CHAPITRE 3

Une douce lumière venait me caresser le visage. Chaude, apaisante. Je ne la voyais pas encore. Je me laissais encore le temps de profiter de ce moment calme et reposant. C'était la première fois, depuis des lunes, que j'avais bien dormi, sans aucun cauchemars. Je sentais le matelas confortable en dessous de moi et émis un sourire en m'étirant. Je m'obligeais enfin à ouvrir les paupières, doucement. Il semblait que la matinée avait l'air ensoleillé. La lumière des rayons du soleil étaient filtrés par la fenêtre. J'allais replonger la tête dans mon oreiller et refermer les yeux, quand d'un coup, un poids lourd se jeta sur mon dos. Je poussais alors un grognement douloureux quand mes blessures et mes coups de la veille se réveillèrent eux aussi, me renvoyant de mauvais souvenirs.

« Aïe ! » râlais-je, en luttant contre le poids qui venait de s'asseoir à califourchon sur mon pauvre derrière.

« Allé marmotte ! Tu dors depuis des heures ! Il est bientôt onze heure ! »

Quand ma sœur s'écarta, la joie toujours collée au visage, je pris toutes les précautions pour m'asseoir sans me faire mal. Je me frottais la nuque puis le visage en baillant.

« Pardon, la vieille, j'ai oublié que tu ne savais plus marcher sans te casser la figure. »

Je lui donna un coup de coude qui la fis se relever en sautillant.

« Ça va ! Ça va ! » marmonnais-je. « La vieille à simplement les muscles engourdis par sa merveilleuse nuit de sommeil ! »

Elle me dévisagea étirant son sourire.

« Alors tu n'en a pas eu ? »

Je secouais la tête en guise de réponse. Elle sautilla de plus belle, faisant résonner des bruits lourds.

« J'aurais bien aimé voir la tête des voisins en entendant un hippopotame sauter partout. » la taquinais-je en me levant pour lui emboîter le pas.

Elle fit une grimace, retroussant son nez.

« Quoi que, ils n'en auraient pas eu le temps, continuais-je par vengeance. Tu aurais fait effondrer le plancher et serais tombé sur eux... »

« On n'a pas de voisin ! » s'écria-t-elle.

Je me mis à éclater de rire quand elle fit une moue et me coursa dans toute la maison. Je la cherchais des yeux, accroupis dans un coin, sous le rebord du placard de la cuisine. Elle m'avait essoufflé. Au bout d'un moment, silence. Ses pas ne se firent plus entendre. Avait-elle abandonné ses recherches ? Pourtant cela ne lui ressemblé guère. Je me relevais lentement, évitant de cogner des objets par ci par là. J'observais les environs, le cœur palpitant. C'était amusant de jouer ainsi avec sa sœur. Nous voilà revenu en enfance ! J'entendis soudain un bruit sourd.

« Aïe ! »

« Anna ? »

Quand je la vis débouler dans la pièce clopin-clopant et s'appuyer contre la table à manger attrapant son pied dans la main, je la rejoignis, amusée.

« Toi, tu as encore offensé un meuble. »

Je pris mon coude dans la main et me recouvrit la bouche de l'autre, me forçant à ne pas rire.

« Il m'a heurté en plein pied ! »

Je lui lança un regard moqueur.

« Oui, ou plutôt -tu- l'as heurté. »

Elle renifla fort à ma réponse et me lorgna :

« En gros les meubles de chez nous, ils servent à nous rappeler qu'on à un petit orteil... »

Elle grogna exagérément de sorte à montrer sa colère. Je secouais la tête amusé quand elle se redressa reposant son pied par terre.

« Tu as dit qu'on ferait les courses aujourd'hui, mon chocolat ne peut attendre plus longtemps ! »

« Oui, oui ne t'inquiète pas on ira. »

« Ah ! La bonne blague ! C'est plutôt toi qui devrait t'inquiéter si j'ai toujours pas mon chocolat ! Ça va barder ! »

Elle me dévisagea espiègle. Exaspérée, je roulais les yeux au ciel.

« Prépare toi. Nous y allons après mangé. »

J'attendais à l'entrée de la porte, rajustant ma chemise en jean au dessous de ma veste pour ensuite tripoter mon slim noir, comme pour enlever une poussière. Je soufflais ensuite d'agacement, ma sœur finissait de se préparer depuis dix minutes déjà. De ma botte, je shootais dans la neige qui serpentait le long de la chaussée. Les nuages gris avait parsemaient le ciel et ne laissaient filtrer aucuns rayons du soleil. Après le temps radieux, le bleu saphir du ciel avait laissé place au ton poussiéreux qui le rendait maussade. Il ne neigeait pas encore, mais le risque était probable. Le froid, lui, était irrévocable. Mais il ne me dérangeait pas plus que ça. Snowman serait-il dans les parages ? Aucune importance. Mieux valait qu'il ne le soit pas...

« Anna ! » criais-je à bout de patience.

Je la vis alors arriver portant son manteau polaire, une écharpe. Elle ressemblait à une guimauve mais noir... Ses deux tresses volèrent quand le vent souffla dans sa direction.

« C'est bon, c'est bon ! Je t'ai dis que je serais prête dans une minute, alors arrête de me rappeler toutes les dix minutes ! »

Sa plaisanterie ne me fit pas rire. Cette fois-ci, je n'en avais pas envie. Je la regardais se diriger verq la route quand elle s'arrêta.

« Bon, tu viens ? »

Je secouais la tête et me mis à sa suite.

Après un long trajet, nous arrivions enfin à la supérette de Burgess. Dans les rues, nous avions observé que les personnes s'activaient à venir ici et là. La différence de température entre le dehors et l'intérieur était changeante ! Ma sœur frissonna même. Nous nous dirigions dans un rayon où les biscuits et les sucreries y étaient disposés.

« Bon ! » fis-je en remuant mon nez. « Qu'est-ce qui te ferait ultra méga plaisir ? »

Ma sœur me regarda espiègle, d'une voie entendu j'acquiesçais souriante, la suivant des yeux jusqu'à ce qu'elle attrape une tablette de chocolat. Disons... quelques une...

« Tu es sûr qu'on en a besoin d'autant ? »

« Au moins, on pourra en faire fondre une ou deux ! »

Ses yeux s'agrandirent de gourmandise à la vue de marshmallow.

« Bien, tu vois ce que tu prends, je pars vers les rayons surgelés ! »

Je ne pensais pas qu'elle met écouté mais à son signe de main, je tournais les talons. Dans ce rayon le froid ne criait pas gare. On se croyait dehors. Et personne n'y circulait, ce qui ne me surprenait pas autant. Je commençais à zyeuter çà et là les produits présentés dans les congélateurs.

« Alors... légumes, viandes, poissons... mmmh... ah ! »

J'attrapais un boite de moussaka, la retournant pour y lire la notice. J'allais la reposer quand dans la vire j'aperçus un reflet. Non le mien mais celui d'une silhouette au corps masculin. Je me figeais sur place. Le peur me rongea intérieurement. Et si Shadow Midnight était revenu réclamer vengeance après s'être sûrement débarrassé de Snowman ? J'en eu la nausée. Je me retournai brusquement pour en finir une bonne fois pour toute. Personne. Je scrutais les extrémité du rayon, fiévreuse puis une dernière fois dans mon dos. Soulagée, je retournais à mon occupation quand je hurlai de surprise en me retrouvant nez à nez avec une tête non inconnue. Je reculais en agrippant le rebord du congélateur qui se trouvait à l'opposé. Snowman s'était agglutiné à la vitre que j'avais ouverte précédemment. Il planait. Le pire était qu'il était positionné à l'envers. Ses cheveux argentés ébouriffés tombaient, attirés par le sol. Je portai ma main au cœur, essayant de me calmer, premièrement, de peur, et deuxièmement pour ne pas aller étrangler le nouveau venu. Il me fixa, son air toujours aussi amusé.

« Tu m'as fichu la trouille imbécile ! » sifflais-je.

« Je suis content de savoir que, dans ces circonstances, tu vas bien toi aussi. » rétorqua-t-il.

« Tu t'attendais à ce que je saute à ton cou en te voyant ? »

Il haussa les sourcils, le sourire malicieux.

« A ta guise... »

Je fronçais les sourcils, m'avançant, portant l'index en l'air en signe de menace.

« Fais gaffe Snowman ! Si tu ose enco- »

« Elsa ! »

Ma sœur arriva en courant auprès de moi, inquiète.

« Tout va bien ? Je t'ai entendu crier ! »

Malgré l'agacement qui brûlait dans la prunelle de mes yeux à cause de l'autre phénomène, je pris mon air le plus sincèrement possible en souriant.

« C'est rien ! Je me suis fais mal ! »

Je pris mon poing et l'enlaça de mon autre main, le maintenant sur le haut de ma poitrine. Elle marmonna quelque chose que je ne pus entendre.

Entre temps Snowman écouta notre conversation, espiègle, en se redressant à l'endroit. Puis il s'appuya contre les congélateurs, son bâton contre lui. Il me fit même signe d'arrêter de sourire avec tant d'exagération. Je lui lançai un regard noir. Quand ma sœur détourna sa vue sur autre chose, je le regardai en le menaçant, faisant glisser horizontalement l'ongle de mon pouce le long de ma gorge. Il comprit à peine le message de sa mort imminente s'il osait marquer sa présence. Je serrais les dents.

« J'ai pris ça, pour te faire plaisir. » fit joyeusement Anna.

Je m'intéressai aussitôt sur le produit que ma sœur me montra : du caramel en plaquette.

Je lorgnai un moment Snowman quand il s'approcha de ma sœur et effleura ses lèvres fines à son oreille. J'eus une envie de meurtre. Il me cherchait, c'était sûr ! En ouvrant la bouche, il libéra du givre sur ses vêtements, au niveau de son épaule. Le manteau de ma sœur forma un instant des motifs de givre avant de craqueler puis fondre.

« Arf » grognais-je.

Je bouillais de rage de lui flanquer une bonne raclée. Il jouait avec mes nerfs !

« Tout vas bien ? » me demanda Anna.

J'acquiesçais difficilement ne cessant de quitter l'autre tête de mule qui me fit signe de venir avec lui dans un coin plus tranquille. Ma sœur se retourna pour voir le soit disant -vide- que je m'acharnais à fixer. Quand elle me fit face, ses yeux dans les miens, elle me fit comprendre qu'elle se demandait pourquoi je m'obstinais à regarder derrière elle.

« Écoute, répondis-je à sa question muette. Continu à faire les courses je vais aux -toilettes-. »

Je criai assez fort sur le dernier mot pour que le phénomène givrant l'entende.

« Mais... Elsa ! Tu veux que je t'accompagne ? »

Je me retournais vivement vers elle, déclinant son offre, et l'implorant d'un air assuré de me laisser seule. Je courus presque jusqu'au point de rendez-vous quand je fus hors de portée de son champ de vision. Un panneau au dessus d'une porte indiquait -toilettes des hommes- et -toilettes des dames-. Le choix ne fut pas compliqué. Je longeai un couloir et entrai dans une pièce assez spacieuse. Il n'y avait pas d'odeur nauséabonde mais plutôt un parfum de javel flottant dans l'air. Plusieurs cabines étaient entreposées en ligne droite. À leur opposé, un vasque s'étendait jusqu'au mur. Au dessus de ce dernier un long miroir l'accompagnait.

J'attendis. Nerveuse. Les bras croisés.

« Je suis là Blondinette. » fis la voix grave du jeune homme.

Comment m'avait-il surnommé ? Peu importe. La vision de la scène de ma sœur me fit oublier ce surnom. Je me jetai d'un coup sur lui. Comme il ne s'attendait pas à cet attaque, il vacilla, surpris, et s'écroula au sol. Il roula sur le côté aussi rapide que l'éclair pour se remettre debout. Je me relevai d'une traite et voulus lui lancer un coup dans le rein. Seulement, il l'esquiva à mon plus grand étonnement. Lâchant soudain son bâton, il réussit à m'agripper le bras glissant jusqu'au poignet. Je sentis ses doigts glacés entourer ma peau. Il me tira et me retourna dos contre lui, de sorte à bloquer mes moindres geste. J'étais bloquée et emprisonnée de ses membres gelés. Sa taille étant plus grande que la mienne, je compris que je n'avais plus aucune chance de le battre. Pas comme ça. Pour autant, je ne me détendis pas. Grognant.

« Calme toi ! » répondit-il simplement.

« Et comment ? Tu m'as bien cherché tout à l'heure ! »

« Et tu crois que c'est avec tes attaques que tu penses te venger ? »

Je le fis reculer pour laisser une distance entre la porte d'une cabine et moi. Si je poussais avec mon pied sur celle-ci, je pourrais donner assez d'élan pour que Snowman se cogne contre le mur se trouvant dans son dos. C'était astucieux. Seulement, est-ce que lui lâcherai ? Rien ne m'en coûté d'essayer. Je pris donc appuie sur la porte et fis comme je l'avais organisé dans ma tête. L'astuce fonctionna car j'entendis un râle. J'en profitais pour lui donner un coup de coude dans l'estomac, ce qui le fit se recroqueviller à demi et étouffer un autre râlement. Je m'élançai ensuite par terre pour attraper son bâton, dirigeant sa pointe sur lui en signe de menace.

« Tu veux parier ?! » le défiais-je, triomphante.

Il secoua la tête et me fixa, quand il explosa de rire. C'était la dernière chose que j'aurais pu penser possible après un affrontement de ce genre. J'ouvris la bouche, stupéfaite de sa réaction.

« Tu te défends plutôt bien ! » s'exclama-t-il.

Avant que je ne lui réponde, il s'avança reprenant son fidèle bâton. Au début je n'osais pas le lui rendre, mais son sourire espiègle me fit renoncer.

« Tu t'es servi de ta tête. » continua-t-il.

« C'est moi où pour la première fois de notre rencontre, tu me fais des louanges ? »

Il me jeta un bref regard amusé avant d'ajouter :

« Les deux ! »

Il sauta sur le rebord du vasque pour s'y accroupir.

« Où as tu appris à te battre comme ça ? » me demanda-t-il, le sourire collé aux lèvres.

Je haussais les épaules ne sachant pertinemment pas comment répondre à sa question.

« Instinctivement je dirais... »

« Et bien ton instinct est un super bon atout ! » -il se frotta la nuque avant de me regarder du coin de l'œil- « Je pense que je me souviendrai pendant encore quelque temps de ton assaut... »

J'esquissais un sourire satisfait. Je m'étais vengée. C'est ce qui comptait. Subitement une question ou plutôt, la question principale pouvait se poser désormais.

« Pourquoi es-tu là ? Tu me suis encore ?! » m'écriais-je, toute trace de sympathie disparue.

Il redescendit de son perchoir et se posta devant moi.

« Il valait mieux, tu crois qu'après t'être fait attaquer par Shadow Midnight, j'allais t'oublier ? »

Je plissai les yeux :

« Mouais, bien sûr, même sans lui tu serai revenu ! »

Sa joie malicieuse s'évanouit, il baissa les yeux comme réprimandé.

« Quoi ? »

« Et bien normalement je ne devais plus te revoir. On m'en avait interdit. » expliqua-t-il.

« Qui ça on ? »

Il m'ignora pendant quelques secondes avant de replonger son regard océan dans le mien :

« Sache que Shadow Mignight est un esprit très dangereux. Il est presque très étonnant qu'il t'es attaqué... il faut que je sache, lui as tu pris quelque chose ?

« Moi j'aurais dit plutôt donné... »

Le souvenir de la gifle se refoula dans ma tête. Rien que de revoir son expression meurtrie après celle-ci, me donna des frissons. Snowman me questionna muettement en fronçant les sourcils.

« A vrai dire, c'est juste que j'avais perdu mon téléphone, j'étais reparti le chercher, quand il m'a attaqué comme ça, sans aucune raison... Mais c'est peut être parce que je le vois, n'est-ce pas ? » fis-je.

« Même, reprit-il. Il n'avait pas à traîner dans ce côté-ci de la forêt. Il n'avait rien à faire là. »

Je lus sur son visage, un doute immense. Que savait-il ?

« Mais qui est-il ? »

Il hésita un moment avant de prendre une inspiration :

« C'est l'Esprit de Minuit. Il contrôle le réel et l'irréel. Il peut te rendre fou jusqu'à que tu le supplice de t'achever. C'est souvent ce qui arrive à ses victimes. C'est un sadique, l'un des pires. Tu as eu de la chance qu'il ne te fasse pas goûter à son pouvoir ! »

Qu'elle soulagement de savoir qu'un taré m'en voulait ! J'étais tellement rassurée que je fus pris par une peur immense. Quand Snowman l'aperçut, il fut embarrassé. Je relevai la tête en me pinçant les lèvres :

« Et qu'est-ce qui lui est arrivé ensuite ? » demandais-je, une pointe de tremblement dans le son de ma voix.

Il souffla prenant un air sérieux :

« Quand tu es partie, nous avons continué de nous battre, il m'a infligé de ses blessures ! On l'a repoussé avant qu'il ne prenne la fuite mais- »

« On ? »

Il acquiesça :

« Oui, Sab répandait sa magie sur Burgess quand il m'a vu, il est venu directement m'aider mais je pense qu'il reviendra. C'est un esprit extrêmement borné quand il veut quelque chose. »

Je regardais ailleurs voulant le remercier pour son secours, mais j'étais retenu par le soupçon de crainte à subir une nouvelle attaque. Surtout pour ma sœur.

« Ne t'en fait pas, nous le repousserons encore, mais je pense que tu as raison, c'est parce qu'il a remarqué que tu pouvais nous voir. Tu n'as pas à t'inquiéter. D'ailleurs, il a dû t'oublier. »

La pièce se fondit alors dans un silence lourd et interminable.

« Tient au fait, je ne pense pas qu'il te soit d'un grand secours, mais j'ai cru entendre que tu le cherchais. »

Quand je relevai la tête, je vis qu'il me tendait mon téléphone ! La vitre était brisé. Je le pris le regardant intensément, le retournant dans tout les sens. Et dire que c'était sa faute s'il m'était arrivé tout ça ! Je levai les yeux dans ceux du jeune homme, reconnaissante pour ce qu'il avait accompli.

« Merci... » murmurais-je. « Snowman. »

Et voilà qu'un sourire sincèrement se dessina sur ses lèvres.

« Au fait, tu peux m'appeler Jack Frost, moi, je suis l'Esprit de l'Hiver et de le Gardien de l'Amusement, fidèle à la version qu'avait donné ta sœur ! »

Jack Frost ! Voilà comment il s'appelait !

« Moi c'est Elsa, mais c'est pas parce que tu es venu à mon aide que tu peux te croire tout permit !

Je lui lançai un regard rageur :

« Ne t'avise plus jamais de toucher à ma sœur ! Je t'ai peux être égratigné mais je peux infliger bien pire ! »

Il inclina sa tête, espiègle. Je roulais les yeux au ciel, excédé. Soudain des petits couinements alarmés me firent me retourner. Mes yeux s'agrandirent de surprise quand je vis un minuscule corps voler vers nous. Il ressemblait à un colibris avec des bras et des pieds ! Aux couleurs vives et joyeuses. Je m'écarta d'un bon quand il stoppa devant moi, identique à la même expression stupéfaite sur mon visage. Il questionna silencieusement Jack Frost d'un regard, qui nous regarda l'un après l'autre.

« Quenotte ! » s'écria-t-il, semblant se ressaisir. « Euh... Voici la jeune fille dont je vous ai... parlé... »

Je me retourna vers lui, l'étonnement et la colère mis en évidence. La bestiole me dévisagea. Je faillis défaillir quand elle tourna autour de moi avant de planer à nouveau, elle fit signe à son ami qu'elle comprenait.

« Elsa voici Quenotte, une mini fée des dents, mon amie. »

Même avec les présentations, je ne cesser de l'observer les yeux grands ouverts. La petite fée s'excita de nouveau, allant rejoindre son ami. Il l'écouta attentivement. Pour ma part, on aurait dit que j'étais à l'ouest devant les cris incompréhensibles de la petite chose. Jack Frost sembla submergé par la haine à force d'écouter son récit.

« Tu en ai sûr ? » finit-il par dire.

Son amie en conclut par un hochement de tête certain.

« Va avertir les autres que je les rejoint tout de suite ! Je dois faire une dernière chose. »

Il jeta un coup d'œil sur moi que la mini fée suivit. Sans de difficulté, elle comprit de quoi en retournait la chose. Elle lui adressa ensuite un cri d'au revoir avant de prendre la fuite dans un passage qui s'était ouvert sous terre. La tête commençait à me tourner. Le sol s'était bien ouvert pour la laisser passer !

« Oh je deviens folle ! » marmonnais-je.

Snowman du l'entendre car il posa une de ses mains glacé sur mon épaule afin de me retourner pour le voir. Je me dégagea brusquement de sa main, lui même en fut surpris :

« Non, c'est juste un passage pour mener au terrier de la cloche de pâque. »

Je le regarda en reculant la tête :

« La quoi ?! » m'étranglais-je.

Il se dirigea vers le trou dans le sol. Avant de s'y engager et de disparaître à son tour, il se retourna en me lançant un ultime regard :

« C'est urgent je dois y aller, je suis désolé. Si on a une occasion de se revoir un jour, je t'expliquerai ! D'ici là, je te laisse définitivement tranquille. »

Il hocha la tête d'un air solennel puis s'engouffra dans la bouche béante qui se referma derrière lui. Je me retrouvais désormais seule. Seule avec mes songes. Seule avec mes souvenirs. Une pointe de nostalgie s'empara de moi quand il me fit ses soit disant -adieux-. Je secoua la tête. Le principal était que je ne le reverrai plus... Enfin un jour qui sait ?

J'avais retrouvé Anna qui m'avait posé dix milles questions sur la façon étrange de mon comportement lors de notre conversation au rayon des surgelés.

« Qu'est-ce qui t'as pris ? » m'avait-elle demandé.

« Je suis juste fatiguée en ce moment. » lui avais-je répondu sans trop d'enthousiasme.

Actuellement, je lisais un bon bouquin, couchée ventre plat sur mon lit. J'avais décidé de repartir au centre commercial de Burgess pour pouvoir réparer la vitre brisée de mon téléphone. Mais la neige était rude et tombait à bloque, recouvrant toute les routes de son manteau blanc. Quelqu'un toqua soudain à ma porte.

« Entre ! »

Ma sœur rentra, jovial comme à son habitude.

« Bon on y va ? Le temps s'est calmé. »

Je jetai un coup d'œil à ma fenêtre de ma chambre. Elle avait raison, les flocons avaient moins de volume. Je ferma donc mon livre soupirant de m'arrêter là... J'enfilai ma veste, mes bottes... comme au quotidien.

Nous marchions sur le trottoir, mains dans les poches. Ma sœur jouait avec les flocons qu'elle voyait ici et là. Je rigolai quand elle en respira un par le nez, éternuant. Aussitôt je fus pris de panique lorsque une voiture dépara de la chaussée fonçant droit sur nous. Affolées, nous la fixions avec horreur. Mon réflexe fut de pousser Anna sur le côté. Elle glissa sur le givre et atterrit dans une couche de neiges épaisse. Quand à moi, j'esquivai de justesse le véhicule qui s'engouffra dans le mur d'un magasin. Je retombais sur les fesses en déambulant sur la route. Une autre voiture arrivant en face s'arrêta elle aussi. La personne à l'intérieur se précipita sur moi. C'était une femme âgée d'un quarantaine d'année environ. Rousse, cheveux attachés en forme de chignon.

« Tout va bien mademoiselle ? »

Mise à part le choque que je venais de recevoir je fis signe que oui de la tête. Elle poussa un soupir de soulagement et m'aida à me relever. Quand je fis un pas, je faillis m'écrouler. La personne qui m'avait aidé me retenu de justesse.

« Non vous avez l'air blessé ! » s'exclama-t-elle.

En effet, ma jambe droite me faisait un mal de chien ! Mon genoux plutôt. Mais la douleur s'atténuait au fur et à mesure que je marchais.

« Anna ! » criais-je.

Justement, celle-ci arrivait en courant vers moi, inquiète. À mon plus grand soulagement, elle n'avait rien. Plusieurs personne se réunirent autour de nous et se mirent à parler. D'autres chuchotèrent et nous demandèrent si nous allions bien. Je remerciais avec gratitude la femme rousse qui m'étais venu au secours, tandis qu'elle partait voir d'autres personnes témoins de l'accident. Le chauffeur était indemne et s'excusa plusieurs fois. C'était une femme, une mère qui avait perdue le contrôle à cause du givre. Elle nous proposa même de nous déposer au centre commerciale de la ville. Nous acceptions reconnaissantes. Nos adieux se firent dans un spacieux parking où elle nous salua avant de reprendre sa route.

« Tu es sûr que n'es pas blessée ? » me redemanda ma sœur.

La neige recommençait à tomber de plus en plus drue et le vent glacial qui ne ne me dérangeait pas, faisait faire claquer des dents ma sœur. Il fallait nous abriter.

« Mais oui ! »

Je l'entraînai de force à l'intérieur du grand bâtiment qui nous faisais face. Anna poussa un soupir de soulagement en sentant la chaleur qui s'émanait du centre commerciale. C'était un endroit gigantesque constituait d'un rez de chaussée et d'un seul étage, sur lesquelles étaient alignés d'innombrables magasins. En face de nous se dressait une sorte de mini rond-point abritant de la verdure accompagné d'un arbuste. Derrière lui, un escalator menant directement au premier étage d'où l'on pouvait apercevoir d'autre boutique. En effet, ce dernier était en fait comme découpé rectangulairement en son milieu, laissant apparaître le plafonds recouvert de vitre assemblées les une aux autres, où l'on apercevait les gros nuages gris qui se disputaient dans le ciel. Ensuite, sur ses côtés, on avait laissé une large distance sur les bord, de sorte à pouvoir laisser les personnes circuler librement de magasins en magasins.

« C'est jolie ici. » Fit ma sœur, levant les yeux au plafond.

J'acquiesçais partageant son jugement. Le centre commerciale était blindé de personne qui allaient ici et là...

« Bon... » Soufflais-je tout en cherchant de vue le magasin de téléphonie. Je m'arrêtais en me dirigeant directement vers un passant plutôt âgé.

« Euh... bonjour excusez-moi, demandais-je.

Le vieil homme leva la tête surpris.

« Oui ? Bonjour, puis-je vous aider demoiselle ? »

« Je rechercherai un magasin, pour réparer des vitres de téléphone... un magasin de téléphone tout court. Seriez-vous où il pourriez y en avoir ? »

Il me montra le chemin menant au deuxième étage, tout de suite sur la gauche. Je le remerciai avant de m'éclipser entraînant ma sœur qui faisait du lèche vitrine. Le premier étage, lui, avait au fond, deux grands carrés de verdures séparés l'un de l'autre. L'un avait un palmier, l'autre un arbre. Sans doute un endroit où se poser lors des achats puisque leurs rebords étaient fait pour s'asseoir.

« Là ! » fis-je en montrant du doigt le magasin. À travers la vitre l'on pouvait voir un homme se tenant derrière un comptoir. Lorsque nous pénétrions à l'intérieur, le vendeur finissait déjà avec une personne qui se dirigea vers nous, nous saluant d'un signe de tête. Sur les murs des deux côtés, des appareils électrique était cloué contre celui et en bas de chacun d'eux, on pouvait lire une notice.

« Bonjour, que puis-je faire pour vous ? »

« Bonjour, commençais-je. Je voudrais savoir s'il est possible de faire quelque chose pour lui... »

Je lui expliquai l'incident, comme quoi j'étais tombe, évitant bien entendu la « rencontre inattendue ». Au final, il prit mon appareil pour le faire réviser, le remplaçant par un autre le temps de celle-ci. En sortant, la nuit commençait à tomber. On le remarquait par les lanternes qui s'allumait dans tout le centre et bien entendu par les vitres faisant le plafond. Comme le temps était dédaigneux, l'assombrissement entraînait une nuit imminente. Il ne devait pas être loin de dix-huit heure, l'heure exact de la fermeture. Les personnes qui restaient encore étaient chargées de paquets... Bizarre de porter de si grosses boites. Ce que nous ne comprenions pas ma sœur et moi, c'était ses espèces de guirlandes touffus de toutes couleurs vives qui étaient accrochés puis suspendus çà et là. Des sapins vêtues de boules fragiles et de ces même ornements festifs... Ce devait être parce que dans quelques semaines c'était la nouvelle année. Depuis je n'y prêtais plus attention. Anna attira mon regard en se plaçant devant moi.

« Je vais au toilettes, tu n'as qu'à m'attendre à l'arrêt de bus et en profiter pour voir les horreurs. »

« Horaires. » corrigeais-je, amusée.

« Oui ! Pardon... »

Je me demandai si je ne devais pas l'accompagner, mais étant donné que c'était une grande fille...

« Entendu. » dis-je.

Elle hésita un moment, se retournant vers moi et la direction opposée. Je la regardai d'un air entendu : elle se demandait sans doute pourquoi je ne bataillais pas sur le fait de l'accompagner.

« Tu... » commença-t-elle.

« File ! » la coupais-je.

Elle ne demanda pas son reste et partit calmement. Quand à moi, je descendis au rez de chaussée en me dirigeant vers la sortie. Dehors la température était glaciale, et la neige tombait à petite dose. Le givre s'était emparé des voitures qui brillaient sous l'éclat des lanternes. En marchant tranquillement j'entendis un cris. Je ne pus voir ce qu'il se passait car je fus renversé de plein fouet. La douleur de mon genoux s'éveilla en un instant en touchant le sol glacé mais se calma après. Je jetai des regards inquiets tout autour de moi. C'est la que je découvris celui qui m'avait foncé dessus. Un jeune enfant, devant ses cheveux bruns, son visage doux et ses petits yeux ronds couleurs noisettes, il était devenus facile de le reconnaître :

« Jamie ! » s'écria une femme chargée de boite accompagnée d'une fillette blonde qui semblait encore plus petite que l'interpellé. La femme en question devait être sa mère. Cette dernière avait une petite queue de cheval et portait des à d'où Jamie tenait sa couleur de cheveux et ses yeux, il ressemblait beaucoup à sa mère. La petite blonde devait, quant à elle, être sa sœur. Je fus coupé dans ma réflexion quand la femme m'aida à me relever tout en s'adressant à son fils, de sorte comme pour le réprimander.

« Voyons je t'ai déjà dit de ne jamais courir comme ça et surtout là où le givre y est ! Imagine qu'une voiture aurait reculé ! Tu serais passez en dessous et après ? »

« Désolé... » marmonna l'accusé en baissant les yeux.

« Tu n'as rien à dire ? » continua sa mère me jetant un coup d'œil. Quand je le remarquai, je sus qu'il n'avait pas eu le temps de faire ses excuses que sa mère avait déjà déboulée, furieuse. C'était compréhensible, elle voulait simplement protéger son propre enfant.

« Ce n'est rien, je vais bien. » me hâtais-je de dire.

« Excuse moi quand même... » répondit-il.

Il s'avérait qu'il ne me reconnaissait pas. Tant mieux, me dis-je. Il me dévisagea et ouvrit les yeux. Pas de bol j'avais parlé trop vite.

« Ah ! Mais tu es la fille qui voit Jack Frost ! Tu te souviens, au parc ? Tu disais que tu ne le voyais pas, mensonge je sais quand quelqu'un le voit ! C'est juste parce que tu- »

« Jamie voyons ! » le coupa sa mère qui afficha une mine exaspérée. « Je t'ai déjà dit cent fois d'arrêter de nous parler de lui ! Ça devient une obsession... »

« Mais c'est vrai maman ! Même qu'il fait partie des gardiens ! »

Il commença à réciter une liste de noms qui ressemblaient à du charabia, parlant de lapin, de fée des dents... et je ne me souvenais plus du reste. En tout cas, il avait une grande imagination. Mis à par le fait de Snowman... Jack Frost. Néanmoins je le laissais parler sans rien ajouter au sujet de celui-ci. Sa mère roulait des yeux, tentant de remonter son chargement de boite qui devait peser lourd.

« Je peux vous aider à porter vos boites... » proposais-je.

Elle poussa un soupir de soulagement, reconnaissante.

« Merci beaucoup, ces cadeaux pour le réveillon pèsent une tonne ! »

Elle m'en passa une partie puis nous nous dirigeâmes au milieu de la chaussé, entre les voitures garés des deux côtés.

« Hop hop hop, lapin ! » -la fillette tourna autour de nous en imitant l'avions.- « Où sont les cocos ?! » -puis elle sauta- « Cachés cachés cachés ! »

Cette joie de vivre me redonna de l'énergie ! Je m'esclaffai à entendre son rire sincère et innocent résonner à travers le parking presque vide.

« En effet tu es habite près de chez nous ? Je te vois souvent te promener seule ou en compagnie d'une autre personne. Moi je suis Alexandra Bennett. Voici les turbulences se nommant Jamie et Sophie même si je me doute que tu connaisse déjà le grand garçon. »

Je me tournai vers la mère des deux intéressés et j'acquiesçai d'un sourire.

« Tout à fait, enchantée, moi je m'appelle Elsa et l'autre personne c'est ma jeune sœur, Anna. Nous vivons chez notre famille d'accueil, Lucy et Henry, vous connaissez ? »

Après un moment de réflexion elle secoua la tête.

« Non, pourtant nous vivons dans le même quartier si je ne me trompe. Vous vous êtes récemment installé ? »

Cette question tourbillonna dans mon esprit, je n'en savais rien... pourtant c'était une question évidente ! J'évitai de lui révéler mes souvenirs amnésiques, au lieu de quoi, j'hasardai :

« Oui, ce doit être pour ça. Ils font des voyages d'affaires en ce moment et ils ne sont pas là. »

Elle parut étonnée.

« A cette période de fête ? Pourtant c'est bientôt Noël... Pourront-ils le passer avec vous au moins ? »

Qu'avait-elle prononcé ?

« Noël ? » répétais-je.

Elle regarda ses deux enfants qui continuaient de jouer avant de se retourner vers moi, plongeant son regard surpris dans le mien :

« Tu ne s'est pas ce que c'est ?

Un silence mortel s'empara de moi. Je ne savais pas ce que c'était... J'en fronçais les sourcils, réfléchissant. Mal à l'aise je secouai ma tête, fébrile.

« Et bien, c'est une fête de fin d'année qu'on passe en famille où il y a normalement le Père Noël, -on l'appelle comme ça-, qui vient la nuit et distribue des cadeaux... Bien sûr ce ne sont que des légendes pour garder la magie des enfants tant qu'il sont jeune. »

Je baissai les yeux, ne connaissant pas cette fête qui semblait évidente à tout le monde. Mme Bennett, m'observa, embarrassé :

« Ne t'en fais pas, il y a des personnes qui l'ignorent. Au fait, tu as une vilaine blessure au visage, tout va bien ? »

Je portai mes doigts sur la cicatrice qui commençait à disparaître.

« Oui, ne vous en faite pas, elle guérit. »

« Tant mieux. »

Après quelque pas, elle sortit des clés :

« Nous sommes arrivés. »

Elle s'arrêta devant une voiture et prit mon chargement, le rangeant dans son coffre.

« Tu veux qu'on te raccompagne ? Il fait nuit désormais et c'est un peu loin... »

« Oh oui ! » ajouta Jamie partageant avec ardeur la proposition de sa mère.

« Ça aurait était avec plaisir mais je dois encore attendre ma sœur qui est restait à l'intérieur. Je dois partir voir les arrêts de bus. »

« Tu sais où ils sont ? » s'empressa de me demander Mme Bennett.

J'acquiesçais, souriante. Jamie fit une petite moue avant de me regarder les yeux pétillants :

« Tu viendras nous voir ? »

Je m'accroupis vers lui et le saisis à l'épaule délicatement.

« Bien sûr, nous pourrons faire une bataille de boule de neige si tu veux ? »

Il récupéra son énergie avant de me saluer montant dans la voiture avec sa sœur sous la demande de sa mère. Je me redressai le saluant à mon tour.

« Il a l'air de bien t'aimer. » me fit remarquer sa mère.

« C'est un bon garçon. Il a de l'énergie et il est encore jeune... »

Le brouillard de mon enfance ressurgit d'une traite sans me laisser le temps de penser. Quelque fois, je me sentais si seule, même en présence de ma sœur, que je me trouvais différente des autres... Mme Bennett m'adressa un sourire chaleureux avant de frissonner malgré son grand manteau :

« Quand tu aura l'occasion, passe avec ta sœur à la maison, on se fera un bon chocolat chaud ! Nous habitons à deux pattés de maison de chez vous. Merci encore pour ton aide ! »

Je la vis rentrer dans sa voiture, me faisant un signe de la main, avant qu'elle entame la marche arrière de son véhicule. S'enfonçant dans la pénombre, je regardai les phares arrières disparaître.

Cela faisait un bon quart d'heure que j'attendais, mise à part plus les dix minutes que j'avais passé en présence de Mme Bennett. L'arrêt de bus me gardait du vent et des flocons. À pars moi, il n'y avait personne. Le bus n'allait pas tarder à apparaître, et aucune trace de ma sœur. J'observais les voitures défiler sur la route, prudente. C'était ma seule distraction... ennuyeuse quelle qu'il en soit. J'hésitais à retourner au centre pour aller à la recherche de ma sœur mais je me disais qu'elle pouvait arriver à tout moment. C'était tout de même bizarre... Bon allé, cinq voir dix minutes pour trouver les toilettes, après quelques minutes de plus pour l'attente qu'une cabine se libère, et le reste pour trouver l'arrêt de bus... s'était-elle perdue en chemin ? Je l'avais appelé déjà deux fois et je tombais toujours sur son répondeur. Je vis soudain apparaître les phares du bus qui m'éblouirent. J'appelai une dernière fois ma sœur. La sonnerie incessante puis répondeur. Le véhicule s'arrêta, m'ouvrant la porte. Je ne pouvais pas partir sans Anna, de plus, la laisser en abondons me fit frissonner. Étant plus grande qu'elle, elle se trouvait sous ma responsabilité. Le chauffeur racla sa gorge en signe d'attente. Quand il comprit que je ne monterai pas, il referma la porte et partit. Je poussais alors un grognement. C'était décidé je repartais chercher ma sœur.

Je me dirigeais vers l'entrée principale. Je sentis déjà, à cause des lumières éteintes à l'intérieur, que le centre était fermé à présent. En vérification je poussais les portes : en effet, elles étaient fermées. Je me collai à la vitre, observant l'intérieur : la buée que je lâchai sur cette dernière m'empêcha de voir. Même en retenant ma respiration, le noir brouillait ma vision. Super ! Je fis alors le tour du bâtiment. Du côté des toilettes. Après quelques minutes de recherches, je fus récompenser en apercevant deux fenêtres. Celle du premier étage était fermée. Celle du rez de chaussée semblait entre-ouverte. Un escalier de secours en silicone montait au deux, à environ un peu moins de deux mètre du sol. Je soufflais d'agacement en sachant éperdument ce que j'allais faire.

« Pourvus qu'elle n'y soit pas sinon je la tue. » grommelais-je.

D'un bond, j'attrapai la barre de l'escalier. Soudain le givre qui avait recouvert cette dernière me fit lâcher. Par réflexe, je me retenais avec l'autre main, agrippant fermement, de telles que mes jointures en blanchirent. Dans un ultime effort qui me coupa le souffle, j'arrivai enfin à me hisser sur l'escalier glacé. Je pris une grande respiration, étant donné que mon genoux restait encore fragile. Je me redressai regardant en bas. J'y étais arrivée. Seul cela compté. Mais à présent je devais poursuivre mon chemin en grimpant sur quelques marches, veillant à ne pas glisser. J'avais raison, la fenêtre était bien ouverte, à mon plus grand soulagement, elle s'écarta quand je la poussai doucement. La chaleur de l'intérieur montra le changement de température entre le dehors et le dedans. Le silence y régnait. Les cabines d'un côté, le miroir au dessus du vasque de l'autre. Je regardais de tout les côtés, méfiante de la rencontre avec un gardien ou autres. Comment aurais-je pu expliquer mon infraction de toute façon ? Je secouais la tête. Les reproches viendraient plus tard. Je m'engageai sur le carrelage délicatement. Il fallait encore monter. Je me dirigeai vers la porte qui m'entraîna sur un couloir ayant un seule issue : gauche puis un second sur la le longeai. La salle principale, autrement dit le rez de chaussée, était déserte. Je n'osai pas crié son nom, même si je sentais que je me trouvais seule. J'entrepris de monter l'escalator, immobile. Mes pas résonnaient dans tout les recoins. Je n'étais pas complètement dans le noir, la lune s'était enfin dégagée des gros nuages gris et filtrait ses rayons par le plafond vitreux, même si des endroits restaient plongés dans l'ombre. Ensuite de faibles lanternes incrustaient dans le plafond, à chaque entrée d'un magasin sur deux, éclairées faiblement les lieux, entraînant l'endroit dans une atmosphère par vraiment rassurante. En cherchant des yeux j'aperçus sur ma droite puis tout au fond à gauche, les initiales du mot W.C. : je me dirigeai vers celui-ci, le même couloir qu'aux toilettes du rez de chaussée. Il me suffisait donc de suivre le chemin. La salle était disposée de la même façon que celle d'en dessous. On se croyait au même endroit.

« Anna ! » chuchotais-je.

Je pris mon téléphone en cherchant le contact de ma sœur. Rien. Je levai les yeux au ciel et m'apprêtai à partir quand un vibreur résonna dans la pièce. Je stoppai tout mouvement, coupant même ma respiration. Mon sang cogna à mes tempes. Le son provenait de dessous le vasque. Comme si je me trouvais dans une scène d'horreur, je me baissai le plus lentement possible. Ce que je découvris me fis souffler. Le téléphone de ma sœur était là. Je le pris, le retournant dans tout les sens, réfléchissant à la situation. Jamais, elle n'aurait abandonné son téléphone ici ! Qui plus est, sous le vasque... à moins qu'il y soit tombé. L'angoisse me tourna l'estomac.

« Calme toi Elsa ! »

Je me rendis compte que je tremblais. Je soufflais, peut être était-elle repartie chez nous. Oui, certainement. Je me dirigeais vers la sortie. Les questions se bousculaient dans ma tête. Et le pire, c'est qu'elle n'était pas apaisante. Comme quoi que si elle ne m'attendait pas chez nous, que ferais-je ? À présent, un silence inquiétant pesait sur tout le centre commerciale. Je me figeais, les veilleuses s'étaient éteinte. Seule la lumière bleue de la lune éclairée les lieux. Je frissonnai en traînant des pieds. Je me faisais des idées maintenant ! Sans doute est-ce l'heure à laquelle elle devait s'éteindre...

Je m'arrêtai. Là-bas, une silhouette se découpait entre les deux grands carrés de verdure et les boutiques. Non, je voulais me rassurer, se devait être l'ombre du palmier léchant le mur. Pourtant, il me sembla qu'elle bougea tout en s'avançant. Je plissai mes yeux en les réduisant à deux fentes. Horreur ! Le sang dans mes veines ne fit qu'un tour. J'ouvrais la bouche de terreur. C'était la silhouette de Shadow Midnight !

« Non ! » m'écriais-je.

À une grande distance de la mienne, son visage fut découvert par la lumière blafarde de la lune. Son sourire découvrait des dents bien blanche...

« J'avais prévenu que je reviendrai. » lança-t-il d'une voix étrangement calme. « Personne ne m'échappe et surtout pas un humain. »

« M... mais c-comment ! » bégayais-je, perdue.

Il s'avançait toujours, lentement soit-il, se tenant avec fierté. Son regard jetait une indifférence quelconque.

« Croyez tu franchement que j'abandonnerai si facilement ? D'ailleurs, il est rare que je lâche une prise. »

Un déclic me prit à la gorge. Le téléphone, la disparition de ma sœur...

« Où est ma sœur ! » jetai-je, furieuse.

Son rire lugubre résonna dans la pièce.

« T'as sœur ? Ne pense pas la revoir de si tôt. »

La peur déforma mon visage. Que s'était-il passé ?

« Que vous voulez vous dire ? Qu'est-ce que vous lui avait fait ! »

« Alors ça, ça ne dépendra que de toi. Si tu fais tout ce qu'on te dis. Tout se passeras bien. »

« Qui ça on ? »

Il ne répondit pas, ne cessant de me fixer d'un air satisfait. C'était un sadique avait dit Jack Frost, il ne fallait pas lui montrer le moindre signe de faiblesse ou de peur. C'était bien parti...

« Qu'est-ce que vous voulez ! » m'écriais-je.

J'attendis sa réponse qui sembla durer une éternité. Il se passa la langue sur ses lèvres avant de souffler :

« Toi »

Le souvenir de mon cauchemars ressurgit d'un seul coup. Terrifiée à cet vision d'horreur où je courais jusqu'à me faire emprisonner sous la glace, je reculai. J'allais même me retourner pour m'enfuir quand je me cognai sur quelque chose. En me retournant, je me retrouvais nez à nez sur le haut du torse nu de quelqu'un. Je reculai d'un pas pour le dévisageai avec horreur. C'était un autre jeune homme, aux cheveux noir, lisse et gras. Une mèche recouvrait une partie de son visage, couvrant un œil. L'autre était comme fendu en deux par une cicatrice. Ses lèvres fines étaient cousues mais que de chaque côté. Sa peau presque grise pâle à la lumière me donna des frissons, comme si un cadavre se tenait devant moi. Il portait une veste de cuir noir, manches retroussées, fermeture ouverte, sinon il était torse nu, dévoilant des abdominaux bien définis. Sur ceux-ci, un tatouages prenait la forme d'un navet. Il en avait d'autre, comme sur le haut de son cou, l'on pouvait y lire BOO, le premier o, en forme de citrouille, le second, celui de la lune. Son pantalon noir collait à ses fines jambes et descendait jusqu'à ses pied nus. J'ouvrais la bouche, comme si le monde venait de se changer en cauchemars... De ses yeux qui me regardaient hautain et sans grand intérêt, il plongea son regard à glacer le sang dans les miens, aucun sourire, aucun brin de malice. J'avais l'impression que mon sang bouillonnait dans mes veines. Puis je secouais la tête, me tournant avec frustration vers Shadow, en le surprenant de s'être approché jusqu'à quelque mètre de moi. Je sursautai quand je compris qu'ils m'encerclaient, n'ayant aucun échappatoire pour fuir... Reprenant mes idées au clairs je lui lançais avec une pointe d'enrouement dans le son de ma voix :

« Alors comme ça je suis trop forte pour toi ? Il fallait donc que tu ramène un de tes ami ?

« Simples précautions, si tu vois ce que je veux dire. » répondit-il sèchement.

Dans ses yeux je sus qu'il parlait du combat qu'il avait affronté contre Jack Frost, ce qui, apparemment ne lui avait pas valut sa victoire et affamé sa soif de vengeance. Je le suivais des yeux alors qu'il se rapprochait toujours, le cœur battant la chamade. Pourtant, je ne bronchai pas quand il me lança un regard noir, au contraire, je le soutenais.

« Bien qu'il ne te sois pas venu en ta faveur, beaucoup de personne le connaisse à sa... » -Il dut suspendre sa phrase quand son allié le défia froidement du regard en grognant d'une voix grave qui résonna dans le lieu désert. À son air craignant qui disparut aussitôt qu'il fut apparu, je sus que contrarier l'individu qui se trouvait dans mon dos devait être dangereux. Shadow Midnight se repris en se redressant de toute sa hauteur.- « Il est l'un des plus grands qui soit apparu de ce monde de légende, il terrorise tout ceux qui osent croiser son chemin. Maître de l'horreur, et sadique autant que moi qui plus est, l'Esprit d'Halloween ne prends aucune pitié à faire naître la terreur chez ses victimes, je te présente Jack O'lentern. »

Je fus prise d'un étrange frisson en jetant un coup d'œil à ce dernier qui n'avait cessé de me fixer, dotait d'un air inexpressif et sans fierté, comme si la mort l'avait déjà atterré.

« N'aie pas peur, le cauchemar viendra après- »

« J'ai pas peur. Et je suis loin d'être intimidé par vous ! » rétorquais-je le plus calmement possible. Même s'il avait raison, je ne me laissai pas démonter face à ses personnages d'horreur. Il bougeai bizarrement avec son corps, comme s'il avait été désarticulé, craquant tout ses membres dans des bruits glauques. Il étendit son sourire afin de pousser un soupir presque moqueur, il releva la tête, l'expression non-trompeuse. Il approcha son visage à quelque centimètres du mien en soufflant :

« Mensonge, même si tu essaye d'en montrer le contraire, la peur règne dans tes prunelles, ton regard te trahi on dirait. »

« Et vous c'est votre don pour être un psychopathe qui vous donne l'air si crétin ? Je ne me laisserai jamais faire si c'est ce que vous croyez ! J'ai beaucoup plus de bon sens pour vous échapper que vous vous n'en ayez pour me retenir ! »

Il pouffa avant de continuer :

« C'est ce qu'on verra. D'ailleurs, j'ai été très impressionné dont la façon où tu t'es libérée de mon ombre. »

« Je me suis servi de ma tête ce que visiblement vous, vous n'en avez pas ! Et je ne parle même pas de ce qui devrait y avoir à l'intérieur. »

Il poussa un grognement et renifla l'air méprisant.

« Ne crois pas que tes paroles te sauverons, tu as peut être du caractère mais il te mènerons à ta perte !Si je n'avais pas été forcé de te garder en vie, tu serais déjà morte. En ayant souffrit certes. Et je pense même que tu m'aurais supplié de t'achever avant. » -Il s'arrêta un moment, m'agrippant l'épaule- « Et ne pense surtout pas que Jack Frost viendra à ton secours, on y a veillé. Personne ne viendra. »

Je ne cherchai même plus à montrer mes ressentis, ses mots m'avait figé. J'aurais, prié pour disparaître sous terre. Voilà qu'il était revenu. Jack Frost avait eu tord. Mais raison sur une chose : oui, Shadow Midnight n'abandonnait jamais. J'étais prise au piège maintenant, trop captiver à me morfondre sur mon sort. L'un planté derrière moi, l'autre fermant le chemin de devant. Je les regardait l'un après l'autre, cherchant désespérément une issue lorsque j'ouvris de grands yeux en voyant Shadow se pencher sur moi l'air satisfait.

« Alors réel ou pas réel, très chère ? »

Il s'apprêtait à lever sa main sur moi, quand tout à coup, il fut renversé d'une telle violence qu'il s'écrasa presque sur le mur d'à côté avant de faire volte face vers Jack Frost, qui était en position de défense. Même le prénommé Jack O'lantern parut étonné et se tendit brusquement.

« Réel ! » poussa celui-ci, essoufflé.

« Im- impossible ! » marmonna Shadow comme pour lui même avant de hausser le ton. « C'est pas vrai ! tu n'arrêteras donc jamais de te mêler des affaires des autres ? »

Jack Frost le défia du regard avant de répliquer d'un ton sec :

« Agresser une innocente ça fait parti de nos affaires ! Je ne suis pas aussi incrédule que tu l'imagine. Tes faux indices pour te trouver ton trahi et puis étais-tu vraiment aussi sûr que nous la laisserions sans surveillance et sans défense ? »

Shadow Midnight se mit à rire.

« Et tu croit que c'est tout seul que tu arriveras à nous battre ? »

« Qui a dit qu'il était tout seul ? » rétorqua une voix grave.

Une forme poilu apparut subitement de nulle part, en venant se poster aux côtés de Jack Frost, après une cabriole gracieuse. La lumière bleutée de la lune qui filtrait par endroit ne permettait de voir que sa silhouette. Par ma plus grande frustration, il s'agissait d'une bestiole, aux grandes oreilles, au corps majestueux, ayant d'immenses pattes... Un lapin qui se mettait en position de combat, armé de boomerangs ! Plus rien n'avait de sens ! Qui étaient-ils, tous autant qu'ils soient ?

« La cloche de Pâque serait-elle sortie de son trou ? » railla Shadow, sarcastique.

« La cloche de Pâque ? » se défendit son interlocuteur. « Non mais tu t'es vu ? »

« Et depuis quand tu traîne avec la face de glace ? Depuis qu'il as fait -mumuse- avec toi, la peluche ? » renchérit le squelette.

Les deux impliqués s'entre-regardèrent avant que le lapin prenne la parole, après avoir remué une de ses oreilles, l'air plus détendu :

« Oh c'est vrai que c'est un garnement irritant, agaçant, insupportable, énervant, provoquant et j'en passe ! Mais sans ça il ne serait pas Jack Frost faut avouer ! »

Jack Frost parut presque indigné par les « insultes » défilant à son égard.

« Moi qui croyais que les carottes rendaient aimable, tu ne dois pas en manger beaucoup ou alors tu fais régime ? »

Shadow Mignight poussa un râlement exaspéré :

« Toujours autant désolant et ennuyant l'un envers l'autre, et surtout l'un -comme- l'autre. Et vous parlez d'une équipe ? Vos chamailleries font de vous des incapables. Et vous vous placez digne de Légendes ? Il ne faudrait pas s'étonner si l'un d'entre vous s'est retrouvé isolé, seul pendant près de trois cent ans. »

Jack Frost tressaillit sous cette remarque, mais ne se laissa pas démonté pour autant.

« Nous sommes des Gardiens, persifla-t-il. Toi tu n'es rien et tu crois que tu arriveras à te battre face à nous tout seul ?! »

Shadow lança un regard dans ma direction, sachant pertinemment qu'il regardait Jack O'lantern qui bandait ses muscles face à la situation. Je compris en un trait que Jack Frost et son compagnon n'avaient pas pu remarquer sa présence car il était tapissé dans le noir. Avant que je ne pu les alerter, le rire moqueur du squelette résonna :

« Qui a dit que moi aussi, j'étais seul ? »

Les deux -légendes- se regardèrent sur un bref instant avant d'écarquiller les yeux de stupeurs en me lançant enfin un regard... Enfin surtout sur celui qui se trouvait derrière moi, veillant sur chacun de mes mouvements.

« C'est pas croyable ! Vous deux ? Ensemble ? Et le monde tient encore ? » ironisa la bestiole poilue de sa voix grave.

« La stratégie tient du côté de ceux qui sont forts pas celui de ceux qui sont faibles et certainement pas d'un animal qui se croit être un homme. Retourne donc à tes œufs la peluche ! »

La première attaque fut lancée par le lapin qui balança précisément ses armes -boomerangs- sur chacun de leur adversaire. Je vis avec horreur l'une d'elles qui se dirigeait vers ma direction !

« Baisse toi ! » me cria Jack avant de foncer sur Shadow Midnight qui avait évité l'arme volante du lapin.

Avant même d'entamer ce geste, Jack O'lantern m'avait saisi d'un coup par ma veste, me soulevant avec facilité du sol et me jetant contre le mur. Le choc me coupa la respiration et me fit tourner violemment la tête quand j'heurtai la face rigide. Je retombais lourdement sur le sol, laissant s'échapper un cri de douleur. Je serrais les dents pendant qu'une grimace déformait mon visage. Je portai mes mains autour de mon genoux, cherchant à diminuer le lancement qui se répandait également dans mon dos. En relevant la tête pour prendre part à ce qui se déroulait, je vis les quatre individus se battre presque au corps à corps. Certains s'aidaient de... leur pouvoirs ! Jack Frost trouva appui sur le lapin qui l'élança dans les airs de sorte à ce qu'il fasse jaillir une bande de glace séparant des gentils, dirait-on, des méchants. Cette dernière passa à côté de moi, m'envoyant des éclats de glace comme tranchantes. Tous prirent leur souffle avant de recommencer dans leur violence à se déchiqueter les uns et les autres. Jack O'lantern fit apparaître d'un geste souple, écartant ses mains, des flemmes qui dansaient avec méfiance. Celui-ci se battait contre le lapin qui tressaillit pendant un instant. Quand l'Esprit d'Halloween lança son attaque, la cloche de Pâque eu du mal à l'esquiver, roulant sur le côté, sautant de droite à gauche. Puis il envoya à son tour des espèces d'œufs qui explosèrent à chaque fois qu'ils heurtaient quelque chose. Quant à Shadow Midnight et Snowman, il roulèrent ensemble par terre, se griffant et poussant des cris féroces. L'ombre de l'Esprit de Minuit se détacha et alla s'empêtrer dans celle de son adversaire. Jack Frost du se résigner à lâcher prise lorsque l'ombre du squelette le plaqua au sol. Il étouffa alors un râle et attrapa de justesse son bâton qu'il venait de lâcher quand Shadow voulut lui assener un coup fatale. Dans ses yeux brûlait une envie de meurtre, attisé par la colère et le mépris.

Je ne pouvais plus bouger. Terrorisée, figée, à ce qui se déroulait devant mes yeux. Je ne prêtai même plus attention aux douleurs qui s'élançaient un peu partout dans mon corps. Qu'avais-je fait pour mériter tant de violence ? Pourquoi fallait-il que se soit moi qui tombe dans ce genre d'ennuis ? Et puis le plus important où était ma sœur ? Allait-elle bien, que lui avait-on fait, et allais-je la revoir un jour ? Trop de question tourbillonnaient dans ma tête, j'ignorais même le bruit de la bataille qui faisait rage. Je faillis défaillir. Je me mis à quatre patte comme pour vomir.

« Elsa ! » hurla difficilement Jack Frost bloqué sous le corps de Shadow Midnight qui tenter de l'étrangler, en vain.

Je vis alors son affolement quand Jack O'lantern s'avançait à moins d'un mètre de moi. Grâce à la lumière que dégageait la lune, on pouvait voir de grandes cicatrices sur son torse, et surtout son tatouage du navet, qui brillait d'un rouge-orangé avec animosité sur son abdomen. Rien qu'à son état, il avait dû livrer de grands efforts pour se débarrasser de son ennemis -du lapin-, gisant à l'extrémité de l'escalator. Celui-ci luttait pour se relever. À présent je compris la gravité. On était en train de perdre ! Captivé dans la progression de l'Eprit d'Halloween, je perçus quand même des altercations de l'autre côté, sans vraiment y prendre attention.

« Va t'occuper de l'autre je m'occupe de lui ! »

« Ne le lâche pas surtout ! »

J'étais prête à être confrontée contre celui qui se dressait devant moi. Les bras pendant et les doigts écartés en des serres acérées. D'un seul coup, Jack O'lentern faillit être renversé par Jack Frost qui s'agrippa à ses épaules, se retrouvant la tête à l'envers -crâne contre crâne- tendit que son élan le fit retomber sur ses pieds, dos à moi, face à l'Esprit d'Halloween, qui en resta stupéfait. Pendant ce moment d'hésitation, Snowman en profita pour le projeter dans les airs d'un mouvement puissant jusqu'à la rambarde qui protégeait les personnes d'une chute de quelques mètres. L'Esprit de l'Hiver reprit son souffle, triomphant. Mais où était Shadow Midnight ?! En tournant la tête, le lapin avait relevé Jack au combat. Je ressentais une part de soulagement quant au fait qu'il s'était remis de ses blessures.

« Mais qu'est-ce qu'il t'as pris de venir ici dans un endroit aussi mal surveillé ?! » me jeta Snowman en me jetant un coup d'œil, toujours adopté de sa même position de défense.

« Ce n'est pas ma faute ! » m'indignais-je. « Ils ont enlevé ma sœur ! Et tu m'avais dit que ce sadique de Shadow m'aurait oublié ! »

Il soupira, en serrant les dents.

« Ce n'est pas pour autant que tu dois baisser ta garde et ta prudence à tout moment ! Tu as été stupide de venir ici seule. » me réprimanda-t-il.

Je pinçais alors mes lèvres me retenant de décocher un sourire narquois, en vain.

« Seule ? Mais tu es toujours là quand j'ai besoin d'aide hein ? »

Il fut presque embarrassé mais se reprit aussitôt en montrant son air amusé, avec son sourire en coin si familier.

« Tu n'es pas blessée ? »

Malgré les élancement qui s'était propagé dans ton mon corps, je fis signe que non. Par fierté ou pour montrer ma débilité ? Seul ce que j'avais en tête le savait.

« Bon écoute, reprit-il. Tu vas courir et repartir par où t'es passé ok ? Nous te rejoindrons. »

« Mais si vous ne... »

Il comprit alors la suite. S'ils ne s'en sortaient pas, que devrais-je faire ?

« N'aie pas peur, chuchota-t-il plein de douceur. Je ne t'abandonnerais pas. »

Jack O'lantern commença à remuer et craquer sa tête. C'est alors que Jack Frost me jeta un ultime regard avant de me crier :

« Maintenant ! »

Avec de grandes difficultés, je me redressai en secouant mes membres engourdis. Je fonçais droit dans le combat acharné du lapin et de Shadow Midnight. Heureusement, ils étaient trop occupés à s'arracher des touffes pour remarquer mon passage. J'évitai de justesse un œuf explosif qui éclata près de moi et me fit tousser. J'eus même du mal à descendre l'escalator, mes jambes brûlaient et mes forces s'épuisaient à petit feu. J'arrivais enfin au rez de chaussée, ne me préoccupants plus de quiconque. Soudain, quelque chose me tira la cheville et me fit trébucher. Je roulai par terre avant de me retourner. S'en était fini pour mon genoux ! Avec tout ses coups, la douleur resta. Le cœur bondissant dans ma poitrine. La chose en question qui m'avait faite tomber avait disparut ! Je levai les yeux pour apercevoir ce qui se passait. Silence. La silhouette de Jack O'lantern se redressa devant Snowman qui pointait son bâton sur lui. Dans une flamme étincelante, l'Esprit d'Halloween disparut. Il avait battu en retraite !

« Lâche ! » cria Shadow Midnight à son camarade qui avait prit la fuite, se démenant désormais avec les deux légendes qui s'occupaient de son cas.

Je filai à couvert. Je reconnus le couloir plongé dans l'ombre menant à la sortie ! Enfin, la fenêtre... Essoufflée, je me collais au mur. Profitant d'un instant pour me reposer et épier la scène. Tout était silencieux, comme si aucune bataille n'avait jamais eut lieue d'être. Mon cœur s'était calmé. Jack Frost et le lapin avait coincé Shadow Midnight, là où résignait le magasin où j'avais emmené mon téléphone à réparer. Un sentiment de soulagement s'empara de moi. Shadow avait perdu et avait été délaissé par son allié. Maintenant, chacun de nos pas pouvaient se faire entendre dans tout les recoins. C'est alors que j'entendis Shadow éclater de rire, là-bas, où il était encerclé contre le mur. Un rire sinistre...

« Vous êtes encore plus naïfs que je l'espérais. Croyez vous franchement que nous n'avions pas prévu un autre plan pour l'une de vos visite ? »

Les deux Légendes se regardèrent, curieuse et méfiante. Devant l'expression de l'Esprit de Minuit, je sus qu'il tramait quelque chose. Je longeai lentement le couloir sous les ordres de Jack Frost en réfléchissant aux paroles... Les deux êtres des ténèbres m'avaient attaqué, ensuite Shadow m'avait expliqué la présence de son camarade.

« Simples précautions, si tu vois ce que je veux dire. » m'avait-il dit.

Quand les deux légendes étaient arrivées, il avait pourtant été surpris... Le combat s'est déroulé. Je suis tombée à cause de quelque chose que je n'ai pas vu... Jack O'lantern avait battu retraite sans prévenir... Et Shadow l'avait traité de lâche. Je me repassais la scène encore et encore dans ma tête. Je révélai brusquement la tête, comprenant le stratagème. C'était une ruse ! Ils jouaient la comédie ! Il voulait juste détourner les faits pour qu'on croit que Jack O'lantern soit parti et qu'il n'est plus rien avoir au combat. Shadow Midnight avait joué le rôle du délaissé et il s'était volontairement fait vaincu de sorte à distraire les autres pendant que... que... Je rebroussai chemin devant la porte des toilettes, le cœur cognant d'anxiété. Je courais et vis avec soulagement la lumière bleutée baignant dans le centre commercial. J'aperçus enfin les silhouettes de Jack Frost, le lapin et Shadow Midnight. J'allais hurlais l'avertissement du piège alors que j'étais encore à couvert. Soudain je sentis qu'on m'agrippa le bras, me projetant contre le mur. Mon genoux cria souffrance. D'une main, Jack O'lantern enlaça ses doigts crasseux sur l'un de mes poignée, de l'autre, il la plaça sur ma bouche pour étouffer mes moindres répliques. Je me débattais comme un beau diable avec mes membres libre. Sert toi de ta tête et ne t'affole pas ! Me répétais-je encore et encore. Je lui donnai un coup de pied dans l'estomac, près des parties génitales. Il étouffa un râlement et me lâcha sous le choc. Profitant de ce moment de faiblesse, je partais en courant vers Snowman. Trop tard, à peine avais-je pu faire un pas, que Jack O'lantern me serra contre lui, m'encerclant de son bras et étouffa une fois de plus mes protestations en plaquant sa main sur mes lèvres. Même si j'essayai de lui donner des coups, il les esquivait, il avait compris comment je fonctionnais. Faisant une tête de plus que moi, il arrivait sans problème à me soulever du sol. Je sentais ses abdominaux ainsi que son corps chaud m'envelopper, bouillant de colère à lutter pour me faire rester en place. Je compris que je n'avais plus aucune chance et qu'il valait mieux garder des forces à la moindre occasion de fuir. Sa main qui me collait au visage était grande et me cachait presque la moitié d'un œil. Il me soutenait en l'air par le bas du ventre coinçant mes mains. J'étouffais presque et mon état n'arrangeait rien.

« Tient toi tranquille. » grogna-t-il calmement d'une voix rauque, plus rauque que celle de Snowman même. Je me rendis compte que c'était seulement la première fois que je l'entendis parler.

Nous restâmes un moment dans cette position. Jack O'lantern contemplait la scène, sans doute au signal qu'il devait donner à son camarade.

« C'est parce que t'es mauvais joueur ? » entendis-je railler Jack Frost à Shadow Midnight.

L'être des ténèbres ricana de plus belle.

« Sache que je ne perd jamais, je joue. Même si mon rôle n'est pas de m'extasier devant un jeu d'échec. Vous n'êtes que des amateurs. »

« Explique nous si on est si stupide que ça. » menaça le lapin en croisant les bras pendant un moment avant de se remettre en position d'attaque.

Il lorgna ses deux adversaires, malicieux.

« Voyons donc, sur mon échiquier j'ai trois pions au départ, deux noirs et un blanc. Ensuite, deux autres blanc arrivent et contre-attaque contre les deux pions noir se trouvant déjà sur l'échiquier, pour ainsi protéger le troisième qui est blanc. Celui-ci se met en hors-jeu pour se mettre à couvert sous l'ordre des deux pions blanc. Il m'en reste donc quatre, deux noirs et deux blancs. Puis l'un des quatre, un noir, se met en hors-jeu lui aussi et volontairement. Il m'en reste encore trois, deux blancs et un noir. Le noir doit perdre la bataille contre les deux blancs. Question, où sont donc passé les deux pions, noir et blanc, qui se sont mis en hors-jeu ? »

L'impression de Jack Frost qui s'était décomposée un peu plus à la suite de l'énigme, afficha un air horrifié alors qu'il avait comprit. Son compagnon, lui, ne broncha pas face au regard défiant de Shadow.

« C'était un piège ! » s'écria Jack. « Elsa ! Bunny ! Surveille le, je dois retrouver Elsa ! »

Avant qu'il n'ait pu prendre son envol, Shadow reprit d'un air moqueur :

« Inutile, elle est déjà loin. »

Je protestai en essayant de l'appeler, en vain. Jack O'lantern grogna lorsqu'il reçu un coup de mon pied sur la jambe.

D'un geste brusque, Jack Frost vint planter son bâton au bout recourbé contre la gorge de Shadow qui ne fit rien et s'esclaffa.

« Où est-elle ! Dis à l'autre de la ramener tout de suite sinon je- »

Le lapin se mit à ses côtés, lui posant une de ses pattes sur l'épaule avant de lui murmurer quelque chose sans doute apaisant, car après Snowman se calma. Il recula entraîné par son ami poilu.

« Oh fait, j'ai un message d'un ami qui vous est sans doute très cher. Le temps est venu de transformer le grain d'or pur et innocent en un grain de ténèbres nocif et nuisible. La lumière deviendra obscurité. Le clair deviendra brouillard. Le blanc deviendra noir. Ainsi régnera l'ère d'une terrible vengeance. »

Les deux Légendes défaillirent et ses regardèrent, fiévreux. Aucuns d'eux ne pipa mot. Laissant l'être des ténèbres continuer.

« De L'Émerveillement naîtra l'Assombrissement. De l'Espoir naîtra le Désespoir. Des Souvenirs naîtra le Néant. Des Rêves naîtra les Cauchemars. De l'Amusement naîtra l'Ennui. Retenez bien ses mots car c'est ce qui vous attends. »

« Pitch ! » hurla Jack Frost dans une telle colère, que la glace recouvra le sol tout entier sous ses pieds nus.

Shadow Midnight éclata d'un rire monstrueux qui m'en donna la chair de poule. Se débattre ne servait à rien, j'étais face à l'angoisse pesante de ses mots. Et Jack O'lantern semblait enfin satisfait.

« Prenez garde Gardiens ! Car vous vous dirigez dans une voie bien dangereuse et instable. Nous vous conduirons tous à votre perte. »

De ses derniers mots, Jack O'lentern se retourna face au mur dans notre dos. Mes yeux s'agrandirent lorsqu'un passage plongé dans le noir s'ouvrit. À mon plus grand désespoir, il m'entraîna à l'intérieur. Je luttais contre lui. Puis la peur fit coller ma tête sur son torse chaud et agréable. Le noir. Je n'y voyais plus rien même si mes pupilles s'adaptaient à l'endroit, je ne distinguais que le murmure des ténèbres. Après un instant à marcher en ces lieux, une faible lumière éclairait des murs couleur charbonnée. Rien d'autre. Et des parties restaient dans le noir complet. Nous nous arrêtâmes enfin. De là, je balançais mes pieds n'importe où de sorte à ce qu'il me relâche, rien à faire, malgré ses grognements.

« C'est bon, tu peux la lâcher. »

La voix de Shadow Midnight résonna sur les murs et se transforma en écho. Un instant après, sa silhouette apparut, se postant devant nous. Jack O'lantern s'assura de bien avoir l'autorisation avant d'ôter ses membres de mon corps. En retombant, je pris une grosse bouffée d'air avant de me retourner vers l'Esprit d'Halloween, folle de rage.

« Non mais ça va pas ! Vous n'êtes que des brutes qui se servent des émotions des autres pour les détruisent et- »

« Précisément. » me coupa Jack O'lantern de sa voix rauque.

Je me retournais brusquement vers lui, espérant enfin une réponse :

« Vous allez enfin me dire pourquoi vous m'avez enlevé dans ce trou perdu ? Pour une bonne fois pour toute, que me voulez vous ! »

« Tu le sera quand le moment viendra, » gronda Shadow, méprisant. « Il n'est pas encore là je présume ? » demanda-t-il ensuite à son allié.

Ce dernier lui fit signe que non.

« Bien. » continua le squelette. « Tu vas devoir patienter un petit moment le temps- »

« Je refuse catégoriquement ! Je ne me laisserai pas faire ! » protestais-je.

Ils se regardèrent avant d'opiner silencieusement.

« Et comment crois tu que tu feras pour partir ?Tu n'as pas de pouvoir. Tu ne ferais même pas deux cent mètres que nous t'aurions déjà rattrapé. Là-bas tu avais peut être une chance, mais ici tu n'en a aucune, tu es dans notre élément désormais. Par ailleurs, je me doutais que tu dirais ça. »

Je plongeai avec froideur mes yeux dans les siens, toute trace de peur évanouit, à la place, je lui lançai un regard de défit sans ciller.

« Vous pouvez toujours me garder auprès de vous coûte que coûte, mais je ne cesserai jamais de vous fuir, par tout les moyens. »

L'agressivité et l'assurance qui s'étaient mélangé au son de ma voix m'avait fait comme pousser des ailes. Shadow Mignight lorgna pendant deux secondes son compagnon avant de me regarder, sans la moindre plaisanterie. J'avais dû bien l'énerver car je ne l'avais jamais vu aussi sérieux. Il se pencha alors sur moi, malgré mon mouvement de recul, je ne le quittai pas des yeux.

« Dans ce cas prouve le, je ne demande qu'à voir. » susurra-t-il le plus calmement possible.

Il se redressa et repartit dans l'ombre. Je tournai la tête, fermant mes paupières. Pendant un instant je pensai au doux visage de ma sœur, celui de Jack Frost, de Jamie, de Mme Bennett... oh... c'était si dur, qu'il larme discrète coula le long de ma joue. J'étais à bout de force. Et Henry et Lucy ? Je secouai la tête quand Shadow fit sa réapparition, les poings serrés. Il approcha son visage à quelque mètre du mien :

« Ne fais pas la compliquée. Tu sais, tout vient à point à qui ne sait attendre. »

Je ne compris pas. Mais je fuyais son regard. Il n'avait pas vu la larme dégouliner. Il l'aurait traduit forcément pour un signe de faiblesse. Sans que je m'en aperçois, il ouvrit une de ses mains, à la hauteur de mon visage. Celle-ci contenait la même poussière noire que j'avais découverte à l'intérieur du tronc mort, -disparut par la suite-, dans la combe. Au moment où je tournai la tête pour découvrir sa main tendue, il souffla sur la poussière que je me reçu en plein visage. Elle me piqua les yeux et me fit tousser.

« C-c'est quoi encore... c-ce truc ? » bégayais-je, me frottant les yeux et raclant ma gorge.

« Ne t'en fais pas, simple moyen de précaution. »

Je fronçai les sourcils, agacée.

« Vous en avez encore combien des moyens de précautions ? » raillais-je.

Il ne me répondit pas.

« Et pourquoi avoir attaquer par des mots Jack Frost et le lapin ? » continuais-je.

« Tous ce qui ne sont pas nos alliés, sont nos ennemis. » répondit glacialement Jack O'lantern.

Je me retournai vers lui.

« Et il y a pire, eux sont les Gardiens de l'Émerveillement, de l'Espoir, des Souvenirs, des Rêves et le dernier qui a récemment rejoint leur petit groupe. » enchaîna le squelette. « Pourquoi t'inquiète tu tant pour eux ? »

« Snow- Jack Frost va venir. » me repris-je.

Il poussa un rire étouffé avant de me toiser durement.

« Oh je n'en doute pas, et nous l'attendons avec impatience ! »

Que manigançaient-ils encore ? Il fallait tenter quelque chose au risque de recevoir encore des coups.

« On s'occupera aussi du gamin. James ou Jamie. »

Un coup de rage fut fureur en moi comme une montée d'adrénaline. S'attaquer à une jeune fille, c'était mal, s'attaquer à un enfant c'était pire ! Sans réfléchir, je m'élançai sur lui dans un tel élan qu'il se prit le sol avec violence. Il en resta sonné. Stupéfait par cette attaque surprise, Jack O'lantern se hâta d'intervenir. Je m'étais relevée. L'Esprit d'Halloween était agile comme moi. La meilleure chose à faire fut de courir. N'importe dans quel endroit. N'importe ! Pourvue que je ne restai pas une minute de plus en compagnie des deux êtres des ténèbres ! Une course poursuite s'enchaîna. J'en eu le haut le cœur quand je déboulai dans une immense grotte aux parois parsemées de pics ardents, dont le plafond était parcourut d'escalier à l'envers... Cette architecture me fit tourner la tête. Sentant que les deux autres approchaient malgré le silence pesant, je descendis suivit par de grands efforts. La roche dure et tranchante égratignait mes mains. Après l'escalade, je dus sauter de plus d'un mètre. J'atterrissais enfin sur mes pieds. La douleur de mon genoux était partie ! Je ressentais néanmoins, une fatigue étrange, qui se mêlait à mon essoufflement. Cependant, je n'arrêtai pas ma course folle qui m'entraîna à monter une pente. Au bout de celle-ci, je sentais vraiment que tout s'écroulait. Ma tête me brûlait et mon énergie se dissipait. En serrant les dents, je fis un effort pour me redresser, regardant autour de moi. Des milliers de petites cages étaient suspendues un peu partout au plafond. Et ont aurait dit que la faible lueur provenait du soleil. D'ailleurs, je n'avais aucune idée d'où elle pouvait sortir. Quand je penchai la tête sur mon côté droit, je sursautai : un étrange globe représentait les continents qui comportaient des millions et de millions de petite lumière joyeuse... seule chose rassurante ici. J'allais continuer quand un peu plus loin, j'aperçus un homme vêtu d'une cape noire, ses cheveux relevés en arrière, noir également, discutant avec une autre personne. Ma vue commençai à se troubler que je trébuchai. Le bruit que je venais de faire n'échappa pas aux deux individus qui cessèrent leur discutions. Ils me regardèrent, stupéfaits de voir une jeune fille débouler comme ça. L'un deux avait des yeux dorés, brillant, mais je ne pouvais plus distinguer qui avait quoi. J'allais repartir quand subitement, quelqu'un m'attrapa par derrière, ramena mes mains devant et les bloqua. Je poussais des grognement à peine perceptible. Que m'arrivait-il ?!

Même le son de leur voix ne furent qu'un lointain murmure. Cependant, je reconnus la chaleur du torse de Jack O'lantern m'encerclait.

« Que s'est-il passé ? » Fit une voix que je ne connaissais pas.

« Elle nous a pris de court... »

L'autre lui répondit quelque chose que je ne compris pas. Je voyais leurs silhouettes, devant moi. Arrivant encore à tenir debout mais retenu par l'Esprit d'Halloween, je rassemblai mes forces et dans un ultime effort, je poussai la première personne qui se trouva dans mon champs de vision. J'entendis un hurlement de fureur.

« Retient là- » grogna quelqu'un.

« Inutile... » répondit l'autre.

Jack O'lantern me soutint pour éviter que je ne m'écroule. Puis il me prit délicatement dans ses bras, je laissais alors ma tête retomber sur le bras de celui-ci. Plongeant dans un profond sommeil...

Coucou ! Je ne sais pas trop ce qu'il faut en penser^^ mais moi je suis plutôt contente ! J'ai écris plus que les autres, mais j'avais de l'inspiration... Voilà la suite arrivera bientôt ! Et oui, mes doigts me démange, car je suis pleins d'idée :p j'ai aussi créé les portrait des personnages présents dans l'histoire.

N'hésitez pas à poster de rewiews ça me fera énormément plaisir !

Bye !