Retraite
Pour le dernier jour d'Hiroshi au restaurant, Seishû voulait que tout soit parfait. Il avait préparé la soirée un mois à l'avance, avait téléphoné quinze fois à tout le monde pour être sûr que personne n'oublierait, avait harcelé Naru pour qu'elle vienne l'aider et avait supplié Aki de lui donner des conseils.
Deux jours avant tout était prêt. Le calligraphe était certain que la fête serait une réussite
Mais évidemment rien ne se passa comme prévu. Un violent orage se déclencha la veille et tous ceux qui n'habitaient pas sur l'île, à savoir les trois quarts des invités ne purent venir. Quant au quart restant… Hina était tombée malade, Kenta resta avec elle, madame Kito était trop vieille pour sortir par ce temps et l'instituteur avait décidé de lui tenir compagnie avec la mère de Miwa et le père de Tama. Bien plus tard Seishû apprendrait qu'ils avaient finis par se faire un tournoi de cartes.
Bref, ne restait qu'Hiroshi, Seishû et les deux hommes que tout le monde confondait. Comme personne ne se souvenait d'eux et qu'ils n'étaient pas spécialement proche du cuisinier, ils finirent par rentrer chez eux laissant les deux autres en tête-à-tête.
« Je suis tellement désolé que ton dernier jour se passe comme ça. Je sais à quel point ce restaurant est important pour toi et je sais aussi à quel point tu aurais aimé ne pas avoir à le quitter. Alors je voulais vraiment que tu sois heureux aujourd'hui. Sauf que l'orage a tout gâché. »
Le tonnerre gronda, coupant la parole au calligraphe. La lumière grésilla avant de s'éteindre totalement.
« Tu disais quoi à propos de l'orage ? taquina Hiroshi.
- Tais-toi. J'ai vraiment l'impression que quelqu'un m'en veut là-haut. »
Le cuisinier rit. Son amant n'avait pas changé, il adorait toujours autant se plaindre. Néanmoins ce n'était pas de cette manière que la situation allait se résoudre alors il contrôla rapidement son hilarité pour allumer son portable et se diriger vers la cuisine, Seishû sur ses talons.
Là-bas, il sortit un briquet et une bougie qu'il alluma.
Le feu commença doucement à éclairer leurs deux visages et les deux hommes échangèrent un regard avant de s'embrasser.
Après quelques minutes, Hiroshi s'éloigna légèrement et déclara :
« Ça me touche vraiment que tu ais voulu organiser ça pour moi. Mais tu sais, là maintenant je suis heureux aussi. Heureux d'être avec toi. Toi. L'homme qui m'a soutenu dans mes choix. L'homme qui vit avec moi. L'homme que j'aime. Mon calligraphe. »
Seishû rougit mais lorsque son compagnon lui prit la main, il ne fit rien pour l'enlever. Au contraire même, il la serra doucement. Puis, il rapprocha son visage et ils s'embrassèrent.
Le lendemain matin, la bougie avait entièrement fondue.
Le lendemain matin, ils se réveillèrent sur le sol de la cuisine, enlacés et entièrement nus.
