se ressemblent, à toujours tout observer, ils ont ce même coté discret et ils mettent tout les deux leur nez partout l'air de rien. Oui elle l'aimait bien Theodore Nott c'était de loin le plus futé des serpentards. Il avait juste un gros défaut. Il était du mauvais coté de la barrière.

« Enfin » pensa-t-elle « ce n'est que temporaire. »

Le garçon lui lance un regard noir en allant s'assoir à sa place. Il a donc eu le temps d'entendre son nom. Et il a compris qui elle était. C'est qu'il aurait quelques neurones en plus de Zabini, surprenant pour un Nott.

Caitria replongea le nez dans son café du matin, elle se sentait toujours mieux après une bonne dose de caféine, indispensable pour supporter les gamins bruyants qui habitaient le château. Quoique depuis le début de l'année tout était beaucoup plus silencieux. Elle mordit dans sa tartine et jetta un coup d'œil à la table des gryffondor. Il y avait trois places vides, toujours les mêmes. Potter, Granger et Weasley, toujours dans la nature…

Elle songe aux horcruxes, oh oui elle en connait l'existence naturellement, après tout rien ne lui échappe, elle sait tout. Elle aimerait bien pouvoir faire quelque chose pour les aider mais elle sait qu'ils doivent suivre leur propre voie, elle sait que quoiqu'il arrive ces trois là s'en sortirait du moins pour le moment. Elle devait d'abord redonner un peu de vie à ce château devenu sombre et froid, il fallait que tout le monde soit prêt à se battre le jour ou Voldy débarquerait à Poudlard. C'est la mission qu'elle s'était donné. Elle voulait qu'il y ait de l'espoir et que les troupes soient prêtes à se battre pour Harry. Pourquoi pour Harry et non pour elle ? Parce que même si elle n'appréciait pas particulièrement Harry et ses amis, elle avait besoin du symbole qu'il représentait, l'espoir, la dernière barrière contre Voldemort. C'est derrière ce symbole qu'elle comptait rallier les troupes. Ah si Potter savait ça, lui et sa modestie en prendrait un sacré coup.

Théodore Nott continuait de fixer la jeune fille. Elle paraissait songeuse, assise sur son banc avec sa tartine à mis chemin entre sa bouche et son assiette.

Il secoua la tête ce n'était pas le moment de s'attendrir. Il attendit qu'elle se lève et la suivit jusque dans le grand hall presque désert à cette heure-ci.

« McKeenan ! » la héla-t-il

Caitria fit volte face, encore ce sombre imbécile songea-t-elle pas foutu d'être discret.

« Je préférerais que tu m'appelles par mon prénom, et si tu pouvais éviter de hurler dans le grand hall tu épargnerais mes pauvres oreilles »

Théodore s'arrête surpris, c'est vrai que niveau discrétion il savait faire mieux.

« Caitria » se reprit-il « j'ai quelques questions à te poser »

« Tu oublies le mot magique »

Nott la regarde avec des yeux étranges, quoi elle ne parle pas le chinois la quand même il pourrait être poli !

« Tu as oublié de dire s'il te plait » soupire-t-elle en levant les yeux au ciel. « C'est une expression moldue » rajoute-t-elle avec une sourire mi figue mi raisin « m'étonne pas que tu connaisse pas après tout la culture moldue, c'est pas vraiment votre truc à vous les sangs purs »

Théodore soupire cette fille est bizarre.

« Est-ce que je pourrais te poser quelques questions s'il te plait ? » dit-il en insistant sur les derniers mots.

« Mais bien sur mon cher, avec plaisir ! » fait-elle avec un sourire ironique.

« Qu'est ce que tu lui veux à Blaise ? »

« Rien qui ne te regarde » dit-elle sèchement « pire qu'une mère poule celui là » marmonne-t-elle mais ça Théodore ne l'entend pas.

« Mais je peux aussi te faire une proposition si c'est ce que tu veux » dit-elle en lui faisant son sourire le plus pervers.

Théodore lui lance un regard mauvais, c'est qu'elle se fout vraiment de sa gueule en plus. Il soupire.

« Laisse tomber » et il tourne les talons et s'en va vers le prochain cours. Il la verra plus tard, il a classe en commun avec les serdaigles de 7ème année en deuxième heure, il tentera d'en apprendre plus à ce moment la.

Caitria s'éloigne à son tour, elle n'a pas que ça à faire que de penser à un imbécile de serpentard qui ne comprend pas qu'il ne doit pas fourrer son nez partout.

Après tout c'est vrai qu'elle est vraiment bien placée pour le dire.

Neville Londubat contemplait son bol de chocolat chaud avec morosité. Tout lui paraissait fade, il était fatigué, il ne rêvait que d'une chose c'était de retourner se coucher et prier pour que le lendemain matin toute cette histoire de mage noir mégalomane soit terminée. Mais il savait qu'il y avait peu d'espoir que ça arrive un jour.

Neville Londubat devenait dépressif.

Harry, Hermionne et Ron n'était pas revenu, Rogue était devenu directeur et comble du malheur on leur imposait deux mangemorts décérébrés comme professeur.

Soupir.

Si seulement Harry était là, le calme et réfléchit Harry, celui que tout le monde suivait sans se poser de question.

Nouveau soupir.

Neville grimaça, il avait mal aux côtes, il avait écopé d'une retenue avec l'un des Carrow pour avoir osé dire qu'Harry Potter botterait les fesses de Voldemort, peut-être que la prochaine fois il s'abstiendrait, les retenues avec les Carrows étaient… douloureuses, très douloureuses, il en gardait un souvenir cuisant mais il sentait que ce ne serait pas le dernier.

Il releva la tête et observa ses camarades de maisons, certains en dehors de Harry Ron et Hermionne manquait à l'appel, aucun né-moldu n'était revenu à Poudlard, Dean n'était plus là, Seamus avait une tête d'enterrement et même Lavande qui d'ordinaire cassait les oreilles de tout le monde avec ses insupportables bavardage et commérages se taisait . L'ambiance était à l'image de l'école froide, glaciale. La plupart de ses condisciples avec des marques sur le visage, signe d'un quelconque reproche que les Carrows avaient pu leur faire. Et dire que Poudlard restait tout de même l'endroit le plus sur.

Il poussa un dernier soupir et se leva pour prendre la direction du cours de potion. Cours maintenant assuré par le professeur Slughorn à son grand bonheur, terminé la terreur des cachots. Pas qu'il soit devenu meilleur, mais cela avait au moins l'avantage de lui épargner la présence de Rogue. Lorsqu'il arriva dans la salle il constata qu'une fille de serdaigle s'était assise à coté de sa place habituelle, il lui lança un regard interrogateur, d'un signe de tête elle l'enjoignit à se mettre à côté d'elle. Sans se poser plus de question, il alla s'assoir.

« salut » dit-il d'un air morne, il était fatiguée, il n'avait pas envie de sociabiliser avec une fille aussi mignonne soit-elle.

« Tu es toujours aussi grognon le matin ? » lui demanda-t-elle.

Neville lui adressa un bref coup d'œil avant de s'intéresser à nouveaux à son pupitre. Par merlin avait-il seulement déjà vu cette élève ? Il n'en avait aucun souvenir était-il donc aussi peu attentif à ce qu'il se passait autours de lui ?

« euh… » très spirituel comme réponse. Il commença à rougir.

« ex…excuse moi… mais est ce que je te connais ? » demanda-t-il.

« surement que non » répondit-elle avec une pointe de malice.

« ah … et comment… »

« Caitria, Caitria McKeenen » dit-elle en lui tendant la main.

« Enchanté, Neville Londubat »

« Je sais »

« ah… et désolée pour mon air un peu grognon … »

Caitria ne répondit pas. Le professeur Slughorn entra à ce moment là dans la classe. Elle lui glissa avant que le cours ne commence :

« Rendez vous après les cours près du lac à 17H30, soit à l'heure »

Et elle se tut. Neville la regarda avec de grands yeux ? Cette fille était bizarre, il ne la connaissait pas et elle lui donnait rendez vous après les cours ?

Caitria lui fit signe de se taire, il devait commencer la potion.

A la fin du cour il tenta de la rattraper pour lui poser des questions mais ce fut peine perdue, aussi se résolu-t-il à attendre la fin des cours.

Caitria se dirigea vers la classe de sortilège où elle avait cours avec les serpentards après avoir semé Neville dans un passage secret. Elle n'avait pas le temps de lui parler tout de suite, il devrait attendre. Elle entra dans la classe et attendit les autres élèves pour que le cours commence. Elle aperçut Nott s'assoir non loin d'elle. Il n'avait donc pas renoncé. Elle Au bout de quelques minutes elle reçut un parchemin sur l'épaule. Elle soupira, elle ne serait jamais tranquille tant qu'elle ne lui aurait pas répondu.

Depuis quand es-tu à Poudlard ?

C'est qu'il poserait presque les bonnes questions ce petit vicieux. Mais c'était raté il n'apprendrait rien comme ça.

Depuis le premier jour où tu y es arrivé il y a sept ans.

Elle entendit un grognement derrière elle. Et oui mauvaise pioche.

Très bien. Quel est ton objectif ? Dans quel camp es tu ?

Il aurait au moins pu faire semblant de prendre des pinces pour poser ses questions, quel malotru.

J'envisage sérieusement de botter le cul à la bande de mangemort qui a élu domicile à Poudlard. Quant à mon camp cela me semble évident. Intéressé ?

Ca dépend. Quel est le rapport avec Zabini ?

D'après toi il a l'air d'un mangemort en puissance ?

Non

Alors tu as ta réponse. Et si tu cesse de m'enquiquiner je suis prête à te faire une vraie proposition.

Venant d'une McKeenen ça sonne comme un arrêt de mort.

On dirait que tu sais de quoi tu parles.

Peut-être.

Pour un sang pur je ne te trouve pas très versé dans les croyances ridicules sur la pureté du sang. Tu n'es pas très … réactif.

C'est parce que je suis intelligent.

A la bonne heure ! Enfin un Nott qui a des neurones, on va peut-être pouvoir te sauver la mise.

Vas te faire foutre.

Moi aussi je t'aime petit Nott.

La sonnerie de fin des cours retentit, Théodore se dépêcha de sortir de la salle. Un fin sourire se dessinait sur ses lèvres, peut-être qu'il pourrait apprécier cette serdaigle finalement.

Caitria regarda Nott sortir de la salle, son regard croisa celui curieux de Blaise.