Comme promis j'ai vérifié deux trois petites choses sur ce chapitre. Merci aux revieweuses: Anne Shana et Aude!
Chapitre 2
La clio bifurqua dans un chemin de terre rejoignant le centre d'une forêt. Ensuite, après une allée de chênes centenaires, ma maison apparue. Elle était faite de vielles pierres montée sur plusieurs étages, trois au total. Et elle avait l'allure d'un manoir sans en être vraiment un. Sa position sur un tertre de terre donnait une belle vue sur la forêt environnante. On apercevait mieux les cimes des arbres depuis les fenêtres du dernier étage. C'est là où se trouvait ma chambre et celle de mes deux frères jumeaux, Paul et Louis. Ma sœur, Valérie avait la sienne au même étage que mes parents, au deuxième. La pelouse environnante était verdie par la pluie qui ne cessait de tomber dans cette région. Ont y jouaient souvent au foot, quand le temps le permettait!
Mon père arrêta la voiture sur un petit coin gravillonné. Je m'extirpai de la voiture et marchai rapidement vers la porte d'entrée quand mon père m'interpella:
« Alixe, ton sac!
Je fis un virage en épingle à cheveux évitant de justesse de me frotter douloureusement contre le mur et courus vers la voiture. Mon sac eastpak noir en main customisé par mes soins, je me précipitai une seconde fois vers la porte et là:
-Alixe rugit-il la portière! »
Cette fois je ne pus retenir un soupir d'agacement. Je refis le même maudit chemin. Mais cette fois je me pris le mur.
Je tâtonnai mon visage pour vérifier si je n'avais pas perdu mon nez. Et allai fermer cette p**** de portière! Après l'avoir claqué assez violemment sous les grognements de mon père sur le fait que si on suivait cette voie la voiture ne tiendrait pas un an. Je sprintai une troisième fois vers la porte et cette fois je la FRANCHIS sans encombre! Alléluia!
Dans le hall, j'accrochai mon caban à la rampe de l'escalier et filai vers la cuisine. J'attrapai une pomme dans la corbeille qui trônait au centre de la table et jetai mon sac sur celle ci.
La bouilloire sur le gaz et mon agenda en main je feuilletai les pages. J'écarquillai les yeux à la vue de celle du jour suivant. En gros, en gras, en rouge, souligné de rouge, surligné de fluo rose, était inscrit:
CONTROLE TRIMESTRIEL DE PHYSIQUE-CHIMIE
« Oh my good gémis je. Comment est je fais pour oublier! Bon on se calme on respire et on apprend ce qu'il faut pour sauver des meubles et pour au moins avoir plus de cinq et ne pas foirer une des seules matières scientifiques où je me défend assez bien. »
La bouilloire émit un spichhhhh et je versai de l'eau brulante dans mon mug préféré: celui avec des lapins crétins dessus (ouais je sais gamine jusqu'au bout!). Le thé aux bleuets me détendait toujours et ça c'était vraiment ce qu'il me fallait. Je m'attablai donc avec mon classeur pour réviser. Bon pour cela il fallait avant tout que je trie les feuilles!
Cinq minutes plus tard, avachie sur la longueur de la table je recherchais dans l'amas de mes cours, les activités et comptes rendues de TP cinq, six et huit.
Ensuite je tentai de décrypter mon écriture qui sous les dessins qui ornaient mon cours semblaient pas très lisible!
Enfin je pus commencer à apprendre les données des synthèse. Comme le fait qu'il y ait une liaison hydrogène ou non dans une molécule ou la la différence d'une fission ou d'une fusion nucléaire.
Deux heures, trois pommes et cinq thés engloutis plus tard. Je tapais du pied en examinant mon dernier TP, la dissolution d'un solide dans un solvant avec la concentration molaire (pitié cette formule c'est ma bête noire.).
J'entendis le bruit d'une voiture dont les pneus crissaient sur les graviers. Une à deux minutes plus tard ma mère me rejoignit. Elle me fit la bise et se pencha sur mes feuilles étalées sur toute la longueur de la table. Ses doigts passèrent dans sa chevelure ébène, de la même couleur que la mienne. Mais ses cheveux descendaient jusqu'à mi-épaule alors que moi je m'étais fais une coupe à la garçonne.
Ma mère secoua mon agenda devant mon nez, me lança un regard éloquent tout en supposant:
« Dit moi, ce devoir. Il est prévu depuis quand? »
Je piquais un fard. Ce fut ma réponse. Elle soupira et sans un mot quitta la cuisine. Mais je savais que pendant le dîner, j'allais en prendre pour mon grade.
En effet au repas ça ne loupa pas. Je jetais des regards à mes parents. Eux avec leurs visages fermés me faisait un peu flipper. Les yeux de mes frères et sœur me hérissaient l'échine. Les salauds, ils de devaient bien de se gausser de moi. Enfin quand ça leurs arrivaient à eux je ne me privais absolument pas. Leurs yeux clamaient: la vengeance est un plat qui se mange froid!
Le repas fut d'une longueur! Mais ça allait, car ce n'était pas pire que de se faire engueuler pour une énième note! Même si ça me passait au dessus du cigare,j'avais un gros défaut: je ne supportais pas les réflexions! Et des fois les conversations sur mon carnet scolaire tournaient au vinaigre, et c'est peu dire!
Au dessert, des yaourt apportés du frigo. Mes parents, après la dernière bouché avalé du mien à l'abricot et du leurs à la pêche, prirent la parole. Ma mère pinçant les lèvres:
« Alixe si tu commence à lâcher dans les matières scientifiques où tu te défends raisonnablement comment fairas tu pour avoir ton bac?
-Pour l'instant je me consacre à ce qui va suivre rétorque-je. C'est à dire les épreuves imminentes, le français et l'histoire-géo.
-Ne fait pas l'insolente rugit mon père. Comment espère tu trouver un travail correct si tu ne fais pas tout pour obtenir au moins tes examens!
-C'est un peu poussait de dire ça je m'offusque. J'ai douze de moyenne!
-Oui mais ce n'est pas assez claque la voix de mon père. Si tu veux aller dans tes écoles d'art comme celle d'Estienne, il va falloir te bouger un peu. Pour commencer fais moi le plaisir de remonter les maths et l'anglais. Ces tes deux moyennes en dessous de la moyenne!
-Mais j'ai eu quatorze à l'écrit de français pour le bac blanc plaidai-je.
-Et la meilleure note, ce n'étais pas dix huit?
-Et la deuxième meilleure note ce n'étais pas quatorze peut être!
-Là n'est pas la question! Nous parlions non pas de tes qualités pour l'expression écrite mais de tes certaines faiblesses en maths et de tes laissés allés en physique!
-Oui de toute façons c'est toujours ça avec vous tonnais je. beaucoup de temps passé sur mes mauvaises notes. Mais par contre vous passez en un coup de vent sur les autres! »
Je me levai en vitesse. Débarrassai mon assiette, mes couverts et mon verre et jetant mon pot de yaourt à la poubelle, le tout très rapidement. Je montais quatre à quatre l'escalier desservant tous les étages jusqu'au dernier. Arrivée dans le couloir, j'ouvris ma porte et la refermé aussitôt, faisant voleter la feuille de dessin. Où j'avais un an plus tôt dessiner un crâne ornés d'ailes aux plumes se dégradant du noir au prune. Une inscription, en gras et en majuscules, tenait lieu d'en tête:
DEFENSE D'ENTRER!
Avachis sur le lit, je pensais enfin à ce qui c'était passé pendant les cours. En remuant les faits je soulevais plus de questions que je n'apportais de réponses. Et ce n'est pas ce qui m'arrangeais.
Je tournais mon regard vers la grande baie vitrée. Je soupirai et laissai mes yeux vagabondaient sur le bordel de ma chambre. Ma mère me criait toujours après pour que je la range. Mais quand elle s'y mettait, impossible retrouver quelque chose! C'est que je m'y retrouvais, moi, dans ce bazar organisé! Tenez par exemple cette petite enveloppe posé sur la table basse, jamais vu.
Attendais! Je venais de dire quoi là!
Je me précipitai sur ce truc insolite. Tremblante, l'enveloppe dans les mains, je l'ai décachetée. J'en sortis un papier au toucher doux, du vélin. Une belle calligraphie étalée sur le support écrit, me sauta aux yeux:
Mademoiselle Alixe Picard
est prié de se rendre à la demeure
de Monsieur Ambroise Villert ce soir
si elle souhaite prendre part aux
explications donnés sur des rêves
survenus à l'improviste.
A.M.
Le tout était accompagné d'un plan relatant le voyage et la durée monstre que ça allait me prendre. Le plus important en ce moment, c'était la pêche aux infos! Et oui il ne faudrait quand même pas que je me jette dans la gueule du loup!
En tailleur sur mon lit, l'ordinateur portable sur mes genoux, je pianotais a une vitesse ahurissante. Mes doigts ne restaient pas plus d'une seconde sur la même touche. Des colonnes de chiffres défilaient sur l'écran, mes yeux les scrutant alternativement. Enfin je réussis à pénétrer dans le serveur de mon lycée. Je n'étais pas la meilleur pour ça loin de là mais je me débrouillais. En même temps je n'avais pas trop de mérite avec ce gruyère de serveur.
Je tombais sur la page que je recherchais. Les archives avec le nom des élèves et leur principales données. Je farfouillais pendant une vingtaine de minutes avant de tomber sur la fiche d'un certain Ambroise Villert, élève masculin de première S. Une photographie était jointe. Je soupirai, ça ne pouvais mieux tomber. Ironie quand tu nous tiens.
Le chieur me regardais froidement de mon ordinateur.
Je passais sur le balcon-terrasse adjacent à ma chambre. Abasourdie je m'assis au plus proche du vide, les pieds qui se balançaient. Une allumette craqua et s'approcha d'une cigarette pendue à ma bouche. J'aspirais. Bon maintenant le truc le plus important, c'était comment faire pour que mes parents ne se rendre compte de rien.
J'ai lu, A comme association, une série de livres avec la collaboration de deux auteurs, Pierre Botero et d'Éric l'homme. Pendant plusieurs heures, je suivi le héros, Jasper dans ses aventures rocambolesques. J'étais plongée dans le cinquième tome, quand il s'échappait de l'hôpital où il était retenu quand je me rendis compte de l'heure avancée. Toute ma famille devait surement dormir.
Je me glissai dans le couloir sombre et silencieux. Jouant avec les ombres je passai devant la porte de la chambre de mes frères.
Je descendis à pas de loup l'escalier. À mis chemin, je m'accrochais à la rambarde et franchis les trois marches honnis. Elles grinçaient! Et ça je le savais bien! Quand j'avais eu un petit creux, à huit ans; mes parents m'avaient surpris à minuit dans les escaliers car j'avais marchés sur ces trois marches (Grrrr!).
Arrivée en bas j'enfilais mon caban mis une écharpe grise en laine et passa le pas de la porte. Je fis le tour de la maison et arrivais au vieux débarras posté près de la forêt. J'en sortis mon scooter noir et le traina avec moi.
Au bout du chemin, je pus enfin allumer le moteur. Le bruit aurait alerté mes parents si j'avais plus proche de la maison. Je parti à une vitesse assez modéré sur la petite route de campagne. Au premières loges d'un accident mortel l'année dernière, mes envies de grandes vitesse furent vite refroidies.
Sur la départementale, j'accélérai. Ce n'était pas vraiment le moment de me faire remarqué en roulant à vingt kilomètre heure. Le plan bien en tête je pris la bonne sortie au bout d'une bonne vingtaine de minutes de trajet. À un embranchement, je bifurquai à droite.
La faible lumière me venant du quartier de la lune fut considérablement réduite quand je m'engouffrai dans une forêt. À ma droite et à ma gauche, des arbres gigantesques me cernaient. Un violent me frisson me pris et hérissa tous les poils de mon dos (ne pas penser au grand méchant loup, Alixe surtout pas penser, pas penser!).
Je tournais à gauche et ne put aller plus loin. En effet un portail en fer forgée me barrait le passage. Mais dès que je me fis la réflexion qu'il faudrait peut être que je me bouge les fesses, le portail s'ouvrit de lui même.
Jetant un regard aux alentours, c'est dire sur un immense parc, je me dirigeais vers un château (pas mal, c'est qu'il s'emmerde pas le chieur, mais ça fais un peu trop famille Adam à mon goût). Il me surplombait et je ne voulait même pas compter les fenêtre pour savoir le nombre d'étages. Il y en avait un peu trop.
Je toquai à la porte et on m'ouvrit aussitôt.
Une jeune femme, magnifique soit dit en passant, se tenait sur le seuil de la porte. Juchée sur ses talons de dix centimètres, elle avait une silhouette et un maintien parfait. Sa robe échancrée noire et fendu sur le côté moulait superbement ses formes et faisait ressortir sa peau nacrée. Ses cheveux ondulés noirs arrivant à mi-épaule, encadrés un visage ovale à hautes pommettes. Des fins sourcils en ailes d'oiseaux couronnaient des prunelles rubis. Une bouche charnue faisait place à un nez droit.
À ma vue l'un des sourcils se haussa, le nez se fronça et la bouche prit un pli de dédain. Moi même si elle montrait bien son aversion pour moi, elle me subjuguait. Je devrais peut être tenté ma chance avec elle? Qui sait?
Sa main se positionna sur sa taille pour prendre une position provocante. La tête levé, elle se tourna vers les entrailles de l'angoissante demeure et de sa bouche aux lèvres rouges et la moue moqueuse s'éleva une belle alto:
« Ambroise c'est elle que tu ramassé sur la route de ton lycée?
Mes yeux se plissèrent de mécontentement. Pour qui elle se prenait celle-là! Tiens, je vais flirter avec elle rien que pour la faire chier! En plus son physique de rêve ne gâchais absolument rien.
Elle se retourna vers moi.
Avec un petit sourire en coin , je lui un clin d'œil aguicheur.
Tout son corps se figea. Ses prunelles me fixèrent avec incompréhension. Se fut la première fois (mais pas la dernière croyait moi!) où elle perdit son masque de glace. J'en jubilai!
Un rire clair résonna.
En sursautant je me retournai.
Un apollon, adossé au mur de pierre, les bras croisés, me détaillait du regard, clairement amusé de mon comportement. Je me posais des question sur le pourquoi du comment de leur apanage leurs yeux rouge. J'avais pensé à des lentilles, une sorte de lubie. Mais maintenant, avec ces deux nouvelles rencontres et surtout celle de la femme, pour moi ça cachait autre chose. Quelque chose de plus sombre. L'impression d'avoir à faire à des prédateurs me submergea. Le souvenir d'un voyage au zoo me revint. Le lion me donnait toute son attention. Son corps crispé, les muscles tendu à l'extrême attendant une improbable ouverture de sa cage pour me dévorer. Le tout d'un calme imperturbable.
Mon rythme cardiaque augmenta sur le coup de cette saugrenue révélation.
Un ricanement parvint à mes oreilles. La beauté, la tête penchée sur le côté, les yeux rieurs se foutait royalement de ma gueule!
Le corps tournait vers elle je passais ma langue sur mes lèvres.
Elle se redressa de toute sa hauteur cherchant certainement à me dominer. Mon instinct de survie inexistant pour le moment, je continuais de jouer avec le feu, quitte à me consumer sur place.
Je perçu un rapide mouvement sur ma gauche.
L'homme aux cheveux blond et à la gueule d'ange riait silencieusement à seulement deux mètre de moi. Il y a encore quelques secondes il se trouvait à plus de dix mètre. La bizarrerie de ce lieu et de ses occupants me nouait la gorge d'angoisse. Pour moi lis n'était pas humain! Ma part de rationnelle me traitait de folle paranoïaque mais mon subconscient était à cent pour cent avec moi!
Une voix furieuse monta des profondeurs et martela ses mots:
« Vous me l'amenez! Tout de suite!
Le beau blond perdu aussitôt de son hilarité. Son visage sérieux me fit redoutait la visite à la personne dont la voix me faisait pressentir le pire.
Je relevai la tête, du questionnement plein les yeux. D'un geste rigide elle me fit signe d'entrer et de la suivre.
Nous traversâmes une kyrielle de pièces, en plusieurs exemplaires. Au bout du compte j'avais quatre salons, deux salles de bals, cinq boudoirs et au moins une bonne vingtaine de couloirs et corridors et d'imposants escaliers en marbre.
La somptueuse créature devant moi se retournait quelque fois jetant par feuillée des regards perplexes. J'en rias (intérieurement bien sur). Elle ne devait pas être dragué par des filles tous les jours celle-là, c'est sur! Quelle idée de porter une robe si scandaleusement sexy aussi?
Je lui sourit.
Ses lèvres remontèrent sur ses dents. En clair, elle me montait les crocs.
Nous arrivâmes devant une porte en bois noircie par les âges et bardé de fer. Une porte indestructible de vieux château quoi!
La plantureuse femme devant moi actionna la poignée et rien n'aurait pu me préparer à ce qui allait suivre.
Un grincement lugubre retentit à l'ouverture de la porte. Elle me fit découvrir une volée de marches qui s'enfonçaient dans la pénombre. je voyais à peine à plus de trois mètres: le reste n'était qu'obscurité.
Un tissu doux, du velours sans doute me couvrit les épaules. Je détournais les yeux pour tomber dans ceux de monsieur sexy. Il me fit signe de couvrir ma tête de la capuche de la cape noire qu'il venait de me donner.
Après un dernier coup d'œil aux lumières provenant du couloir, je m'enfonçai dans les entrailles de la maison (brrr, entrailles ça me fait penser à mon dernier cours de SVT, avec une belle dissection de souris à l'appui!).
Je me sentais aveugle et je détestais ça. Ma main filait sur le mur et me servait ainsi d'appui.
Fissshh, BAM!
Ça c'est moi qui venais de marcher sur mon lacet, louper une marche et dégringoler deux autres. Juste avant de m'aplatir sur un sol dur.
Je me relevai en grimaçant. Je sentais la présence des deux autres. J'entendis leur rire quelques secondes après sans pour autant les voir. Ça m'horripilais!
Une main attrapa mon bras et me redressa.
« Au moins on est arrivé en bas! Murmura la femme sur un ton moqueur.
En époussetant mes vêtements les coins de ma bouche se relevèrent pour former un micro sourire. Je l'aimais bien elle. Pas hypocrite pour un sous, détestable au possible. J'allais me faire un véritable plaisir de la faire tourner en bourrique, éventuellement la faire sortir de ses gonds!
Nous reprîmes notre singulière marche à travers les souterrains.
Je pus enfin retrouver la vue: des torches s'alignaient sur les murs, situées à deux mètres du sol, espacées d'environ cinq mètres les unes des autres. Elles diffusaient une lumière qui m'aidait surtout à ne pas être une fois de plus les quatre fer en l'air!
Aucun de nous ne prononçaient un mot. Le seul son qui me venait provenait du frottement de nos capes sur le sol. Ce silence n'apportait pas la sérénité, loin de là. Il m'oppressait. Je me mordais même les lèvres d'appréhension. Je cherchais d'où pouvait bien me venir ce sentiment et me rendis compte que c'était ce lieu. Il en suintait quelque chose d'indéfinissablement horrible.
L'image de l'éponge me vint. C'était comme s'il avait la possibilité de s'approprier les émotions, les envies les plus immondes et les plus tragiques que la terre avait jamais porté.
Dégout, colère, haine, meurtre, torture, appréhension, angoisse, peur, effroi, douleur, suicide...
Des murmures parvinrent à mes oreilles. Je n'en percevais que des bribes:
humaine...folle... tu..tuée...pouvoir...
Une dernière beaucoup plus audibles fit soulever encore plus de question qu'avant. Et c'était peu dire! Maintenant j'en avait des tonnes!
Rejoins donc plutôt les Volturi, eux seuls ont le pouvoir.
Qui est ce qui me parlait de pouvoir! Je flippais à mort en ressentant de la peur qui au départ ne venait même pas de moi. Et on me parlait de quelque chose aussi abstrait et volatile que le pouvoir! Le pouvoir ça blesse détruit ça détruit et ça ne marche même pas pour la vie. Un instant tu es adulé de tous et celui d'après c'est le coup de poignard dans le dos!
En clair: on se fichait de moi là! Des voix qui parlaient pour ne rien dire et on ne voyait même pas d'où elle provenaient! Je jetai un coup d'œil aux deux autres. Ils ne semblaient pas génés par ces voix de merde eux au moins. Moi, si!
Un hurlement vint trouer le silence. Il était insupportable, mêlant terreur et douleur. Puis il se transforma en gargouillis qui se turent en quelques secondes.
Ça me donnait du mouron pour la suite. J'espère que je serai un peu mieux accueillis que celui qui venait de hurler à la mort.
Quelqu'un me poussa, me forçant à reprendre ma marche.
J'étais plus aussi sereine. Bon okay je l'étais pas vraiment avant, mais là il me fallait comme dans Harry Potter, un sortilège d'allégresse d'urgence.
Après le couloir qui depuis quelques mètres ressemblé plus à un boyau, réveillant une claustrophobie que je ne soupçonnais pas (le lieu sans doute), je découvris une arche monumentale en pierres. Elle s'ouvrait sur une immense salle voir une grotte taillée à même la roche.
Mais l'architecture ne me paressait importante pour le moment.
Des yeux rouges me fixaient sans ciller. Mon corps semblait prendre feu sous tout le poids de ces maudits regards.
Mais je me figeait. Mes pupilles s'élargissaient et ne manquaient rien de ce qui se passait au centre de ce rassemblement:un homme presque tronc avec une seule jambe. L'autre jambe et ses bras trainaient un peu plus loin.
L'assistance se sépara en deux et laissa le passage à Ambroise (non pas le chieur avec cette tripoté de personnes aux regards tueurs dans un souterrain au fin fond d'une forêt glauque). Il s'arrêta près du démembré avec un sourire sadique à la clé. Restait plus qu'à savoir s'il était destiné à l'estropié ou à moi. Son sourire s'agrandit à ma vue (merde):
« Alors Alixe pas heureuse de me voir!
-Oh si ironisai-je.
Je pris mon menton dans ma main droite et avec un air de personne qui active intensément ses neurones (ou du moins essaye d'activer les connexions entre celles ci!). Je renchéris:
-Dit moi, t'as l'air vachement plus expansif qu'au lycée. C'est juste moi ou c'est quand tu es entouré de gens encore plus sadique et tueurs du regard que toi que t'es comme ça!
La foule s'agita dans un mouvement de synchronisme comme les vagues ondulantes sous la houle. Puis je perçu plus que je ne vis une énergie différente provenant de chacun d'entre eux. Mais pourtant ces énergies se composaient à la fois d'une source commune et unifié avec de grands traits distinctifs semblables.
Des différentes réactions éclatèrentau sein du groupe qui nous entourait. Certains étaient furieux et me montraient des dents dans une version un peu plus différente que la femme super sexy quelques minutes avant. Mais la plupart abhorraient des sourires moqueurs. Il eut même des rires.
Ambroise, le sourcil droit haussé reprit la parole:
-Petite impétueuse. Ne veux tu pas connaître les raisons de ta venue ici? Ou il faudra surtout compter sur tes remarques puériles?
-Cela était pourtant simple et clair dans le mot que tu m'as laissé dans ma chambre! Au faite comment tu t'y es pris? J'avoue que cela me remplie de perplexité.
L'ironie de ma voix était hautement perceptible. Ce qui l'était moins en revanche c'était l'appréhension qui me gagnait. En effet s'il était capable de s'introduire chez moi alors que nous y étions présents me mettait franchement mal à l'aise. Qui sait ce qu'il pourrait faire d'autre?
Il afficha un masque de pur arrogance. Impossible de s'y méprendre, son sourire qui me donnait des envies de meurtre parlait pour lui!
-Oh dit-il en forçant exagérément sur le Oh. Et bien qu'est ce qui est pour toi simple et claire? Fais nous donc part expressément de ton avis sur la question.
-Le fait que j'ai des rêves bizarres qui te concernent en ta présence peut être un bon commencement pour embrayer sur les explications qui s'imposent.
Sa tête se releva et me scruta de ses iris noirs (Tiens elles n'étaient plus rouges? Ma théorie de lentilles s'en retrouve renforcé. Même si j'ai la sale impression de me voiler la face?). C'était là le signe qu'il m'accordait plus d'attention qu'il y a quelques minutes où ont se bouffaient amicalement (pas si sur que se soit juste amical) le nez.
Sa voix plus froide et dure retenti étrangement bien à mes tympans pas si sensibles que ça, comme s'il aurait dit ses mots à mon oreille et non depuis les quatre ou cinq mètres qui nous séparaient. Déstabilisant c'était le mot pour caractériser ce moment là:
-Précise.
Je fis le tri dans mes souvenirs et soudain je repensa à cette salle où s'entassaient toutes sortes d'objets et surtout à ce pendentif qui me fascinait:
-Quelle est cette salle où tu es allé chercher ce pendentif avec une chaîne en argent et une améthyste. Ce bijou me fascine.
Si je voulais une réaction aussi minime soit elle. J'en fus pour mes frais. Tout le monde s'anima. De ci et là des conversions apparaissaient et le nombre d'interlocuteurs ne cessaient de croitre. Les murmures emplissaient la salle mais je ne parvenais pas à ne saisir un seul mot. Comment pouvaient-ils communiquaient en parlant si bas? Ils devaient avoir les tympans vachement plus sensibles que les miens!
Ensuite certains individus ayant apparemment fini de discuter leurs opinions avec leurs voisins tournèrent leur tête vers moi. Leur faciès exprimait divers émotions:
La plupart me regardait avec perplexité se demandant quel était mon lien avec ce pendentif.
Mais certains exhibaient clairement leur scepticisme à mon encontre.
Deux femmes sœurs, jumelles au vue de leur peau d'albâtre, leurs magnifiques cheveux roux frisé, et leurs yeux de suie qui se plissaient à ma vue.
D'autres révélaient par leurs expression de la méfiance pur et simple.
Un homme ses cheveux pareils aux ailes d'un corbeau noués en catogan pinçaient ses lèvres les blêmissant plus qu'elles n'étaient déjà. Ses bras croisés renforçaient son attitude clairement hostile.
Enfin les deux personnes super belles qui m'avaient accompagné depuis mon arrivée avaient quand à elles des réactions aux antipodes l'une par rapport à l'autre.
Le mec canon se mordait les lèvres pour ne pas éclater de rire au milieu de ce concile. D'après moi et leurs airs coincé du cul, ils n'auraient pas apprécié.
La superbe femme semblait abasourdie. Comme le disait si bien les irréductibles gaulois: le ciel lui était tombé sur la tête. Elle était choquait par mes paroles.
Toutes ces manifestations d'opinion à mon sujet accentuèrent mon envie de savoir:
« Bon j'aimerais savoir c'est quoi ce pendentif?
Les dernières conversations cessèrent. Un homme visiblement furieux s'approcha de moi si rapidement qu'on aurait dit qu'il glissait plus qu'il ne marchait:
-Comment ose-tu être aussi insolente sale humaine!
Mon esprit bloqua sur le dernier mot, humaine!
-Que...humaine?
L'homme méfiant au cheveux en catogan se rapprocha en prenant la parole:
-Ambroise, maintenant qu'elle semble au courant de certaines choses pourquoi ne pas lui en dire plus? Commençons donc par lui avouer notre véritable nature.
La fin de sa phrase me laissa coite. Leur véritable nature? Avec mon esprit qui tournait à cent à l'heure. Je réunissai toutes les informations glanées pour les assembler entre elles et j'ai eu peur de comprendre à quoi il faisait allusion: leur rapidité quasi sur humaine, les couleurs de leurs iris, leur irréelle beauté... ça faisait un peu trop d'un coup!
Un mouvement sur la gauche attira mon attention. Les deux jumelles rousses tenaient chacune par un bras un homme dont je ne pouvais voir le visage car il gardait sa tête baissé. Elles le trainèrent puis le jetèrent au pied d'Ambroise avant de retourner prendre place dans le cercle d'hommes et de femmes qui venait de se constitué autour de nous trois. L'homme se recroquevilla dans la position du fœtus, ses membres parcourus de tremblements incessant. Ambroise s'accroupit derrière lui et en le prenant par les cheveux lui fit relever la tête. À la découverte de son visage j'en restais baba!
-Mais...c'est le violeur et tueur de la petite marguerite que toute la région recherche!
Ambroise leva ses yeux où son iris ne se distingué pas de sa pupille sur moi et eut un sourire non pas joyeux mais féroce, celui du prédateur qui dévoilait ses dents à l'heure du festin.
-Tu ne crois qu'en même pas que pour ta première fois nous allions choisir un agneau pétri de purs intentions. Non, il nous faut pour cela un tueur. Tu remarqueras que ceux de son espèce sont pitoyables lors de la sentence que nous leur octroyons.
Sur ces mots il abaissa sa tête tout en tirant sur les cheveux du monstre faiblard et couard allongé pitoyablement sur le sol pour dévoiler sa gorge. Il ouvrit sa bouche et la mordit violemment. Ne pouvant lâcher des yeux la scène qui se passait juste devant moi, j'attendis. Le bruit des succions étaient horribles. Il était en train de le tuer mais paradoxalement je ne pouvais qu'approuver. Un violeur pédophile doublé d'un tueur ne méritait que ça. Le fait par conte qu'il buvait du sang me faisait frissonner. Vampires...
Enfin cela fut fini. Il se releva, laissant le cadavre par terre. Ce dernier était d'une telle pâleur, Ambroise devait lu avoir prélevée la moindre petite goutte de sang.
Je sursautais, les iris d'Ambroise avaient changé. De noirs charbon, elles étaient passées à rouge sang.
-Vampires murmurais- je.
-Tu comprends vite. Sa voix étant dénué de sentiments, je ne savais pas ce qu'il pouvait penser en cette instant.
J'aurai du avoir peur, m'enfuir en courant. Mais j'étais comme anesthésié. Ensuite je ne savais pas pourquoi je pensais un truc aussi absurde. Mais c'est comme si j'étais à ma place, complète, moi. Les énergies déversaient par la pièce ne me submergées plus. Elles me berçaient en leur sein.
Le vampire catogan sembla surpris et annonça:
-Elle ne sent pas la peur. Petite dit-il pour s'adresser à moi, n'as tu donc pas d'instinct de survie?
-C'est possible...mais je me sens bien ici.
-Bien? s'exclamèrent Ambroise, le Catogan, les jumelles rousses et d'autres.
Les conversations se firent encore plus présentes que l'autre fois a la différence que cette fois ils s'interpellaient à cors et à cris.
-STOP!
Le cri qui venait de retentir fit cesser toutes discussions. Tout les visages se tournèrent vers la droite et je fis de même. Une femme s'avança nous rejoignant au centre.
Elle était incontestablement de la même espèce que moi, c'est à dire qui sert généralement d'open bar ou encore de poches de sang ambulantes. Grande, belle, une hispanique d'après sa couleur de peau. Ses yeux violet étaient magnifiques. Elle entreprit de me poser question sur question:
-Tu as bien dit que tu te sentais bien ici? Pourquoi?
-Heu...c'est un peu ressentir de l'énergie qui me traverse et se mélange à moi en me ressourçant.
-Humm fit-elle pensive. Et le pendentif? Pourquoi il te fascine?
-Elle pulse d'une énergie qui lui est propre. je sais que ça peut paraître dingue ce que je dis mais c'est l'impression qu'elle me donne.
Elle eut un sourire énigmatique. Mais d'après son expression, elle était très contente de ce que je venais de lui dire.
Le vampire qui me prenait pour une sale petite et insolente humaine reprit la parole:
-Non mais, c'est quoi cette mascarade? Ce qu'elle vient de dire c'est de la pure merde et...
Il fut brusquement coupé dans sa phrase. Ambroise venait de lui prendre la gorge de sa main droite. Je me figeait. Mes pupilles s'élargissaient et ne manquaient rien de ce qui se passait. Il ne restait plus du vampire qu'un homme presque tronc avec une seule jambe. L'autre jambe et ses bras trainaient un peu plus loin, arraché par Ambroise en l'espace de quelques secondes.
-Ne sois plus insolent Grégoire, et je serai lus clément. Ce pendentif est doté d'une énergie colossale. Et si Alixe a pu la détecter alors qu'elle était que dans mes souvenirs, c'est que son potentiel est élevé.
La femme qui m'avait questionné demanda à Ambroise:
-j'aimerai tester quelque chose avec l'énergie, les vampire et elle.
-Fait, je t'en pris.
Elle eut un sourire et murmura quelques paroles.
La foule s'agita dans un mouvement de synchronisme comme les vagues ondulantes sous la houle. Puis je perçu plus que je ne vis une énergie différente provenant de chacun d'entre eux. Mais pourtant ces énergies se composaient à la fois d'une source commune et unifié avec de grands traits distinctifs semblables.
C'était unique, magnifique mais en même temps effrayant...vibrant. Ce tourbillon de sensations m'entourait, me collait à la peau. Je me rendis compte qu'une partie de moi même réagissait à ce flux. Je me sentais dépossédé de quelque chose mais au même moment intégrée à une force beaucoup plus forte que moi.
Après quelques secondes je distinguais toutes les énergies et d'où elles provenaient. Certaines personnes semblaient beaucoup plus puissantes et à l'aise que d'autres. Mais dans l'ensemble c'était assez équilibré.
Les personnes plus puissantes que j'avais remarqué précédemment voulurent contrôler cette onde d'énergie. Elles réussirent avec brio nous entrainant dans la danse, cela aurait été une folie de combattre ce mouvement et c'est avec félicité que m'y plongée.
Mes sens se trouvèrent submergés:
Le goût de la pluie sur ma langue.
La caresse du vent sur mon visage et sa violence en fouettant mes cheveux .
Le bruit des vagues s'écrasant sur des rocher.
L'odeur des embruns.
La vue de la mer déchainé au pied d'une falaise à pic.
Mes sens exacerbés me décrivirent la nature dans toute sa splendeur. Inoubliable, l'euphorie gagna en puissance, m'entrainant dans une valse fait de magie, de puissance, d'énergie, haute en couleur.
Je m'élevai prenant conscience d'une magie peu malléable, contraignante mais une drogue à l'état pur. La mienne à partir de maintenant.
Soudain ce maelström ralentît. L'allégresse laissant place à l'euphorie je me laissais glissée vers la nuit. Alors je sombrais dans un sommeil profond.
Arobaz le chat d'Anaïs me coursait dans une forêt avec aux pattes des bottes en caoutchouc jaune vif à pois vert pelouse. Puis je perdit le fil. C'était quoi déjà la couleur des bottes? Je grognai en me retournant dans mon lit. Mes jambes lestées de plomb et mon brillant esprit (je fais de l'humour) dans le coaltar, je me levai.
Pour aussitôt me rassoir (ou m'avachir, soyons honnête mes amis, entre nous au moins!) en repensant à hier soir.
Puis je me souvint de l'expérience prodigué par la femme espagnol et je souris. Ça avait été géniale. Vivement que ça recommence.
Après je fronçais les sourcils. Ce n'était pas vraiment banal ce qui m'arrivait! Mais je fairais mieux d'être prudente. D'un naturel un peu fantasque l'existence des vampires me surprenais un peu, mais pas autant que ça.
« Alixe! »
Ça c'est ma mère pour le petit déjeuner! Allez en route pour une journée de cours de merde!
La suite au prochain chapitre. Il y aura deux personnages de twilight qui entreront en scène. Un petit indice, ils sont du continent américain. J'attends vos pronostics! Vous pouvez me laissez une petite review. Je ne mords pas! Pour ça demandez à Ambroise!
