Disclaimer : Le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.

Rating : T

Pairing : Severus Snape - OC

Correcrtice : Fantomette34


RàR

Chocogrenouilles : La suite est là !

Sophie-Lynne : c'est vrai, je privilégie le côté enquête et déduction... et certains Sorciers de l'entourage de Severus vont devoir s'y mettre aussi. Aïe aïe aïe !

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N d' A : dimanche matin, je publie une histoire complète (deux chapitres) ; j'espère qu'elle vous plaira.


Voici la quatrième partie des Sorciers à Buckingham. Une énigme est résolue, une autre s'impose, de manière dramatique...

Bonne lecture !


Les Sorciers à Buckingham - La valse des mystères

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Severus jeta un coup d'oeil au couloir : vide, comme le cerveau de - tiens, au hasard - Potter.

Mais il ne fallait pas se fier aux apparences. (pour le couloir, pas pour Potter.)

Car le sortilège qu'il avait lancé, l'Universelle Aragne, lui annonçait la présence d'un intrus. Le Sort du Potionniste avait tissé des liens en une toile inévitable. Bien qu'intangibles, ils étaient très efficaces : le moindre effleurement lui signalait sa proie.

Et Severus jouait le rôle de l'Araignée prédatrice.

Sans bouger, il tendit la main. Les doigts s'écartèrent, sentant chaque fluctuation d'énergie : de l'installation électrique au chauffage, pour le côté moldu, à une anomalie magique qu'il essaya de situer au mieux.

Un peu plus loin, en tournant à droite.

Il poursuivit son chemin à pas de loup, s'éloignant de la réception, de son Grand-Père et d'Alistair.

Dire qu'il avait fallu que ce dernier dise les mots "enfant" et "photographe" dans la même phrase pour qu'il devine qui était sa cible !

A quoi ça tient, parfois, la résolution d'un mystère...

Mais ne vendons pas les poils de l'Hippogriffe avant de l'avoir salué, pensa-t-il tout en passant le coin qui conduisait aux quartiers de la Reine-Mère.

Téméraire, obstiné, ce n'est pas un Gryffondor pour rien.

Il se réjouissait de lui mettre la main au collet, pourtant, quelque chose le fit ralentir : une impression amère.

Des ondes de peur se mêlaient à la signature magique qu'il reconnaissait.

Le gamin était terrifié.

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Merlin, il est tellement tendu qu'un rien peut provoquer une perte de contrôle. Je dois agir.

"Maintenant !"

En une fraction de seconde, le Maître des Potions agrippa sa baguette et lança un Finite Incantatem, assez puissant pour dissoudre sa toile et réduire à néant le Sort de Désillusion qu'utilisait le jeune Gryffondor.

Sous l'effet de la surprise, la forme dévoilée resta figée sur place, car...

Il m'a reconnu, profitons-en !

Un Stupéfix frappa le jeune homme, mettant fin à son périple.

Severus soupira :

"Vous avez presque failli réussir, Monsieur Creevey..."

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"Quoi ? Vous voulez dire que nous sommes sur les dents depuis deux jours à cause d'un gosse ?!"

Dawlish était furieux. Ça pouvait se comprendre. La vue du gamin en larmes dans une pièce voisine, gardé par deux Aurors, ne l'émouvait pas du tout.

"Ah, il va prendre cher, le délinquant en herbe ! Il...

- Non.

- Que... Mais enfin, Snape, il ne peut pas s'en tirer comme ça ?! La Justice...

- ... pour une fois ira se faire voir ailleurs. Rien n'a été détruit et personne n'a été blessé dans cette histoire. La Police moldue nous laisse la régler, et Sir Cordon ici présent accepte de passer l'éponge.

- Alors, il n'y aura rien ?

- Rien officiellement. Je vous rappelle que cet adolescent est un de mes élèves. Comptez sur moi pour lui faire passer l'envie de recommencer."

L'Auror acquiesça. La fatigue lui ôtait toute envie de bataille et il savait que le Potionniste tiendrait parole. Cela lui suffisait.

Pour une fois que mon horrible réputation sauve la mise à quelqu'un, pensa Severus, il faut que ce soit pour un Gryffondor !

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"Hum !... Monsieur Snape ?

- Oui, Sir Cordon ?

- Si c'est possible, j'aimerais connaître les motivations de ce jeune homme. Vous a-t-il parlé ?

- Oui. C'est à la fois banal et triste. Son père a perdu son travail sans indemnités et la famille a de graves difficultés financières. Colin craignait par dessus tout que son frère et lui ne puissent plus poursuivre leur scolarité à Poudlard. Alors il a eu l'idée des photos : quelques clichés vendus à des Tabloïds peuvent rapporter gros."

Le Grand Chambellan hocha la tête : ces journaux étaient sa bête noire. Au moins pourrait-il, ce soir, dormir sur ses deux oreilles ; le contenu de ces torchons ne viendrait pas d'ici.

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Tandis que le vieil homme regagnait son bureau, Severus revint à la réception en compagnie de Dawlish, les robes de l'Auror transfigurées en smoking.

"Pourquoi me traînez-vous jusqu'ici ?

- Un... indicateur... m'a signalé la présence d'un scientifique soupçonné de fabriquer du poison.

- Vous avez des preuves ?

- Non. Et lui non plus.

- Dans ce cas je ne peux rien, pas plus que la Police moldue. Qui est le suspect ?

- Le Docteur John Smith. C'est lui là-bas, dans le coin."

Et la surveillance reprit, pour - au moins - identifier d'éventuels contacts que l'Homme pourrait avoir. Les Sorciers furent rejoints en cela par Alistair et "Midas Klépios". Deux équipes furent formées.

Le Minotaure et Dawlish assurèrent la première garde, Severus et Asclépios s'égayèrent parmi les invités et firent un tour au buffet.

La réception promettait d'être longue. Autant prendre des forces.

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Sorcier et Dieu grec s'étaient séparés.

Très mauvais idée, d'après le Potionniste : aussitôt, Lady Hiccup lui avait remis le grappin dessus et blablatait sans fin. Quelle bavarde ! Elle lui rappelait Trelawney.

A bout de patience, il s'inventa un appel pour une intervention chirurgicale aussi difficile qu'urgente.

"... et, bien sûr, vous seul pouvez l'effectuer, fit-elle avec un sourire admiratif, vous opérez le cœur ?

- Bien plus délicat.

- Vraiment ?

- Je dois m'occuper d'un ongle incarné. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser..."

Et le Maître des Potions laissa sur place une Lady Hiccup muette et statufiée.

Bel exploit !

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Il rejoignit le poste de guet que Dawlish et le Minotaure squattaient depuis vingt minutes. Sauf que...

"Grand-Père, tu es là aussi ? Où est passé Alistair ?

- Parti. Il m'a demandé de prendre son tour de garde. Une affaire à régler, a-t-il dit.

- Nom de Nom de Nom d'un Gryffondor borné - toujours au hasard, Potter - le Pari !" fulmina le Potionniste.

Et il laissa les deux sentinelles sur place, non sans les enjoindre de ne pas quitter Smith d'une semelle.

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Il n'eut aucun mal à retrouver l'Homme-Taureau dans les couloirs : le concerné revenait vers eux, la mine très satisfaite.

Severus agrippa son poignet et tous deux s'engouffrèrent dans une antichambre. Le Potionniste était en colère, ce qui expliqua sans doute qu'il ne vérifia pas que la porte était bien fermée.

L'engueulade se fit en français :

"Je n'y crois pas, tu es allé voir Sir Cordon !

- Ecoute, Sev, un pari est un pari. J'ai gagné, il a perdu, fin de l'histoire...

- Mais tu ne pourras même pas en profiter ! Nemo te confisquera ces cent-cinquante livres à peine arrivé.

- Qui te dit que je les ramènerai à Paris ?

Oh oh, ça sent le mauvais plan à des kilomètres.

"Puisqu'on n'est pas attendus avant demain midi au Bar des Louchébems, je vais claquer l'argent à Soho, quand on aura quitté cette réception ennuyeuse.

- Et tu vas faire la java tout seul ?"

Alistair arbora un sourire niais, signe que le bol de punch lui devait la perte d'une bonne partie de son contenu.

"Nooon, Sev de mon coeur ! J'vais inviter la Reine, j'suis sûr que ça lui fera du bien de s'amuser un peu en boîte de nuit.

- God save the Queen ! Elle en aura besoin.

- Rhôôô, sois pas médisant ! J'prendrais bien soin d'elle. Et après...

- Comment ça, après ?!

- Après, après... c'est ma vie privée. Je te laisse imaginer, et... Sev ?... Sev ?!... Ça va pas ? T'es encore plus pâle que d'habitude."

Inquiet, le Minotaure mit un moment pour se rendre compte que le Potionniste, muet, regardait derrière lui, en direction de la porte.

Il se retourna... et blêmit.

Par l'huis entrebâillé, la Reine-Mère était entrée.

La Vénérable Dame de bientôt cent ans fixait Alistair avec un grand, un très grand sourire.

Elle passa dans la pièce sans le quitter des yeux et, quand elle fut sur le point de partir par une autre issue, déclara dans un français impeccable :

" Monsieur, je vous souhaite une très agréable fin de soirée..."

Et elle sortit.

Severus relâcha un souffle qu'il n'avait pas eu conscience de retenir. Il n'en revenait pas.

"Eh bien, nous avons de la chance que la Queen Mum ait le sens de l'humour, fit-il, le regard fixé sur la porte, hein, Alistair ?"

Un bruit sourd lui répondit : le Minotaure était tombé dans les pommes.

" Espèce de Calamité Cornue, c'est pas le moment !" rugit-il.

Et il entreprit de le réveiller avec quelques gifles bien senties, tandis qu'un petit rire s'éloignait de l'autre côté des cloisons.

La Queen Mum avait écouté aux portes.

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Ce fut un Alistair penaud que le Maître des Potions ramena dans la grande salle.

Et ce dernier remarqua tout de suite que quelque chose n'allait pas : ni leur cible, ni les guetteurs n'étaient en vue. Inquiets, ils scrutèrent les lieux, jusqu'à ce que...

"Là, j'vois ton Grand-Père ! fit le Minotaure dont la haute taille facilitait les repérages, il est à la lisière de l'alcôve en face des Toilettes.

- A-t-il l'air inquiet ?

- Hmm... préoccupé, j'dirais. Dawlish n'est pas avec lui.

- Rejoignons-le, il nous dira ce qu'il se passe."

Quelques zigzags dans la foule et la réunion se fit.

"Ouf, vous êtes là ! soupira Asclépios, le Docteur Smith est allé brusquement aux toilettes, Dawlish a suivi après une minute, disant que c'était peut-être un lieu de contact, et...

- ... et ?

- Il avait dit qu'il ne ferait qu'entrer et sortir... et ça fait six minutes qu'il y est !

- Flûte... J'y vais ! Grand-Père, accompagne-moi. Toi, Al, barre l'accès après notre passage. J'ai besoin que tu empêches les gens de passer."

Le Minotaure hocha la tête

"Et avec tact !"

Un grommellement répondit. Evidemment qu'il savait faire preuve de tact ! Comme d'habitude.

Il installa sa carcasse démesurée devant la porte dès que les deux hommes y eurent pénétré. Juste à temps, un convive approchait.

Alistair l'identifia : nom à particule, arriviste et crétin fini. Le tact s'envola par la fenêtre.

"Stooop ! fit-il,

Mille excuses, vot' sérénité, mais les toilettes sont en dérangement. Un rustre a voulu entrer malgré le panneau "Gentlemen" et ça les a vexées...

Faudrait pas en rajouter."

La tête de l'homme quand il comprit l'allusion valait tous les Gallions du monde.

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La pièce était déserte.

Tout au moins la partie qui comprenait les lavabos. Les WC, eux, avaient tous leurs portes fermées.

"Mais où sont-ils passés ?

- Severus, viens voir !"

Le Potionniste accourut, baguette au clair, au cri de son aîné.

"Mer-de, Dawlish !"

L'homme gisait dans un recoin. Il respirait, mais une énorme bosse étoilait son crâne.

" C'est... c'est Smith qui a fait ça ?

- Je ne sais pas. Recule !"

Le Sorcier lança un Silencio, suivi d'un Alohomora informulé qui aurait fait s'ouvrir les coffres de Fort Knox. Les portes des WC se contentèrent de béer sans grâce.

Seul le dernier était occupé. Par Smith.

Le Docteur n'irait plus nulle part, sauf au cimetière.

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"Alistair...

- Sev, ça va ?

- Non. Dawlish est blessé et Smith est mort, assassiné. Va prévenir Sir Cordon, on est dans une sacrée mélasse."

La nouvelle tassa les épaules de l'Homme-Taureau. Et dire qu'il avait juré au Grand Chambellan que, tant qu'ils seraient là, la soirée allait bien se passer...

"Ouille, ouille, ouille !

Ce cher Ding-Dong va nous sonner les cloches."

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... dans ce chapitre, une séquence est la transposition d'une histoire vraie, au mot près. Saurez-vous deviner laquelle ?