Disclaimer : le monde de Harry Potter est à J.K.R. ; Alistair et ses amis du Dix-Neuvième Parallèle sont à moi.

Rating : T

Pairing : Severus Snape - OC ; Albus, Minerva et Charlie Weasley.

Correctrice : Fantomette34


Chocogrenouilles , merci pour ta review !

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Dernier chapitre de cette fic, il y aura un épilogue la semaine prochaine.

Bonne lecture !


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Amères victoires - Pour Mélanie

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"Je n'en reviens toujours pas !" murmurait Charlie pour lui même.

Une semaine était passée depuis l'incendie de la ferme et en ce premier samedi de janvier, la plupart des Enquêteurs impliqués se retrouvaient au Bar des Louchébems. Les choses s'étaient décantées rapidement : les malfrats sortis de leur 4X4 écrabouillé - C'était une oeuvre d'art ! protesta Alistair - les gendarmes avaient récupéré la feuille contenant la formule du poison et l'avaient remise à Nemo, qui s'était déplacé à Granville. Ce dernier, en accord avec Madame Kostik, l'avait détruite aussitôt. L'affaire aurait pu en rester là mais des zones d'ombres subsistaient, et un briefing fut programmé pour tenter de les éclaircir.

Et c'est pourquoi un Paris pétrifié par le gel vit le bar se remplir de gens, dont certains n'étaient pas passés par la porte d'entrée.

"Aaaah, ça fait plaisir de se retrouver ici ! déclara Albus qui, avec Minerva, avait transplané dans l'arrière-cour aveugle, je languissais de pouvoir à nouveau goûter au si délicieux chocolat chaud du Patron.

- Quoi, Bubus, t'es pas revenu pour le plaisir de notre compagnie ? répliqua Alistair d'un ton faussement vexé, parole, tu nous fends le coeur !

- Range tes classiques, Calamité Cornue, fit le susdit Patron quelque peu blasé, Madame Kostik sera là dans une poignée de secondes. Ce n'est pas le moment de ressortir ta culture des salles obscures."

Et, comme s'il avait suffi de l'invoquer, la Chef des Enquêtes Internationales apparut directement face à eux, d'un mot les envoyant s'asseoir derrière une table comme s'ils étaient des Poufsouffles de première année. Impressionné, Albus se demanda un instant ce qu'elle donnerait comme enseignante à Poudlard... mais chassa vite l'idée : dans l'art d'être incisif, Severus suffisait.

Severus qui aurait dû être là avec eux, d'ailleurs. Où était-il ?

"Bien... Mesdames, Messieurs, il y a quelques points sur lesquels j'aimerais revenir, commença-t-elle, et le premier concerne la partie de l'assaut où Jumièges et la Professeure MacGonagall ont été attaqués dans le bureau."

Un grognement suivit cette exorde et tous furent surpris de constater qu'il émanait de Minerva. Elle n'avait pas digéré cette histoire, c'était visible.

"Professeure ?

- Hmm...

- N'avez-vous pas trouvé étrange que deux hommes armés de revolvers ne lancent pas tout de suite l'assaut contre vous ? Vous aviez pourtant l'apparence de proies faciles..."

La phrase laissée en suspens fit cogiter Minerva. Sur le moment l'urgence l'en avait empêchée, mais c'était vrai que quelque chose clochait dans tout cela : les assaillants n'avaient aucune raison d'attendre, sauf si...

"Ils savaient que j'étais une Sorcière ! Et ils ne voulaient prendre aucun risque avec moi. Alors ils ont attendu que je m'épuise et... Oh par Merlin !

- Qu'y a-t-il, ma chère ?

- Albus, ils n'ont pas été étonnés quand j'ai créé le Grizzli à partir de l'ours en peluche, alors que Jumièges avait les yeux comme des soucoupes. Aucun doute, ils savaient.

- Oui, et cela veut dire que quelqu'un les a renseignés, reprit Madame Kostik.

- Qui ?"

Silence. Puis une voix familière s'éleva.

"Leur commanditaire, annonça Severus en entrant enfin dans la pièce, celui que devait rencontrer le Docteur Smith à Buckingham, pour lui vendre la formule."

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"Hé, Sev, t'es enfin arrivé ?! furent les premiers mots qu'Alistair adressa à son compagnon d'âme, avant de percuter :

une minute, comment tu sais tout ça ?

- Je reviens de l'hôpital de Caen ; les médecins m'ont permis de voir Jumièges, à condition de ne pas trop le fatiguer. Et il a parlé.

- Peut-être pourriez-vous, Maître Snape, nous faire tous profiter de ses déclarations ?"

L'intéressé hocha la tête.

Il y avait beaucoup à raconter.

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Dans les couloirs de l'Hôpital, une demi-heure plus tôt.

"C'est ici, fit l'infirmière en désignant une porte à l'écart, vous avez vingt minutes avant les soins. Ne l'épuisez pas, s'il vous plaît."

Et elle partit. Le Potionniste ouvrit et s'approcha du lit sans qu'un son ne s'entende. Jumièges le fixait.

"Vous êtes un bien étrange fantôme.

- Pardon ?!

- Ceux de nos contes portent draps blancs et chaînes bruyantes et vous... vous êtes silence et de noir vêtu.

- Sans doute est-ce dû à quelque ancêtre vampire."

La boutade eut un effet inattendu : les traits du régisseur se déformèrent en grimace et Severus ne comprenait pas pourquoi.

"Vous êtes comme elle.

- ... ?!

- Elle... Madame Fontayne... ou quel que soit son nom... vous êtes pareils."

Jumièges s'agitait et ce n'était pas bon. D'un informulé, le Maître des Potions envoya directement dans son estomac le contenu d'une fiole de potion calmante, qu'il savait compatible avec les médicaments moldus. Cela fonctionna : Les battements de cœur de l'homme s'apaisèrent, mais son regard restait perdu.

Severus décida de jouer cartes sur table, il sentait... il savait que seule la vérité amènerait Jumièges à l'écouter... et à répondre à ses questions.

"Nous sommes des Sorciers."

Avec ce qu'il a vu, il doit s'en douter.

"Pourquoi... étiez-vous... venus ?

- Nous étions sur la piste du poison créé par le Docteur Smith. Nous voulions détruire sa formule, car personne dans ce monde - ou le nôtre - n'arrivait à trouver une antidote. Vous saviez pour le poison, n'est-ce pas ?"

Hochement de tête.

"... et qu'il était imparable."

Le régisseur soupira douloureusement avant de confirmer.

"Je le savais. Et c'est à cause de ça que je suis allé en Angleterre, Smith devait rencontrer quelqu'un à la réception de Buckingham Palace, pour lui vendre sa formule...

Ce salaud n'aurait pas hésité : il ne vivait que pour le fric, et tant pis pour les conséquences !"

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"Racontez-moi... dans l'ordre chronologique.

- D'accord. Smith m'a embauché comme régisseur de sa ferme, il y a deux ans, mais il me connaissait depuis bien plus longtemps : du temps où j'étais un délinquant. Il ne s'est jamais caché de ses magouilles, j'aurais pu le faire tomber mais il savait que je ne le ferais pas..."

Ah oui, la fameuse loyauté !

"... et cela l'a mené à ne plus rien me cacher, même ses recherches illégales. Un soir, il est venu dans mon bureau, il... il tenait une fiole à la main. Il a dit que son contenu lui apporterait la fortune. Je croyais que c'était une drogue de synthèse, je n'ai rien dit, je... j'ai préféré détourner les yeux. Si j'avais su...

- Justement, quand avez-vous su ?

- Le jour de la réception à Buckingham. Il était ici et il avait reçu un appel sur son portable, un appel qui l'avait mis de très bonne humeur. Il a dit : "André, je vais en Angleterre. Mon "client" a fait une offre très avantageuse, le produit va ce soir changer de main."

Et il est sorti. Et quelque chose a fait tilt. Une sorte d'urgence m'a fait fouiller le coffre et je suis tombé sur une feuille décrivant les effets du poison. Mon Dieu, c'était..."

Severus posa la main sur son épaule. L'homme revivait l'instant et en était encore marqué.

"Il... il avait dit que l'échange se ferait le soir, donc c'était forcément pendant la réception royale. Il était officiellement invité, le commanditaire aussi sans doute. Le plan parfait : qui imaginerait deux VIP traitant une si sordide affaire ?"

C'est plus courant qu'on ne l'imagine, hélas !

"Je ne savais quoi faire, et puis je l'ai vu... le deuxième carton d'invitation.

- ... ?!

- Il était destiné au co-propriétaire officiel des laboratoires, mais celui-ci était à l'hôpital.

- Alors vous avez décidé de l'utiliser, et d'aller à votre tour à Buckingham. Pourquoi ne pas avoir plutôt alerté la police ?

- Et ils m'auraient cru ?"

Le ton était amer, et Severus pouvait le comprendre. Sa propre situation dans le monde sorcier n'était pas plus enviable : le dicton "Mangemort un jour, Mangemort toujours" perdurait.

" J'ai laissé Mélanie chez sa cousine et suis arrivé à Londres en un temps record. Tout se passa comme sur des roulettes : à la réception, je repérais Smith tout de suite. J'attendis une occasion de le coincer...

- Et vous avez cru l'avoir quand il est parti aux toilettes et vous l'avez suivi ?

- Oui. Je n'aurais jamais pensé que c'était là, le vrai lieu de rendez-vous pour la transaction.

- Que s'est-il passé exactement à l'intérieur ?"

Jumièges parut confus, une fois encore.

"Ce fut très rapide, finit-il par dire, dès que je suis entré il m'a vu, et a su ce que je venais faire. Il a tenté de me frapper, et quelqu'un est entré. Le nouveau venu a hésité un instant et s'est tourné vers moi. Je croyais que c'était le contact de Smith, je me trompais : ce dernier l'a projeté violemment sur l'angle du mur et il est tombé.

- C'était un policier, il est toujours dans le coma.

- J'suis désolé pour lui... désolé aussi de ne pas lui avoir porté secours, mais ce cinglé de Smith s'en est pris à moi, et... pendant quelques secondes tout s'est obscurci dans ma tête. Quand je suis revenu à la réalité, j'avais mes mains autour du cou de ce pourri."

Le ton s'était brisé, Jumièges sanglotait.

"J' vous jure que je ne suis pas un meurtrier ! Je ne sais pas ce qui m'a pris... je ne sais pas.

- Je vous crois... et de toute façon, Smith s'est dégagé aussitôt. Il savait comment faire : en écartant les doigts affaiblis de votre main droite.

- Vous êtes au courant ? Comment ?

- Minerva - Madame Fontayne - a remarqué cela après que vous ayez joué du violon. L'absence d'un pouce annoncé par le rapport des légistes était en fait un déboîtement.

- Oui. Smith a saisi mon pouce et l'a tiré en arrière, la douleur m'a fait lâcher prise. Il a reculé, puis est parti s'enfermer dans un W.C.

je ne pouvais plus rien faire, et j'entendais du bruit qui venait de la porte d'accès aux toilettes. J'ai voulu m'enfuir.

- Comment avez-vous fait, justement ?

- Je l'ignore... sincèrement... j'ai eu une autre perte de conscience et ne l'ait retrouvée qu'au dehors. Mes pas m'ont conduit jusqu'à un taxi en maraude ; la suite, vous la devinez."

Oui, Severus pouvait. Le régisseur avait rejoint Londres et la gare de Saint-Pancras et de là, pris un Eurostar pour Paris... et plus tard, il avait été accueilli à la ferme par les gendarmes venus enquêter sur le cambriolage.

Il en connaissait la raison : ce n'était pas fini, d'autres viendraient pour la formule.

Comment avait-il pu tenir le coup sans flancher ?

"Mélanie..." murmura l'homme.

Evidemment.

"Je ne voulais pas qu'elle soit un jour victime de cette horreur...

- ... et vous y avez réussi.

Reposez-vous, maintenant, vous en avez besoin."

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Severus se leva tandis que Jumièges fermait les yeux.

Il allait rejoindre les autres. Sa mission était terminée : les explications données étaient plus que satisfaisantes, pourtant...

il savait qu'il manquait une pièce pour compléter le puzzle de cette énigme fragmentée,

une pièce maîtresse,

qu'il serait forcé d'aller chercher loin d'ici.

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Voilà ! Les Missions Improbables sont terminées, mais j'ai deux autres projets de fics :

la première s'intitulera "Le miroir de la Vérité" et se déroulera entièrement à Poudlard. La seconde contiendra un voyage dans le temps.

Mais bon, on n'y est pas encore... ;)