Note: Salut ^^ ! Hé non ! Je ne suis pas morte et je n'ai pas non-plus laissé tomber la fic. Simplement, la fois où j'ai voulu poster ce chapitre, le site ne marchait pas et après... après... ben, le temps a passé, j'ai écrit un nouveau chapitre et du coup, aujourd'hui, je vous poste les deux. J'espère que tout le monde va bien. Je vous souhaite maintenant bonne lecture ainsi qu'une très bonne continuation. A bientôt =^o^= !
Et là, au pied des marches, Ewan apparut enfin. Le visage fermé, le regard froid, il ne montrait aucune difficulté à se mouvoir dans cette étrange ambiance. À l'effroi général, tous comprirent alors qu'il était la source de ce pouvoir.
Il n'avait pas le choix... Ils n'avaient pas le choix. S'ils souhaitaient que leurs pouvoirs soient entièrement libérés en cette fin de journée, ils devaient doucement commencer à les desceller dès à présent. Une fois chose faite, aucune barrière, sortilège ou enchantement que ce soit ne leur résisterait. Atteindre le Joyau n'était donc plus qu'une question de patience, et le détruire, une évidence.
Un élève de Serpentard franchit à cet instant la porte dérobée de pierre, revenant de la Grande Salle. Les deux garçons se retrouvèrent face à face. Le malheureux n'eut même pas besoin d'apercevoir ses camarades empêchés pour comprendre que quelque chose d'inhabituel se passait. Au moment où il franchit le passage, il fut projeté avec violence par une force invisible contre le mur, lui coupant net la respiration. Ewan plissa les yeux et commença alors à traverser la pièce. À mesure qu'il s'avançait vers la sortie, l'élève apeuré sentait la force l'écraser de plus en plus, lui arrachant des larmes de souffrance muette. Il lui était impossible de bouger mais en même temps d'être proche du septième année. C'était une barrière invisible qui l'enveloppait, repoussant tout ce qui se trouvait dans son environnement immédiat.
Ewan arriva à son niveau mais ne ralentit pas le pas. Il passa devant lui en ne lui accordant qu'un regard dédaigneux où aucune trace de regret ou de pitié ne s'exprimait... car ce garçon-là, comme les autres, représentait ce qu'il abhorrait et souhaitait ne plus jamais revoir de sa vie. Il quitta la pièce sans mot dire, se dirigeant vers un lieu inconnu de tous.
Peu à peu, la pression retomba et les élèves retrouvèrent lentement leur souffle, leur esprit et leurs aptitudes à se mouvoir et parler. Encore sous le choc, ils se regardèrent avec un air commun ahuri.
- Qu'est-ce que...c'était...que ça...?, bafouilla Crabbe en fixant Malefoy qui était dans le même état que lui.
- J'en sais rien, murmura le garçon prit soudain de nausées, la tête vide. J'en sais rien du tout...
Mais ce que tous savaient en revanche, c'est qu'il leur serait désormais salvateur d'éviter Ewan Lynch.
Ainsi, se produisirent des phénomènes similaires, certes moins violents et implacables, mais tout aussi perturbants et angoissants dans la salle commune des Serdaigle, lorsque Adel et Roger quittèrent la pièce pour rejoindre leur compagnon.
Évités de tous - dont certains, pris de panique, se ruèrent auprès de leurs enseignants pour les avertir du phénomène étrange - les trois magiciens se retrouvèrent quelques minutes plus tard dans une simple et modeste salle de cours désaffectée localisée dans les profondeurs des cachots, où Ewan les rendit sur l'instant indétectables et incartables.
Dans cette intimité sécurisée, le jeune homme put poursuivre la libération de son pouvoir sans risquer de causer quelques dommages que ce soit autour de lui. Par une imposition, il termina également de desceller entièrement les pouvoirs d'Adel et Roger.
Ils demeurèrent là toute la journée, silencieux et patients, sans se préoccuper de la course contre la montre dans laquelle les autres s'étaient lancés. Ils s'étaient même amusés à voir passer devant eux à tour de rôle des fantômes, Rusard et son irremplaçable chatte ainsi que des enseignants, sans qu'aucun d'eux ne les devinent si près – mais ressentant pourtant ce pouvoir étrange qu'ils dégageaient.
Dans leur attente, une pensée extérieure à leur tâche survint toutefois : Emy. L'attachement qui était né et n'avait fait que se renforcer entre elle et Ewan, malgré ce que celui-ci avait pu dire, laissait toujours Adel et Roger dans l'interrogation.
- Faites- lui confiance comme je le fais, leur avait simplement répondu le jeune homme.
Adel et Roger ne la connaissaient pas aussi bien que leur ami, mais ayant confiance en lui et son jugement, ils s'exécutèrent sans objection.
Quant à elle...
Maintenant que tout s'était irrémédiablement enclenché, que tout le monde était parfaitement conscient que des choses bougeaient – et ce, de manière peu rassurante – dans le château, que les dires d'Ewan s'avéraient bel et bien exacts, qu'elle croyait en lui, qu'elle avait décidé de le suivre malgré tous les sacrifices que cela impliquerait, Emy ferait face à la situation et tâcherait de préserver du mieux qu'elle le pourrait ses amis.
Tout cela lui coûta beaucoup en énergie. Car au-delà de ces secrets lourds à porter, l'agitation dans laquelle avait été plongé le château, aussi bien du côté des élèves que des enseignants, l'avait exposée à de nombreuses questions à cause de ses liens non dissimulés avec Ewan. En avait découlé des remarques et critiques blessantes. Heureusement, les interventions successives et attentives de McGonagall en sa faveur permirent à Emy de réchapper au pire...
Mise au courant par son confrère, le professeur de Métamorphose n'était que trop consciente des conséquences funestes qu'il adviendrait s'il arrivait quoi que soit à la jeune fille. Lynch avait sans équivoque précisé à Dumbledore que si on lui portait atteinte, il reverrait immédiatement ses desseins concernant le château et ceux qui s'y trouvaient... Ainsi, la protection de son élève fut un point essentiel sur lequel insista la directrice de Gryffondor quand elle prit à part Harry, Hermione et Ron, arguant le contexte actuel et l'animosité que certains élèves semblaient vouer à Emy sous prétexte qu'elle connaissait l'une des personnes les plus recherchées actuellement dans le château, pour leur demander de veiller – avec une certaine discrétion - sur leur amie afin qu'aucun ne la considère comme bouc émissaire.
- Elle y va un peu fort, vous ne trouvez pas ?, dit Harry, interloqué, en regardant les deux autres une fois sa directrice partie. « Bouc émissaire », faut pas pousser non-plus. J'ai l'impression d'être dans un mauvais film de moldus qui s'apprêteraient à brûler une sorcière au Moyen-Âge !
- Elle prend simplement à cœur les intérêts d'Emy, commenta Hermione. C'est tout de même mieux que de ne pas s'en soucier du tout. Avec des imbéciles comme MacLaggen dans les parages, dieu sait ce qu'il pourrait arriver...
- Mouais... C'est vrai qu'entre les bruits bizarres qui courent sur Lynch et les autres et la relation particulière qu'on lui prête avec Emy, je peux comprendre la réaction de McGonagall, ajouta Harry.
- Moi j'en reviens pas, intervint Ron, l'air ailleurs. Adel et Roger qui auraient eu le même comportement que Lynch ce matin... Ça veut dire quoi ? Ils ne peuvent pas se piffrer – surtout Adel et l'autre... Vous ne croyez pas qu'il aurait réussi à les ensorceler ?
Harry sourit avec indulgence tandis qu'Hermione poussa un profond soupir de désolation.
- Et les manipuler pour quoi faire, hein ? Réfléchis un peu, Ron. Tout ça n'aurait ni queue, ni tête !
- Bon, où est Emy en attendant ?, coupa court Harry qui sentit le vent tourner et se rappela subitement les recommandations de leur directrice. Parce que s'il y a des cinglés qui s'en prennent à elle juste après que McGonagall nous ait demandé de la surveiller, on risque d'un baver jusqu'à notre septième année.
- Elle m'a dit qu'elle devait aller aux toilettes, dit Hermione en tournant les talons vers le lieu adéquat le plus proche. En tout cas, c'est ce qu'elle m'a dit au moment où McGonagall nous a interpellés.
- « Interceptés » tu veux dire !, la reprit Ron. Ah ben tiens, quand on parle du loup... La voilà - et entière en plus.
Emy, ignorante de la conversation qui venait d'avoir lieu, les rejoignit, intriguée par la réflexion de Ron.
- Pourquoi « entière » ? T'avais peur que la moitié de mon corps parte dans le conduit d'évacuation avec Mimi Geignarde ou quoi ?, plaisanta-t-elle.
- Bah ! Tu connais l'humour désastreux de Ron, intervient aussitôt Hermione en appuyant bien sur le qualificatif en même temps que Harry tira un discret mais efficace coup de coude dans les côtes de son ami. Bon, et si on allait... à la bibliothèque ?, proposa-t-elle ensuite après avoir réfléchi à un endroit où le calme et la surveillance de madame Pince serait pour une fois de bon ton.
- La bibliothèque ?, s'exclamèrent d'une même voix Harry et Ron – Emy n'ayant pas eu le temps de s'exprimer sur la question. Hermione, va vraiment falloir que tu te fasses désintoxiquée, c'est pas possible !
Hermione se plaqua une main sur le front : était-elle donc la seule à réfléchir sur les trois ?
- Oui !, insista-t-elle sèchement en les mitraillant du regard. La bibliothèque ! Un endroit calme où madame Pince et quelques fantômes pourront vous garder sous surveillance pendant qu'on travaillera avec Emy !
La magie opéra soudain.
- Aaaah ! Ouiiiii !, s'exclamèrent-ils en comprenant enfin.
Emy les observa avec des yeux ronds sans rien comprendre.
- Allez viens, l'entraîna doucement par le bras Hermione. J'aurais besoin de toi pour faire quelques recherches.
Puis de rajouter :
- Je suis désolée de me décharger sur toi, mais ce n'est pas le genre de choses que je peux demander aux deux phénomènes, dit-elle en pointant Harry et Ron du pouce par-dessus son épaule – occasionnant l'indignation des deux nommés.
… En représailles de quoi, lorsqu'Hermione demanda aux deux garçons de lui soumettre rapidement quelques idées afin d'occuper Emy sous une montagne de livres s'en qu'elle s'ennuie, Ron et Harry lui répondirent avec un grand sourire qu'ils n'avaient pas suffisamment de cervelle pour ça.
Les heures passèrent dans l'occupation pour les uns, l'inquiétude grandissante pour les autres. Des trois magiciens recherchés, il n'y avait aucune trace. Étant cependant convaincu qu'ils étaient toujours dans le château, cette incapacité à ne serait-ce que les localiser ne faisait qu'accroitre le sentiment de malaise. S'ils n'étaient même pas aptes à les trouver, quelle chance auraient-ils en s'y opposant ?
Mais dans cette terrible ambiance, un mince espoir vint éclairer la petite communauté de sorciers en milieu d'après-midi, lorsque Rogue, McGonagall et Flitwick furent convoqués dans le bureau de Dumbledore qui venait de regagner le château.
- Albus !, s'écria McGonagall tant elle fut soulagée de le voir. Vous voici enfin de retour ! Depuis ce matin, les...
- Je sais Minerva, je sais…, temporisa le vieux sorcier qui se trouvait alors près de la fenêtre par laquelle il avait gagné son bureau grâce à son balais, portant toujours sa cape de voyage qu'il n'avait pas encore eu le temps de retirer. Leur énergie est telle que même si elle demeure inlocalisable, elle imprègne désormais chaque pierre de cet édifice.
Là-dessus, il alla accrocher sa cape à un antique porte-manteau et passa devant Fumseck à qui il accorda une affectueuse caresse. Le phénix cligna paresseusement des yeux, demeurant posé sur son perchoir tandis que les trois enseignants s'étaient resserrés devant le bureau directorial, impatients d'apprendre ce que Dumbledore aurait à leur raconter.
- Où étiez-vous passé, Dumbledore ?, s'agita finalement Flitwick.
Mais son directeur ne répondit pas de suite. Il prit d'abord le temps d'aller s'asseoir dans son fauteuil. Il croisa ses longs doigts sous son menton, comme il en avait l'habitude en cas de réflexion ou d'attention particulière et fixa une par une les trois personnes qui se trouvaient face à lui, debout, tendues.
- Pardonnez tout d'abord mon léger retard, s'excusa-t-il calmement. Mais les faits que je tenais à vérifier m'ont pris plus de temps que je ne l'avais pensé.
- Où étiez-vous donc parti, monsieur le directeur ?, s'enquit Rogue.
- Je me suis rendu dans le royaume d'Idhren, Séverus.
Rogue et Flitwick froncèrent les sourcils tandis que McGonagall parut plus qu'étonnée.
Dans le royaume... On peut donc toujours y accéder ?
- Par certains moyens et en certains endroits : oui, expliqua Dumbledore avec un sourire mystérieux. Des passages existent toujours. Ils sont bien entendu protégés par des sortilèges et enchantements puissants, mais fort heureusement, je dispose de quelques contre-sorts et suffisamment d'expérience pour me permettre de les franchir sans trop de heurts.
- Mais pourquoi aviez-vous besoin d'aller là-bas maintenant ?, interrogea, perplexe, McGonagall. Je vois bien le lien qui existe avec ce qui nous préoccupe aujourd'hui, mais pourquoi maintenant ?
- Parce qu'il n'y a qu'avant-hier soir qu'une intuition m'est venue. Il a donc fallu que je m'emploie au plus vite pour avoir une confirmation ou une infirmation de ce qui m'a soudainement troublé.
Entendre Dumbledore dévoiler qu'il avait été troublé par autre chose que la présence de trois magiciens capables de réduire leur château en un monticule de pierres sèches n'était guère encourageant.
- Et… de quoi s'agissait-il, monsieur de directeur ?, demanda Rogue sous le regard intense de McGonagall et nerveux de Flitwick.
- Je me suis posé des questions quant à la véritable identité de monsieur Lynch.
Qu'entendait donc Dumbledore quand il parlait de « véritable identité » ? Certainement pas de son nom réel. Car quelle importance que ce garçon ait pris une identité d'emprunt pour ne pas se présenter à Poudlard avec un nom aux consonances féériques ? Cela ne changeait en rien ce qu'il était – et encore moins à ce moment-là. Concernant cela d'ailleurs, Dumbledore avait depuis longtemps exprimé son avis selon lequel Lynch était le leader du groupe qu'ils recherchaient, en même temps qu'il le soupçonnait d'être l'un des descendants du dernier roi elfique. Mais pourtant, malgré tout cela qui avait déjà bien de quoi les inquiéter, il semblait y avoir encore autre chose. Mais quoi ? Qu'avait donc le vieux sorcier en tête ?
- Vous êtes donc allé dans ce royaume dans l'espoir que quelqu'un vous dirait honnêtement de qui il s'agit ?, intervint Flitwick avec un rictus tout aussi sarcastique qu'égaré sur le visage.
- Non, évidemment pas, répondit avec douceur le directeur de Poudlard. Cette tentative se serait soldée par un échec et peut-être pire concernant ma santé. Non, je me suis rendu en toute discrétion en un lieu précis et secret qui me répondrait assurément sans que j'aie le moindre risque à encourir en dévoilant ouvertement ma présence.
Les trois enseignants gardèrent le silence, mais une intensité palpable couvrait peu à peu le grand bureau.
- Je me suis rendu sur la sépulture de feu le roi Idhren.
Les premières secondes furent de plomb. Puis…
- Par la barbe de Merlin ! Pourquoi avoir pris tant de risques pour aller là-bas ? Vous n'aviez tout de même pas l'espoir qu'il vous parlerait d'entre les morts ?, s'exclama McGonagall alors qu'une idée naissait déjà dans l'esprit des deux autres professeurs.
- Non, ma chère Minerva, sourit avec bienveillance Dumbledore. Je m'y suis rendu pour vérifier simplement qu'il y demeurait toujours une trace d'elle...
- D'« elle » ?, ne comprit-elle pas, tandis que Rogue plissa les yeux et Flitwick crispa subitement ses mains sur les accoudoirs du fauteuil près duquel il se trouvait.
- Et ?, demanda ce dernier d'une voix troublée par l'émotion.
- Aucune trace, déclara simplement Dumbledore avec une sérénité déstabilisante. Elle n'y a jamais demeuré depuis sa « mort ».
Le teint de Flitwick pâlit brusquement.
- Qu'est-ce que cela signifie ?, demanda aussitôt à voix basse Rogue en fixant son directeur.
- Mais enfin, que voulez-vous dire, Albus ? Et de quoi parlez-vous ?
McGonagall commençait à se sentir perdue et agacée.
- Je parle de son âme, Minerva, répondit-il avec évidence. De son âme.
- « De son âme » ?
- De son âme…, souffla lentement Flitwick en contournant le dossier du fauteuil pour s'y laisser tomber, le visage en sueur, la respiration saccadée.
- Faut-il vous expliquer, mon cher professeur, précisa alors Rogue en se tournant vers sa consœur - ne montrant aucun intérêt pour Flitwick - que la nature des elfes a en cela de particulier qu'elle leur offre cette capacité à pouvoir survivre à la mort lorsque celle-ci les frappe par les armes ou la maladie. Seuls la tristesse et l'ennui peuvent réellement les tuer…
McGonagall regarda Rogue avec stupéfaction avant de se tourner vers Dumbledore qui lui sourit en gage d'assentiment. Elle accusa le coup.
- Ainsi, après ce que vous avez découvert, que doit-on en conclure ?, demanda faiblement Flitwick des tréfonds de son siège.
- Oh..., je pense que vous l'avez compris Filius, répondit Dumbledore en le regardant avec gravité.
Inconsciemment, le cœur de McGonagall se mit à battre plus fort. Quant à Rogue, il se tint tout à coup sur ses gardes.
- Oui, mes chers amis, expliqua sombrement Dumbledore. Contrairement à ce que j'ai toujours pensé, Ewan Lynch n'est pas le descendant d'Idhren... mais sa réincarnation.
Fumseck battit soudain des ailes et poussa un faible cri. Un coup de massue venait de s'abattre sur la pièce.
- Sa… réincarnation, murmura McGonagall, le regard dans le vide. Ce n'est pas possible…
- Oh que si, ça l'est, grinça soudain Flitwick qui se redressa un peu sur son fauteuil. Il se sera reposé dans la caverne aux âmes le temps de recouvrer une enveloppe charnelle et sera venu ensuite ici pour assouvir sa vengeance.
Rogue accorda un fugace regard en direction du professeur d'Enchantements avant que son attention ne se reporte sur son directeur.
- Une partie de vos explications est exacte Filius. Mais une partie seulement, le reprit poliment Dumbledore. Fort heureusement pour tous les élèves qui vivent dans ce château, il n'a pas l'intention de leur faire payer pour ce que lui ont fait subir leurs ancêtres. Néanmoins, poursuivit le directeur en le fixant par-dessus ses lunettes, je me dois de vous confirmer que vous courez manifestement un très grand danger. Car il n'a pas l'intention de se montrer clément envers vous.
- Pfff... Voilà bien une chose que je pouvais deviner seul, Dumbledore, rétorqua le minuscule professeur avec une pointe d'agacement qui offusqua McGonagall.
- Sans doute. Mais nous n'avions jamais envisagé que monsieur Lynch était en possession de pouvoirs tels que, même moi, je ne peux lui faire face. Les pouvoirs elfiques sont sans commune mesure avec les féériques. Et les féériques nous sont déjà supérieurs…
- Alors, vous voulez dire que...?, commença McGonagall qui avait recouvré l'usage de la parole.
- ... que nous n'avons qu'une marge de manœuvre infime, Minerva, termina Dumbledore qui avait retrouvé son calme singulier. Tout ce que nous pouvons espérer - j'en suis d'ailleurs certain - c'est que monsieur Lynch… ou Idhren, maintenant que nous savons qui il est, tiendra parole.
L'image se faisait peu à peu sentir dans l'esprit de McGonagall et Rogue. Un roi… Un roi des temps passés. L'un de ceux qui gouvernaient jadis le monde. L'un qui, selon l'Histoire, avait sacrifié sa vie pour préserver au mieux son peuple. Et il était là, dans ce château, avec eux. Il l'était depuis bientôt sept ans. Sept longues années… et ils n'en avaient jamais rien su. D'étranges émotions effleurèrent alors l'espace d'un instant les deux enseignants : le respect et l'admiration devant ce qu'il était réellement... et ce qu'il représentait dans le monde de la Magie.
Il n'en était cependant pas de même pour Flitwick.
- Ne nous dites pas que nous n'allons pas nous opposer ? Nous n'allons pas ne rien faire ?, s'indigna-t-il.
- Ai-je dis une telle chose ?, se défendit Dumbledore en réajustant ses mains sous son menton, le regard étincelant. Je suis le gardien de ce château et je ne sais que trop bien ce que la destruction de ce joyau entraînerait comme conséquences sur lui. Mais comprenez également que tout affrontement direct équivaudrait désormais à un suicide. S'il fut un temps où j'avais envisagé de pouvoir leur tenir tête par certains moyens, ce n'est plus le cas aujourd'hui. S'il le souhaitait, à lui seul, en faisant appel à ses pouvoirs et aux cinq éléments, Ewan Lynch pourrait détruire tout ce qui nous entoure et nous avec sans la moindre difficulté. Et il est hors de question que je risque la vie d'un seul d'entre vous - ceci est ma priorité absolue. De même que c'est à moi seul d'intervenir en prenant toutes les précautions nécessaires.
- Doit-on comprendre que vous avez l'intention d'aller le rencontrer seul lorsqu'il apparaîtra, monsieur le directeur ?, grinça doucement Rogue.
- Exactement, Séverus. De votre côté, je vous charge de veiller sur Filius. Quant à vous, Minerva, dit-il en voyant son professeur de Métamorphose retrouver instantanément sa droiture habituelle, je souhaiterais que vous alliez chercher miss McLane. Si je ne m'abuse, elle doit se trouver actuellement à la bibliothèque avec ses amis. Cependant, faites en sorte que seule cette jeune fille vous accompagne. Je sais par avance qu'il y aura déjà trop d'élèves témoins de la scène qui se prépare, je ne voudrais donc pas compliquer davantage la situation, comprenez-vous ?
- Tout à fait Albus. J'y vais de ce pas.
Sur quoi McGonagall se retira. Mais avant de disparaître du bureau, elle se retourna une dernière fois vers son directeur.
- Albus, où nous retrouverons-nous ?
- Ne vous en faites pas. Je pense que vous nous trouverez sans avoir à nous chercher, sous-entendit-il.
- Bien.
À peine la porte fut-elle refermée que Dumbledore se leva et s'avança vers Rogue.
- Séverus, je peux compter sur vous ?
- Pardonnez-moi monsieur le directeur, mais cette fois-ci, je crains fort que non.
- Je m'en doutais, soupira Dumbledore avec amusement.
- D'autant plus que je n'ai pas besoin de Séverus pour me défendre !, rajouta Flitwick, vexé.
- Je crains également que Séverus ne vous soit guère utile en cas d'attaque, Filius. Cependant, sa présence à vos côtés me soulagerait dans le sens où je vous saurais loin de notre rencontre.
- Je me répète, mais je n'ai besoin de personne pour veiller sur moi !, s'énerva Flitwick. Il me semble que je suis suffisamment intelligent pour savoir ce que j'ai de mieux à faire et où je dois me trouver en fonction de la situation !
- De même qu'il m'apparaît inconcevable de vous regarder partir seul, monsieur le directeur, glissa Rogue. Que je vous sois utile ou non dans une quelconque protection, ma place est à vos côtés et non auprès du professeur Flitwick.
- Séverus...Voilà des paroles bien peu aimables, le réprimanda gentiment Dumbledore.
- Hum...Laissez donc Dumbledore, balaya Flitwick. Depuis le temps, j'ai appris à lire entre les lignes de notre cher Maître des Potions.
- Monsieur le directeur, insista Rogue en restant sur son sujet, vous savez très bien qu'en rencontrant Lynch, vous ne ferez pas que vous retrouver face à lui.
- C'est exact, concéda Dumbledore.
- Il y aura également messieurs Davies et Rhomson. Et maintenant que nous connaissons le véritable statut de monsieur Lynch, il y a fort à craindre que ces deux- là ne soient pas que de simples coéquipiers.
- Je le pense auss…
Mais une violente et imprévisible décharge d'énergie mit brusquement fin à leur discussion. Tout à coup, le sol se mit à trembler, les trois professeurs eurent l'impression que les murs allaient se fendre pour s'écrouler. Des hurlements leur parvinrent de loin, Fumseck poussa un cri perçant, plusieurs de ses plumes apparurent dans les airs pour s'embraser aussitôt avant de retomber au sol... Le moment était venu.
Le soleil disparaissait à l'horizon. La journée touchait à sa fin. Leurs pouvoirs étaient pleinement libérés. Les trois magiciens venaient de sortir de leur silence.
Note : Le second arrive ;) !
