- Pourquoi vous dites ça ?, s'étonna Ron.
- Qu'est-ce qu'il a de particulier ce type ?, demanda Emy, loin d'être rassurée, en regardant tour à tour tous ceux qui avaient réagi.
Il y eut alors un court instant d'hésitation durant lequel les concernés s'observèrent, puis :
- Hé bien, à vrai dire..., commença Fred en se grattant le menton.
- Oui, comment dire...?, poursuivit son frère dans une parfaite réplique du garçon qui cherche ses mots. Ewan Lynch, c'est un peu le style de personne qu'on préfèrerait éviter d'avoir comme voisin de table. Tu vois le genre ?
Mais dans la mesure où il y avait beaucoup de personnes qu'Emy aurait préféré éviter d'avoir comme voisin, et que chacune affichait des tempéraments très différents, ça ne l'aida pas beaucoup. Par contre, le fait que ce Lynch était un élève de Serpentard - présentant donc certainement des prédispositions aux actions d'un certain effet - qu'il était en septième année - avec une expérience et un potentiel d'élève de ce niveau-là - et qu'Emy connaissait suffisamment de spécimens de cette maison pour lui servir de référence, elle proposa :
- En somme, c'est une sorte de Malefoy en un peu plus efficace. C'est ça ?
Malheureusement...
- Ah non ! Non, non, non..., rejeta aussitôt Georges en agitant son index.
- Ne compare pas ce qui n'est pas comparable, ajouta Fred. Ils ne jouent pas dans la même division, tous les deux - et tu t'en rendras compte dès que tu auras Lynch en face de toi. Malefoy et lui n'ont rien à voir.
- Ils ont quand même quelques points communs, fit remarquer Katie en faisant la moue.
Et Angelina d'énoncer devant la mine blêmissante d'Emy.
- Le goût de la persécution, les mauvais coups en tout genre, une adoration sans faille des élèves des autres maisons...
- Ah, là, j't'arrête !, la coupa Georges. Si Malefoy ira toujours dans le sens des serpentards, il n'en est pas de même pour Lynch !
- Hein ?
Les quatre élèves de cinquième année tournèrent leur tête vers Georges, incrédules.
- Comment ça, il s'en prend même aux élèves de sa propre maison ?, s'indigna Hermione. Mais quel manque de loyauté !
- Euh...pousse pas le bouchon Hermione, glissa Ron. Moi, dès lors que quelqu'un s'en prend à des serpentards, j'suis pour !, déclara le garçon avec un grand sourire.
- Ouais, sauf qu'il ne s'en prend pas qu'à des élèves de Serpentard, andouille !, lui dit Fred. En plus, il ne fait pas ça de la même manière que l'autre avorton...
- Quoi, il est encore plus retors ?, s'inquiéta Emy qui commençait sérieusement à envisager de prendre le risque d'avoir une heure de retenue mais d'aller tout de même trouver sa directrice pour qu'elle la change de partenaire.
- Oui et non, fit Katie. Pour l'avoir déjà vu en action, je dirais que c'est quelqu'un qui ne cache pas son animosité envers les autres - il n'a pas le côté sournois de Malefoy. Disons que s'il a envie de s'en prendre à quelqu'un, il le fera qu'il y ait des témoins ou pas.
- Mouais...De ce que tu dis, sous-entendit Fred.
- Attends ! T'as pas vu la fois où il s'est choppé Belby en plein devant Rogue et Flitwick ?, insista Katie. Malefoy n'aurait jamais fait un coup pareil !
- Peut-être, reconnut Georges qui ne lâcha pas pour autant le morceau. Mais pour tous les autres où il n'a rien eu parce qu'il n'y avait aucune preuve, excuse-moi, mais ça veut bien dire qu'il n'y a pas toujours du monde autour. Et ça m'étonnerait beaucoup que ça ne soit qu'une coïncidence.
A cet instant, Hermione regarda discrètement Emy, qu'elle trouva sans voix, avachie sur le banc, la mine particulièrement blanche. Mais les autres n'y avaient pas fait attention.
- Comment tu sais ça, toi, d'abord ?, demanda Katie, d'un œil soupçonneux, au jumeau.
- Héhé, ricana Georges. D'aller rendre parfois visite à Rusard dans son bureau permet d'apprendre pas mal de choses...
- Et vous ?, s'intéressa alors Harry. Vous avez déjà eu à faire à lui ?
Les quatre élèves de septième année se consultèrent silencieusement puis :
- Non, répondit Fred. On ne doit pas avoir des têtes qui ne lui reviennent pas.
- Et en parlant de tête, il ressemble à quoi ce gars ?, demanda Ron avec une curiosité non-dissimulée.
Mais plutôt que d'entendre une réponse, il vit Katie et Angelina s'étirer un peu et jeter un œil du côté de la table des serpentards. Mais...
- Désolée. Il a déjà dû finir de prendre son petit-déjeuner. Je ne le vois pas, annonça Katie.
- Moi non-plus, confirma Angelina.
- C'est pas grave, dit Ron. Vu la situation, on aura l'occasion de le voir dans pas longtemps.
- Bon !, intervint enfin Hermione un peu fort. Je crois qu'on va en rester là, si ça ne vous dérange pas. C'est le premier jour de cours et...
Elle fit en même temps un mouvement de tête vers Emy qui ne se sentait à l'évidence, pas au mieux de sa forme.
- Bah ! T'en fais pas trop non-plus Emy, hein !, tenta aussitôt de dédramatiser Angelina. Après tout, Lynch n'est pas le premier à...Enfin, je veux dire que...que...
- Qu'on a forcément exagéré un peu en disant tout ça, se rattrapa maladroitement Katie. Il n'est pas si terrible en fait. Et puis...euh...
- Et puis c'est quand même le Choixpeau Magique qui a formé les binômes, pensa soudain Harry en affichant un air confiant. N'oublie pas qu'il s'est déjà retrouvé sur ta tête et celle de Lynch. Donc s'il vous a mis ensemble, c'est que tu n'as rien à craindre !
Mais Emy ne trouva pas le moindre réconfort dans cette déclaration - au contraire.
- Oui. Il a dû penser que je serais parfaite pour l'amuser, marmonna-t-elle sarcastique. Au fait, dit-elle en se redressant un peu et en regardant les autres, il est bon élève ?
- Malheureusement « oui », dirent les jumeaux en chœur.
- Génial ! En plus, il pourra se foutre de moi !
- Voyons Emy ! Tu n'es pas une mauvaise élève ! Loin de là même..., dit Hermione en regardant Harry et Ron d'une manière peu flatteuse.
- Ah forcément, si tu nous prends comme exemples, souffla Harry.
- J'suis nulle en métamorphose, se plaignit Emy qui ne fit pas attention à la remarque. J'l'ai toujours été...
- Et alors ? Tu es très forte en enchantements !, s'exclama Ron. Tu dois même être meilleure que...
Mais le garçon se tut suite au regard qu'il se prit de la part d'une certaine personne.
- Ça c'est vrai, confirma Katie. Tu n'es venue qu'une seule fois faire un tour au club et Flitwick s'en souvient encore !...d'ailleurs il nous demande régulièrement pourquoi tu n'y viens pas plus souvent...
- De toute façon, on ne peut pas être bon de partout, déclara Hermione d'un ton sans réplique.
Les deux garçons de cinquième année échangèrent alors un regard éloquent qui ne passa pas inaperçu auprès d'Hermione, mais ne dirent rien.
- Hé Emy ! C'est pas toi qui m'a dit que maintenant qu'on ne pouvait plus y couper, il fallait trouver des points positif pour se motiver à la tâche, lui lança soudain Harry avec un petit sourire.
Sourire que parvint à lui rendre la jeune fille.
- Tu as raison. Je suis ridicule, se reprit enfin Emy en se montrant plus assurée. De toute façon, j'aurais bien le temps de me plaindre plus tard...Ceci dit, lorsque je t'ai dit ça Harry, je ne m'imaginais pas devoir faire équipe avec quelqu'un comme lui.
- Et moi donc !, se récria Ron.
- Et moi alors, on m'oublie ?, râla Fred.
La conversation en resta là et les minutes qui suivirent permirent au groupe de terminer de prendre plus calmement son petit-déjeuner. Mais lorsque la Grande Salle commença ensuite à se vider, Hermione consulta instinctivement sa montre.
- Aller !, dit-elle joyeusement en se levant. C'est l'heure !
Elle était bien la seule à partir au travail avec autant d'allégresse.
- Hum...Quand faut y'aller, faut y'aller !, déclara plutôt Ron avec fatalisme, en posant son bol sur la table avant d'attraper son sac.
Harry en fit de même. Les huit élèves suivirent par la suite docilement le mouvement vers la sortie où chaque année partirait de son côté. À ce sujet...
- Par quoi on commence aujourd'hui, au fait ?, demanda brusquement Harry.
- Tu as déjà oublié ?, sourit Emy. Botanique – avec les poufsouffles.
- Ouf ! On réchappe aux serpentards pour le moment !, s'exclama Ron - sans prendre garde qu'il avait deux élèves de cette maison-là juste derrière lui.
Mais au-delà du regard alarmé que cette réflexion provoqua chez Emy, celle-ci songea soudain à autre chose.
- Dites, Dumbledore nous a bien dit qu'on aurait les sujets en temps voulu. Ce sera quand, à votre avis ?
- Rapidement, indiqua aussitôt Angelina. Ils seront transmis par les directeurs et directrices de maisons aux élèves de septième année. McGonagall nous a dit tout à l'heure qu'ils nous les feraient passer dès notre premier cours avec eux.
- Ah...Et quand est-ce que les septièmes années de Serpentard ont Potion ?, demanda Ron sans effusion.
Angelina n'eut pas besoin de ressortir son emploi du temps de son sac, car :
- Maintenant. Et avec nous en plus...
- Hé bien, bon courage alors !, plaisanta Harry en adressant un petit signe de la main à ceux qui prenaient la direction des cachots tandis que lui et les trois autres, celle du parc.
Cette première matinée de cours se passa très bien. Les gryffondors eurent donc d'abord Botanique avec les poufsouffles, puis Histoire de la magie avec les serdaigles – matière qui permit, plus qu'aucune autre, de terminer d'échanger les dernières nouvelles avec ceux que les uns et les autres n'avaient pas encore eu le temps de revoir et saluer depuis leur retour au château.
Mais même si ces premières heures furent appréciables, la remise en marche du cerveau de beaucoup fut éprouvante et la perspective d'une pause n'était pas faite pour déplaire.
- J'en peux plus !, se plaignit Ron en avançant comme un zombie vers la Grande Salle. Ce Binns est toujours aussi ennuyeux ! Ils auraient pu changer de prof pendant l'été, franchement...
- Pourquoi ? Tu n'es pas content de pouvoir continuer à dormir sans être dérangé pendant ses cours ?, lança Hermione, piquante.
- Ahah ! Très drôle !
Harry et Emy ne dirent rien mais apprécièrent le spectacle.
Soudain :
- Hé ! Attendez-nous !
Fred et Georges venaient de les rejoindre – suivis de près par Katie et Angelina. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'aucun des quatre ne paraissait particulièrement enthousiaste.
- Qu'est-ce qu'il y a ?, s'inquiéta Emy – mettant ainsi un terme à la dispute qui avait commencé entre Ron et Hermione.
- Rogue..., dit simplement Katie.
- En dehors de ses récurrentes petites réflexions, il nous a déjà donnés une tonne de devoirs à rendre pour la fin de la semaine, ajouta Georges.
- Sans parler du fait qu'il nous a soûlés pendant plus d'un quart d'heure en nous obligeant à écouter son petit discours d'encouragement en vue de la, je cite : « ...pénible tâche qui attend ses élèves, à devoir travailler avec certaines personnes qui n'affichent pas, à l'évidence, les mêmes capacités qu'eux. ». Pauvre type, va !
- Bon aller !, s'agaça Angelina. On ne va pas revenir là-dessus toute la journée ! Après tout, on s'y attendait, non ? C'est de Rogue dont on parle, là. Alors maintenant, on passe à autre chose et on va manger !
Et c'est sur un soupir général qu'ils arrivèrent à la Grande Salle, où se trouvait déjà pas mal de monde.
- Venez ! On va se mettre là-bas !, dit Angelina après un instant d'observation, en pointant du doigt un emplacement libre à la table des gryffondors, là où les huit élèves pourraient s'installer.
- Hum...Je me demande ce qu'il y a à manger ce midi, dit Ron en se frottant le ventre. Je meurs de f...Aïe !
Alors qu'il se dirigeait vers leurs places, il fut brusquement bousculé par quelqu'un.
- Oh ! Pardon Weasley ! Je ne t'avais pas vu, s'excusa, hilare, le seul élève de Poudlard que Ron et les autres n'étaient pas pressés de revoir.
- C'est ça ouais..., maugréa Ron en massant son bras endolori. Comme si tu ne l'avais pas fait exprès peut-être...
Mais Malefoy ne répondit pas. C'est avec son petit sourire narquois et entouré de ses inséparables Crabbe et Goyle qu'il prit plutôt le chemin de sa table où il rejoignit Zabini, Bullstrode, Parkinson et Flint. À la vision de ces deux derniers, Fred et Ron affichèrent subitement la même tête dégoûtée.
- Je ne me languis vraiment pas le premier cours de métamorphose, confia Fred.
- Pourquoi ?, demanda Harry.
- Parce que dès que j'aurai vu McGonagall, il faudra alors que j'aille trouver cette face de morue pour lui donner le sujet du dossier et commencer à travailler avec elle. Rien que d'y penser, j'ai envie de vomir.
- Et moi alors ?, dit Ron. Il l'a déjà, l'autre...Je me languis encore moins qu'il vienne me voir !
- À mon avis, si ce n'est pas toi qui fait le déplacement, ça m'étonnerait beaucoup que lui, s'en donne la peine, fit remarquer Hermione avec une certaine pertinence.
- Quoi ? Parce qu'en plus, il faudrait que je lui coure après ?, s'emporta Ron. Alors là, il peut toujours rêver !
Et sur ces mots, le garçon alla s'assoir, la mine boudeuse.
Ne souhaitant pas en rajouter - mais n'en pensant pas moins - Emy, Hermione et Harry se regardèrent en silence et s'apprêtèrent à prendre place aux côtés de leur ami, lorsque :
- Hé Harry !
Celui-ci se retourna alors sur Roger Davies qui arrivait à grandes enjambées dans sa direction. Il était alors accompagné d'une autre personne qu'Harry n'avait encore jamais rencontré.
- Salut !, lança Roger avec un grand sourire, sitôt qu'il fut arrivé au niveau des élèves de Gryffondor.
- Salut Roger.
- Alors ? On va faire équipe cette fois-ci, Harry, dit Roger en lançant un clin d'œil à son futur partenaire.
- Ouais ! Et j'en suis très heureux !
- Moi aussi !
Puis, Roger constatant que l'attention de beaucoup s'était portée sur le garçon qui l'accompagnait.
- Ah...Au fait, pour ceux qui ne le connaissent pas, je vous présente Adel Rhomson. On est dans la même classe et en l'occurrence, il va travailler avec...
- Moi !, lança Hermione - qui émergea soudain de derrière Katie et Angelina.
Katie et Angelina qui, contrairement à Fred et Georges, n'étaient pas allées s'assoir et avaient préféré rester au plus près des deux arrivants.
- Oh ? Donc, tu es Hermione, c'est ça ?, demanda poliment Adel avec un sourire particulièrement charmant.
Et sans être spécialement attiré par la gent masculine, Harry comprit au premier coup d'œil – tout comme Ron qui se renfrogna un peu plus – pourquoi Adel jouissait d'une telle popularité. Ce grand métisse aux yeux verts en amande et aux cheveux très courts, avait un visage très avenant. Sa voix était douce, posée. Tout en lui inspirait la sympathie. Et si en plus il était bon élève...
- Oui, c'est moi, répondit Hermione – à l'évidence déjà sous le charme.
- Parfait alors. J'ai entendu dire que tu étais très brillante. J'espère que je saurai être à la hauteur...
Harry remarqua aussitôt l'expression écœurée des frères Weasley d'un côté et le teint tout à coup écarlate des filles de l'autre.
Mais brisant tout à coup ce spectacle riche en émotions, un raclement de gorge se fit entendre.
- Bien...Si ça te dit Harry, intervint à nouveau Roger, on pourrait se retrouver à la bibliothèque pour bosser tout ça. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Euh...ouais, approuva Harry qui trouva l'idée excellente. Par contre, tu as le sujet ? Parce que moi...
- Pardon ! Bien sûr.
Harry vit alors Roger ouvrir son sac pour y chercher une pochette.
- Il s'agit de : « Un sorcier pourrait-il survivre dans le monde des moldus ? ». Ça te parle ?
- Un peu oui ! Ceci dit, je ne pense pas qu'il serait très objectif de prendre mon cas comme référence, plaisanta Harry.
Adel avait suivi l'exemple de son camarade et avait également sorti une pochette.
- Nous, ça sera : « Elfes, gnomes et farfadets – Quelle place pour eux dans notre société ? ». Qu'est-ce que tu en penses Hermione ?
- Waouh ! Fabuleux !
Adel et les autres parurent surpris par ce débordement de joie. Seuls Harry, Ron et Emy purent le comprendre. Pour s'investir avec une telle ferveur dans la libération des elfes de maison, Hermione ne pouvait voir dans ce sujet qu'une magnifique occasion de laisser à nouveau s'exprimer toute cette frustration qui sommeillait en elle par rapport à la place que les sorciers avaient injustement donné à ces pauvres créatures.
Emy regarda alors Harry et lui glissa à l'oreille :
- Je me demande si Adel n'aura pas besoin d'un peu la freiner...
- Tout à fait d'accord.
Maintenant que les présentations étaient faites et que la Grande Salle était quasiment pleine, les deux élèves de Serdaigle décidèrent de se retirer.
- Bon, et bien à ce soir alors Harry, dit Roger. On se retrouve à la bibliothèque vers six heure et demi, c'est bon ?
- Ouais, très bien.
N'ayant pas encore entendu parlé d'entraînement, le garçon était donc tout à fait libre. Et l'avantage supplémentaire qu'Harry trouva à faire équipe avec Roger était qu'en étant lui aussi un joueur de quidditch, ils arriveraient toujours à se mettre d'accord sur leur emploi de temps.
- Hermione, pareil ? Six heure et demi là-bas aussi ?, proposa Adel.
- Parfait !, répondit la jeune fille qui se languissait de commencer au plus tôt son dossier.
Et c'est à cet instant où Roger et Adel s'apprêtaient à partir et que les élèves de Gryffondor allaient prendre place, que Katie vit soudain rentrer dans la Grande Salle un groupe d'élèves et fit cette remarque :
- Tiens Emy, regarde ! Le gars avec qui tu es tombée, il est là-bas. C'est lui, Lynch.
À peine ces paroles furent-elles prononcées que Roger et Adel stoppèrent tout mouvement et se jetèrent un regard furtif qui passa inaperçu auprès des autres, avant d'observer Emy avec politesse mais attention. De son côté, cette dernière était bien en peine de reconnaître qui que ce soit dans le groupe désigné - ne s'agissant que d'élèves de septième année qu'elle n'avait jamais fait que croiser, deviner qui était Lynch dans le lot lui fut impossible.
Elle aurait alors pu demander un peu plus de précisions à Katie, mais sentant soudain le regard des deux élèves de Serdaigle posé sur elle, elle se détourna de son objectif premier pour leur faire face, expectative. Devant son expression, Roger et Adel se reprirent aussitôt, affichant un air soudain embarrassé.
- Il y a quelque chose ?, finit par leur demander Emy.
Les deux se regardèrent à nouveau, davantage gênés.
- Ah...désolé, marmonna alors Adel – dont l'air penaud faillit faire glousser Katie et Angelina de plus belle. C'est juste que...que...
- ...que pour être en cours parfois avec lui, poursuivit Roger, on s'était justement demandé qui avait bien pu tirer le gros lot...avec Lynch.
- Et apparemment, c'est toi, conclut Adel – qui afficha cette fois-ci un sincère regard navré.
À cet instant, la conversation dont le serpentard fut au centre quelques heures plus tôt se rappela au bon souvenir d'Emy. Bien sûr, elle n'avait pas cru ses amis lorsqu'ils s'étaient soudain ravisés en disant qu'ils avaient exagéré leurs dires, que Lynch n'était pas si terrible que ça...Cependant, leur attention l'avait touchée et rassurée. Mais là, tout remonta d'un coup et elle fut prise d'une espèce de nausée en se disant qu'elle avait vraiment dû hériter du pire des pires.
Pourtant, malgré cette désagréable sensation, elle avait décidé depuis un moment déjà de faire face et de prendre les choses les unes après les autres – autant que pourrait se faire, bien entendu. Donc, d'abord commencer par rencontrer le spécimen en question et ensuite, voir comment ça virerait entre eux en tâchant de ne pas trop se laisser influencer par tout ce qui pouvait se raconter - au pire, il y aurait de toute façon toujours assez de professeurs aguerris dans cette école pour la défendre d'un psychopathe récidiviste.
Ainsi, malgré d'avoir en face d'elle deux têtes désolées,
- Hé oui, c'est moi, confirma-t-elle avec un petit sourire fataliste mais conciliant...qui acheva de déstabiliser tout le monde.
Là-dessus, Adel et Roger s'en allèrent - pour de bon, cette fois-ci - et les gryffondors purent prendre place auprès de leurs camarades pour déjeuner.
Durant le repas, Emy, Harry et Ron – grâce aux indications de leurs amis – purent enfin mettre un visage incertain sur Lynch. Mais dans la mesure où ils se trouvaient à bonne distance de la table des serpentards, tout cela demeura assez vague.
C'est pourquoi, entre ce flou persistant et l'idée émise par Hermione un peu plus tôt qu'il ne faudrait sans doute pas compter sur un élève de Serpentard pour faire le premier pas, Emy décida de prendre le taureau par les cornes et d'aller trouver directement son partenaire imposé dès son repas terminé.
- Pardon ?, s'exclama Ron qui en laissa retomber son troisième morceau de tarte.
- Et tu devrais venir avec moi d'ailleurs, lui soumit Emy. De toute façon, tu es avec Flint. Alors il faudra bien que...
La proposition n'emballa pas du tout Ron. Mais en ayant d'un côté Emy qui l'attendait pour y aller et de l'autre, Harry et Hermione qui lui lancèrent le même regard insistant, le garçon n'eut guère le choix et se leva de mauvaise grâce, abandonnant ainsi sa tarte à la mélasse – qu'il était certain de ne jamais finir, tellement persuadé que les évènements à venir lui couperaient l'appétit.
Il était d'ailleurs temps que les deux gryffondors se pressent, car à peine arrivaient-ils à hauteur des portes de la Grande Salle, qu'ils y croisèrent un groupe de serpentards qui quittaient le réfectoire – groupe dans lequel se trouvait justement des élèves de septième année, dont Lynch.
Emy regarda alors Ron en quête d'une idée d'abordage, mais le garçon ne paraissait vraiment pas inspiré. Si bien que la jeune fille prit spontanément son courage à deux mains et au moment où Lynch s'apprêtait à passer devant elle, leva timidement une main pour se faire remarquer, et :
- Excuse-moi. Ewan...
Mais malgré son intervention, le garçon passa devant elle sans lui prêter la moindre attention. Emy en resta coi. Elle ne voyait pas comment il n'avait pas pu la remarquer. Elle se tourna alors vers Ron, affichant un air ennuyé, mais celui-ci se contenta de hausser les épaules en faisant une moue éloquente. Tout ça ne l'étonna pas le moins du monde. Voir un serpentard se soucier d'un gryffondor était du domaine du rêve...ou du cauchemar.
Emy soupira et s'apprêta donc à renoncer en songeant qu'elle aurait sans doute d'autres occasions de recroiser le garçon, lorsqu'elle remarqua soudain le petit sourire que s'échangèrent Bullstrode et une autre fille qui fermait la marche du groupe et qui signifiait clairement qu'elle venait de se faire refouler en bonne et due forme à la grande joie de ces deux pestes.
Alors là, malgré sa première décision qui consistait à laisser tomber pour le moment – décision qui lui convenait pourtant mieux – de voir ces deux filles se moquer d'elle aussi ouvertement et s'imaginer par dessus le marché le plaisir que Lynch devait éprouver à cet instant en lui ayant mis un tel vent devant ses amis, la fit bondir. Alors tant pis pour ses bonnes résolutions, mais Emy ne put se taire. Elle prit une bonne inspiration et devant le regard effaré de Ron,
- LYNCH !
Ce coup-ci, le garçon l'entendit et montra même un signe d'attention. En fait, c'est tout le groupe - pour ne pas dire la grande majorité des élèves qui se trouvaient à proximité - qui s'arrêta et se tourna vers elle. Emy s'en sentit devenir instantanément pivoine, mais qu'importe. Qu'importe qu'elle n'aime pas être sous les feux de la rampe, qu'elle se soit mise volontairement dans une situation qui l'indisposait, que Ron la regarde avec des yeux ronds, que ce ne soit pas là la manière la plus diplomatique qui soit pour se présenter. S'il fallait en passer par là, elle le ferait. Elle savait être gentille et tolérante, mais il y avait des limites.
Restée plantée avec son air décidé – malgré la rougeur persistance de ses joues – au beau milieu de l'entrée de la Grande Salle, Emy attendait désormais que quelque chose se passe.
Elle vit alors Lynch se détacher tranquillement du groupe sous le regard excité de ses camarades et s'avancer vers elle. Mais avec ce qu'elle en avait déjà entendu, Emy redouta brusquement qu'il ne lui jette un sort sur le champ. Fort heureusement, ce ne fut pas le cas. Le garçon resta plutôt un moment droit et silencieux à la considérer.
À cet instant, Emy saisit parfaitement ce que les jumeaux Weasley avaient voulu dire quand ils racontaient que Lynch et Malefoy « ne jouaient pas dans la même division ». Que ce soit par rapport à leur physique respectif ou à ce qui émanait d'eux, il n'y avait effectivement aucun rapport.
Pour ne pas être petite, Emy n'avait jamais été impressionnée par la carrure de son « collègue » de même année de Serpentard qui était certes grand, mais plutôt fluet. De son côté, Lynch devait à peu près faire la même taille que Malefoy, mais sa corpulence était nettement plus athlétique. Il faisait parti des personnes « bien bâties », comme on dit. Ce châtain aux cheveux courts avait en outre un visage aux traits fins, des yeux marron clairs aussi pétillants qu'intelligents et aurait pu, s'il n'avait pas appartenu à la maison souffrant de la pire réputation (qu'il entretenait apparemment volontiers), donner une première impression d'attirance singulière. Mais son physique contrastant avec ses agissements n'était pas ce qui avait le plus interpellé Emy.
Contrairement à de nombreux élèves de Serpentard, Lynch avait une certaine prestance, une certaine classe, mais surtout, sans avoir jamais eu l'occasion de se retrouver face à lui en duel, un pouvoir impressionnant se dégageait de lui. Était-ce dû à un charisme inné qui imposait une soumission naturelle aux autres ? À des démonstrations aussi incroyables qu'effrayantes qui ne permettaient plus de remettre en cause ses aptitudes aux combats ou tout simplement en magie ? Les deux peut-être ? Toujours est-il qu'Emy comprit pourquoi, en sachant comment il se comportait, il valait mieux éviter d'avoir Ewan Lynch comme voisin de table – surtout si on avait une tête qui ne lui revenait pas.
Et là, à cet instant, vu la manière qu'il eut de la dévisager, Emy craignit fortement d'avoir une tête qui avait du mal à passer.
Les yeux plissées dans une expression calculatrice, son regard était froid, aussi distant que la barrière naturelle qu'il imposait aux autres. Emy eut l'impression de se faire passer aux rayons-X.
Pourtant, suite à ces quelques éprouvantes secondes durant lesquelles la jeune fille regretta de ne pas avoir suivi sa première idée, les traits de Lynch changèrent du tout au tout et une lueur particulière étincela un bref instant dans son regard. D'un air méfiant et réfléchi, il passa à un amusé teinté de dédain.
- Tu m'as appelé ?, demanda-t-il enfin tout tranquillement, avec un petit sourire, sous les ricanements de ses camarades.
- Oui, répondit le plus sobrement Emy – qui aurait volontiers soufflé de soulagement, mais qui dû, pour des raisons évidentes, se retenir de le faire. Je suis...
- Je sais qui tu es, la coupa brusquement Lynch. Va à l'essentiel s'il te plaît, j'ai autre chose à faire.
Passablement déstabilisée – surtout en entendant rire un peu plus fort les serpentards qui assistaient au spectacle, Emy tâcha néanmoins de garder au mieux son assurance.
- Hé bien, dans la mesure où nous allons devoir travailler ensemble, je me demandais si tu aurais quelques minutes à m'accorder pour qu'on puisse s'organiser.
Face à cette demande, Lynch ne se gêna pas pour lâcher un profond soupir. Apparemment, que ce soit la gryffondor ou le serpentard, aucun des deux n'envisageait cette future collaboration avec joie et gaité. Cependant :
- Maintenant, je n'ai pas le temps. Peut-être ce soir, répondit négligemment et seulement le garçon en se tournant vers la sortie.
La discussion semblait donc être terminée pour lui. Deuxième claque. Mais à ce petit jeu...
- Hé dis donc !, s'énerva Emy. Je ne suis pas à ton service, je te signale ! Alors, si tu es occupé maintenant ou ce soir, je peux le comprendre. Par contre, tu me dis clairement quand tu es dispo., compris ? Je n'ai pas l'intention de passer mon temps à...
Mais Emy s'était brusquement tue. Avant même qu'elle n'ait eu le temps de finir sa phrase, Lynch avait fait volte-face et se retrouva à seulement quelques centimètres d'elle – sans que qui que ce soit ne l'ait vu bouger. Son visage était fermé, son regard glacial, dur. À l'évidence, le garçon n'aimait pas qu'on le contrarie – ou n'en avait-il tout simplement pas l'habitude ?
Et il se trouva que la réaction d'Emy lui avait déplu au possible.
Dans tout le fond de la salle, un silence lourd tomba brutalement – quelques professeurs perçurent même du devant de la pièce, installés à leur table, que quelque chose se passait. Pourtant, personne ne bougea, personne ne dit rien. Tous laissèrent Ewan et Emy dans leur premier face à face. Face à face durant lequel, malgré l'envie qui la prit soudain de fondre en larmes, la jeune fille teint bon et soutint tout le temps qu'elle put le regard de son « partenaire » avant de baisser enfin le sien.
Lynch souffla alors légèrement et se recula, sans pour autant avoir l'air réjoui par cette situation – contrairement à ses camarades qui y virent s'exprimer toute la supériorité d'un serpentard.
- Si tu es si pressée que ça de commencer, dit-il ensuite en faisant abstraction du reste. Rendez-vous ce soir à six heure à la bibliothèque. Et tâche d'être à l'heure.
Cette fois-ci, Emy ne redit rien – elle n'aurait de toute façon pas été en état de le faire – et regarda Lynch s'éloigner, suivi de près par sa cour au bout de laquelle, Milicent Bullstrode lui adressa un petit rictus victorieux.
Quelques secondes plus tard, alors qu'Emy n'avait toujours pas bougé et accusait le coup, d'autres élèves de Serpentard passèrent devant elle et Ron – Ron qui était discrètement venu se mettre à son niveau et l'observait en faisant une grimace appropriée.
- Et oui..., commenta Malefoy de sa voix traînante en arborant un magnifique sourire. Faut savoir rester à sa place, McLane. Les Sang-Pur en haut et les Sang-de-Bourbe, en bas.
- Qu'est-ce que t'as dit ?, s'empourpra aussitôt Ron qui se plaça devant Emy avec un regard assassin.
- Oh la ! On se calme Waesmoche, rigola Malefoy. Et puis tu sais, si j'étais toi, je m'occuperais de mes affaires plutôt que de celles de cette...fille. N'oublie pas avec qui tu fais équipe cette année, mon vieux...
Là-dessus, il s'écarta légèrement et laissa entrevoir Marcus Flint qui se tenait juste derrière lui. Le garçon à l'expression de troll lui adressa alors un sourire à faire froid dans le dos.
- Tu sais quoi Weasley, dit-il ensuite, on a qu'à faire comme les autres. On se retrouve ce soir à la bibliothèque. Comme ça, on pourra travailler tous ensemble, bien comme il faut.
Et c'est dans un grand éclat de rire général que Malefoy et sa bande quittèrent la Grande Salle, sous le regard désabusé des deux gryffondors.
- Hé ben..., soupira finalement Ron. Ça promet...
- Alors Albus, avez-vous remarqué quelques chose ? Qu'en pensez-vous ?
- Oh, pour le moment, je n'ai encore rien à dire ou même à penser.
- Nous attendons depuis six ans, Minerva. Alors, que sont quelques semaines de plus ? Laissons au temps le temps de réaliser son œuvre. Les choses sont actuellement en train de se mettre en place. Ensuite seulement, nous aviserons...
Note : Salut tout le monde ^^ !
Alors, quelques petites choses à vous dire...
D'abord, "merci" beaucoup pour vos lectures et l'intérêt que vous montrez pour cette histoire - ça me fait très plaisir =^o^=.
Ensuite, j'ai trouvé le petit bouton qui permet désormais à tout le monde de poster des comm. (un grand merci à la personne qui m'a aidée d'ailleurs - elle se reconnaitra ;) ), donc si le coeur vous en dit, surtout ne vous gênez pas pour me dire ce que vous pensez de tout ça :) .
Et pour finir, ne pensant pas pouvoir poster le prochain chapitre avant quelques jours, juste vous souhaiter de
Bonnes vacances (pour ceux qui en ont - moi, par exemple, je n'en ai pas ^^') et un Joyeux Noël ^^ !
*j'espère quand même vous mettre la suite d'ici le jour de l'An...*
Donc, Bonne continuation à tous et à bientôt !
ewanna.
