Disclaimer : Le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.
Rating : T
Pairing : Severus Snape - OC.
Correctrice : Fantomette34.
Troisième et avant-dernière partie des Sorciers à Buckingham. Après, j'embrayerai sur une histoire à chapitres dont les prémices sont exposées ici.
.
Bonne lecture !
Les Sorciers à Buckingham - Quand la famille s'en mêle
.
o-O-o
.
Severus dut passer la surmultipliée avec ses pouvoirs d'Occlumens. Par la barbe du Vieux Citronné, qu'ai-je fait à Merlin pour mériter ça ?! A part d'avoir été Mangemort et de torturer régulièrement des Griffondors, bien sûr...
Se moquant complètement des lamentations intérieures du Potionniste, son interlocuteur arborait un air bienveillant, commun aux politiques en campagne électorale et aux Médicomages quand ils ont un remède au goût particulièrement mauvais à vous faire prendre. Plus sûrement de cette dernière catégorie : après tout, IL était de la partie. Même si ses années de carabin remontaient à l'antiquité grecque.
"Midas... Klépios, hein ?! souffla le Potionniste.
- Lui-même ! énonça l'autre avec un demi-sourire, ou plutôt mon identité humaine. Ce n'est pas évident de se présenter dans le monde des hommes en tant que Dieu grec, tandis qu'ainsi...
- J'avais compris ! Ce que je veux savoir, c'est ce que tu fais ici. De ce que je sais de toi, tu n'es guère branché soirées mondaines ?
- Je ne suis pas "branché", comme disent les jeunes dans ton genre.
- Jeune, moi ?! J'ai plus de trente ans.
- Et j'ai presque autant de siècles... Alors ?!"
Severus sentait que la conversation partait en sucette, en faisant un p'tit tour par une dimension où l'absurde le disputait à un futur pétage de plomb.
Composer avec les Divinités n'était pas une science exacte : on avait autant de chance d'obtenir quelque chose que de se voir transformer en animal au pedigree incertain, et même pas utile au point de vue potions. Le passé récent le lui avait démontré : ses rencontres avec Athéna et Odin avaient failli très mal se terminer, et la seule non agressive lui avait fait connaître le Dieu grec de la Guérison.
Asclépios... son ancêtre.
Celui qui l'avait soigné et lui avait fait don d'Aureus, le Serpent-Sceau qui vivait sur son bras droit.
Celui-là même qui se trouvait actuellement devant lui, à la réception royale de Buckingham, l'ironie se reflétant dans ses yeux tri-millénaires.
.
"Bien, soupira-t-il, que veux-tu de moi ?
- Quoi ?! Tu crois qu'il y a une raison à ma présence ? N'ais-je pas le droit de venir m'encanailler chez les mortels ?
- La bonne société anglaise n'est pas le lieu idéal pour ça, Grand-Père, sauf si on aime le côté raide et guindé de ceux qui ont un balai en guise de colonne vertébrale, et je reste poli avec cette nuance. Tu as un bon motif pour être ici. Est-ce en rapport avec le visiteur-mystère ?
- Non, finit par admettre Asclépios, concédant par la même occasion qu'il était au courant de l'affaire narrée par le Grand Chambellan.
- Mais ça a un rapport avec la Médecine, tu ne peux y remédier par toi-même et tu crois que je peux t'aider.
- Comment as-tu deviné ?
- Simple déduction. Alors ?
- Ça concerne les séquelles de notr... euh, votre affrontement avec Odin. Plus particulièrement le groupe de mortels qui a créé les Hybrides pour le Dieu borgne. Si celui-ci a cessé toute hostilité, eux sont restés maîtres de leurs laboratoires et ont continué leurs recherches. Que Hécate ait pitié de nous, ils ont trouvé un fléau destructeur !
- Quoi ? demanda un Severus dont l'échine frissonnait.
- Un poison. Plus puissant et plus ravageur que n'importe lequel de ses prédécesseurs,
et le Sang Guérisseur de la Méduse ne contre pas ses effets."
.
Pendant des années, le sang-mêlé Severus Tobias Snape avait cru que seuls les Sorciers pouvaient se surpasser dans l'horreur.
Il avait tort.
Les Moldus les avaient rattrapés.
Et voir son ancêtre démuni, après son aveu, avivait encore plus ses craintes.
.
o-O-o
.
"Venez, Docteur Klépios, je crois qu'un détour par le buffet nous sera profitable..."
Et les deux hommes sinuèrent dans la foule, jusqu'aux tables garnies de petits-fours. Le regard d'Alistair glissa sur eux sans insister, du moins en apparence. Severus tapota son oreille, signe qu'il devrait écouter attentivement.
"Résume la situation !" fit le Potionniste à son ancêtre.
Ses paroles étaient sèches, il le reconnaissait, mais il n'avait aucune envie de tergiverser sur un sujet aussi grave. Dans une telle affaire le temps était précieux, et Asclépios le savait mieux que personne.
"Un laboratoire a mis au point un poison et nul ne peut en contrer les effets..."
Et le Dieu-Guérisseur continua, jusqu'au lâcher de bombe final :
"... quand j'ai su que tu allais à cette réception, j'ai décidé d'y venir et de te rencontrer sur place.
- Mais pourquoi ne pas avoir plutôt contacté Nemo ? C'est lui qui s'occupe du volet moldu de l'affaire."
La réponse fusa, boostant l'adrénaline des deux Sorciers :
"Parce que le chef de ce maudit laboratoire est présent dans cette salle !... Je ne l'ai su qu'au dernier moment. Severus, je t'en prie, il faut que tu l'arrêtes. Tu n'auras pas une meilleure occasion de le faire.
.
o-O-o
o-O-o
.
Si l'on avait dû juger sur l'apparence, leur cible aurait gagné le Grand Prix de la banalité : taille moyenne, corpulence moyenne, cheveux grisonnants et regard sans éclat ; même son nom le rejetait dans cette catégorie : il s'appelait John Smith.
Seul son métier sortait de l'ordinaire.
"J'y crois pas ! déclara Alistair, ce type est chercheur dans le domaine des vaccins ?
- Oui. Et son laboratoire en fabrique réellement. N'est-ce pas d'une ironie suprême qu'il soit également pourvoyeur de vie ?"
Une profonde amertume teintait les mots du Dieu-Guérisseur, trouvant un écho dans les pensées de Severus et du Minotaure. Ils avaient déjà affronté ces êtres à double face, irréprochables en ce qu'ils montraient au monde, et pervertis au-delà. Les plus difficiles à vaincre car les autres, éblouis par l'apparence, ne vous étaient d'aucune aide.
"C'est pas l' tout mais il faut le coincer quelque part, chuchota Alistair, et... Eh, mais... Par Merlin, qu'est-ce qu'il se passe ?!"
Une vague de magie s'enroulait autour d'eux, affluant plus précisément vers Severus.
"Ne t'inquiète pas ! C'est le Sortilège de l'Universelle Aragne. Je l'ai déployé dans les couloirs avant d'entrer dans la salle de réception.
- Et ça veut dire ?
- ... que notre mystérieux visiteur est de retour. Je vais aller le cueillir en douceur.
- Mais, plaida Asclépios, le Docteur Smith...
- ... ne s'en ira pas de sitôt. Restez ici pour le surveiller. Si besoin est, Alistair, tu as carte blanche pour l'arrêter."
Le Potionniste allait partir quand le Minotaure le retint par le bras.
"Attends !
- Al, je dois y aller...
- D'accord, mais pas par là. Regarde, les petits-enfants de la Reine sont arrivés... et le photographe officiel aussi. Tu vas devoir trouver une autre issue, Sev... Sev ? Ça ne va pas ?"
L'homme aux yeux d'obsidienne semblait frappé de stupeur.
"Par Morgane ! fit-il quand il retrouva ses esprits, Alistair, Grand-Père, je sais qui est l'intrus des appartements royaux."
