CHAPITRE 1
Cette nuit avait été affligeante. Le nombre incessant de mes cauchemars me tourmentait. Tous avaient un lien. Mais lequel ? Aucune idée. Les rayons réchauffants du soleil, étaient filtrés par les vitres de la cuisine et imprégnaient l'espace d'une douce lumière orangé, ce qui annonçait une matinée ensoleillait à Burgess. La tasse posait devant moi, était rempli de thé glacé. J'étais plutôt matinale. Par habitude... Ma sœur, Anna, quant à elle, était plutôt paresseuse si je pouvais dire. L'image de la voir décoiffée m'esquissait un sourire. Nous avions été adoptées par un couple qui cherchait à avoir des enfants, mais qui ne pouvait pas en avoir par eux même. Leur voyage d'affaires était une habitude. Anna et moi avions connu un traumatisme, qui avait causé une perte de nos souvenirs, nos parents disaient-ils. Je n'en croyais pas un mot, ma sœur étant jeune et naïve, ne le pensait pas non plus. Ma mémoire me renvoyait des images où des scènes qui se passaient généralement dans mes rêves ou cauchemars... Anna en avait quelques fois, mais ne les prenait pas au bon sens du terme, plutôt comme des images imaginaires. Un bruit me fit sursauter :
« C'est rien ! J'ai dit bonjour au mur ! » La voix de ma sœur s'éleva non loin de là.
En effet, elle venait de se prendre le mur. Elle entra, comme à son habitude, les cheveux en bataille et se massant la tempe.
« La prochaine fois, tu devrais lui passer également mon bonjour, par simple politesse. » Ironisais-je.
« Fais-toi plaisir ! Mais moi, j'ai eu ma dose pour ce matin. Attends, tout à l'heure, j'ai renversé ma brosse à dents et je lui ai dit pardon ! Une preuve de plus que l'heure à laquelle tu te lève n'est pas pour moi et ne le sera jamais ! Sur ce, majesté, je pars prendre mon chocolat. »
Un moment d'égarement traversa mon esprit lorsqu'elle me fit une révérence tirant sur les bouts de son short gris. Je secouais la tête et bus une gorgée de mon thé glacé, le temps que ma sœur trouve la poudre en chocolat qu'elle renversa par la suite. Maladroite aurais-je pu dire aussi.
Le temps que la matinée passe, je m'étais préparé soigneusement. Vêtue d'une chemise en jeans couleur ciel, les manches retroussées, d'un slim noir et d'une paire de ballerines dans les tons beige à dentelle blanche. Après avoir enfilé une veste, je sortais dehors, ébloui par l'éclat du manteau de neige qui recouvrait le sol. Le soleil qui reflétait ses rayons dessus, laissait apparaître un spectacle magnifique et une brillance extrême. Ma peau blanche se confondait entre les quelques flocons qui tombaient. Je soufflais et longeais une barrière en bois, me laissant guider. Je m'arrêtais devant un groupe d'enfant accompagnait d'un jeune homme aux cheveux argentés, qui jouaient à une bataille de neiges dans un parc. Pur comme innocence. Un sourire amusé s'étendit sur mes lèvres lorsque l'un d'entre eux reçu une boule-de-neige sur le visage et tomba en arrière. Les rires ne pouvaient être plus joyeux qu'en ce moment précis.
« Elsa ! »
Je détournais la tête suivant d'où provenait l'interpellation de mon prénom. Anna arrivait en trombe. Ses joues et son nez rosé. Elle portait un manteau presque polaire bleu foncé accompagné d'un jeans collant à ses fines jambes. Elle se mit à côté de moi, observant ma préoccupation quelques instants plus tôt.
« C'est réjouissant de voir qu'il y en a qui s'amuse par ici. » Fit-elle.
« En, effet. -continuant d'observer leur bataille, j'essayais de me refouler des moments passés mais mes souvenirs restaient comme... Évanouis. Te souviens-tu de notre enfance ? »
Elle mit un temps avant de répondre, mais secoua la tête tristement.
« Rarement. Enfin, je veux dire que, je... Je ne me souviens pas clairement, mais que je... Enfin, tu vois... »
« Tout à fait. » Rigolais-je.
Soudain, quelque chose me percuta de pleins fouet. Je venais de me recevoir une boule-de-neige sur le visage. Ma sœur, qui était la cause de ce geste, rigolait en ce pliant en deux.
« Ah oui, tu veux jouer à ça ! » Je creusais dans la neige et formais une boule bien ronde, que je lançai sur celle qui s'était moqué. Celle-ci se ramassa sur elle-même. Ainsi débuta une bataille plutôt vive. Même les enfants s'étaient arrêtés pour nous observer avec étonnement. Je me cachais derrière une voiture garée sur le trottoir, près de la barrière en bois. De savoir le visage heureux de ma sœur, me rendait un sourire et me faisait oublier la nuit dernière. Je me levais avec rapidité et fouillais de mes yeux les environs à sa recherche. Je me retournais et surprise ! Une autre boule à neiges. Nous rigolâmes comme des folles. Puis, après avoir attiré une attention des plus étonnés sur nous, je fixais ma sœur qui s'était empressée de leur dire bonjour et d'aller à leur rencontre. Évidemment, la curiosité de ma sœur, m'obligeait à faire de même.
« Mon prénom est Anna et voici ma sœur, Elsa. »
« Moi s'est Jamie » Répondit un petit garçon aux cheveux bruns et aux yeux noisette.
Je hochais de la tête en leur égard, puis mon attention fut attirée par le jeune homme aux cheveux argenté qui s'appuyait sur une sorte de bâton courbé au bout, qui resté en retrait. De plus près, il m'aurait semblé le voir pieds nus. Son pull se découpait sur les maisons enneigées. Je lui adressais un sourire. Contrairement à lui, qui se retourna pour jeter un coup d'œil en arrière et que, quand il comprit que c'était à son égard, il eut une expression stupéfaite. Il ouvrait la bouche en fronçant les sourcils, comme s'il essayait de comprendre. Sa réaction me parut bizarre...
« Elsa ! -cria Anna en me faisant signe- Que regarde-tu ? »
Un des enfants, Jamie, esquissa un sourire de joie en regardant le jeune homme qui ne cessait de me fixer, puis moi. Anna qui scrutait l'endroit où il se trouvait m'interrogea en me faisant un signe d'incompréhension. Je crus qu'elle ne le voyait pas.
« Tu arrives à le voir ? » Me questionna Jamie en sautillant sur place.
Me prenait-il pour une folle ?
« Enfin, oui voyons ! »
Il ouvrit de grands yeux et trépignait de joie débordante.
« Voir qui ? Demanda Anna.
Jamie se retourna les yeux brillants d'excitation.
« Et bien Jack Frost ! »
Un long silence s'abattit alors. Seul le murmure du vent se fit entendre. Les branches des arbres se cognaient les unes contre les autres et leur frottement résonnait dans ma tête. Je ne cessais de fixer Jamie jusqu'au moment où je secouais la tête :
« Qui ça ? » Demandais-je d'une petite voix aigus.
« L'esprit de l'Hiver ! » Me répondit-il.
« Jack Frost est une allégorie de l'Hiver, souvent dis comme espiègle, sinistre avec un caractère enfantin, bref ce personnage est un vieux conte de grand mère. » Fit Anna avec mon plus grand étonnement. Je me retournais pour la fixer.
« Depuis quand tu sais lire toi ? »
En guise de réponse, elle me fit une grimace qui lui fit retrousser se son nez rougit par le froid. Mais je ressentis un moment d'hésitation en me tournant pour voir ce « Jack Frost », qui, n'avait pas bougé. Un gène m'envahit lorsqu'il fit un pas, mon réflexe fut de reculer. Je secouais la tête sans m'en rendre compte. Le manque de sommeil n'arrangeait rien de bon. Je ne pensais pas que le fait de voir une sorte d'allégorie imaginaire pouvait me faire perdre la tête... Et pourtant ? Mon imagination ? Non non, le jeune garçon avait bel et bien dit son nom. Le cris des enfants joyeux ne me parvenait pas correctement tellement que je m'étais noyé dans mes songes.
« Alors, ça fait quoi de le voir ? »
La question de Jamie me fit revenir auprès d'eux.
« Hein ? »
« Bah Jack Frost ! Répondit-il.
Ne voulant attiser aucune autre explosion d'exaltation, je me poussais à répondre sans trop d'importance :
« Je ne vois personne, je regardais juste la vue sur les maisons d'en face. Il se trouve que j'aime beaucoup la construction recouvert de neige. »
Quoi qu'il en était, le mensonge n'était pas pour moi. De plus, le jeune garçon fit une moue. Anna me regardais d'un air entendu, sachant pertinemment que j'essayais d'éviter le sujet. Elle ne me prends pas pour une folle par hasard ?! Me dis-je. Pourtant, les amis de Jamie chuchotèrent quelque chose à ce dernier. Il fit non de la tête en désapprouvant ce qu'ils disaient.
« C'est impossible... murmura-t-il.
Une vague de pitié me transperça le cœur. Il avait cru pendant un instant que je partageais leur croyance de voir ce -Jack Frost-. Je me faisais par la suite à l'idée que s'était dû à ma tension faible. Que la silhouette du jeune homme n'avait pas été réelle. Je n'osais tout de même plus regarder où ce dernier se trouvait, de peur à me retrouver face à mes propres doutes encore une fois.
Anna me prit soudainement par le bras en saluant les enfants d'un signe de main exagéré.
« Bon désolé pour le dérangement et enchanté d'avoir fait votre connaissance ! Au revoir ! » Leur cria t-elle.
Je fut alors entraîné de force. Je n'eus pas le temps de voir leur réaction que nous étions presque arrivé au seuil de notre porte. Je poussais un soupir en me dégageant.
« Tu peux me dire ce qu'il s'est réellement passé hein ? » s'empressa ma sœur.
« Quoi ? répondis-je prise au dépourvus.
Elle fronça les sourcils et racla sa gorge avec exagération, ce qu'elle faisait toujours lorsqu'elle voulait savoir quelque chose. Je croisais les bras, un sourire amusé s'affichant sur mon visage illuminé par le reflet blanc de la neige.
« Depuis quand tu t'irrite aussi facilement très cher sœur ? Serais-tu jalouse que j'ai pu remarquer quelque chose -d'incroyable- et pas toi ? Tentais-je de retourner le sujet contre elle.
Elle fit une petite moue, avant de se reprendre et de balancer ses cheveux roux dans son dos. Ceux-ci volèrent avec élégance, comme glissant sur la surface du vent.
« Je pense surtout aussi que ton manque de sommeil et tes insomnies te rendent un peu zozo. »
De son index, elle fit le geste de le tourner rapidement autour de sa tempe. Je la regardais de haut en bas, toujours adopté de ma même position. Je poussais alors un soupir en poussant la porte pour pénétrer à l'intérieur de notre foyer.
« Quoi qu'il en était, oublions ça. » Finissais-je.
Elle ne fit pas de remarque et approuva ce que je venais de dire. La chaleur et la lumière du jour imprégnaient les lieux spacieux. D'un côté le salon, de l'autre la cuisine. En face se tenait un escalier qui menait à un couloir qui contenait plusieurs pièce : les chambres en parti, les nôtres, celle de nos parents adoptifs se trouvait en bas. Je me débarrassais de mon manteau en l'accrochant au crochet de fer sur le mur de l'entrée quand Anna m'emboîta le pas :
« Je meurs de faim ! Tu n'imagine pas à quel point ! »
Je levais les yeux au ciel. Ses pas lourds résonnaient dans tout le rez de chaussée. L'on pouvait même ressentir la vibration du sol. Mieux valait la laisser manger de crainte à ce que la maison ne s'écroule sur ses bonds de réclamation de nourriture. Bien sûr je savais expressément que j'exagérais. Mais tout de même... l'idée de voir s'effondrer notre foyer sous sa colère me fit frissonner. Cela était impossible. Sa taille gracieuse ne lui en donnerait jamais l'avantage. Je me passais la main sur la nuque, chassant des gouttes de pluie imaginaires.
« Où est le chocolat ?! »
Le hurlement de ma sœur me fit sursauter. Je m'apprêtais à la rejoindre quand la sonnerie du téléphone fixe sonna dans la cuisine. Anna décrocha immédiatement. En quelques pas, je la rejoignit. Lorsqu'elle fut à portée de vue je constatais qu'elle s'était assise sur la table en bloc qui s'incrustait dans le carrelage. Ses pieds nus pendant dans le vide et se balançant d'avant en arrière, ses talons cognant sur le vernis qui résonnait en un bruit sourd.
« Allô ? Oh oui ! Lucy ! Je vais bien et vous ? Oui, oui, oui bien sûr. Tout se passe très bien ! Non ne t'en fait pas ! Pardon ? » Elle me lança un bref coup d'œil avant de zyeuter la pièce dans tout les sens. Elle baissa la voix comme si une personne était entrée subitement et ne devais rien entendre « Les cauchemars d'Elsa ne se sont pas vraiment... améliorez... mais elle va bien. Hmmm... Bien sûr. ».
Rien qu'à la pensée de revisionner le cauchemar de la nuit dernière me figea. Anna me tendit le téléphone en se pinçant les lèvres avant d'ajouter :
« C'est pour toi. »
Je clignais des yeux et prit l'appareil d'un geste assez délicat pour ensuite le porter à mon oreille :
« Allô ? »
« Oui Elsa ? Comment vas tu ? Anna m'a dit que t'es cauchemars ne s'étaient pas améliorés. »
Je levais les yeux pour plonger dans ceux de ma sœur avant de lui tourner le dos entourant un bras sous le dessous de ma poitrine.
« Bonjour Lucy. Je vais bien, cette nuit a été difficile mais ça va. »
« Tu as l'air pourtant d'avoir une voix fatigué. » Remarqua-t-elle peu convaincue. « A tu pris tes calmants ? »
« Oui, oui, bien sûr. Hier soir. »
La voix de ma tutrice s'adoucissait aussitôt dans un ton de bienveillance.
« Très bien, pense bien à les prendre surtout. Henry et moi reviendront dans quelques jours, notre séjour à été raccourcis... Et... »
Je ne pus entendre la fin de sa phrase, Anna me faisait signe et essayait d'attirer mon attention. Je secouais la tête en lui intimant le silence, mais celle-ci ne m'écouta sûrement pas. Je me concentrais sur ce que me disait Lucy, essayant d'ignorer les signaux et appels de ma sœur.
« Nous vous avons laissez un boite d'argent pour l'achat des courses. Pense bien à laisser prendre à ta sœur ce qu'elle désire en chocolat, tu connais la marque...»
Je lançais un regard amusé en direction de cette dernière qui se tordait dans tout les sens pour qu'on lui prête attention.
« Oui ne t'en fais pas. Lui assurais-je. On vous embrasse aussi et -je veillerais bien à ce qu'Anna ait le chocolat de son choix.- »
J'avais volontairement haussé la voix à ma dernière phrase pour que ma sœur capte bien l'information. Sa mine satisfaite fis comme un accusé de réception. Je raccrochais alors, poussant un rire étouffé. L'après-midi se déroula avec calme. Ma sœur m'avait harcelé pour qu'on puisse partir sur le champ au supermarché :
« Allez ! S'il te plaît ! En plus c'est qu'à dix minutes d'ici à pied ! » Avait-elle supplié.
« Tu peux toujours y aller pour admirer la vitre si tu veux. » Avais-je finis par lui répondre, agacé
« Il vont peux être finir par m'ouvrir ! »
« Oooh même le dimanche il ne pourront rien y faire. »
Elle était parti bouder dans le salon devant la télévision. Malheureusement pour elle, le fait de voir de la publicité marketing concentré sur le chocolat avait attisé sa rage. Il n'y avait décidément que ce goût sucré qui faisait ressortir son côté enfant boudeur. Malgré tout, elle s'avisait d'une grande maturité la plupart du temps, ce qui faisait son côté charmeur. En bref, la journée c'était bien déroulée et le chapitre du jeune homme aux cheveux argenté n'était plus qu'un souvenir éteint. Anna était parti ce couché. Quant à moi, je m'étais installé sur le fauteuil à lire un livre. Je buvais littéralement l'histoire et j'adsorbais la moindre des actions qui s'y déroulées. Je me résignais tout de même à arrêter ma lecture. L'heure afficherait minuit dans presque une heure. Je me levais en m'étirant et baillant à m'en décocher la mâchoire. J'empruntais l'escalier sur la pointe des pieds et me dirigea jusqu'à ma chambre veillant à fermer la porte le plus doucement possible. Un frisson me parcourut l'échine. Un vent frais me percuta de flein fouet et un bruit me fit sursauter. Prenant mon courage à deux mains, je me retournais pour découvrir la fenêtre de ma chambre grand ouverte. Ces dernières, cognant contre le mur, étaient la cause du bruit. Une vague de soulagement fit retomber ma peur. La pièce était vide. Je m'empressais donc de tourner la poignée et de mettre un terme aux entrées non-invitée du vent. J'ouvrais le robinet dans la salle de bain qui était séparée de ma chambre, pour couvrir mon visage d'eau gelé. Puis je me dévisageais dans le miroir. Les quelques perles d'eau qui longeait la surface lisse de ma peau emportèrent un instant mes mauvais songes. Enfin je pris mes calmant pour prendre place dans mon lit.
Impossible de fermer l'œil. Même en me retournant d'un côté à l'autre avec acharnement, ne m'aidait en rien. Je ne pensais à rien et pourtant, la crainte de me refouler dans mes cauchemars devait certainement y jouait un rôle. Les calmants ne servaient à rien. Je soupirais en me levant. Je traversa le couloir sans le moindre bruit pour rejoindre la chambre de ma sœur. Cette dernière dormait paisiblement. Sa respiration régulière ne s'y trompait pas. Je me détournais de la réveiller surtout après la nuit qu'elle avait dû passer assurément à mes côtés. J'enfilais les vêtement de la journée et descendais sans un bruit, jusqu'au seuil de la porte. Avant de m'engager dehors, le -tic-tac- de l'horloge de la cuisine était le seul bruit dominant tout les autres dans la maison. Minuit passé, me dis-je. J'entrepris de tourner la porte en ajustant mon manteau et de me faufiler à l'extérieur.
Le froid y imposait son règne. La couche de neige ne scintillait plus sous l'éclat d'un soleil radieux, mais elle reposait désormais sous la bienveillance de la lueur de la lune ronde. Le reflet bleutée qu'elle exercée sur elle, était attendrissant à voir. Je pris une grande bouffée d'air, remplissant mes pleins poumons à l'air frais. Celui-ci me revigora. Je commençais à présent ma promenade de nuit. N'importe où je marchais, n'importe où j'allais, tant que le calme y restait, cela me convenait. Je longeais une barrière sur ma droite, sachant où je voulais me diriger finalement : la forêt. Comme je l'avais remarqué, le calme y régnait également. Les lampadaires éclairaient suffisamment pour pouvoir apercevoir la ligne droite du trottoir. Je m'amusais à détailler et parcourir des yeux les maisons sur mon côté. Celles qui possédait des cheminées, celles qui laissaient apparaître de grande fenêtre... c'était bon de vivre à ce moment là. Une silhouette attira soudain mon regard. Là, accroupit sur le toit d'une maison. J'aurais reconnu sa chevelures blanche teintées d'argent à l'éclat de la lune entre milles. Il semblait qu'il me fixait ! Comme je me forçais à ne pas en savoir d'avantage, je continuais ma marche. Mon cœur s'accéléra lorsqu'une brise brève passa à côté de moi. Je n'osais pas me retourner ou jeter des œillades de peur à me trouver face à cette imagination. Je fixais droit devant moi.
« Je sais que tu me vois. »
La voix grave du jeune homme me tendit. Je ne répondis tout de même pas et fit en sorte de l'ignorer comme je pus, le prenant sur moi.
« Ne m'ignore pas. Tu m'as vu aujourd'hui, pourquoi refuse tu de l'admettre ? »
La tentation de lui donner une réponse était plus qu'une démangeaisons causé par une piqûre de moustique, au lieu de quoi, je serrais les dents. Je baissais la tête pour fixer le sol goudronneux du trottoir.
« Très bien. Finit-il par répondre.
En priant pour qu'il soit parti, je fermais les yeux un moment. N'ayant toujours pas une autre interpellation de sa part, je me détendis, il devait être reparti. Tout à coup un obstacle sur ma route me fit perdre presque l'équilibre. Mais par chance j'avais réussi à me stabiliser. En levant la tête je découvrais avec étonnement, ouvrant de grand yeux, que je venais de foncer droit dans le torse du jeune homme. J'étais collé à son sweat bleu qui était comme incrustés de fleurs ou de racines de givre. J'avais involontairement fait craquelé celles-ci sous le choque de mon cognement. Il faisait une tête de plus que moi et me dévisageait avec hautain. Je m'écartais en un bond de lui, ouvrant la bouche d'où aucun son n'en sorti pour riposter. Je me repris en prenant brutalement de l'air et montrant mon mécontentement.
« Qu'est-ce que tu me veux à la fin -Snowman- ? »
Il prit appuie sur son bâton et esquissa un sourire narquois.
« J'étais sûr et certain que tu crois en moi. »
Je clignais plusieurs fois des yeux avant de hausser le ton et fronçais les sourcils :
« Minute papillon, je ne crois pas en toi, avant que ma sœur n'avale ta définition de wikipédia ou je ne sais quoi, je n'avais pas connaissance de ton existence. »
Malgré mes mots, il ne relâcha pas son sourire qui s'étendit en coin.
« Alors explique moi comment tu arrive à me voir. »
« Se serait plutôt à toi de me le dire. Tu m'espionne ? C'est toi qui a ouvert la fenêtre de ma chambre et qui est partit à la vitesse de la lumière. Qu'as-tu fouiné ? »
« Rien je l'avoue, je n'ai fait que zyeuter. D'ailleurs ton rangement est très soigné. »
Je le regardais sans trop d'importance de haut en bas avant de poursuivre mon chemin.
« On est comme on est. » Lui répondis-je.
« Où vas-tu ? » me demanda-t-il à peu près surpris.
« Qu'est-ce que ça peux te faire ? »
« Simple question. » Fit-il.
Je ne me pris même pas la peine de me retourner que je lui lançais moqueuse :
« Me perdre dans les abîmes de la forêt où aucune personne répondant au nom de -Snowman- ne pourras m'y rejoindre pour m'espionner. »
Le sourire malicieux de ce dernier ne quitta toujours pas ses lèvres. Au contraire, il me suivit des yeux pour me rejoindre et marcher auprès de moi, calant son bâton au bout recourbé sous son aisselle, les mains dans la poche unie de son sweat.
« Ah ouais, mais sais-tu qu'il fait un noir extrême, tu pourrais même t'y perdre. »
« D'où la définition d'un abîme. » Répondis-je.
Il mit un temps avant de répondre puis tourna sa tête vers moi cherchant à comprendre.
« Quelque chose te tourmente, tu n'arrive pas à dormir. »
« T'es un psychopathe à m'espionner comme ça ou quoi ! M'exclamais-je, abasourdis qu'il ose jusqu'à venir me rendre visite le nuit. Il poussa un rire étouffé avant de continuer :
« Pourquoi serais-tu là, seule, à traîner et errer dans la rue en direction de la forêt à un heure pareille sinon ? »
Je m'arrêta un instant avant de continuer ma marche fixant droit devant moi :
« Pas faux. Mais ça ne change strictement rien au fait que tu sois un obsédé. »
« Obsédé que qui ? De toi ? Je me pose des questions c'est tout. C'est pas tous les jours qu'une fille de ton âge me vois tel que je suis et me parle. »
« C'est toi qui est venu me parler. » lui rappelais-je.
« C'est toi qui me réponds. »
« C'est faux. »
« C'est vrai. »
« C'est faux. »
« C'est vrai. »
« C'est faux. »
« C'est vrai. »
« C'est vrai. » Finis-je subitement par avouer. Je poussais un profond soupir en tournant le tête vers lui. « Mais tu n'es pas réel ! Tu n'es que le fruit d'une interminable fatigue qui s'accroît de jour en jour ! »
Il me fixa quand je me remit à fixer le sol.
« Vraiment ? »
« Vraiment » Fis-je d'un ton acerbe, relevant la tête tout droit.
« Mais alors explique moi pourquoi Jamie l'a remarqué ? »
« Il ne l'a pas remarqué. »
« Il l'a remarqué. »
« Il ne l'a pas remarqué. »
« Il l'a remarqué. »
« Il l'a remarqué. Oh et puis tu m'embrouille ! Va embêter quelque d'autre ! » m'exaspérais-je.
A ce moment là, il ne répondit pas, laissant écouler quelques minutes. Le murmure d'une brise fit voler mes cheveux blond en arrière. Pourquoi arrivais-je à le voir ? Au fond, le sentiment qu'il était réel surgissait de nul part. Mais ma sœur ne le voyait pas... Pourquoi ? Les question tourbillonnaient dans ma tête, sans fin.
« Tu pense à quoi ? »
Sa voix grave me fit revenir à ses côtés.
« Je réfléchis. Lui répondis-je d'un ton calme.
« Arrête ça fume. » Ironisa-t-il.
Je me retenais à ne pas laisser ma colère ressurgir en serrant les poings, tellement que mes jointures se mirent à blanchirent.
« En ce moment celui qui me fait fumer, c'est toi. »
D'un geste de la main, je la secouais de haut en bas avec agilité comme pour chasser une abeille me bourdonnant dans les oreilles.
« Tu vas me lâcher un jour ? Maugréais-je.
« Faut jamais laisser quelqu'un se perdre seul dans un abîme n'importe lequel. »
« Qu'en sais tu ? »
« Je sais juste que quand on est dans un trou rempli de doute, faut arrêter de creuser. »
Je m'arrêtais alors.
« Qui te dis que j'en ai ? »
« T'en bouillonne. »
Un son moqueur me parvint du fond de la gorge :
« Tu remarque beaucoup de chose, sauf une. »
Il haussa les sourcils, adopté de son même sourire :
« Laquelle ? »
Je pris de l'avance, lui faisant face un sourire satisfait à mes lèvres, plongeant mes yeux dans les siens ne distinguant pas nettement la couleurs de ceux-ci.
« Celle de me laisser tranquille. »
De mes derniers mot je partis sans me retourner laissant le soit disant -Jack Frost- à ses pensées. Celui-ci secoua la tête en affichant sur son visage un sourire nouveau se voulant sincère. Pendant un instant, je crus qu'il était parti pour de bon, respectant mon souhait, mais je poussais un soupir quand je sentis un courant d'air froid sur moi. Je pris ma patience en main, gardant un air habituel, profitant encore du silence. J'entendais presque les pieds nu du jeune homme marchant sur le sol gelé. Du coin de l'œil, je le surpris entrain de s'amuser accompagné de son bâton, à toucher la surface vernie des voitures. Ainsi, la couche de glace qui jaillissait par la magie de mon accompagnateur recouvrait entièrement la carrosserie. Des motifs givrés se dessinaient sur celle-ci, scintillant au contact du rayon de la lune.
« Toujours là ? » Lui demandais-je.
Il cessa son activité avant d'entreprendre de s'attaquer sur la barrière en bois qui gardait les jardins en les séparant du trottoir. Un filet de givre longea ce dernier, continuant jusqu'à quelques mètres encore.
« Pourquoi voudrais-tu que je parte alors qu'on fait connaissance ? » Répondit-il amusé.
« Connaissance est un grand mot. »
Il ne contesta pas, se concentrant sur sa tâche. Quant il se frotta subitement à moi, je reculais d'un pas, sifflant d'agacement intérieurement.
« Tu vas arrêter de tourner autour de moi comme un vautour ?! »
L'esprit de l'hiver tourna la tête vers moi le regard interrogateur :
« Tu me compare à un vautour ? »
N'osant pas lui renvoyer un coup d'œil, je répliqua aussitôt :
« C'est vrai, un vautour un moment donné, il s'arrête de tourner parce qu'il est mort. Toi t'es mort et tu continu toujours à me tourner autour. »
Il frappa soudain le sol avec la pointe de son bâton, libérant un grande quantité de glace. Le verglas me fit tomber à la renverse. Ce sont mes fesses qui encaissèrent la douleur. Je poussais alors un râle sachant pertinemment qu'il l'avait fait exprès. Il me regarda de haut en méprisant mes dernières paroles, abandonnant toute trace d'amusement. Je le défiais littéralement du regard, toujours par terre.
« Ça va pas ! Hurlais-je les yeux arrondis.
Satisfait du résultat, il esquissa un sourire narquois et poursuivi son chemin. J'eus de la peine à me relever. Le lancement qui s'atténuait au niveau de mes fesses m'avait comme courbaturé. Lorsque je réussis à m'immobiliser debout sur la glace recouvrant la surface goudronneuse du trottoir, je lui lançais un regard noir. Regardant sa silhouette plonger dans la nuit, quelque chose me poussa à le rattraper en courant. Cette fois-ci, c'est lui qui fixait droit devant lui, sans une ombre à me remarquer. En revanche son sourire était devenu ténu. À ses côtés, je le fixais jetant parfois des œillades sur mon chemin en cas d'obstacle. La bouche ouverte essayant de riposter à son geste précédent, en vain. Seul le murmure du vent me devança par manque de mots. C'est par la suite en secouant la tête que je me repris :
« Une seconde ! Lançais-je. Qu'est-ce qui t'as permis de me faire endurer ça ? »
Sa simple réaction fut de hausser vivement les épaules.
« T'as une envie de mourir ou quoi ? »
« Je doute que tu peux. »
« Et pourquoi ça ? »
« Tu l'as dit toi même. »
Je clignais des yeux :
« Quel rapport ? »
Il continua de marcher, sans tourner la tête pour affronter mon regard :
« Étant donné que je suis mort, tu ne peux pas me tuer. Je fais donc ce que je veux. »
Je haussais un sourcil, moqueuse.
« Ah ouais, alors comment ça se fait que tu sois toujours là ? »
Un instant silencieux s'imposa, lui même n'avait jamais dû faire allusions aux raisons pour lesquelles il se trouvait là mis à part le fait que je le voyais. Il aurait très bien pu oublier notre entrevue distancée et imaginaire du matin. N'importe quelles raison il pourrait donner, il montrait de toute façon son ignorance à la question posée.
« Je me promène c'est tout. Finit-il par répondre. L'assurance dans le ton de sa voix qu'il voulu faire paraître ne me dupa pas. Je poussais alors un sourire amusé.
« C'est faux. »
« C'est vrai. » répliqua-t-il.
« C'est faux. »
« C'est vrai. »
« C'est faux. »
« C'est faux tu as raison. Tu as juste besoin de compagnie. »
Un autre sourire triomphale se dessina sur mes lèvres avant de s'effacer jusqu'à sa dernière phrase.
« Ou l'inverse. »
« C'est complètement faux je suis fidèle à ma vie de solitaire ! J'aime la compagnie de la brise qui me soulève aussi haut que dans les cieux, qui me met les cheveux sauvagement en bataille, qui me fait ressentir des choses nouvelles ! Et par dessus tout, qui me libère de toutes compagnies. »
Je le dévisageais d'un air sarcastique.
« Oui et quand on continu de courir trop vite dans son mensonge on se prends un mur qui s'appelle la vérité. »
Il fut pris au dépourvu lorsque c'est moi qui mis un terme à son tort et ne riposta pas. En signe de mauvais perdant il fit une moue. Un fois encore, le souffle du vent emporta avec lui le silence. Celui-ci ébouriffa les cheveux du jeune homme et les miens. Toujours dans ses activités de délivrer son givre çà et là, mon accompagnateur fit soudain halte levant les yeux au ciel. Au début, rien ne m'intrigua dans son geste, c'est après, lorsqu' un bruissement au dessus de ma tête se fit entendre que j'en fis de même. Mes yeux s'agrandirent de stupeur et d'émerveillement : un filet de poussière de sable se découpa dans la noirceur de la nuit. Celui longea la bordure des toits des maisons et traversa une fenêtre pour pénétrer à l'intérieur. J'ouvrais la bouche. Comment était-ce possible ?
« Qu'est-ce que... soufflais-je.
En rebroussant le long fil de sable, ma surprise ne fit que s'accroître. Un petit bonhomme court sur pied, vêtu d'une combinaison à la texture et ainsi qu'à la couleur semblable aux jets qu'il créait et projetait dans les airs, avaient des cheveux en formes d'étoile. C'est j'aperçus son doux visage aux yeux dorés que je poussais un grand « waouh ».
« Sab... Chuchota le jeune homme comme pour lui même.
« Sab ? Tu veux dire que...
Je pointais ma tête en direction de l'intéresse aux éclats doré. Le jeune homme eut une mine étonné.
« Tu veux dire que tu le vois aussi ? »
Ne voulant pas ironiser la chose, j'acquiesçais franchement, éblouis par la magnificence des lumières que libérait le prénommé -Sab-.
« C'est le Gardiens des Rêves. »
« Hein ? »
« Le marchands de sable. » rectifia-t-il, amusé par ma réaction. « Il est celui qui s'occupe et protège les rêves. Il conserve une partie de magie et d'innocence dans le monde imaginaire des enfants. »
Je considéra un moment ce Gardiens de Rêves, songeuse, puis de pousser un soupir et de baisser les yeux.
« Il devrait me rendre visite plus souvent... murmurais-je à voix basse avant de hausser le ton cherchant une réponse : « Mais comment ? »
« Tu y crois, c'est le principale. » tenta de me rassurer mon accompagnateur.
« Mais comment pourrais-je vous voir si je n'ai jamais cru en vous ? »
La question que je venais de poser me figea, c'était une maladresse irritante de ma part, surtout en présence de quelqu'un appartenant à ce -monde-. Malgré tout, il ne fut pas le moins du monde offensé. Il haussa simplement les épaules :
« Je n'en sais rien. Toi seule peux répondre à cet question à mon avis. »
« Désolée de le faire savoir mais je ne pense pas que ton avis me serve à grand chose vu les circonstances... »
« Au moins il te donne une réponse. »
Je remarqua qu'il jouait avec son bâton avec nervosité et se dandinait discrètement d'un pied à l'autre. À ma grande stupéfaction, il fit un bond dans les airs. En se retournant pour me faire face, il faisait du surplace s'aidant de la faible brise.
« Écoute, il faut que j'y aille...
« Alleluia » soupirais-je en mon for intérieur.
« Ne bouge pas, je reviens. Peut être que Sab pourra t'aider. »
De ses derniers mots, il hésita un moment avant de s'envoler rejoindre le marchand de sable.
« Tu peux toujours rêver le bonhomme de neige. » fis-je comme s'il était toujours là.
Je m'élançais alors dans une sombre ruelle menant directement à la forêt. De là je m'incitais à faire un détour pour éviter l'autre phénomène givrant et turbulent. Après avoir batailler à trouver la bonne direction, j'arrivais enfin à la bande de fougère séparant la ville et la forêt. Je respirais à fond, remplissant mes poumons des senteurs délicieuses qui en émanées. L'atmosphère qui y régnait n'était pas sordide, au contraire, les quelques animaux nocturnes qui y faisaient leurs rondes donnaient de la vie. Enthousiaste je m'avançais, pénétrant à travers les arbres et pins. Le temps passa, je détaillais l'endroit avec beaucoup de curiosité, impressionnée par la taille des troncs recouvert de mousse s'adaptant à la mauvaise saison. Brusquement, le craquement anormal d'une branche me fit me retourner, le cœur battant la chamade. Je lançais des œillades dans tout les coins, à l'affût d'une silhouette qui pourrait émerger de nulle part. Le bruit retentit aussitôt. Plus proche. Faisait-on exprès de m'effrayer ? Ou l'imbécile de -Snowman- qui tentait de m'espionner était vraiment maladroit au point de ce faire repérer ? Non. Je reculais cherchant toujours d'où le son provenait. Mon pied s'accrocha subitement à une branche qui devait traîner par là car je tombais à la renverse, roulant sur une pente douce. Les feuillages qui sillonnait sur mon chemin me fouettèrent le visage. Je me ramassais sur moi-même poussant des gémissements. Une grimace remplit de douleur déforma mon visage lorsque ma cascade s'arrêta net sur un épais sol herbeux mais plat. Toujours par terre, je sentais les brins d'herbe déjà humidifiés par le temps glacial. Encore une fois, j'eus de la peine à me relever, ce n'était plus mes fesses qui avaient subit un choc mais tout mon corps entier ! J'évaluais mon état : mes muscles me faisaient souffrir, mon visage était griffé, de plus, une entaille traversait tout le côté droit de mon visage épargnant mes yeux et ma bouche, seul le sourcil était le début de la blessure. Celle-ci le divisait en deux partie. Heureusement elle n'avait pas l'air grave. Une goutte de sang chaude en dégoulina, je la stoppais en prenant garde à ne pas frotter mes doigts contre l'ouverture. Enfin sur mes deux jambes, je décrivais où j'avais atterri : j'avais déboulé dans une mini combe, contenant un grand lac en face de moi. La couche de glace qui le recouvrait avait l'air solide et épaisse. Le plus surprenant fut la falaise qui collait à ce dernier. Elle se dressait fièrement, sa cime touchant presque le ciel étoilé. Les arbres et pins finissaient par entourer le reste de la combe. La lune nimbait l'endroit rassurant de ses rayons doux. Pourtant quelque chose d'étrange n'allait pas. Même si les lieux semblait empli de magie, au fond, les ténèbres aussi. Je n'arrivais pas à comprendre ce ressentis. Le bruit s'était comme envolé. Un ricanement rauque s'éleva, se noyant presque dans la brise. Le sang dans mes veines se figea. Même le crépitement des animaux s'arrêtèrent eux aussi. Ça n'avait plus de sens. La peur s'était emparée de moi. Je pris alors mon courage à deux mains pour me retourner. Une ombre me faisait face... Mais laquelle ? Qui pouvait-elle bien être ? Je m'attendais alors à découvrir des yeux horribles, brillant dans la pénombre étouffante qui m'étreignait la gorge.
