Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.

Rating : T

Pairing : Severus Snape - OC ; Albus, Minerva et Charlie Weasley.

Correctrice : Fantomette34.


RàR : Chocogrenouilles, merci pour ta review. La suite est là, j'espère qu'elle t'amusera autant.

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Dernier chapitre de cette deuxième partie : Albus, Charlie, Minerva et Alistair sont accueillis à la ferme.

Bonne lecture !


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Fontayne et jouvences - Frasques et flasque

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La bouche d'Alan-Albus s'ouvrit en un "O" de panique et ses yeux bleus cherchèrent une occasion de fuir : il en était sûr, la fillette devant lui était du genre à attirer les ennuis

... sur les autres !

Et elle semblait l'avoir ciblé. Aussi, quand elle fit un pas en avant il esquiva, et tenta de se réfugier derrière les pattes puissantes d'Alistair. Celui-ci, qui s'amusait comme un petit fou, le crocheta d'une de ses cornes et l'expédia en première ligne.

"Alan ! Où sont donc vos manières ?! fit la Gouvernante-plus-vraie-que-nature en le foudroyant du regard, cessez cela, je vous prie, et présentez-vous !"

J'voudrais t'y voir, Minnie ! pensa la demi-portion provisoire. On est mal, là. Cette gamine et son sourire roublard feraient passer Severus pour un Poufsouffle. En plus, elle a une tête à ne pas aimer les bonbons au citron.

Mais ni sa crainte évidente, ni ses yeux de chiot en manque d'affection n'eurent d'effet sur la Gryffondore. Elle se cala dans son dos, coupant toute idée de retraite.

Bien, puisque la gent féminine était contre lui...

"Hem... Bonjour, Mademoiselle, Messieurs. Je suis Alan Smith. Heureux de vous rencontrer."

Et merci à Asclépios pour son enseignement express de la langue française. Bien que ses tournures datent un peu.

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Les mots en français ayant brisé la glace, les présentations continuèrent de manière moins formelle, et chacun prit ses marques : James-Charlie promenait un regard ennuyé sur le domaine, dont il enregistrait pourtant la moindre allée ; Alan-Albus regrettait de ne pas être Argus aux cent yeux - non, pas le concierge de Poudlard - pour pouvoir à la fois surveiller Mélanie et lui échapper. Non pas que ça aurait été efficace, la gamine semblait être partout à la fois.

Et Minerva.

Aaaah, Minerva ! Elle... ou plutôt Mary-Ann Fontayne, Gouvernante au sourire d'un autre temps, faisait fondre le cœur du régisseur. Elle s'en rendait parfaitement compte.

"Merci de témoigner tant de sympathie à une personne de mon âge, fit-elle, sincère, bien peu le ferait."

L'homme dans la quarantaine rougit, un peu, et eut le tact de ne pas dire qu'elle lui rappelait sa mère. Pour chasser la gêne, il lui proposa de l'accompagner à l'intérieur.

"Vous prendrez bien une tasse de café ?" proposa-t-il.

L'Ecossaise préférait nettement un Earl Grey - les grains noirs, c'était pour Severus - mais elle se disciplina :

"Bien volontiers !"

Elle entra à son tour.

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Au dehors, les employés se chargèrent des enfants : l'un d'eux prit les bagages et fit signe à Charlie de le suivre. Inutile de compter sur Albus pour en faire autant, Mélanie l'avait attrapé et ne semblait pas prête à le lâcher. Avisés, aucun des hommes ne tenta de secourir l'infortuné, la petite étant du genre Bernique.

Et le Taureau dans tout cela ?

Eh bien, il fut approché par l'individu à la trogne enluminée qui le guida vers un pré en vue directe du corps de ferme. Le type s'appelait Arsène Calvaire, mais Alistair avait entendu les autres le surnommer Calva, signe qu'il ne carburait pas à l'eau de source, ni même au Cidre doux.

D'ailleurs le susnommé, après avoir refermé la barrière, avait sorti de sa poche - avec des airs de conspirateur - une flasque que l'on devinait être d'un usage fréquent.

"Hé, Alistair, j'peux te demander un service ?" murmura-t-il.

Cause toujours, on verra.

"Si le Patron me chope avec ça, j'suis bon pour me r'trouver à laver les vitres ou à nettoyer les cuves."

Si ces dernières sont vides, sûr que c'est pas marrant.

"Bien que j'aime siffler en travaillant..."

Pour ça, j'te fais confiance.

"... j'ai mieux à faire que laver les carreaux."

Te rincer la dalle, par exemple ?

"J'ai personne avec qui boire..."

J'te présenterai Tanngrisnir, si tu veux, il est pas bégueule pour biberonner.

"... et les copains me vendraient à M'sieur Jumièges."

Combien ? Trente setiers ? *

"Alors, si tu pouvais veiller sur cette flasque..."

N'aie crainte pour le contenant. Le contenu, par contre...

"Vu ce que t'es pansu..."

Hé, je m'appelle pas Obélix, que je sache !

"... personne n'osera venir chercher la petite bête."

T'as décidé d'être désobligeant, l'Arsène ?

"Alors, t'acceptes ?"

Alistair émit un meuglement peu compromettant, qui pouvait aussi bien dire "Ok, trinquons à notre accord..." que "Compte là-dessus et bois du jus de citrouille !" Quoi qu'il en soit, l'homme posa son trésor liquide dans le creux d'une souche et sortit de l'enclos.

"J' reviendrai la prendre en fin d'après-midi. Je te demande de la veiller de près, comme une victime de la marée montante."

Chouette, du bouche-à-bouche s'impose !

"J'plaisante ! T'en aurais vite marre. Bouge un peu, et profite..."

L'homme désigna d'un geste le fond du pré.

"... tes admiratrices sont de sortie !"

Intrigué, L'ex-Minotaure pivota... et ses pattes prirent la consistance d'une gelée tremblotante. Une trentaine de vaches venait vers lui, avec un regard bovin énamouré.

Alors là, j'suis dans la bouse !

"Tu vois, Alistair... pour un taureau, tu fais un effet bœuf !"

Et l'Arsène éclata de rire.

Ha ha, très drôle ! Et je leur échappe comment, moi ?

Il n'y avait pas d'issue. L'Enquêteur quadrupède passa les minutes qui suivirent à tenir les vaches à distance et à maudire Nemo pour avoir, dans un premier temps, accepté la mission à Buckingham, Asclépios pour les avoir précipités dans une autre, Severus, ainsi que Lydie, pour avoir échappé à la première ligne, l'Arsène, pour s'être moqué, et même Poséidon, son Grand-Père, pour avoir fait de lui un être à la double nature.

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A l'intérieur.

"J'étais étonné, tout à l'heure, de vous voir arriver si tôt, avoua Jumièges à Minerva, vous avez dû vous lever aux aurores ?"

Ce n'était pas le cas. Elle et les 'enfants' avaient transplané près de l'Aéroport de Caen, à l'heure où la première liaison avec Douvres atterrissait. Il fut facile de faire croire qu'ils sortaient de l'avion au Taxi qu'ils avaient retenu. La dernière partie du trajet doit se faire à la manière moldue, avait insisté Severus, toujours dans un souci de passer inaperçu. Cela semblait être en bonne voie.

Sauf que...

A peine sur le siège arrière, Albus s'était mis à chouiner : il avait perdu le doudou-peluche offert par 'Tonton Antoine', il avait du sommeil en retard, (ça, c'était vrai), il n'arrivait pas à attacher sa ceinture de sécurité, (Minerva la lui aurait volontiers passée autour du cou), et ça, ce n'était que pour le départ.

Deux kilomètres plus loin, il prétendit que la voiture le rendait malade et il changea de place pour se retrouver à l'avant, où il recommença à ennuyer son monde.

"Et pourquoi les vaches ici, elles sont blanches et noires ? Et pourquoi il y a tant de pommiers ? Et pourquoi il y a de la paille sur certaines maisons ?"

Fort heureusement, le stock de nouveautés s'épuisa au fil des routes et l'insupportable gamin se tut, provisoirement.

Pour remplacer, à mi-parcours, sa litanie par une autre :

"Et quand est-ce qu'on arrive ?... Dis, quand est-ce qu'on arrive ?... Dis..."

Minerva n'avait pas tenu le coup : elle avait fait stopper le taxi, décharger mômes et bagages, puis elle avait oublietté le chauffeur et l'avait renvoyé, lesté du prix de la course. Enfin, promettant mille morts au fauteur de trouble s'il ne faisait ne serait-ce que mine d'ouvrir la bouche, elle transplana à nouveau avec eux.

Ils atterrirent près de la ferme, sur une base que Severus et elle avaient délimitée. Bien sûr, c'était réservé aux urgences...

Mais Minerva ne pouvait faire autrement, il en allait de sa santé mentale.

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Au dehors.

Mélanie pestait.

Alan - son Alan - avait réussi à s'enfuir.

Elle lui avait proposé de jouer à la poupée,

avec lui dans le rôle.

Ça ne l'avait guère enthousiasmé.

C'était toujours le même problème, l'antagonisme fille-garçon : elle, préférait la féérie et les histoires sentimentales, eux l'Aventure avec un grand "A", si possible avec bagarre.

Si elle voulait qu'il accepte de jouer avec une fille, elle devrait combiner les deux mondes.

Mais comment faire ?

Sans qu'elle n'en ait eu conscience, ses pas l'avaient dirigée vers le salon où son père et Madame Fontayne devisaient en prenant le café. Pour l'instant, ils étaient collés à la fenêtre, à regarder le jardin des simples que sa mère avait jadis initié. Ils ne l'avaient pas entendue entrer.

Une idée, une idée pour réunir les deux mondes. Oui, mais laquelle ? réfléchissait-elle toujours.

Et c'est alors qu'elle les vit.

Dépassant du sac de la Gouvernante, sur le fauteuil. Deux innocentes aiguilles à tricoter.

Chic, avec ça, on va pouvoir jouer aux Trois Moustiquaires ! exulta-t-elle intérieurement.

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Oh oh !

Sachant que ces innocentes aiguilles à tricoter

sont en réalité les baguettes camouflées d'Albus et de Minerva,

vous ne sentez pas la catastrophe arriver ?

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* Le setier est une ancienne mesure de capacité, qui variait selon le pays et la matière mesurée.

...

Voilà, ici finit la deuxième partie. La troisième s'intitulera "Des différentes sortes de Magies".