La réunion de l'AD la veille s'était plutôt bien passée, Caitria était plutôt satisfaite. Elle avait d'ailleurs rendez vous après les cours avec Dean et Luna pour préparer le QG. Mais tout d'abord il fallait qu'elle vienne à bout des sorts et enchantements placés par le professeur Rogue. Ils étaient d'un type différent des sorts qu'elle connaissait, les protections du professeur Fliwtick ou McGonagall restait dans sa branche de magie, mais celle du professeur de potion était différente. Ce n'était pas de la magie noire c'était juste une forme plus évoluée que ce qu'elle avait déjà appris. Le directeur actuel était après tout une personne intelligente qui avait consacré une partie de sa vie aux recherches, mais pas seulement dans le domaine des potions. C'était un génie, certes à sa manière, mais un génie tout de même.

Et il est très difficile de briser les sorts d'un génie.

Caitria se dirigeait donc tranquillement vers les cachots. Elle n'allait pas en potion, non, pas ce jour là. Arrivée devant un pan de mur, elle chatouilla une pierre, celle-ci s'anima pour se transformer en un visage indistinct dans la pierre.

« Le mot de passe ? » demanda le mur.

« Lys blanc. » répondit-elle.

Elle avait cherché longtemps ce mot de passe, il n'apparaissait pas sur la carte du maraudeur, et qui pouvait se douter que la chauve souris des cachots utiliserait un nom de fleur d'une grande pureté pour code. Mais Caitria savait tout, elle savait aussi le pourquoi de ce code, qui était pourtant le plus grand secret que cet homme cachait, peu de personne connaissait l'existence de ce secret. La principale était morte, tombé du haut d'une tour après avoir reçu un sortilège de mort en pleine poitrine, l'autre devait maintenant être cachée avec le reste de sa famille, surveillée par des personnes de l'ordre du phénix. Pétunia Dursley était une cible facile, il ne lui avait pas fallu longtemps pour faire remonter a la surface les souvenirs sur sa sœur. Tant haïe, et pourtant tant aimée et jalousée.

C'est donc grâce à Pétunia Dursley, qu'en ce début d'après midi Caitria pénétra dans les appartements personnels du professeur Rogue. La pièce était grande et lumineuse, loin d'être aussi sombre que celui qui y habitait. Des bibliothèques s'étendait sur les murs, contenant divers livres plutôt rares. Deux canapés et quelques fauteuils s'alignaient au centre de la pièce, d'une couleur bleue de mer, associés à une table basse en bois de hêtre. Un piano à queue était disposé dans un coin, une grande table en bois clair dans un autre, accompagnée de chaises confortables. Des tableaux de peintres moldus était accrochés aux murs, affichant des vues sur l'océan, la mer déchainée, ou le calme d'une journée d'été. Il y avait aussi de grandes fenêtres magiques, montrant Poudlard et ses alentours, elles étaient entourées de grands rideaux, bleus et blancs. La pièce était calme et chaleureuse.

La jeune serdaigle était agréablement surprise, elle savait que le professeur n'était pas ce qu'il montrait, mais elle ne savait pas qu'il avait d'aussi bon goût en matière de décoration. Elle s'assit sur un fauteuil pour patienter tranquillement. Elle prit la liberté de retirer ses chaussures pour mêler ses doigts de pieds aux boucles du tapis en laine de mouton. Elle avait l'impression d'avoir quitté Poudlard, plus de pierre au mur ni par terre, seulement du parquet de chêne, et de grand murs aux teintes claires. Elle se sentait bien ici. Elle s'autorisa un mince sourire. Severus Rogue était décidemment un homme bien mystérieux. Personne ne devait lui rendre visite ici, c'était son havre de paix. Elle se sentit légèrement coupable d'avoir pénétré son intimité, ce n'était pas son but à la base, c'est pourquoi elle ne s'aventura pas dans le reste de l'appartement malgré sa curiosité, c'était chez lui, elle le comprenait, elle le respectait. Elle n'alla donc pas fouiller dans la bibliothèque, et ne toucha à rien.

Quelques minutes plus tard elle entendit l'entrée du passage s'ouvrir, Severus Rogue se tenait là baguette en main visiblement furieux. Une alarme l'avait avertit qu'il avait un visiteur, Caitria le savait elle avait fait exprès de ne pas la désactiver, elle voulait voir son professeur en privée dans un endroit sur, c'était la seule solution qu'elle avait trouvée pour que ses deux mangemorts de collègue ne se rendent compte de rien.

« Professeur Rogue » salua-t-elle d'un ton neutre. Elle sortit sa baguette magique et la posa sur la table basse montrant ainsi qu'elle n'avait pas l'intention de l'attaquer. Elle se mettait à sa merci. L'homme s'avança dans un mouvement de cape, ses yeux sombres la dardant d'un regard glacial, meurtrier. Elle se fit toute petite dans son fauteuil, elle était malgré elle intimidé par cet homme.

« Que faites vous ici petite impertinente ! » cracha-t-il.

Il pointa sa baguette sous le menton de la serdaigle, menaçant. Elle déglutit.

Toujours aussi aimable, pensa-t-elle.

Elle ne se rappelait pas avoir vu son professeur aussi furieux. C'était compréhensible.

« Je suis venue vous parler de choses importantes. » murmure-t-elle le regard toujours fixé sur la baguette, elle ne doutait pas une seconde qu'un sort puissant l'attendait si elle faisait un pas de travers, elle releva les yeux vers le directeur, plongea son regard dans le sien et lui laissa la porte ouverte sur son esprit. Elle ne voyait pas comment faire autrement pour qu'il la laisse au moins parler. Il la scruta un moment, lisant certaines de ses pensées.

« McKeenan, hein ? » murmura-t-il. Il retira sa baguette de sous son menton et s'assis face à elle baguette toujours en main, cela allait de soit. Caitria se permit de pousser un léger soupir de soulagement. Il puait le danger à plein nez.

Ils s'observèrent un moment avant que Caitria ne prenne son courage à deux mains pour entamer la conversation.

« Je n'ai visiblement pas besoin de me présenter. » commença-t-elle « mais avant de vous dire pourquoi je suis là, je veux que vous sachiez une chose, je ne suis pas venue vous parler au nom du Clan. Je suis ici pour moi, pour les élèves et pour Poudlard. La Clan ne sait rien sur mes actions actuelles. »

Rogue plisse les yeux toujours méfiant et me fait signe de continuer d'un mouvement de main impatient.

« Je suis responsable de la petite révolution qui agite l'école en ce moment. »

Il n'a pas l'air étonné, où alors il le cache bien.

« J'ai donc pris partit dans cette guerre, contrairement au clan, et je suis bien décidée à me battre avec les moyens qui sont à ma disposition. »

« Et pourquoi donc me révélez vous ceci ? » demande-t-il. « Vous êtes en train de livrer des informations à votre ennemi dans cette école mademoiselle McKeenan. »

C'est dit d'une voix sèche et glaciale. Cet homme ne laisse donc jamais transparaître ce qu'il est vraiment. La jeune blonde à l'impression de faire face à un mur, c'est d'ailleurs assez ironique que l'entrée de cet appartement se situe au beau milieu d'un mur, une coïncidence surement.

Caitria sourit.

« Mais parce que j'ai besoin de votre aide ! » s'exclame-t-elle comme si c'était une évidence.

Ca y est elle a vu une expression sur ce visage froid, elle a vu une étincelle de surprise dans ces yeux. Venant de lui c'est ce qui se rapproche le plus d'une expression, d'un sentiment. Après tout qui demanderait de l'aide au bras droit de Lord Voldemort, à la terreur des cachots. Il faut être complétement fou. Ou très intelligent. On appelle ça un génie il me semble.

La jeune fille continue d'afficher son sourire horripilant. Rogue est tendu comme un arc. Il aurait du se méfier plus que cela et la mettre dehors avant qu'elle n'ouvre la bouche, il avait oublié à quel point un McKeenan peut être dangereusement fou.

« Ne faite pas cette tête professeur, je ne mange pas » dit-elle avec une pointe de malice. « Oui je suis une McKeenan, je suis folle, je peux même faire peur à l'occasion. Mais ma principale qualité est de tout savoir sur tout le monde, du moins autant que faire ce peut. Et je sais beaucoup de chose sur vous, je sais qui vous êtes réellement sous cette carapace, je sais qu'il n'y a pas plus dévoué que vous à la cause de la lumière. »

« Vraiment ? » dit-il d'un ton sarcastique. « Et qu'est ce qui vous dit que je suis du côté de la lumière, mademoiselle McKeenan ? »

« Dumbledore vous faisait confiance, cela devrait suffire. » dit-elle.

« Cet argument me semble insuffisant, McKeenan. Je l'ai tué. » Réplique-t-il.

« Achevé me semble plus juste. »

Rogue hausse un sourcil.

« Quelle différence cela fait-il ? » répond-il d'une voie glacée. Sa voix se teinte de méfiance. Se pourrait-elle qu'elle en sache plus ?

« Il était mourant, il ne lui restait que quelques jours ou semaines à vivre. Au fond c'était presque un acte miséricordieux de votre part. »

Comment sait-elle cela ? Son masque d'impassibilité se fissure légèrement. Juste assez pour que la jeune sorcière s'en aperçoive, elle est sur la bonne voie.

« Je sais que c'est Dumbledore en personne qui vous a ordonné de le tuer, professeur Rogue, afin que vous conserviez votre couverture. » reprend-elle.

Cette fois il a du mal à se contenir. Il n'a pas la force de répliquer dans l'instant. Son cerveau fonctionne à toute allure, comment a-t-elle pu apprendre cela ? Il réplique faiblement.

« Cela ne change pas le fait que je suis un assassin au service du Lord Noir, vous avez le cerveau dérangé jeune fille. »

« Vous ne m'écoutez pas quand je parle professeur, je vous ai dit que je savais tout. » Elle insiste sur le tout. Tant pis pour lui s'il est aussi borné, elle va dire tout ce qu'elle sait. Rogue ouvre la bouche pour tenter de la retenir un instant mais il se fige devant le flot de parole qui sort de sa bouche. Ses mots lui transpercent le cœur.

« Je sais pour le soir où vous avez rapporté la prophétie de Sybille Trelawney au Seigneur des Ténèbres, je sais que vous vous êtes précipité auprès de de Dumbledore quand vous avez appris qui était la cible de cette prophétie, je sais que vous étiez amoureux de Lily Evans ! Je sais que vous sacrifiez encore votre vie à vous racheter pour sauver le fils unique qu'elle a laissé. Je sais que vous avez juré sur sa tombe de protéger Harry Potter, je sais que votre cœur saigne encore de votre trahison Severus Rogue. Je sais que vous haïssez Lord Voldemort plus que quiconque pour avoir assassiné la personne que vous aimiez le plus sur cette terre. Il y a peu de personnes qui peuvent prétendre le haïr autant que vous le haïssez, parce qu'il a fait de vous l'homme que vous êtes aujourd'hui. »

La voix de Caitria se brise. Elle voit qu'elle lui a fait mal avec ses paroles.

Cette fois le masque tombe. Il est en état de choc. Il lui faut bien quelques minutes pour réagir à ses mots. Il a les mains qui tremblent légèrement. D'un coup de baguette il fait apparaître un verre et du whisky pur feu. Il a besoin d'un remontant, il n'a pas eu aussi peur depuis très longtemps. Il est sous le choc, comment peut-elle savoir tout ça cette fille là. Il avale deux verres cul sec avant de réussir à calmer les tremblements de ses mains. Il renverse la tête en arrière sur le canapé et se pince l'arrête du nez et soupire un grand coup. La serdaigle l'observe plutôt stupéfaite de l'effet qu'elle a produit elle n'avait jamais vu son professeur aussi expressif.

« Qui d'autre que vous sait ? » demande-t-il dans un murmure. Elle le sens prêt il a sa baguette à la main, ses doigts sont crispés dessus.

« Seulement moi. »

Il relève la tête surpris une fois de plus. Quel étalage d'émotion en si peu de temps.

« Vous n'avez rien dit à vos supérieurs ? »

« Non, je ne leur fait plus confiance » répond-elle avec un petit sourire triste.

« Très bien, comment l'avez-vous découvert ? »

Toujours méfiant, toujours prêt. Un seul mot de travers et s'en est finit d'elle. Inutile de mentir.

« Pétunia Dursley, en grande partie. Dumbledore, Harry et son indiscrétion notoire à propos de la prophétie, le reste je l'ai plus où moins deviné toute seule. »

Il se tend. Elle devine pourquoi.

« Elle est en sécurité, personne ne saura. Cela restera entre vous et moi. En attendant je suis venue vous demander votre aide, professeur, et vous offrir la mienne. »

Il est toujours en train de se pincer l'arrête du nez, il tente de reprendre le contrôle de lui-même.

« Laissez-moi cinq minutes » dit-il.

Il se lève et s'enferme dans une pièce qui semble être une cuisine. La jeune fille a le temps d'apercevoir une gazinière avant que la porte se referme brusquement.

Severus Rogue appuya sa tête contre un placard. Il tremblait encore. En dehors de Dumbledore personne n'avait jamais su pour Lily et le rôle qu'il avait joué dans la mort de celle qu'il aimait. Et cette fille débarquait de nulle part, en provenance d'un clan d'assassins déclarait faire la guerre à Voldemort et à ses sbires et lui annonçait tranquillement qu'elle avait besoin de son aide avant de lui transpercer le cœur à coup de mots empoisonnés. Elle était complètement folle. Il se mit à préparer un thé avec des gestes mécaniques, tout en reprenant le contrôle de lui-même son cerveau se mit furieusement en marche. Elle avait l'air sérieuse, si elle savait tout elle pourrait être son alliée dans l'école, cela représentait un avantage certains, mais qui serait à double tranchant il allait prendre un énorme risque en laissant une personne au courant de ses secrets. Si jamais un partisan du lord noir apprenait sa véritable allégeance il mourrait dans d'atroce souffrance. Il reprenait petit à petit le contrôle sur la peur qui lui dévorait le ventre. Il fallait qu'il garde son sang froid. Non il n'allait pas la tuer pour ce qu'elle savait.

Il avait lu son esprit, il savait qu'il pouvait avoir une certaine confiance en elle, elle semblait posséder d'excellente capacité en occlumencie, ce qui représentait un certain avantage et quelques inconvénients pour lui, car il ne pourrait pas savoir ce qu'elle pensait. Elle semblait aussi déterminée, et possédait une haine farouche à l'égard de du seigneur des ténèbres, pas aussi forte que la sienne, mais proche. Elle ne changerait pas de camps. Elle lui avait ouvert son esprit, elle ne lui avait pas mentit il le savait.

Un éventail de possibilité nouvelle se déploya dans son esprit, elle était dangereuse pour lui, elle était dangereuse pour tout le monde, il le sentait. Elle semblait avoir assez de caractère et de puissance magique pour l'aider dans la lourde tâche qu'il s'était fixé. Elle avait le contrôle sur les révolutionnaires de l'école, elle pourrait les former à la bataille qui se préparait. Plus il réfléchissait plus ça devenait claire dans son esprit, c'était une alliée de choix. Une McKeenan qui partageait le même but que lui était le meilleur avantage qu'il puisse avoir, surtout si elle agissait indépendamment de son clan.

Mais il se sentait tout de même libéré d'un poids. Quelqu'un savait. Il ne porterait plus le lourd fardeau de son existence seul. Il avait toujours eu un soutient en la personne d'Albus Dumbledore, jusqu'à ce qu'il meurt, jusqu'à ce qu'il doive l'achever de ses propres mains pour lui épargner d'inutiles souffrances. Il faisait des cauchemars la nuit beaucoup de cauchemars. Et si cette McKeenan savait, alors tant pis, il se sentait soulagé, il avait quelqu'un avec qui partager la lourde charge d'espion. Quand viendrait la fin de cette guerre elle serait peut-être là pour dire que lui, Severus Rogue, avait été un grand homme.

Il s'autorisa alors un mince sourire et pris sa décision. Il rajouta une quantité non négligeable de gâteau sur son plateau, il n'avait pas ressentit autant d'émotions contradictoires depuis longtemps, il se sentait d'un appétit vorace. Le whisky pur feu lui ayant donné chaud, il ôta sa longue cape et sa veste noire, et dans un élan de courage et de stupidité tout à fait gryffondoresque, il décida de faire confiance à la petite serdaigle qui l'attendait dans le salon. Il se montrerait tel qu'il était. Plus de carapace, même si ce n'était que pour quelques heures.

Caitria attend sagement dans le salon, elle triture ses mains, anxieuse. Elle ne pensait pas causer un si grand choc à son professeur. Elle ne le pensait pas si … émotif. Enfin la porte de la cuisine s'ouvre. Ses yeux s'agrandissent de stupeur. La terreur des cachots se tient sur le seuil, ses mains ne tremblent plus, sa robe de sorcier noire traine sur une chaise derrière, il ne porte plus qu'une chemise blanche par-dessus son pantalon noir. Il tient dans ses mains un plateau chargé d'un thé aux arômes délicieux, et de petits gâteaux qui font saliver la jeune fille. Elle avait oublié qu'elle avait si faim.

Elle le suit des yeux en silence et le regarde poser délicatement le plateau sur la table basse. Il lui sert une tasse de thé brulant, elle le remercie dans un murmure. Elle ne reconnait plus l'homme qui est en face d'elle, sans sa cape noire il lui semble que ce n'est plus le même personnage. Il semble plein d'une assurance nouvelle.

C'est à se demander qui est le plus étonné des deux aujourd'hui. Elle s'attendait à ce qu'il conserve sa carapace, même en sa présence. Elle s'attendait tout au plus à un marché entre eux, une entente peut-être. Elle ne s'attendait pas à le voir si différent. Elle n'aurait jamais cru voir le maitre des potions dans une chemise blanche, en l'espace de quelques minutes elle découvre un homme nouveau. Elle se rend compte que finalement elle ne connait pas vraiment l'homme qui se cache derrière cette façade amère que tout le monde voit.

Ce n'est plus le même homme.

Puis Rogue entame la conversation comme si c'était une chose tout à fait banale.

« Je crois qu'il est temps de faire les présentations mademoiselle. Severus, ravis de vous rencontrer. » Dit-il en lui tendant la main. Il sourit. Avec une certaine émotion, elle lui serre la main. Severus Rogue aurait surement été une personne agréable à rencontrer pour beaucoup de personnes en d'autres temps.

« Caitria, enchantée » répond-elle. Elle ne mentionne pas son nom de famille. Aujourd'hui il semblerait qu'il soit juste deux personnes qui font connaissance.

«Alors, il parait que vous avez besoin d'aide ? » demande-t-il.

Ils sourient tout les deux. On dirait qu'ils ont un accord. On dirait même qu'ils vont pouvoir se faire confiance. Severus Rogue vient de briser la carapace pour la première fois depuis longtemps il montre son vrai visage. Il ne sera plus seul, il a enfin une alliée, une unique alliée, mais c'est bien suffisant, il a été seul pendant trop longtemps.

« J'ai l'intention d'installer un quartier général pour l'Armée de Dumbledore. J'éprouve quelques difficultés avec certains sortilèges présents sur les lieux, ceux que vous avez installés il y a sept ans pour protéger la pierre philosophale. »

Severus sourit.

« Très ingénieux de votre part de vous installer là bas. Cet endroit est très bien protégé. Mes sorts sont les seuls à vous avoir posé problème ? » Demande-t-il avec un haussement de sourcil.

« Il semblerait que oui, ils sont hautement plus complexe que ceux que j'ai rencontré jusqu'à maintenant. Quand aux autres, même si ils m'ont posé quelques difficultés au départ, j'ai fini par y arriver. Les vôtres sont plutôt récalcitrants. »

« Je suis plutôt impressionné, c'est d'un haut niveaux pour votre âge. Je vous fournirais les éléments nécessaires à la résolution de ce problème. Autre chose peut-être ? »

« Oh, j'aurais besoin d'un tableau fiable, incorruptible, à vrai dire, ou quelque chose qui ressemble à votre porte pour masquer l'entrée. »

« Cela me semble intelligent et raisonnable, je pense être en mesure de vous enseigner ses sorts si vous êtes aussi talentueuse que vous le dites. »

Son sourire est mi figue mi raisin.

Finalement elle l'aime bien le professeur Rogue, sous sa carapace, il lui ressemble un peu.

Elle lui retourne son sourire.


Dean Thomas attendait nerveusement dans le couloir du troisième étage avec Luna. Caitria semblait avoir un peu de retard. Et les Carrow ainsi que les préfets de serpentard avaient entamé leurs rondes dans les couloirs. Il avait aperçu Blaise Zabini patrouiller, il lui avait paru perdu dans ses pensées, totalement ailleurs. Lui et sa camarade s'étaient désillusionnés pour plus de discrétion. Mais il se sentait nerveux quand même. Il n'avait pas encore tout à fait confiance. L'idée était brillante, cette fille avait des idées lumineuses, ça il n'avait pas de doute la dessus. Mais Seamus était d'accord avec lui pour dire qu'il se dégageait d'elle une petite aura inquiétante, elle leur paraissait dangereuse. Avec un peu de recul, il se disait que finalement ce n'était pas plus mal de l'avoir dans leur camp.

Luna elle de son côté patientait tranquillement. Elle était une des seules de sa maison à connaître l'existence de cette jeune fille avant cette année. Il fallait un cerveau affuté comme le sien pour remarquer quelqu'un d'aussi discret, plus transparente qu'un fantôme, parfois aussi invisible que les nargoles. Elle se sentait moins nerveuse que son amis à côté d'elle, tout simplement parce que c'était dans sa nature. Elle prenait les choses comme elle venait, avec une insouciance et une folie douce, parfois feinte parfois vraie.

Quand enfin sa camarade de maisonnée apparue au bout du couloir, elle lui offrit un sourire rayonnant, que la jeune fille sembla remarquer même à travers le sortilège de désillusion car elle le lui rendit. Elle s'approcha d'eux et s'excusa pour son retard.

« Désolée j'avais des recherches à faire sur les sortilèges mis en places. » dit-elle.

En vérité elle avait passé l'après midi avec l'affreux mangemort qui leur servait de directeur, elle avait pris le thé, s'était goinfré de gâteaux, avait beaucoup rigolé, beaucoup appris. Elle se sentait grisée. Et pleine d'une énergie nouvelle. Qui aurait pu penser que le sinistre maitre des potions savait rigoler ? Elle comptait garder ce souvenir dans un coin de sa tête pour le ressortir après la guerre. Histoire de pouvoir lui faire un peu de chantage.

Elle les invita à la suivre, fit apparaître une échelle au dessus de la trappe, et lança un sortilège sur la porte pour que personne ne puisse l'ouvrir après eux. Après une descente à la lumière des baguettes, elle actionna le sortilège d'ouverture de son antre, et ouvrit grand la porte. Ils eurent la même réaction que Blaise Zabini quelques jours plus tôt. Qui aurait pu penser qu'il existait un tel espace à quelques mètres sous leurs pieds.

« Bienvenu dans mon antre. Je l'ai aménagé quand j'étais en 4ème année. Mais il reste beaucoup de choses à faire. »

Sans attendre elle va vers la porte que le serpentard avait remarquée la première fois. Ce n'est pas une chambre c'est une grande pièce complètement désaffectée, couverte de poussières et d'araignées.

Dean esquisse une grimace.

« Y'a du boulot ! » marmonne-t-il. « Pourquoi tu n'as pas demandé plus de monde ? »

« Oh ce ne sera pas nécessaire, nous allons recevoir une aide précieuse ne t'en fais pas. » « DOBBY ! » appelle-t-elle.

Dans un crac le petit elfe apparait, il a deux bonnets sur la tête et porte une salopette et un pull pour enfant. Plusieurs paires de chaussettes recouvrent ses pieds.

Ses oreilles frétillent à la vue des trois adolescents.

« Dobby est content de voir maitresse Caitria ! Que peut faire Dobby pour aider les amis d'Harry Potter ? »

« Bonjour Dobby » dit Caitria avec un sourire, « Dean, Luna et moi on t'a appelé parce qu'on compte remettre une partie de ce château en état. Qu'en dis-tu ? »

L'elfe fait des petits bons de joies.

« Dobby est très honoré de pouvoir vous être utile. Que doit faire Dobby en premier ? »

« J'ai besoin que tu nous aide à nous débarrasser de toute ses saletés, peux tu nous trouver des balais, des serpillères et des sceaux ? » Répond-elle avec un clin d'œil.

Dean la regarde d'un air interrogatif.

«Qu'est ce qu'on va faire avec ? On ne va pas nettoyer à la moldue quand même ? » demande-t-il

« Bien sur que non gros bêta » répond Luna à la place de Caitria, « ils vont le faire pour nous ! »

Dean regarde Luna bizarrement. Il a cessé de chercher à la comprendre depuis longtemps.

Dobby revient avec le matériel. Sans plus poser de question ils se mettent au travail à coup de récurvite. Dean se charge de mettre le feu aux toiles d'araignée parce qu'il n'aime pas ces bestioles là. Luna s'occupe du nettoyage du sol, elle ensorcelé des balais et des serpillères qui s'occupent de nettoyer la pièce à grandes eaux.

La serdaigle de 7ème année elle, est partie discrètement dans une salle plus loin, elle s'occupe des sorts de son professeur, et en profite pour faire un coup de ménage. Après trois heures de travail, elle Dean et Luna sont couverts de poussières, ont pourchassé une ou deux créatures étranges qui s'étaient réfugiés là, se sont débarrassé d'un épouvantard à grand coup d'éclat de rire. Ils ont fait disparaître la moisissure et ont redonné une image humaine aux différentes salles. Il y en à six en tout en comptant l'antre de Caitria et celle de l'entrée.

« Je n'en peux plus ! » s'exclame Dean

« Accordons nous une pause » dit Luna

« Bien d'accord ! » renchérit sa camarade de serdaigle

Plutôt satisfaite du résultat, elle invite Dean et Luna à manger avec elle dans son antre. Puis une demi heure plus tard ils se séparent, épuisés, en sachant qu'ils ont jusqu'à la semaine d'après pour finir le travail.


C'est presque l'heure du couvre feu, Théodore Nott marche dans les couloirs il se dirige vers la tour de serdaigle parce qu'il espère croiser une petite blonde aux yeux bleu qui l'intrigue fortement ces derniers temps. Mais ça, il n'osera l'admettre devant personne. Elle l'a impressionné avec le coup de la grande salle, c'est vrai, mais il a encore quelques questions à lui poser, sur Blaise, sur le traitre de serpentard, dont il a deviné la présence même si il ne sait pas encore qui c'est, et sur Rogue. Parce que Théo est un vrai fouineur, il a passé plusieurs jours à observer et espionner les allées et venues de son ancien directeur de maison, mais il n'a rien trouvé, rien vu, nada que dalle. Et ça, ça l'énerve profondément, pour lui, quelqu'un sur qui on ne peut rien découvrir et quelqu'un qui a beaucoup de choses à cacher. Et son instinct lui dit que cette petite fouineuse du clan McKeenan en sait plus que lui, beaucoup plus.

Il arrive à la tour des Serdaigles et s'assoit devant l'entrée. Les derniers retardataires pour le couvre feu le regarde bizarrement mais s'abstiennent de commentaires quand ils aperçoivent son écusson de serpentard. Ils préfèrent tous se taire, c'est plus prudent. Ils ne sont pas comme les gryffondors après tout.

Théo a froid, il en a marre de l'attendre, qu'est ce qu'elle fiche d'abord, elle pourrait se dépêcher, il l'attend quand même. Il continue de fixer le couloir sombre devant lui, les derniers élèves sont rentrés dans leur salle commune, il fait sombre et l'école lui parait soudain perdre encore un peu de sa chaleur. Il n'aime pas quand le soleil se couche, comme beaucoup de ses condisciples, le froid envahit le château, l'ombre gagne sur la lumière. Il déteste ça.

Son instinct l'avertit que quelque chose ou quelqu'un approche. Il lève la tête scrute l'obscurité devant lui, mais ne voit rien.

« Lumos. » murmure-t-il.

La lumière de sa baguette se reflète dans les yeux d'un chat dans le couloir, un beau chat sibérien au pelage clair, un chat avec des yeux bleu.

Théo soupire, un sourire en coin.

« Stupide chat » dit-il. Sa voix résonne dans le corridor. Le chat miaule, un petit miaulement de reproche, s'approche doucement et tente de le contourner méfiant. Mais sur ce coup là Théo est plus malin. Il a compris tout de suite. Il prend le chat dans ses bras et le cale contre son torse, ça le réchauffe. Il a un instant d'hésitation parce que la fourrure du chat est douce et chaude sous ses doigts et qu'il a bien envie d'en profiter. Puis finalement il murmure :

« Alors Caitria, on se ballade dans les couloirs après le couvre feu ? Bien pratique d'être une animagus hein ? »

Le chat lance un miaulement de protestation, il est vexé. Il pose brièvement ses dents sur la main de Théo, comme une menace, pour dire que s'il ne le lâche pas il le mort vraiment. Théodore Nott soupire, même sous sa forme de chat elle trouve le moyen de l'enquiquiner, vraiment cette fille est insupportable. Il la lâche et la regarde se retransformer en la jeune fille blonde aux yeux bleus. Ces yeux bleus qui le fusillent du regard d'ailleurs.

C'est la première fois en sept ans que quelqu'un devine qu'elle est plus qu'un simple chat, elle est furieuse. Théodore Nott est un enquiquineur et un fouineur de première. Et il est trop intelligent pour son propre bien.

« Qu'est ce que tu me veux Nott ? » crache-t-elle.

« Oh, juste quelques questions à te poser. » répond-il avec son flegme habituel.

« Ah oui ? Et pourquoi je te répondrais ? » Fait Caitria avec toute la mauvaise foi dont elle est capable.

« Peut-être parce que sinon je dis à Amycus et Alecto Carrow que tu es un animagus et que tu te ballade dans les couloirs en toute impunité »

Caitria lâche un soupir rageur, elle s'est fait avoir comme une débutante, et maintenant il a un moyen de pression sur elle.

« Très bien, dis-moi ce que tu veux savoir qu'on en finisse. »

« Eh bah dis donc, il faut te caresser dans le sens du poil on dirait. » se moque Théodore.

« Cette blague est vaseuse, Nott » réplique Caitria.

Le rire de Théo résonne dans le couloir. L'animagus le regarde surprise, c'est la première fois qu'elle le voit rire franchement. Elle se laisse aller à sourire légèrement, puis se reprend aussitôt lorsqu'il s'en aperçoit, et reprend sa mine renfrognée de circonstance.

Théo a un sourire moqueur aux lèvres, il la trouve drôle cette fille.

« Alors Caitria, peux-tu me dire qui est le traître à serpentard ? »

« Tu parles de la personne qui a plus de couilles que toi Nott ? » demande la sorcière.

« A vrai dire je pensais plutôt à une fille. »

Elle le fusille du regard, puis pince les lèvres.

« Pourquoi me demandes-tu si tu sais déjà qui c'est ? »

« Oh en fait, je viens d'avoir une illumination à vrai dire, je me demande pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt. Tracey Davis a toujours bien su cacher son jeu. »

Nouveau regard mitraillette. Elle vient de lui donner la réponse inconsciemment. Saloperie de serpentard. Théo la regarde narquois. C'est fou ce que ça l'amuse de l'embêter.

« Qu'est ce que tu veux pour ton silence ? » demande-t-elle avec hargne.

« Je veux que tu répondes à ma prochaine question. »

Elle acquiesce méfiante.

« Je répondrais dans la mesure du possible, tu vas devoir t'en accommoder. »

« Très bien, alors dis moi Caitria, que sais-tu sur Severus Rogue que je ne sais pas ? »

La serdaigle a son cœur qui se serre douloureusement à cette question. Tout en gardant le contrôle de sa voix, elle lui demande :

« Qu'est ce que tu sais déjà sur Severus Rogue ? »

« Rien du tout » répond-il « Mais maintenant, au vu de ta réaction je sais qu'il y a quelque chose à savoir. Inutile de te demander quoi tu ne répondras pas, je le sais. »

« On t'a déjà dit que étais trop intelligent pour ton propre bien Nott ? Méfie-toi, la pente sur laquelle tu as commencé à t'engager est glissante. » Murmure Caitria.

Théo hausse un sourcil. Qu'est ce qu'elle veut dire ?

« Oh, et pour la dernière question que tu vas me poser à propos de Blaise » continue la jeune fille « Il ne m'a pas encore fait part de sa décision. Quand à toi, je peux encore te faire la même proposition, tu auras juste à me faire signe le jour où tu prendras ta décision. »

Sur ces paroles elle lui tourne le dos et met fin à la discussion, elle entre dans sa salle commune, le plante la où il est dans le couloir et lui claque le porte au nez. Elle s'adosse à la porte le cœur battant. Dans sa tête tout se mélange. Elle a peur pour Théo, elle sent qu'il commence à s'aventurer sur un terrain instable, elle sait qu'il va petit à petit perdre tout ses repères parce que ce qu'elle lui cache il le découvrira forcément par un moyen ou un autre.

Fatiguée, elle se retransforme en chat, et file dans le dortoir des sixièmes années, se glisse sous les couvertures de Luna avec un petit miaulement, à la recherche de réconfort. Les bras chaud et doux de son amie lui font du bien. Mais elle repense toujours à Théo, Théo qui l'a prise dans ses bras sous sa forme de chat, c'était doux, chaud, réconfortant, elle s'était rarement sentie aussi bien dans les bras d'un humain. Son petit cœur de chat bas encore à ce souvenir. Puis les caresse de Luna lui font oublier ce garçon étrange qui arrive toujours à la surprendre. Et elle s'endort calmement, paisiblement.


Nouveau petit mot de l'auteure: et voilà mon dernier chapitre, j'espère que ça vous plait! N'hésitez pas à donner votre avis!