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- Marine !

- Hum, Milo ? Que fais-tu ici ? Le camp des femmes est interdit aux hommes ! Tout Or sois-tu !

- Ordre des Popes. Tu es attendue au palais

- Ah ? Que se passe-t-il ? D'habitude, ce sont les gardes qui servent de messagers, pas des Chevaliers d'Or ?

- J'ai pour mission de t'y emmener. Par la force si nécessaire

- La force ?

- Allez viens. Ils n'apprécieront pas d'attendre


- Marine, Chevalier de l'Aigle, tu va être jugée par un collège des Chevaliers les plus sages de notre communauté, qui sont ici pour garantir l'équité de ton procès. - - fit Saga, en désignant les quelques Ors massés autour d'eux.

- Mais ? Grands Popes, de quoi suis-je accusée ?

- Ôte ta ceinture de tissu

- Pardon ?

- C'est un ordre !

Marine s'exécute. Un murmure d'indignation se propage parmi les personnes présentes.

- Les soupçons pesant sur toi sont donc fondés. Tu n'ignore pas la sentence que tu encoure ?

- Que se passe-t-il ici ? - - fait une voix forte, dans le fond de la salle.

- T'es en retard Aiolia ! L'audience a déjà commencée - - lui répond le Chevalier à côté de lui.

- Audience de quoi ?

- Le procès de Marine

- Quoi ? - - Aiolia bouscule ses pairs pour se ruer devant les Popes. Il s'approche de Marine et se place devant elle.

- Aiolia ! Qui t'a autorisé ce geste ? - - s'écrit Mü.

- Je ne vous laisserai pas vous en prendre à elle !

- Arrête tes airs de Sauveur de la Veuve et l'orphelin ! Marine est coupable d'un crime. Elle sera châtiée comme la loi l'exige

- Hors de question !

- Aiolia ! Regarde-toi-même : elle est enceinte !

Mais le Lion ne réagit pas à cette révélation infamante.

- Ça ne te choque pas ? Tu... tu étais au courant ?

- Oui. Car je suis le coupable que vous cherchez

- Pardon ?

- Je suis le père

Cris d'indignation de la salle !

- Le premier qui lève la main sur elle, je l'atomise ! - crie le Lion en défiant tous les Ors du regard.

- Aiolia… je n'aurais pas cru ça de toi, si dévoué au Sanctuaire. Explique-nous comment cette insoumise a pu te conduire, toi à la droiture exemplaire, à contrevenir à nos lois ?

- Je doute que vos esprits étroits puissent le comprendre ! Au point où nous en sommes, autant tout révéler maintenant

Aiolia sort de sa poche un objet et, d'un sourire à Marine, il lui demande de sortir le pendant. Devant les regards horrifiés de leurs compagnons, ils se passent aux doigts des bagues.

- Nous nous sommes mariés

Ce ne sont plus des cris mais des injures qui fusent.

- C'est un scandale ! - - Hurlent les uns après les autres - - Un Chevalier d'Or, oh Déesse ! …..C'est la honte dans notre rang ! …..La punition doit être appliquée…

- Parce que vous croyez que je vais vous laissez tuer ma femme et mon enfant sans réagir ?

Le Lion se met en garde, observant toute la salle.

- Aiolia…

Il se retourne vers Marine, et lui prend la main.

- Rappelle-toi ce que je t'ai promis mon cœur. Toujours ensembles

- Oui, je n'ai pas peur de mourir non plus, si c'est avec toi. Mais le bébé ?

Aiolia la prend dans ses bras.

- Il y a une autre solution Aiolia. Pour le sauver. Nous devons renoncer à notre orgueil ! Pour notre enfant

Ils se regardent et Aiolia acquiesce : - Tu as raison mon ange

Il se saisit de son masque qu'il lui ôte et jette au sol, où il se brise dans un fracassement clinquant.

- Comment oses-tu ce geste sacrilège, Chevalier du Lion ? - - s'indigne un des Popes.

- Ce masque est désormais inutile. Et il n'y a plus de Chevalier du Lion. Nous renonçons à nos armures. Nous abandonnons le statut de Chevaliers

Silence choqué de la salle : jamais, de mémoire d'homme, un Chevalier avait renoncé de plein gré à son statut. C'était une marque de faiblesse, une honte que tous méprisait. Une honte bien pire que d'être exilé par le Sanctuaire. Il fallait mieux être exécuté ! Mais Aiolia et Marine avaient pris leur décision. La décision de deux parents prêts à toutes les infamies pour sauver la vie de leur enfant. Aiolia prit la main de Marine et l'entraîna hors de la salle. Personne ne les en empêcha, car ils n'étaient plus des Chevaliers à punir, mais des civils pour qui les lois du Sanctuaire ne s'appliquaient pas, et qui n'avaient rien à y faire. Aussitôt dehors, ils s'enfuirent à toutes jambes, car ils savent que tous leurs compagnons peuvent s'en prendre à eux, pour les chasser par tous les moyens.