Un exceptionnel quadruple 221B. Cela a été maintenu dans la traduction. L'auteure de la VO l'a écrit pour dénoncer l'idée de bébés à Baker Street ou de tout changement trop bizarre du même goût.


IX-Tombée du Paradis

-I-

C'était comme si elle était tombée du Paradis. Céleste, son mètre cinquante-deux, ses yeux bleus encadrés de brunes boucles folles était un rayon de soleil pour le 221B Baker Street. Etrangement, elle n'avait servi dans l'armée que pendant deux ans, médecin en Afghanistan, et comme John, en avait assez vu pour une vie entière. Maintenant, elle était ambulancière, conduisant à travers le district de Westminster.

John avait connu son mari. Il l'avait opéré, sauvant son pouce de l'amputation. Léon, ce vieux fou, était reparti aussitôt guéri. John n'était pas surpris : tous les gars des forces spéciales étaient comme ça.

John et Céleste vivaient civilement à Londres quand Léon Humvee fut anéantit par une bombe artisanale. Apprenant la nouvelle, elle pleura pendant deux semaines. Mais toujours soldat, elle retourna au travail avec pour devise : « Etre utile, c'est mieux que d'être mort ». Elle souriait en ajoutant la seconde partie « Dans tes dents, foutu tas d'os »

A la surprise de John, Sherlock appréciait Céleste. Enormément. Il lui dit qu'elle était une sombre beauté. « Mais, » clarifia-t-il « Je ne veux pas coucher avec.» « Moi non plus » répondit John. Sherlock ne put cacher son soulagement. Les choses devinrent plus intéressantes quand, pendant le diner, Céleste demanda lequel des deux souhaitait être le père de son bébé.

-II-

Une femme paressant saine d'esprit venait de leur demander de faire un don de sperme ? John était stupéfait. Sherlock avait des questions. Céleste, l'œil humide, les pris par la main et s'expliqua. Elle avait trente-huit ans. Léon était parti. Il n'y avait et n'aurait personne comme lui. Leurs dix ans ensembles avaient été bien mais elle avait toujours un regret – ils n'avaient jamais eu d'enfant.

Quand elle avait appris que la tumeur était inopérable, s'accroissant doucement mais fatalement, elle se rendit chez ses vieux camarades d'armée. Parce qui d'autre pouvait élever l'enfant d'un médecin militaire ? Qui pourrait composer avec sa mort et aidé un enfant le faire ? Qui pouvait la comprendre et serait prêt à accepter ? Une heure avec eux la convainquit qu'elle avait trouvé ses hommes.

Ils avaient la nuit pour discuter. Le matin, elle revint pour s'enquérir de leur décision.

Comment dire à votre amant que vous voulez quelque chose d'aussi important ? Doucement, prudemment, peut-être sans mots. Juste le prendre tendrement, délicatement et avec une certaine précipitation désarmante, criez : « De dieu, je le veux, Sherlock. Dis oui !» avant de réaliser que vous avez tendu le bâton pour vous faire battre.

Le lendemain matin, Sherlock et John gloussaient, accueillant leur invitée avec une poire à jus et deux flacons remplis jusqu'au bord.

-III-

Mycroft était outré. C'était de l'inconscience. John et Sherlock étaient les dernières personnes qui devraient s'occuper d'un enfant, même pour une journée, si ce n'est encore plus pour une vie entière. Ils étaient souvent dans des situations risquées, par leur propre faute. Se couchant à des heures indues, ayant tous deux fait face à la dépression. L'appartement était truffé d'armes, de produits chimiques et à biorisque. Sherlock, quand il n'était pas sociopathe, pouvait être un véritable boulet, et même pour John pourtant si débrouillard. Tout le monde peut se douter que mêler un enfant à cela était de la pure folie.

Son intervention étant en retard d'une journée, Mycroft, s'adapta, changea de disque. En moins d'une semaine, il organisa un réseau de soutien complexe. Mme Hudson, sa nièce et Harry seraient les baby-sitters. Lestrade et lui seront les têtes pensantes de l'équipe de sécurité du ménage. Il travailla aussi à la future éducation de l'enfant, mais y renonça quand il vit que Sherlock frémissait.

Céleste partagerait évidemment la garde. Elle devait passer le maximum de temps possible avec l'enfant. Mais personne ne pouvait ignorer l'inévitable. Le bébé aura toujours Baker Street comme foyer. Après la naissance de l'enfant, Mycroft vit Céleste profondément troublée, voilà pourquoi il la salue toujours avec un baiser sur le front, sa gratitude accompagnée de sa bénédiction.

-IV-

Le bébé était parfait. Honnêtement, il était né chauve, fripé, tâché et un peu aplati. En dehors de ça, c'était le portrait de sa mère. On l'avait appelé Léon, comme le mari de Céleste. Il n'avait pas de second prénom, ç'a avait été l'idée de Sherlock de le choisir après détermination de celui dont le sperme avait permis ce petit miracle.

S'il était trapu, calme, aimant la confiture et bon tireur, son second prénom serait Sherlock. S'il était brillant, fugace, amateur de musique, son second prénom serait John. Mais l'enfant était timide—deux ans après on ne savait toujours pas.

Harry l'adorait. Chaque semaine, elle venait avec une nouvelle tenue, tellement haute en couleur que des inconnus sifflaient « la jolie fille ». Léon ne s'en fichait. Ses pères aussi, la plupart du temps.

La chemise était rose-orangée. John avait son mot à dire. « Ça s'assortit avec ses boucles brunes » expliqua Harry. Léon vacilla, babilla à l'oreille de John, qui fou de joie, entama une danse de la victoire.

« Ce sera John ! »

« Quoi ? » demanda Harry, confuse.

« La couleur ! » hurlait John, extatique.

« Rose ? »

« Ce foutu premier mot : bégoniacée »

John désignait la plante rose-orangée sur le rebord de fenêtre.

« Le nom botanique des bégonias »