Merci à tous les gens qui ont laissé des commentaires. C'est sympa pour l'auteur (et la traductrice aussi, hein) .

J'ai répondu à tout le monde et j'ai envoyé une petite synthèse de vos remarques à wreckingthefinite sur ao3. Malheureusement, ma review a été avalée dans les abysses mystérieux du net, il va falloir que je la refasse !Alors, dans ce chapitre, attention lemon… Pour ceux qui n'aiment pas cela ou que les relations entre hommes indisposent, il est vivement conseillé de ne pas lire ce qui suit.

Sinon , une citation parfaitement adaptée au chapitre : « Le couple, ce sont deux névroses qui se complètent. » (Louise Bourgoin, actrice intelligente).


Message de PumpkinSpy : Voilà, cette traduction ainsi que cette histoire ne m'appartiennent absolument pas. Si cette traduction vous rappelle quelque chose, c'est tout à fait normal, ceci est une traduction de Calliope83.

Calli a décidé d'accorder du temps à ses projets professionnels et de ce fait, elle a décidé de se retirer de la liste des auteurs. Malgré tout, elle ne voulait pas laisser ses traductions tomber dans l'oubli, surtout pas après le temps consacré mais aussi en pensant à ceux qui souhaiteraient relire une histoire qu'ils avaient aimé.

D'un commun accord, je reprends sur mon propre profil auteur ses traductions.


Chapter 6

Stiles baisse les yeux sur son téléphone et tape un message. Il est seulement six heures du matin en Californie mais, en règle générale, Lydia se lève ridiculement tôt.

_ Les choses vont bien de ton côté ?

Sa réponse arrive immédiatement, il sait donc qu'elle est réveillée.

_ Ma vie est un rêve, je passe la fin de l'été à me cacher de loups sauvages et solitaires. Alors, c'est comment, la Nouvelle Orléans ?

_ Chaud. Hors de prix. Et pratiquement exempt de loups-garous.

_ Derek ?

_ Qu'est-ce que tu veux savoir à son sujet?

_ Ne fais pas ta mijaurée, Stilinski. Est-ce que vous couchez ensemble ?

Satanée Lydia.

_ Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

_ Parce que tu étais amoureux de lui autrefois ? Parce que tu es une jeune et magnifique créature qui s'est pointée devant sa porte et que Scott m'a dit que tu habites encore chez lui ?Parce que tu es un peu pute sur les bords ?

Stiles éclate d'un rire bref, malgré lui.

_ J'habite chez lui mais ça ne veut rien dire. Tu habites bien chez Chris, toi.

_ Oui.

Stiles fixe l'écran. Oui, elle habite chez Chris? Ou oui, elle couche avec lui? Non. Il secoue la tête et détourne la conversation sur un autre sujet.

_ Je cherche un appartement, de toute façon.

_ Mais toi et Derek, vous couchez bien ensemble, oui ou oui ?

_ Jésus Christ, tu es pire qu'un chien limier.

_ Je suis douée d'un sixième sens pour deviner quand mes amis ont des relations sexuelles torrides.

_ C'est un truc de banshee ?

_ Peut-être. C'est un don imparable en tout cas.

_ Parfait. D'accord.

Elle lui envoie une série d'émoticônes dont la plupart comportent des confettis et des ballons.

Stiles tire sur ses cheveux et scrute, très concentré, son ordinateur portable, comme s'il avait le pouvoir de plier la réalité à ses désirs , simplement en faisant quelques recherches approfondies sur le net.

_ Qu'est-ce que tu fais ? demande Derek quand il arrive dans la cuisine.

Sa voix fait sursauter Stiles. Il ne savait pas qu'il était déjà levé. Stiles soupire :

_ Je cherche un appartement.

Derek cligne des yeux, il a le visage encore tout chiffonné de sommeil, la vision trouble. Il porte un boxer et un maillot de corps qui devait sans doute lui aller parfaitement quand il pesait cinq kilos de moins et Stiles doit résister à l'envie impérieuse de se lever de table et d'aller se blottir contre lui pour s'enrouler tout autour de son corps.

_ Un appartement ?

_ Eh bien, oui. Je devais rester ici deux semaines et l'été est presque fini, alors il faudrait bien que je m'y mette.

Derek acquiesce, son visage arbore une expression indéchiffrable. Il se verse un café – Stiles a préparé le mélange à la chicorée que Derek adore, même s'il a un goût amer et épouvantable – et bazarde une quantité affolante de crème et de sucre dedans. Rien que de le voir préparer cette mixture, Stiles en a mal aux dents, mais Derek a l'air plus heureux après en avoir pris quelques gorgées. Il s'appuie contre le comptoir et regarde Stiles par-dessus sa tasse.

_ Trouvé quelque chose ?

_ Ben, pas vraiment. Stiles fronce les sourcils, en faisant des gestes vers l'écran. Les seuls logements disponibles en centre-ville sont incroyablement chers. Même les chambres à louer ont des loyers très élevés et en plus je serais obligé de vivre avec des étrangers – et , bon, qu'est-ce que je fais s'ils s'avèrent être des tueurs en série ? Je pourrais certes m'offrir un endroit où loger si j'acceptais de vivre loin, dans cette foutue banlieue de Métairie (1 ) et si j'acceptais de venir travailler en voiture mais je n'ai pas de voiture , alors….

_ Et en plus tu devrais vivre à Métairie, ajoute Derek ,d'un ton affable , en plissant le nez.

_ C'est vrai.

Stiles lève ses yeux vers Derek.

_ Combien est-ce que tu payes de loyer pour cet appartement ? Un appartement avec deux chambres à coucher en plein centre-ville, ce ne doit pas être donné.

Derek lui jette un regard amusé.

_ Je ne loue pas.

_ Cet appartement t'appartient ? Stiles écarquille les yeux. Tu es propriétaire de cet appartement. Jésus j'oublie que tu es un enfoiré d'adulte, et merde !

Derek pousse un grognement.

Une demi-heure plus tard, Stiles , l'air maussade, continue de faire défiler les annonces sur le site Craiglist (2) et Derek est assis en face de lui, l'observant par-dessus son bol de céréales.

_ Tu pourrais tout simplement rester vivre ici, dit il soudain.

Stiles lève la tête, le regarde, il ne sait pas comment réagir.

_ Je veux dire, tu es déjà en fait installé. Derek hausse les épaules. Ça ne me pose aucun problème – et puis, de toute façon, tu ne peux pas t'offrir le luxe de payer un loyer en travaillant à mi-temps dans un café.

_ Alors je serais censé rester ici et… qu'est-ce qui se passera alors, Derek ? Je dormirai dans le même lit que toi et te laisserai payer pour tout, c'est ça ? Stiles peut sentir que ses joues s'échauffent un peu. Je ne veux pas que tu fasses ça.

_ Les choses ne se passeraient pas de cette façon.

_ Ah bon? Bon sang, Derek, tu payes déjà pratiquement pour tout. Et je veux dire, je peux comprendre… – tu es un enfoiré de millionnaire …M'acheter à manger, et tout le reste, ça n'a aucune importance pour toi. Mais, c'est …– enfin ça en a pour moi.

Les sourcils de Derek sont froncés et il a l'air – d'avoir de la peine? C'est absurde…

_ Quoi ? dit Stiles d'un ton hargneux.

_ Rien.

Stiles soupire.

_ Écoute, je ne veux pas passer pour un salaud. J'ai besoin de faire les choses moi-même, ok ? Je ne suis pas venu ici pour être ton… Stiles s'interrompt, cherchant le bon terme. Être un garçon entretenu, un giton, ou quelque chose de ce genre.

En entendant ces paroles, Derek laisse échapper un brusque éclat de rire :

_ Mon giton ? Vraiment ?

_Oui, quelque chose approchant, en tout cas! Qu'est-ce que je pourrais être d'autre si je vis ici comme un parasite et que je te pompe ton fric ?

Derek hausse les épaules.

_ Bien, alors tu peux louer ma deuxième chambre à coucher. Pour deux cents dollars le mois.

_ Celle dans laquelle je n'ai pas mis un pied depuis des semaines? Et le prix que tu réclames est si bas que je me sens presque offensé.

_ Mais oui, cette chambre-là, à ce prix-là. Bien sûr, tu peux recommencer à y dormir si tu veux ,dit Derek, les yeux pétillants.

_ Alors je vais te donner 200 dollars par mois pour louer une chambre alors que nous savons pertinemment tous les deux que je ne vais pas l'utiliser? Et alors… quoi ? Les choses vont en rester là et c'est tout ?

Derek regarde attentivement Stiles et dit :

_ Oui ?

_ J'éprouve encore le sentiment d'être entretenu par un vieux plein aux as, un Papa-Gâteau (3), quoi, soupire Stiles mais il esquisse un petit sourire quand il énonce cette phrase.

_ Mais non, non. Derek prend un air suffisant, s'appuie contre le dossier de sa chaise, croisant ses bras derrière la tête. Je veux dire, tu vas devoir te soumettre dorénavant à des jeux sexuels pervers mais c'est un marché équitable, non ?

(-)

_ Quel genre de jeux sexuels pervers? demande Stiles, le soir.

Derek, couché de tout son long sur le canapé, pose à côté de lui son ordinateur portable, puis lève les bras au-dessus de sa tête, dans un étirement langoureux qui relève son t-shirt et expose quelques centimètres de son ventre.

_ Quoi, qu'est-ce que tu dis ?

Stiles sourit.

_ Tu as dit que si tu devenais mon Papa-gâteau, je devrais accepter de me soumettre à des jeux sexuels pervers. Alors… - de quoi s'agit-il, mon gros ? Qu'est-ce qui te branche ?

Derek hausse un sourcil et scrute, du canapé, l'endroit où Stiles est étendu sur le sol , fouillant dans des photocopies d'archives.

_ Mmm , alors j'ai carte blanche ? Je peux demander ce que je veux ?

Stiles roule sur le côté, met son menton sur sa main et lève son regard, à l'ombre de ses cils, vers Derek.

_ Sûr que tu peux… Ça ne peut pas être si terrible que ça, non ?

_ Oh, ça pourrait bien dégénérer.

Derek a un petit sourire narquois, fait courir sa main lentement sur son ventre, jusqu'à la douce courbe qui se trouve juste au-dessus de ses jeans déboutonnés.

_ Je pourrais être un de ces mecs tordus qui veulent que tu manges jusqu'à ce que ton estomac te fasse mal et qui veulent ensuite te toucher le ventre.

Il change de position, se tourne de façon à être un peu plus en face de Stiles, pendant qu'il continue à caresser son abdomen.

_ Je pourrais tout le temps commander de la nourriture alors que je saurais pertinemment que je ne la mangerais pas et ensuite je te la refilerais pour t'en gaver, jusqu'à ce que tu ne puisses plus boutonner tes jeans. Je jouerais les naïfs, mais tu saurais que ça me ferait bander dur. Je te ferais déambuler dans l'appartement dans des habits qui ne te vont plus, juste parce que ça m'exciterait, rien que d'y penser.

_ Je ne te fais pas déambuler dans des vêtements qui ne te vont plus, dit finalement Stiles qui sent ses joues devenir brûlantes – et sa queue se tendre un peu. Et je ne t'ai jamais fait manger quoi que ce soit, ajoute-t-il.

_ Non, mais tu l'as très fortement suggéré.

Stiles mordille un peu sa lèvre.

_ Est-ce que tu regrettes que je l'aie fait ?

Il sait que Derek cherche surtout à le taquiner, mais ils n'ont jamais vraiment non plus discuté de ce sujet. Jamais dans des termes aussi directs, en tout cas.

_ Non, ça me va, ça me va très bien. Ce n'est pas comme si j'avais été tout mince quand tu es arrivé, de toute façon.

Stiles souffle, plus soulagé sans doute qu'il n'est nécessaire.

_ Bien, super. Il sourit, un peu nerveux tout de même et ajoute : Tu es beau.

Derek lève les yeux au ciel.

_ Traqueur de gros, réplique-t-il. Mais sa voix est chaleureuse.

_ Ok, on a établi que c'était ce qui me branchait, dit Stiles, désireux d'orienter la conversation vers un autre sujet. Mais nous étions supposés discuter de toi et de tes fantasmes. Alors ? Qu'est-ce que c'est, ton fantasme à toi, Sourwolf ?

Derek hausse les épaules mais Stiles ne laisse pas tomber.

_ Non, allez, ce qui te branche ne peut pas être si tordu que ça. Pas plus que d'avoir une érection pendant que je te regarde manger un de ces foutus desserts. Non, mais, sérieusement, Derek, au travail, j'ai la gaule devant les pâtisseries, tu te rends compte ! C'est grotesque et j'en ai honte, constamment !

Stiles se redresse sur ses pieds, place une de ses jambes sur les hanches de Derek, souplement, et s'installe à califourchon sur lui.

_ Alors c'est parfaitement légitime que je sache à mon tour quel est ton fantasme.

Derek soulève un peu ses hanches, tire sur le t-shirt de Stiles jusqu'à ce que ce dernier devine ses intentions. Stiles passe son t-shirt par-dessus sa tête et le jette au sol. L'intérêt de Derek est évident mais il reste silencieux.

Stiles se penche vers Derek, dépose quelques baisers le long de sa mâchoire, puis l'embrasse de nouveau, rebroussant chemin jusqu'à ce qu'il puisse chuchoter dans son oreille :

_ Quoi que ce soit, je le ferai. Promis.

Derek pousse un peu en avant ses hanches, presque involontairement, et Stiles sait qu'il le tient en son pouvoir.

_ Tu as envie de me baiser? demande Stiles, surtout pour combler le silence car il a l'intuition qu'il doit obtenir de Derek qu'il parle.

La première fois qu'ils ont couché ensemble, c'est vraiment de cette manière que Derek a mis en évidence les fantasmes de Stiles . Il n'avait pas arrêté de lui demander de dire ce qu'il voulait faire.

Derek gémit, le rapprochant plus près de lui, jusqu'à ce que le torse mince de Stiles se presse contre son ventre rond .

_ Oui.

_ Oui?

Stiles roule des hanches, s'enfonce carrément dans l'entrejambe de Derek et s'y frotte. Il descend sa main pour la plaquer sur la braguette déboutonnée de Derek, et caresse la peau douce, si douce qui s'y trouve.

_ Moi aussi, bébé. Dis-moi, dis-moi comment tu vas me baiser. Dis-moi ce que tu veux.

Lorsque Derek prend la parole, sa voix est un peu plus rauque que d'habitude.

_ Je vais te soulever dans mes bras, t'emmener sur le lit, marmonne-t-il et, on n'en est pas encore arrivé au stade des aveux de la part de Derek mais, bon sang, Stiles veut bien déjà faire ça, il veut être soulevé, être emmené dans les bras de Derek. Il l'embrasse, frémissant, il a tellement envie qu'il continue à parler. Je vais te mettre sur le lit, poursuit Derek et Stiles écrase son corps sans retenue contre le sien, haletant dans son cou, l'une de ses mains enroulées sur son épaule et l'autre caressant avec frénésie son ventre. Putain, Stiles, je vais t'enlever ce jean, et regarder si tu es trempé… regarder si tu mouilles pour moi, bébé.

Et voilà, il a avoué ce qu'il veut. Stiles se hisse un peu, se place au-dessus de la bouche de Derek de telle sorte que leurs lèvres se frôlent quand il lui parle.

_ Tu veux que je mouille pour toi ? Bordel, Derek.

Derek halète un peu et se redresse tout à coup sur ses pieds, entraînant Stiles avec lui. Bon sang. C'est tellement facile, maintenant, d'oublier parfois que Derek est un loup. Jamais il ne se métamorphose devant Stiles, jamais il ne fait saillir de sa bouche ne serait-ce que l'ombre d'un croc. Il ne sort pas les nuits de pleine lune et il est la plupart du temps couché sur le canapé, cherchant à soulager son ventre ballonné plutôt qu'à exhiber sa force ou ses pouvoirs surnaturels. C'est facile d'oublier qu'il est également une créature monstrueuse, assez puissante pour briser tous les os de Stiles sans même chercher à le faire. Même si cette puissance disparaît à présent sous une couche ou deux de graisse molle, elle est encore et, à ce moment précis, avec ses jambes enroulées autour de la taille de Derek, avec les bras de Derek qui le maintiennent plaqué contre son torse, Stiles est viscéralement contraint de se souvenir combien il est fort.

Stiles a l'impression qu'ils traversent le couloir et parviennent à la chambre à coucher en seulement quelques enjambées. Derek le jette sur le lit, tire immédiatement sur le jean de Stiles. Ce dernier fait de son mieux pour l'aider à l'enlever, soulevant ses hanches pour que Derek puisse le faire glisser le long de ses jambes. Derek se débarrasse également de son propre pantalon puis se jette sur Stiles, couvre complètement, lourdement, son corps, bien plus petit que le sien, l'engloutit sous lui, de la poitrine jusqu'au ventre, jusqu'aux cuisses.

Derek l'embrasse, oublieux de tout ce qui l'entoure, glisse une main entre leurs corps, la faufile à l'intérieur du boxer de Stiles.

_ Oh, tu y es, bébé, tu mouilles pour moi, dit-il, comme s'il murmurait une sorte de complainte.

Stiles sent le liquide pré-éjaculatoire se répandre partout sur lui, il sent la main de Derek s'emparer de sa queue, glisser sur toute sa longueur, imprimant à sa verge des va et vient langoureux, juste assez vigoureux pour rendre Stiles fou mais pas assez pour aller jusqu'à le faire jouir.

_ Bon sang, c'est si bon, bébé.

Stiles gémit et ne cherche même pas à se retenir de le faire :

_ Oui, Derek?

_ Oui … Tu es un si gentil garçon, Stiles. Oui.

Quand Derek le prépare pour le pénétrer, il ne se montre pas du tout expéditif dans sa manière de procéder, il ne cherche pas non plus à agir avec une efficacité dépourvue d'émotions. Il prend bien son temps, il le fait lentement, atrocement lentement, et Stiles se sent vaciller contre ses doigts qui le fouillent, laisse échapper de petites plaintes, bien sûr parce qu'il ne peut pas s'en empêcher mais aussi parce qu'il se rend compte que Derek perd complètement la tête, soit parce que Stiles est cloué, écartelé sous lui, menu et délicat, soit parce qu'il le sent au bord de l'orgasme, prêt à jouir contre sa main. Ou peut-être est-ce parce que Stiles est vraiment trempé désormais partout, humide de lubrifiant, glissant, souillé, éperdu.

_ Derek, s'il te plaît, supplie Stiles, gémissant, geignant sous lui. Prends-moi, remplis-moi, je suis tellement prêt pour toi. Tellement mouillé , tellement prêt. J'ai tellement besoin que tu le fasses.

Derek pousse un léger grognement lorsqu'il l'entend le supplier, un vrai grognement de loup, un vrai grognement de bête que Stiles ne l'a jamais entendu pousser depuis qu'il est arrivé ici. C'est la première fois que le loup de Derek se manifeste et c'est si rapide que Stiles a presque failli le manquer. Avant même que Stiles puisse assimiler cette information, Derek retire ses doigts, le laissant démuni, vide, puis il l'empale sur sa queue avec violence, sans la moindre douceur. C'est complètement aux antipodes de la façon délicate avec laquelle il a préparé Stiles pour le pénétrer : il avait agi alors comme s'il était en verre. A présent, c'est de la baise pure, brutale, dure, il le pilonne, poussant sa verge en lui jusqu'à la garde, et Stiles gémit et tremble sous lui.

_ Chut. Sois un gentil petit garçon, marmonne Derek, en roulant des hanches. Voilà, c'est ça…. Si bon, si doux, oui.

Stiles ne peut pas saisir sa verge avec Derek qui le plaque de cette façon, le piégeant sous son ventre lourd, mais cela n'a pas d'importance, vraiment pas, pas du tout. Pas d'importance tant que lui, de son côté, peut enfoncer ses hanches avec violence en avant, pousser sa queue douloureuse contre le bas-ventre de Derek, un peu chaque fois qu'il soulève son corps pour aller à la rencontre de celui de Derek et putain, putain que c'est bon. Comme toutes les choses qu'ils font. C'est si bon.

_ Alors, est-ce que j'ai été un gentil petit garçon? demande plus tard Stiles.

Il jette des regards lascifs à Derek , alors qu'il est pelotonné contre lui , traçant des formes au hasard sur la courbe de son ventre.

Il s'attendait un peu à ce que Derek rougisse ou se montre pudique mais non.

_ Si gentil , dit-il simplement. Vraiment ,un si gentil garçon.

Stiles gémit, sa main empoigne le ventre de Derek, juste parce qu'il a envie d'agripper quelque chose.

_ Bien , alors laisse-moi tirer tout ça au clair, dit-il, parce que Stiles ne résiste jamais à l'envie de trop parler et de discuter sans fin. Je prends mon pied à l'idée que tu sois plus gros que moi et toi, ton truc, ce qui te branche, c'est que je sois ton petit garçon.

_ Mmm.

Derek a fermé les yeux , il lève nonchalamment une main pour effleurer le torse mince de Stiles, puis la fait courir le long de ses flancs, jusqu'à ses hanches étroites.

_ Une mignonne petite créature, aussi.

Stiles sourit.

_ Eh bien, ça fonctionne plutôt bien, non ?

_ Oui. Dors, Stiles.

(-)

La dispute, lorsqu'elle survient, arrive sans crier gare, sauf qu'en vérité Stiles suppose qu'elle couvait probablement depuis des jours.

Il n'a pas montré à Derek un seul document provenant de ses travaux sur les archives de la ville depuis la toute première fois, lorsque Derek lui avait très clairement fait comprendre que ça ne l'intéressait pas. Mais aujourd'hui, il ne résiste pas à l'envie de le faire parce qu'il sent qu'il a découvert quelque chose, il sent que c'est quelque chose qui pourrait bien être d'une importance majeure…. – et bien sûr que c'est important puisque chaque fois qu'il reçoit des nouvelles de Beacon Hills, la situation s'aggrave. Une sorte d'activité surnaturelle liée, semble-t-il, à un groupe de sorcières a été détectée, a dit Scott, et une autre attaque contre Lydia a eu lieu, cette fois pendant qu'elle conduisait sa voiture. Chris Argent était avec elle, avait empêché que quoi que ce soit lui arrive et l'oméga avait encore fui… Mais ça reste un sacré problème. Lydia est supposée partir dans une semaine pour entamer son troisième cycle supérieur d'études à Stanford . Cependant, dans l'état actuel des choses, elle ne peut pas aller où que ce soit sans être protégée par la meute… Ou sans la protection de Chris Argent, ce qui constitue une situation dont Stiles est sûr de vouloir discuter avec elle lorsqu'il sera à Beacon Hills , parce que… Eh bien… Lydia et ses pouvoirs de banshee n'ont pas le monopole de l'intuition lorsqu'il s'agit de savoir-quand-vos-amis-s'envoient-en-l'air. Mais chaque chose en son temps.

_ Jette un coup d'oeil à ça,dit-il en poussant sur la table , vers Derek ,quelques photocopies et des pages gribouillées d' , ce sont encore des comptes-rendus qui parlent des sorcières de La Nouvelle Orléans dans les années 1890. On peut supposer que les sorcières se partageaient un familier, un loup. Il désigne un passage en particulier, surligné de rose, d'un trait inflexible, net et précis. … « Une bête sauvage qui se déplace avec elles », tu vois ? Donc je me demande si c'était un loup-garou qui avait quitté sa meute pour rejoindre les sorcières et leur assemblée … Et si c'est ça ? Qu'est-ce que ça voudrait dire ? S'agirait-il alors d'un oméga ?

Derek jette un coup d'œil aux papiers mais Stiles , simplement en observant son langage corporel, comprend qu'il parcourt du regard le texte de façon superficielle, qu'il ne prête pas réellement attention à ce qu'il lit.

_ Ça se pourrait, » dit-il et Stiles peut sentir sa mâchoire se crisper.

_ Merci bien de ton aide, mon cher.

Derek soupire.

_ Qu'est-ce que tu attends de moi, Stiles? Je ne suis pas au courant de ce qui se passe à Beacon Hills et ce n'est pas en examinant quelques articles de journaux qui ont été rédigés il y a 120 ans que je vais être capable de comprendre ce qui s'y passe.

_ Est-ce qu'au moins tu te sens concerné par ce qui s'y passe ?

Derek a la décence d'esquisser une grimace.

_ Mais, oui,je me sens concerné.

_ Eh bien, je n'aurais pas cru.

_ Est-ce que je me sens concerné par tes recherches ? Est-ce que je me sens concerné par le fait que Lydia a été une nouvelle fois attaquée ? Mais oui, Stiles, bien sûr. Je me sens concerné. Mais je ne peux pas arranger les choses. Je ne comprends pas ce que tu attends de moi.

_ Je veux que tu agisses comme si tu te sentais vraiment concerné par ce qui se passe, putain! Je veux que tu reviennes à Beacon Hills avec moi le week end de la semaine prochaine. Je veux que tu agisses comme si tu étais concerné par ce qui arrive à la meute, qui est attaquée. Je veux que tu agisses comme si tout cela avait vraiment de l'importance à tes yeux.

_ Ce n'est pas ma meute, c'est celle de Scott.

_ Mais, merde, tu es vraiment sérieux, là? Stiles peut entendre que sa voix part dans les aigus mais il n'arrive plus à la contrôler. Si tu n'es pas l'alpha, alors tu t'en fous ? Sérieusement ?

Derek a un mouvement de recul et a l'air blessé le cœur de Stiles se serre lorsqu'il s'en aperçoit mais c'est une question vraiment cruciale, il n'est pas question qu'il laisse tomber et il fixe simplement Derek, jusqu'à ce qu'il obtienne de lui une réponse claire.

_ Je ne m'en fiche pas. Mais je ne suis pas…. Je ne suis pas là. Je ne fais pas … pas vraiment…

_ Quoi ? Pas vraiment partie de la meute? le coupe Stiles. A qui la faute ? C'est toi tout seul qui as choisi de t'exiler ici, voyons.

Derek ferme les yeux puis les ouvre de nouveau et ses pupilles deviennent très brièvement bleues et lorsqu'il reprend la parole, son ton est neutre, d'une neutralité effrayante.

_ Toi aussi tu es ici, Stiles. Quel est ton objectif, à toi ?

_ Je suis ici pour travailler. Je suis ici pour faire quelque chose pour la meute. Ma vie entière est consacrée à ça, à ce que je peux leur apporter d'utile, bordel de merde.

Stiles défie du regard Derek par-dessus la table de la cuisine, soudain si furieux contre lui qu'il peut à peine formuler des pensées cohérentes. Tout ce qu'il veut, c'est que Derek soit à ses côtés pour résoudre ce problème, et pas toujours à 3000 kilomètres de tous ceux qu'ils connaissent, tout ce qu'il veut, c'est qu'il arrête de prétendre que la Nouvelle Orléans est devenue son nouveau foyer et le demeurera à jamais.

_ Je ne suis pas venu ici juste pour bouffer de foutus sandwichs po'boys tout en faisant comme si le passé n'existait pas.

Aussitôt que ces mots franchissent sa bouche, Stiles donnerait tout – absolument tout – pour ne les avoir jamais prononcés. Le visage de Derek devient vide, inexpressif et il ressemble tout à coup plus au Derek que Stiles fréquentait à Beacon Hills qu'au Derek qui est venu le chercher à l'aéroport. Ses joues sont plus pleines, bien sûr, mais autrement, le même regard lointain et froid qu'autrefois est revenu se greffer implacablement sur son visage. Stiles a l'impression de voir un homme se changer en statue.

_ Mince, je ne voulais pas dire…

Derek lui coupe la parole.

_ Je m'en vais.

Il se lève, toujours en évitant de regarder Stiles alors qu'il sort de l'appartement.

_ Je rentrerai tard. Dors dans la chambre que tu me loues , ce soir, ok ?


Métairie est le nom de la banlieue de la Nouvelle Orléans. Et oui, c'est bien un mot français !

Craiglist est un site américain spécialisé dans les petites annonces, comme Le Bon Coin en France.

Sugar Daddy : expression désignant un homme plus âgé qui subvient aux besoins d'une femme beaucoup plusjeune, ici utilisée ironiquement par Stiles. L'expression a été traduite , faute de mieux, par « Papa Gâteau ».

Il y a du gaz dans l'eau …. Alors ? Réconciliation au chapitre prochain ? Des pronostics ?