CHAPITRE SEPT


Je sais, je sais, j'ai été absente pendant un long moment, j'espère que je vous ai manqué, c'était le bac, les gens, un soucis de temps...

Mais me revoila! Plus prête que jamais pour vous balancer mes chapitres! Celui-ci, par ailleurs, marque le début des festivités...

Un grand merci encore pour vos délicieux commentaires qui m'ont poussé à reprendre du service, ENJOY IT!


« Laissez-moi sortir ! Je refuse de rester dans cet air empesté par des individus lambda et impropres à la stimulation de mes neurones ! »

Sherlock tapait du pied dans la grande pièce contenant les êtres responsables du trouble de la vie Londonienne.

Sherlock voulait sortir. Il s'était déjà débarrassé de ses menottes, mais savait également que s'enfuir ne l'aiderait pas à poursuivre son enquête, au contraire, cela pousserait Murphy à lui faire la guerre, et il n'avait pas le temps de jouer avec lui. Il devait attendre que l'on paye cette foutue caution. Au bout d'une heure et demie, un bobby vint ouvrir la lourde porte de fer forgé :

« Sherlock Holmes, dehors. On a payé pour vous. »

Le brun se leva immédiatement du sol crasseux sur lequel il s'était installé, et couru presque hors de la cellule.

« Et bien Mycroft, tu en as mis du t… »

Ce n'était pas Mycroft. John, des larges cernes sous les yeux, l'air passablement fatigué, se tenait là, les mains dans les poches, son regard planté sur une chose insignifiante. Il n'avait plus rien de l'homme dynamique du matin même.

« Je t'ai prévenu, pourtant, Sherlock. Je t'avais dit que tu ne devais pas y aller. Mais tu t'en fous. Tu te fous de tout, d'ailleurs. »

Sa voix était plus qu'amère. Le blond secoua durement la tête, murmura qu'il pouvait partir, et commença lui-même à se diriger vers la sortie. Sherlock restait prostré. Le médecin avait donc quitté la clinique en urgence, prévenu par son frère, pour venir ici ? Lui que l'on menaçait de renvoyer à cause de ses absences répétées, il n'avait pas hésité…

Sherlock tendit la main, et crispa ses doigts sur la veste en jeans de son ami. Il n'avait jamais aimé cette veste, et répugnait en temps normal à la toucher, mais il n'y songea pas une seule seconde alors qu'il retournait violemment l'ancien soldat pour le placer face à lui. Il ne savait pas ce qu'il allait dire. Ce qu'il devait dire. La situation lui semblait si problématique, si prête à exploser qu'il aurait aimé mettre le temps sur pause, pour qu'il puisse se pencher sur chaque détail lui permettant de résoudre cette étrange équation.

« John… »

Il y avait le regard douloureux de John. Celui qui montrait sa tristesse, son sentiment de délaissement qu'il ne supportait pas, cette horrible impression de ne plus faire partie de la vie du détective. Et puis il y avait autre chose. Comme une envie cachée, un désir passionné que le blond tentait vainement de détruire, peu à peu, de camoufler, de lyncher, sans jamais réussir et se blessant à chaque fois un peu plus.

« Je… »

Sherlock avait envie de lui dire. De lui dire que son frère risquait la mort, et que pour la première fois de sa vie il s'inquiétait pour lui, presque malgré lui. Il voulait lui dire qu'il avait menti, dans la chambre immaculée d'hôpital, qu'il avait tellement bien menti…

« Tu quoi ? »

John était fatigué. Usé. Il ne voulait plus jouer à ce jeu car il se savait l'éternel perdant. Croire à des chimères ne faisait plus partie de ses capacités. Il avait trente-huit ans, et son cœur n'avait pas cessé de saigner, d'années en années, pour des raisons différentes qui au final le laissait toujours à genoux. John en avait assez de croire qu'un jour Sherlock se réveillerait. Il n'y avait pas de réveil possible pour l'unique raison que le jeune homme ne l'aimait pas. C'était une notion qu'il devait se graver dans la tête, et dès à présent.

« Je.. »

D'un brusque élan, Sherlock colla ses lèvres contre celle du blond. Il retrouva instantanément cette chaleur bienfaisante, cette odeur masculine qui émanait de la peau burinée de l'ancien soldat, et il ferma les yeux alors que ses ongles se fermaient comme des pinces sur les bras de John, accentuant rapidement le baiser, s'imprégnant de lui. Puis il s'écarta, passa sa main glacée le long de sa joue en reprenant son souffle, l'embrassa derechef avant de le pousser sur le côté pour gagner la sortie.

« SHERLOCK ! »

Rien à faire, le brun était déjà parti. John se passa deux doigts sur la bouche, frissonna vigoureusement, puis se mit à courir à sa suite, oubliant la minuscule douleur qui persistait dans sa jambe. Sherlock fuyait. Encore une fois. Mais cette fois-ci, l'ancien soldat reprenait du service.

"..."

« Pourrais-je au moins savoir ou nous allons ? » grinça une Donovan sèche comme du papier de verre, installée à gauche du conducteur. A l'arrière, Murphy n'arrêtait pas de tapoter sur les petites touches de son téléphone comme un adolescent accro à la technologie. Il semblait un tantinet nerveux, sans que la jeune femme puisse exactement dire pourquoi.

« Nous allons vers le siège du gouvernement, Donovan. Je dois voir le ministre Britannique chargé des relations avec les autres pays. »

La métisse fronça les sourcils :

« Je doute que cela soit possible. Premièrement, vous n'êtes qu'un petit inspecteur de bas-étage , dit-elle en insistant bien sur le terme, et de plus il y a aujourd'hui même des entretient avec la France, l'Allemagne, et l'Autriche également je crois.

-Justement. Tout porte à croire que notre représentant Britannique est en danger de mort. »

Donovan hoqueta brutalement en se tournant vers l'inspecteur, sa ceinture lui pressant douloureusement la poitrine :

« Je vous demande pardon ? Comment pouvez-vous soutenir ça !

-Lorsque Mr Holmes à refusé de me donner l'identité de la personne en danger, j'en ai immédiatement déduit qu'il s'agissait de quelqu'un proche de lui. Or, il a laissé son compagnon, Mr Watson, en parfaite liberté, l'éloignant même de l'affaire : il n'avait rien à craindre. Saviez-vous que Mr Holmes avait un frère ? »

La métisse songea à l'étrange type, toujours somptueusement habillé, qui semblait faire du gringue à Lestrade, et elle ouvrit grand la bouche, mais l'autre la coupa avec un flegme insupportable :

« En effet. Cet homme est un personnage des plus importants. Moriarty nous avait prévenu, il me semble. »

Donovan se retourna. Murphy savait qu'elle le trouvait aussi brillant que détestable. Ce qu'elle ne pouvait savoir, c'est qu'il tenait, en réalité, cette information de l'assassin lui-même. Il passa ses doigts dans ses cheveux de jais, les rejetant en arrière. Sa vie allait bientôt changer.

Il le savait.

Il aimait cette idée.

"..."

« Gabriel, je… »

Mycroft laissa retomber sa main le long de son corps, fixant toujours cette maudite porte fermée. Derrière cette porte, il y avait Lestrade, qui devait vaquer a ses occupations comme tout bon Londonien. L'homme cherchait le courage de toquer pour ensuite s'excuser pour sa conduite des plus inconsidérées. Il devait le faire, s'il voulait que les choses puissent avancer, mais quelque chose, en lui, explosait comme de la honte lorsqu'il s'imaginait lui parler.

« …Gabriel… »

Rien à faire. Mycroft en tordait son chapeau. Et puis, la présence d'Anthéa, à quelques mètres, fixant sa montre avec insistance, ne l'aidait absolument pas.

« Monsieur, nous devrions y aller…

-Je sais, je sais… Partons. »

Il se retourna. La porte s'ouvrit dans son dos. Mycroft descendit rapidement les quelques marches le séparant de la belle voiture noire, quand une phrase le retint de tout mouvement supplémentaire :

« Tu n'as donc rien à me dire ? »

Lestrade était rouge vif. De colère ? De gêne ? Nul n'aurait su le dire. Mais il se tenait là, les poings sur les hanches, les veines de ses avants bras saillant sous la chemise, et ses yeux bleus fixaient le dos droit et sec de Mycroft. Il y eut une seconde de silence, uniquement rompue par le bruit des ongles manucurées de la scribe sur son Blackberry. Le brun se pinça l'arête du nez :

« J'ai une réunion importante dans une demi-heure, je dois filer…

-C'est ça, file ! »

Lestrade se mordit violemment la langue. Bon sang ! Il l'agressait verbalement, alors que c'était bien lui qui avait fui du cinéma, la peur au ventre, du désir plein les veines, refusant d'assumer cet étrange tournant, cette rapidité d'engagement. L'ancien inspecteur vit le dos de Mycroft se fléchir légèrement alors qu'il se tournait, le visage dur, inexpressif. Il haissait lorsqu'il était comme ça.

« Ce sont des excuses, que tu veux ? Et bien les voici, je m'excuse ! Je n'aurais pas du faire ça, c'était une erreur, comme espérer quoi que ce soit te concernant. Tu n'as pas eu le courage de poursuivre cette affaire de meurtres jusqu'au bout, alors pourquoi aurais-tu eu le courage d'embrasser un homme ? »

La déclaration glaça instantanément l'atmosphère. Anthéa se permis de retourner dans la voiture. Mycroft leva les yeux au ciel, se maudissant.

« Je ne voulais pas dire ça…

-Tu as un sens très particulier du devoir, Mycroft. Tu ne pourras jamais comprendre le remord que j'ai ressenti en comprenant que j'avais mis tous mes agents en danger car je suis un incapable.

-Arrête de te mettre plus bas que terre ! Moi, moi plus que les autres je peux justement te dire ce que tu vaux ! Arrête de te faire du mal ! »

Gabriel rougit. Secoua la tête. Anthéa tapota la vitre, alarmée.

« Tu dois y aller, siffla Lestrade, étrangement meurtrit, ton devoir t'appelle… »

Comme il aurait voulu tout oublier, pouvoir simplement tendre le bras, le serrer contre lui, et l'embrasser dans la chaleur de son appartement, sans personne, juste eux deux, enlacés.

« Je…Je te téléphonerais, murmura Lestrade, je le ferais…

-Non. Je ne veux être une obligation pour personne. »

La portière claqua sèchement quand Mycroft fut entré dans la voiture. L'agent du MI6 regard avec regret la silhouette toujours debout sur le perron, puis se força à observer la route. Anthéa le fixait :

« Je ne vous pensais pas capable de faire des erreurs.

-Pardon ?

-Rien. »

L'homme songea que la demoiselle devenait de plus en plus insolente. Puis, il réalisa avec horreur qu'il ne voulait absolument pas écarte l'ex DI de sa vie.


Je vous laisse imaginer ce qui va arriver ensuite, hm ? Le grand jeu, mes chéris, le grand jeu !

Review?