Note : Voici la suite. Bonne lecture ^^ !


Le lendemain soir, lorsque Emy rejoignit son « partenaire » à la bibliothèque, elle le retrouva comme d'habitude installé à une table, feuilletant le même livre qu'elle lui avait déjà vu entre les mains le jour où Belby avait disparu. Spontanément, se souvenant de la promesse qu'elle avait fait à Hermione, elle essaya d'engager une conversation en se servant du prétexte de ce livre avant que leurs travaux ne s'orientent vers leur dossier. Comment elle pourrait atterrir là où elle le souhaitait, elle n'en savait rien, mais elle se dit que ça valait toujours la peine d'essayer...
Elle pencha légèrement la tête sur le côté pour arriver à lire le titre de l'ouvrage : « Le passé des sorciers, mythes et réalités ».

- Tu t'intéresses à ce genre de choses ?, lui demanda-t-elle naturellement.

Le garçon baissa alors le livre et regarda Emy avec un air étonné.

- C'est toujours bon de s'instruire sur ce qui nous a précédés, dit-il négligemment. La plupart du temps, nous en sommes le fruit...

Emy ne dit rien mais posa ses affaires et le regarda de manière à ce qu'il comprenne qu'elle n'était pas contre le fait qu'il pousse en avant son commentaire. Mais loin d'apparaître heureux d'avoir un nouvel auditoire, le visage d'Ewan se ferma et il ne lâcha qu'un amer :

- La partialité des sorciers est tout de même stupéfiante...et les faits rapportés d'outre tombe tellement incroyables.

Emy ne dit rien, mais « l'incroyable » d'Ewan n'eut rien d'admiratif - bien au contraire.
C'était bizarre, parce qu'elle avait l'impression que c'était lui qui avait choisi délibérément de lire ce livre, mais qu'en même temps, il l'excédait. Elle trouva ça assez paradoxal. Mais ne souhaitant pas le mettre de mauvaise humeur – surtout après sa démonstration de la veille au matin – elle accepta sans broncher qu'il change de sujet. Elle comprit alors la frustration que pouvaient ressentir Hermione et Harry quand ils expliquaient ne jamais parvenir à interroger Adel ou Roger – qui étaient pourtant nettement plus coopératifs que Ewan.

- Bon, on s'y met, lança-t-elle du ton le plus enjoué qu'elle avait à disposition à ce moment-là.

Mais Ewan ne lui répondit pas. Il ne la regardait même pas. Pour le moment, il fixait deux personnes à une table proche de la leur, avec un air désagréablement calculateur.

- Qu'est-ce qu'il y a, Ewan ?, ne put s'empêcher de lui demander Emy - qui n'aimait pas trop le regard qu'il portait en direction de Ron.

Et à sa grande surprise, le garçon ne joua pas les muets mystérieux et lui répondit du tac au tac.

- Certaines personnes n'ont rien à faire ici, murmura-t-il, menaçant.

Choquée en pensant qu'il parlait de Ron, un gryffondor, ennemi juré des serpentards, Emy se vexa et ne manqua pas de lui faire savoir.

- Dis !, s'énerva-t-elle. Je te signale que Ron est un sorcier qui a autant sa place ici que n'importe qui d'autre et qu'en plus, point sensible pour votre maison, qu'il est de sang pu...
- Qui a dit que je parlais de ton copain ?, la coupa Ewan en lui lançant un regard assassin.

...regard qui n'eut pour d'autre effet que de mettre Emy mal à l'aise devant ses conclusions toutes faites qui s'avérèrent être totalement fausses (même si, compte tenu du contexte, elles n'étaient pas si improbables que ça), mais surtout, devant la mauvaise humeur dans laquelle elle avait un peu plus plongé Ewan. Mais contre toute attente, le garçon se montra extraordinairement loquace.

- Je ne te parlais ni du fait d'appartenir à une maison ou à une autre ni d'être ou non un sang pur, souffla-t-il...Et encore moins du niveau que certains peuvent avoir et qui ne correspondrait pas à leur grade d'étude.

Alors là, par rapport à la remarque à laquelle elle avait déjà eu droit de sa part concernant son niveau en Métamorphose - qui l'avait laissé sceptique sur le fait qu'elle soit bien en cinquième année - Emy eut l'impression de se prendre une petite claque au passage.

- Hé !, se défendit-elle le teint cramoisi. J'te signale que je suis peut-être nulle dans certaines manières, mais pas dans toute !

Ewan la regarda soudain étonné, puis amusé. La réaction de sa voisine lui avait rappelé sa fameuse réflexion.

- Hum...non, je ne pensais pas particulièrement à toi, dit-il espiègle. Mais si tu me lances sur le sujet, je serais bien curieux de connaître les matières où tu n'es pas n...ou plutôt, celles où tu défends bien.
- Décidément, se vexa Emy, tu te débrouilles toujours pour trouver les mots qu'il faut pour être agréable.

Ewan sourit de plus belle.

- Je ne vais pas te parler de Métamorphose, tu sais que je suis une vraie calamité – même McGonagall semble avoir déclaré forfait...
- Bon sang ! Tu dois être particulièrement douée.

Emy préféra ne pas répondre verbalement, mais son regard en dit long.

- Ceci-dit, certains de mes camarades semblent convaincus que je ne suis pas trop mauvaise en Enchantements.

Elle dit ça en en éprouvant une certaine fierté – paradoxalement, même si son expérience de la veille lui avait levé toute envie de retourner au club d'enchantements, elle l'avait également confortée dans cette timide position. Il n'était cependant pas question pour elle de s'en enorgueillir. D'abord, ça n'était pas dans sa nature, mais surtout, elle avait en face d'elle une personne à qui elle ne devait pas arriver à la cheville.

- Ah..., soupira Ewan, les filles et l'enchantement...Elles trouvent ça tellement joli de faire apparaître de beaux bouquets de fleurs qu'elles ne recevront jamais du garçon qu'elles aiment, ou encore de petits oiseaux qui viendront piailler dans leurs oreilles jusqu'à ce qu'elles en aient marre et les fassent disparaître.

Emy le regarda de travers.

- On ne t'as jamais dit que tu avais un humour assez douteux, Lynch ?

Commentaire qui ne vexa pas le moins du monde le garçon.

- Mes amis me le disent sans arrêt, annonça-t-il avec un grand sourire.

Ne voulant même pas savoir qui étaient ses amis (forcément des gars du même acabit), mais relativement agacée avec ses propos rabaissants, Emy ferma soudain les yeux quelques instants, se calma, se concentra et au grand (très grand) étonnement d'Ewan, fit apparaître ses papillons. Comme elle l'espérait, le garçon en resta stupéfait. Mais contrairement à la manière dont ces charmantes créatures avaient disparu les fois précédentes, cette fois-ci, ce fut Emy elle-même qui leur demanda de s'en aller avant que son voisin n'ait eu le temps d'esquisser le moindre geste.

- Alors ?, dit-elle la mine revancharde. Je ne suis certainement pas la seule à pouvoir faire ce genre de choses, mais qu'est-ce que tu penses de mes petits papillons ?

Mais Ewan ne lui répondit pas et la fixa étrangement. Ni agacement, ni moquerie. Il semblait avoir encore du mal à croire ce qu'il venait de voir. Sa réaction rappela alors vaguement à Emy celle que Flitwick avait eu la veille – fort heureusement, à ce moment là au moins, il n'y avait personne pour barjaquer autour d'elle.
Ewan sembla soudain revenir à la réalité.

- Des papillons ?, lui demanda-t-il avec des yeux ronds. Qui t'a dis qu'il s'agissait de papillons ? Et comment as-tu appris à les faire apparaître ?, ajouta-t-il d'un ton aussi sceptique que sérieux qui contrasta violemment avec ses petites moqueries d'un peu plus tôt.
- Ben..., avoua nerveusement Emy, j'en sais trop rien moi, comment je fais pour les faire apparaître - je ne pourrais même pas te dire depuis quand j'y arrive tellement ça fait longtemps. Quand j'ai envie qu'ils soient là – et il faut que ce soit pour une bonne raison, parce que j'ai l'impression que si c'est juste pour passer le temps, ça les dérange et ils ne viennent pas – je pense à eux et...et voilà, quoi. Pourquoi ?

Là encore, aucune réponse ne vint. Ewan ne dit rien mais continuait de l'observer avec un air inaccoutumé qui la mit quelque peu mal-à-l'aise.


À quelques tables d'eux se trouvaient Harry et Hermione qui s'étaient également octroyés une nouvelle séance, histoire de ne pas laisser Emy seule en tête à tête avec Lynch. Ils remarquèrent alors tous deux – ou plutôt, tous les quatre, car Adel et Roger semblaient avoir fait la même constatation - ô combien Ewan et Emy pouvaient discuter ensemble durant cette séance-là.
...et toujours un tant soit peu optimistes, Harry et Hermione espérèrent que ces bavardages leurs seraient utiles pour leur enquête.
Cette vision leur ayant mis du cœur à l'ouvrage, Harry décida, à l'horreur diplomatique d'Hermione, d'y aller franco et de demander directement à Roger, d'un ton qu'il voulut faussement discret – afin que Adel entende aussi :

- Au fait, ça va mieux entre Adel et Lynch ? Parce que l'autre jour, on aurait vraiment cru qu'ils allaient en venir aux mains...enfin, aux baguettes, dit-il en scrutant la réaction de Roger – qu'il vit échanger un imperceptible regard avec Adel.
- Bah...J'ai juste perdu mon sang-froid, Harry, répondit alors d'un ton nonchalant Adel en se tournant vers le garçon – faisant grincer des dents Hermione. Mais t'inquiète, je ne pense pas qu'une telle situation puisse se reproduire, ajouta-t-il d'un air confiant qui rassura grandement Hermione (et un peu Harry, aussi). Belby venait de disparaître, ça nous a tous flanqué un coup, alors...
- Alors, notre cher Adel – qui a un peu trop donné l'habitude d'être un garçon calme, reprit Roger en regardant son camarade de classe d'un air condescendant, n'a pas pu se retenir d'interpréter de travers la discussion des serpentards.

Roger conclut sa phrase en hochant la tête tout en regardant Adel, qui fit une moue boudeuse en réponse.

- Bon, fit alors Hermione en se raclant la gorge, le plus important, c'est que tout soit rentré dans l'ordre...Enfin, se reprit-elle tout à coup en se rendant compte de sa bêtise, je veux dire, entre Adel et Lynch. Parce que pour ce qu'il en est de Belby, malheureusement...
- Boff..., comme l'a dit le directeur, il ne tardera certainement pas à rentrer, dit négligemment Roger en reportant son attention sur ses dossiers.

Hermione et Harry échangèrent un regard ahuri.

- Ah parce que vous, vous croyez qu'il est vraiment retourné précipitamment chez lui ?, dit Harry.

Roger soupira.

- Connaissant un tant soit peu Belby, je n'adhère pas à l'hypothèse du complot et de la disparition, donc...
- Et toi, Adel ?, questionna à son tour Hermione en fixant le garçon – qu'elle pensait avoir un sens plus aigu de l'analyse.
- Pareil, répondit celui-ci en attrapant un livre.

Harry et Hermione en restèrent cois. Voilà que Adel avait été à deux doigts de frapper Lynch à cause du trouble occasionné par cette soudaine absence et maintenant, ils annonçaient presque que tout allait pour le mieux et que Belby ne tarderait certainement pas à refaire surface d'un jour à l'autre !

- Allez, tous les deux, plaisanta Adel en regardant les gryffondors. Arrêtez de vous manger le cerveau ! De toute façon, quoi qu'il ait pu se passer, ce n'est pas en se répétant sans cesse les mêmes questions insolubles qu'on trouvera la réponse. En plus, dit-il en regardant Hermione avec un charmant sourire, je te signale qu'on a un dossier à faire.

L'image du travail reprenant ses droits dans l'esprit de la jeune fille...

- Oh lala !, s'exclama-t-elle tout à coup en se rendant compte du temps qu'ils venaient de perdre. Tu as raison, au boulot !
- Mais..., objecta Harry, qui trouvait que la discussion avec les deux serdaigles passait avant tout.
- Pas de « mais » Harry !, le coupa Hermione. Vous aussi avez du travail – et pas qu'un peu en plus...

Remarque qui plut particulièrement à Harry et Roger.

- ...donc, on arrête de se disperser et on s'y met !

Là dessus, tous reprirent leur plume et se plongèrent dans leurs parchemins.
Harry ne pouvait pas trop en vouloir à Hermione : depuis le temps, il savait à quel point elle était studieuse – même si sur le coup, il ressentit malgré tout une légère frustration à l'idée de passer peut-être à côté de quelque chose d'intéressant.
Mais d'un autre point de vue, en repensant aux liens qu'il avait cherché à mettre en évidence entre la disparition de Belby et la discussion des deux serdaigles surprise le matin où tout s'était passé, il se dit tout autant qu'il pouvait à nouveau faire fausse route.

À côté de cela, dans un autre registre, question frustration, s'il y avait bien une autre personne dans la bibliothèque qui était sur le point d'exploser, c'était bien Millicent Bullstrode...


Ignorant totalement ce que son partenaire de Poufsouffle tentait de lui dire, elle n'avait qu'une chose en tête qui la dévorait peu à peu : les échanges qui se faisaient de plus en plus longs et fréquents entre Ewan et Emy. Orgueilleuse et jalouse, la serpentard n'avait jamais pu supporter cette espèce de Sang de Bourbe. Mais depuis que Ewan ne donnait plus l'air de la mépriser, cela la rendait folle.
N'en pouvant plus, sans même s'intéresser à la réaction du Poufsouffle qui se tenait assis en face d'elle, elle se leva et se dirigea à grandes enjambées vers son amie Pansy – qui étaient alors à la lutte, en plein foutage de gueule avec Fred Weasley.
...car si des miracles semblaient bien pouvoir se produire entre un serpentard et une gryffondor avec l'exemple de Ewan et Emy, ce genre de situations restaient impensables entre la serpentard et le gryffondor de septième année.

- Viens, j'ai à te parler, murmura à l'oreille de son amie, Millicent, sans même jeter un œil à Fred qui resta surpris de la voir apparaître ainsi dans son champ de vision.
- Ok.

Encore plus abasourdi, Fred vit brusquement Pansy se lever sans rien lui dire – si ce n'est lui lancer un bon gros sourire moqueur – et suivre l'autre fille dans un rayon où aucun autre élève ne se trouvait. Elles commencèrent alors à échanger en lançant sans arrêt des regards mauvais vers la table d'Emy et Ewan.

- Un problème, vieux ?, lança soudain Georges à son jumeau – qu'il fit sursauter sur sa chaise en arrivant en catimini – alors qu'il n'avait rien perdu de ce qu'il venait de se passer.
- Un énorme, maugréa Fred en faisant un signe de tête vers Pansy. Je pensais l'avoir calmée pour un petit moment, mais apparemment, elle est comme les mauvaise herbes, quelque soit le désherbant que tu utilises, elle se débrouille toujours à réapparaitre. Bon sang, que cette fille est chiante !
- Moi, je me demande bien de quoi elles peuvent parler, murmura Georges avec un petit sourire.
- Nooon !, s'exclama Fred, ravi. Ne me dis pas que tu as...?
- J'en ai toujours une paire sur moi, frangin !, fit Georges tout fier, en sortant de sa poche de longs fils assez épais et caoutchouteux qui n'étaient autres que l'une de leurs géniales inventions : les Oreilles à rallonge. Tiens, mets-en une, je prends l'autre.

Les jumeaux s'exécutèrent, mais malheureusement, le temps que les fils couleur chair se déroulent discrètement jusqu'au rayon où Parkinson et Bullstrode complotaient toujours, leur discussion était quasiment terminée – elles faillirent même écraser sans s'en rendre compte les outils d'espionnage quand elles quittèrent le rayon, l'air entendues et complices.

- Raté !, lança déçu Fred en remuant la tête.
- Ouais, renchérit Georges qui renroulait déjà ses Oreilles. Dommage, parce que les connaissant, ça devait être instructif sur un mauvais tour qu'elles s'apprêtent à...
- Tu me gonfles ! Tu sais quoi ? Tu-me-gonfles !

Les deux frères – ainsi que nombre d'élèves présents dans la bibliothèque, sans oublier madame Pince qui fut instantanément outrée par cette impolitesse qui troubla les lieux – s'arrêtèrent brusquement de parler et se tournèrent vers la table qui était juste derrière la leur, où ils virent, sans arriver à y croire, leur petit frère Ron qui engueulait Flint.

- T'as rien foutu depuis la dernière séance ! Je suis en train de me farcir tout le boulot et toi, t'es là à glandouiller tranquille !

Mais Flint resta imperturbable et ne broncha pas.

- Hé Flint ! T'entends quand on te parle ?, s'énerva de plus belle Ron alors que la bibliothécaire s'apprêtait à faire son entrée en scène. Désolé, mais y'a des parties dont je ne peux pas m'occuper ! Alors tu vas un peu te bouger le c...
- Monsieur Weasley !, intervint sèchement madame Pince – lui donnant alors une étrange ressemblance avec la directrice de Gryffondor. Vous êtes ici dans une bibliothèque ! De deux choses l'une, ou bien vous vous calmez, ou bien je vous renvoie d'ici avec interdiction d'y revenir. Est-ce que c'est clair ?
- Oui, madame..., baragouina Ron en osant à peine regarder le vautour qui le toisait juste à côté et qui, à son grand soulagement, prit rapidement la direction de son bureau à l'entrée de l'immense salle.

Ce qui n'empêcha pas Ron de continuer à fusiller Flint du regard dans les secondes qui suivirent.

- Hé bien, s'amusa Adel – qui avait suivi la scène comme pas mal de monde – il semble avoir pris du poil de la bête le petit Weasley !
- Oui, dit Harry, satisfait de la chose.
- Le seul problème, dit alors Hermione avec gravité, c'est qu'il va certainement risquer de se faire renvoyer de la bibliothèque d'ici quelques secondes.
- Pourquoi tu dis ça ?, lui demandèrent aussitôt les trois garçons qui l'entouraient.
- « Pourquoi » ?, répéta Hermione. Regardez un peu qui s'amène à leur table...Et avant même que l'idée ne t'effleure l'esprit, Harry, ajouta-t-elle soudain, il est hors de question que tu te lèves et tu ailles t'en mêler.

En effet, témoin de la scène et plus malin que Ron pour agir sans se faire avoir, Malefoy avait renoncé à faire tourner en bourrique sa pauvre partenaire et était venu s'assoir à côté de Ron, arborant son inimitable sourire narquois. Ron lui lança un regard encore plus meurtrier – mais eu au moins le réflex de parler à voix basse.

- Qu'est-ce que tu viens faire ici, toi ?, lui demanda-t-il avec un air dégoûté.
- Oh..., s'étira avec désinvolture Malefoy. Je venais voir un peu comment tu allais, Weasley. C'est tellement rare de te voir te mettre en colère. Mais tu devrais faire attention, à s'énerver comme ça, tu as entendu ce que t'as dit Pince, tu risques de te faire renvoyer de la bibliothèque...et je suis certain que tes parents n'apprécieraient pas, conclut-il avec son air goguenard.
- Laisse mes parents où ils sont et toi, retourne où tu devrais être !, grinça Ron.

Mais, bien entendu, Malefoy ne prêta aucune attention à sa remarque et contempla plutôt Flint avec contrariété – contrariété qu'il transforma aussitôt en moquerie quand il regarda Ron.

- Je suis néanmoins satisfait de constater que même fou de rage, tu n'arrives pas à mettre en colère quelqu'un comme Marcus. Dans le genre impressionnant, t'es vraiment pas au niveau mon pauvre. T'es sûr que tu es un sorcier, au fait ? Tu ne serais pas plutôt un Cracmol, non ?, se moqua-t-il.
- Malefoy, se retint à grand peine Ron, je vais te faire bouffer ta baguette. Tu vas voir, un de ces quatre, je te montrerai si je suis un Cracmol, pauvre crétin !
- Oh oh ! Tu as peut-être envie qu'on se programme un petit duel ? T'as vraiment pas peur de finir à Sainte Mangouste, toi...

Le serpentard se retint d'éclater de rire.

- Ce soir, onze heure, salle des trophées, dit Ron dont ton sec. Et tâche de ne pas te débiner comme la dernière fois !
- « Comme la dernière fois »..., fit mine de réfléchir Malefoy. Oooh ! Tu veux parler de la fois où tu as failli te faire prendre stupidement par Rusard, tellement vous aviez été peu discrets pour vous déplacer dans le château ?, railla le garçon. Oh mais tu sais, j'y allais moi, à ce duel. Mais avec le vacarme que vous aviez foutu, il aurait vraiment fallu être débile pour aller se jeter dans la gueule du loup, tu ne trouves pas ?...chose que vous avez faite.

Ce sont sur ces derniers mots et un dernier petit regard éloquent que le serpentard se leva et regagna – au grand désespoir de sa partenaire – sa place, mais non sans avoir auparavant jeter un œil mi-intrigué, mi-énervé vers Flint.


- Un quoi ?, s'exclamèrent en même temps Emy et Hermione, lorsque Ron leur eut raconté ses mésaventures de fin de séance à la bibliothèque, après qu'ils se soient tous les quatre traditionnellement retrouvés dans leur salle commune et que Emy eut vite fait de briser leurs maigres espoirs d'avoir pu apprendre quoi que ce soit venant de Lynch.
- Ron !, s'agaça Hermione. Une fois ne t'a déjà pas suffi ? Il faut que tu retombes dans le même piège. C'est pas croyable, ça !
- Non, ce coup-ci, il n'y aura pas de « piège à la Rusard » ou autre, parce que je vais l'accompagner « équipé », dit soudain Harry en lançant un regard fidèle vers son ami.
- Merci Harry !
- Au moindre bruit suspect, on saura quoi faire et croyez-moi, dit le garçon, s'il y en a un ce soir qui va morfler, c'est bien Malefoy, pas nous !
- Heu...Harry, le regarda soudain Emy avec un drôle d'air. Je te signale tout de même que ce n'est pas toi qui a lancé le défit et qui es censé te battre, alors, calme-toi un peu.

Sur quoi le garçon se figea sur place, un tantinet vexé.

- Moi, je dis carrément que c'est une très mauvaise idée et que vous feriez mieux de rester ici et de laisser Malefoy se faire prendre, insista Hermione.

Insistance qui ne servit bien évidemment à rien puisqu'à l'heure voulue, sans même essayer de les retenir – car sachant déjà que c'était peine perdue – Emy et Hermione virent Ron et Harry quitter sans bruit la salle commune, Harry ayant pris soin de prendre sa Carte du Maraudeur dont il espérait toutefois ne pas avoir besoin, car cela indiquerait alors qu'ils se retrouveraient une fois de plus en mauvaise posture.

- Regarde quand même une fois où son Rusard et Rogue, préféra s'assurer Ron alors que les garçons s'engageaient dans un long couloir qui les mènerait vers la salle des trophées.

Harry jeta un coup d'œil autour de lui pour s'assurer que de visu au moins, ils étaient bien seuls, puis sortit le précieux document hérité des frères Weasley.

- « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises ».

Aussitôt, apparut sur le parchemin vierge une carte détaillée du château où de nombreux points mouvants indiquaient le nom de la personne s'y rattachant.

- Fais voir un peu où sont Rogue et Rusard, dit Ron en se penchant sur la carte en même temps que Harry, les yeux grands ouverts, faisant une lecture rapide.
- C'est bon, dit finalement Harry. Regarde : Rogue est dans son bureau et Rusard est au sous-sol...avec Peeves !
- À coup sûr, notre charmant fantôme lui donne du pain sur la planche, plaisanta Ron.
- Tant mieux. Miss Teigne est également avec lui, donc, rien à craindre.

Sur quoi, Harry fit disparaître la carte du parchemin, qu'il rangea ensuite précautionneusement dans sa poche, et les deux garçons poursuivirent leur chemin.


- Franchement, je ne comprendrai jamais cette puérilité !, s'exaspéra Hermione en se redressant, inflexible, sur son fauteuil. La seule chose à y gagner, c'est de se faire surprendre par un enseignant ou se retrouver à l'infirmerie parce que, comme d'habitude, ça sera allé trop loin !

Emy, assise en face d'elle, haussa légèrement les épaules, confortant la théorie de son amie. Mais que pouvaient-elles faire ? Ces deux lascars étaient aussi têtus que des mules et le moindre prétexte pour pouvoir se retrouver face à Malefoy les mettait dans un état de transe.

Mais ce qu'elles n'avaient pas prévu, ce fut de voir les Ron et Harry en question, partis il y avait seulement un quart d'heure, franchir de nouveau le portrait de la Grosse Dame avec une expression pour le moins sceptique.

- Hé alors, ironisa Hermione, on n'a pas pu faire joujou comme on le voulait ?

Ron lui lança un regard de travers avant de venir s'assoir à côté d'Emy, tandis que Harry se tirait un autre fauteuil, pour faire siège avec eux.

- Très marrant, répondit Ron avec mauvaise humeur. Non, au risque de vous décevoir, nous ne sommes tombés sur aucune personne ou chose qui aurait pu nous faire des misères.
- Ni sur Malefoy, je présume, dit dans un souffle teinté d'amusement Emy.
- Non, bougonna Ron en se tournant vers elle, « ni sur Malefoy » !

Du coup, intriguée de les voir tous les deux revenir si tôt sans qu'aucun obstacle ne se soit apparemment dressé sur leur chemin, Hermione baissa le livre que sa mauvaise humeur l'empêchait de lire avant leur retour et regarda, avec le même regard interrogatif qu'Emy, Ron et Harry.

- Bon, dit ce dernier, je vais essayer de faire court et simple.

Il se racla la gorge et commença.

- On venait de vérifier que personne de gênant ne rôdait dans le coin grâce à la carte et on s'approchait du passage qui mène au couloir de la salle des trophées, quand tout à coup, on a entendu des...comment dire ?, fit Harry avec une moue indécise.
- Ben, des gens parler dans une des pièces du couloir que nous longions alors, dit Ron.
- C'est ça, confirma Harry. Donc, on a un peu pressé le pas histoire de ne pas se retrouver dans un tête à tête gênant et on a pris le passage pour aller jusqu'à la salle des trophées. Une fois arrivés devant la porte, on a préféré vérifier si Malefoy y était ou non – histoire de savoir si on devait s'attendre à un comité d'accueil particulier ou pas...

Emy et Hermione s'échangèrent un regard éloquent.

- Bref, on reprend la carte et là, bingo ! Personne dans la salle des trophées...
- ...et devinez qui on voit se pointer dans notre direction ?
- Rogue !, dirent en chœur Hermione et Emy qui ne furent même pas surprises d'avoir vu juste.
- Du coup, conclut Hermione en soupirant, comprenant « enfin » que Malefoy s'était moqué de vous, vous avez préférer rentrer. C'est ça ?
- Euh...presque, dit Ron en faisant une grimace. Parce que s'il n'y avait eu que ça, comme grâce à la carte on avait les moyens de l'éviter, ce n'était pas un problème.
- Et il est où alors, le problème ?, fit Emy.
- Tu te souviens quand on vous a dit qu'à l'aller, on avait entendu des chuchotements ?
- Oui.
- Hé bien, au retour, le ton était monté et ça discutait dur. Du coup, par...curiosité, dit Harry en sentant le regard perçant que lui lança à cet instant Hermione, on s'est arrêté devant la porte pour essayer d'entendre ce qu'il se disait.
- Mais quelle bande de curieux insouciants !, se lamenta Hermione. Même quand vous réussissez à vous tirer d'un mauvais pas, il faut toujours que vous alliez vous fourrer dans un autre, hein !
- Attends !, la fit arrêter Ron, qui n'avait pas encore atteint la partie qui les avait le plus marqués. Au moment-même où l'on s'est arrêté devant la porte en question – et sans faire de bruit, je peux vous l'assurer – il n'y a eu plus un mot, plus un bruit. Rien !
- Et du coup, vous êtes rentrés dans la pièce et vous êtes retrouvés en face des personnes qu'il ne fallait pas, c'est ça ?, persista Hermione.
- Pas du tout, souffla Harry. On a quand même un minimum d'expérience en la matière, donc, on a commencé par ressortir la carte et voir un peu qui s'y trouvait.
- Et ?
- « Et » ?, répéta Ron qui tenta de ménager le suspense. Vous n'allez pas le croire : la carte indiquait la présence de trois personnes – puisqu'il y avait bien trois points qui y apparaissaient dessus, mais pas de nom !
- Comment ça : « pas de nom » ?, répéta Hermione en fronçant les sourcils. Dès lors que la carte repère quelqu'un, fantôme, sorciers, humains ou animal, elle indique toujours de qui il s'agit.
- Je sais, se gratta la tête Harry. Mais le fait est que là, on avait trois points mais pas de nom.
- Ne nous dites pas que vous êtes rentrés dans la pièce pour voir ce qu'il s'y passait, j'espère, dit doucement Emy, qui, à leur tête, connaissait déjà la réponse.

Ron et Harry échangèrent une grimace de culpabilité.

- Nooon ! Mais franchement !, s'exclama Emy. Quand vous vous y mettez vous êtes...
- Non mais attends !, la coupa Ron. D'un coup sur la carte, c'est Rogue qu'on a vu arriver dans notre direction ! On n'avait pas le choix !
- Humpf !, souffla Hermione. Non-seulement il se précipite vers la salle des trophées mais ensuite, comme par hasard, il fait un tour de ronde en prenant le chemin qui mène à la tour de Gryffondor. Mais quand est-ce que vous allez comprendre que...?
- On a compris Hermione, lança mollement Harry. Crois-moi, on a compris : Malefoy s'est foutu de nous. C'est ça que tu voulais entendre ?
- Exactement, répondit Hermione en forçant son sourire.
- Bon, le fait est que c'est pas là le plus intriguant, reprit Ron en attirant l'attention des deux filles sur lui. Le truc, c'est que quand on n'a pas vu d'autres moyens pour échapper à Rogue que de rentrer dans cette pièce où il y avait déjà théoriquement trois personnes, Harry eut beau reconsulter sa carte où les trois points apparaissaient toujours, on a vu personne !
- « Vous n'avez vu personne » ?, reprit Emy interloquée. Vous vous trouviez dans un endroit où la carte vous affirmait qu'il y avait du monde et vous ne les avez pas vus ?
- En plus, poussa Hermione dans sa réflexion, même s'ils possédaient une cape d'invisibilité, leur nom seraient apparus.
- C'est exactement ce qu'on s'est dit avec Harry. Personne ne peut échapper à la carte. Enfin...normalement. Du coup, on a impatiemment attendu que Rogue file et on est vite rentré.
- Bouh lala !, se prit soudain Emy la tête entre ses mains. Mais qu'est-ce qu'il se passe en ce moment ici ? C'est quoi tous ces évènements bizarres ?

Mais personne ne put l'éclairer.

- Vivement que tu vois Dumbledore, Harry, bondit Hermione. Il aura peut-être une explication à te donner concernant ces points.
- Hein ?, s'étrangla Harry. Parce que tu me crois suffisamment stupide pour aller déclarer tranquillement au directeur que je suis sorti sans autorisation de mon dortoir en pleine nuit avec des objets que je ne suis pas censé avoir pour me rendre à un duel totalement interdit ? Ça va pas, non ?
- Il a raison Hermione, rajouta Ron. Ça, c'est le meilleur moyen pour s'en prendre deux fois plus plein la tête.
- Mais enfin !, s'indigna Hermione. Ne me dites pas que vous comptez garder tout ça pour vous ? C'est certainement très important et puis...et puis..., insista-t-elle devant les regards non convaincus des autres...Et puis ce n'est pas normal, c'est tout ! Dumbledore doit le savoir !

Harry soupira.

- Ok. Dans ce cas, je le lui dirai, mais tourné à ma manière. Ça te va ?
- De toute façon, je suppose que je n'ai pas le choix...