Un 221B qui rend compte de la fixation que l'auteure et moi avons sur les mains de Sherlock et John. Mais qui peut aussi être un léger spoiler de La Chute de Reichenbach.


XIV-Attraper et garder

Même si Sherlock pouvait entourer de sa main celle de John, la dissimulant complétement, il ne l'avait jamais fait. Il y'avait toutefois pensé, mais comment sa main, sa main droite, sa main dominante, pouvait faire ça. Il pensa aux sensations que cela pouvait lui procurer en la faisant sienne pour un instant ou plus. La main d'un autre qu'il ne pouvait ni contrôler ni avoir. Mais peut-être que ça rassurerait John, le faisant se sentir en sécurité par sa poigne ferme. John laisserait-il sa main se faire emprisonner ? Sherlock l'ignorait.

Les mains de John étaient beaucoup plus petites que celles de Sherlock; des courts mais délicats doigts, des paumes larges. Sherlock les sentaient pressées sur le dos de sa chemise, parcourant sa peau, cherchant ses plaies, agiles, fines et généreuses. Les mains de John étaient plus tièdes que celles que Sherlock touchait habituellement, celles des cadavres dont il palpait la chair. Ainsi, seules les mains familières et fidèles de John étaient liées à Sherlock.

Sherlock jouait au mort pour que John vive. John avait entouré son poignet avec sa main, sa main gauche, sa main dominante, prenant son pouls. Mais elle est partie, elle s'est échappée, comme un oiseau. Impuissance et désespoir suintent des mains calleuses, mais Sherlock ne peut pas prendre la main de John, ne peut pas bouger.