Tout d'abord, je voudrais vous remercier pour vos reviews qui m'ont fait plaisir. Ensuite, je publie maintenant un autre drabble qui est un peu différent des autres et qui peut-être donnera suite à un recueil annexe.
Bonne lecture !
Tendresse
Les yeux posés sur l'horloge au-dessus de la salle à manger, alors qu'il finissait de préparer le repas, Hiroshi commençait à s'inquiéter. Ce n'était pas dans les habitudes d'Handa d'être en retard pour manger, sauf bien sûr lorsqu'il était en train de calligraphier. Mais ce n'était pas le cas, il était parti chercher de l'encre.
Peut-être qu'il s'était perdu ? Non, quand même pas, depuis le temps qu'il le faisait, même un étourdi comme lui connaissait le chemin par cœur.
Ou bien il s'était peut-être évanoui sur la route ? Ces derniers temps, il avait l'air un peu fatigué et ce ne serait pas la première fois qu'il perdrait connaissance à cause de la fatigue.
Hiroshi soupira et se dit qu'il pouvait quand même aller jeter un coup d'œil dehors voir faire quelques pas pour vérifier qu'aucun corps n'était sur le chemin. Il n'avait même pas fait trois pas qu'il avait repéré Handa qui semblait captivé par quelque chose qu'il y avait dans l'herbe.
Une vague de soulagement s'empara de l'ancien voyou et il se rapprocha de son ami. Celui-ci dû l'entendre arriver car il s'écria soudain :
« Regarde Hiro, ce trèfle il est tourné exactement comme une boussole ! Et quand il est tourné comme ça, il brille plus que les autres. Je suis certain que si un arc-en-ciel naissait dans le ciel, il irait se poser à côté de ce trèfle…»
Hiro sourit doucement, l'écoutant sans vraiment l'entendre et s'approcha un peu plus pour s'asseoir à ses côtés. Bien sûr, le trèfle qu'Handa lui montrait était tout à fait banal. Comme la plupart des choses qui l'émerveillait d'ailleurs et, avec le temps, le cuisinier avait appris à le laisser à ses rêves, sans faire de commentaire, ni essayer de voir comme lui. Il savait qu'il n' était pas et ne serait jamais un rêveur, et que sa vision des choses et du monde était bien trop terre à terre pour qu'il puisse voir comme le calligraphe.
Et puis, comme le disait si bien Aki, il y avait parfois certaines choses qui vous bouleversaient tellement qu'elles masquaient la beauté de ce qui pouvait les entourer.
Pour lui, depuis plus de cinquante ans, c'était le sourire et le visage émerveillé d'Handa.
