CHAPITRE QUATRE
Déja, je veux remercier les nombreuses reviews ( il y a plein de gens nouveaux c'est un réel bonheur)!
Pour les cupcakes je n'ai pas de recette, mais croyez moi sur le net il doit y en avoir de géniales ;)
Ce chapitre va peut être vous paraître un peu décousu, mais j'avais plein de choses à mettre donc vous m'excuserez 3
BONNE LECTURE
« Oh, bonjour ! »
Gabriel ne feignit pas sa surprise quand il trouva devant sa porte les deux fils Holmes. L'aîné, souriant, classieux, le salua d'un signe de tête alors que l'autre, maussade et de toute évidence forcé croisa simplement les bras avant de le dévisager rapidement. L'ancien inspecteur était habillé d'un jeans élimé et d'un tee-shirt maculé de peinture, une tenue qui le rendait bien différent de d'habitude sans pourtant lui ôter son charme. Lestrade ne tenta pas de cacher le pinceau qu'il tenait entre les doigts, ne sut que dire, et au final les fit entrer dans son modeste pavillon de célibataire. Si Mycroft prit soin de faire fleurir la conversation tout en laissant ses prunelles glisser vers la grande toile au centre du salon, son cadet, lui, ne daigna pas adopter sa subtilité :
« Vous devez savoir que Moriarty m'a envoyé un message. Il m'a dit qu'il comptait s'en prendre à des personnes haut placées. Je sais bien que votre avis est moindre, mais je-
-Je ne suis plus dans le métier. », Se contenta de répondre l'autre d'un ton plus sec qu'il ne l'aurait désiré. Mycroft vit les doigts de l'homme se serrer autour de l'instrument de peinture, et il comprit sans peine à quel point les commentaires acides du détective l'atteignaient. Sherlock roula des yeux, faisant les cent pas dans la pièce :
« Ne faîtes pas semblant, cela fait à peine deux jours que vous avez donné votre démission, et j'aperçois sur votre ordinateur le site des dossiers du Yard, j'en conclus que vous continuez à vous documenter et-
-Pourquoi êtes-vous là ? »
Gabriel avait puissamment rougit, et Mycroft le trouva soudainement extrêmement sensuel dans cette colère non contenue. Le sociopathe lâcha un ricanement sonore, et lui expliqua rapidement qu'il était son ticket d'entrée dans les papiers de la police. Alors qu'il parlait, son frère plissa les lèvres. Il sentait venir l'orage. Sherlock n'avait décidemment pas le moindre tact. Quand le brun eut terminé son exposé, Lestrade leva une main qui tremblait :
« C'est pour ça ? Vous n'avez donc pas l'intention de vous excuser, je présume ?
-M'excuser pour quoi ? Vous avez raté l'opportunité d'attraper Moriarty, c'est ainsi, je-
-Sortez. De. Chez. Moi. »
Sherlock eut une impression de déjà-vu plutôt désagréable. Il essaya de parlementer, vit la veine battant à la tempe de l'ex inspecteur, finit par cracher qu'il se comportait comme un enfant gâté et qu'il n'avait pas le temps de jouer au chat et à la souris : l'assassin avait relancé le jeu, il fallait agir. Il resserra son écharpe, lâcha d'un ton cinglant qu'il s'en voudrait s'il ne reprenait rapidement son poste, puis sortit, pestant mentalement contre toutes ces choses imprévues qu'il ne savait pas gérer, avant de disparaître dans la rue.
Gabriel poussa un véritable soupir de soulagement dès que la porte eut claqué, puis s'installa lourdement sur une chaise. Ses yeux bleus évitaient ceux de l'agent :
« Etes-vous également venu pour me convaincre ?
-Bien que cette optique ne me soit, en quelque sorte, pas désagréable, je ne…Non, Gabriel, se reprit-il, je vous sentais tendu par les récents évènements, et je souhaitais simplement vous proposer une sortie. »
Lestrade fronça les sourcils. Il ne savait jamais si l'autre homme plaisantait ou non. Il préféra croire à son sérieux, eut un petit sourire, et lui assura qu'il serait ravi de se détendre en sa compagnie.
« Etes-vous donc libre pour une séance de cinéma, ce soir ? »
Mycroft souriait. Dangereusement. L'espace d'une seconde, l'autre homme se revit plaqué à cet arbre, après la conclusion de cet horrible meurtre. Il s'imagina de nouveau contre le costume de Mysroft, ses doigts dans son dos, le pressant brutalement sur lui, sa bouche sur la sienne, leurs corps s'épousant sans complexe. La vision s'estompa rapidement, ne laissant qu'une rougeur au niveau de ses pommettes. Etait-il prêt à accepter ce rendez-vous ? Il savait que s'il disait oui, Mycroft jouerait le jeu de la séduction.
Gabriel jeta un œil à son pinceau, à l'arbre rouge, en aquarelle, qui se distinguait sur la toile, et sentit ses poumons se gonfler brusquement :
« Je pense pouvoir me libérer, en effet. »
L'agent hocha gentiment la tête, et se leva pour reprendre son manteau négligemment posé sur un dossier de fauteuil.
« Mycroft, qu'y a-t-il de nouveau sur l'enquête ?
-Je croyais que cela ne vous intéressait pas… ? »
L'air innocent de Mycroft ne trompa personne, et Lestrade vint se placer devant la sortie pour lui faire comprendre qu'il ne partirait pas sans lui avoir confié une ou deux indications sur l'avancée des choses. L'agent hésita. Puis songea que l'inspecteur avait besoin d'une certaine provocation pour reprendre du service. Il alla se revêtir, mit son chapeau et s'avança d'un pas calculé vers le pseudo-artiste :
« Je crains ne pouvoir accéder à votre requête. Vous avez privé mon frère de meurtre, blessé vos agents en les abandonnant, et condamné Londres à subir les assauts d'un criminel. Votre conduite ne me permet pas d'être généreux.
-Mycroft…Arrêtez de me prendre pour un enfant… »
Lestrade lui prit le poignet, le serrant pour lui faire comprendre que la situation n'avait rien de comique, et que la hauteur de l'agent à son égard ne lui plaisait décidemment pas. Les yeux du brun se mirent à briller, et, soudainement, il se permit de pousser l'autre homme jusqu'à l'acculer contre la porte. Bloqué, compressé, Lestrade ouvrit des yeux surprit et inquiet mais ne dit rien, serrant toujours sa prise avec fermeté. Il sursauta quand la bouche de Mycroft se plaça près de son oreille :
« Ce genre de comportement ne fonctionne pas avec moi, Gabriel. Je passe vous prendre à huit heures. Au fait, votre tableau est délicieux. »
Le dernier mot le fit frissonner. Lestrade ne pu bouger lorsqu'il sentit un vague baiser effleurer son cou, et se laissa pousser sur le côté sans un mot. Quand Mycroft fut parti, il porta deux doigts à sa jugulaire, la caressa nerveusement, puis jeta son pinceau au sol. Il l'avait manœuvré. Et résultat, il n'avait rien de nouveau sur les meurtres.
"..."
« John. Ouvre cette porte.
-Non !
-J'ai envie de boire du lait.
-J'ai posé une bouteille sur la table basse ! »
Sherlock jeta un œil en arrière. Il avait raison, le bougre. Sifflant des commentaires plus ou moins positifs sur la nouvelle lubie de son colocataire, le brun alla se saisir de l'objet en verre, aspirant le liquide blanchâtre par grandes goulées. Foutu Lestrade à l'égo surdimensionné qui refusait de revenir sur le devant de la scène. John allait très certainement lui crier dessus lorsqu'il saurait ce qui s'était passé. Un petit cri de douleur se fit entendre dans la cuisine. Sherlock retourna tambouriner :
« John, ouvre ! Je veux savoir ce que tu fais.
-Occupe-toi de ton affaire, pendant que je fais la mienne ! Ca ne prendra plus longtemps, normalement ! »
Sherlock songea qu'il lui serait facile de crocheter la serrure, puis haussa les épaules d'un air agacé avant de retourner sur son canapé. Il avait envie de fumer, c'était atroce. Ses longs doigts blancs couraient sur son ventre, jouant avec les boutons de sa chemise, caressant parfois la peau tendre camouflée dessous. Il avait envie de fumer, et d'une autre chose moins avouable avec la personne qui s'obstinait à se planquer dans la cuisine.
60% de risque que l'esprit de John soit moins ouvert après l'incident du coffre. 60%. Au moins.
Sherlock raya cette information de sa tête. John n'était pas homophobe, c'était stupide, aussi stupide que les envies qui le tiraillait de plus en plus.
Il se frotta les tempes, faisant de la place dans son disque dur mental alors que son ouïe sursautait malgré elle à l'entente de bruits métalliques de l'autre côté de la porte. Il fallait rester concentré. Moriarty. Meurtres. A vrai dire, le message envoyé était des plus vagues, il ne pouvait pas faire grand-chose à part faire surveiller les hauts dignitaires du pays qui habituaient à Londres même. Sherlock haïssait quand Moriarty ne lui laissait entendre que des bouts de message.
Il y eut un bruit de verrou qu'on ôte. Sherlock, pour ne pas donner l'impression de s'intéresser, roula sur le ventre et plaqua sur ses lèvres un rictus d'ennui. Quand la porte s'ouvrit, une effluve sucrée et chaude vint titiller ses narines, mais il ne se leva pas pour autant.
« J'ai fait des gâteaux. J'espère que tu as faim. »
John posa quelque chose sur la table. Le brun analysa la scène sans parler, et ses prunelles s'agrandirent ostensiblement. Les mains du blond étaient sales, comme tâchées de chocolat, et un peu grillées par endroit, montrant son incapacité à gérer un fou correctement, mais son sourire était sincère – quoi qu'étrangement honteux- alors qu'il poussait la friandise vers lui pour l'appâter. Stratagème enfantin qui fonctionna.
« Cupcake. »
Sherlock sauta au sol, sur ses genoux, s'aplatissant brusquement sur la table basse pour considérer le gâteau, en huma le délicat fumet, puis avança un doigt hésitant vers l'étrange glaçage oscillant entre le blanc cassé et le brun onctueux.
« Cupcake trois chocolats ? »
John hocha simplement la tête, fasciné par l'attitude de son vis-à-vis qui semblait comme rajeunir sous ses yeux. Sherlock plongea son doigt dans la crème au beurre, le glissa entre ses lèvres, et ses paupières se fermèrent alors qu'il savourait la douceur contre son palet. Le blond, presqu'attendri, ne disait rien, heureux de cette étrange victoire alimentaire. Sherlock lécha encore un peu de nappage, puis entama le gâteau lui-même, croquant, goûtant, dégustant, pour au final engloutir la pâtisserie. Il ne restait que le petit moule coloré, vide de tout occupant, que le détective fixait avec une envie non dissimulée. Ses yeux vinrent fixer ceux du médecin :
« C'est toi qui a fait ça ?
-Et bien…Oui.
-Pourquoi ? Pour surprendre Sarah ? »
La colère était palpable dans la façon dont Sherlock crachait les mots. John laissa un éclat de rire naître dans sa gorge alors que l'autre, suçant ses doigts comme un enfant, attendait la réponse :
« Non, non bien sûr que non, en fait…Madame Hudson m'a donné cette recette, et comme je m'ennuyais…J'ai voulu essayer. J'avais besoin de me détendre un peu. Tu en veux d'autres ? J'en ai fait une dizaine. »
Une dizaine de comestible, se retint de préciser John sans se départir de son sourire. Il omit ainsi de dire quand dans le grand sac poubelle camouflé par la porte se trouvait une bonne trentaine d'essais ratés et brûlés. Sherlock se releva rapidement, décidé à dévorer une ou deux autres friandises avant de se remettre à réfléchir, mais le blond le retint d'un geste évasif :
« Attends, tu as du…De la crème…Juste là … »
Sherlock pencha la tête sans comprendre. L'ancien soldat se dit qu'il ne pouvait simplement pas faire ça, que cette drague était vieille comme le monde et qu'il n'était pas assez fou pour la mettre en pratique avec un sociopathe comme Sherlock, et pourtant son pouce alla naturellement caresser la lèvre supérieure du jeune homme pour en ôter un reste de chocolat blanc. Il allait s'essuyer sur son pantalon quand l'autre lui agrippa la paume, glissant le doigt souillé dans sa bouche pour en récolter le chocolat.
« Sh…Sherlock ! »
Tétanisé, le blond voulu reculer, ne fit rien, et attendit que l'autre daigne le lâcher pour ensuite baisser ses yeux. Sherlock se lécha les lèvres. La peau avait été un tantinet rêche, mais son contact , comme son goût, lui avait plu.
John n'est pas homophobe, et ne semble pas avoir été traumatisé plus que de raison par l'incident.
Sherlock sentait que quelque chose clochait, dans l'engrenage. John l'avait embrassé alors qu'il croyait mourir, il l'avait vu se masturber dans sa chambre, avait fait des gâteaux -ceux pour lesquels il aurait tué-, il en avait fait spécialement pour lui et avait accepté cet étrange échange sensuel entre son doigt et sa bouche. Le brun, désirant être éclairé sur cette histoire, se rapprocha du médecin qui se mit à blanchir, reculant instinctivement alors que Sherlock, bien décidé cette fois-ci, posait ses mains sur ses épaules.
On y est, songea John avec une terreur extraordinairement positive, on y est…
Sherlock se pencha doucement, ses paupières se fermant légèrement alors que son visage triangulaire se baissait. Il sentait le parfum de John. Il sentait les muscles du blond se tendre sans pour autant se dérober. Ses lèvres frôlèrent les siennes.
La porte de l'appartement s'ouvrit avec brutalité.
« Eh, le taré, il faut…Ah ! Les pédés ! »
Anderson eut une moue de dégoût non camouflée devant la scène qui lui faisait face. John se recula d'un geste sec, repoussant son colocataire, et disparu dans la pièce d'à côté alors que le brun, encore statufié dans l'idée d'embrasser John, ne commenta pas cette entrée imprévue. Il s'ébroua, remarqua avec un certain agacement qu'il n'avait pas apprécié la réaction du blond, puis darda un regard profondément méfiant sur l'autre homme présent dans la pièce, qui était entré avec plus de discrétion qu'Anderson. Celui-ci lâcha un ricanement sonore, vite éteint par une phrase cinglante de la part du jeune homme:
« Entrez encore une fois sans me signaler votre présence et je corrigerais votre manque de politesse de façon brutale et définitive. »
Anderson fit un pas en arrière, renifla brutalement, puis laissa la place à l'inconnu. Il était brun, grand, svelte, aux mâchoires carrées. Ses lèvres, presque trop pulpeuses pour un homme, lui donnaient pourtant un charisme indéniable qui contrastait avec ses paupières tombantes, couvrant des yeux bleus aussi froids que ceux du détective. L'inconnu rejeta ses cheveux en arrière, fit le tour de la pièce. Sa voix, d'une douceur étonnante, s'éleva dans l'appartement :
« Sherlock Holmes en personne, je présume ?
-Vous êtes moins stupide que vous semblez l'être. En effet, c'est moi. Vous, vous êtes nouveau dans le métier, vous êtes riche, cela se voit à vos vêtements et à votre montre, elle est toute neuve et vous n'avez pas pris le temps de mettre la date à jour, vos chaussures sont neuves également, la semelle crisse de façon désagréable. Vous soignez votre attitude, mais c'est bien tout, car le fait que vous ayez pénétré dans ma propriété sans même toquer montre que vous n'avez eu droit qu'à une maigre éducation. Père absent, je suppose. Vous désirez plus d'information ? »
Sourire cynique et dénué d'humour que Sherlock arbora presqu'avec habitude. Il était énervé de ne pas avoir pu terminer ce pseudo baiser avec John. Il n'aimait pas ce nouvel inspecteur qui le regardait de haut. Il ne voulait pas accepter ce changement qu'il n'avait pas désiré.
« J'ai trouvé dans le bureau de Lestrade des documents sur vous, murmura l'inconnu en repoussant une mèche, il y est consigné qu'en plus de posséder un égo surdimensionné, vous êtes souvent en possession de drogues. Je tenais à vous signaler que si je vous vois ne serait-ce qu'une seule fois sur le lieu du crime, je vous fais coffrer. »
Un silence glacé fit écho à ses paroles. La bouche de Sherlock devint une ligne minuscule dénuée de couleur alors qu'Anderson percutait : l'inspecteur ne ferait donc pas appel au détective ? Ils couraient à leur perte. A cet instant, alerté par le manque de bruit, la porte de la cuisine s'entrouvrit. L'ancien soldat réalisa qu'Anderson n'était pas l'unique visiteur et fit deux pas dans la pièce :
« Je…Bonjour, je suis John Watson, médecin.
-Enchanté, docteur. Je suis Cillian Murphy, remplaçant de Lestrade. Vous étiez également présent sur le compte rendu de l'inspecteur, et je souhaite continuer à vous demander des conseils, si vous le permettez.
-John ne prend aucune décision sans me consulter ! », siffla brutalement Sherlock en s'interposant entre les deux hommes, ses yeux n'étant plus que deux fentes brillantes de rage à l'égard de Murphy qui ne bougea pas d'un cil. John, profondément gêné, essaya de calmer le jeu :
« Je pense que tout ceci est un extrême malentendu, je comprends que Sherlock vous ai embarrassé par sa conduite un peu…Agressive, mais vous auriez tors de vous passer de son aide, il a permis de clôturer de nombreuses enquêtes, vous savez…
-Je suis charmé par votre tentative de soutenir votre petit ami, docteur. Très touchant. Je compte, dans un premier temps, faire valoir mes propres capacités, du moins le temps de prouver à cet ignoble individu qu'il n'est pas le seul à pouvoir arrêter des délinquants, et je ferais peut être appel à vous de temps à autre. »
John fronça les sourcils, s'empourpra, recula, et au final tira sèchement son colocataire en arrière pour l'empêcher de relancer la provocation. Il demanda à l'homme si Lestrade allait reprendre son poste, et Murphy haussa calmement les épaules en signe d'ignorance :
« Cela ne me regarde pas, je suis - ainsi que l'enfant qui se tient derrière vous l'a dit-, riche, je ne compte donc pas rester éternellement au poste d'inspecteur. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée, docteur Watson. »
Il sourit. John, sans savoir réellement pourquoi, ne put empêcher ses joues de s'empourprer devant cette tombée de masque, et baissa les yeux. Puis, Murphy, d'un pas lent et doux à l'image de sa voix, franchit la porte, talonné par Anderson qui n'en revenait toujours pas. La porte se ferma.
Et je ne suis pas son petit ami. Bon sang, c'est ça que je voulais ajouter.
John leva les yeux au ciel devant sa propre bêtise, puis réalisa que Sherlock, les poings crispés et la mine sombre, fixait la porte comme le diable en personne. Il le contourna, et lui demanda à voix basse si tout allait bien. Ce fut sa première erreur :
« Aller bien ? Bien sûr, John, je vais bien, ce stupide humain à simplement tenté de m'humilier sans que tu me laisses couper court à ses paroles, il a supprimé mon unique passetemps et t'a transformé en légume, mais à part ça, tout va bien !
-Sherlock tu exagères, tu as agressé ce type dès son arrivée, tu aurais pu…
-Quoi ? Quoi ? Faire comme toi, sourire niaisement, passivement, et hocher la tête ? Crois-tu sincèrement que je serais resté inactif s'il t'avait insulté comme il vient de le faire pour moi ? »
Sherlock se mordit furieusement la langue. Il était allé trop loin dans ses explications. Fort heureusement, l'ancien soldat ne comprit pas l'idée qui apparaissait à travers le raisonnement, se contentant d'exploser :
« J'ai simplement été poli, Sherlock, et je crois vraiment qu'en parlant à ce Murphy d'éducation, tu aurais dû te retenir, car ton éducation me semble bien plus lointaine que la sienne ! »
Le brun retint son souffle quelques secondes, l'expira bruyamment en mettant de l'ordre dans ses pensées, fit volte-face pour se saisir de son manteau. John se frotta nerveusement les tempes, le prit par le bras, grognant qu'il n'avait pas voulu dire les choses de cette façon.
« C'est juste que…Que tu es encore un enfant, Sherlock. Tu penses pouvoir avoir les choses en faisant un caprice, mais…Les gens ne sont pas comme ça. Ce ne sont pas des pommes à ta disposition, si tu les croques, ça leur fait mal.
-Je te fais mal ? »
La question était spontanée, et John en fut d'autant plus prit de court. Il regarda ses chaussures, repensa a cette conversation, dans la chambre d'hôpital, quand Sherlock lui avait assuré ne l'avoir embrassé que par pure curiosité. Il frémit :
« Tu m'as fait mal. Oui. Peut-être inconsciemment.
-Quand ça ?
-Sherlock…Je ne veux pas en parler maintenant. Tu devrais rattraper ce type, et essayer de repartir sur une bonne base. Moriarty, que tu sois là ou non, ne fera pas de cadeau. »
Le regard du médecin s'était fermé alors qu'il mettait ses mains derrière son dos pour les empêcher de trembler. Sherlock réfléchissait, il assimilait les différentes informations sans pourtant réussir à faire de lien logique à tout cela. Il voyait sans observer le blond s'habiller, et l'entendit indistinctement marmonner qu'il sortait boire une bière et qu'il ne rentrerait pas tard. Il semblait gêné pour une raison qui lui échappait.
« John. Aurais-tu aimé que je t'embrasse, tout à l'heure ? »
Encore une foutue question. John claqua la porte derrière lui. Il ne voulait plus de question. Il voulait que Sherlock dise « Je voulais t'embrasser, tout à l'heure. ». Le docteur avait les idées en pagaille, il avait la vilaine impression d'avoir, en effet, abandonné son colocataire aux sourdes moqueries du nouvel inspecteur, lui qui était pourtant le premier, en général, à prendre sa défense, il avait laissé faire sans rien dire. Cette idée ne lui plaisait pas.
Et il y avait à peine un quart d'heure Sherlock avait été si près, si près de lui, de sa bouche, de sa chaleur, le blond avait espéré, secrètement, qu'il se baisse pour happer sa bouche. Il ne l'avait pas fait, et John avait fui. Il fuyait car Sherlock n'avait pas de priorité pour les choses. Aucun but précis, dans sa vie. L'ancien soldat ne voulait pas devenir un « passe-temps » au même titre que les meurtres. Neuf heures cinq. Le blond, en poussant la porte du pub le plus proche, se demanda un court instant si Mycroft était, en ce moment même, au cinéma en compagnie de Lestrade comme cela était prévu. Allant s'installer au comptoir, il ne vit pas l'ombre noire qui le suivait à la trace.
Ps : Cillian Murphy est bien l'acteur que vous connaissez, oui :) , je trouve qu'il convient parfaitement au rôle que je souhaite lui faire tenir. Prochain chapitre : rendez vous de Lestrade et Mycroft, et d'autres choses au sujet de Moriarty!
Review ?
