Note : Bonsoir ^^ ! Alors ce chapitre a mis un peu de temps à arriver, mais désormais je devrais pouvoir publier plus régulièrement. Alors bonne lecture et bonne continuation à tous.
À bientôt, ewanna =^-^= !
Leur discussion en resta là. Ils terminèrent leur marche dans un silence qui fut soudain troublé par les aboiements d'un chien d'abord et par l'appel de leur nom ensuite. Apparemment, après avoir réussi à mettre la main sur ses Sombrals, Hagrid s'était brusquement rappelé qu'il avait laissé seuls au cœur d'une forêt hostile, deux élèves dont il avait la responsabilité – enfin, du moins, c'est ce que Ewan et Emy comprirent aux réprimandes salées que McGonagall était en train de lancer au professeur/garde chasse quand ils les retrouvèrent enfin.
...et quand McGonagall et Rogue -leurs directeurs respectifs- se rendirent compte par dessus le marché qu'Ewan était blessé, ce pauvre Hagrid reçut de la part du professeur de Métamorphose le plus beau réquisitoire qu'il n'avait encore jamais entendu.
- Venez Lynch, dit de son côté Rogue en observant attentivement, sous le regard inquiet d'Emy, la blessure de son élève. Vous avez besoin d'aller à l'infirmerie pour soigner ça. McLane !, lança-t-il plus froidement en se tournant vers la jeune fille. Êtes-vous également blessée ?
Emy haussa les sourcils. Depuis quand Rogue se souciait-il de savoir si elle était à l'agonie ou pas ? Mais sans doute que devant McGonagall, il se dut de lui poser la question.
- Euh... Non. Non, professeur. Je vais bien. Je vais très bien !, se força à dire Emy en souriant.
- McLane !, l'interpella sèchement McGonagall. Ça se voit comme une mouche dans le lait que vous êtes choquée !
- Mais professeur...
- Pas de « mais » ou quoi que ce soit d'autre ! Vous filez à l'infirmerie vous faire observer par madame Pomfresh et c'est tout. Compris ?
Bien fou aurait été celui qui se serait aventuré à essayer de discuter davantage.
- Oui professeur, se ratatina Emy qui du coup, emboita le pas à Rogue qui ouvrait la marche, suivit de Ewan qui ne montra plus signe d'intérêt pour Emy.
...ce qui ne la troubla pas plus que ça. Après tout, les habitudes -ou façades- ne faisaient que reprendre.
Les deux élèves se rendirent donc à l'infirmerie sans avoir croisé un seul élève dans les couloirs du château. Une fois sur place, madame Pomfresh les fit s'installer dans deux lits côte à côte puis ferma les rideaux qui les entouraient avant de procéder aux soins nécessaires en toute pudeur.
Elle commença par Ewan, dont l'état lui sembla le plus inquiétant. En effet, même si le sort initialement lancé avait été effacé pour ne laisser place qu'à une attaque minime de Feudeymon, ce sortilège n'en demeurait pas moins extrêmement dangereux aux yeux de l'infirmière.
- Saperlipopette !, s'exclama-t-elle en évaluant les dégâts. Qu'est-ce que vous avez bien pu faire pour vous recevoir un sort pareil, Lynch ? Où est-ce que vous êtes encore allé traîner ? Ignorez-vous donc qu'un Feudeymon peut être mortel ?
- Non, je le sais, madame Pomfresh, répondit docilement Ewan en élève bien discipliné, premier de sa classe.
- Hum, grogna l'infirmière. Vous avez encore eu de la chance : celui qui vous a fait ça ne le maîtrisait pas – parce qu'à l'endroit où vous l'avez reçu, ça aurait pu... Enfin, soupira-t-elle résignée, vous êtes là et c'est ce qui compte. Grâce à mes soins et un peu de repos, vous devriez pouvoir vous en remettre assez rapidement. Maintenant ne bougez-plus, je vais procéder à la première application.
Emy entendit aussitôt un hurlement grognant, ou un grognement hurleur, en provenance du lit d'à côté. Car les rideaux avaient beau avoir été tirés, ça ne l'empêchait pas d'entendre tout ce que Ewan et Pomfresh se racontaient.
- Hé !, cria le garçon, furieux. Vous êtes au courant que ça fait mal votre machin, là ?
Apparemment, madame Pomfresh venait de mettre un produit somme toute assez désagréable sur la blessure d'Ewan. Bizarrement, en entendant le garçon râler ainsi, Emy eut une subite envie de pouffer de rire.
- Et vous croyez quoi, jeune homme ?, rétorqua l'infirmière, agacée. Que ça allait vous faire des chatouilles ? Après vous être pris un Feudeymon dans la poitrine, vous êtes bien capable de supporter un peu d'eau qui pique !
- « Qui pique », « qui pique », protesta Ewan. C'est vous qui le dites, que ça pique. Moi, j'appelle ça ronger !
Le pouffement d'Emy se transforma alors dangereusement en éclat de rire. À côté, un silence éloquent la fit soudain taire de gêne. Quelques instants plus tard, l'infirmière reprit la parole.
- Maintenant, vous restez comme ça pendant dix minutes, compris ?, demanda la voix de Pomfresh qui n'attendit même pas la réponse - Emy l'ayant vu soudain apparaître de son côté, baguette dans une main et bandages dans l'autre. Bien, à vous maintenant, dit-elle en faisant signe de la main à Emy de s'asseoir sur son lit. Comment vous sentez-vous ? Avez-vous été blessée quelque part ?, l'interrogea-t-elle en l'inspectant du regard.
Et là, sa petite crise de rire lui pesa brusquement lourd sur la conscience. Elle se rappela tout à coup les raisons pour lesquelles elle n'avait rien alors que juste à côté, le garçon qui lui avait très probablement sauvé la vie endurait de nouvelles douleurs. Emy devint alors toute penaude et murmura :
- Euh... non. Je n'ai d'ailleurs rien eu grâce à... à...
« Ne dis rien »
Elle se figea, se sentant blêmir. La voix d'Ewan venait de résonner dans sa tête comme s'il s'était trouvé à la place de l'infirmière et lui avait dit ces mots face à face. Heureusement, Pomfresh n'avait, semble-t-il, rien remarqué.
- Grâce à quoi ?, poursuivit distraitement cette dernière tout en continuant de l'observer sous toutes les coutures.
La jeune fille dut se reprendre vite et bien.
- Grâce à la chance, envoya-t-elle aussitôt dans un souffle sans réfléchir, d'un ton particulièrement nerveux, qui cette fois-ci, interpella l'infirmière.
- Hum..., grogna-t-elle cependant sans insister. Bon ! Vous semblez effectivement ne pas avoir été blessée physiquement, mais psychologiquement, vous avez besoin de vous reposer. Je vais vous donner à boire un peu de Philtre de Paix : ça vous permettra au moins d'oublier momentanément tout ça et de remettre à plat tout ce qui vous trotte actuellement dans la tête à votre réveil... Parce que j'ai l'impression qu'il y en a des choses qui galopent dans tous les sens là-dedans, dit-elle en montrant la tête d'Emy du doigt d'un air soupçonneux.
Si elle savait...
Là-dessus elle écarta à nouveau les rideaux qui encadraient le lit et s'éloigna quelques instants, le temps d'aller chercher le fameux philtre.
Finalement, Emy songea que dormir durant quelques heures ne serait pas une mauvaise idée. Parce qu'entre ce qu'elle venait de vivre dans la Forêt Interdite et la brutale incursion d'Ewan dans son cerveau, elle avait, comme lui avait soufflé l'infirmière, « beaucoup de choses qui lui galopaient dans la tête » !
Quelques minutes plus tard, Emy avala donc sans rechigner une cuillerée à soupe de Philtre de Paix avant que madame Pomfresh s'en retourne voir ce qu'il en était de son partenaire. Moins de trente secondes plus tard, la jeune fille était déjà endormie dans un sommeil profond et tranquillisant.
- Hé bien !, commenta Pomfresh, qui n'avait fait que jeter un coup d'œil sur le lit d'Emy pour voir si le philtre commençait à agir. Elle n'a pas perdu de temps ! Le philtre a agi drôlement vite sur elle !
- Normal, murmura alors Ewan.
- Vous dites ?, se retourna brusquement l'infirmière vers lui.
- Normal, répéta-t-il en faisant la moue. Avec ce qu'elle est sensible...
- Hum..., râla Pomfresh. Raison de plus pour dire que cette idée de sortie en pleine Forêt Interdire était complètement absurde ! Enfin, maintenant vous êtes tous les deux là, sains et saufs... Quoi que, dit-elle en zyeutant la blessure d'Ewan. Moui... Ça semble agir convenablement. Restez comme ça, Lynch. Et tâchez de vous reposer un peu. Vous voulez un peu de Philtre de Paix, vous aussi ?
Le garçon haussa les sourcils.
- Pour me transformer en Belle au Bois Dormant, railla-t-il. Non, merci !
Pomfresh roula des yeux.
- Vous, c'est à se demander d'où vous sortez.
- Allez savoir..., sourit-il.
L'infirmière se redressa ensuite et replaça toutes ses fioles et autres bandages dans le plateau avec lequel elle était revenue pour soigner le serpentard.
- Restez ici au calme, maintenant. D'ici une heure ou deux, quand l'effet du philtre aura cessé, dit-elle avec un signe de tête dans la direction du lit d'Emy, je pense que vos directeur et directrice viendront vous interroger. Mieux vaut donc que vous ayez l'esprit clair.
Mais pour ça, Ewan était on ne peut plus lucide et savait parfaitement ce qu'il répondrait un peu plus tard.
C'est ainsi qu'à peine madame Pomfresh disparue, il se concentra et donna ses recommandations.
Deux heures plus tard, comme annoncé, Emy commençait à se réveiller doucement lorsque les deux professeurs firent leur apparition dans l'infirmerie.
McGonagall semblait s'être enfin calmée, Rogue, lui, paraissait comme d'habitude : insondable et détaché.
Les deux enseignants commencèrent par interroger le septième année -ce qui arrangea Emy dans la mesure où elle allait pouvoir entendre la version que donnerait son camarade pour en tenir ensuite une équivalente. Lui ayant fait comprendre qu'il ne souhaitait pas qu'elle parle de ce qu'il s'était passé -et lui faisant confiance- elle ferait de son mieux pour faire comme il le souhaitait... Même si elle ignorait encore pourquoi elle s'acharnait à se comporter de la sorte.
Malheureusement, ce qu'Emy n'avait pas prévu dans son brillant plan, c'est que les deux directeurs utiliseraient un sortilège de Protego Totalum durant leur discussion.
D'abord surprise puis contrariée, Emy se demanda ce que cela signifiait ? Avaient-ils donc des doutes sur ce qu'ils allaient leur raconter ? Ça aurait été le monde à l'envers. Parce qu'après tout, les victimes, c'étaient eux !
Passa ainsi un long moment, où partagée entre la frustration et l'inquiétude, Emy attendit que vienne son tour... qui arriva finalement plus tôt qu'elle ne l'avait espéré. Sans signe avant-coureur, apparurent soudain d'entre les rideaux sa directrice accompagnée du Maître des Potions.
Leur mine était grave, fermée. Qu'est-ce qu'Ewan avait bien pu leur dire ? Et qu'est-ce qu'ils avaient bien pu en penser pour tirer des têtes pareilles ? Du coup, malgré le fait de savoir pertinemment qu'elle n'avait rien fait de mal, Emy ne put s'empêcher de se sentir coupable.
En attendant, la première des choses que McGonagall fit quand elle se trouva à côté de son élève ne fut pas de s'intéresser à la mine innocente qu'elle se forçait à adopter, mais plutôt de lancer un sort informulé qu'Emy devina sans peine être un nouveau Protego Totalum.
- Pourquoi cette précaution ?, demanda la jeune fille en fronçant les sourcils.
- Simple question de procédure, répondit seulement sa directrice sans la regarder - alors qu'elle achevait d'ensorceler les rideaux.
- Il faut que nous vous disions en premier lieu que le professeur Dumbledore sera absent jusque tard dans la nuit, commença de son ton indifférent Rogue en la toisant de toute sa hauteur. Nous l'avons néanmoins averti de l'incident dont vous avez été victime et par retour de hibou, il nous a informés qu'il viendrait vous rendre visite ici dès son retour pour prendre de vos nouvelles.
Emy aurait volontiers laissé échapper un petit sourire du fait d'apprendre que le directeur du château passerait la voir, mais Rogue donnait tellement l'impression d'être là de force qu'elle ravala aussitôt son fugace sentiment de réconfort.
- Bien, miss McLane, la fit soudain sursauter McGonagall qui se trouvait à présent droite devant elle, ses mains jointes dans une attitude d'examinatrice. Pourriez-vous nous dire ce qu'il s'est passé ?
Et là, Emy se sentit tout à coup réellement dans la peau du coupable. Car lui paraissant impensable qu'ils n'aient pas déjà posé la même question à Ewan, elle ne put qu'en déduire qu'ils voulaient confronter leur déclaration – et tous les mystères qui entouraient déjà Ewan n'étaient pas faits pour arranger les choses et sortir Emy d'une éventuelle paranoïa. Quoi qu'il en fut, à moins de vouloir attiser une méfiance injustifiée à ses yeux, elle n'eut d'autre choix que de se lancer à son tour dans son récit, en espérant ne rien dire de compromettant pour celui qui lui avait sauvé la vie.
D'un ton le plus naturel possible, elle leur raconta donc dans un premier temps leur départ dans la forêt avec Hagrid, leur rencontre avec les centaures, l'arrivée aussi soudaine qu'imprévisible de cette bourrasque, le départ -qu'elle tenta, de bon cœur, de minimiser- du garde chasse et enfin, point qui expliquait la présence des deux enseignants en ces lieux, cette attaque incompréhensible.
Arrivée là, malgré le fait de se sentir plus nerveuse, Emy essaya de paraître la plus claire tout en demeurant légèrement dans le vague. Elle tenta de donner l'impression de dire tout se dont elle se rappelait, exagérant parfois ses poses de réflexion, afin que McGonagall et Rogue soient dissuadés de rentrer plus en détail dans le sujet. Malheureusement, c'était compter sans l'opiniâtreté de ces deux-là.
- Je comprends que vous soyez encore troublée et que certaines choses aient pu vous échapper, mais vous devinez j'imagine que c'est cette attaque dont vous avez été victime qui nous préoccupe le plus, miss McLane, reprit McGonagall sans la lâcher du regard. Pourriez-vous essayer d'être un peu plus précise quant à la manière dont tout cela a eu lieu ?
- Euh...
Euh... Euh... Euh... Qu'est-ce qu'il lui fallait d'autre ? Elle avait senti une présence ; tout à coup, un sort avait été lancé sans comprendre d'où ni de qui il provenait et Piouff !, plus rien. Emy s'était retrouvée perdue en plein milieu de la forêt avec son camarade sérieusement touché à ses côtés.
Ce n'était pas assez mélo-dramatique ni attendrissant comme version pour qu'ils la laissent tranquille ? Hé bien, à l'évidence : « non ».
Qu'est-ce qu'elle pouvait dire d'autre ? Qu'est-ce qu'ils attendaient d'elle ?
Emy sentait la panique la gagner. Et le pire, c'est qu'elle savait que ce genre de réaction n'allait pas jouer en sa faveur. Être amnésique sur certains points était une chose, mais paraître tout à coup gênée de parler en était une autre.
...pile poil ce qu'il fallait pour poursuivre l'interrogatoire.
Elle soupira. Dans quel pétrin elle se trouvait encore.
C'est à ce moment que pour la seconde fois, sans autorisation préalable -mais comme répondant à son souhait de savoir quoi dire- malgré le sort d'isolement lancé par une directrice de Poudlard, elle entendit cette voix familière lui parler dans sa tête comme si Ewan s'était trouvé juste à côté d'elle.
Incapable de se retenir -certainement par manque d'habitude- Emy tressaillit.
« Nous marchions et je t'ai dit tout à coup de venir te mettre à l'abri derrière moi. J'ai immédiatement lancé un maléfice d'Entrave qui a amoindri le sort qu'on venait de nous lancer. Tu ignores de qui il s'agit, mais avec toutes les animosités que j'attise, tu penses qu'il s'agit d'un élève malintentionné qui a profité de l'occasion pour m'attaquer ».
Elle s'était repris aussitôt –bien que pas assez vite pour ne pas intriguer les deux directeurs– et tâchait à présent d'écouter sans donner l'air de suivre une leçon.
- Miss McLane ?, fit effectivement McGonagall, un sourcil relevé. Vous ne vous sentez pas bien ?
Rogue, lui, était resté silencieux et horriblement observateur.
- Hein ? Euh... Pardon, professeur, s'excusa maladroitement Emy en rougissant. J'étais... J'étais en train d'essayer de remettre en ordre les évènements tels qu'ils m'avaient semblé avoir eu lieu..., sourit-elle très crispée.
Mais contre toute attente, sa directrice se montra compréhensive.
- Oui, bien sûr. Mais ne vous inquiétez pas : nous nous doutons qu'après une telle agression, vous soyez encore secouée. Mais de votre côté, vous comprenez que chaque élément peut nous être utile, n'est-ce pas ?
- Bien sûr, professeur, dit Emy de sa petite voix. Hé bien dans ce cas...
Et de leur raconter par la suite, avec ses propres mots, ce qu'il s'était soi-disant passé.
- Hum... Ainsi, vous n'avez pas pu voir de qui il s'agissait ?, résuma McGonagall déçue.
- Non, je suis désolée, répondit Emy sans se forcer pour prendre un air de circonstance – étant quand même relativement désabusée elle-aussi de ne pas savoir qui lui en voulait en vérité à elle.
- Et concernant les personnes auxquelles vous faites allusion quand vous parlez d'« animosités » envers monsieur Lynch, s'intéressa pour la première fois Rogue, ses petits yeux plissés braqués sur elle. Vous auriez des idées un peu plus précises sur la question ?
Bon, au moins, là, elle n'avait qu'à être sincère – ça irait très bien.
- Ben... Vous savez, professeur Rogue, y alla-t-elle doucement pour ne pas s'attirer les foudres du Maître des Potions qui pourrait prendre de travers le fait d'entendre des propos désobligeants allant à l'encontre de l'un de ses meilleurs élèves, il suffit de voir ce qu'il s'est passé en début d'année quand les autres ont appris que c'était moi qui allait travailler avec lui. Euh... Presque tout le monde m'a fait ses condoléances tellement Ewan jouit d'une réputation... Comment dire ?... difficile, grimaça-t-elle.
Et là, elle jeta un regard suppliant vers sa directrice en espérant que celle-ci prendrait sa défense s'il advenait que son confrère tente de la fustiger sur place. Fort heureusement, rien de tel ne se produisit. Rogue se contenta de renifler dédaigneusement, pinça les lèvres mais ne dit rien.
...et lorsqu'Emy remarqua soudain l'imperceptible rictus qui disparut aussi vite que ce qu'il n'était apparu aux coins des lèvres de McGonagall, elle se demanda si la réaction du directeur de Serpentard n'était pas plus liée à la joie que sa consœur venait d'éprouver à l'entente de tels dires irréfutables plutôt qu'aux propos en eux-même.
- Hum... Oui, je vois ce que vous voulez dire, miss McLane, balaya négligemment Rogue. Un élève de Serpentard, qui en plus, fait montre de telles capacités, crée forcément la jalousie autour de lui.
Emy et McGonagall faillirent s'étouffer. Cet homme était tout bonnement incroyable ! Même en lui mettant les preuves les plus confondantes possibles sous le nez, Rogue -et sa mauvaise foi- se débrouillait encore pour y trouver quelques compliments pour sa maison.
- Donc si on vous suit bien, reprit McGonagall après avoir inspiré un bon coup, si on se fie à se que vous venez de nous dire, on peut suspecter les trois-quarts des trois dernières années de Poudlard.
Emy ne put y répondre qu'en faisant une petite grimace d'assentiment.
- Hé bien ! Avec ça, nous voilà servis, souffla la directrice de Gryffondor avant de prendre une posture de départ. Nous vous remercions pour avoir pris sur vous pour répondre à nos questions, miss McLane, la salua-t-elle. Nous allons vous laisser vous reposer, maintenant. Comme vous l'a déjà dit le professeur Rogue, vous aurez certainement la visite de notre directeur un peu plus tard.
- Oui. Bien professeur...
Et alors que les deux enseignants allaient s'en aller après avoir levé le sortilège d'isolement, Rogue se retourna une dernière fois vers Emy.
- Au fait, concernant cette fameuse bourrasque... Savez-vous qui aurait pu la provoquer ?, demanda-t-il tranquillement, comme si l'idée venait à l'instant de lui germer dans l'esprit – mais en arborant pourtant un air calculateur qui disait tout le contraire.
- « Qui aurait pu la provoquer » ?, répéta Emy sans comprendre. Mis à part un phénomène météorologique, je ne vois pas professeur.
Rogue esquissa alors un rictus puis s'en alla, suivi de McGonagall qui gratifia plutôt Emy d'un sourire aimable.
Sitôt les deux enseignants disparus, Emy se laissa mollement tomber contre son oreiller et soupira profondément. Quelle soirée, mais quelle soirée ! Et dire qu'à la base, il s'agissait seulement d'aller voir quelques bestioles dans la forêt.
Elle avait beau avoir dormi deux heures grâce au Philtre de Paix, elle se sentait épuisée – et le stress engendré par la visite des deux bras droits de Dumbledore n'avait en rien arrangé son état. En outre, quand lui revinrent brusquement en mémoire les deux interventions de son voisin de lit, elle en fut encore plus troublée...
Passées quelques minutes, Emy voulut savoir s'ils étaient à présent bien seuls dans l'infirmerie.
Prudemment, elle se pencha hors de son lit et écarta doucement les rideaux. Elle eut alors non-seulement la confirmation qu'aucun autre lit n'était occupé, mais également que l'infirmière, dont elle distingua la silhouette au travers de la vitre opaque de son bureau, se trouvait à l'écart de la salle.
Ainsi, malgré la fatigue et sa tête qui commençait à lui faire mal à force de trop réfléchir sur des choses qu'elle ne maîtrisait pas, elle se décida à tenter d'obtenir une explication.
- Ewan..., chuchota-t-elle en se tournant vers les rideaux qui entouraient le lit du jeune homme.
« Pas maintenant ! »
Elle cligna des yeux, incrédule puis bougon. Raaah ! Voilà qu'elle voulait justement savoir comment il faisait pour lui parler de la sorte, d'une manière que même les sorciers les plus aguerris ne pouvaient percevoir ou entraver, et que lui, ne trouvait rien de mieux que de lui parler comme ça, en donnant même l'étrange impression de répondre à une question qu'elle n'avait fait que penser mais qu'il avait pourtant entendue.
Elle en eut un frisson. Il n'avait quand même pas le pouvoir de lire dans ses pensées sans avoir besoin d'être face à elle ou d'utiliser la Légilimencie ? Elle s'en rendrait compte, quand même !
...tiens, voilà autre chose qu'il ne faudra pas qu'il oublie de lui expliquer.
En tout cas, elle espéra qu'il ne prendrait pas l'habitude la venir la « voir » comme ça, sans prévenir – ça avait un côté un peu perturbant et voyeuriste.
Plus tard dans la nuit, comme prévu, Dumbledore se présenta à l'infirmerie.
Toujours soucieux de la sécurité de ceux qu'il abritait dans son château, à peine fut-il rentré de l'un de ses nombreux et mystérieux voyages que McGonagall lui exposa les faits plus en détail et lui rapporta les éléments pour le moment recueillis.
Sans plus attendre, le directeur de Poudlard se rendit alors à l'infirmerie où il trouva sans grande surprise Ewan éveillé et Emy profondément endormie.
- Inutile de la réveiller, je pense, professeur, lui dit poliment le garçon. Elle n'aurait de toute façon rien de plus à raconter que ce qu'elle n'a déjà dit à vos collègues. Elle a avant tout besoin de s'éloigner de tout ça.
Dumbledore regarda alors Ewan par-dessus ses lunettes en demi-lune, comme il avait l'habitude de le faire lorsque quelque chose l'intriguait et qu'il essayait de voir au-delà du visible. Mais en l'occurrence, rien en dehors d'une forme de protection amicale ne jaillit de derrière les paroles du jeune homme.
- Je le pense également, sourit-il bienveillant en faisant apparaître une chaise près du lit, sur laquelle il s'assit. Se retrouver ainsi mêlée à de tels évènements a dû être suffisamment pénible pour elle. Autant la laisser tranquille.
Ewan eut un regard remerciant.
- Mais toi, Ewan, lui demanda doucement Dumbledore. Tu ne sembles pas trop éprouvé par tout ce qu'il vient de t'arriver – que cela soit d'un point de vue physique ou moral.
Le garçon souffla.
- Vous savez comment je suis considéré ici, professeur, lança-t-il sans émotion. Ce genre de chose ne m'est pas inconnue... Même si cette fois-ci, j'admets que cela aura dépassé de loin ce à quoi je pouvais m'attendre.
Il avait terminé sa phrase d'un ton différent où avait percé autre chose qu'un fatalisme. Instinctivement, Dumbledore y perçut une forme d'étonnement mêlé de...de menace sous-jacente.
Mais bien que le vieux sorcier savait pertinemment que son élève était conscient qu'il avait reçu le message, il ne releva pas. Au contraire,
- J'ignorais que tu pouvais être apprécié de la sorte, dit-il d'un air pensif avant de marquer une courte pause. Et concernant la personne qui t'a attaqué, tu n'as toujours aucune idée de qui il pourrait s'agir ?
- Absolument pas, répondit Ewan en donnant l'air de retenir un sourire.
Les deux se fixèrent quelques instants sans qu'aucun mot ne soit prononcé. L'ambiance n'était pas devenue lourde ou mauvaise, mais à l'évidence, l'un souhaitait des réponses que l'autre n'était pas disposé à lui fournir.
Dumbledore se redressa donc et fit disparaître sa chaise d'un coup de baguette magique. Il souhaita ensuite une bonne nuit ainsi qu'un bon rétablissement à son élève puis retourna vers son bureau, sachant déjà ce qu'il avait à y faire, son esprit à présent préoccupé par tout ce que cette discussion et cet incident évoquaient en lui.
- Pour l'amour du ciel, Filius ! Que vous a-t-il pris de faire une chose pareille ?
Il aurait été difficile de dire si Dumbledore était plus scandalisé ou énervé. Le fait est que, malgré l'heure très tardive, dès sa sortie de l'infirmerie, le professeur d'Enchantements et le directeur de Poudlard s'étaient retrouvés dans le bureau de ce dernier en présence des professeurs Rogue et McGonagall, évidemment pas couchés, pour parler de l'actualité brûlante du jour.
...et le moins que l'on puisse dire, c'est que cette fois-ci, l'ambiance n'était pas à la fête.
- Il fallait que je le prouve, Dumbledore !, se défendit Flitwick d'un ton précipité, trépignant nerveusement d'un côté du bureau, tandis que son directeur lui faisait face, assis immobile de l'autre côté. Vous ne m'avez jamais soutenu dans ma démarche ni conforté dans mon opinion. Il n'y avait que cette solution : que je le prouve pour que vous ne puissiez plus vous interposer comme vous l'avez fait jusqu'à présent. Et voyez le résultat ! Au-delà de ce que nous aurions pu espérer, j'ai même réussi à...
- Filius, le coupa Dumbledore avec une colère contenue bien inhabituelle. Vous ne semblez pas comprendre le problème ou réaliser la gravité de vos actes. Il n'a jamais été question d'agresser qui que ce soit – « jamais », entendez-vous ?, insista-t-il, ses yeux bleus soudain assombris. Nous devons nous contenter pour le moment de les identifier. Vous rendez-vous compte que vous aviez l'intention d'intenter à la vie d'une élève de mon école ? Sachez que tant que je serai le responsable et le gardien de ce château, je ne tolèrerai jamais de tels agissements.
Le ton était calme, mais si froid, si inquiétant. Rogue, en spectateur généralement silencieux, se contenta de suivre le dialogue. Mais McGonagall, d'ordinaire plus encline à interrompre des échanges en cas d'incompréhension, se garda bien de dire quoi que ce soit. La seule manière dont Dumbledore fixait Flitwick lui suffisait à deviner le fond de sa pensée et en aucun cas elle ne souhaitait être associée de près ou de loin à de tels sentiments.
- Que vous ne me souteniez pas ne me surprend pas Dumbledore, renifla aigrement Flitwick. Votre manière de penser, votre approche du problème et votre implication sont si différentes des miennes, souffla-t-il comme si personne ne pouvait se mettre à sa place. Mais vous ne pourrez pas faire comme si vous ne l'aviez pas remarqué : Ewan Lynch ! Ewan Lynch est l'un des leurs aussi !
Rogue fronça les sourcils. McGonagall ne put cacher sa surprise. Dumbledore croisa ses longs doigts sous son menton et attendit que Flitwick poursuive – même si...
- Un sortilège Feudeymon !, dénigra le minuscule sorcier. Il ne s'agissait même pas de sorcellerie ! J'ai senti la protection se former puis se briser après mon premier jet ; j'ai vu ce garçon s'interposer délibérément entre le second sort et cette fille pour la protéger. Un tel sort, Dumbledore, n'aurait eu aucun effet sur un véritable sorcier – il sait donc qui elle est pour avoir agi ainsi. Quant à un magicien... Aucun d'eux normalement, après avoir reçu de plein fouet un sort aussi puissant, n'aurait pu...
Mais Flitwick préféra ne pas terminer cette phrase, sachant qu'elle relancerait les menaces d'un peu plus tôt.
- Mais il s'est non-seulement relevé, mais en plus, il a pu masquer les blessures infligées par le sortilège !... et c'est là un pouvoir véritablement stupéfiant. Quelle preuve vous faut-il donc encore ? Combien souhaitez encore en identifier avant de passer à l'action ?, s'énerva Flitwick. Nous en tenons deux, Dumbledore ! Deux !
Un silence lourd et épais se posa quelques instants sur la pièce circulaire. Dumbledore soupira profondément et se laissa aller contre le dossier de son fauteuil, tandis que Flitwick le regardait intensément de l'autre côté de la table, une main crispée sur l'accoudoir d'une des chaises qui accueillaient d'ordinaire les visiteurs.
- Filius, dit enfin calmement le vieux sorcier d'un ton où perçait sa lassitude, nous avons déjà évoqué ensemble le cas de miss McLane, et depuis, j'ai le regret de vous annoncer que mon avis sur la question n'a pas changé. De plus, même si je concède volontiers qu'il y a de fortes chances pour que monsieur Lynch soit bien l'une des personnes que nous recherchons -en allant même jusqu'à formuler l'hypothèse qu'il puisse être le leader de ce groupe- si je ne m'abuse, compte tenu de tout ce qu'il s'est passé jusqu'à présent, il nous reste encore pas moins de deux personnes à identifier. Et maintenant qu'ils savent que l'un des leurs va être étroitement surveillé -et que leur intelligence me pousse à penser qu'ils savent que nous n'agirons pas tant que nous ne les aurons pas tous découverts- ils vont très certainement se montrer encore plus prudents. Ainsi, votre manque de réflexion a donc non-seulement failli coûter la vie à une jeune fille innocente, mais il aura également considérablement amenuisé nos chances de les découvrir avant qu'ils ne tentent de détruire le Joyaux.
Les trois autres enseignants en restèrent stupéfaits.
Depuis combien de temps Dumbledore se doutait-il qu'Ewan était l'un des « intrus » ? Pourquoi ne leur en avait-il pas parlé plut tôt ? Qu'attendait-il pour un tant soit peu agir, lui, si intelligent ? Et dans ces conditions, qu'avait-il bien pu se dire entre lui et le septième année de Serpentard, quand il était allé lui rendre visite à l'infirmerie un peu plus tôt ?
Que ce soit McGonagall, Flitwick ou Rogue, chacun des trois aurait été curieux de le savoir.
- Et je tiens dès à présent à vous mettre en garde, tous ici présents, poursuivit soudain Dumbledore d'un ton grave et sans réplique. Même si nous parvenions à les identifier à temps, il est hors de question que nous leur fassions le moindre mal.
À ces mots, le Maître des Potions et le professeur de Métamorphose eurent la même réaction parfaitement synchronisée : des sourcils en accent circonflexe agrémentés d'une mine d'incrédule. Mais Flitwick, lui, ne l'entendit pas ainsi.
- C'est de la folie Dumbledore !, s'écria-t-il. Que croyez-vous donc qu'ils feront s'ils sont tous découverts avant d'avoir pu mener leur projet à bien ? Auront-ils la moindre pitié – comme vous semblez en avoir tant pour eux ? Certainement pas ! Ça sera eux ou nous, Dumbledore, rien de plus !
- Filius, répondit calmement son directeur. J'ai fort heureusement plus d'espoir que vous et suis persuadé que leurs actes ne les mèneront pas vers de telles extrémités. Ceci-dit, n'oubliez également pas une chose -et pas des moindres- : même si la magie féérique a un ascendant certain sur la sorcellerie, je possède quelques aptitudes qui me permettront de vous protéger tous – et c'est ce que je ferai tant que j'en aurai la force.
- Mais...
- Cela suffit maintenant, Filius, le coupa poliment mais autoritairement Dumbledore. Je vous demanderai donc désormais de ne plus vous lancer dans de telles initiatives.
- Et maintenant, ça sera tout.
À peine Flitwick eut-il fermé rageusement la grande porte de chêne derrière lui, que McGonagall et Rogue reportèrent leur attention vers Dumbledore.
- Lynch serait donc à la tête du groupe..., murmura Rogue, intrigué.
- Et Emy McLane... Aaah... C'est inimaginable, avoua McGonagall en rajustant ses lunettes.
Dumbledore leur sourit - de manière un peu vexante d'ailleurs.
- Concernant Lynch, expliqua cependant d'une voix calme et à nouveau sereine le vieux sorcier, qu'il s'agisse de ses capacités, réactions mais surtout, du choix du Choixpeau Magique, tout va en effet dans ce sens. Mais je reconnais que je n'ai commencé à m'intéresser sérieusement à lui qu'au moment où notre ami Filius m'a rapporté que miss McLane avait fait montre durant l'une de ses séances au club d'enchantements, non-pas de potentiel de sorcière, mais de magicienne. Du coup, contrairement à ce que beaucoup auraient fait, dit-il avec malice en observant les airs perplexes de ses collègues, mon attention s'est portée non-pas sur elle, mais plutôt sur la personne avec qui le Choixpeau avait décidé de la mettre. Car si elle appartient bien à ce Royaume méconnu -ou en est l'une des descendantes, comme je le soupçonne plutôt-, celui ou celle avec qui elle ferait équipe aurait forcément des liens avec son pouvoir.
- C'est la raison pour laquelle vous avez tenu à ce que ce soit le Choixpeau qui constitue les binômes !, comprit alors McGonagall, son visage illuminé.
- Exactement, lui sourit Dumbledore. Lui seul s'était déjà posé sur la tête de tous les élèves ici présents. Lui seul –même si je suppose qu'à l'époque, ils avaient employé un charme puissant pour masquer en grande partie leur véritable identité– pouvait réaliser des binômes qui s'accorderaient...dans certains cas, ajouta-t-il amusé en pensant à des partenariats saugrenus comme Ron et Flint ou Fred et Parkinson.
- Mais, s'interrogea Rogue, plus sérieux que les deux autres, cela signifierait-il que les deux autres personnes restant à identifier sont également avec des êtres comme eux ?
- Pas forcément, annonça Dumbledore en faisant la moue. Seul le descendant d'Idhren possède les plus puissants pouvoirs et le Choixpeau a certes d'immenses qualités, mais il ne les a pas toutes. Donc même s'il a réussi à trouver une personne s'accordant au mieux avec Lynch parmi les cinquième année, il y a fort à parier que les deux autres septième année soient avec des personnes qui leur correspondraient seulement de par leur caractère.
- Hum... Je vois, fit Rogue qui se plongea aussitôt dans la réflexion.
Quant à sa consœur,
- Ouff !, souffla-t-elle en s'autorisant à s'asseoir sur l'un des fauteuils, l'air fatigué, le chapeau légèrement de travers.
- Qu'y a-t-il Minerva ?, s'étonna Dumbledore – tandis que Rogue, habitué au phénomène, préféra rester concentré.
- Hé bien... Dans ces conditions, que devons-nous faire ?
- Rester vigilants, tout simplement, annonça Dumbledore avec un grand sourire – comme lui seul pouvait en faire quand tout le monde aurait plutôt envie de pleurer. Si vous remarquez quoi que ce soit, montrez-vous - pour le moment, ça devrait être suffisant.
- Ah bon ?
- Mais oui. Comprenez que nous sommes pleinement rentrés dans un jeu du chat et de la souris. Seulement, en fonction de comment on regarde les choses, nous sommes à la fois les traqueurs et les traqués.
- Par ma foi, ça promet des moments riches en émotions !, s'effondra McGonagall.
- Ne nous y sommes-nous pas préparés depuis le début ?, demanda paisiblement Dumbledore en regardant ses deux fidèles.
Mes les deux fidèles en question préférèrent ne pas répondre.
- Et si l'on ajoute à cette ambiance inhabituelle l'excitation qu'engendrera le bal..., sous-entendit malicieusement le vieux sorcier qui observa de son regard pétillant la réaction des deux autres.
- « Le bal » ?, s'exclama McGonagall en bondissant de son fauteuil. Albus ! Ne nous dites pas que malgré tout ce qui se passe en ce moment, vous avez l'intention de maintenir cet évènement ?
Rogue connaissait déjà la réponse. Et c'est dans un soupir mesuré qu'il entendit en effet :
- Justement ma chère. Il pourrait fort bien trouver sa place à jouer dans toute cette affaire...
Et c'est en se sentant bien loin de la réjouissance qui semblait animer leur directeur à la perspective d'un bal qui pourrait se terminer en bain de sang, que Rogue et McGonagall saluèrent Dumbledore et prirent congé.
Mais une fois seul dans son grand bureau, l'expression réjouie du vieux sorcier disparut et des rides de soucis apparurent sur son front. Il se leva de son fauteuil et s'avança vers la fenêtre où ne filtrait qu'un léger rayon de lune dans la noirceur de la nuit.
« Que nous réserves-tu, Ewan ? »
