Disclaimer : Tous les personnages appartiennent aux créateurs de la série et à L. J. Smith.

Rating : K+ pour l'instant.

Couple : Klaus/Caroline.

Playlist du chapitre : Nickelback - How You Remind Me | Kerrie Roberts - Rescue Me | One Republic - All The Right Moves | Simple Plan - Welcome To My Life.


Chapitre 2 : Mensonges

« Ne pas produire un beau mensonge, mais une vérité qui serait aussi belle que le plus beau mensonge. » - Michel Leiris

~ POV Caroline ~

Devant ma glace, je tentai de paraitre heureuse, normale. Mais malgré le maquillage, le brushing et les sourires, les épais cernes noirs qui encadraient mes yeux restaient bien là, témoins de mon manque de sommeil. Je soupirai et laissai ma tête reposer entre mes paumes. Je poussai un cri de frustration, étouffé par mes mains. J'avais été tellement troublée par la dernière visite de Klaus que mes yeux avaient refusé de se fermer pendant la nuit. Ma journée était passée lentement, machinalement, mais m'avait parue tellement lointaine. Je ne l'avais pas vécue. Je l'avais observée de l'extérieure, comme s'il s'agissait d'un film auquel je n'étais pas censée appartenir. Mais je ne l'avais certainement pas vécue.

Posé sur le rebord de ma commode, mon portable vibra. J'effleurai l'écran du bout de mes doigts en laissant paraitre un sourire triste sur mon visage devant le nom qui s'affichait : Tyler. Je laissai la sonnerie retentir plusieurs fois, la table trembler sous les impulsions du téléphone. Je n'avais pas le courage, ni même l'envie de répondre. Mais Tyler était mon petit-ami, et je n'avais pas le droit de l'ignorer pour une raison qui n'avait rien à voir avec lui. Ou, du moins, qui n'était pas censée avoir de rapport avec lui. D'un mouvement hésitant, je m'emparai de l'objet, appuyai sur un bouton, et le portai à mon oreille.

« Tyler ? » dis-je avec une pointe d'appréhension non contrôlée. « Qu'est-ce qu'il y a ? »

Je me traitai mentalement d'idiote. Ma question était trop directe, trop brutale, prononcée avec trop d'inquiétude, et tombai comme un cheveu sur la soupe. Mais si Tyler soupçonna quelque chose, il ne fit aucune remarque.

« Je voulais juste m'assurer que tu allais bien. » déclara-t-il. « Tu as été bizarre hier. »

Je retins le soupir de soulagement qui menaça de s'échapper d'entre mes lèvres. Il s'inquiétait juste pour moi. Rien de plus. Il était vraiment trop mignon.

« Ça va. » tentai-je piteusement pour le rassurer. « Je n'étais juste pas dans mon assiette. »

« Tu es sûre que ça n'a rien à voir avec Klaus ? »

Je n'aimais pas entendre ce genre de choses, avec ce genre de ton, dans sa bouche. Je me mordis la lèvre dans un mouvement involontaire de frustration. J'hésitai, rien qu'une seconde, à lui dire la vérité. Mais je me ravisai presqu'aussitôt. Lui avouer que l'Original était venu me voir l'amènerai certainement à me poser des questions. Et je ne pourrais pas lui mentir éternellement sur le sujet. Je ne voulais absolument pas qu'il sache que Klaus m'avait embrassée. Ce n'était pas envisageable.

« Mais non. » niai-je en y mettant toute ma conviction « Il est parti Tyler. Tu n'as plus aucune raison de t'inquiéter comme ça. »

J'étais ridicule. Et pathétique. Les deux à la fois avec la même importance. J'étais ridicule pour avoir donné une excuse aussi minable. J'étais pathétique pour ne pas avoir osé lui dire ce qu'il s'était réellement passé. Ou peut-être le contraire. Peu importait de toute façon. A l'autre bout du fil, Tyler marqua une pause, qui fut seulement troublée par sa lente respiration.

« Parce que j'aurais dû m'inquiéter s'il était resté ? » lâcha-t-il soudain.

Ma réponse resta bloquée dans ma gorge, tout simplement parce qu'elle était inexistante. J'étais coincée, au pied du mur, car même si je savais que la seule solution était de dire non, ce qui de toute façon était vrai, je n'arrivais pas à prononcer ce mot. Ce n'était pas aussi simple que ça en avait l'air. Je devais mettre la bonne dose de dégoût, d'animosité, sans pour autant me trahir moi-même.

« C'est ridicule. » lançai-je finalement. « C'est Klaus. Jamais il ne pourra m'atteindre. Jamais je ne pourrais l'apprécier assez pour qu'il le fasse. Et puis, je t'aime toi. »

Mes paroles avaient un goût amer, mais je le sentis se détendre. Un sourire s'étendit sur mon visage.

« Je t'aime aussi, Caroline. »

Mon cœur se réchauffa dès que j'entendis ces mots. Il avait beau me les avoir déjà dits, maint et maint fois, ils me faisaient toujours le même effet. Mes inquiétudes s'envolèrent et une envie pressante de le voir, de le serrer dans mes bras, naquit en moi. Je voulais être proche de lui comme avant. Avant tout ça. Avant Klaus. Mon regard se voila de nouveau à cette pensée. Ma bonne humeur retomba, comme si elle n'était jamais revenue.

« Au revoir Tyler. » conclus-je pour enfin mettre fin à mon malaise. « Merci d'avoir appelé. »

« De rien. Au revoir chérie. »

Je fus la première à raccrocher. L'atmosphère dans ma chambre était pesant. Mais que me prenait-il, bon sang ? Je n'avais aucune raison d'être aussi mal à l'aise. Ce n'était pas comme si je l'avais trompé, ni rien de ce type. Je soupirai pour évacuer mon mal être, repoussant les cheveux qui encadraient mon visage. Décidément, plus rien ne fonctionnait comme je le voulais. Et j'avais réellement horreur de perdre le contrôle de ma vie ainsi.

« Tu sais que ce sont des mensonges, n'est-ce pas ? » fit une voix rauque dans mon dos.

Je levai mes yeux exorbités vers mon miroir, dans lequel était apparu le reflet imposant de Klaus. Un sursaut traversa mon corps. Je me retournai, debout, le dos droit, mes mains appuyées sur le rebord de ma commode.

« Qu'est-ce que... Qu'est-ce que tu fais là ? » bégayai-je nerveusement.

Il fit un pas vers moi, un simple pas qui me donna envie de rentrer dans le mur pour y disparaitre. Un sourire satisfait remplaça la ligne droite que formaient ses lèvres. Il haussa les épaules avec désinvolture.

« Je viens juste te rendre une petite visite love. »

Ses visites n'annonçaient jamais rien de bon, je le savais. Mes mains commencèrent à serrer involontairement le bord du meuble sur lequel je reposais.

« Je croyais que tu devais t'en aller. » remarquai-je en tâchant médiocrement de reprendre le contrôle de moi-même.

« C'était le cas. » répondit-il sans se départir de son air suffisant. « Mais j'ai été quelque peu... retardé. »

J'agrippai le meuble de plus en plus fort, laissant mes ongles s'enfoncer dans les nervures du bois jusqu'à ce j'entende des sons très désagréables synonymes de craquelures. Je lâchai précipitamment ma prise et retirai, dans mon dos, les échardes plantée dans ma paume, sans pour autant laisser apparaitre une grimace sur mon visage. Klaus m'observait toujours d'un regard inquisiteur, visiblement amusé par ma réaction. Ma mâchoire se crispa et le fusillai du regard. A présent, je préférai nettement le voir en colère.

« C'est vraiment dommage. » grinçai-je. « J'aurais vraiment aimé que tu nous laisses enfin en paix. »

Ses yeux s'assombrirent et perdirent leur étincelle de bonne humeur. Il s'approcha de moi, comblant l'espace qui nous séparait.

« Tu devrais arrêter de me provoquer Caroline. » gronda-t-il.

Je le sentais au bord de l'explosion. J'avais toujours été stupéfaite par sa capacité à changer totalement d'humeur en quelques secondes.

« Tu n'as qu'à m'y forcer puisque tu es si fort. » continuai-je, le menton relevé pour le défier du regard.

Quitte à lui faire perdre le contrôle, autant le faire avec panache. Comme je m'y attendais, il ne se démonta absolument pas. Je sentais la fureur qu'il contenait. Je la savais présente dans chaque parcelle de son corps. Je la voyais circuler dans ses veines comme un poison. Je ne faisais plus attention au monde qui m'entourait, trop occupée à mener ma bataille silencieuse contre l'hybride. Il finit par desserrer les poings et reculer, me laissant enfin respirer. Je n'avais même pas remarqué que je retenais mon souffle. Soudain, sans que je ne sache vraiment pourquoi, la première phrase qu'il avait dite me revint en mémoire.

« Pourquoi parlais-tu de mensonges ? » demandai-je sans même espérer de réponse.

Il s'assit sur le coin de mon lit.

« Tout ce que tu as dit à Tyler, ce sont des mensonges. » dit-il simplement.

Je voulus nier, mais j'en fus incapable. Que dire ? Klaus savait aussi bien que moi ce qu'il c'était passé. Je laissai le silence s'installer. Même si je devais trouver quelque chose à répondre, je n'avais pas la force de me battre de nouveau avec lui.

« Non. » répliquai-je enfin. « Je lui ai dit que je l'aimais. Et c'est vrai. »

Il laissa échapper un rire plein d'aigreur.

« Tu es tellement naïve sweetheart. » railla-t-il. « Ce que tu ressens pour lui s'apparente peut-être vaguement à de l'amour, mais ce n'est certainement pas un sentiment aussi fort que cela. »

Cette fois, ce fus moi qui m'énervai. Je fronçai les sourcils et pointai un doigt vers lui.

« Tu n'as aucun droit de dire ça ! » me révoltai-je. « Tu ne sais même pas ce qu'est l'amour ! »

Sans que je ne vois comment, il se mit de nouveau sur ses pieds et m'attrapa à la gorge avant de me bloquer contre le mur. Je commençai à battre de pieds, tâchant en vain de provoquer un quelconque mal chez mon adversaire. Il resta immobile, un rictus sur le visage, et loin de me lâcher, il resserra sa prise. Mes mains parcoururent la paroi à la recherche d'un point d'accroche, sans trouver autre chose qu'un vulgaire rideau. Je tirai dessus par réflexe. Il tomba sur le sol dans un bruit de tringles métalliques brisées. Ma gorge laissa échapper des gémissements au fur et à mesure que l'air me manquait.

« Tu n'as aucun droit de me dire de tels choses ! » gronda-t-il soudain. « Tu ne sais pas qui je suis ! Tu ne sais pas tout ce que j'ai vécu ! »

Il me laissa enfin retomber à terre. Mes genoux frappèrent sur le parquet, qui s'enfonça sur le coup. Je portai mes mains à ma gorge et frôlai les marques rouges laissées par Klaus, qui s'effacèrent presqu'aussitôt. Je me relevai en chancelant et appuyai mon dos sur la pierre.

« J'en sais assez sur ce que tu as fait pour dire que tu es incapable d'éprouver quoi que ce soit. » soufflai-je en le foudroyant du regard.

Il se pencha vers moi et posa ses mains sur le mur, des deux côtés de mon visage. Je me sentais oppressée, si près de lui, détaillée par un regard qui semblait blessé. Mais c'était juste une impression. Un homme comme lui n'était jamais blessé.

« Non. » répondit-il, la voix étonnamment basse. « Tu n'en sais rien. »

Une sensation désagréable naquit dans mon ventre et se propagea dans mon corps. Je vis sur son visage qu'il avait dû déjà prononcer ces mots. A ses frères et sœurs sans doute. Ma gorge se noua. Une expression fermée remplaça son air légèrement peiné. Je m'en sentis immédiatement soulagée. J'inspirai lentement pour lui laisser une réplique cinglante, mais il plaqua sa paume sur ma bouche pour m'empêcher de parler.

« Tu te tais et tu m'écoutes. » ordonna-t-il sans pour autant retirer sa main de mon visage. « Je te l'ai déjà dit love : garçon de province, vie de province, ce ne sera pas assez pour toi.* Je suis peut-être aussi insensible que tu le prétends, mais je sais reconnaitre le véritable amour quand je le vois. Toi et lui, ce n'est qu'éphémère. Il ne peut en être autrement. Cela te prendra un mois, un an, ou même un siècle, mais tu t'en rendras bien compte par toi-même. Et ce jour là, tu viendras me retrouver. Parce que je peux t'offrir tout ce qu'il n'aura jamais. Il est incapable de te donner tout ce que tu mérites. Réfléchis bien. Tu sais que j'ai raison. »

La pression imposée sur ma bouche se fit moins forte et l'hybride disparut. Je restai immobile et tâchai vainement de rassembler des pensées cohérentes. Je devais absolument arrêter de me laisser influencer par Klaus. Et s'il avait raison ? Si Tyler n'était pas réellement fait pour moi ? Je secouai la tête sans comprendre ce qu'il m'arrivait. Il ne pouvait qu'avoir tord. Je ne pouvais même pas imaginer qu'il en soit autrement.

~ POV Klaus ~

Je posai mon crayon à côté de moi, sur le cuir du canapé, et me laissai aller contre l'accoudoir. Mes visites chez Caroline me mettaient toujours à cran. Elle était tellement bornée que cela m'épuisait. Mais que trouvait-elle à mon hybride enfin ? Que Tyler avait-il de plus que moi ? Elle méritait tellement mieux que lui, mais elle refusait de s'en rendre compte. Qu'importe ! Elle finirait bien par ouvrir les yeux. Mais je ne comprenais toujours pas pourquoi elle l'aimait. Cette pensée m'arracha une grimace de dégout, que je noyai immédiatement dans un verre d'alcool.

« Encore elle ? » soupira Rebekah en pénétrant dans la pièce.

Je levai la tête sans faire aucun commentaire. Je ne m'étendrai sûrement pas sur le sujet avec ma sœur, qui trouvait toujours un moyen de la critiquer, même si nous ne prononcions jamais son nom. Jamais à haute voix. De toute façon, nous prenions chacun garde à éviter le sujet. Elle soupira, leva les yeux au ciel et s'installa à côté de moi. Je n'avais toujours pas compris pourquoi elle haïssait autant Caroline. Sans doute un truc de fille dans lequel je ne devais pas m'impliquer. Je n'avais, de toute façon, aucune envie de m'engager sur ce terrain là.

« J'ai appelé Kol et Elijah. » m'informa-t-elle. « Il seront de retour demain soir au plus tard. »

Elle m'annonça la nouvelle sur un ton neutre, mais je savais qu'au fond d'elle, elle était enchantée. Sa relation avec ses frères avait toujours été très profonde. Elle était le pilier qui nous permettait de rester en place. Si elle n'avait pas été là, nous nous serions déjà détruits les uns les autres. Alors que je pensais à ma famille, me pensées dérivèrent seules sur Caroline. Elle était certaine que je n'avais pas de cœur, que je n'avais pas de sentiments. C'était vrai, dans un sens. Je m'efforçais juste de faire comme si c'était le cas. Mais cela ne m'empêchait pas de ressentir.

« ... Tu m'écoutes Nik ? » demanda Rebekah, me faisant sortir de ma rêverie.

Je secouai la tête avec un semblant de sourire.

« Excuse-moi. » lançai-je.

Elle me fusilla du regard, comme à chaque fois que mon attitude lui déplaisait.

« Quel est le problème ? » fit-elle en se radoucissant.

« Tu me trouve si insensible que cela ? »

C'était, sans aucun doute, la question la plus idiote que je n'avais jamais posée. Il était évident que c'était le cas, puisque j'avais tout fait pour. Mais je n'avais pas pu m'empêcher de le demander, rien que pour en être certain. Elle écarquilla les yeux, passablement étonnée, puis pouffa sans discrétion. Je la dévisageai, les sourcils froncés. Rebekah avait le don extrêmement désobligeant de se montrer désagréable. Elle finit par reprendre son sérieux, sentant que j'allais faire quelque chose de regrettable à son encontre.

« C'est une question piège ? » demanda-t-elle. « Ou c'est Caroline que t'as fait la remarque ? »

Je me redressai à la mention de son nom, voyant d'un mauvais œil que ma sœur le prononce pour la première fois. Il sonnait dans sa bouche comme un reproche, et je ne supportais pas que l'on me fasse un quelconque reproche.

« Tu ne devrais pas prendre trop à cœur ce qu'elle te dit. » me conseilla-t-elle. « C'est juste une simple fille. Elle ne peut pas comprendre. »

Je me levai d'un coup et tirai ma sœur par le bras pour la forcer à faire de même. Elle se retrouva projetée sur un mur sans avoir eu le temps de résister. Un buffet explosa sous le choc, répandant des morceaux de bois et de verre sur plusieurs mètres. Je m'emparai d'un pieu et le pointai vers elle, qui se releva prestement.

« Je te conseille de ne pas dire de tels choses à son propos Bekah. » la menaçai-je. « Je pourrais finir par m'énerver. »

Je vis sa mâchoire se crisper, mais elle ne répondit pas. D'un geste brusque, je m'emparai de mon carnet à dessins et de mon crayon, qui reposaient toujours sur le canapé. Je me dirigeai à grands pas vers la sortie, mais elle me retint fermement.

« Il y a autre chose. » murmura-t-elle.

« Je ne supporterai pas une autre parole sur Caroline. » la prévins-je en me dégageant de sa prise.

« C'est à propos d'Alaric Saltzman. »

Mes épaules s'affaissèrent soudain et je me calmai. Ce maudit chasseur de vampires restait introuvable au bout d'une journée de recherches. Je savais qu'il ne pouvait se déplacer que la nuit, par sa nouvelle condition de vampire, mais je n'avais pas pu déterminer où il se cachait durant le jour.

« Il va nous falloir faire équipe avec les Salvatore et leur petit groupe si nous voulons avoir une chance de l'éliminer. » expliqua-t-elle à mon plus grand regret. « J'ai réussi à leur parler et, dès que Elijah et Kol seront là, nous avons tous rendez-vous avec eux pour déterminer les bases d'une possible alliance. »

Je hochai la tête et repris mon chemin vers ma chambre. Bien que l'idée me révulse au plus haut point, je n'avais pas d'autre choix que d'accepter. Ils étaient ma meilleure option, aussi pathétique que cela puisse paraitre. Oui, ma meilleure option était de faire équipe avec deux frères vampires en mal d'amour, Un doppelgänger trop humain, une demi-sorcière sans formation, mon traître d'hybride...

Et Caroline.

A suivre...

* : "Small town boy, small town life, it won't be enough for you." - Klaus, 3x20.


Mot de la fin : Une seule chose à dire... Bonne reviews !

Plumyx.