Ce matin la le réveil fut difficile pour Blaise. On était dimanche. C'était le dernier jour de la semaine. Mais c'était surtout son dernier jour pour donner sa réponse à Caitria. Et il n'avait pris aucune décision. Aucune, rien, nada. Il ne savait toujours pas quoi faire. Une catastrophe. Il avait passé la semaine à peser les pours et les contres. Il avait même trouvé qui était le traître des serpentards, à savoir Tracey Davis, et pourtant il était toujours comme un idiot à hésiter. Toujours au même point à se tourner et retourner dans son lit. Emmêlé dans ses draps et sa couverture. C'est fou ce qu'il se sentait idiot.
Théo pensait aussi que Blaise était un idiot. Mais pour des raisons un peu différentes. Parce que lui il savait déjà que la Mckennan était dangereusement futée. Ou dangereuse tout simplement. Et ce qu'elle avait dit à Blaise était dangereux. Il se demandait aussi si elle était née animagus ou si elle l'était devenue. Ca l'intriguait fortement. Et puis ce petit chat en lequel elle se transformait était tout simplement trop mignon. Comment quelque chose d'aussi doux pouvait être aussi machiavélique ?
Théo se morigéna, il ne devait pas penser à ça. Certes sa forme de chat était très mignonne douce et agréable, mais Caitria n'en restait pas moins terriblement horripilante. Il fallait qu'il cesse de penser à elle. Il était ridicule. Et elle était son ennemie.
Les deux amis de serpentard était donc tout les deux en train de lézarder dans leur dortoir les pensées orientées vers la même petite serdaigle qui en intriguait plus d'un ces temps-ci. Les mains croisées derrière la tête, les yeux fixés au plafond pensifs. Ils soupirèrent en même temps.
« Stupide serdaigle. » marmonna Blaise.
« Stupide chat. » marmonna Théo.
Ils se regardèrent surpris, puis sourirent.
Théodore Nott se baladait dans les couloirs de Poudlard perdu dans ses pensées. Ses pas l'avaient inconsciemment dirigé vers la tour des serdaigles. Une fois arrivé devant la porte il s'arrêta et soupira. Quel imbécile il faisait à trainer dans ce coin du château. Heureusement que personne ne l'avait vu. Il n'était vraiment pas raisonnable. Poussant un soupir rageur il tourna les talons et se dirigea vers la grande salle pour son déjeuner.
Il rejoignit Blaise à la table des serpentards, celui-ci l'accueillit d'un vague salut les yeux dans le vague. Il lui tendit néanmoins une lettre.
« Tiens t'as reçu ça tout à l'heure. » dit-il
Théo contempla la lettre. Son estomac se serra à la vue de l'écriture raide et sèche. Il plissa légèrement les yeux et serra la mâchoire. Son père s'était donc décidé à se souvenir de son existence. Il aurait de loin préféré que celui-ci ne le fasse pas. Il était très bien dans son coin sans donner de nouvelle, il ne voulait pas savoir ce que lui voulait son père. Celui-ci ne lui écrivait jamais.
Jamais.
Blaise observait son ami, qui serrait la lettre à l'en déchirer. Il lui jeta un coup d'œil inquiet. Cette année dans la maison serpentard, les courriers parentaux apportaient rarement de bonnes nouvelles. Blaise était bien placé pour le savoir. Il savait que Théo s'était fait discret, le plus possible, toujours dans l'ombre sans faire de vague. Mais il semblerait que la malchance l'ait rattrapé.
De toute façon il était évident qu'avec un père mangemort il ne pourrait pas rester éternellement dans son cocon. La réalité était dure, amère. Mais c'était comme ça et on n'y pouvait rien. Il y avait un moment ou elle nous rattrapait de ses doigts crochus, nous attachait, nous agrippait pour nous emprisonner dans une pièce obscure de notre esprit dont on s'était bien gardé de se souvenir l'existence. On en avait fermé la porte à double tour, on l'évitait, on essayait de l'oublier mais elle était toujours là. Et le boulot de la Réalité, s'était de nous y enfermer et d'y larguer une bombe qui nous explosait à la figure. Elle nous laissait blessé, affaiblit, indécis.
Les mains de Théodore se mirent à trembler. Son estomac était complètement noué, il n'avait plus du tout faim. Sa peau était plus pâle que jamais. Blaise affichait une mine contrite.
« Vas-y rentre au dortoir, je te garderais un morceau pour plus tard. »
Théodore repris sa respiration, il réalisa qu'il l'avait retenu jusque là. Sans demander son reste il partit en courant de la grande salle. Il ne se dirigea pas vers les cachots, il avait besoin d'air. Il emprunta le grand escalier, le regard fixe et vide, la tête vide. Il se sentait comme un pantin qu'on manipulait, il n'avait plus l'impression de pouvoir diriger sa vie, ce n'était plus la sienne il en était juste simple spectateur. Il haïssait ce sentiment. Il bouscula quelqu'un dans son empressement. Une silhouette fine et élancée, des cheveux blonds, une légère odeur d'herbe et de fleur, un regard bleu et franc. Ses yeux, il les aime bien ces yeux là, ces yeux un peu félin, plein de malice. Ses yeux à elle l'interroge et le sonde. Mais il ne peut rien dire, il n'y a rien à dire. Il n'a pas le courage de l'affronter plus longtemps alors il lui offre un dernier sourire et s'en va.
Caitria observe Théo qui s'approche sans la voir, il a l'air abattu il est pâle son aura est sombre. Il semble agité, troublé, dans leur inattention ils se bousculent. Elle croise alors son regard et elle sent un pincement dans sa poitrine, son regard semble vide mais pourtant elle peut y déceler de la détresse, ses deux yeux noisettes sont un puits sans fond dans lequel elle pourrait s'abîmer. Son expression se fait encore plus incertaine lorsqu'il croise son regard, il la fixe un instant, ralentit… Il luit fait juste un sourire triste avant de s'en aller le long du grand escalier. Il a une lettre à la main, une lettre qui n'est pas ouverte mais qui est déjà froissée.
La jeune fille continue alors son chemin vers la grande salle, elle s'installe à la table de sa maison, un peu hagarde, elle jette un coup d'œil à la table des serpentard, croise les yeux de Zabini, celui-ci a l'air aussi un peu perturbé, il secoue légèrement la tête en soupirant. Il n'y a rien à faire.
Théo, lui, a pris la direction de la tour d'astronomie. Il aime bien cette tour, lui le grand rêveur a toujours aimé admirer les étoiles, et puis le paysage depuis la plus haute tour de Poudlard a toujours eu le don de l'apaiser, il ne sait pas si cette fois ce sera suffisant. Mais dans le doute il s'y dirige quand même, c'est son refuge, et puis si jamais il sombre dans le désespoir, et si il est assez courageux, il pourra toujours se jeter du haut de la tour, ce serait une belle mort, peut-être qu'il aurait l'impression de voler…
Il soupire et s'assoit sur le bord du parapet, il aime bien cette impression de vide sous les pieds, ça fait toujours monter l'adrénaline en lui, c'est peut-être ce dont il a besoin pour trouver le courage d'ouvrir cette lettre. Ses mains tremblent, il la parcourt rapidement des yeux, il n'est pas surpris, il n'est pas stupide, il se doutait du contenu. Alors il soupire de nouveau et observe ce vide sous ses pieds, il sait qu'il n'est qu'un poltron et qu'il ne trouvera jamais le courage de sauter. Il reste longtemps assis là à regarder le lac et la forêt en contrebas, il fait froid mais la vue est dégagée, et il reste ainsi plusieurs heures la tête pleine de question jusqu'à ce que le soleil se couche et que la lune ronde et blanche vienne prendre sa place. Elle cache les étoiles qu'il apprécie tant, mais elle a un effet apaisant sur lui, il la contemple il trouve qu'elle ressemble au ventre rebondit d'une mère, elle est rassurante, et même si la nuit est froide sa lumière est claire, lumineuse, chaude, sans tache. Elle est pure. Poudlard lui semble moins obscure qu'à l'ordinaire avec une lune comme celle-ci. Mais il sait que cet instant ne durera pas éternellement. Il sait que quand il quittera cette tour la réalité le rattrapera, qu'il devra quitter son refuge pour retourner parmi les serpents.
Blaise lui s'est remué les méninges pendant toute l'après midi, il n'a pas revu son ami, mais son visage revient sans cesse dans ses pensées. Son ami… son seul véritable ami dans la maison serpentard. Est-ce qu'il a vraiment envie de voir la vie de ses proches détruite ? Est-ce qu'il a vraiment envie de voir ces visages, blanc, blême de peur… Il songe à la vie qu'il a eu jusqu'à maintenant à Poudlard qui est sa maison. Il songe à tout cela, il pense même à Ginny Weasley à ses cheveux flamboyant et à son sourire joyeux. Ce n'est pas la vie d'un mangemort qu'il veut. Ce qu'il veut c'est une vie loin de toutes ces emmerdes, il veut vivre SA vie sans que quelqu'un décide pour lui. C'est ce qu'il a compris aujourd'hui en voyant Théo recevoir sa lettre. Il a compris finalement que leur vie ne leur appartenait pas. Elles appartiennent, à leurs parents qui décident ce qu'il y a soit disant de mieux pour leur progéniture, elles appartiennent à Voldemort qui décide ce que leurs propres parents doivent faire. Mais Blaise en a assez de tout ça, ce qu'il veut lui c'est que sa vie lui appartienne, rien qu'à lui, que ce soit lui qui prenne ses décisions. Il veut vivre sa vie comme il l'entend, il veut choisir son avenir.
Alors c'est décidé, il va aller voir cette petite serdaigle qui à l'air d'avoir réussi à perturber Nott le roi du pragmatisme. Il va aller lui dire qu'il veut se battre. Mais il va se battre pour lui et pour son avenir, pas pour quelqu'un d'autre, pour lui, et puis peut-être un peu pour Nott parce qu'il lui fait de la peine.
Caitria, elle, songe à Nott. Elle a peur pour lui. Elle savait que les évènements risquaient de s'accélérer, elle n'était pas stupide. Mais cette fichue lettre arrivait tout simplement beaucoup trop tôt. Piquée par la curiosité, elle avait cherché Nott après le repas, elle avait parcourut les couloirs du château sous sa forme de chat. Elle avait finit par le trouver, perché sur le parapet, en haut de la tour d'astronomie. Il avait chiffonné sa lettre et avait les yeux dans le vague. Elle l'avait observé longtemps, plus longtemps que sa raison ne lui dictait. Elle aurait aimé aller le réconforter mais sa présence n'était pas la bienvenue elle en était sure. Mais malgré tout, elle ne pouvait pas sortir le visage de Théo de sa tête, le sourire triste qu'il lui avait fait, l'expression perdue et songeuse qu'il avait conservé tout le long de l'après midi.
Elle avait peur.
Elle avait peur qu'il se referme sur lui-même comme une huître alors qu'il venait tout juste de commencer à s'ouvrir. Et ce sourire triste ne signifiait pour elle qu'une seule chose. Le jeu qui s'était installée entre eux était terminée, si il y avait eu un semblant de relation entre eux deux c'était fini.
Le Théodore Nott qu'elle connaissait allait petit à petit disparaître.
Cela la rongeait. Elle ne pouvait tout simplement pas se décider à le laisser se faire bouffer jusqu'à la moelle par sa famille et par Voldemort. Elle s'était peu à peu attachée à ce garçon étrange. Elle l'avait observé au fur et à mesure des années, changer, grandir, murir. Elle avait l'impression de le connaître mieux qu'il ne se connaissait lui-même.
Elle soupira pour la énième fois.
Ce fut Blaise qui la tira de ses pensées. Il approchait dans le couloir aussi discret qu'un éléphant. Elle le fusilla du regard. S'il voulait lui parler ce n'était certainement pas ici qu'ils allaient le faire. Elle lui intima du regard de la suivre. Elle se dirigea vers la salle sur demande, qui devait être déserte à cette heure de la journée. Elle ouvrit le passage et l'invita à la suivre. Blaise suivit sans discuter.
« Je voulais te parler. » commença-t-il en refermant la porte derrière lui. Il prit une grande inspiration.
« J'ai pris ma décision. » dit-il avec un sourire.
Caitria le lui rendit et l'encouragea à poursuivre.
« Je vais me battre avec Poudlard. Pour moi. »
La jeune fille poussa un soupir de soulagement et se laissa tomber pour s'assoir sur un fauteuil qui était apparut juste à ce moment là.
« C'est un plaisir de t'accueillir dans la résistance Blaise, tu peux pas savoir comme ça me soulage. J'aurais au moins réussi à tirer l'un d'entre vous de la fosse aux serpents. »
« L'un d'entre nous ? » demanda Blaise
Caitria lui fit un sourire triste.
« Nott a reçu la fameuse lettre, j'espérais le convaincre mais je crois que c'est fichu maintenant. »
Blaise la regarde estomaqué.
« Tu espérais convaincre Théodore Nott, le rat de bibliothéque, le je m'en fouttiste de se joindre à toi ? »
Caitria soupire.
« Oui, je l'espérais. » repond-elle « Il n'y a rien de mal à ça. Mais de toute façon c'est fichu. »
Blaise a l'air peiné lui aussi.
« En fait c'est ce qui m'a décidé à venir te voir. Je veux être maître de ma propre vie. Lui il n'est plus maître de la sienne. Mais je ne vois pas ce qu'on pourrait faire. Théo n'est pas d'un naturel courageux ou téméraire comme il m'arrive de l'être. »
Il s'assoit à son tour en face de Caitria.
« Bon maintenant que j'ai rejoint la fameuse résistance de Poudlard, que suis-je censé faire ? » demande-t-il.
« Je vais contacter l'ordre du phénix, et ensuite j'expliquerais à l'AD que tu n'es pas un vilain serpentard et que tu peux éventuellement nous être utile. » répond Caitria avec un sourire un peu mesquin.
« Humpf. » fait Blaise. « Je suis bien plus utile que la moitié des imbéciles qui composent l'AD. »
« Peut-être bien. » répond la Serdaigle en rigolant, « mais tu n'en reste pas moins un vilain serpentard, il va falloir modérer tes ardeurs. Je te recontacterais bientôt pour te donner des nouvelles, en attendant, fait profil bas. » Dit-elle en se dirigeant vers la porte.
« Ah, et au fait » fit-elle juste avant de partir, « Fait moi plaisir et garde un œil sur Nott pour moi, il m'inquiète. »
Blaise Zabini regarde sa nouvelle amie partir. Il la trouve moins rayonnante et moins sure d'elle qu'à l'accoutumé. Pas qu'il la connaisse vraiment mais il n'aurait pas imaginé qu'elle puisse montrer une quelconque faiblesse ou inquiétude pour quelqu'un. Surtout pour Nott. Nott le taciturne. Qu'est ce qu'elle peut bien lui trouver à celui là ?
Il soupire et retourne à la salle commune des serpentard. Théo n'est pas là. Il s'en doutait, il ne l'a pas vu de l'après midi. Il n'est surement pas près de rentrer.
Amycus Carrow fait alors irruption dans la salle commune des serpents. Il parcourt la salle des yeux, aperçoit Blaise et se dirige vers lui. Blaise sert les dents. Qu'est ce qu'il lui veut ce gros plein de soupe attardé, il n'a pas envie de lui parler, il a autre chose à faire.
« Mr Zabini, ou se trouve votre camarade Nott ? Le professeur Rogue désire lui parler. »
« Pas vu de l'après midi. » Répond Blaise laconiquement.
« Bien quand vous le verrez faite lui savoir que le directeur l'attend dans son bureau. »
Amycus tourne les talons et sort de la salle. Blaise se demande bien ce que Rogue peut bien vouloir à Nott. Surement le féliciter pour son futur statut de mangemort songe-t-il ironiquement.
Le professeur Rogue était lui dans son bureau et faisait face à un casse tête incommensurable. Selon les instructions de feu son mentor, Albus Dumledore, il devait remettre l'épée de gryffondor à Harry et ses amis sans que ceux-ci se doutent que c'était lui qui leur envoyait, tout cela en faisant en sorte qu'il croit l'avoir trouvé par hasard. Un vrai casse tête en ajoutant qu'il devait donc sortir l'épée de poudlard, épée qui ne pouvait tout simplement pas disparaitre de son bureau juste comme ça. Il allait s'arracher les cheveux. Comme s'il n'avait pas d'autres soucis en tête. Le fils Nott venait de recevoir la lettre de son père et avait tout bonnement disparus pendant plusieurs heures. Un autre de ses élèves allait tomber sous la coupe du grand connard machiavélique et mégalomane qui lui servait de « maître » et ça le rendait tout bonnement malade.
Bref Rogue était tenté de sombrer dans la dépression la plus profonde qu'il soit. L'élan que les élèves avaient redonné à Poudlard en début de semaine était déjà en train de s'estomper, il pouvait déjà sentir la magie de l'école refluer tout doucement dans les profondeurs du château. Cette situation n'aurait-elle donc pas de faim. Est-ce qu'il devait voir ses élèves disparaître un à un ?
Il avait le cafard, il était dans un de ses jours ou tout lui semblait impossible. Dumbledore avait laissé trop de chose inachevée derrière lui il manquait de moyens, de connaissance, d'armes face à cette situation désespérée. Voldemort le prenait pour son toutou fidèle et le convoquait de plus en plus souvent à ses réunions macabres. Il avait envie de vomir. Son bras gauche le brûlait pratiquement en permanence il ne pouvait donc pas oublier un seul instant l'omniprésence de son sombre maître. UN vrai cauchemar. En plus de ceux qu'il faisait la nuit. Il n'avait pas dormi correctement depuis des semaines, de profonds cernes s'affichaient sous ses yeux, il était encore plus blafard qu'il ne l'était d'habitude. La chauve souris des cachots n'avait jamais aussi bien mérité son surnom. Il était exécrable avec tout le monde.
Il soupira une nouvelle fois et décida qu'il n'y avait plus rien à faire pour la soirée. Il était hors service. Il avait faim, son dernier repas remontait à la veille. Et il était fatigué. Mais plutôt que de faire appel à un elfe, il décida d'aller faire un tour dans les couloirs pour se changer les idées. Un petit tour par les cuisines ne lui ferait pas de mal.
Lorsqu'il arriva devant le tableau à la corbeille de fruit, il eut la surprise de trouver Caitria, elle avait l'air au moins aussi fatiguée que lui et semblait déprimée.
« Un petit creux mademoiselle McKennan ? » ricanna-t-il.
La jeune fille tourna la tête surprise.
« Oh, professeur Rogue. » murmura-t-elle « Je n'ai pas beaucoup mangé aujourd'hui. »
Severus soupira. Encore une autre de ses élèves dont il devait se soucier. On avait beau jouer les durs à cuire, on avait tous des moments de faiblesse. Il chatouilla la poire et invita la jeune fille à entrer. A cette heure ci les cuisines étaient désertes. Les elfes de maison laissaient néanmoins des encas pour les insomniaques et les boulimiques Poudlariens. Il laissa Caitria s'assoir et alla se servir dans la nourriture présente. Il installa la table et mis du thé à chauffer.
Ils se regardèrent un instant et soupirèrent. Rogue décida de laisser tomber le masque pour simplement devenir Severus. Il en avait besoin. Et la personne en face de lui en avait visiblement bien besoin aussi. Il ôta sa cape sombre et son cardigan noir, dénoua le col de sa chemise et se laissa aller sur la chaise en soupirant. Il se pinça l'arrête du nez. Il avait mal à la tête à force de réfléchir.
Caitria eut un sourire en coin. Elle aimait bien quand son professeur se laisser aller un peu.
« Sale journée Severus ? » demanda-t-elle.
Il marmonna une imprécation et soupira une nouvelle fois.
« Pire que tout. » marmonna-t-il.
La blonde eu un sourire un peu triste.
« Et toi Caitria ? Tu me semble déprimée pour quelqu'un qui a réussi l'exploit incroyable de réveiller cette vieille école. Tu as même réussi à faire changer de bord à Zabini. »
Elle ne lui demanda pas comment il était au courant. Elle fixa un instant ses mains avant de lâcher :
« Mais je n'ai pas réussi pour Théo. » murmura-t-elle. « Je me sens si impuissante. »
« On trouvera un moyen » tenta de la rassurer Severus. « Je le protègerais. »
« Tu ne pourras pas toujours le faire. Tu ne seras pas toujours là. » Soupira Caitria.
« Pour l'autre soucis qui te préoccupe, » repris la jeune fille « J'ai un plan qui pourrais te plaire. Il n'est pas sans risque. Mais c'est ce que j'ai de mieux à te proposer. »
« Ah oui ? »
« Ce qu'il te faut c'est une excuse pour sortir cette épée de Poudlard. Et il nous faut un faux. »
« Hum… tu comptes utiliser l'AD alors. »
« Oui, ils vont voler l'épée, tu vas les surprendre, toi et personne d'autre et c'est toi qui t'occuperas de leur punition. Ensuite tu auras une excuse pour mettre cette fichue épée dans un coffre à Gringotts, il faut juste que tu t'occupe de trouver un faux, je ne peux pas utiliser mes contacts habituels mon père va se douter de quelque chose, je m'occupe du reste. »
« Ok. Ca me semble pas mal je n'aurais pas fait mieux. Maintenant tu me ferais plaisir si tu arrêtais de tirer cette tête de trois pieds de long Caitria, je t'ai dit que je ferais quelque chose pour Théo » dit-il en lui secouant les cheveux pour l'embêter.
C'est ce moment là que choisit la porte pour s'ouvrir laissant apparaître la tête ahuri de notre cher Théodore Nott. Le spectacle qui s'offrait à lui avait de quoi laisser pantois. Il était deux heures du matin, il était resté tardivement à la tour d'astronomie et s'était décidé à descendre parce que son ventre gargouillait. Il avait donc tout naturellement, en bon poudlarien, prit le chemin des cuisines pour un petit encas nocturne. Quelle surprise de trouver son directeur en compagnie plus ou moins inattendue de sa serdaigle préférée, en train de prendre du thé et des petits gâteaux en pleine nuit. Rien de plus normal que Rogue en chemise blanche décontractée et séduisante avec une jolie demoiselle dans les cuisines. Rien de plus normal que la chauve souris des cachots dans une attitude tout à fait familière avec une élève. Rien de plus normal que Rogue qui sourit.
Rogue qui sourit.
Caitria qui sourit.
Théo les regardait avec des yeux ronds il s'attendait à tout mais pas à ça. Caitria semblait familière avec son professeur. Il n'y comprenait plus rien. L'horrible mangemort, le bras droit de voldemort, l'assassin de Dumbledore, prenait le thé avec SA serdaigle. Le monde tournait à l'envers ce n'était pas possible.
« Euh… » Laissa-t-il échapper la bouche grande ouverte.
Caitria n'en menait pas large. Ce qu'elle pouvait être stupide. Ils avaient été imprudents, ils n'avaient pas sécurisé la porte, n'importe qui pouvait entrer, et il fallait que ce soit Nott. Elle se sentait stupide et le fixait sans savoir quoi faire. Rogue avait toujours la main sur sa tête et regardait Théo la bouche ouverte, pris par surprise. Elle réalisa alors que la scène pouvait vraiment paraître très étrange aux yeux du serpentard. Il devait s'imaginer des choses tout à fait improbables. Elle eu donc la présence d'esprit de s'écarter de son professeur. Elle rougit malgré elle et se morigéna, si elle rougissait il allait s'imaginer des trucs. Elle allait ouvrir la bouche quand Rogue repris ses esprit et dit avec un sourire narquois :
« Mr Nott, il semblerait que vous interrompiez une conversation privée. »
Caitria eu envie de lui mettre son poing dans la figure. Il allait s'imaginer quoi après !
« Ce n'est pas… » commença-t-elle.
Mais Nott se contenta de secouer la tête complètement perdu. Il décida qu'il valait mieux qu'il s'en aille et tourna les talons, choqué. La tête plein de question. Il ne comprenait absolument pas la scène qu'il venait de voir. En fait il ne voulait pas comprendre.
