Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.
Rating : T
Pairing : Severus Snape - OC ; Albus, Minerva et Charlie Weasley.
Correctrice : Fantomette34.
RàR : Chocogrenouilles, merci pour ta review ! Maintenant, place à la nouvelle enquête.
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Ici commence la deuxième partie des Missions Improbables. Ce début n'est pas très joyeux mais ça va s'arranger. (vous me connaissez.)
Bonne lecture !
Fontayne et jouvences
(Les Sorciers : Missions Improbables - Deuxième partie)
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Au Bar des Louchébems, neuf heures du matin.
"Eh bien voilà qui n'est pas banal, même pour nous." dit Consoude Kostik quand elle eut écouté le rapport de Severus.
Les trois hommes qui lui faisaient face acquiescèrent tandis que derrière le comptoir, Nemo ricanait dans la barbe qu'il n'avait pas.
"Résumons, fit-elle : à la requête des Aurors anglais, vous et Alistair êtes allés à Buckingham pour mettre la main sur un intrus qui s'est révélé être un de vos élèves. Correct ?"
Le Potionniste hocha la tête.
"Une fois sur place, vous avez rencontré Asclépios sous son identité de mortel."
Le concerné se tint coi. Tout Dieu qu'il était, il semblait être dans ses petits souliers.
"... qui, lui, pistait un scientifique responsable de la mise au point d'un poison sans antidote. Ce qu'il n'a pas dit sur le moment, c'est que ledit poison a coûté la vie à l'un de ses confrères grecs..."
Hein ?! pensèrent en même temps Minotaure et Maître des Potions.
"... l'un de ses collaborateurs, et que c'est pour cela qu'il s'est lancé dans cette aventure... alors qu'il n'a rien d'un enquêteur.
- Je n'aurais pas dû, je le sais.
- Non, tu n'aurais pas dû, tu n'es pas doué pour ça... et maintenant nous héritons de cette affaire qui sera, de par tes actions, plus difficile à résoudre."
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La réplique était un constat, tous le comprenaient mais ça faisait mal quand même. Severus résista à l'envie d'aller serrer la main de son Grand-Père. S'il le pouvait, il le ferait plus tard. Pour l'instant...
"Peu importe les tenants et les aboutissants de cette histoire ! gronda-t-il, c'est un énième dommage collatéral des agissements d'Odin. La question est : que peut-on faire maintenant que le Docteur Smith, le créateur du poison, est mort ?"
Assassiné quasiment sous nos yeux.
"Ce que nous avons toujours fait, Maître Snape, répliqua la statue vivante, continuer nos recherches par d'autres voies. Je vais prendre des contacts pour cerner le problème...
Rendez-vous à onze heures pour le prochain briefing."
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Et deux heures plus tard...
"Messieurs, j'entrevois une lueur au bout du tunnel !"
Pour la Patronne des Enquêteurs Internationaux, ce genre d'affirmation signifiait deux choses :
Premièrement, la solution apportée à leur problème ne plairait pas à tout le monde.
Deuxièmement, pour elle ils allaient devoir payer de leur personne et nul ne savait jusqu'où ça irait.
"La dernière fois qu'elle a dit ça, je me suis retrouvé dans une boucherie à vendre des steaks toute la journée, avoua le Minotaure, j'en ai fait des cauchemars pendant des semaines.
- ... et moi alors ! souffla Nemo, elle m'avait redonné l'apparence de mes vingt ans et envoyé en Angleterre, en tant qu'apprenti cuistot. La première phrase que le Chef m'ait dite, c'était : "Savez-vous faire la Sauce à la menthe ?" J'ai failli mettre à mal l'Entente Cordiale.
- ... de même, j'ai joué le rôle d'un Documentaliste qui était désordonné à l'extrême et ne respectait pas les livres, moi qui les révère, chouinait presque Grimoire, vous savez comment les gens m'appelaient ? L'Anarchiviste." *
Et plus les témoignages affluaient, moins Severus était tranquille.
Elle ne va pas m'obliger à devenir un professeur gen... eurk ! gentil avec ses élèves ?
Mais l'heure n'était plus aux hypothèses ni aux récriminations. Madame Kostik ne dévierait pas de son idée, quelle qu'elle soit.
Et flûte !
Parfois elle lui rappelait Ombrage, bien qu'au niveau de la rouerie, cette dernière ne lui arriverait jamais à la cheville.
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"Bien bien, murmura-t-il, peut-on commencer la mise à mor... euh, la mise au point ? Nous sommes au complet, maintenant.
- Pas tout à fait, Maître Snape. Il manque quatre personnes."
Et avant qu'il n'ait pu demander qui étaient les chanceux qui allaient les suivre dans cette galère, l'atmosphère changea.
L'air se chargea en électricité et dans un grondement d'orage, deux silhouettes apparurent dans la salle, à côté d'eux.
La plus trapue était celle de Charlie Weasley, celle mince comme une liane était...
"Lydie ?! éructa Nemo, mais je croyais que tu passais la journée à la Bibliothèque Nationale, pour étudier ?
- Mais j'étudiais, grand-père chéri... les Dragons ! Charlie m'a invitée en Roumanie pour ça."
Estomaqué, le vieil homme ne put qu'émettre un bruit qui tenait à la fois de l'engrenage rouillé et du hurlement du Tyrannosaure dans Jurassic Park,
en à peine moins fort.
"Ah, mais tu connais aussi, alors ?! C'est tout à fait leur cri quand ils sont en pleine parade amoureuse."
La réplique eut le mérite de stopper net le discours du Capitaine. Alistair en profita pour faire comprendre à la jeune fille de ne pas insister : ils avaient d'autres chats à fouetter.
"Veuillez vous asseoir, énonça Consoude, nos derniers invités ne devraient pas tarder."
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La suite lui donna raison. A peine eut-elle prononcé ces mots que Severus ressentit la distorsion familière d'un Transplanage - un double, même - dans l'arrière-cour. Il le fit savoir aux autres et ils attendirent,
et attendirent,
encore.
Et au moment où il se décidait à aller voir, la porte s'ouvrit.
Pourquoi n'était-il pas surpris ?
Devant lui avançaient Minerva MacGonagall et Albus Dumbledore,
ou plutôt, Bubus clopinait devant et Minnie fulminait derrière, les yeux lançant des éclairs et secouant la tête, comme si elle aurait voulu dire : "Mais quel ... !", laissant les pointillés libres pour que chacun puisse compléter à sa guise.
"Que... qu'est-il arrivé ? lança-t-il aux deux Poudlardiens tout en quittant son siège.
- Ce qui est arrivé ?... Ce qui est arrivé ?! Il y a que Môssieur commence à sucrer les fraises, comme disent les Moldus !"
Houlà ! Minerva était vraiment furax. Jamais, en temps normal, elle n'aurait laissé apparaître sa colère contre Albus.
Encore moins dans un lieu extérieur à Poudlard. Là-bas, ils avaient l'habitude.
Mais ce qui gênait le plus les participants au briefing, c'était de constater qu'elle avait raison : Albus n'allait pas bien, c'était visible comme un Norvégien à Crête sur une fraise des bois.
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"Je suis désolée, Madame Kostik, murmura la Professeure, mais je crois que nous ne pourrons pas vous aider, cette fois."
La rage semblait s'être envolée du corps de l'enseignante et ça, c'était mauvais signe.
Severus avait souvent comparé l'Ecossaise à une Cocotte-Minute, toujours à la limite de rejeter de la vapeur par les oreilles et la voir ainsi, sans ressort et comme résignée, le chagrinait plus qu'il n'osait se l'avouer.
"Nous en discuterons plus tard, répliqua la concernée, asseyez-vous, Professeur Dumbledore. Maître Snape ?!
- Oui ?
- Pourriez-vous accompagner la Professeure MacGonagall en cuisine ? Vous l'aiderez à préparer le thé."
Prétexte bidon mais le Maître des Potions le saisit au vol.
Une fois sur place, il ferma soigneusement la porte, apposant pour plus de sûreté un Sort de Silence. Cela fait, il vrilla ses yeux dans ceux de la Gryffondore :
"La vérité, Minerva !"
La réponse fusa, crue et cruelle.
"Albus s'affaiblit de jour en jour, même sa Magie s'épuise ; je crois...
je crois que son temps est compté."
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"C'est arrivé après notre retour du Dix-Neuvième Parallèle. Albus semblait aller bien mais dès le lendemain, il réduisait ses activités. Je lui ai suggéré de consulter Poppy...
- Ce qu'il n'a pas fait.
- Non. Et par la suite, il se comporta comme s'il avait toujours ses pleines capacités. Ce n'était pas le cas, je le voyais : il serrait les dents pour le moindre Sortilège.
- Et c'est à cause de ça qu'il boîte ?"
Curieusement, Minerva réprima un gloussement nerveux.
" Oh non, c'est... vous n'allez pas vous moquer ?
- Jamais quand il s'agit de santé. Alors ?!
- Eh bien, quand le Patronus de Madame Kostik nous est parvenu - c'est un Hippocampe géant, vous le saviez ? - Albus et moi étions sur le chemin de Pré-Au-Lard. Tout est parti en vrille après la délivrance du message : notre cher Directeur a voulu prouver sa grande forme et m'emmener en Transplanage d'escorte.
- Bon sang ! Il n'y a rien qui prenne plus d'énergie que cela."
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Dans la salle du Bar.
"... je sais, Transplaner à deux jusqu'ici n'était pas une bonne idée, avouait Albus d'un air contrit, mais j'aurais pu m'en sortir sans casse, si je n'avais pas oublié quelque chose.
- Quoi donc ?! osa Grimoire.
- Quand le Patronus est apparu, j'avais un sachet de bonbons au citron dans les mains.
- Et ?!
- A l'arrivée, je me suis tellement crispé que le paquet s'est rompu sous mes doigts. Tous les bonbons sont tombés, j'ai fait un pas en avant et..."
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"... il a glissé et chuté comme Rusard sous les sales blagues de Peeves. Vous imaginez ?"
Le Potionniste opina. Nul besoin de Légilimancie pour voir la scène. Si le Directeur avait été un vieillard moldu, il aurait eu le col du fémur fracassé.
"Minerva, calmez-vous ! Il peut marcher, c'est l'essentiel. Si nécessaire, Asclépios le soignera.
- Je ne m'inquiète pas pour l'instant présent, Severus, confia-t-elle, mais je crains que les jours à venir ne soient difficiles à supporter."
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Ô combien ces derniers mots allaient se vérifier,
mais pas pour les raisons auxquelles ils pensaient.
...
* Le personnage de l'Anarchiviste n'est pas à moi. Il appartient à Alain Créhange.
