CHAPITRE HUIT
Bonjour mes chéris! - quelle familiarité déplacée, je vous l'accorde- je vous offre mon nouveau chapitre, petite transition vers l'ouverture du véritable jeu ! Appréciez!
Et toujours un grand merci pour vos commentaires, je suis ravie 3
(Le passage en italique est un flash back!)
En arrivant devant le grand bâtiment Britannique, Murphy repensa soudainement à la seconde visite de Moriarty dans son appartement, après qu'il eut écarté Sherlock Holmes de sa route. Cette visite si spéciale à ses yeux.
Il était rentré chez lui, fatigué mais content de ses actions, faisant craquer son cou alors qu'il jetait négligemment sa veste sur sa table en fer forgée. Puis, il y avait eut l'odeur. Celle de la cigarette que tenait l'assassin entre deux doigts fins, prêt de la fenêtre, prenant soin de faire tomber la cendre dehors. Délicate attention. Les deux hommes avaient observés le pistolet posé entre deux, émergeant de l'un des manches de la veste, puis Cillian avait levé les mains alors que l'éternel point rouge dansait sur son front :
« Que voulez-vous, encore ?
-Te mettre au courant de la suite. Après tout…Tu es de la maison, maintenant. »
Moriarty lui faisait penser à un gros matou, presque repus, mais pas tout à fait, qui venait le titiller par pure curiosité malsaine. Le jeune homme jeta son mégot sans regret, s'approchant à pas feutrés, un sourire aussi doux qu'infernal fleurissant sur ses lèvres tendres :
« Ne te tend pas ainsi, chéri, je ne vais pas te mordre. »
Le dernier mot, de par son intonation sèche et coupante, fit reculer Murphy qui n'avait pourtant pas cillé.
« Tu as écarté Sherlock Holmes d'un revers de la main…Tu n'as pas succombé au charme magnétique de cet homme…Je dois…Te remercier pour cela. »
Murphy pensa à de l'argent. Puis, il cessa de penser quand Moriarty le plaqua contre le mur, tirant brutalement sur son jeans noir pour en ouvrir l'ouverture. Il le repoussa :
« Je ne veux pas de ça.
-Tu es un menteur. »
Peut être. Au second assaut, il ne fit rien de négatif. Ses connaissances, dans ce domaine, étaient très limités, aussi laissa-t-il Moriarty lui dicter tous ses ordres. Et Dieu sait que Moriarty aimait les ordres. Durant les deux heures qui suivirent dans la cuisine, l'assassin se fit tout de même moins volubile, ses expressions se limitant à « mords-moi », « plus fort », « plus vite » et « oui ! ».Moriarty fumait alors qu'il pressait le bassin du brun contre le sien. Moriarty fermait les yeux, extatique, sifflant telle ou telle phrase injonctive en se cambrant, et Murphy avait fini par comprendre qu'il imaginait quelqu'un d'autre entre ses bras blancs.
« Nous sommes arrivés.
-Bien. Faîtes venir Mr Holmes, l'aîné, à l'étage du dessus. C'est une question de vie ou de mort. »
Et, alors que Murphy grimpait avec délicatesse les grandes marches de marbre, il sentit une petite douleur, à son cou, se réveiller, là où les dents du psychopathe avaient plongé, dur comme de l'acier, le marquant probablement à vie.
"..."
« Je ne fuis pas. »
Bien sur que non. Le grand Sherlock Holmes ne fuyait jamais. A peine sortit de sa grande prison de métal, il s'était jeté dans le premier immeuble en vue, qu'il connaissait, tapotant son téléphone avec hargne, refusant de regarder derrière lui. Mycroft était en danger, là, maintenant, et il avait déjà perdu beaucoup de temps. Il hésita à téléphoner au nouvel inspecteur, celui-là même qui l'avait coffré, refusa instantanément cette idée, et colla son appareil contre ses boucles noires, espérant que son frère décroche.
Décroche, Mycroft. Décroche et ne meurs pas tout de suite.
Il tomba sur la messagerie, jura, regarda sa montre – un quart d'heure au plus tard, il devait être là-bas- L'ascenseur s'ouvrit, bondé de monde. Il entra sans rechigner, et sentit son cœur faire un bond quand une voix bien connue se fit entendre dans son dos :
« Reste là, bon sang de merde ! »
John s'engouffra dans la machine qui daigna se refermer, grimpant immédiatement les étages. Le blond, coincé en sandwich entre la porte et Sherlock, ne pouvait lever la tête de son torse, dans lequel il semblait comme encastré. Le brun ne disait rien. Ce n'était pas le bon moment pour des quelconques explications, et il espérait que l'autre ne lui en porterait pas grief. Le souffle du médecin, contre sa chemise, était intenable.
« Tu m'as mentis ? A l'hôpital, tu mentais ? »
La porte s'ouvrit. Sherlock lui siffla qu'il avait une affaire importante à régler, et que s'il était venu lui soutirer des détails, il pouvait rentrer au 221b pour le moment. John lui saisit brutalement le poignet :
« Quoi encore ? Quelle affaire ? Tu ne me dis rien, Sherlock, rien !
-C'est Mycroft. Il risque de mourir. »
Disant cela, le brun réalisa la pleine menace au dessus de la tête de son aîné, et son visage se creusa encore un peu plus. Quelqu'un le bouscula mais il ne dit rien, serrant ses poings, expirant avec force. John était rouge brique :
« ET TU NE M'AS RIEN DIS ? »
Cet éclat de voix permis au détective de reprendre le dessus, alors qu'il marchait rapidement vers un grand bureau de verre :
« Tu m'aurais distrait avec des broutilles, je n'ai pas jugé utile de te prévenir.
-Je vais déménager. Cette idée me trottait dans la tête depuis deux semaines, mais je n'ai pas jugé utile de t'en parler. »
Sherlock se retourna d'un bloc, livide, analysant rapidement les différent éléments de son visage pour comprendre la situation problématique.
Yeux : noirs, sourcils froncés : agacement, colère.
Bouche : tordue, livide, mince : douleur aigue, inquiétude.
Dents serrées : attente.
Sherlock allait répondre. Bien sur, qu'il allait le faire. Mais à cet instant, un bureaucrate, beau, souriant et détendu, vint ouvrir la porte en verre. Il reconnut Sherlock, rougit, blanchi, balbutia, et au final réajusté sa cravate en lui offrant une main presque tremblante. John fixait toujours le détéctive avec provocation et haine, mais celui-ci sautait d'une idée à l'autre.
« Balt', je suis passé t'emprunter ton hélicoptère. Il est en marche, n'est-ce pas ? Tu allais t'en servir.
-En effet, mais c…
-Je le sais car tes valises sont derrière la porte, il y a sur ton bureau des cachets contre le mal de l'air, tu viens d'éteindre ton téléphone et tu as enlevé ta cravate pour ne pas qu'elle vole dans tous les sens car tu déteste ça. Allons-y, vite. »
Balthazar, muet, fit simplement un geste vers l'escalier menant au toit. Il avait payé sa dette envers le détective, s'était, à ses yeux, tout ce qui comptait.
« C'est qui, ce type ?
-Inutile. Ancien client. Détail insignifiant. »
John n'aimait décidemment pas ce ton sec et impersonnel que l'autre arborait, puis se sentit quelque peu coupable : n'avait-il pas annoncé sa décision de quitter l'appartement à un moment des plus inconvenables ? Bon sang, Mycroft risquait sa vie ! L'hélicoptère se mit à ronronner comme un gros chat repus, s'élevant rapidement dans le ciel alors que le pilote, un petit jeune encore porteur d'une acné virulente, poussait sur le manche comme un joystick de jeu vidéo. Sherlock regardait l'extérieur, ses longs doigts torturant son portable sans plus de cérémonie alors ses lèvres se réduisaient à deux lignes délavées.
John se sentit mourir. Il posa évasivement une main sur son épaule, se racla la gorge :
« Tu vas y arriver. Tu y arrives toujours.
-Non, John. Je n'y arrive pas toujours. »
Et, l'espace d'un instant, l'ancien soldat se demanda si le jeune homme parlait réellement de ses enquêtes, ou bien de leur vie à deux, à Baker Street.
L'engin aérien arrivait déjà à destination.
"..."
« Monsieur Holmes, vous devriez sortir. »
Anthéa avait vu le visage de Mycroft se faire de plus en plus blême, au fur et à mesure que la réunion se poursuivait. Ses mains tremblaient légèrement, il avait chaud, et un mal de crâne abominable semblait s'être installé à l'arrière de son crâne. Sa secrétaire lui avait déjà fait quelques remarques discrètes, avant de s'inquiéter réellement lorsqu'il lui avait sembler que son patron vacillait sur sa chaise. Victime d'un léger malaise, Mycroft avait finalement abdiqué, s'offrant un dernier sourire avant de quitter la salle, laisser le soin à la jeune femme de s'excuser pour lui.
« Bon sang ! »
Il franchit quatre pièces les unes à la suite des autres, se réfugiant dans un petit salon aussi intime qu'agréable, et contempla son reflet blanc et glacial dans le petit miroir mural. Quelque chose ne tournait pas rond.
A peine s'était-il dit cela qu'une voix, aussi connue qu'haït, se fit entendre dans son dos :
« Bonjour, Mycroft, cela ne va pas fort on dirait ? »
Il ne retourna rapidement, et eut donc le plaisir de se retrouver face à face à un Moriarty grimaçant, son Colt levé et pointé sur son cœur, la tête penchée comme un pantin désarticulé :
« Ne mourrez pas tout de suite, très cher, les autres joueurs arrivent. »
Mycroft sentait sa gorge enfler. Il avait mal. Quelle sorte de poison était-ce donc là ? Il s'en fichait bien, au demeurant, essayant tout de même de comprendre à quel moment il avait bien pu l'absorber. Puis, alors qu'un voile noir descendait sur ses yeux, une porte s'ouvrit, laissant place aux « autres joueurs » tant attendus.
On y arrive, n'est-ce pas :) ? Accrochez vous a vos bretelles, à va secouer sec (8)
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