Je vous remercie tous pour vos reviews enthousiastes. J'ai répondu à tout le monde et je salue tous ceux que je n'ai pas pu contacter par MP. Je ne manquerai pas de dire à l'auteur que vous aimez son histoire.
Rien ne m'appartient : ni Teen Wolf et ses personnages ni l'histoire puisque je vous rappelle que c'est une traduction.
Message de PumpkinSpy : Voilà, cette traduction ainsi que cette histoire ne m'appartiennent absolument pas. Si cette traduction vous rappelle quelque chose, c'est tout à fait normal, ceci est une traduction de Calliope83.
Calli a décidé d'accorder du temps à ses projets professionnels et de ce fait, elle a décidé de se retirer de la liste des auteurs. Malgré tout, elle ne voulait pas laisser ses traductions tomber dans l'oubli, surtout pas après le temps consacré mais aussi en pensant à ceux qui souhaiteraient relire une histoire qu'ils avaient aimé.
D'un commun accord, je reprends sur mon propre profil auteur ses traductions.
Chapitre 3
Stiles ne demande plus quoi que ce soit à Derek, jusqu'à la pleine lune, moment où il sent qu'il est légitime de remettre la question sur le tapis.
Si vous habitez sous le même toit qu'un loup-garou, il semble en effet raisonnable de vérifier ce qui va se passer durant cette période de l'année. Stiles se sent cependant un peu nerveux quand il aborde la question. Lorsqu'il avait demandé à Derek de jeter un coup d'œil à ses recherches et que celui-ci s'était pratiquement sauvé de l'appartement en prenant ses jambes à son cou, il avait assez vite compris que discuter de loups-garous n'intéressait pas du tout Derek. Ni d'ailleurs de discuter de surnaturel ou de quoi que ce soit qui touche de près ou de loin ces domaines.
Mais Stiles étant Stiles, il pose tout de même la question qui fâche.
_ Alors, dis-moi, qu'est-ce que tu fais pendant les nuits de pleine lune ?
Derek hausse un sourcil, lève la tête de son récipient en polystyrène, rempli de nourriture à emporter, posé sur ses genoux. Ils mangent tous les deux un biryani d'agneau acheté au restaurant indien, au décor très kitsch, qui se trouve en bas de leur rue. Stiles doit admettre que c'est foutrement délicieux, bien qu'il n'ait pas été au départ très enthousiaste à l'idée de manger de l'agneau. Derek, en bon loup qu'il est, ne s'est pas formalisé des réserves émises par Stiles, même si elles l'ont un temps déconcerté.
_ Je ne sors pas pour aller écharper les touristes, si c'est ce que tu veux savoir, dit-il, avalant une autre bouchée de son plat.
Stiles lève les yeux au ciel :
_ Mais non, je veux savoir où diable tu peux aller pour te transformer en loup alors que tu vis en plein milieu d'une ville.
_ C'est une question indiscrète.
_ Ah bon, vraiment ? Non, mais attends un peu …. Je t'ai vu te transformer en loup-garou. J'ai assisté à ta métamorphose complète en loup. Je t'ai vu presque mourir sous mes yeux à cause d'une balle d'aconit et tu as essayé à l'époque de me convaincre de te couper ton putain de bras. Alors bien sûr que je peux te demander où tu vas pour faire tes trucs de loup-garou, non ?
Stiles sait que son pouls est en train de battre plus vite – il n'a pas peur de Derek, mais il a conscience que cet homme peut aussi parfois se comporter comme un enfoiré de gros prédateur.
Derek soupire :
_Je sors de la ville et, si j'ai envie de courir, je vais dans les marécages.
_C'est vrai ? Génial! Est-ce que tu y vas ce soir ? Allez, quoi, est-ce que je peux venir ?
_Non.
_Hein ? Pourquoi non ? Je n'ai jamais visité les marécages.
_Tu peux faire l'excursion en bateau comme tout le monde.
_Mais je préférerais y aller avec toi.
_ Je ne peux pas courir si je dois m'assurer en même temps que tu ne vas pas te faire dévorer par des alligators.
Stiles déglutit.
_ Mince, il y en a vraiment ?
_Oui, il y en a vraiment.
_Oh. Bien. Est-ce que tu y vas, ce soir ?
Derek hausse les épaules, avale le dernier morceau de son plat et ferme le récipient.
_ Je n'ai pas décidé encore. Mais ce n'est pas un problème si je n'y vais pas. Je ne suis pas obligé de me transformer.
Stiles hoche la tête.
_ OK. Eh bien, vas-y si tu veux. Ou pas. Peu importe.
Il regarde son repas, il a laissé plus de la moitié de son biryani, et il reste encore un récipient rempli de samossas sur la table basse, ainsi que des naan.
_ Tu le veux ? » demande-t-il.
Derek le fixe, avec cette expression étrange et indéchiffrable qu'il prend toujours lorsque Stiles lui offre de manger ses restes.
_ Vas-y. Au moment de la pleine lune, tous les mecs de ton espèce meurent de faim, non ?
Cette réflexion semble faire mouche et Derek lui prend des mains le récipient de nourriture.
Et voilà, c'est devenu une routine. Un … sorte de truc habituel. Stiles ne sait pas trop ce qui lui a pris d'instaurer cette habitude. Les toutes premières fois où il lui est arrivé de donner ses restes à Derek, il l'avait fait sans arrière-pensée. Au début, lorsqu'ils étaient sortis ensemble, il avait été sincèrement étonné par les énormes portions de nourriture servies à la Nouvelle Orléans. Après un moment, par contre, eh bien … Possible que Stiles ait continué ce petit manège juste pour le plaisir de passer son assiette à Derek, de le voir réfléchir un instant avant d'enfourner la nourriture. Pour le plaisir de le voir manger dans l'assiette de Stiles. Mais, bon, ça ne veut rien dire, ce n'est pas comme s'il lui mangeait dans la main.
( Oh mon Dieu, Stiles le veut , il veut tellement que Derek lui mange dans la main.)
Mais … C'est un moment étrangement intime, d'une certaine façon, de regarder Derek terminer tous ses plats pour lui. Puis de l'observer du coin de l'œil se décaler sur son siège, ajuster ses jeans, faire péter parfois ce satané bouton une fois qu'il a mangé son repas ainsi qu'une grosse partie de celui de Stiles.
Stiles culpabilise à mort. Avouons que …. son comportement est au mieux bizarre, et qu'au pire il est manipulateur, même si Stiles ne force pas Derek à faire quoi que ce soit contre son gré. Il parvient de toute façon à obtenir ce qu'il veut et chaque nuit, il se branle avec une ferveur coupable.
Stiles n'est jamais sorti avec un mec qui ne soit pas plus gros que lui. Évidemment, ce n'est pas bien difficile puisque Stiles est mince comme un fil mais il fait aussi exprès de cibler ce genre d'hommes. C'est la première fois cependant que Stiles éprouve le besoin irrépressible de donner à quelqu'un de la nourriture. Bien sûr, pour son dernier petit ami qui était à peu près bâti comme Derek, Stiles avait appris à cuisiner quelques plats, pour avoir le plaisir de lui faire à manger. Mais … non, ce n'était pas comparable. Ce n'était pas un sale petit secret honteux, pas du tout le genre de situation qui lui provoque maintenant de violentes érections, chaque fois qu'il se met à penser au moment où il va donner sa nourriture à Derek.
Et Derek ne se doute de rien. Il ne soupçonne absolument rien. Et même- merde alors ! - il pense probablement que Stiles est dégoûté par les gros, surtout après la remarque stupide qu'il a faite à propos du poids que l'on prend quand on vit à la Nouvelle Orléans. Il ne voulait pas du tout dire ça. Simplement, une sorte de diarrhée verbale incontrôlable est sortie de sa bouche au moment où il était en train de réfléchir au rôle majeur que la nourriture joue dans la culture de cette ville. A l'instant même où ces mots ont franchi ses lèvres, il a eu envie de sauter dans le Mississipi pour s'y noyer.
Oh oui, donc, tout va vraiment pour le mieux dans le meilleur des mondes. Il est tombé raide dingue de l'homme chez qui il vit, et c'est un amour douloureux , étrangement pervers. Il n'a pas toujours pas trouvé de travail et va très bientôt épuiser ses maigres économies. Jusqu'à présent, il a été vraiment génial, cet été !
Peut-être que le plus frustrant dans toute cette affaire, c'est que Stiles avait appris comment draguer à l'université, au moins un peu et au moins avec un certain succès. Il avait réussi à avoir des relations sexuelles, à sortir avec d'autres hommes et à obtenir d'eux qu'ils lui touchent la queue très régulièrement, merci pour lui ! Seulement désormais, malgré toute son expérience, c'est comme s'il avait de nouveau seize ans. C'est comme s'il se voyait projeté cinq ans en arrière avec Derek, exactement à la même époque où il avait éprouvé pour lui cette passion pénible, stupide. Sauf que maintenant c'est même pire, parce que Stiles n'est plus un puceau sexuellement perturbé qui ne sait pas ce qu'il veut vraiment. Stiles sait à présent exactement ce qu'il veut faire avec Derek. Franchement ? Il veut le grimper comme un arbre. Il veut que Derek le pousse et le presse contre les murs, les portes, les tables et les comptoirs de bar, il veut que Derek le fasse se sentir tout petit contre lui, sous lui, bercé dans ses gros bras forts. Il veut caresser le gros ventre de Derek, absolument partout, de préférence après lui avoir donné quelque chose d'excessivement décadent et exotique à manger, comme toute la nourriture que Derek lui a fait découvrir à la Nouvelle Orléans.
Il veut tout cela mais il ne sait pas du tout comment il peut faire en sorte que ses désirs se réalisent.
Le soir , c'est Derek qui évoque à nouveau la pleine lune. Stiles s'était fait à l'idée que Derek sortirait seul pour se défouler. La question qu'il lui pose le surprend donc.
_ Tu veux vraiment voir les marécages ?
Stiles lève la tête de son ordinateur portable.
_ Bon sang, bien sûr ! Je vais avec toi ?
_ Pas ce soir. Je passe la soirée ici mais je t'emmènerai une autre fois, quand ce ne sera pas la pleine lune. C'est un bel endroit. Tu vas sans doute l'apprécier.
La voix de Derek est bourrue.
_ C'est génial, Derek. Absolument génial. Stiles sourit. Alors, qu'est-ce que tu fais du coup, ce soir ?
Derek hausse les épaules.
_ Je vais probablement rester ici. C'est plus pratique. Par contre, tu n'es pas obligé de rester avec moi. Sors et fais ce que tu veux.
Bon Dieu. Mais quel abruti ce Derek. Comme si Stiles voulait sortir sans lui.
_ Non, je vais rester avec toi ici. Sauf si ça te gêne… Il marque une pause. Dommage que tu ne puisses pas te saouler. Tu pourrais t'asseoir sur le canapé et te prendre une cuite. Sérieux, ça m'irait tout à fait.
Derek lève la tête, pèse le pour et le contre.
_ J'ai de la bière à l'aconit, dit-il finalement.
_ Vraiment ? Stiles se redresse, tout ragaillardi. Faisons ça ! Oh, mais au fait, l'alcool n'est pas contre-indiqué la nuit de la pleine lune ? S'il te plaît, fais en sorte en devenant ivre de ne pas me bouffer. Ce ne serait pas … enfin il ne faut pas le faire, quoi…
_ J'essaierai de résister à la tentation.
Stiles s'attend à ce qu'ils aillent acheter quelque part des plats tout préparés à emporter. Ils mangent à l'extérieur presque tout le temps et au moins une fois par jour. Bien entendu, Stiles ne pourrait pas s'offrir ce luxe si Derek ne se chargeait pas toujours de régler l'addition. Si jamais Stiles essaie de protester, il prend un air agacé. Mais, ce soir, Derek dit qu'il n'a pas envie de sortir. Alors au lieu d'aller dans un restaurant ou de prendre des plats à emporter, ils vont à l'épicerie Rouse en bas de la rue, font des courses et achètent des crevettes, des pâtes, de la crème entière épaisse parce qu'apparemment, Derek ne jure que par ça.
Bon sang, ce type essaie de le tuer à coups de frustration sexuelle.
_ Est-ce que tu sais cuisiner ? demande Derek sur le chemin du retour.
Stiles réfléchit avant de répondre, tout en décapsulant une bouteille d'Abita pour lui et une bière « maison » pour Derek.
_ On peut dire ça. Je veux dire, j'ai appris un peu à le faire, la dernière fois que j'ai fréquenté quelqu'un ». Il peut, inexplicablement, sentir ses joues brûler.
Derek fixe ses joues et Stiles lui tend la bouteille de bière à l'aconit.
_ Je veux dire, j'ai appris à faire des plats faciles : des spaghettis, des lasagnes, des trucs de ce genre, où tu t'attribues le mérite d'avoir cuisiné sauf qu'en vérité ce n'est pas très compliqué à faire. Brandon ne savait pas du tout faire la cuisine donc il était toujours impressionné par ce que je lui servais.
C'est la première fois que Stiles mentionne le fait qu'il a déjà eu un petit ami. Il sait que Derek est au courant de son homosexualité, c'est de notoriété publique depuis des années. Pour sa part, il sait que Derek est sorti avec des hommes et –évidemment- avec des femmes. Il sait aussi qu'il ne semble pas avoir de préférence marquée pour l'un ou l'autre sexe. Cependant, en évoquant ses relations amoureuses, il se passe quelque chose – Stiles n'est pas sûr de ce qui se passe, mais il y a quelque chose dans l'air. C'est une question que lui et Derek n'avaient jamais évoquée auparavant.
En tout cas, si Derek sent lui aussi que quelque chose de significatif se passe entre eux, il le cache et se contente de hocher la tête.
Derek demande à Stiles de se charger des légumes, ce qui sous-entend qu'il a une confiance modérée dans ses capacités culinaires . Il lui demande de couper en lanières une laitue pour préparer une salade César, une tâche d'une facilité presque insultante. Pendant ce temps-là, Derek se charge de tout le reste et Stiles le regarde faire.
En dehors de ce repas, les seules autres fois où Derek a cuisiné, c'était pour faire des grillades, un soir des hamburgers, un autre soir des saucisses épicées et fumées au porc ou au boeuf, des plats qui sont certes bons mais qu'on ne peut pas considérer comme de la cuisine vraiment élaborée. Ce sont plus des plats du style : « Oh, regarde, moi , j'ai un pénis donc je sais mettre de la viande sur le feu et la faire cuire ». Là, par contre, il fait sauter les crevettes et remue une sauce à base de crème et de tomate, et honnêtement, c'est le spectacle le plus désirable et sexy que Stiles ait jamais vu.
Puisqu'ils restent à l'appartement pour la soirée, Derek a daigné porter autre chose que ses jeans ridiculement serrés. A la place, il a enfilé une paire de shorts de basket noirs, baissés sur ses hanches, et un t-shirt blanc uni, un peu tendu sur son gros ventre qui repose sur la ceinture bien ajustée de ses shorts. Ses cheveux sont en bataille parce qu'il y passe de temps en temps ses doigts et ses pieds sont nus. Il a l'air si ridiculement casanier, si à l'aise et détendu pendant qu'il mélange une sauce à la crème , boit une bière et que son ventre frôle doucement le plan de cuisson…
C'est une version de Derek inédite, que Stiles n'a jamais vue auparavant. Il n'aurait jamais pu se l'imaginer se comporter ainsi, à l'époque de Beacon Hills.
Le repas est suffisamment bon pour qu'il leur semble sacrilège de le manger sur le canapé : des pennes nappées d'une sauce à la crème, à la tomate et au basilic, et de grosses crevettes pêchées dans le golfe du Mexique, une salade, des gros morceaux de baguette française, grillés et dégoulinant de beurre à l'ail. Ils s'abstiennent donc de s'installer sur le canapé et vont plutôt s'asseoir à table de la cuisine. Derek prend la télécommande, allume la télé et le son du match de football de l'équipe de l'université de Louisiane leur parvient de la salle de séjour.
_ Tu regardes le football ? demande Stiles, qui écoute à peine les commentaires emphatiques du présentateur.
_ Pas vraiment, j'ai toujours préféré le basket ball. Mais c'est le match d'ouverture de la saison et ici, il vaut mieux que tu saches au moins comment les Tigers de l'université de Louisiane et les Saints de la Nouvelle Orléans se débrouillent sur le terrain pendant le championnat, sinon les gens pensent que tu ne tournes pas rond. Derek hausse les épaules. Ce match va être un désastre – ils jouent contre une petite école dont personne n'a jamais entendu parler. Les Tigers pourraient faire jouer leurs joueurs de troisième catégorie, tous saouls, et ils gagneraient sans doute encore.
_ Mais on va malgré tout suivre le match.
_ On est en Louisiane, pas vrai ?
Stiles sourit. Quand il a vu tout à l'heure Derek cuisiner, il a senti ses genoux se dérober un peu sous lui. De même, quand il constate combien Derek se considère ici comme chez lui, dans cette ville qui n'est pas en vérité la sienne, il est ému et en a le souffle coupé. Derek n'a jamais semblé éprouver cet attachement pour Beacon Hills, alors que c'est la ville dans laquelle sa famille a vécu pendant des générations.
Bien sûr, sa maison natale a été réduite en cendres et sa famille pratiquement entièrement massacrée. Peut-être bien que c'est le genre de choses qui vous pourrit l'envie de rester dans un endroit, même si vos racines sont là.
Stiles dit à Derek que ses plats sont délicieux . Il est sincèrement vraiment impressionné par ses capacités à bien cuisiner. Derek fait comme s'il n'avait pas entendu le compliment de Stiles mais il se montre plus détendu. Il en est à sa troisième bière au moment où il se ressert pour la troisième fois des pâtes.
Oui, pour la troisième fois. Stiles essaie désespérément de garder son sang-froid et décapsule une autre bière pour la boire, uniquement pour occuper ses mains. Derek mange de façon déterminée, mais pas parce qu'il cherche à terminer les restes de Stiles. Il semble se gaver exprès. Son estomac doit être prêt à éclater. Les pâtes sont un plat déjà lourd, et la sauce a été cuisinée avec du beurre et de la crème. Stiles le sait parce qu'il a observé très attentivement Derek la faire.
Derek s'agite sur son siège et sa main disparaît pendant un court moment. Stiles sait qu'il tire sur sa ceinture pour faire de la place pour son ventre.
Oh, merde… Cet homme essaye de le tuer.
Quand il a enfin fini de manger, Stiles se lève d'un bond et se propose pour débarrasser la table et faire la vaisselle. Derek marmonne et proteste mollement. Mais Stiles devine qu'il n'a pas vraiment envie de se lever et de faire quoi que ce soit – il est appuyé contre le dossier de sa chaise, une main reposant sur le côté de son ventre – son ventre qui est à vue d'œil bien gonflé, Stiles en est certain.
_ Non, c'est normal que je le fasse, dit Stiles, en faisant un signe vers le canapé. Va t'asseoir. Je reviens dans une minute.
Et si Stiles a envie de mater Derek se lever, lentement, nonchalamment, plein comme une outre, eh bien, quoi, aucune loi ne l'interdit.
Quand il a fini la vaisselle, il prend une autre bière pour chacun d'eux et se dirige vers la salle de séjour.
Derek est étalé sur toute la longueur du canapé, le ventre bien tendu contre le tissu en coton de son t-shirt, ses bras musclés repliés derrière le cou, et il regarde le match, figé dans cette pose nonchalante. Stiles en a failli lâcher les bières qu'il porte. Derek a l'air foutrement superbe. En le contemplant, Stiles ne peut plus penser qu'aux documentaires du National Geographic qu'il a vus sur les lions. Ils sont énormes –puissants et forts, terrifiants parce que capables de violence mais tout ce qu'ils font pour la plupart du temps, c'est dormir à l'ombre en attendant que leurs femelles rapportent une proie de la chasse. C'est exactement ce à quoi Derek ressemble – un prédateur repu, nonchalant, indolent, le ventre plein mais encore dangereux, sa puissance frémissant sous une apparence débonnaire.
C'est probablement la chose la plus sexy et désirable que Stiles ait jamais vue.
Derek le regarde, change mollement de position afin de laisser à Stiles de la place pour qu'il puisse s'installer à côté de lui. Stiles tend la bière à Derek, prend une bonne gorgée de la sienne puis pose ses fesses sur le canapé, un petit peu plus près que nécessaire de Derek mais pas assez près pour que cela puisse paraître suspect. Enfin, normalement.
Ils boivent pour un moment, regardant le match qui a viré, comme l'avait prédit Derek, au jeu de massacre.
Quand Stiles ouvre sa cinquième bière – en en tend une autre à Derek - il décide qu'il en a assez du football.
_ Je m'ennuie, annonce-t-il.
Derek le regarde, un peu inquiet.
_ Est-ce que tu veux sortir ou faire autre chose ? Sa main navigue de nouveau sur son ventre gonflé et Stiles est pratiquement sûr qu'il n'a même pas conscience de faire ce geste. Écoute, je vais probablement rester ici ce soir mais tu pourrais sortir, tu n'as pas à rester assis avec moi…
_ Non, non, je ne veux aller nulle part. C'est juste…
Stiles hausse les épaules. Merde.
_ C'est juste que je suis à moitié saoul et que j'en ai ras le bol du football.
_ Qu'est-ce que tu veux faire ?
Stiles hausse les épaules de façon théâtrale puis se perd dans l'euphorie de l'alcool, laissant librement ses lèvres déverser un flot de paroles.
_ Distrais-moi un peu, Sourwolf. Dis-moi pourquoi tu m'as laissé m'installer chez toi. Soi dit en passant, je ne devais rester que deux semaines or ça fait presque un mois que je suis ici, et je n'ai toujours pas de travail. Je suis un invité lamentable.
_ Mais non.
_ Je ne participe pas aux frais et je n'ai pas fixé la date à laquelle je partirai.
Derek est silencieux pendant un moment puis ses lèvres se retroussent pour former un sourire narquois, du moins est ce ainsi que Stiles l'interprète.
_ Tu es jeune et mignon. Je parie que tu pourrais t'installer dans n'importe quel appartement à la Nouvelle Orléans, si tu essayais. Tu es loin d'être un boulet.
Stiles cligne des yeux. Quoi ? Mignon ? Qu'il redise un peu ça pour voir !
_ Mignon, répète Stiles avec un petit couinement.
Derek sourit à nouveau, de ce petit sourire amusé que Stiles ne lui a pas très souvent vu afficher autrefois – et même peut-être jamais. Il ne regarde pas Stiles, il prend une gorgée de bière, les yeux rivés sur la télé.
_ Mignon , confirme Derek.
Parce que Stiles est ce qu'il est, il réagit violemment et attaque. C'est la seule stratégie de défense qu'il connaisse.
_ Je ne suis pas mignon. Je ne suis pas une fille.
Il agite un peu ses bras, prend une autre gorgée de bière et se prépare à continuer à râler mais Derek l'interrompt.
_ Définitivement pas une fille. Il lance un regard appuyé à Stiles et - ô Dieu du ciel ! - il le jauge rapidement des pieds à la tête puis tourne de nouveau la tête vers le match. Définitivement mignon.
Stiles a failli renverser sa bière en criant.
_ Hé, je pourrais être beau, dit-il, simplement pour le plaisir de continuer à se chamailler avec Derek.
_ Tu pourrais, acquiesce Derek . Mais tu ne l'es pas. Par contre, mignon, oui.
Bon Dieu de merde ! Derek est un peu – ivre ? Stiles ne l'a jamais vu comme ça auparavant, la voix chaude et un peu traînante , l'élocution un peu confuse.
Stiles déglutit. Il espère de toute son âme que ce petit jeu se poursuive. S'il s'agissait de n'importe quel autre homme que Derek, il serait probablement déjà installé sur ses genoux à l'heure actuelle, sûr de lui, se comportant de manière un peu provocante, sachant pertinemment où tout cela va le mener. Mais ce n'est pas n'importe qui, il s'agit de Derek et il ne peut pas dire s'il interprète correctement la situation ou s'il croit discerner les signes annonciateurs de ce qu'il souhaite désespérément voir se réaliser.
_ Mignon, hein ? Il avale une gorgée. Alors toi tu es estampillé comme beau alors que moi, on me colle l'étiquette de mignon ?
Derek renifle, regardant toujours le match au lieu de le regarder.
_ Je n'ai rien dit sur moi.
_ Eh bien, toi , tu es sexy, mais tu n'es définitivement pas mignon, alors…
Stiles se déplace en se traînant sur le canapé jusqu'à ce qu'il se retrouve face à Derek, suffisamment proche de lui pour qu'il puisse sentir la chaleur de son corps.
Derek le regarde, hausse les épaules, pose de nouveau une main sur son ventre.
_ Pas tout à fait celui que j'avais l'habitude d'être autrefois, murmure-t-il.
Et puis merde, tant pis. Stiles va s'engouffrer dans la brèche.
_ Mieux, dit-il, le regardant droit dans les yeux.
Les sourcils de Derek se soulèvent et Stiles ne parvient pas à déchiffrer son expression.
_ Tellement mieux, déclare Stiles. Lorsqu'il ouvre la bouche, il se fait la réflexion qu'il peut bénir la cinquième bière qu'il a bue : tout ce qu'il est sur le point de confesser, c'est grâce à l'alcool. Mec, tellement mieux.
Derek tapote son ventre de nouveau, cette fois exprès.
_ Plus, ce n'est pas nécessairement mieux, dit-il et Bon Dieu, il fait trembloter son ventre contre sa main, et Stiles est à peu près sûr qu'il est en train de mourir consumé par le désir.
_ Mec,oui, oh que oui. Pourquoi penses-tu que je te donne mes restes chaque jour ?
Les sourcils de Derek ont presque rejoint la lisière de son cuir chevelu et Stiles s'empresse de poursuivre.
_ Non, je n'agis pas d'une façon perverse, je veux dire, je ne te nourris pas secrètement. D'ailleurs, c'est évident, ce n'est pas un secret, pas vrai ?
Il parle, parle … et le visage de Derek reste énigmatique, imperturbable, comme figé dans la glace.
_ OK alors donc, ce que je veux dire c'est … que tu es hyper sexy, ok ? Et j'aimerais vraiment te nourrir avec ce dont tu as envie. Pas d'une manière tordue, hein? Juste pour répéter l'expérience.
Derek reste encore silencieux, il se contente de le regarder, les yeux grands ouverts.
Stiles cligne des yeux, avale la dernière gorgée de sa bière et secoue la tête.
_Alors, . .. juste pour mettre les choses au clair. Il y a un pot de crème glacée dans ton frigo et je mourrais probablement heureux si tu le mangeais et si , ensuite ,nous avions un rapport sexuel.
Oh bordel de merde… Trop loin, trop loin, il est allé trop loin ! Au moins il pourra se dire qu'il a pris son pied pendant le temps que la conversation a duré. Et maintenant Derek va le tuer.
_ Va la chercher.
Quuuooooi ?
_ La crème glacée. Va la chercher.
La voix de Derek est un peu étranglée, plus profonde que d'habitude.
Oh bordel, ça y est, ça y est, ça va se faire !
Lorsqu'il se lève pour aller chercher cette foutue crème glacée, Stiles est pratiquement sûr qu'il n'a jamais bougé aussi vite de sa vie.
Lemon prochain chapitre…. Je vais soigner la traduction donc pardonnez-moi si vous attendez un peu la suite…
Un pot de crème glacée idéal pour ce moment brûlant ? Karamel Sutra de Ben and Jerry's, bien sûr ! (miam)(non je ne suis pas sponsorisée, malheureusement)...
Quelques remarques sur la nourriture :
Le biryani : plat indien à base de viande, de riz, d'épices, de légumes, et accompagné d'une sauce riche en beurre.
Les saucisses Manda : j'ai préféré mettre le descriptif de ces saucisses dans le texte. Il s'agit de saucisses typiques de la Louisiane, produites par la société Manda, vieille de trois générations.
La bière Abita est une bière produite en Louisiane.
