Note : Saluuuut ^^ ! Voici la suite. Alors, bonne lecture et bonne continuation à tous ;) !


Pré-au-Lard.
Cette fois-ci épargnée par quelques maux de ventre, Emy put se joindre avec joie à ses amis pour une journée qui s'annonçait ensoleillée et joyeuse. Enfin, « joyeuse » en mettant à part le croisement un peu trop insistant d'un groupe de leur maison dans lequel se trouvait McLaggen qui ne semblait avoir de cesse de trouver le moindre prétexte pour approcher Emy et lier conversation avec elle...En résultat de quoi, la jeune fille se débrouillait toujours pour trouver le moyen de se soutirer à cette drague soûlante.

- Hé ben dis donc, se moqua même Ron au bout de la cinquième tentative avortée, t'as la côte on dirait !

Petite réflexion bien dans l'esprit du garçon qui lui valut une claque sur la tête de la part de l'intéressée accompagné d'un « crétin ! » bien placé.

Moins agréables, mais tout aussi peu surprenantes, furent les nombreuses fois où les quatre gryffondors durent supporter quelques élèves de Serpentard.

- Mais c'est pas vrai !, s'agaça même à moment donné Hermione. Ils ont décidé de faire le même itinéraire que nous aujourd'hui ou ils nous suivent ?
- Fais pas attention, lui répondit alors dignement Emy sans s'en préoccuper. Après tout, il est tout à fait normal de croiser des élèves du château ici.
- C'est juste dommage qu'on ait un peu trop tendance à toujours tomber sur ceux qu'on a le moins envie de voir, rajouta Harry ironiquement.
- Tiens, dit soudain Ron. En parlant de ceux qu'on aimerait ou pas voir, vous avez vu Adel et Roger aujourd'hui ?, questionna-t-il en regardant Harry et Hermione.
- Heu...non, fit cette dernière. Mais bon, Pré-au-Lard est grand et ce n'est pas parce que nous menons à bien nos projets ensemble que nous nous échangeons aussi nos emplois du temps libre, sourit-elle.
- En plus, fit observer Harry, ils sont en septième année. Alors, Pré-au-Lard, ils ont déjà dû le voir en long, en large et en travers. Ça n'aurait rien d'étonnant qu'ils aient tout autant préféré rester au château.
- Mouais..., réfléchit Ron.


Les quatre poursuivirent ensuite leur promenade, profitant de la présence d'Emy pour lui montrer les nouveautés arrivées chez Zonko (où Hermione ne se priva pas de faire remarquer que dépenser son argent ici était du pur gaspillage), les derniers ouvrages édités chez Scribenpenne (où Ron en profita pour rendre la pareille à Hermione), puis, la fin d'après-midi se faisant fraîchement sentir, ils décidèrent d'aller boire une bierraubeurre avant de rentrer au château.
Mais...

- Bon, finalement, je crois que je n'en ai plus très envie, dit brusquement Ron dans un grognement, alors qu'ils étaient arrivés tout près du pub.
- Quoi ?, s'étonnèrent les autres. Qu'est-ce qu'il t'arrive tout à coup ? Tu refuserais d'aller saluer madame Rosmerta ?, ajouta Hermione avec un petit sourire entendu.
- « Ce qu'il m'arrive ? », railla Ron sans se préoccuper de la dernière remarque. Non. Regarde plutôt qui vient d'arriver, dit-il en faisant un signe de tête vers la porte de l'établissement qui venait de s'ouvrir avec un bruit de clochette.

C'est ainsi que les trois autres eurent, une nouvelle fois, l'occasion de voir pénétrer dans le lieu qu'ils visaient ce même groupe de Serpentard – composé de la bande habituelle – qu'ils avaient un peu trop vu pour le journée.

- Bah, fit Hermione d'une voix apaisante, on a qu'à les éviter. On fait comme la dernière fois : on entre, on se trouve une table loin d'eux et...et...

Mais au regard sceptique que lui adressèrent soudain Harry et Ron, Hermione comprit à quoi ils pensèrent.

- Désolé, mais si c'est justement pour avoir droit à une même « fin » que le dernière fois, je préfère m'en passer, bougonna Ron.

Harry remua la tête.

- Les conditions ne sont pas tout à fait les mêmes quand même, dit-il. D'abord, Roger et Adel ne sont pas avec nous – ce qui nous épargnera de les voir déguerpir comme des lapins juste après avoir tiré une tête à faire peur. Ensuite, en restant réaliste (ou optimiste, comme tu veux), il y a peu de risque qu'une nouvelle disparition nous soit signalée dans les prochaines vingt-quatre heures.
- Va savoir, s'obstina Ron. On a eu droit au faciès de Malefoy, Parkinson et compagnie, mais je te signale qu'on n'a pas vu Lynch. Donc...

Et là, la phrase de trop.

- « Donc » ?, s'emporta soudain Emy – faisant sursauter les trois autres, même si deux d'entre eux n'en furent qu'à moitié surpris. T'as pas un peu fini tes sous-entendus désobligeants à l'égard d'Ewan, Ron ? Et tu sais quoi ? Si tu le penses à ce point suspect, va donc voir Dumbledore, McGonagall ou n'importe quel autre prof. et dis leur ce que tu penses, mais arrête de me casser les oreilles avec tes remarques, ok ?

Sur quoi, Emy tourna les talons et prit la direction du château. Harry, Hermione et Ron la regardèrent, conservant quelques secondes un air ahuri.

- Dites, demanda enfin doucement Ron en regardant la jeune fille s'éloigner à grandes enjambées, vous croyez qu'il l'a hypnotisée pour qu'elle réagisse tout le temps comme ça ?
- Ron..., soupira Hermione qui n'en dit pas plus et se hâta de rejoindre Emy.

Harry et Ron échangèrent un regard en faisant une moue dubitative.

- Bon, ben, à l'évidence, l'étape des « Trois Balais » vient de tomber définitivement à l'eau, dit Harry en se grattant la tête. Aller viens, faut les rattraper...et fais un peu attention à ce que tu dis, s'il te plaît.
- Quoi ?, s'indigna Ron – qui n'obtint pour réponse qu'un froncement de sourcils de la part de Harry. D'accord, d'accord, dit-il finalement. Je ferai désormais attention à ménager la susceptible de service. Promis !

Et les deux prirent le pas de course pour rattraper les filles.


- Qu'est-ce qu'il peut m'agacer quand il s'y met !, continuait de râler Emy sans vraiment prêter attention à la présence d'Hermione.

Puis, la remarquant enfin :

- C'est vrai quoi ! S'il a quelque chose à dire qu'il aille directement voir le concerné !
- Emy, dit doucement Hermione – tentant de la calmer. Tu connais Ron...tout autant que tu connais ses sentiments pour les serpentards. Et puis..., hésita-t-elle un peu, faisant s'arrêter Emy qui la dévisagea sombrement.
- Oui, je sais !, reprit-elle de plus belle. Ewan est le parfait coupable bien qu'il n'y ait aucune preuve contre lui et que jusqu'à présent, tout ce qu'il ait pu me faire par rapport aux atrocités auxquelles je m'étais préparée en vous écoutant, c'est de m'avoir collé mon sac et fait mon travail en Métamorphose ! Non mais vas-y, dis-le toi aussi que tu crois qu'on devrait s'y mettre à quinze pour le lyncher !

Là-dessus, elle planta Hermione sur place. Cette dernière resta quelque secondes stupéfaite de voir son amie se mettre dans un état pareil, pour finalement, une boutade comme Ron en faisait si souvent. Mais reprenant soudain ses esprits et voyant Emy à nouveau s'éloigner d'elle :

- Hé ! Attends moi, Emy !

Un peu plus loin, les deux garçons refaisaient doucement leur retard sans rien avoir manqué.

- Mais qu'est-ce qu'elle a aujourd'hui, Emy ?, s'effara Ron. Elle a mangé du lion au p'tit-déj' ou quoi ?
- J'sais pas, haleta Harry qui courait en même temps. Quoiqu'il en soit, s'il te plaît...
- Oui, c'est bon ! J'ai compris ! Je ne parlerai plus de Lynch devant elle !

Harry était certain que la promesse de Ron ne tiendrait pas plus de quelques jours, mais il était déjà content de voir que son ami n'allait pas se borner à dire ce qu'il pensait au risque de provoquer à nouveau les foudres d'Emy.


Et c'est avec un immense soulagement que la fin de journée de ce samedi se passa sans autre incident. Hermione avait fini par calmer Emy et Ron s'était tenu à carreau, montrant même une attention inhabituelle et significative envers la jeune fille, histoire de lui faire passer le message.
Celle-ci se sentit du coup un peu coupable de son emportement et ne put monter se coucher sans avoir présenté ses excuses à ses camarades pour son comportement d'un peu plus tôt dans la journée.

Le dimanche qui suivit s'annonçait aussi ensoleillé que la journée précédente. Malgré cela, Hermione et Emy s'étaient mises d'accord pour aller passer un peu (beaucoup) de temps à la bibliothèque, tandis que Ron et Harry avaient préféré profiter de ce beau temps pour aller s'entraîner sur leur balais sur le terrain de Quiddich, miraculeusement libre ce jour-là.

Les quatre s'étaient retrouvés par la suite une première fois dans la Grande Salle à midi, puis une seconde, dans la soirée, dans leur salle commune.

- Hein ?, fit Harry, interloqué, en arrivant dans la pièce ronde où il découvrit les deux filles installées à une table, devant leurs livres éparpillés un peu de partout. Ne nous dites pas que vous avez passé la journée à travailler ?

Elles se regardèrent, même pas surprises.

- Ne nous demande pas ça, et nous en contre-parti, on ne vous demandera pas si vous avez passé votre journée à vous amuser, plaisanta Emy.
- Bah !, protesta gentiment Ron. Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à profiter du beau temps pour se détendre un peu.
- « Le mal », reprit Hermione doctement, c'est que nous avons des examens très importants en fin d'année qui nous demandent normalement - mais il faut croire que vous ne rentrez pas dans la normale - une charge de travail nettement plus intense que les autres années.

Préférant ne pas répondre ouvertement à cette remarque désobligeante, les deux garçons échangèrent un regard significatif et vinrent s'assoir à leurs côtés, zyeutant un peu ce qu'elles faisaient.

- Mince !, s'exclama alors Ron, en se plaquant une main devant la bouche en lisant le parchemin fraichement rempli d'Hermione. J'avais complètement zappé ce devoir pour Rogue !
- Oh ! Comme c'est bizarre, répondit la jeune fille sarcastique. Hé bien maintenant, tu sais à quoi tu vas occuper ta soirée une fois que nous serons allés manger, dit-elle en arrachant le parchemin des mains du garçon avant que celui-ci ne s'en inspire un peu trop.
- Aller, Hermione...!, la supplia-t-il. Tu vas bien me laisser...
- Rien du tout ! Et ne t'avise pas de tenter la même démarche sur Emy, surtout !, dit-elle d'un air menaçant. Vous aviez toute la journée pour travailler, vous avez préféré aller « profiter », maintenant : au boulot !

Et les trois connaissaient trop bien Hermione pour savoir que ce genre de menace n'était pas à prendre à la légère.
Ainsi, non-seulement Ron et Harry n'effleurèrent l'idée d'aller essayer de soudoyer Emy, mais cette dernière ne s'aventura pas plus à aller à l'encontre de ces dernières recommandations.

C'est ainsi qu'après une bonne douche et un repas rapidement avalé, les quatre gryffondors retournèrent à leurs ouvrages.


Trois heures plus tard, dans un bâillement à se décrocher la mâchoire, Harry décida que pour lui ça suffisait et préféra monter se coucher. L'occasion était trop belle pour Ron - qui avait l'impression d'avoir une tête comme une citrouille - qui en profita pour le suivre.
Hermione les regarda en fronçant les sourcils. Ses devoirs à elle étaient bien évidemment terminés depuis un moment, mais pour ce qu'il en était de ceux de Ron et Harry, elle n'avait pas besoin de leur poser la question pour savoir qu'ils étaient loin d'être finis. Toutefois fatiguée elle aussi, elle s'abstint de toute remarque et se leva à son tour en regardant Emy qui était toujours absorbée dans la lecture d'un ouvrage traitant de la Métamorphose. Elle en ressentit aussitôt un pincement au cœur.
Elle était admirative de voir à quel point Emy refusait d'abdiquer devant cette matière qui ne semblait vraiment pas faite pour elle, mais en même temps, elle était persuadée qu'Emy pourrait lire tous les livres qu'elle voulait ou prendre toutes les heures de cours supplémentaires qui existaient, elle ne serait jamais que trop moyenne dans cette discipline.

- Qu'est-ce que tu fais toi, Emy ? Tu continues à bouquiner ou tu montes te coucher aussi ?, lui demanda-t-elle alors d'une voix douce.
- Oh..., fit Emy en donnant l'impression de s'extraire difficilement de l'ouvrage en question. Je crois que je vais faire comme vous. Mais il faut d'abord que je ramène ce livre à la bibliothèque...

Elle ne semblait guère enchantée par cette perspective.

- Tu le ramèneras demain, lui dit alors Hermione. Ça ne presse pas.
- Non, en effet, c'est également ce que je pense, admit Emy. Mais tu connais la Pince : quand j'ai pris le livre tout à l'heure, elle m'a regardée de travers en me précisant bien que je devais le lui ramener ce soir. Alors si je ne le lui ramène que demain...
- Moui..., soupira Hermione. Tu veux que je t'accompagne ?, proposa-t-elle avec un petit sourire.
- Non, tu es gentille, refusa poliment Emy. Je n'en ai pas pour longtemps et tu es fatiguée. Alors, profites-en pour aller te coucher. À de suite !


Et tandis qu'Hermione se préparait pour la nuit, Emy ne put que se féliciter d'avoir bravé sa fatigue pour aller rendre, in extremis, le bouquin attendu âprement par l'irascible madame Pince.

- Hé bien !, lui avait-elle lancé d'un ton en parfaite adéquation avec son nom, lorsque, d'une main timide Emy lui avait remis le livre. Quelques minutes plus tard et je fermais la bibliothèque ! Maintenant, dépêchez-vous de regagner votre salle commune, les élèves n'ont pas à traîner dans les couloirs à une heure pareille !
- Ou...oui madame, s'était dépêchée de répondre Emy avant de quitter les lieux.

La porte fermée derrière elle, elle put relâcher la pression qui était montée de façon exponentielle à la seule présence de cette horrible femme et prit quelques secondes pour se remettre de ses émotions en s'adossant contre le mur du couloir.

C'est alors que...telle une rafale venue de nulle part, toutes les bougies qui l'entouraient s'éteignirent en même temps. Emy ne put retenir un sursaut ainsi qu'un petit cri de surprise mêlée de panique. À sa connaissance, la nuit était calme et aucune bourrasque n'aurait pu pénétrer par un carreau brisé pour venir souffler toutes les bougies. Instinctivement, la jeune fille se sentit encore plus mal à l'aise. Restant néanmoins lucide, elle sortit sa baguette de son sac – qu'elle trouva facilement à tâtons – puis dit d'une petite voix : « Lumos ».
Aucun autre bruit ne lui parvenant, en dehors de celui de son cœur qui s'était, malgré elle, mis à cogner un peu plus fort dans sa poitrine, Emy retrouva finalement son calme et pointa le faisceau de lumière dans la direction qu'elle avait l'intention de prendre pour regagner la tour de Gryffondor. Mais à peine avait-elle fait quelques pas qu'elle se figea sur place, son cœur rebondissant douloureusement en elle.
Devant elle, apparurent dans la lumière faible, les rendant encore plus impressionnants et fantomatiques, deux élèves de Serpentard qu'elle connaissait trop bien pour savoir que leur présence en ces lieux et en de pareilles circonstances n'étaient pas fortuites. L'air mauvais et le sourire malveillant, Crabe et Goyle dévisageaient Emy en faisant craquer les articulations de leurs mains au moment où deux autres faisceaux de lumière émanèrent de derrière eux. Emy en eu le souffle coupé : ils étaient donc au moins quatre à l'attendre. Dans sa tête tout se bouscula. Que faisaient-ils là ? Qu'est-ce qu'ils lui voulaient ? Étaient-ce eux qui avaient fait s'éteindre les bougies pour créer cette ambiance angoissante ?

Tout d'un coup, sa baguette magique lui sauta des mains, lui faisant perdre en même temps son pouvoir d'éclairage et de protection, tandis qu'un ricanement lugubre se fit entendre tout près d'elle.
Éblouie par les lumières agressives qui la plongeaient un peu plus dans les ténèbres et dans la peur, la jeune fille, en quête d'aide pour la guider, se concentra de toutes ses forces et en un instant, myriades de papillons bleus l'entourèrent, lui montrant la voix salvatrice à suivre pour échapper à ceux qui avait profité de sa présence en ces lieux pour lui tendre un traquenard.
Un dernier craquement de jointure sonore retentit et Emy partit au pas de course dans la direction opposée, ne sachant même pas vers où elle se dirigeait. Elle entendit soudain dans son dos un : « Rattrapez-la ! » impérieux qui l'effraya de plus belle.

Combien de temps avait-elle couru ? Elle n'en savait rien. Où se rendait-elle ainsi, suivant aveuglément ces petites lumières qui voltigeaient autour et devant elle ? Elle ne le savait pas plus. Tout ce qui lui importait, c'était de trouver un abri, un endroit où ils ne l'attraperaient pas. Les pires scénario se formaient au fur et à mesure dans son esprit, sans qu'elle ne devine pourtant pourquoi elle était devenue à cet instant victime d'une telle agression.

Soudain, les papillons disparurent. Emy ne put que s'en rendre compte, en pleine panique. Mais emportée par son élan, elle ne stoppa pas immédiatement sa course et percuta brutalement quelque chose dans le noir. Statue ? Enseignant ? Mobilier ? Ennemi ? Qu'était-ce donc ?
Mais dans son souffle saccadé, elle vit soudain apparaître un peu plus loin derrière elle des rais de lumière accompagnés de pas précipités qui annonçaient l'arrivée éminente de ceux qui la pourchassaient en plein couloirs déserts du château. Ils allaient bientôt arriver. Ils la trouveraient là, tremblante, apeurée, incapable de se défendre, sans baguette, sans lumière pour la rassurer comme elle l'avait toujours fait...

Tout d'un coup, Emy réalisa que ce qu'elle venait de percuter était quelque chose de vivant. Un élève ? Un enseignant ? Qui donc ? Quelqu'un qui la protègerait ou au contraire, la livrerait sans état d'âme aux autres?

Elle sentit soudain une main s'agripper à son bras et l'empêcher de bouger. Elle voulut alors se débattre, crier, mais, comme si la personne qui la retenait l'avait deviné et pouvait parfaitement voir dans l'obscurité, une main vint se poser sur sa bouche, étouffant la moindre de ses paroles.
...et les pas se rapprochaient toujours. Ce n'était plus qu'une question de secondes avant qu'ils ne soient là.

- Ne bouge pas, lui murmura-t-on alors à l'oreille.

Cette voix...Cette voix...Elle la reconnut de suite et tout devint encore plus flou et troublant.

Et au moment même où les quatre poursuivant arrivèrent, un claquement de doigt retentit dans le couloir, se répercutant dans un écho, découvrant Ewan qui serrait contre lui Emy.

La jeune fille ne savait plus quoi penser. Qu'allait-il lui faire ? Qu'allaient-ils lui faire ?

Les quatre autres parurent encore plus stupéfaits de trouver le septième année là. D'un même mouvement ils stoppèrent net leurs pas et affichèrent un visage incrédule qui aurait pu paraître ravi de trouver l'un des leurs ici pour leur donner un coup de main...s'il n'avait pas viré si rapidement au verdâtre.

Ewan avait retiré sa main de devant la bouche d'Emy mais continuait toutefois à la tenir contre lui.

Face à l'expression de plus en plus horrifiée des quatre autres, Emy osa alors tourner lentement son regard vers celui qui la tenait. Le visage d'Ewan était fermé, sombre. De lui, elle put ressentir une aura d'une violence terrifiante émaner. Il les fixait tous les quatre : Goyle, Crabe, Parkinson et Bullstrode. Sans qu'aucun mot ne fut prononcé, les serpentards comprirent que leur acte allait leur valoir plus qu'une réprimande de la part de celui qu'ils admiraient autant que craignaient.

Mais avant cela, Ewan lâcha enfin délicatement le bras d'Emy et lui tendit de la main avec laquelle il l'avait quelques secondes auparavant bâillonnée, sa baguette magique qui était arrivée en sa possession elle ne savait comment.

- Retourne dans ta salle commune sans te retourner maintenant, lui dit-il d'une voix calme – qui ne souffrait aucune contestation - sans détourner son regard des quatre autres.

Emy récupéra prudemment sa baguette, pas encore complètement convaincue qu'elle était bien autorisée à fuir cet endroit, mais une fois chose faite, elle partit en courant, passant sans les regarder devant ceux qui avaient réussi à autant la terroriser.

Le couloir désormais à nouveau éclairer, elle reconnut immédiatement les lieux. Quelques instants plus tard, elle repassa devant la bibliothèque où elle retrouva son sac qu'elle avait laissé tomber quand elle avait essayé de fuir, puis gagna au plus vite la tour de Gryffondor où la pièce ronde et d'ordinaire accueillante était désormais vide - mais où, dans leur dortoir, Hermione l'attendait tranquillement assise sur son lit pour lui souhaiter une bonne nuit avant de s'endormir.

- Bien, dit trop tranquillement Ewan en s'approchant des quatre autres qui n'avaient pas osé (ou même réussi) à bouger depuis le départ d'Emy. Maintenant, je vais vous expliquer quelques petites choses, annonça-t-il menaçant en reclaquant des doigts, faisant aussitôt replonger le couloir dans les ténèbres.


- Ah, Emy ! Tu en as mis du temps. Ne me dis pas que c'est Pince qui t'a...Emy ? Emy, qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce que tu as ?


Profondément endormies depuis un moment, les deux autres élèves qui partageaient leur chambre ne bronchèrent même pas aux cris alarmés que poussa soudain Hermione en voyant son amie revenir dans cet état. Pâle, tremblante, un masque figé sur son visage, l'air perdu. Emy était parvenue à regagner son dortoir uniquement par automatisme. Mais maintenant qu'elle se trouvait là, tout se déroula à nouveau dans son esprit...Et avant même qu'Hermione n'ait eu le temps de venir la soutenir, elle fondit en larmes.

- Viens Emy, lui dit doucement Hermione en passant un bras autour de ses épaules. Viens t'assoir.

Elle la mena au bord de son lit où Emy s'assit machinalement, toujours sanglotante. Hermione attendit un peu, puis lui porta un verre d'eau – agrémenté d'une de ces petites potions dont elle avait le secret et qui avait pour avantage de calmer les nerfs de ceux qui l'absorbaient – et un mouchoir pour qu'elle essuie ses larmes.

Les minutes passèrent et les sanglots d'Emy s'espacèrent jusqu'à disparaître. Elle reniflait encore un peu, mais la tempête semblait s'éloigner. C'est le moment où Hermione posa une main tendre et compatissante sur son amie et lui demanda de lui raconter ce qu'il venait de se produire.
C'est ainsi que d'une voix chevrotant et d'un ton craintif, Emy narra ce qu'elle venait de vivre.

Hermione la fixait, de plus en plus effarée au fur et à mesure qu'Emy avançait dans ses propos. La jeune fille tenta de rester la plus claire possible, mais parfois, rattrapée par l'angoisse, elle en était un peu confuse. De même, elle ne chercha rien à analyser et se contenta de raconter ce qu'il s'était passé, uniquement cela – car tout lui semblait encore trop irréel pour qu'elle arrive à vraiment le réaliser.
...ce qui ne fut pas le cas d'Hermione.

- Emy, dit-elle avec douceur mais conviction, il faut immédiatement que tu ailles voir McGonagall. Une histoire pareille, c'est...c'est...c'est tout simplement inadmissible, scandaleux ! C'est...

Hermione était rouge de colère et d'indignation. Elle se redressa vivement et tendit une main à Emy.

- Aller, viens ! Il faut y aller de suite. Tout cela n'a que trop duré !

Mais Emy ne bougea pas et baissa la tête.

- Quoi ?, lui demanda alors Hermione avec douceur, souhaitant la ménager au possible. Tu ne veux pas...?

Emy remua simplement la tête en signe de négation. Hermione soupira et se rassit à ses côtés.

- Pourquoi Emy ? Ne me dis pas que tu ne trouves pas leur geste répréhensible ?
- Bien sûr que si, répondit-elle d'une petite voix. Mais...
- « Mais »...?
- Je préfèrerais au moins attendre demain. J'ai besoin de réfléchir.
- Réfléchir à quoi ?, reprit Hermione interloquée. J'espère que tu ne doutes pas un instant qu'ils avaient l'intention de s'en prendre à toi quand même ?
- Bien sûr que non, sourit tristement Emy. Mais il y a l'intervention d'Ewan et...et je ne sais pas encore à quoi elle correspond.

Elle marqua un blanc puis releva la tête, l'air un peu plus décidé.

- J'ai besoin de savoir pourquoi il a fait ça, Hermione, tu comprends ? Était-ce par protection, parce qu'il envisageait les choses autrement et que les autres n'ont pas suivi ses recommandations.

Elle se prit soudain la tête avec ses mains et la secoua de frustration.

- Je ne comprends pas ce qu'il fait, à quoi il joue – si même, il joue. Alors, s'il te plaît, insista-t-elle en fixant Hermione droit dans les yeux, laisse-moi jusqu'à demain, n'en parle à personne et après...après on verra. D'accord ?

Son regard était si suppliant. Hermione, malgré de comprendre ses motivations mais de ne pas les valider totalement, n'eut pas le cœur de s'y opposer.

- Très bien, soupira-t-elle. Attendons demain...
- Merci...

Sur ce dernier mot, Emy lui lança un timide sourire et s'installa un peu mieux dans son lit.

Quelques secondes plus tard, elle tira les rideaux de son baldaquin et ne fit plus de bruit. Cependant, alors que Hermione en avait fait de même, au moment où elle s'apprêtait à fermer les yeux pour plonger dans une nuit pleine de réflexions, elle distingua à nouveau au travers des tissus ces petites lueurs bleutées et dansantes qu'à sa connaissance, seule son amie savait faire apparaître.


Le lendemain matin, malgré la reprise des cours, les deux amies ne semblaient pas pressées de descendre de leur dortoir.

- C'est pas possible de mettre toujours autant de temps à se préparer !, se lamenta Ron en regardant pour la quatrième fois sa montre, alors qu'il croisait, accompagné de Harry, ses camarades de maison sortir de la tour pour aller prendre leur petit-déjeuner.
- Les filles, Ron..., dit simplement Harry, plus tolérant.
- Mouais, elles pourraient quand même faire un petit eff...Ah ! Enfin ! Vous savez que ça fait plus d'un quart d'heure qu'on vous attend ?

Ron n'avait pour le moment que deviné l'arrivée de ses amies en entendant leur discussion dans l'escalier puis en reconnaissant leur silhouette. Mais son faux air grincheux changea du tout au tout quand il vit de plus près leur mine.

- Ben...Qu'est-ce qu'il vous arrive à toutes les deux ? Vous n'avez pas dormi ou quoi ?

C'est vrai que du côté d'Hermione et d'Emy, la fatigue se lisait sur leur visage.

- Ne nous dites pas que vous avez passé la nuit à travailler ?, demanda à son tour Harry, parfaitement incrédule.
- Non...Non ce n'est pas ça, répondit doucement Emy en n'osant pas trop affronter le regard des autres.
- C'est quoi alors ?, insista-t-il.
- Tu n'as jamais passé une mauvaise nuit, Harry ?, coupa court Hermione d'un ton plutôt sec.
- Heu...si bien sûr.
- Dans ce cas, vous voilà informés.

Et là-dessus, elle entraîna Emy par le bras vers la sortie de la salle commune. Elle la devinait encore trop secouée par ce qui lui était arrivée pour s'en sortir seule face à l'éventuel harcèlement dont elle pourrait rapidement faire l'objet de la part de Harry et Ron. Alors comme elle avait promis de patienter cette journée pour décider Emy à agir, autant qu'on la laisse tranquille pour qu'elle soit la plus sereine possible.

- Piouff !, souffla Ron en regardant les deux filles partir avec des yeux ronds. Elle promet, cette journée !
- Tu l'as dit, ne put qu'agréer Harry.

La descente jusqu'à la Grande Salle se passa dans le silence. Les filles n'étaient pas d'humeur à parler et les garçons l'étaient encore moins si c'était pour se faire à nouveau remettre en place par une Hermione apparemment en grande forme.


Arrivés, alors qu'ils allaient franchir les grandes portes d'où s'échappait un brouhaha de début de semaine, les quatre croisèrent dans un soupir général le groupe le plus inamical de Serpentard. À leur vision, Emy ne put se retenir de se crisper et d'arrêter sa marche. Heureusement, Hermione, qui se trouvait toujours à ses côtés, lui attrapa le bras pour marquer sa présence et son soutien. Son geste fut grandement apprécié, mais pas suffisant pour faire oublier à Emy tout ce que cette vision venait de faire ressurgir en elle.

Cependant, contrairement à d'habitude où ces élèves-ci ne manquaient jamais une occasion de se moquer, narguer ou provoquer les gryffondors, leur comportement du jour parut étonnamment singulier. En tête, seul Malefoy avait l'air dans son état normal : dédaigneux et toisant, si ce n'est qu'on pouvait facilement deviner à sa tête que la contrariété faisait aussi partie des adjectifs qui le qualifiaient au mieux. Derrière lui, silencieux et marchant d'un pas machinal, affichant des têtes éprouvées : Parkinson, Crabe, Goyle et Bullstrode suivaient la tête basse, le regard fuyant.
Ce comportement intrigua fortement les gryffondors qui n'émirent la première réflexion à leur sujet qu'après avoir croisé, en fin de peloton, un Marcus Flint à l'air toujours renfrogné et soucieux.

Toujours à l'entrée de la Grande Salle, le petit groupe de Serpentard maintenant loin d'eux, Harry se gratta la tête, dubitatif.

- Hé bien, aujourd'hui serait-il un jour particulier ?
- Bof, répondit Ron – qui semblait prendre les choses plus à la légère. Moi, rien que de les voir avec d'aussi bonnes mines, ça me met en forme pour toute la semaine ! Aller, venez, on va manger ! Ils m'ont ouvert l'appétit, plaisanta-t-il.

Mais tandis que Ron et Harry s'avançaient vers leur table, Hermione et Emy étaient restées quelques instants sur place. Elles se lancèrent un regard éloquent, puis, n'ayant personne proche d'elles.

- Tu crois qu'ils ont l'air aussi bizarre parce que...?, demanda Emy, hésitante.

Hermione fronça les sourcils.

- Avec tout ce qu'il se passe de louche en ce moment, on pourrait tout imaginer. Mais je crois bien que l'on pense à la même chose. Viens maintenant, les autres nous attendent.

Elles se dépêchèrent de rejoindre Harry et Ron qui les regardèrent d'un air soupçonneux. Les deux concernées s'en rendirent bien sûr compte, mais firent comme si de rien n'était et tâchèrent de se comporter le plus normalement du monde. Après tout, ceux qui avaient intenté à Emy la veille n'étaient plus là et à l'évidence, quelque chose – ou quelqu'un, plus exactement, compte tenu de ce que Emy avait rapporté – était intervenu son leur moral. La jeune fille n'avait donc rien à craindre pour le moment.
Mais cette préoccupation écartée, Hermione avait déjà autre chose en tête : elle voulait voir Ewan, pouvoir lui parler en tête à tête. Ce garçon lui semblait trop impliqué dans tout ce qui se passait à cette période pour qu'il n'ait rien à lui dire.
Malheureusement, non-seulement à l'évidence, il n'était déjà plus là, mais lorsque Ron et Harry notèrent l'insistance de leur amie à regarder ce qu'il se passait du côté de la table de Serpentard, l'occasion de revenir sur leur attitude matinale fut saisie à deux mains.

- Hé, dites les filles, commença Harry avec un air très expressif, vous ne voulez vraiment pas nous dire ce qu'il y a qui ne va pas ?
- Parce que vous n'allez quand même pas nous ressortir une excuse à la noix comme quoi vous tirez ces têtes à cause d'une mauvaise nuit. Ça ne marche pas avec nous, ça, déclara Ron.

Emy soupira.

- Hé bien...c'est à dire que...que...
- Ce sont des histoires de filles, la coupa sèchement Hermione en regardant les deux autres comme savait si bien le faire leur directrice. Ça vous va ?

Harry et Ron parurent autant sceptiques que désarçonnés. Mais face à l'obstination d'Hermione à ne rien vouloir lâcher, ils n'eurent d'autre solution que de déposer les armes.

- D'accord, soupira Harry. Si tu le dis...Mais si vos histoires de filles deviennent mixtes, pensez à nous en parler, ok ?
- Promis, dit Emy avec un un petit sourire timide avant de s'intéresser au contenu de son bol.

Hermione se pinça les lèvres mais ne dit rien. Les autres avaient compris, c'est ce qui importait. Après, si Emy ne souhaitait pas que quiconque d'autre soit mis au courant, elle ne lui avait pas demandé pour autant de ne pas s'en mêler – et c'est bien ce qu'elle avait l'intention de faire.


Un petit moment après, Harry et Ron avaient terminé de manger alors que par manque d'appétit, Hermione en était toujours à forcer Emy à avaler quelque chose. L'ambiance n'étant pas la meilleure que le groupe ait connu et les deux garçons se sentant un peu de trop dans l'affaire, Ron profita de voir au loin Georges quitter la Grande Salle pour justifier le fait de s'en aller avant que tout le monde soit prêt. Peu désireux de se retrouver seul avec les deux filles qui ne lui accordaient, pour ainsi dire, aucune attention pour le moment, Harry ne se fit pas prier et emboita le pas à Ron pour s'échapper au plus vite.

- Bigre !, lâcha-t-il alors. J'espère qu'elles ne vont pas nous servir cette tête toute la journée, parce que sinon...

Ron répondit par un grognement.

- On pourra toujours faire un premier point à midi, après une matinée de cours. Leurs « histoires de filles » se seront peut-être dissipées d'ici-là.

Mais les deux étaient bien optimistes...


Silencieuses et toujours attablées, Emy regardait d'un air perdu son verre de jus de citrouille tandis que Hermione jetait un regard vers la table des professeurs pour voir si McGonagall s'y trouvait. Un « Ooooh ! » admiratif attira brusquement leur attention.

Devant Emy, gracieuse et d'un bleu étincelant, venait soudain d'apparaître une petite créature ailée pas plus haute qu'une pomme. Tous ceux qui en furent à porté d'yeux l'observèrent avec adoration.

- Qu'est-ce qu'elle est belle !, s'extasièrent plusieurs filles - oubliant même de se demander d'où un tel être pouvait surgir.

...car à la silhouette fine et féminine qu'elle présentait, la petite créature ne pouvait qu'être de sexe féminin.

- C'est une sylphide, murmura alors Hermione, qui n'en revenait pas.
- Et ?, demanda poliment Emy qui avait déjà entendu parler de ces élémentaux, sans pour autant nourrir une aussi grande fascination que son amie – même si elle lui trouvait un côté fantastique très attirant.
- « Et ? », se retourna vers elle Hermione en affichant une mine incrédule. « Et » je n'en avais encore jamais vu ! C'est vraiment incroyable !, s'enthousiasma-t-elle en reportant son regard sur la sylphide.

Emy ne sut quoi répondre. Il lui semblait d'un côté normal que si Hermione n'en avait encore jamais vu, cela lui fasse un tel effet, mais en même temps, à leur âge, il lui semblait tout aussi logique qu'elles n'aient pas encore tout vu de leurs mondes – surtout du côté magique.
Ce qui interpella Emy par contre – et pas qu'elle d'ailleurs – fut l'agissement qui suivit de la petite créature. Celle-ci se mit soudain à voleter avec légèreté et fit apparaître entre ses main un parchemin - qui devait peser plus lourd qu'elle - soigneusement enroulé qu'elle lui tendit.

Incrédule, Emy mit quelques secondes à réagir...Et le fait de sentir tous les regards avoisinants tout d'un coup braqués sur elle ne l'encouragea pas à faire quoi que ce soit.

La sylphide patientait calmement, un sourire aussi joli qu'encourageant sur les lèvres, sans prêter attention aux autres élèves. Mais lorsqu'elle comprit que Emy ne prendrait probablement pas le document, elle voleta un peu plus prêt d'elle et d'une petite voix lui dit :

- S'il vous plaît,

en lui tendant le parchemin.

Emy s'en saisit enfin – ce qui accentua un peu plus le sourire de la petite créature. Hermione ne savait plus où donner de la tête. Alors que ses camarades gardaient leurs yeux braqués vers cette étrange messagère, elle, ne savait pas ce qui avait désormais le plus d'importance : le parchemin ou la sylphide ?

C'est alors que, n'y tenant plus, une élève de quatrième année s'approcha doucement de la créature magique et avança lentement sa main vers elle dans l'espoir de la toucher. Ce fut le seul moment où la sylphide marqua un intérêt pour les autres élèves qui l'entouraient.
À ce mouvement, elle s'éleva un peu plus dans les airs, salua dans une élégante révérence Emy puis disparut dans un nuage d'étincelles.

Quelques secondes de silence suivirent jusqu'à ce qu'une camarade de la quatrième année ne commence à l'engueuler parce qu'elle avait fait fuir le petit être. Un brouhaha particulier s'installa alors autour de Emy et Hermione - brouhaha qui avait, bien entendu, cette apparition incroyable comme sujet.
...apparition que les élèves ne furent pas les seuls à avoir remarquée.

Ravie que les autres – hormis Hermione – aient occulté le motif de cette visite pour ne s'attarder que sur la sylphide elle-même, Emy déroula délicatement sous la table le parchemin qu'elle tenait toujours entre ses mains et lut les lignes qui y étaient tracées d'une écriture propre et travaillée.

« Retrouve-moi à la salle des trophées à midi, s'il te plaît. J'ai à te parler. »

- ...et c'est signé Ewan.