Merci beaucoup pour toutes vos reviews qui me vont vraiment droit au cœur. C'est agréable aussi d'avoir pu échanger quelques messages avec certains d'entre vous. Ce chapitre est un chapitre de transition donc "calme" mais il contient quelques informations qui donnent des indications sur la suite de l'intrigue et vous allez aussi voir qu'un couple, peut-être surprenant, s'est formé à Beacon Hills…
Je prépare un petit bilan pour l'auteur wreckingtheinfinite afin de la tenir au courant de l'accueil que vous avez l'amabilité de faire à sa fic.
Quelques notes explicatives sont à consulter en fin de chapitre.
Message de PumpkinSpy : Voilà, cette traduction ainsi que cette histoire ne m'appartiennent absolument pas. Si cette traduction vous rappelle quelque chose, c'est tout à fait normal, ceci est une traduction de Calliope83.
Calli a décidé d'accorder du temps à ses projets professionnels et de ce fait, elle a décidé de se retirer de la liste des auteurs. Malgré tout, elle ne voulait pas laisser ses traductions tomber dans l'oubli, surtout pas après le temps consacré mais aussi en pensant à ceux qui souhaiteraient relire une histoire qu'ils avaient aimé.
D'un commun accord, je reprends sur mon propre profil auteur ses traductions.
Chapitre 5
_ C'est plutôt sinistre, non ?
A travers la fenêtre de la Camaro, Derek regarde les cyprès qui sortent de l'eau et que Stiles montre du doigt. Il a l'habitude de les voir, ces arbres morts, squelettiques, émergeant des marécages. Mais Stiles a raison. Une sorte de beauté terrifiante émane d'eux. C'est le soir et, derrière les cyprès, les fumées des cheminées des raffineries - indices tangibles de l'industrie pétrolière en activité dans le Golfe - se découpent en contre-jour dans la lumière du soleil couchant. Les marécages antédiluviens et le sud industriel, tous deux forcés de cohabiter sur le même instantané pittoresque, vus de l'autoroute, offrent un paysage angoissant, inquiétant.
_ C'est beau, en même temps, ajoute Stiles et Derek esquisse un sourire lorsqu'il l'entend exprimer à haute voix ses propres pensées. Stiles est, à de nombreux égards, d'un caractère si opposé au sien qu'il éprouve toujours un agréable sentiment de surprise quand ils tombent d'accord sur quelque chose.
Le jeune homme avait insisté pour visiter les marécages de Louisiane et ils ont donc passé les dernières heures à les sillonner de long en large. Derek ne s'était pas plaint de devoir jouer les guides touristiques , d'autant plus que ce n'était pas la pleine lune – même si, à un moment donné, Stiles avait absolument tenu à s'arrêter dans un magasin situé au bord de la route, une vraie caricature du piège à touristes , afin d'y acheter une griffe vernie d'alligator collée sur une canne qu'il voulait envoyer à Scott.
Acheter la griffe a fait penser de fil en aiguille à Stiles qu'ils n'avaient pas encore mangé de l'allligator alors qu'ils étaient en plein cœur des marais et il a donc exigé d'y goûter. Immédiatement. Alors Derek a docilement cherché et trouvé un petit restaurant le long de la route I-10 sur le chemin qui les ramenait tous deux vers la Nouvelle Orléans. Ils ont commandé deux hors d'œuvre qui valaient le déplacement- un plat d'alligator « noirci » à la cajun (1), l'autre frit – accompagnés de grosses platées de haricots rouges et de riz.
Stiles a picoré dans son plat, a mangé quelques morceaux d'alligator, a plissé le nez puis a passé son assiette à Derek.
_ Je croyais que c'était censé avoir le même goût que du poulet, a-t-il dit d'un ton lugubre.
Et c'est ainsi que Derek s'est retrouvé à manger les deux commandes d'alligator en plus de tout son menu et d'une partie du menu de Stiles. Maintenant, Derek conduit pour retourner chez eux, le ventre agréablement rempli. Stiles est assis à ses côtés, sautille sur son siège côté passager, tout heureux, et , de temps à autre, prend la griffe d'alligator pour en tapoter la jambe de Derek. Ce dernier se demande si le gamin ne lui avait pas forcé un peu la main à table, simplement pour le plaisir de le voir manger comme un ogre.
Derek se tortille un peu sur son siège. S'il a vu juste, le petit manège de Stiles ne le dérange pas.
Cela fait déjà deux semaines que ce dernier bosse au café Call lorsque Derek s'y rend pour la première fois, même si Stiles lui avait dit de venir le voir dès qu'il avait commencé son travail de barista. Derek arrive quelques minutes avant que son service s'achève, commande un café glacé et s'installe dans une table au coin de la salle pour l'attendre.
Le café Call n'est pas un repère de hipsters (2) comme la plupart des cafés le sont devenus de nos jours. Il ressemble plus à une entreprise familiale avec ses tissus d'ameublement kitsch à motifs floraux et ses tables vintage (3) recouvertes de formica. L'établissement ne propose pas une grande variété de boissons et rien n'est servi en format venti (4). Le cadre est résolument désuet et les croissants que Stiles a eu l'occasion de rapporter à l'appartement sont fabuleux. Derek pense que le jeune homme a l'air absolument adorable derrière le comptoir, il bouillonne d'énergie à cause de sa consommation excessive de café et ne tient pas en place pendant qu'il travaille. A en juger par la quantité de liasses de billets dans le bocal réservé aux pourboires, les clients se sont tous entichés de lui.
Au lieu de retourner directement à l'appartement, ils se retrouvent à flâner dans le Quartier Français. Il fait incroyablement chaud et les rues ne sont pas aussi animées qu'elles le sont à d'autres périodes de l'année. Même Jackson Square est plus silencieux que d'habitude.
Il y a moins de monde et c'est probablement pour cette raison qu'une diseuse de bonne aventure les repère et les interpelle. « Jeune homme, laisse-moi te tirer les cartes pour lire ton avenir », dit la femme lorsqu'ils passent devant elle. Derek s'apprête à faire comme s'il ne l'avait ni vue ni entendue – éviter les sollicitations des vendeurs à la sauvette et des artistes de rue fait partie intégrante de la vie d'un citoyen de cette ville – mais Stiles, moins habitué à ce genre de situation, s'arrête immédiatement.
Derek soupire. Quelques diseurs de bonne aventure traînent toujours dans les parages de Jackson Square, profitant de la réputation de la ville dont le passé est riche de phénomènes surnaturels. Les touristes peuvent se faire lire les lignes de la main, connaître leur avenir, et peuvent aussi avoir des réponses aux questions qu'ils se posent grâce à l'art divinatoire du tarot. Il y a même deux femmes affirmant pratiquer le culte de la Santeria(5) qui a soi disant des … effets lesquels ? Mystère et boule de gomme. Et aussi deux Africains à l'allure impayable, originaires de l'Afrique de l'ouest, qui « jettent les os » pour celui qui est prêt à se délester allègrement de la somme de 40 dollars. D'après ce que Derek sait, il s'agit de jeter des os de poulet sur une table puis d'interpréter la façon dont ils tombent.
Toutes ces pratiques sont mises en scène de façon outrée, artificielle et, du point de vue de Derek, grotesque. Les gens ont tellement besoin de croire à la magie, de croire au concept de la magie, qu'ils dépensent volontiers sans se faire prier de l'argent pour tenter « une expérience ». Il se racle la gorge, s'apprête à décliner l'offre sèchement mais poliment mais … c'est trop tard. Stiles est déjà pris dans les filets de la cartomancienne.
_ Prix spécial aujourd'hui, s'exclame la diseuse de bonne aventure avec un accent d'Europe de l'est , qui pourrait être authentique comme ne pas l'être. Je te lis deux cartes, 15 dollars seulement pour toi, dit-elle à Stiles. Elle fait ensuite un signe de tête en direction de Derek. Ou je peux les lire pour vous deux, toi et ton compagnon, pour 25 dollars. Traitement de faveur pour un si joli couple.
Derek lui jette un regard furieux. La femme l'ignore et Stiles ne le voit même pas, puisqu'il est déjà en train de sortir son portefeuille, en bon pigeon qu'il est.
_ Ça te dit, Derek ?
_ Absolument pas.
Stiles lui décoche un regard plus déçu que contrarié.
_ Ne sois pas un Sourwolf, souffle-t-il alors qu'il sort deux billets de cinq et plusieurs billets d'un dollar tout froissés de son portefeuille, dépensant de bon cœur son salaire qu'il vient à peine de toucher. Juste moi, alors, dit Stiles puis il se laisse tomber devant la petite table que la femme a installée.
Cette dernière est enveloppée dans un châle en dentelle et elle exhibe avec affectation son jeu de tarot devant elle. Derek est surpris qu'elle n'ait pas non plus sur sa table un bocal à poissons renversé pour y lire l'avenir. Bon Dieu, qu'il déteste tout ce décorum merdique et pitoyable.
_ Excellent. Je m'appelle Natasha, dit la femme. Elle rejette en arrière ses longs cheveux noirs et adresse un sourire complaisant à Stiles.
Après quelques secondes d'élucubrations ésotériques, Natasha place le jeu de cartes sur la table et dit à Stiles de battre les cartes et de les manipuler autant qu'il le souhaite « pendant qu'il se concentre sur ce qu'il veut savoir ». Derek ne se donne même pas la peine d'essayer de cacher son exaspération. Aucune importance, d'ailleurs, puisque ni Stiles ni Natasha ne lui prêtent la moindre attention.
Lorsque Stiles lui redonne le jeu de cartes, Natasha leur en met plein la vue : elle divise, mélange, coupe plusieurs fois les cartes pour au bout du compte en extraire deux qu'elle dépose sur la table. La première représente un squelette juché sur un cheval et la deuxième, qu'elle place en travers de la précédente, montre deux loups qui hurlent à la pleine lune.
_ L'arcane de la Mort et l'arcane de la Lune , proclame-t-elle théâtralement, des trémolos dans la voix, comme s'il s'agissait en soi d'une révélation capitale.
Stiles, évidemment, gobe tout ce qu'elle vient de dire, regarde par dessus son épaule en direction de Derek, et siffle entre ses dents :
_ La Mort et la Lune. Ça devrait m'inquiéter? demande Stiles, reportant à nouveau son attention sur Natasha.
Elle hausse les sourcils.
_ Pas la carte de la Mort en soi, dit-elle. Les gens l'interprètent souvent dans un sens littéral mais ce n'est pas toujours la bonne explication. La mort d'une chose peut être la naissance d'une autre. La carte de la mort peut représenter une renaissance. As-tu entrepris de faire quelque chose de nouveau récemment?
Derek grogne. Le gosse a un regard ingénu et il est frais comme la rosée du matin – évidemment , bon sang, que tout est nouveau pour lui ! Tu parles d'une voyante pour poser une question pareille !
_ La lune, par contre… Elle tape pensivement la seconde carte. C'est une carte surprenante dans cette conjoncture. La carte de la lune raconte une histoire. Tu vois les loups, ici ? Ils hurlent dans notre direction, nous empêchant d'emprunter notre voie véritable. Elle fronce les sourcils, regarde Derek puis Stiles. Je ne pense cependant pas que cette interprétation soit valable dans votre cas.
Stiles jette un coup d'œil à Derek puis regarde de nouveau Natasha.
_ Qu'est-ce que vous pensez que cette carte signifie ?
Elle attrape la main de Stiles , ferme les yeux un moment. Derek grince des dents si fort qu'il pense qu'elles pourraient bien se briser. Natasha laisse retomber la main de Stiles, ouvre les yeux.
_ Tout d'abord, tu n'as pas peur des loups.
Stiles se tortille sur son siège et se retourne pour regarder une nouvelle fois Derek, écarquillant les yeux pour attirer son attention. Derek fait comme s'il n'avait rien vu.
_ Quoi d'autre, demande Stiles, qui boit littéralement les paroles de la diseuse de bonne aventure.
Elle remue sur son siège, fait courir de nouveau son ongle manucuré , recouvert de vernis rouge, sur les cartes puis regarde Stiles et Derek, fixant tout particulièrement ce dernier lorsqu'elle reprend la parole :
_ Je pense, jeune homme, que tu es la carte de la Mort, et que tu forces quelqu'un à prendre un nouveau départ. Je pense que tu marches parmi tes loups, peut-être avec un loup plus précisément – et que toi, tu l'obliges à suivre sa véritable voie.
Elle baisse les yeux, les relève de nouveau vers Stiles puis lui adresse un sourire désagréablement riche de sous entendus.
_ Et je pense que vous avez fini par avoir droit à une lecture de couple, même si ce n'est pas ce que vous aviez demandé au départ.
_ Ce que je dis simplement, c'est qu'elle a parlé d'un loup. Un loup, Derek.
Ils mangent chinois sur le canapé de Derek pendant que la télé diffuse en bruit de fond l'émission Jeopardy. Derek cherche vaillamment plusieurs fois à changer de sujet de conversation mais tout ce dont Stiles veut parler, c'est de sa séance de lecture de tarot.
_ Tu persistes à affirmer que quand elle t'a pratiquement décrit comme un putain de loup-garou, ce n'était pas du tout important ? Sérieusement, Derek ?
Stiles pousse le carton de nems vers lui, ne se souciant même pas que ce geste puisse être interprété comme une façon de l'encourager à manger.
_ Je pense qu'elle se fait de l'argent en escroquant les touristes.
_ OK , d'accord, mais des loups, Derek . Des loups... et elle ne m'a même pas discuté avec moi ! Elle t'a regardé directement.
Derek lève les yeux au ciel et prend un nem, pensant que le seul moyen pour faire cesser cette conversation, c'est de tous les manger afin de détourner l'attention de Stiles. Ce qu'il est prêt à faire. Pas de problème.
_ Tu as conscience que je suis un homme gros, d'âge mûr, qui se promène main dans la main avec un charmant et mignon petit jeune homme , un giton (6), quoi… Toutes ces conneries à propos des loups s'expliquent probablement à cause de ça, grommelle Derek.
Stiles en reste bouche bée :
_ Je ne suis pas un giton !
Derek rit :
_ N'es-tu pas un gay tout mince, jeune et mignon ? Est-ce que tu ne dors pas avec un homme plus âgé que toi qui ne cesse de te dire combien tu es mignon pendant qu'il te baise ?
Stiles se rembrunit.
_ Ça ne fait pas de moi un giton.
_ Non, bien sûr que non, dit Derek.
Stiles réfléchit un instant, regarde Derek finir le second nem et en commencer un troisième.
_ Eh, mais moi, je pense plutôt que si le gars plus âgé en question était une sorte de … Il s'interrompt et pose sa main sur le ventre de Derek. … Une sorte de gros animal, alors ce serait plutôt un ours. Tu te mélanges les pinceaux à propos des métaphores animales censées représenter des homosexuels.
Derek sourit, ouvre la bouche pour dire qu'il n'est pas d'accord, rien que pour le plaisir de le contredire, mais voilà que le téléphone de Stiles sonne.
_ Hé, mais c'est Scott. Je devrais lui répondre. Stiles regarde Derek, qui a la barquette de traiteur chinois sur les genoux. Par contre, tu devrais terminer toute cette nourriture pendant que je suis au téléphone avant que ça refroidisse.
Stiles sort sur le balcon pour prendre l'appel.
_ Salut, mon pote, piaille-t-il au téléphone.
Scott lui manque, Derek peut en témoigner.
Même avec la baie vitrée fermée, Derek peut tout entendre de la conversation entre Stiles et Scott. C'est sans doute impoli d'écouter ce qu'ils disent mais il le fait quand même.
Au ton que Scott emploie pour parler, il peut sentir que quelque chose ne va pas, avant même que l'alpha ait commencé à expliquer quoi que ce soit. Derek pose la barquette de nourriture, soudain plus intéressé par la conversation que par son repas.
_ Il y a un oméga à Beacon Hills, dit Stiles quand il revient à l'intérieur de l'appartement. Il a attaqué Lydia.
_ J'ai entendu, réplique Derek .
Rien ne justifie qu'il prétende ne pas avoir écouté la plus grande partie de la conversation.
Stiles hoche la tête.
_ Alors tu sais que j'y retourne pour la fête du Travail. Tu devrais m'accompagner.
Derek change de position sur le canapé, reprend le carton de nourriture et se concentre sur la bouchée qu'il vient d'y piocher.
_ Je devrais plutôt rester ici.
_ Non, tu ne devrais pas rester ici, dit Stiles, s'asseyant près de lui. Scott n'a jamais eu affaire à un oméga auparavant – le dernier qui est passé par Beacon Hills, c'était à l'époque où tu étais encore un alpha et Gérard l'a tué. Scott pourrait bénéficier de ton aide.
_ Scott peut gérer la situation.
Stiles le regarde, se déplace sur le divan jusqu'à ce qu'il se retrouve, les jambes repliées sous lui, face à Derek.
_ Pourquoi tu n'y retournes jamais ?
_ Mais si, j'y vais, dit Derek en prenant le dernier nem. J'y suis retourné en avril.
_ Pour combien de temps ?
_ Quelques jours. J'ai rencontré mon comptable. J'ai vérifié mes propriétés. J'ai fait le point avec Scott.
_ Et c'est tout. Stiles fronce les sourcils. Même si tu ne t'intéresses à personne, tu n'as pas voulu au moins passer un peu de temps avec Malia ? Ta cousine, tu sais ?
_ J'ai vu Malia. Et elle vient me voir parfois ici.
_ Vraiment ?
_ Mais oui et elle viendra probablement en automne. Derek regarde Stiles. Dis-moi, tu n'as pas couché avec elle quand vous étiez au lycée ? Ne te fais pas d'illusions à son propos.
Stiles lève les yeux au ciel mais Derek voit bien que ses joues rougissent légèrement.
_ C'était avant que je prenne conscience que je n'étais – hum, pas vraiment porté sur les filles. De toute façon, là n'est pas la question. Le fait est que tu devrais revenir avec moi à Beacon Hills.
_ Non, dit Derek d'un ton catégorique. Donc, Lydia va bien alors ?
_ Oui, Liam est arrivé à temps et l'oméga s'est enfui. Elle réside chez Chris Argent pour l'instant. Il semble que c'est l'endroit où elle est le plus en sécurité. C'est probablement le cas d'ailleurs.
Derek hausse les sourcils.
_ Elle habite chez Chris Argent ?
Stiles acquiesce :
_ Oui, elle a passé beaucoup de temps avec lui après … après ce qui est arrivé à Allison. Stiles hausse ses épaules. Allison était sa meilleure amie et Chris … il a tout perdu. Tu comprends ?
Derek referme le couvercle du carton contenant le reste des plats chinois et pose l'emballage. Oui, il comprend.
_ S'il te plaît, accompagne-moi, dit Stiles et il fixe Derek avec une telle expression d'espoir sincère que Derek est sur le point d'accepter juste pour le rendre heureux. Si Scott n'a pas encore réglé les problèmes avec l'oméga, tu pourrais l'y aider. Et ce serait chouette de revoir tout le monde, non ? En plus, je vais probablement te manquer.
_ Je peux très bien supporter de rester seul un long week end sans toi, réplique Derek, bien que, pour être honnête, il se soit peu à peu terriblement habitué à vivre avec Stiles à ses côtés.
Stiles soupire.
_ Tu es presque toi-même devenu un oméga.
La remarque de Stiles fait tiquer Derek.
Le matin suivant, Stiles ouvre un œil, scrute la chambre autour de lui, la tête encore à moitié enfouie sous les draps. Il s'est tourné et retourné dans le lit toute la nuit, inquiet pour Lydia et la meute, obsédé aussi par ce que la diseuse de bonne aventure avait dit – quand elle avait parlé de « montrer le chemin à son loup». Derek ne souhaite absolument pas évoquer un seul de ces sujets mais Stiles y tient, parce que, de son point de vue, c'est sacrément important d'en parler.
Derek est debout devant le placard, torse nu, dans une paire de jeans qui n'est pas boutonnée. Vue troublante et excitante pour Stiles, même après une nuit presque blanche.
Stiles gémit, pose sa main sur sa verge en érection. Sûrement parce que c'est le matin – mais, bon, il faut l'avouer, le spectacle du loup-garou à moitié nu devant lui n'arrange pas son état.
_ Hé, marmonne-t-il sous les draps, pourquoi es-tu déjà levé ?
Derek lève un sourcil.
_ Peut-être parce que c'est le matin ? J'allais te proposer de prendre le petit déjeuner quelque part, si tu veux. Il n'y a plus rien à manger ici, il ne nous reste même plus de café.
_ Oh, zut . En effet, on va devoir sortir.
Il cligne des yeux, baisse les draps pour mieux voir.
_ Ou alors tu pourrais aller chercher de quoi manger et boire et rapporter tout ça ici, dit-il avec un sourire plein d'espoir.
Derek tire sur le bouton de son jean, il a l'air déstabilisé.
_ Peut-être, répond-il machinalement.
Stiles regarde – regarde vraiment- Derek et sa queue tressaute légèrement. Il est … eh bien, il est tout simplement trop beau. Et il semblerait aussi qu'il ne rentre absolument pas dans cette paire de jeans.
_ Tu arrives à boutonner ton jean ? demande Stiles en se frottant les joues.
_ Bien sûr.
_ Alors, fais-le.
Stiles l'observe, s'assied sur le lit, laisse tomber les draps le long de ses hanches. Derek tire sur la fermeture de son jean, rentre son ventre ; pendant ce temps, Stiles glisse ouvertement et ostensiblement sa main dans la ceinture de son boxer.
_ Je ne pense pas que tu vas y arriver, Derek.
Derek tire plus fort et Stiles sourit.
_ Viens ici, » dit-il en tapotant le lit à côté de lui. Tu n'as pas besoin de boutonner ce pantalon parce que, de toute façon, mon gros, je veux que tu l'enlèves.
Derek soupire, relâche son ventre et le rejoint dans le lit.
_ Ce jean m'allait avant que tu ne viennes t'installer à la Nouvelle Orléans, grommelle-t-il.
_ Mmmmh , vraiment ? Stiles se tortille, se rapproche de Derek, puis enfonce sa main dans son bas-ventre. Parce que moi, je me souviens que j'avais trouvé que tu semblais drôlement serré dans tes jeans quand tu es venu me chercher à l'aéroport.
Derek rougit un peu et Stiles se redresse, embrasse la ligne de sa mâchoire, se délectant de sa barbe rugueuse et de sa douceur cachée.
_ J'arrivais à les boutonner à l'époque, affirme Derek.
_ Et maintenant, tu n'y arrives pas, persifle Stiles d'un ton espiègle, faisant courir sa main jusqu'au sommet du ventre de Derek. Bon, vois si tu peux t'extirper de ce jean et je te montrerai combien j'ai envie de toi. Et après, tu pourras m'emmener prendre le petit déjeuner quelque part.
Une heure plus tard, ils sont installés au restaurant-grill le Camélia où ils mangent d'énormes omelettes. Derek a troqué ses jeans contre un pantalon de survêtement, Stiles est assis du bout des fesses sur sa chaise et arbore l'air épanoui de quelqu'un qui a bien pris son pied. Il a complètement oublié qu'il avait prévu de parler à Derek de son éventuel retour à Beacon Hills.
Alors Stiles réussira-t-il à convaincre Derek de revenir à Beacon Hills ? Et avez-vous repéré le nouveau couple qui s'est formé ?
Notes complémentaires
Alligator « noirci », recette de la cuisine de Louisiane : C'est une technique qui consiste à cuire à feu très fort uneviande ou un poisson enrobés d'une croûte d'épices avec un corps gras (beurre ou huile). La croûte devient bien entendu noire, mais n'a pas le goût du brûlé comme on pourrait l'imaginer. Cela permet au contraire de faire ressortir toutes les épices.
Hipster : « Hipster » est un terme anglo-américain apparu dans les années 1940 et qui désignait à l'origine les amateurs de jazz et en particulier du bebop : les premiers hipsters étaient généralement de jeunes blancs qui adoptaient le style vestimentaire des jazzmen et fréquentaient des musiciens afro-américains. Depuis le début des années 2000, « hipster » qualifie des habitudes culturelles liées à la consommation, un style vestimentaire, une mode, ou, beaucoup plus rarement, une véritable attitude, décalée et transgressive. Les hipsters circulent souvent à vélo, privilégient la nourriture biologique et les hommes portent des barbes savamment taillées.
Vintage : le terme vintage est appliqué à toutes sortes d'objets qui font « ancien » et "authentique".
Vinti : format de gobelet en usage dans les chaînes de cafés comme « Starbucks ».
Santeria : La Santería (Lukumi, Regla Lucumi ou regla de Ocha) est une religion originaire des Caraïbes et pratiquée à Cuba, en Colombie et au Venezuela. Cette religion est dominée par un Dieu suprême Olodumare (ou Olafin ou Olorun ou Olorian), source de l'ashé - l'énergie spirituelle de l'Univers - qui a envoyé sur Terre des émissaires, demi-dieux humains, appelés Orishás qui sont la personnification de la Orishás, en outre, veillent à ce que chaque mortel accomplisse le destin qui lui a été destiné à sa naissance. Ceux qui ne l'accomplissent pas suivent le cycle des réincarnations successives. Cette croyance est semblable à celle de l'hindouisme et du bouddhisme.
Certains prêtres pratiquant cette religion ont soi disant des pouvoirs divinatoires.
Les babalawos sont par exemple des prêtres-devins qui lisent l'avenir au moyen de noix de coco ou d'écorces d'orange suivant l'orisha sollicité. Il est fait usage d'une chaîne de 8 demi noix qui selon leur manière de retomber (côté convexe ou concave) déterminent des signes appelés oddus. Il y a 256 oddus à chacun correspondent un orisha particulier, des chants, des prières des interdits et des conseils. La cérémonie de la « main d'Orula » (mano de Orula) ou « ikofa » permet de déterminer l'oddu qui va gouverner la vie d'un individu .
Les Obbas ou Oriaté sont des prêtres qui se consacrent plus particulièrement à l'initiation de nouveaux fidèles . Ils lisent l'avenir dans des coquillages marins (cauris) au cours de la cérémonie de l'Ita.
Giton : ce terme désigne à l'origine dans le roman en langue latine de Pétrone, Le Satyricon , un jeune homme entretenu par un homme plus âgé. Le texte américain proposait un terme intraduisible en français car nous ne connaissons pas en France le personnage auquel l'expression faisait allusion. Donc j'ai choisi ce terme qui respecte complètement le sens du terme américain apparaissant dans le texte d'origine (twink).Le giton est donc un jeune homme homosexuel , vivant avec un homme beaucoup plus âgé dont il dépend financièrement.
