Note : Salut tout le monde ^^ ! Hé voilà le chapitre suivant. Bonne lecture et bon week-end à tous ;) !
Après une nuit de repos, Emy fut autorisée à quitter l'infirmerie dès le lendemain matin, après qu'elle y eut pris son petit-déjeuner. Par contre, compte tenu de son état -et malgré ses vives protestations-, Ewan fut prié par madame Pomfresh de rester encore en observation. Elle eut beau reconnaître que ses blessures guérissaient vite et bien, après le choc que son organisme venait de subir, elle affirma qu'il devait encore passer quelques heures couché. Le septième année ne serait donc autorisé à quitter son lit qu'en fin d'après-midi – à condition s'il se tienne tranquille jusque là.
... ce qui eut le don de mettre le garçon d'une humeur massacrante de bon matin.
De son côté, perdue dans ses pensées, Emy songea en terminant de s'habiller que la nouvelle concernant leur agression ayant certainement déjà dû faire plusieurs fois le tour du château, elle devait être attendue dans sa salle commune comme le loup blanc.
Passablement résignée à l'idée de devoir bientôt affronter des visages curieux et des questions personnelles, elle s'apprêtait à s'en aller. Cependant, avant de partir, elle avait tenu à dire au revoir à Ewan.
Sachant qu'il devrait encore passer toute une journée seul dans cette pièce froide et désaffectée, elle se dit qu'un petit signe de compassion amicale lui mettrait peut-être un peu de baume au cœur...
Prête, elle écarta doucement les rideaux qui entouraient son lit et eut alors la surprise de découvrir le garçon, visible de tous, allongé sur son matelas, le haut de son pyjama déboutonné laissant entrevoir un impressionnant bandage qui lui recouvrait la moitié du torse.
Il la fixait, silencieux et insondable, tandis qu'Emy rougit en esquissant une grimace. Il était là, dans cet état par sa faute, alors qu'elle, allait bientôt pouvoir rejoindre ses amis, libre de plaisanter et de profiter de sa journée comme bon lui semblerait...
Elle soupira, responsable, mais réussit à se reprendre, tentant alors d'afficher une mine plus joyeuse. Elle leva un timide regard vers Ewan en espérant trouver les mots adéquats pour le réconforter et allait faire un pas vers lui quand :
- Pourquoi tu restes plantée là comme une souche, McLane ?, lança-t-il grincheux. T'es pas pressée d'aller rejoindre tes p'tits copains ?
Emy se figea sur place, n'en croyant pas ses oreilles. Mais quelle langue de vipère quand il s'y mettait ! Elle n'avait encore jamais rencontré une tête de lard pareille ! Pour sûr, à se comporter tout le temps comme ça avec elle, il finirait par la rendre chèvre !
Mais malgré l'envie qui lui prit soudain de lui tirer la langue avant de le laisser en plan, tout seul, dans cette sale empestant les produits désinfectants, là où il lui faudrait encore mijoter un bon moment avant d'avoir le droit de mettre les deux pieds par-terre, Emy se calma bien vite en se disant qu'il était de toute façon comme ça, que probablement rien ni personne ne le ferait jamais changer et que de toute façon, c'était comme ça qu'elle...
Réalisant soudain vers quoi son esprit dérivait et se rappelant surtout que ce garçon semblait pouvoir l'espionner quand bon lui semblait, Emy avala rapidement sa salive de travers. Passées ensuite quelques secondes à s'observer tous les deux, la jeune fille soupira, bienveillante, et s'avança lentement vers le lit. Elle s'arrêta tout près et joignit ses mains - qu'elle crispa nerveusement contre elle.
- Merci Ewan, dit-elle alors doucement, se sentant terriblement gênée. Merci de m'avoir protégée. Je sais bien que c'est moi qui devrais être là, à ta place. Alors...
Il lui attrapa soudain les mains -la faisant se sentir plus bizarre encore- et plongea ses yeux dans les siens. Il avait l'air si décidé, si soudainement mélancolique... triste.
- Je te promets que jamais plus personne ne te fera du mal.
Ce fut tout, mais ce fut aussi tellement. Emy ne trouva rien à dire, rien à répondre. Elle se savait si loin de la vérité, de comprendre tout ce qu'il se passait autour d'elle. Elle aurait voulu lui répondre « merci », que ça la touchait bien au-delà de ce que cela aurait dû le faire, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge.
À cet instant, elle réalisa qu'elle ferait mieux de partir.
Le fait que ce jour-là fut un dimanche expliqua que la salle commune de Gryffondor était encore particulièrement animée à cette heure avancée de la matinée. Mais lorsqu'Emy y fit son apparition, un silence brutal s'abattit tout à coup sur la pièce circulaire, avant de laisser place à l'explosion de questions tournant rapidement au brouhaha que la jeune fille avait redoutée.
Dans tout ce bruit, Emy ne put entendre le raclement de trois chaises en particulier qui supportaient jusqu'alors ses amis. Mais lorsqu'elle vit soudain, émergeant de la foule qui s'était amassée autour d'elle, les visages souriants d'Hermione, Harry et Ron, elle ressentit une vague de soulagement immense.
- Emy ! Te voilà enfin !, s'écria Hermione, qui écarta sans cérémonie qui la gêna pour se jeter à son cou. Si tu savais comme nous avons été inquiets !
- Ouaip !, confirma Ron, qui avait réussi à se frayer un chemin entre ses camarades. Pour ça, on peu dire que tu nous auras fait une sacrée peur.
- Pardon, dit doucement Emy avec un sourire d'excuse.
- T'excuse pas !, lui dit Harry – qui dut crier tant les bavardages persistaient autour d'eux. Du peu qu'on a appris, tu es loin d'être fautive dans l'affaire, en plus.
- Aller Emy !, l'encouragea Ron en lui attrapant le bras. Viens un peu par là pour nous raconter tout ça.
Mais tandis que Ron essayait de l'entraîner à l'écart, sur l'une des chaises précédemment occupées, sous les regards avides des autres,
- Ron !, le reprit Hermione. Ne traite pas Emy comme une bête de foire !
- Hein ?
- Mais oui ! Regarde-toi un peu ! À peine est-elle de nouveau parmi nous, après avoir vécu de terribles évènements, que tu es là à lui demander déjà ce qu'il s'est passé. Elle n'a peut-être pas envie d'en parler.
Ron lança alors un coup d'œil interrogateur vers Emy, puis baissa la tête.
- Pardon, marmonna-t-il.
- Ce n'est rien, allons !, s'empressa de le rassurer la jeune fille. Disons que pour partie, Hermione a raison. Je préfèrerais que...
- N'en dit pas plus, la coupa Ron en prenant un air sérieux avant de se lever vers ceux qui les avaient suivis dans l'espoir d'entendre un récit palpitant. Vous avez entendu, vous autres ?, se mit-il brusquement à crier. Allez ouste ! Du vent ! Elle a besoin d'un peu respirer !
Emy regarda Hermione et Harry avec un air effaré. Mais les deux autres étaient loin de présenter la même tête. Harry affichait un sourire jusqu'aux oreilles, tandis qu'Hermione se plaqua une main sur le front, complètement désespérée.
- Mais quel manque de tact, soupira-t-elle avant de se tourner vers son amie. Viens t'assoir Emy... À moins que tu ne préfères monter te reposer dans ton lit... Ou que tu veuilles plutôt aller faire un tour dans le parc – il fait beau aujourd'hui, on pourrait en profiter.
- Euh... Non merci, répondit Emy qui s'était déjà installée. Ça va aller. Je me languissais seulement de vous revoir et vous êtes là. Je n'ai besoin de rien d'autre.
Sa phrase avait vocation à rassurer tout le monde, mais Hermione et Harry trouvèrent cependant un air fatigué à Emy qui contrastait avec sa déclaration. Cependant, après ce qu'elle venait de vivre, cela n'avait rien de très étonnant.
Quelques minutes plus tard, après avoir pris soin d'expédier tous les autres élèves vers d'autres occupations, Ron vint les rejoindre. Son intervention avait été efficace – peut-être pas tout à fait au goût d'Hermione, mais tout de même efficace : il ne restait en effet plus qu'une dizaine d'élèves ça et là dans la salle commune, élèves qui ne semblaient plus vraiment prêter attention à Emy, convaincus par un Weasley digne de ce nom qu'il n'y aurait rien à apprendre de la bouche de leur camarade.
Mais paradoxalement :
- Alors Emy, lui dit Ron tout enjoué, raconte !
Hermione écarquilla les yeux, prête à lui fondre dessus comme un oiseau de proie, quand Emy posa une main conciliante sur son épaule.
- Laisse Hermione, ça va aller. Et puis, vous, je ne vais pas vous laisser dans l'inconnu tout de même.
- Oh mais... Tu n'es pas obligée !, insista Hermione.
- C'est vrai, on comprendrait, tu sais, rajouta Harry.
- Non, non, vas-y, raconte !, s'enthousiasma Ron.
Et Emy de leur raconter alors ce qu'il s'était passé – mais en ne pouvant cependant se résoudre à leur dire l'entière vérité. Elle avait beau avoir une grande confiance en ses amis, une demande lui avait été faite. Et même si elle ne comprenait pas encore pourquoi, ni ce qu'il se cachait derrière tant de mystères, elle avait la certitude qu'elle se devait de garder cette attitude complice. C'était trop important pour lui...
- ...et madame Pomfresh m'a dit ce matin que je pouvais quitter l'infirmerie, conclut-elle.
- Hé ben, ça alors !, soufflèrent Ron et Harry en regardant Emy avec des yeux ronds. Y'a pas à dire, ajouta Ron, cette Forêt Interdite... Brrrrr... Rien que d'y penser..., marmonna-t-il. C'était vraiment une drôle d'idée de vous envoyer là-bas.
- Pas tant que ça, objecta Hermione en prenant un air docte. Compte tenu du sujet de leur dossier, je trouve que c'était plutôt bien pensé. Mais... peut-être cela aurait été plus prudent de faire ça en pleine journée.
- ... Et à l'évidence, pas en la seule compagnie de Hagrid, soupira Harry en remuant la tête. Dès qu'il voit l'une de ses grosses bébêtes terrifiantes et repoussantes, c'est plus fort que lui, il oublie tout le reste.
- Ne lui en voulez pas trop, dit Emy en haussant les épaules. Je ne sais pas si Hagrid aurait pu faire quelque chose, en définitive. Peut-être même aurait-il été blessé lui aussi...
Hermione remarqua alors la peine que dégagea Emy en disant cela. Elle eut cependant cette drôle d'impression que ce n'était pas la situation dans laquelle Hagrid aurait pu se trouver qui la mit dans cet état.
- En tout cas, fit observer Ron, incrédule, le moins que l'on puisse dire, c'est que ce Lynch a sacrément la peau dure. Parce que pour encaisser un Feudeymon, même mal lancé, comme ça, à bout portant, faut être sacrément costaud.
- Euh... oui, murmura Emy qui détourna rapidement le regard et s'intéressa à la cheminée, cherchant à cacher une expression qui interpella pour la seconde fois Hermione.
- Tu parles !, s'exclama soudain une voix à quelques mètres d'eux qui les fit tous sursauter. Dommage qu'il n'y soit pas resté plutôt, oui ! Ça aurait fait un peu de ménage dans ce château !
Les quatre se retournèrent aussitôt vers un McLaggen à la mine hargneuse qui avait discrètement et impoliment écouté le récit d'Emy depuis un recoin contre la cheminée.
Durant les minutes qui suivirent cette exclamation, il n'y eut pas un bruit, pas un mouvement dans la salle. Aucun de ceux qui n'étaient alors que spectateurs n'osèrent bouger. Tous attendaient, dans une atmosphère devenue soudain tendue, se demandant comment ce défoulement allait être pris.
Harry, Ron, Hermione et Emy restèrent dans un premier temps stupéfaits.
- Quoi ?, demanda McLaggen avec agressivité en balayant la pièce du regard. Qu'est-ce que vous avez, tous, à faire ces têtes ? Je vous signale, bande d'hypocrites, que je ne fais que dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas ! Ce type n'est rien d'autre qu'une sale espèce de...
Emy sentit tout à coup une boule de colère grossir en elle, la faisant bientôt trembler. Elle savait pertinemment qu'Ewan n'était pas apprécié de beaucoup. Mais en attendant McLaggen faire sa déclaration, ce fut encore pire. Elle s'imagina brusquement le sentiment de joie qui avait animé certains de ses camarades lorsqu'ils avaient appris qu'il avait été blessé, et qui plus est, par un sort aussi dangereux.
Écœurée à cette seule pensée, elle fixa McLaggen qu'elle savait rancunier et, dans un élan de colère, se leva subitement de table et s'avança à grandes enjambées vers lui avant de... Clac ! Elle lui tira une claque retentissante qui médusa tout le monde – à commencer par l'intéressé qui posa machinalement une main sur sa joue rougissante sans bouger.
Emy resta devant lui, le dévisageant avec dégoût. Elle tremblait encore plus. Elle mourait d'envie de lui cracher à la figure que si Ewan était à cet instant couché, blessé, c'est parce qu'il avait risqué sa vie pour elle. Alors que lui, pauvre crétin, n'en aurait jamais fait la moitié.
Mais par respect pour Ewan et au souvenir de sa demande, elle préféra se frustrer et se tut, disparaissant plutôt dans l'escalier qui menait aux dortoirs des filles.
Un petit moment passa avant que les élèves ne commencent à réagir. Toujours assis sur leur chaise, Hermione, Harry et Ron digéraient lentement ; autour d'eux, les murmures commençaient à se faire de plus en plus forts.
- Non mais sérieux !, vociféra alors McLaggen, sa main toujours sur sa joue. Pour qui est-ce qu'elle se prend, celle-là ? Qu'est-ce qu'elle croit ? Pauvre fille ! Y'a un truc qui tourne pas rond chez e..?
- Oh ! La ferme, McLaggen !, s'énerva Hermione en fixant avec mépris le septième année, avant de prendre à son tour la direction des escaliers des dortoirs.
Harry et Ron, eux, n'avaient pas bougé d'un pouce, trop absorbés par les évènements pour y réagir comme ils auraient sans doute dû. Mais ils soulagèrent rapidement leur conscience en se disant qu'Hermione avait magnifiquement su gérer l'affaire et que McLaggen n'étant qu'un bavard prétentieux, il n'y avait pas lieu de donner suite.
Pendant ce temps, de plus en plus inquiète, Hermione gravissait en toute hâte les marches qui la conduiraient jusqu'à la chambre où Emy s'était réfugiée. Elle était désormais persuadée que son amie lui avait caché de nombreuses choses. Son problème, c'est que même si elle s'était faite une idée d'ensemble, elle ignorait encore de quoi il s'agissait avec précision.
Certes, elle avait vu la relation entre Emy et son « partenaire » évoluer positivement, mais trop de choses demeuraient obscures le concernant -les concernant- pour ne pas la tarauder. Elle avait beau tourner et retourner les faits dans tous les sens possibles, elle arrivait toujours au même résultat : Lynch ! Ainsi, même s'il s'avérait plus tard que ce garçon n'était pas la cause principale des soucis d'Emy, Hermione était convaincue qu'il y était au moins lié. Ce qu'elle espérait donc maintenant, c'était de pouvoir consoler son amie et mettre au clair certains points.
Comme elle s'en était doutée, elle trouva Emy assise sur son lit, seule dans la grande pièce, entourée d'une dizaine de « papillons » qui voletaient autour d'elle. Elle s'approcha doucement et attendit qu'Emy réagisse à sa présence.
- Hé, salut, dit-elle doucement avec un petit sourire quand son amie leva enfin les yeux vers elle.
Hermione avait l'impression de marcher sur des œufs, l'impression que quelque chose avait irrémédiablement changé chez Emy – et ça l'attrista beaucoup.
- Salut...
- Est-ce que je peux m'assoir à côté de toi ?, demanda Hermione en pointant du doigt le matelas.
Emy fronça les sourcils. Depuis quand Hermione se gênait-elle comme ça ?
Mais cette surprise eut au moins le bienfait de la sortir de ses pensées malheureuses.
- Bien sûr, dit-elle d'une voix qu'elle força à être plus enjouée.
Dans un premier temps, toutes deux restèrent assises l'une à côté de l'autre, silencieuses, admirant innocemment les papillons voleter dans un éclat singulier - on aurait alors pu penser qu'il s'agissait davantage de lucioles que de papillons. Mais au bout d'un moment, ne voyant rien venir, Hermione se décida et d'un ton posé :
- Dis, Emy ?
La jeune fille tourna lentement la tête vers elle, attendant la suite.
- C'est seulement le choc de ton agression qui te met dans un état pareil ou... il y a autre chose dont tu ne préfères pas parler ?
Elle avait demandé ça à mi-voix, prudemment, espérant que son amie comprendrait qu'elle se doutait qu'il y avait bien autre chose mais qu'elle ne voulait pas non-plus la brusquer pour en parler.
Pourtant, sa question à peine posée, Hermione vit Emy se mettre à tortiller nerveusement les draps du bout des doigts et l'entendit étouffer un reniflement. Elle soupira, pour la première fois de sa vie, désolée d'avoir raison.
- Emy..., lui dit-elle avec douceur. Tu sais que je suis ton amie... Que si tu as quelque chose sur le cœur, quoi que ce soit, tu peux tout me di...
- Je le sais Hermione !, craqua Emy en éclatant en sanglots. Mais je... je... C'est tellement compliqué. Je... Pardonne-moi !
Les papillons se regroupèrent soudain au dessus d'Emy, formant un petit nuage bleuté étincelant.
- Oh, je t'en prie, ne sut quoi lui dire Hermione pour la consoler. Ne te mets pas dans un état pareil... Je t'en prie. Dis-moi ce qu'il y a qui ne va pas. Je t'aiderai. Tu sais que quoi qu'il arrive, je ne te laisserai pas. Dis-moi...
Emy la regarda alors étrangement, ses yeux plein de larmes, avec l'expression tragique de ceux qui sont désolés et savent qu'on ne pourra rien faire pour eux.
- S'il te plait Hermione, ne me demande pas, murmura-t-elle en baissant la tête. À toi, je ne veux pas mentir...
Hermione resta abasourdie. « À toi, je ne veux pas mentir... ». Qu'est-ce que ça signifiait ? Elle en eut des frissons. Qu'arrivait-il à son amie ? Qu'était-elle en train de vivre pour en arriver à lui dire des choses pareilles ? C'était donc si grave ?... et elle, elle ne voyait rien.
Elle resta quelques secondes silencieuse, fixant Emy, toujours tête baissée, tentant de maîtriser des sanglots incompréhensibles, frustrants... injustes. Un sentiment de colère envahit soudain Hermione. Elle comprit qu'elle avait remis à plus tard trop de fois une chose à laquelle elle pensait depuis longtemps – une chose évidente et inévitable.
Une fois sa décision prise, elle passa délicatement un bras autour des épaules d'Emy et la serra contre elle. Elle lui dit alors les mots les plus doux et réconfortants qu'elle put, puis, la sentant se calmer, se saisit discrètement de sa baguette et prononça un sortilège informulé d'endormissement afin qu'elle prenne du repos.
La sentant devenir petit à petit plus lourde, elle l'allongea doucement dans son lit, la couvrit ensuite de couvertures et lui caressa affectueusement le front.
À cet instant, le nuage de papillons disparut.
Ignorant encore ce qu'elle découvrirait, Hermione regarda un moment Emy dormir, l'air enfin apaisée, se promettant qu'elle ferait tout pour l'aider.
Ainsi, contre toute attente, celle qui d'ordinaire poussait ses amis et collègues à aller demander au plus tôt l'aide des professeurs, devina que mêler qui que ce soit d'autre à tout ça ne pourrait que compliquer davantage la situation.
... même en parler à Ron et Harry serait trop.
Elle devait s'en occuper seule et jouer ce coup-là de manière très serrée.
Cette journée bien étrange touchait maintenant à sa fin.
Du temps où Emy s'était reposée, Hermione en avait profité pour expliquer une partie de ce qu'elle pensait de la situation à Harry et Ron, et ce qui lui semblait également le mieux à faire afin de protéger leur amie.
Objectivement conscients de leur relative inefficacité du matin, les deux garçons prirent ainsi à cœur de jouer les prochains gardes du corps d'Emy, de manière à lui éviter toute question embarrassante ou rencontre malencontreuse - et leur rôle débuta dès l'instant où la jeune fille les rejoignit dans la salle commune pour aller dîner...
Ainsi, si du côté de Gryffondor, on joua la carte de la solidarité et de l'amitié, du côté de Serpentard, il n'en fut pas de même.
Avec son interdiction de sortir de l'infirmerie jusqu'au soir, Ewan était resté invisible de la plupart toute la journée - certains élèves de sa maison avaient bien tenté d'aller lui rendre visite à l'infirmerie, mais n'ayant pas perdu ses bonnes habitudes, le septième année les avait renvoyés sans ménagement.
Donc, si l'on ajoutait à cette anecdote le tempérament qu'on lui connaissait, envisager d'aller questionner Lynch pour lui soutirer quelques informations sur ce qu'il s'était passé dans la Forêt Interdite relevait du suicide.
De ce fait, entre Emy qui était devenue inaccessible et Ewan que personne n'osait approcher, le soir venu, beaucoup s'étaient rentrés dans la tête qu'ils n'apprendraient jamais rien et qu'ils avaient de toute façon d'autres choses plus importantes à penser.
Le repas terminé, les élèves se dirigèrent d'un même mouvement vers leur salle commune respective, afin d'y passer une bonne nuit de sommeil qui leur permettrait d'aborder dans les meilleures conditions une nouvelle semaine débordante de cours et de devoirs.
Pourtant, dans ce calme ambiant, quelque part dans le château, comme il en avait été de nombreuses fois auparavant, quelques personnes s'étaient réunies pour discuter ensemble dans le plus grand secret.
Dans une salle de classe désaffectée perdue au fond d'un couloir des cachots, assis sur un bureau poussiéreux qui servit autrefois à un professeur pour donner ses cours, Ewan faisait face à d'autres personnes.
- Tout est quasiment prêt.
- C'est même à se demander comment on a pu mettre autant de temps, tellement leur système de défense est ridicule...
- C'est vrai que j'aurais pensé qu'ils fassent plus compliqué...
- Pourquoi ne l'ont-ils pas fait ?
- Parce qu'ils ne pensent pas comme nous.
- Encore heureux !
Ils sourirent.
- Donc, quand agirons-nous ?
- Au prochain Esbat.
- Ah ? Je pensais qu'on attendrait Ostara. Nos pouvoirs seraient alors plus puissants, non ?
- C'est vrai, mais ça ne sera pas utile. Que ce soit maintenant ou dans plusieurs semaines, détruire leurs sortilèges et autres charmes ne sera pas plus difficile que de briser du verre. Quant au Joyau, il ne s'opposera pas – chose qu'ils ignorent et qui leur coûtera cher.
- Même s'ils comprennent avant ?
- Pfff ! Je pourrais même leur dire maintenant que ça ne changerait rien. Ils ne peuvent rien faire, si ce n'est attendre une clémence.
- Et le château ? Et les élèves ?
- Une fois son cœur détruit, le château perdra alors une grande partie de son pouvoir. Ceci-dit, connaissant l'homme qui est actuellement à sa tête, je suis persuadé qu'il a déjà envisagé toutes les hypothèses possibles –y compris les pires– et travaille encore à trouver une solution quoi qu'il se passe.
- Hum... Et pour les autres ?
- Il n'en reste plus que deux à éliminer. Il faudra le faire avant de frapper Poudlard.
- D'accord.
- Je vous laisse faire pour le premier, ça ne devrait pas être bien difficile. Mais lui,je m'en chargerai personnellement.
Ils se regardèrent perplexes.
- Ne le prends pas à la légère.
- Il n'est plus en mesure de refaire quoi que ce soit. De plus, il commence à montrer des signes d'inquiétude évidente très intéressants. Et comme nous l'avons dit : tout est prêt et rien ne pourra nous empêcher de parvenir à nos fins.
- À quel prix...
Il leur lança un regard perçant.
- Je crois que nous avons déjà évoqué le sujet ?
- Et tu sais parfaitement ce que j'en pense ! Faire cela...
- Sans « cela », aucune vie paisible n'est envisageable pour les nôtres. Vous le savez... Nous le savons tous.
- Oui, mais on n'est pas obligé de...
- Si !... et ça aussi, tu le sais parfaitement. C'est la seule solution qui nous garantisse de pouvoir aller jusqu'au bout.
- Très bien... C'est toi qui décides de toute façon...
Ils changèrent de sujet.
- Tu ne nous as toujours pas dit : pour les élèves, que fait-on ? On les enferme dans leur salle commune et on détruit le château ?
Il soupira.
- N'y a-t-il pas eu suffisamment d'innocents tués ? Eux n'ont rien à voir avec les Inopportuns et je ne souhaite plus leur mort. Les deux derniers suffiront. Quant au château, je préfère le laisser tel qu'il sera après notre passage.
- Quoi ? Tu ne voulais pas réduire en cendres ce symbole de leur puissance ?
- Je l'ai effectivement souhaité durant un temps, mais... il représente également un symbole de bonheur et de joie pour une personne... Donc, on n'y touchera pas davantage.
Ils se regardèrent, n'osant rien dire.
- Mais je vous rassure, il sera considérablement endommagé.
Un moment de silence suivit, puis,
- Euh... Et à propos, on se demandait...
- Quoi ?
- Ben... elle ?
- Quoi, « elle » ?, souffla Ewan avec agacement.
Ils grimacèrent.
- Oui, on sait : ça ne nous regarde absolument pas ! Mais quand même, qu'est-ce que tu as envisagé ?
- Je dois lui parler. J'aimerais qu'elle m'écoute et comprenne, mais j'ignore comment elle le prendra.
Ils parurent incrédules.
- Tu comptes donc lui parler avant que nous agissions ?
- Oui. Mais ne vous inquiétez pas : je n'aurai pas besoin de faire quoi que ce soit pour qu'elle garde le secret. Elle me fait confiance - c'est tout ce qui compte...
C'est donc avec une joie comme ils en avaient rarement éprouvée, que dès le lundi matin, les différents directeurs et directrices de Poudlard annoncèrent à leurs élèves la date à laquelle se tiendrait le prochain bal de Noël – occasionnant par là-même une excitation et une agitation bien inutiles compte tenu de tout ce qu'il se passait déjà, le tout teinté du gloussement incontrôlable des filles qui s'imaginaient portant leur plus belle toilette, paradant au bras du cavalier de leur rêve... et qui eut le chic pour mettre les enseignants sur les nerfs dès les premières heures de cours !
Mais ce lundi ne fut pas remarquable que pour cela. Car décidée, Hermione comptait bien profiter de la moindre occasion qui s'offrirait à elle pour mener à bien ses projets.
Ainsi, une heure inespérée de temps-libre où les quatre gryffondors décidèrent d'aller travailler à la bibliothèque, lui permit de s'éclipser en prétextant l'oubli d'un livre dans son dortoir.
- Je reviens. J'en ai pour cinq minutes, mentit-elle en quittant la table où ils s'étaient installés, jetant un rapide coup d'œil éloquent à Harry et Ron, qui savaient quel était leur fonction vis-à-vis d'Emy.
Hermione parcourut rapidement plusieurs couloirs de classes jusqu'à rencontrer enfin des élèves de sa maison, à qui elle demanda, sans en avoir l'air, des renseignements sur leur emploi du temps de septième année. Suite à cela, elle se précipita vers un endroit bien précis où, comme cela se passe durant un jour de chance, elle repéra au loin un groupe d'élèves qu'elle se dépêcha de rejoindre avec l'intention d'y intercepter Lynch durant son changement de salle entre deux cours.
Les serpentards sortaient en effet de Métamorphose et se rendaient à présent en Botanique. Mais ce qu'Hermione, pourtant si organisée, n'avait pas pu deviner, c'est que si les serpentards quittaient McGonagall pour rejoindre Chourave, la même année de Serdaigle faisait à cette heure-là le même trajet, mais en sens inverse.
C'est ainsi qu'au moment où Hermione se montra et demanda poliment -mais fermement- à Ewan de lui accorder un instant de son temps, ils croisèrent Roger et Adel, qui ne manquèrent rien de la scène, observant même le serpentard et la gryffondor avec grand intérêt.
Une fois les deux groupes de septième année disparus, Ewan considéra Hermione, très déterminée, fit la moue, puis :
- Suis-moi, dit-il d'un ton neutre. Je ne suis pas certain qu'un couloir grouillant de monde soit le lieu idéal pour avoir une discussion.
Hermione le suivit alors sans mot dire, posant brièvement sa main droite sur le côté gauche de sa robe, là où dans une poche intérieure était rangée sa baguette magique.
Arrivé dans un couloir généralement peu emprunté -malgré le fait d'être large et brillamment éclairé- Ewan s'arrêta soudain de marcher et fit volte-face vers Hermione qui se figea aussitôt, laissant pas moins de trois mètres entre eux.
Elle sentit son cœur battre plus vite qu'à l'ordinaire, l'adrénaline se répandre dans son corps, gardant ses sens totalement en éveil. Elle n'était pas stupide - loin de là : elle savait qu'elle avait en face d'elle une personne dont les pouvoirs surclassaient largement les siens. Et le pire, c'est que si ses doutes se confirmaient, il n'hésiterait pas à s'en servir en de tels lieux, à une telle heure contre elle, sans qu'elle ait une seule chance de s'en sortir indemne !
Elle garda une expression fermée, tandis qu'Ewan la mesura une nouvelle fois sérieusement avant d'afficher un exaspérant petit sourire supérieur.
- Alors, Hermione Granger, finit-il par demander sarcastique, que me vaut l'honneur de ton interpellation ?
Question qui ne fit qu'énerver un peu plus Hermione et l'encouragea à aller jusqu'au bout de ses pensées.
- Emy, répondit-elle froidement. Qu'a-t-elle ? Qu'est-ce que tu lui as fait ?
- « Qu'est-ce que je lui ai fait » ?, répéta calmement Ewan en affichant un étonnement poli. Rien de bien méchant à ce que je sache. L'agression ne venait pas de moi au cas où tu l'ignorerais.
- Ne me prends pas pour une imbécile, Lynch !, s'agaça Hermione.
- Oh... Je sais pertinemment que tu n'en es pas une, dit-il dans un murmure parfaitement audible en lançant un regard pénétrant à Hermione.
Elle ignorait pourquoi, mais malgré son désir indéfectible de mener jusqu'à terme son action, un malaise insidieux l'enveloppait peu à peu. À cet instant, si, comme elle le faisait d'ordinaire, elle avait écouté sa sagesse, elle se serait immédiatement enfuie. Mais voilà : les raisons pour lesquelles elle se trouvait là étaient trop fortes. Elle voulait savoir pourquoi son amie avait changé, pourquoi elle avait encore pleuré. Et quelque chose en elle lui hurlait que le garçon qui lui faisait face avait des réponses à lui donner.
- Dans ce cas, dis-moi ce qu'elle a. Je sais que tu le sais !
Un rictus bizarre apparut sur le visage d'Ewan.
- Es-tu certaine de vouloir tout savoir, Hermione Granger ? En fonction de, ça pourrait prendre du temps et j'ai un cours où l'on m'attend. Quant à toi... tu risquerais d'être absente beaucoup trop longtemps pour quelqu'un parti simplement chercher un livre dans sa salle commune.
Hermione ne put répondre de suite tant elle resta abasourdie par ce qu'il venait de dire. Il savait. Il savait ce qu'elle avait dit à ses amis avant de quitter la bibliothèque. Il le savait... Mais comment ?
De la manière dont il la regarda, elle sut de suite qu'il avait compris d'où venait son expression interdite.
Hermione se mit à réfléchir à une vitesse comme elle seule pouvait le faire, passant d'une image à l'autre, d'une idée à l'autre. Elle envisagea toutes les possibilités qui s'offraient à elle : légilimencie, présence cachée, cape d'invisibilité, espionnage – même les « Oreilles à rallonge » des jumeaux y passèrent. Mais tout cela sonnait faux... trop faux.
Soudain, un flash. La vérité lui apparut avec violence et lui fit encore plus peur : Emy. Elle ignorait encore comment, mais elle était sûre que c'est parce qu'Emy s'était trouvée avec elle à ce moment-là qu'il pouvait le savoir, lui, maintenant... Hermione posa une main sur sa bouche, dévisageant Lynch avec horreur. Mais ce sentiment d'effroi passé, la colère ne fit que gronder plus fort en elle. Elle fixa le garçon, écœurée.
- Tu te sers d'Emy !, l'accusa-t-elle, implacable. Tu te sers d'elle... Comment peux-tu faire une chose pareille ? Elle qui a confiance en toi !
- Pourquoi parles-tu de « se servir » des autres ?, s'étonna-t-il calmement. Cela te semble peut-être difficile à admettre, mais il y a des pouvoirs qui permettent de savoir, tout simplement. Il est parfois inutile de se comporter comme un fourbe pour parvenir à ses fins.
Il savait qu'il l'embrouillait un peu plus, qu'il la plongeait davantage dans l'incompréhension et la perplexité. Mais il ne le faisait pas par plaisir - simplement parce que comprenant qu'elle ne lâcherait pas et sachant déjà comment leur conversation se solderait, il fallait qu'elle comprenne dès à présent que rien dans ce qui suivrait ne lui paraitrait « normal ».
- Qui es-tu, Ewan Lynch ?, murmura-t-elle, consciente que sa question pourrait s'avérer dangereuse, mais essentielle.
- « Qui suis-je » ?, sourit-il sans joie en dégageant une aura fugace mais si puissante qu'elle pétrifia Hermione sur place. Je suis une personne qui par ma simple volonté pourrait balayer votre beau château et vos misérables vies de sorciers frondeurs. Je suis une personne telle que tu n'en as encore jamais rencontrée de ta vie et qui fait, à l'instant-même où je te parle, un acte d'une extrême générosité à ton égard. Tu comprends, Hermione Granger ?
Hermione hésita un instant à le qualifier de fou mégalomane ou de...
- Tu es..., hésita-t-elle à dire, la gorge nouée, les yeux écarquillés. Tu es... un nouveau mage noir ?
La réaction d'Ewan fut immédiate.
- « Un mage noir », en rit-il avant de lancer un regard venimeux à Hermione. Ne commets pas l'erreur imprudente de me confondre avec l'un de vos rebuts, s'il te plaît.
Il s'avança alors d'un pas.
- Ne commets plus jamais cette erreur, murmura-t-il menaçant.
Hermione n'osa pas parler, pas bouger. Elle eut la sensation d'avoir frôler la mort sans même s'être rendue compte qu'elle en était si proche.
Ils se fixèrent quelques instants puis Ewan détendit enfin ses traits.
- Bien, je pense que je vais en rester là. Dépêche-toi de vite rejoindre tes petits amis, Hermione Granger. Moi, on m'attend dans une serre.
Sur quoi, il lui tourna le dos et commença à s'éloigner. Mais Hermione réagit aussitôt ses esprits retrouvés.
- Hé ! Attends ! Tu n'as toujours pas répondu à ma question !
Elle entendit alors distinctement soupirer et après un court moment resté immobile, Ewan lui fit à nouveau face.
- Concernant Emy ?
Hermione ne broncha pas.
- Je t'ai déjà dit que je ne lui avait fait aucun mal. Cela ne te suffit pas ?
- « Me suffire » ?, s'étrangla Hermione. Après les menaces que tu viens de proférer, tu voudrais que je te crois et que je m'en aille tranquillement en me disant que te fréquenter est la meilleure des choses qui lui soit arrivée, peut-être ?
Ewan eut l'air surpris mais amusé.
- « La meilleure des choses qui lui soit arrivée » ?... Hum... Je me demande si finalement, tu n'as pas synthétisé en une phrase ce qu'il en est vraiment pour elle.
- Pardon ? Tu ne moques de moi, maintenant ? Comment t'avoir rencontré pourrait-être une bonne chose pour elle ? Depuis qu'elle te connait, certains avec qui elle s'entendait bien la regarde de travers ; elle est devenue renfermée, secrète ; elle pleure sans arrêt. Ça se voit qu'elle souffre ! Elle... Elle m'a même dit de ne pas lui demander ce qu'elle avait parce qu'elle ne voulait pas me mentir, à moi ! À moi ! Parce qu'elle sait que je suis son amie et que je me soucie d'elle ! Mais sais-tu seulement ce que signifie avoir des amis, Lynch ?
- Bien sûr que je le sais, répondit-il aussitôt à mi-voix, son visage assombri. Mais toi, Hermione Granger, sais-tu ce que signifie avoir des responsabilités ? Savoir que des centaines et des centaines de personnes attendent et espèrent de toi quelque chose, quoi qu'il en coûte ? As-tu déjà porté sur tes épaules le sort de ceux dont tu te dois d'assurer la sauvegarde et le bonheur ?
Non. Ce n'était pas un fou mégalomane. Ce garçon était véritablement différent. Hermione demeurait dans le flou quant à ce dont il parlait, mais ses paroles étaient si lourdes, si chargées d'émotions... Pour une obscure raison, elle se sentit tout à coup incroyablement insignifiante à côté de lui.
- Que veux-tu dire ?, souffla-t-elle.
- Tu es sûre que tu veux tout entendre ?, insista-t-il d'un ton courtois.
- Oui, répondit Hermione avec fermeté.
- Très bien. Connais-tu l'histoire de Poudlard, Hermione Granger ?
