Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.

Rating : T

Pairing : Severus Snape - OC ; Albus, Minerva et Charlie Weasley.

Correctrice : Fantomette34.


RàR : Chocogrenouilles, merci pour ta review !

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Nos héros sont enfin sur le terrain.

Bonne lecture !


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Fontayne et jouvences - Le Débarquement en Normandie

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Au Sud de Granville... Le vingt-sept décembre au matin.

La pluie avait cessé, mais l'humidité était telle qu'on avait l'impression de respirer de l'eau. Le temps plus doux qu'à l'accoutumée permettait à Lydie et au Potionniste de surveiller la ferme sans avoir recours à la Magie : de simples manteaux suffisaient à les réchauffer, et pour le guet, jumelles classiques - et infrarouges - traquaient les êtres vivants presque aussi bien qu'une carte ensorcelée.

"A quelle heure doivent débarquer Minerva et les 'enfants' ? murmura la jeune fille.

- Neuf heures. Soit dans quarante minutes." répliqua Severus sur le même ton.

Il était irrité. Nemo avait insisté pour qu'ils passent le plus inaperçus possible. Ce qui voulait dire pas de bruits de moteur, pas de va-et-vient injustifiés et surtout... pas de bouteille thermos remplie de café, dont l'odeur aurait pu les trahir : ils étaient si près des dépendances.

Sur place la traite du matin s'achevait, et les robes noires et blanches des vaches passaient lentement en direction des prés. Si l'une d'entre elle remarqua les intrus, elle n'en fit pas montre : le troupeau les doubla sans modifier son allure.

En fait, la seule agitation inhabituelle concernait les humains.

"M'sieur Jumièges ! héla un individu qui sortait du corps de ferme principal, j'ai eu le transporteur au téléphone. La bétaillère sera là dans dix minutes.

- Parfait ! J'ai hâte de voir ce que l'on nous envoie."

Alerté, le Maître des Potions focalisa sur l'homme qui venait de parler, André Jumièges, le régisseur du domaine.

Son visage respirait l'honnêteté mais aussi la détermination. Severus se fit la réflexion qu'il lui donnerait plus de fil à retordre que bien des Sorciers, car il y avait un hic : il était un des très rares cas de Moldus réfractaires à la Magie, surtout celle de l'Esprit.

Donc seraient de peu d'effets sur lui les Sorts de Confusion, de Suggestion et le soumettre à l'Imperium nécessiterait beaucoup d'énergie, physique et magique.

"Et le Véritasérum ? Et la Légilimancie ? avait demandé Alistair quand ils étaient encore au Bar des Louchébems.

Encore une fois, Asclépios avait apporté ses lumières : le sérum de vérité n'était guère efficace, car la cible se rendrait compte du piège et le contrerait de toute sa volonté. Quand à la Légilimancie...

"Tu comprends, mon petit, avait-il dit à Severus, les défenses mentales d'un tel individu sont puissantes, désordonnées, imprévisibles et surtout... intimement liées au corps qui les entoure. Si tu détruis les barrières, tu détruis une partie du cerveau. La folie peut en être l'issue... ou une vie de légume."

Ce que ne voulait pas le Maître des Potions.

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Ce que ne voulait plus le Maître des Potions.

Dans ses dernières années à Poudlard, la solitude et la colère l'accablaient tant qu'il n'était plus qu'une boule de haine, désirant prendre sa revanche sur tous ceux qui lui avaient fait du mal. Et la liste était longue...

Et celui qui trônait tout en haut était Sirius Black. Bien plus que Potter.

Si à l'époque il avait maîtrisé la Magie de l'esprit, le fils d'Orion et de Walburga n'aurait jamais fini sa scolarité : on l'aurait retrouvé un jour dans un coin sombre, les yeux vitreux, dans le même état que les Londubat.

Merlin, il l'aurait fait, oui !

Deux choses l'en avaient empêché par la suite : la mort de Lily qui l'avait dévasté et l'emprisonnement de Black à Azkhaban. Le cabot avait échangé un affrontement direct contre une mort à petit feu aux mains des Détraqueurs. Le sale boulot allait être fait par quelqu'un d'autre.

Du moins, c'est ce qu'il avait pensé et il avait rayé le Gryffondor de ses pensées.

Bien sûr, il s'était lourdement trompé. L'Animagus avait contré l'effet des Créatures et s'était évadé douze ans plus tard.

Et, pire que tout, ils s'étaient retrouvés dans la même galère.

La mort de son ennemi d'enfance ne l'avait ni réjoui, ni attristé. Il y avait désormais un pilier manquant dans l'édifice de sa vie, pas de quoi voir son monde s'écrouler, bien sûr... l'emplacement béait, c'était tout.

Mais aujourd'hui Alistair, Lydie, Nemo, Asclépios et même Charlie Weasley étaient ses nouveaux piliers, solides, rassurants, complémentaires.

Tout comme il l'était pour eux.

C'était quelque chose d'entièrement nouveau.

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Ouch !

Un coup de coude l'avait tiré de sa rêverie.

"R'descends sur terre, Tonton Sev', la STAR arrive !" fit Lydie, emphatique.

Effectivement, un véhicule avançait sur le chemin.

"Jeune fille, je vous prierai de ne pas m'appeler comme ça quand on est en mission, grogna-t-il...

- Mais oui, mais oui !

- ... et d'épargner mes côtes : elles ne vous ont rien fait !"

Un rire étouffé lui répondit, que même son regard noir ne parvint pas à calmer.

Cette gamine fréquente trop Minerva. Elle prend toutes ses mauvaises manières.

Il remit à plus tard l'échange qu'il était sûr de perdre et se concentra sur le vrai début de l'opération.

Fontayne et jouvences, Acte I, scène 1 : l'arrivée d'Alistair.

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Rideau... ou plutôt, bocage !

Pour faire local.

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La bétaillère s'arrêta devant les communs. Et sa carcasse métallique résonna, tremblant sous un assaut invisible.

"Ma parole, fit un employé à la trogne lumineuse, ils nous ont envoyé un Mastodonte ?!

- Non, juste un Taureau hors norme qui est la propriété des enfants Smith." précisa Jumièges.

Un intérêt certain agglutina le groupe devant les portes,

et quand elles s'ouvrirent.

Oh, la vache... si l'on puit dire !

Une masse se détacha de l'ombre et avança vers eux en raclant les parois.

É-nor-me !

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Du haut de son perchoir, Severus se permit un sourire.

Lui-même avait été estomaqué par la forme animale du Minotaure.

Il était aussi grand que lui.

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Au début les hommes étaient restés scotchés, la mâchoire béante, mais quand ils virent que la bête progressait vers eux, ils reculèrent. Mieux valait rester prudent, d'autant plus que l'animal arborait des cornes démesurées.

Pourtant Alistair n'était pas agressif : il ressemblait plutôt au doux Ferdinand, héros d'un dessin animé de Walt Disney,* qui n'aurait pas fait de mal à une mouche.

Le Minotaure décida de la jouer je-suis-le-plus-beau-et-je-le-sais et releva sa tête d'au moins quarante-cinq degrés.

Clac !

Aïe... mes cervicales !

"L'idiot, pesta Lydie qui l'observait à la jumelle, il est bon pour des séances chez le Kiné !"

Mais le mal ne semblait pas être bien grave, car le vrai-faux taureau reprit son manège sans que quiconque ne bougeât.

Bon, ils sont gentils, les statues de plâtre, mais j'aimerais que quelqu'un se décoince et m'indique où se trouve ma stalle personnelle.

Toujours pas de réaction.

"Hi hi, t'es rigolo, toi !"

Hein ?! Qui a parlé ?

"Chuis là !"

Où ça ?

"Juste en dessous de toi, eh, banane !"

Interloqué, Alistair recula d'un pas et baissa la tête.

Et il la vit.

Une petite fille d'environ quatre ans.

"Bonjour, je m'appelle Mélanie Jumièges ! Et toi, c'est quoi ton nom ?"

Oh misère, frissonna l'interpellé,

une Lydie bis !

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L'apparition enfantine eut le mérite de réveiller les adultes :

"Mélanie !... Ce n'est pas prudent d'être si près de lui. Il pourrait te blesser.

- Mais non, papa, il est très gentil. Regarde !"

Et la menotte de l'enfant vint caresser le museau humide, sans que son propriétaire ne bronchât.

"Tu vois ?!"

André Jumièges hocha la tête. Il savait que sa fille avait un don avec les animaux : elle leur faisait faire tout ce qu'elle voulait. Mais là, tout de même...

Oublieuse des inquiétudes de son père, Mélanie s'était déjà retournée vers son nouvel ami.

"... et tu ne m'as pas répondu, tout à l'heure, c'est quoi ton nom ?"

L'adulte esquissa un sourire ; elle croyait dur comme fer qu'il allait lui répondre. Il consulta les papiers que le chauffeur lui avait donné, mais avant qu'il n'ait pu ouvrir la bouche...

"Il s'appelle Alistair ! fit une voix féminine, il est l'animal préféré des enfants dont j'ai la charge... et vous avez raison, jeune Demoiselle, il est le plus gentil de tous les taureaux de la terre."

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Fontayne et jouvences, Acte I, scène 2 : Arrivée de la Gouvernante.

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Minerva fait son entrée, semblant d'un autre siècle.

Et derrière elle, les deux garçons :

Charlie qui se la joue ado moldu rebelle, le Walkman accroché à la ceinture et les écouteurs sur les oreilles.

Albus-Alan qui arbore une tenue qui aurait eu sa place à l'ère victorienne. S'ils n'avaient été en hiver, il aurait été en culotte courte.

Mais étrangement, ils ne semblent pas déplacés dans cette ferme qui doit dater du dix-huitième siècle.

Les hommes s'ébrouent, Jumièges s'avance pour accueillir ses hôtes.

Mélanie et "Alan" se regardent,

et la connexion est immédiate.

Oh oh, pense Alistair,

la foudre vient de tomber.

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Va-t-il y avoir une histoire d'amour entre Mini-Albus et la petite Mélanie ?

Alistair replacera-t-il ses vertèbres dans le bon ordre ?

Minerva apprendra-t-elle la mode un jour ?

Severus survivra-t-il sans café ?

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Vous le saurez dans le prochain chapitre de Fontayne et jouvences.

...

Nd'A :

Demain, ça fera exactement un an que j'ai publié ma première histoire sur ce site. (eh oui, 100 points pour Gryffondor, c'était le 13 août 2015 !)

Pour l'occasion, je publierai une fic sur les affres des auteur(e)s de fanfiction. Si vous aimez, je peux envisager une suite... ;)

A pluche !