Dans ses notes sur ao3, l'auteure de cette fic s'excusait par avance de ce chapitre en disant qu'elle prenait son temps. Donc, voici un chapitre qui prend son temps pour développer les relations entre les personnages.
Avertissement : petit lemon.
Et c'est promis, au chapitre prochain, les choses vont s'accélérer !
Merci pour vos reviews et n'hésitez pas à dire ce que vous pensez de cette fic ! L'auteure wreckintheinfinite sera ravie de savoir ce que le public français pense de son travail.
Message de PumpkinSpy : Voilà, cette traduction ainsi que cette histoire ne m'appartiennent absolument pas. Si cette traduction vous rappelle quelque chose, c'est tout à fait normal, ceci est une traduction de Calliope83.
Calli a décidé d'accorder du temps à ses projets professionnels et de ce fait, elle a décidé de se retirer de la liste des auteurs. Malgré tout, elle ne voulait pas laisser ses traductions tomber dans l'oubli, surtout pas après le temps consacré mais aussi en pensant à ceux qui souhaiteraient relire une histoire qu'ils avaient aimé.
D'un commun accord, je reprends sur mon propre profil auteur ses traductions.
Chapitre 7
Derek court à peu près une heure mais cela ne l'aide pas autant qu'il le pensait à se changer les idées. L'exercice lui fait cependant un peu de bien – il ne s'est pas beaucoup transformé ces derniers temps. D'habitude, il met le cap loin de la ville, gare sa Camaro sur une route quelconque et il court, tout simplement, au moins une fois par semaine. Mais depuis que Stiles est arrivé, il l'a fait peut-être seulement deux fois , une sortie rapide le soir, si jamais Stiles travaillait aux archives ou au café. Il devrait faire l'effort de courir plus souvent, il le sait. Il a besoin de faire un minimum d'exercice – et il est évident qu'il a besoin de se métamorphoser. Il est un loup après tout.
Même s'il ne veut pas l'être.
Bien sûr, sortir de la ville, tremper ses pattes dans la boue l'aide un peu à faire tomber la pression. Juste courir. Surtout lorsqu'il est complètement métamorphosé, parce qu'il n'a plus alors accès à certaines de ses émotions et pensées humaines si complexes, bien plus complexes que celles d'un loup. Il les a encore en lui – il est encore après tout lui même – mais elles s'estompent dans un murmure étouffé. Quand il est sorti courir, il s'attendait donc à éprouver un certain apaisement , mais ça n'a pas vraiment fonctionné cette fois. Certes, il n'entend plus dans sa tête la voix de Stiles qui se répercute, tel un écho : Je ne suis pas venu ici pour manger des foutus sandwichs po boys tout en faisant comme si le passé n'existait pas. Cependant, les sentiments qu'il a éprouvés sont encore là, une sorte de grognement mêlé de souffrance et de gêne, de culpabilité et de colère. Et il ne peut pas réellement y échapper .
Alors il finit par échouer dans le petit bar miteux qui fait grill, en bas de la rue où il habite, les muscles détendus après la course. Au moins, il se sent en forme sur le plan physique, même si, sur tous autres les plans, sa vie est un foutu désastre.
Katie, l'étudiante de l'université de la Nouvelle Orléans, le conduit immédiatement vers sa table. Il l'aime bien, l'aime sincèrement - mais elle est beaucoup trop intuitive pour que ça ne lui joue pas un jour un mauvais tour. Elle l'examine d'un coup d'œil rapide et précis puis frappe ses dents de devant avec la pointe de sa langue :
_ Tss, tss… » Et l'air qu'elle prend est si maternel qu'il semble incongru sur son visage juvénile. Qu'est-ce qui ne va pas, mon chou ?
_ Rien, rien, dit Derek en secouant la tête.
_ Hmm, hmm … et où est passé ce soir le joli petit lot que tu exhibes d'habitude à ton bras (1) ?
Lui et Stiles descendent dîner dans ce restaurant peut-être une fois par semaine, Katie a donc pris l'habitude de les voir ensemble.
_ A la maison … Juste à la maison.
Elle le fixe et hausse un sourcil.
_ Juste à la maison, hein? Si tu le dis… Qu'est-ce que je te sers ?
Il commande le hamburger maison, une monstruosité pesant 250 grammes, couronnée d'un œuf frit, garnie de bacon et de trois tranches de fromage. Parce que… pourquoi pas, après tout, bordel ?
Katie lui tapote affectueusement l'épaule lorsqu'elle revient avec son plat, et le couve encore du regard comme s'il était un petit chiot errant, oublié sous la pluie. Elle pose sur sa table une assiette noyée sous une pile de frites – en fait, il est pratiquement sûr qu'elle a doublé sa commande, juste au cas où …
Derek n'est pas certain que ce qu'il est en train de faire s'assimile à ce que Laura avait coutume d'appeler "manger ses sentiments " – terme qu'elle appliquait à toutes sortes d'occasions à partir du moment où il s'agissait de manger de la crème glacée vautrée sur le canapé tout en regardant des films de la chaîne Lifetime (2). Derek était toujours heureux de se joindre à elle et de se coller contre elle, après avoir apporté sa propre cuillère. Il la forçait à partager sa crème glacée, se moquait peut-être du navet qu'elle regardait. Blottis l'un contre l'autre. Et juste se sentir exister.
Il ne s'est jamais senti aussi proche d'une autre personne depuis l'incendie. A moins que l'on tienne compte des dernières semaines passées avec Stiles. Qui … merde… Est-ce qu'elles comptent vraiment ?
Parce que voilà le problème. Ça été bon. Tout a été bon. Le sexe, absolu-foutre-ment … Mais tout le reste aussi. Se coucher avec Stiles à ses côtés, comme enraciné en lui, calé sous son bras, comme s'il appartenait à cet endroit-là. Stiles dans la cuisine de Derek, farfouillant dans le frigo. Préparant des œufs brouillés le matin avec une expression particulière sur le visage, comme si c'était important de cuisiner, comme s'il tirait de la satisfaction de ses talents domestiques. Descendre le long de Magazine Street, main dans la main, sans aucune gêne de la part de Stiles, comme s'il lui paraissait tout à fait naturel de tenir la main de Derek en public, de façon bien visible, fièrement. Comme s'il n'avait jamais envisagé d'agir autrement.
Mais qu'est-ce qu'il y avait entre eux exactement ? Ce matin, il aurait dit – en vérité, il n'aurait pas su comment définir ce qu'il y avait entre eux – mais au moins il aurait dit que c'était quelque chose d'authentique. Et à présent ? Il ne sait pas quoi penser .Tout ce qui résonne à ses oreilles, c'est la remarque sarcastique que Stiles a faite à propos des po'boys et la seule pensée qui l'obsède désormais, c'est que peut-être Stiles n'est pas intéressé par ce qui se passe entre eux. Qu'il n'est pas intéressé par lui – par lui tel qu'il est à l'heure actuelle. Ses grosses cuisses, son gros ventre, ses biceps gras et sa mâchoire molle.
Mais cette analyse ne paraît pas juste, elle ne colle pas. La façon dont Stiles réagit en sa présence, ce désir sauvage dans ses yeux, tout cela ne semble pas factice. Le regard qu'il a quand il donne à Derek à manger, quand il pose sa main sur son ventre, qu'il glisse ses doigts fins dans la ceinture serrée de Derek. Il a l'air de perdre la tête, il a l'air complètement dévasté.
Mais voilà : on peut détester la chose que l'on désire. On peut désirer une chose, on peut avoir besoin d'elle, on peut être totalement obsédé par elle , vouloir la baiser, se vautrer en elle, la posséder et pourtant on peut encore éprouver de la répulsion vis-à-vis de cette chose. Eprouver de l'aversion. La haïr.
Il le sait, parce que Kate Argent adorait se faire baiser par Derek. Elle le suppliait de changer la couleur de ses yeux pendant qu'il la labourait avec ferveur, à la façon d'un adolescent, avec plus de passion que de réel savoir-faire. Elle le suppliait de la prendre par derrière, brutalement, de la couvrir et de pousser son ventre vers le bas comme un loup le ferait. Elle jouissait sans fin quand ils couchaient ensemble, elle tremblait et répétait son nom en gémissant.
Elle haïssait les loups garous. Pourtant elle aimait aussi se faire baiser par l'un d'entre eux.
Stiles n'est pas Kate Argent. Mais qui peut dire que Stiles n'est pas autant dégoûté par Derek qu'attiré par lui ?
Il est trois heures du matin quand Derek rentre chez lui – et il est parti du bar uniquement parce que Katie a insisté pour qu'il le fasse. Elle s'apprêtait à quitter son travail lorsqu'elle est venue à sa table, où il était assis, les yeux vitreux devant sa septième bière – ou plus - et devant quelques assiettes vides.
_ Écoute , mon chou, lui a-t-elle dit ,sans détour, arborant un air qui ne souffrait aucune réplique . Je ne sais pas ce qui s'est passé entre toi et ton compagnon, mais tu dois rentrer chez toi. Il est sûrement malade d'inquiétude.
Il avait laissé son portable dans la Camaro. Il n'avait donc aucune idée de ce que Stiles pouvait penser. Et même s'il était encore à l'appartement, bordel. Il a simplement haussé les épaules, secoué la tête.
_ Non, il est temps de partir. C'est moi, moi qui te mets dehors. Écoute, je suis garée en bas du quartier et j'ai besoin que tu me raccompagnes à pied jusqu'à ma voiture, alors on y va.
Derek a fermé ses yeux, les a ouverts, l'a fixée du regard et a marmonné :
_ Sale quartier.
Elle a souri :
_ Je savais que tu ne refuserais pas ma proposition. Allez.
Lorsqu'il rentre dans l'appartement, la première chose qu'il voit, c'est Stiles, endormi sur le canapé. Une vague de soulagement le submerge immédiatement. Il n'est pas parti. Il n'est même pas allé dormir dans « sa » chambre. Il a sûrement essayé de l'attendre. Sa main serre encore son portable, comme le ferait un gamin avec son ours en peluche.
Quand il va dans sa chambre , Derek sort de sa poche son téléphone. Cinq appels manqués. Et deux fois plus de textos. Tous de Stiles.
(-)
Quand Stiles se réveille, il est 5:30 du matin et il ne sait pas si Derek est revenu. Il ne voulait pas s'endormir mais à un moment donné, il a finalement succombé à la fatigue.
La porte menant à la chambre de Derek est ouverte et il ne peut pas s'empêcher, en marchant sur la pointe des pieds, d'aller vérifier s'il est bien là. Et il est bien là, en effet – pelotonné sous les draps, son corps recroquevillé en position fœtale. Il a l'air petit, d'une certaine manière, et cette vision bouleverse un peu Stiles. D'habitude, Derek dort étendu sur le dos, prend tout le lit, toutes les couvertures et occupe tout l'espace, son gros corps chaud prêt à recevoir Stiles qui se terre tout contre lui comme un petit animal. A présent, il s'est lové sur lui-même. Signe que ça ne va pas du tout.
Il donnerait n'importe quoi pour effacer ce qu'il a dit. Pas ce qu'il a dit à propos de Derek qui a fait le choix de s'exiler à la
Nouvelle Orléans. Ces mots-là étaient justifiés. Et il fallait qu'ils aient une discussion à ce sujet. Derek doit revenir à Beacon Hills. Il doit faire partie de la meute, bon sang. En tant que membre véritable . Il doit mener une existence qui ne consiste pas à se cacher derrière la très jolie façade qu'il s'est construite dans cette très jolie ville, une cité si joyeuse et exubérante qu'on pourrait y passer toute son existence tout en oubliant de vivre sa propre vie.
Alors , non, Stiles ne va pas s'excuser pour avoir soulevé ce problème. Non, il ne le fera pas.
Mais ce qu'il a dit à propos des po'boys ? Bordel de merde. Il se couperait la main s'il pouvait effacer pour toujours ces paroles parce que dès l'instant où il les a prononcées, le visage de Derek s'est fermé. C'était comme de voir une porte se fermer brusquement … et l'homme que Stiles avait côtoyé tout cet été avait disparu. Comme si Derek avait enfilé un masque.
Stiles meurt d'envie de se glisser dans le lit et de s'enrouler autour de Derek. De s'excuser. D'essayer d'expliquer… Quoi exactement ? Qu'il aime Derek depuis qu'il a seize ans ? Qu'il n'a jamais voulu le blesser ? Qu'il jacasse tellement sans cesse que parfois les mots s'échappent de sa bouche sans qu'il les contrôle, qu'il dit des choses qui prennent un sens auquel il ne s'attendait pas, que toute cette situation est si foutrement nouvelle pour lui qu'il se sent perdu, qu'il ne sait pas quoi faire ? Même s'il en crève d'envie, il ne va pas dans le lit de Derek. Il a l'impression qu'il a fait peut-être beaucoup de choses que lui, Stiles, voulait faire et qu'il a complètement négligé les sentiments de Derek. Stiles veut que Derek mange. Stiles veut que Derek lui laisse toucher son ventre. Stiles veut que Derek retourne à Beacon Hills. Stiles veut, veut, et veut encore… - et peut-être qu'il n'a pas vraiment assez réfléchi au point de vue de Derek, à ce qu'il pensait des désirs de Stiles.
La dernière chose que Derek lui ait dite, c'était d'aller dormir dans la chambre qu'il lui loue. Alors, Stiles ne va pas dans celle de Derek.
A la place, il attend jusqu'à 7 heures, c'est-à-dire l'heure maximale jusqu'à laquelle il parvient à patienter, et ensuite il se rend à la cuisine et commence à préparer le petit déjeuner. Bruyamment. Cognant chaque casserole, entrechoquant chaque poêle.
Il peut certes parvenir à respecter les souhaits de Derek à propos de la chambre, mais il ne peut vraiment pas supporter d'attendre une seconde de plus qu'ils aient une discussion tous les deux.
Lorsque Derek entre, Stiles lève les yeux de la plaque de cuisson et se compose un visage dont il espère qu'il a l'air innocent.
_ Salut.
Derek se contente de hausser un sourcil. Il a l'air – fatigué. Sur ses gardes. Il a enfilé une paire de jeans, ce qui attriste un peu Stiles - d'habitude , le matin, il porte des shorts de basketball et des maillots de corps, doux, confortables, fleurant bon le sommeil. Les jeans semblent dresser une barrière entre eux, en quelque sorte.
_ Je fais la cuisine, dit Stiles, ce qui est complètement superflu. Il y a du café.
Il pointe du doigt la cafetière, un autre geste inutile. Derek acquiesce, mais s'assied simplement à la table, sans rien dire. Stiles prend une tasse et la lui remplit. Ajoute trois très grosses cuillères de sucre, une tonne de crème. Il la tend, comme une offrande, mais Derek évite tout contact visuel. Il allonge juste le bras et prend la tasse des mains de Stiles.
_ Alors. Hum. A quelle heure es-tu revenu à la maison, la nuit dernière? demande Stiles, qui rame pour trouver un moyen d'amorcer la conversation. J'ai essayé de t'attendre mais je crois que j'ai fini par pioncer.
_ Après trois heures du matin.
_ Wow. Stiles retourne maladroitement les pancakes, faisant la grimace lorsque les bords de la pâte s'affaissent et dégoulinent. Hmmm, drôlement tard dans la nuit.
Derek ne dit pas un mot, il reste assis, et c'est tout. Stiles mordille sa lèvre – il n'arrive pas à déterminer s'il est irrité ou terrifié. Peut-être les deux.
_ Bon, nous devrions parler à propos de tout ce bordel, déclare-t-il finalement, poussant une sorte de sifflement lorsque la graisse du bacon gicle et atterrit sur son bras. SSShhh ! Bordel !
_ Utilise les pinces.
_ Hein?
_ Pour retourner le bacon. C'est plus long qu'une fourchette. La graisse ne t'éclaboussera pas.
_ Oh.
Stiles essaie et ça marche. Qui l'aurait cru ? Stiles n'en savait rien. C'est la première fois de sa vie qu'il fait quelque chose de plus élaboré que des œufs brouillés pour le petit déjeuner. Bien sûr, il a tout à fait conscience qu'essayer de se faire pardonner en cuisinant est légèrement déplacé, étant donné la situation. Mais il voulait faire un geste, bon sang.
_ Alors, sérieusement, on va discuter? dit Stiles, sans quitter des yeux la plaque de cuisson.
Il peut entendre Derek soupirer, peut se représenter exactement la façon dont il est assis, penché sur son café, le cou rentré dans ses épaules larges.
_ Euh – tu sais, la nuit dernière ? Je – merde, Derek. Il se retourne vers lui, même s'il a un peu peur de le regarder. Je suis désolé – quand j'ai dit ces conneries, ce n'était pas ce que je voulais dire, ok ?
Derek reste silencieux pendant un moment et Stiles se contente de le fixer. Il n'a pas l'air d'avoir particulièrement bien dormi, et son corps entier est tendu. Mais il demeure, haut la main, l'être le plus magnifique que Stiles ait jamais vu.
_ Alors qu'est-ce que tu voulais dire ? finit par demander Derek.
Il ne regarde pas Stiles, il se lève et se verse une seconde tasse de café, se concentrant sur le sucre et la crème qu'il mélange comme s'il s'agissait d'élaborer une formule chimique savante.
Stiles avale sa salive, prie pour ne pas tout faire foirer à nouveau. Rassemble tout son courage pour être aussi franc et direct que possible.
_ Tout ce que je voulais dire – je veux dire… mince, Derek. Ok, tout ça n'avait rien à voir avec la nourriture, ok ? Je voulais simplement dire que – je veux que tu fasses partie de la meute. Mais pour de vrai, que tu ne te contentes pas de voir Scott deux fois par an et dire que ça va, c'est bon.
Il fait courir ses doigts dans ses cheveux, et les poisse sûrement de graisse de bacon.
_ Je cherchais juste à te faire comprendre que je ne voulais pas que tu restes à la Nouvelle Orléans pour toujours et que tu fasses comme si ton véritable « chez toi » n'existait pas.
Il reste debout, là, attend que Derek réponde et son cœur bat à tout rompre dans sa poitrine.
Un ange passe. Derek se lève et marche vers la plaque de cuisson.
_ Tu es en train de le laisser brûler, dit-il, écartant d'un coup de hanche Stiles des fourneaux et retournant d'une main experte le bacon – avec une fourchette, sans se brûler.
Stiles fait de son mieux pour ne rien dire. Il s'efforce d'attendre patiemment que Derek réagisse. Mais Derek étant ce qu'il est, il ne réagit pas le moins du monde. Il est silencieux pendant qu'il remplit leurs assiettes, silencieux pendant qu'ils s'assoient l'un en face de l'autre, silencieux pendant qu'il mange le bacon légèrement brûlé et les pancakes un peu pâteux – mais vraiment, ils sont encore plutôt bons et Stiles serait franchement fier de lui si la situation n'était pas aussi tendue entre eux.
Finalement, Stiles ne peut pas supporter de se taire une seconde de plus.
_ Alors ?
C'est bon, dit Derek.
Bon Dieu, c'est pas possible …
_ Non – Je veux dire, bon, je suis content, mais – je veux dire, à propos de ce que j'ai dit ?
Derek promène un morceau de bacon dans le sirop d'érable sur son assiette, joue avec pendant une minute avant de répondre.
_ Beacon Hills est ton foyer , Stiles. Je ne suis pas sûr que ce soit le mien. Un oncle fou et une cousine, ce n'est pas exactement ce que j'appelle une famille.
_ Tu as aussi la meute.
_ Vraiment ?
Lorsque Stiles ouvre la bouche pour prendre la parole, Derek secoue la tête, lui coupe la parole.
_ Je sais ce que tu vas dire. Mais … Il hausse les épaules. J'ai compris, Stiles. Tu veux que je revienne avec toi. Tu veux que je m'implique plus dans la meute. J'ai compris.
Il semble encore porter un masque, cependant.
_ Où es-tu allé la nuit dernière? demande Stiles, parce qu'il ne peut s'empêcher de chercher à tout savoir.
Derek lève la tête, le regarde, une expression amusée sur son visage :
_ Pourquoi ?
_ Je me suis fait du souci pour toi. J'ai envoyé des textos, j'ai appelé des tas de fois.
Derek prend un air un peu coupable.
_ Désolé – j'avais laissé le portable dans la voiture. Je suis parti courir. Et ensuite je suis allé au bar.
Stiles hoche la tête.
_ Rester ici tout seul , sans toi, ça rendait l'atmosphère de ton appartement étrange .
_ Tu es déjà resté seul à l'appartement alors que je n'y étais pas.
_ Ce n'était pas pareil. Stiles secoue la tête. C'était nul.
_ Ma soirée a été nulle, aussi. Katie m'a demandé où était passé « mon joli petit lot que j'exhibe d'habitude à mon bras».
Stiles grogne.
_ Oh, c'est moche. Il marque un temps d'arrêt. Alors, qu'est-ce que tu lui as répondu?
_ J'ai dit que tu étais à la maison.
Derek pose sa fourchette, même s'il reste un autre pancake et du bacon sur son assiette. Ça contrarie un peu Stiles et ensuite, il se rend compte que …ça le contrarie d'être contrarié.
_ Alors – est-ce que je peux te montrer quelque chose ?
Derek hausse les sourcils, s'adosse à sa chaise.
_ D'accord.
Stiles sort son portable et charge Instagram.
_ Voici Brandon – le dernier type avec qui je suis sorti à l'université. Il colle son téléphone sous le nez de Derek, pour être sûr qu'il voie la photo, puis le reprend. Voici le type avec qui je suis sorti avant lui – Taylor. Il déroule de nouveau l'écran. Voici Jordan – le type avant le type d'avant. Et regarde, voilà Josh – c'était celui qui a précédé tous ces types.
Il éteint le portable et le pose, regarde Derek en face de lui.
_ Alors ? tu as vu ?
_ Quoi ? Que tu t'es tapé presque toute une fraternité (3) quand tu étais à l'université ?
La voix de Derek est restée plate mais sa lèvre supérieure se retrousse, en une infime suggestion de sourire.
_ Aucun d'entre eux n'était membre d'une fraternité! Sauf , eh bien—Jordan. . C'est tout. Et non, voyons, non, ce n'est pas cela que je veux que tu comprennes.
_ Ah ? Tu veux que je me rende compte que tu es vraiment , indubitablement gay ? Que je n'aurais pas dû m'inquiéter que tu ne puisses pas supporter de te prendre une queue dans le derrière la première fois qu'on a baisé ?
Le sourire de Derek s'élargit, un tout petit peu. Si Stiles ne le connaissait pas aussi bien, il n'aurait sûrement rien remarqué.
_ Non, bon sang. Je veux dire – oui, bon, ces deux choses sont vraies mais ce n'est pas le problème. La chose à retenir de tout ça , c'est que …
_ J'ai pigé, Stiles, l'interrompt Derek, doucement. Les gros mecs. Tu as un faible pour ce type d'hommes.
_ Oui.
Stiles respire enfin, heureux que Derek l'ait dit.
_ Alors quand j'ai fait cette remarque stupide à propos des po boys, je ne - je ne critiquais pas du tout ça. Je voulais dire … ce que j'ai dit plus tôt dans la discussion. A propos du « chez soi ». A propos de revenir au bercail. Il bredouille, essayant de trouver les mots appropriés. Je suis désolé. Je ne voulais pas te blesser.
Derek regarde ses mains et Stiles retient sa respiration. Il n'est pas sûr que Derek reprenne la parole.
_ Est-ce qu'ils – est-ce qu'ils ont pris du poids pendant que vous viviez ensemble ?
_ Hmmm … Peut-être? Stiles hausse les épaules. Brandon, oui, sûrement. Ce n'était pas- ce n'était pas voulu , pas comme pour toi et moi.
Stiles rougit furieusement mais il poursuit.
_ Mais on n'a pas à continuer, hein ? Si jamais tu n'aimes pas le faire, n'est-ce pas ? C'est juste que - tu dois savoir que je te trouve foutrement magnifique. Je le pense à l'heure actuelle et je continuerais à le penser même si tu prenais 50 kilos, ou 5 ou encore aucun . Il prend une profonde inspiration. Et aussi, je ne sais pas si tu étais au courant, mais j'étais fou de toi quand j'étais au lycée.
Derek renifle.
_ Oui, je le savais.
_ Tu le savais ?
_ Ça se voyait comme le nez au milieu de la figure, Stiles. Tu dégageais une odeur caractéristique, comme si tu avais eu en permanence une érection.
Les joues de Stiles brûlent.
_ Oh. Hum. Désolé de tout ça. Mais, hum – oui, alors j'étais éperdument amoureux de toi au lycée et tu étais à l'époque mince, n'est-ce pas ?
Il frotte ses mains sur ses joues , essaie de trouver quoi dire.
_ Bon, alors , qu'il soit bien clair que je t'avais dans la peau à l'époque et que je t'ai encore dans la peau maintenant … Et pour le fait que tu sois plus gros …Eh bien … Je suis encore fou de toi. Parce que je suis raide dingue de toi. Ok ? Alors hum, eh bien voilà.
Silence.
_ Alors d'habitude, c'est le moment où ton interlocuteur te dit quelque chose comme : "Ça alors, Stiles quelle belle et sincère confession ! Moi non plus, tu ne me laisses pas indifférent."
Derek hoche la tête.
_ Moi non plus, tu ne me laisses pas indifférent, Stiles.
Stiles ouvre la bouche pour protester et les lèvres de Derek se retroussent :
_ Tu le sais bien, voyons. J'avais peur que tu sois parti lorsque je suis rentré la nuit dernière.
_ Et où serais-je allé ? Je suis ton giton, tu t'en souviens ?
Les lèvres de Derek s'étirent pour maintenant former un grand sourire.
_ Comment pourrais-je l'oublier ?
Il baisse les yeux sur son assiette où se trouvent les restes de son petit-déjeuner.
_ Donc, que ce soit clair, tu veux que je mange ça ?
Stiles acquiesce avec ferveur :
_ Oui.
_ Et ensuite ?
_ Franchement ? Je veux juste retourner me coucher. J'ai vraiment très mal dormi.
_ Ne m'en parle pas, moi aussi. Il y a un trou du cul qui a tapé sur toutes les casseroles et les poêles aux aurores.
Derek est bien rassasié et plein quand ils rejoignent tous les deux son lit. Il a aussi envie de dormir mais lorsque Stiles vient l'enlacer, il retrouve un peu de son énergie.
_ Salut, chuchote Stiles, en glissant une de ses jambes sur les cuisses de Derek.
_ Salut, gamin.
Derek le saisit, l'amène vers lui avec brusquerie jusqu'à ce que Stiles se retrouve placé sur lui, à califourchon sur ses hanches.
Dès que Derek l'a installé, Stiles se frotte contre lui et ses mains tracent de petits cercles sur son ventre.
_ Alors, tu veux que je te chevauche ? Ou tu veux que je te suce ?
Stiles le regarde, le plus sérieusement du monde, les yeux largement écarquillés et Derek pense que tout ce qu'il veut vraiment faire, c'est jeter le gamin sur le lit et le défoncer à mort par derrière. Mais il est fatigué et ça lui demanderait trop d'énergie.
_ Chevauche-moi, dit-il finalement et il se saisit aussitôt du tube de lubrifiant.
Stiles le lui prend des mains et enduit ses doigts.
_Reste couché, dit-il et ça surprend un peu Derek, ça l'excite aussi un peu. Regarde-moi.
Stiles introduit sa main entre ses fesses, s'écrase contre elle, lentement, lubriquement. Derek devine qu'il n'arrive pas à se caresser comme il le voudrait, qu'il n'arrive pas à atteindre sa prostate mais il ne fait pas un geste pour l'y aider – il se contente de se repaître de la vision de Stiles, qui se tord sous la brûlure de sa main.
Quand il glisse en lui, finalement, la verge de Derek, il pousse une plainte désespérée. Malgré tout, il prend son temps, ses gestes sont presque atrocement lents. Il s'accroche d'une main à l'épaule de Derek, et de l'autre, il caresse son flanc en l'effleurant à peine, le pince un peu de temps en temps. C'est – C'est foutrement bon. Derek attrape Stiles par les hanches et le guide. Il le soulève jusqu'à son gland, puis le fait redescendre le long de sa queue, jusqu'à la garde.
Stiles jouit avec violence, ses lèvres sont rouges et mordillées, largement entrouvertes lorsqu'il atteint l'orgasme. Cette vision suffit à amener à son tour Derek au paroxysme du plaisir et il pilonne Stiles une fois encore, brutalement, durement, avant de le remplir de sa semence.
Ensuite, Stiles se tortille un peu, gigote comme il le fait toujours avant de vraiment s'endormir.
_ Alors tu es sorti courir dans les marais, la nuit dernière, demande Stiles quelques minutes plus tard, sa voix déjà enrouée de sommeil.
Derek émet un murmure d'approbation , il ne cherche même pas à ouvrir la bouche ou ses yeux.
_ Tu vas me laisser te revoir un jour te métamorphoser ?
Derek se raidit un peu.
_ Pourquoi est-ce que tu veux que je le fasse ?
_ Parce que c'est quelque chose qui fait partie de toi ? Et parce que tu étais magnifique à Mexico ?
Stiles hausse les épaules, ses doigts rampent nerveusement sur le ventre de Derek.
_ Tu n'y es pas obligé. Je veux dire, évidemment, tu n'es pas obligé de faire quoi que ce soit si tu n'a pas envie de le faire. Je – enfin, moi, je serais partant. Même plus que partant. Si jamais tu voulais le faire.
Ils restent silencieux pendant un moment et Derek étreint Stiles plus étroitement, il n'est pas sûr de ce qu'il doit dire. Il a vécu si longtemps à la Nouvelle Orléans en cachant sa véritable nature que l'idée de se transformer devant Stiles ne l'a même pas effleuré.
Il pensait que Stiles s'était endormi lorsque la voix du gamin s'élève encore une fois.
_ Hé,au fait, est-ce que ton loup est gros lui aussi ?
_ Dors, Stiles.
(1)Arm candy = jolie personne (homme ou femme) que l'on emmène avec soi dans des lieux publics sans avoir forcément avec elle une relation amoureuse. Ce n'est pas non plus un escort boy ou une escort girl ( le « arm candy » n'est pas rémunéré). Le arm candy sert à briller en société car on se promène avec à son bras quelqu'un qui attire le regard. On est donc envié , jalousé. Certains traducteurs proposaient « trophée ». Mais « homme-trophée » ne me convenait pas.
(2 ) Lifetime est une chaîne de télévision américaine spécialisée appartenant à A&E Television Networks et créée le 1er février 1984. Elle diffuse une programmation s'adressant principalement aux femmes sous forme de films sentimentaux ou tirés de faits divers, de séries télévisées, d'émissions de téléréalité et de divertissement.
Alors… Stiles va-t-il réussir à faire revenir Derek à Beacon Hills, bon sang ?
