CHAPITRE TROIS
Un grand merci pour vos commentaires, j'espère que vous avez, comme moi, dignement fêté la nouvelle année en oubliant de dormir, et que le champagne a coulé a flot dans vos veines :) ( et si non, ce n'est pas grave, ça sera pour la prochaine fois! )
Bien, voici donc le troisieme chapitre ( déja?), je vous souhaite une bonne lecture en ce dernier jour de vacances ( haa les choses qui fâchent )
ENJOY
John se demandait encore pourquoi il avait obéit. Il aurait dû se persuader que Mycroft était fou, qu'il délirait et que cela ne servait à rien de suivre ses conseils, mais il avait pourtant fait exactement comme il le lui avait demandé, quittant l'hôpital sans envoyer de message au brun, l'esprit torturé, essayant de rester concentré sur l'affaire en cours.
Moriarty. Encore et toujours lui, s'amusant de leur faiblesses, jouant avec eux comme avec des poupées de porcelaine qu'il maniait selon ses envies jusqu'à les casser volontairement. John se sentait impuissant face aux meurtres, mais se savait capable d'aider le brun dans les investigations.
Il poussa doucement la porte de l'appartement, se sentit stupide, déglutit :
« Sherlock ? »
Il s'attendait à trouver son colocataire allongé sur le lit à fixer le plafond, ou penché sur son laptop, mais trouva le salon vide de tout occupant. Etait-il sortit pour une affaire ? Sans l'en avertir ? Ou bien avait-il prévu de manger dehors ? Cette idée ne lui plaisait guère, bien qu'il se répugna à se l'avouer. Il posa son écharpe sur une chaise, et grimpa les marches d'un pas souple et silencieux. Arrivé à l'étage, John remarqua immédiatement que sa porte était ouverte. Or, en son absence, Sherlock avait toujours pris soin de la fermer a clef. Rassuré, le blond allait redescendre, quand un son rauque lui parvint. Un bruit étouffé, qu'il pouvait reconnaître facilement. John sentit qu'il devait partir. Maintenant.
Mais quelque chose – cette curiosité maladive qui l'avait toujours poussé dans les mauvaises situations- le somma d'avancer. Retenant son souffla, il risqua un regard. Un seul.
« Hnn… »
Sherlock était allongé au bout de son lit, ses longues jambes a demi dans le vide frôlant le sol. Il était entièrement nu, et ses doigts, courant sur sa hampe dans un rythme soutenu, ne laissait aucune place à l'imagination. Son corps semblait extrêmement sensible car il se tendait à chaque effleurement. John se sentit rougir. Il voulut reculer. Il ne pouvait pas. Il avait honte de lui mais ne parvenait pas à se ressaisir. Sherlock se caressait le torse avec un tissu de grosses mailles, et il fourrait parfois son visage dedans pour en humer l'odeur. C'était un pull. Un pull beige.
Mon pull.
Celui qu'il avait perdu – celui qu'il lui avait donc volé.- John commençait à manquer d'air, et ses joues le brûlaient. Sherlock se cambra, gémissant de plus belle, offrant sa gorge à un amant invisible, et le blond se sentit mourir.
« John… »
Ses pupilles s'écarquillèrent. John se demanda si l'autre l'avait vu. Non. Il murmurait simplement son prénom au plus fort de l'orgasme. John baissait les yeux alors que l'autre haletait, sa semence se répandant dans sa main serrée au bout de son sexe. Il cacha son nez dans son vêtement avant de le jeter brutalement contre le mur, puis posa sa main propre sur ses yeux, las. Le blond recula, et sans un bruit retourna dans la cuisine. Il tremblait des pieds à la tête, refusant d'admettre cette vision comme hautement érotique, et se mordit le poing pour ne pas crier.
Sherlock se donnait du plaisir en pensant à lui, en sentant son odeur, en songeant à son image. Le blond voulu remonter et lui dire, maintenant, ce qui lui passait par la tête, mais n'en eu pas le courage. Mycroft aurait-il donc raison ? Que devait-il faire, à présent ? Terrifié à l'idée que le brun puisse venir prendre un verre de lait, John se rua en bas des marches , grimaçant en retrouvant le vent froid. Il souffla quelques instants, se ressaisit, puis remonta l'escalier en faisant un certain bruit.
« Sherlock, je suis rentré ! » cria t-il en faisant claquer la porte derrière lui. Le détective apparu dans l'encadrement de la porte de la cuisine, l'observant de haut en bas sans parler. Il n'était vêtu que d'un jogging noir informe et de sa chemise qui, ouverte sur son torse laiteux, inspirait au médecin des envies peu hétérosexuelles. Puis un vague sourire vint étirer les fines lèvres :
« Bienvenue à la maison, John. J'ai besoin de toi pour étudier quelque chose à St Bart', si tu es d'humeur.
-Oh, oui, bien sur…
-Si tu es fatigué je comprendrais. »
John le revit soudainement allongé sur le lit, gémissant en se cambrant, et fut incapable de répondre alors qu'une boule se formait dans sa gorge. Sherlock, avalant une goulée de son verre de lait, jeta un petit regard en coin à l'écharpe chocolat posée sur le dossier d'une chaise. L'écharpe que John avait à l'hôpital et qu'il n'avait pas en entrant. Les yeux bleus tressaillirent furtivement, puis reprirent leur éclat normal.
« Non, non, je viens, reprit l'autre sourdement, je viens… »
Sherlock posa son verre a demi plein sur la table basse, invitant le blond à s'installer, quand la porte d'entrée s'ouvrit brusquement, laissant entrer une Donovan furieuse, aux yeux révulsés et aux poings serrés, qui vint saisir Sherlock par le col de sa chemise avant de le secouer brutalement :
« C'EST VOTRE FAUTE ! »
Sherlock la repoussa sèchement en arrière, presqu'étonné par son geste, et lui demanda de s'expliquer d'une voix morne. Alors qu'il lissait son col, John aperçu une douce griffure sur la peau blanche, et détourna le regard. La métisse semblait en proie à une sourde colère qu'elle peinait a réprimer :
« C'est à cause de vous ! Il a démissionné ! Ce matin ! »
John tiqua :
« Anderson ?
-Non, GABRIEL ! »
Elle voulu se jeter sur le détective, mais John s'interposa d'un geste, lui ordonnant de s'asseoir, et le brun fut touché par cette défense. La jeune femme tangua sur ses jambes, cracha une insulte virulente à l'adresse du jeune homme qui n'avait pas bougé, puis obtempéra en soupirant. John posa sa main sur son épaule, lui amena un café serré, puis s'installa sur la table basse en lui demandant des explications :
« Il…Il s'est sentit coupable de ne pas avoir su démasquer Moriarty. Il dit qu'il n'est qu'un incapable, qu'il a mis en péril la vie de ses agents et qu'il ne peut plus être inspecteur. Je…Sans lui il n'y a plus d'équipe, vous comprenez John ?
-Peut être qu'en lui parlant…
-Il ne veut rien entendre, siffla Sally, ses mains tremblants autour de sa tasse, rien du tout… »
John observa un instant le brun qui fixait un point lointain, comme si l'histoire en cours n'avait pour lui aucune importance, et il claqua des doigts devant ses yeux pour le faire réagir :
« Sherlock, c'est à toi de réparer les pots cassés !
-Je n'en vois pas l'utilité, grogna l'autre en écartant sa main, lui ou un autre inspecteur, il n'y a pas de différence. »
Sally fronça mauvaisement les sourcils, mais le médecin s'empressa de lancer qu'un autre inspecteur se passerait certainement de ses services, le condamnant à une oisiveté certaine. Sherlock blanchit, plaça ses mains jointes sous son menton, et au final eut un rictus. Il ne pourrait donc pas échapper à une conversation avec l'inspecteur ? Ils perdaient du temps à discuter de toutes ces choses stupides, Moriarty gagnait du terrain, de minute en minute, et il le savait. Ses yeux retombèrent sur l'écharpe, toujours posée sur la chaise, et un frisson le fit frémir. John avait vu quelque chose, tout à l'heure, c'était sûr à 77%, et il devait savoir quelle était cette vision.
Pourvu qu'il ne m'ait pas aperçu quand je…Quand je…
« Sherlock ? Tu m'écoutes, à la fin ?
-Non, visiblement, bon, écoutez, je vais aller parler à Lestrade, mais il y a plus urgent, j'attends un message de Moriarty, alors Sally, allez vous laver, vous avez une odeur épouvantable, John, tu as certainement le temps de passer faire les courses alors achète du lait, et moi je vais réfléchir un peu. »
Le blond rougit, se leva pour omettre une objection, mais le détective noua subrepticement son écharpe brune autour de son cou avec un regard appuyé et ses sens refusèrent d'obtempérer. Il se dirigea vivement vers la porte, une Donovan furieuse sur les talons, et ne daigna pas sursauter quand il entendit Sherlock verrouiller derrière lui.
Par la fenêtre, le sociopathe regarda son colocataire franchir la rue d'un pas rapide, et ses doigts vinrent caresser une trace rouge présente le long de sa jugulaire. Il aurait aimé qu'elle soit de lui.
"..."
« Et bien, vous êtes décidemment un homme très peu occupé à ce que je vois. »
John manqua de faire tomber le paquet de pâtes qu'il tenait dans la main et dédia un regard haineux à Mycroft qui lui sourit tout en coinçant son éternel parapluie sous son bras, l'accompagnant dans sa progression dans le centre commercial.
« Alors ? Vous l'avez vu, n'est-ce pas ?
-Si vous me dîtes que vous espionnez votre frère dans ses moments intimes, je vais prendre cette bouteille de verre et l'éclater sur votre crâne.
-N'en arrivons pas à de telles extrémités, voulez-vous ? Vous iriez en prison, et je ne vous serais plus d'aucune utilité. Non, j'ai obtenu cette information par pur hasard, mais passons : Etes-vous prêt, à présent, à entendre ma requête ? »
Les mots et les idées se bousculaient dans l'esprit du blond. Mycroft savait donc depuis un certain temps que le détective se masturbait en pensant à lui, et même s'il avait l'impression de faire quelque chose de mal en acceptant cette conversation étrange, il ne pouvait empêcher son cœur de battre de plaisir en comprenant qu'il pourrait obtenir de Sherlock plus qu'une amitié ou une collaboration.
« Essayez toujours.
-Je souhaite que faisions un échange. Je vous aiderais à séduire mon frère tandis que vous, en votre qualité d'homme de classe moyenne à l'intellect limité, vous m'aiguilleriez sur une manière subtile de faire flancher Gabriel. Nous verrions ainsi lequel d'entre nous obtient gain de cause le premier.»
John posa son sac de course. Se frotta les paupières en grimaçant. Glissa sur les insultes qui ponctuaient l'explication de l'agent. Puis sursauta :
« C'est un pari ?
-En quelque sorte. Un moyen de vous motiver, principalement.
-Comment connaissez-vous la façon de séduire Sher-
-C'est mon frère. », siffla le brun en roulant des yeux, comme si cette phrase était suffisante pour combler la question du médecin. John posa ses bouteilles de jus d'orange à même le sol. Il devait donner une réponse. Il savait ce qu'il voulait dire, de toute façon, il le sentait jusque dans son sang même, et l'absurde de la situation ne semblait plus vouloir l'atteindre.
« Bien. Je suppose qu'un essai ne coûte rien ? »
Le sourire de l'aîné Holmes faillit le faire renoncer. Mycroft lui assura qu'il faisait le bon choix, lui fit jurer de ne parler de ce « pari » à personne, puis lui emboîta le pas vers les caisses enregistreuses. Il voyait bien que l'autre était agité d'une multitude de questions, mais sentait qu'il devait également le laisser cogiter pendant un bon moment pour qu'il comprenne l'ampleur de ce qu'ils allaient mettre en place. John ouvrit sèchement son portefeuille :
« Et donc ?
-Plait-il ?
-Et donc, reprit le blond d'une vois gênée et basse, par quoi dois-je commencer ? »
Mycroft savait, depuis un certain temps, que le docteur Watson était un homme exceptionnel. Non dans ses qualités physiques ou intellectuelles, mais dans son état d'homme. Il était courageux, aimant, fier, compréhensif, parfois impulsif, inquiet et confiant, agréable dans la conversation… Et prêt à aller jusqu'au bout de ce qu'il estimait bon pour lui. Il avait des valeurs, des envies, des besoins qu'il ne cherchait jamais à répudier. C'était bon, de voir quelqu'un comme ça.
« Il y a une idée populaire qui parle de la façon dont s'attrape les hommes, en avez-vous entendu parler ?
-Par la queue, je présume ? »
Mycroft eut un éclat de rire non contrôlé, se fit dévisager par un John amusé et curieux, puis se reprit immédiatement en feignant de tousser :
« Non, non, par l'estomac, figurez-vous. »
John grogna en prenant ses sacs plastiques. Sherlock ne mangeait que très peu, et toujours dans des restaurants ou des plats commandés sur internet, cela allait donc être plus compliqué que prévu. L'agent eut un petit sourire mélancolique :
« Il faut juste savoir les bonnes données sur mon frère, voilà tout. Quand il était petit, Sherlock était encore plus difficile que maintenant, alimentairement parlant. Mais ma mère savait faire un dessert qui le calmait de tous ses caprices. »
Il jeta un regard aux sacs de courses, puis sortit de la poche de son pantalon un petit papier plié en quatre :
« Voici la liste des ingrédients, et le nom d'un site sur lequel vous trouverez des recettes intéressantes. »
John remercia, prit le papier, jura en comprenant qu'il n'avait plus qu'à recommencer son parcours, quand il tilta, songeant que l'agent n'avait pas douté un seul instant que sa réponse soit positive. Il se renfrogna, s'énervant à être si prévisible, puis rangea le mot sans rien dire.
« John, je vous demanderais simplement de ne pas…Abandonner. Sherlock vaut la peine de se compliquer un peu la vie.
- Pourquoi me dîtes-vous ça ? Si vous m'aviez-vous, dans ce coffre-fort, m'oublier juste avec un baiser… Vous comprendriez que je n'ai pas besoin d'être convaincu. »
Rougissant de ses propres paroles, John haussa les épaules avant de s'engager de nouveau dans les rayons. Sucre glace, sucre glace…Ah, sucre glace ! John fourra le pot dans son sac :
« Sherlock doit passer voir Lestrade tout à l'heure, pour s'excuser et lui demander de reprendre son poste. Allez-y avec lui.
-Pour faire quoi ? Il est dans un état de joie complétement falsifiée qui me rend instable, je ne sais pas comment y remédier. »
John lui jeta un regard en coin. L'homme semblait réellement souffrir de l'état de l'inspecteur, c'était…Etrange à voir. Mais pas désagréable. John tendit le bras en hauteur pour attraper du sucre, failli tomber, refusa l'aide de Mycroft et au final grimpa sur le bas de l'étagère pour réussir. Ensuite, il murmura que Gabriel devait, comme lui, être un homme presque normal, et nécessitait donc des traitements normaux. L'autre le regarda sans comprendre.
« Déjà, arrêtez de parler comme un dictionnaire, ça vous donne un air prétentieux un peu trop justifié. Emmenez le voir un film, un film d'action, un bon film qui détend sans prendre la tête et ensuite allez manger dans un restaurant. Ça lui permettra de se changer les idées tout en comprenant que vous vous souciez de lui. Ah, ce sac de farine fuit, il y en a partout, merde ! »
Pendant que le blond s'affairait, Mycroft mit ses mains dans ses poches. C'était une bonne idée. Une très bonne idée. Il se passa deux doigts dans les cheveux puis ouvrit son téléphone.
« John, je dois y aller, mes affaires reprennent. Je suis agréablement surpris par la façon dont… »
John lui jeta un regard éloquent.
« Merci, lâcha le brun avec un sourire, vous devriez bientôt rentrer, je crois que Sherlock à un indice. Bonne journée. »
Et l'agent partit à grandes enjambées. John, les mains blanches de farine, le regarda partir, puis songea qu'il allait avoir besoin de l'aide de Mms Hudson pour la confection de ces foutus cupcakes aux trois chocolats.
Prochain chapitre, l'avancée de l'enquête, et bien des déboires :)
A la revoyure!
