Suite de la fiction parue sur ao3 , écrite par wreckingthefinite.

Bienvenue aux nouveaux followers qui se sont ajoutés aux précédents cette semaine.

Je salue MalyciagildaM qui laisse régulièrement des reviews en guest. Et merci à Jessy (ton nom s'est effacé lors du premier postage... désolée !) pour l'échange très sympathique et constructif que nous avons eu la semaine dernière.

Une étape très importante va être franchie dans ce chapitre , que je trouve par ailleurs plutôt drôle. J'espère qu'il vous plaira...


Message de PumpkinSpy : Voilà, cette traduction ainsi que cette histoire ne m'appartiennent absolument pas. Si cette traduction vous rappelle quelque chose, c'est tout à fait normal, ceci est une traduction de Calliope83.

Calli a décidé d'accorder du temps à ses projets professionnels et de ce fait, elle a décidé de se retirer de la liste des auteurs. Malgré tout, elle ne voulait pas laisser ses traductions tomber dans l'oubli, surtout pas après le temps consacré mais aussi en pensant à ceux qui souhaiteraient relire une histoire qu'ils avaient aimé.

D'un commun accord, je reprends sur mon propre profil auteur ses traductions.


Chapitre 8

_ Scott dit que Deaton a confirmé qu'il y a sans aucun doute un clan de sorcières en activité à Beacon Hills. Il a fait allusion à des résidus à base de plantes qu'il aurait trouvés… Je n'en sais pas plus. Tu sais bien que Scott n'est pas vraiment très doué pour communiquer des informations détaillées. Mais il y a bel et bien quelque chose qui se trame.

Il observe Derek, essayant de mesurer sa réaction. Il ne veut pas trop insister sur ce sujet – après la dispute de la semaine dernière, il se montre particulièrement circonspect dans ses propos.

Derek lui adresse un regard prudemment neutre.

_ Un clan de sorcières est passé par Beacon Hills quand j'étais enfant. Je ne m'en souviens pas vraiment. Le seul souvenir que j'ai gardé de cette période, c'est que nous avons dû rester à la maison pendant une semaine et que nous ne sommes pas allés à l'école parce que nos parents voulaient nous avoir à l'œil.

Il esquisse un petit sourire.

_ Quand j'y repense, nous avons pratiquement vécu comme des prisonniers confinés dans leur cellule mais ça nous paraissait amusant à l'époque.

Stiles est plutôt décontenancé : il se rend compte que ce doit être probablement la première fois que Derek partage volontairement des informations sur sa vie avant l'incendie. Il lui sourit, un peu hésitant, comme s'il se sentait dans la position de quelqu'un qui cherche à approcher un animal peut-être blessé.

_ La situation devait sûrement être moins drôle pour tes parents, avec trois gosses dans leurs pattes alors qu'ils essayaient de faire face à une menace.

_ Plus que ça – tous mes cousins étaient là aussi. La maison était tout le temps pleine. Il hausse les épaules. Les loups garous de naissance ont toujours de grandes familles. C'est normal.

Stiles hoche la tête, essaie de ne pas montrer qu'il a l'impression que son cœur va se briser à la pensée que Derek a d'abord vécu entouré d'une immense famille puis s'est retrouvé par la suite à vivre seul.

_ Une portée de chiots, dit-il, d'un ton qui se veut dégagé

Derek grogne.

_ En quelque sorte.

_ Ça devait être chouette. Il n'y avait que moi à la maison, je grandissais seul. Bon, et il y avait Scott, en vérité. Il était toujours dans les parages.

_ C'était chouette.

Il se tourne sur le canapé et Stiles remarque qu'il utilise un élastique pour attacher le bouton de ses jeans. Détail hyper craquant et sexy comme ce n'est pas permis. Et aussi un peu absurde – ce mec est un millionnaire, mais apparemment, il ne peut pas se résoudre à s'acheter de nouveaux jeans ! Stiles ne veut pas gâter la bonne ambiance qui règne entre eux pour l'instant et compromettre la franchise prudente dont Derek fait preuve à propos de ses souvenirs d'enfance… néanmoins, il classe dans un coin de sa mémoire le dossier « Jeans –Attachés- Avec -Un – Elastique » pour taquiner plus tard Derek.

_ Du nouveau à propos de l'oméga ?

La voix de Derek reste délibérément désinvolte et il fixe son portable comme si ce qu'il faisait défiler sur l'écran retenait la plus grande partie de son attention. Mais bon sang, c'est la première fois qu'il demande quelque chose sur Beacon Hills. C'est un énorme pas en avant.

_ Oui, je suppose que son odeur est encore repérable partout dans la réserve naturelle et tout autour de la maison de Chris Argent mais Lydia n'est plus là – elle est partie à Stanford la semaine dernière. Scott se fait tout de même du souci.

_ Il peut s'en faire. Ce problème ne va pas disparaître de sitôt.

Ses sourcils se froncent et il continue de pianoter sur son portable.

_ Chris n'aurait pas dû laisser partir Lydia. Je suis surpris qu'il l'ait laissée faire.

_ Chris n'aurait pas dû la laisser partir ? Lydia est plutôt du genre indépendant, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué.

_ Et Chris protège ce qui lui appartient.

Stiles écarquille les yeux, bredouille un peu.

_ Quoi ?

_ Tu ne penses pas qu'ils fricotent ensemble ?

Derek pose son portable et le regarde.

_ En fait, je me posais plus ou moins la question. Mais – enfin, il est assez âgé pour être son père.

Derek hausse les épaules, le regarde d'un œil un peu égrillard.

_ Il y a des gens qui sont attirés par les « papas », Stiles.

Stiles rougit et se tait pendant une minute.

_ Je ne pense pas que Chris puisse lui dicter sa conduite, de toute façon. Elle est autoritaire comme tout.

Derek ne se donne même pas la peine de lever la tête.

_ Est-ce que tu as déjà rencontré Victoria Argent ? S'il a été marié à une femme pareille, alors il doit savoir comment s'y prendre avec Lydia .

(-)

Le vol de Stiles en direction de la Californie part vendredi matin.

Le mardi, Derek l'empoigne alors qu'ils traversent ensemble le couloir. Le plaque contre le mur.

Il attrape les deux poignets de Stiles , les enferme dans une seule de ses larges mains, les plaque au-dessus de sa tête puis enroule son autre main autour de la gorge de Stiles. Ne pousse pas, ne serre pas, reste juste .

Quand Derek l'embrasse, Stiles songe aussitôt qu'il aura sans doute les lèvres meurtries. Et lorsque Derek le retourne jusqu'à ce qu'il se retrouve face au mur, lorsqu'il l'écrase contre la cloison et lui retire ses jeans si brutalement que Stiles trébuche presque, il sait pertinemment qu'il aura des bleus sur ses hanches.

Derek le prépare à peine, il le pénètre, directement, brutalement, et Stiles peut sentir le ventre de Derek taper contre le bas de son dos après chaque poussée de son membre en lui. Il jouit avec tellement d'intensité que sa vision se couvre d'un voile blanc. Ensuite, Derek le porte directement sous la douche.

Le mercredi matin, Stiles sort pour aller acheter de quoi déjeuner. Il rapporte du café au lait et une douzaine de donuts, et Derek laisse Stiles le nourrir, à la main, avec une bonne partie des beignets. Puis Stiles chevauche sa queue, langoureusement, lubriquement. Quand ils ont fini, Derek fait descendre Stiles de ses hanches, le place à ses côtés puis frotte son visage dans le cou de celui-ci, sans fin, encore et encore, jusqu'à ce que Stiles ait , à cause de la barbe de Derek, la peau en feu, de la mâchoire jusqu'à la gorge.

Le jeudi matin, Derek jouit sur le torse de Stiles , avant que ce dernier ne parte au travail puis il jouit encore sur son visage l'après-midi, quand il rentre. Et certes, Stiles est largement partant pour ce genre de pratique, mais il commence à soupçonner que Derek cherche à atteindre un but précis.

_ MMMhh. Alors comme ça, tu me marques ? demande-t-il, parce qu'il a décidé que la meilleure ligne de conduite à adopter avec Derek, c'est d'être le plus direct possible avec lui.

Derek promène sa main à travers sa semence répandue sur le visage de Stiles, l'étale sur ses joues, son menton et pour finir, introduit deux doigts dans la bouche de Stiles. Ce dernier lèche le sperme et ensuite suce docilement les doigts de Derek.

_ Eh bien ? dit-il lorsqu'il retire sa bouche en faisant un petit bruit de claquement obscène.

Derek hausse les épaules.

_ Les loups font ça à leurs partenaires, parfois.

_ Oui, j'ai déjà vu Scott le faire. Bon, je ne l'ai pas vu étaler son sperme, évidemment. Mais le coup de l'odeur corporelle laissée dans la région du cou, oui.

_ Tu m'étonnes. Lorsque ce gamin a commencé à sortir avec Kira, elle sentait comme s'il avait promené ses couilles partout sur elle, marmonne Derek.

_ Oh, mince, ne me dis pas des trucs pareils !

_ C'est juste la vérité.

Stiles se redresse pour prendre un mouchoir en papier et essuie son visage tout collant. Il se recouche et trace un sentier avec ses doigts, du torse de Derek jusqu'à son nombril, puis arrête sa promenade sur la partie la plus douce de son ventre.

_ Alors pourquoi tu frottes tes couilles partout sur moi tout à coup, mon gros ?

Derek hausse les épaules.

_ Pour rien.

_ Ce n'est pas parce que je m'en vais demain, alors ?

Derek se tortille sur le matelas, se redresse et appuie son dos contre la tête du lit. Stiles le regarde, fasciné, observant son ventre qui bouge au gré de ses mouvements, qui prend une forme plus ronde maintenant qu'il s'est assis.

_ Seulement en partie parce que tu seras loin de moi, avoue finalement Derek.

_ Et pour quelle autre raison? »

Stiles se montre soudain vraiment curieux. Il l'est toujours dès qu'il est question de surnaturel.

_ Tu seras entouré d'autres loups, admet Derek.

Stiles incline sa tête.

_ Tu fais en sorte que j'ai la même odeur que toi pour que la meute sache que je vis avec toi ?

_ Ils l'auraient deviné de toute façon. Tu as passé tout l'été ici.

_ Tu veux qu'ils sachent que tu me baises ?

Derek hausse les épaules.

_ Oh mon Dieu, tu as marqué ton territoire, exulte Stiles, gloussant un peu. Tu sais, tu aurais pu tout simplement m'accompagner.

Derek se tait et Stiles soupire. Ils s'entendent bien mais, apparemment, avoir une conversation évoquant le retour de Derek à Beacon Hills, ne serait-ce que pour un long week end, demeure un sujet tabou.

Stiles s'est résigné à retourner tout seul à Beacon Hills lorsque Malia appelle Derek – et elle n'appelle même pas pour parler de l'oméga ou la meute, pas du tout, vraiment. Stiles peut deviner qu'à la fin de leur conversation, ils sont en train de discuter de Peter. Apparemment, ce dernier a été « perturbé » ces derniers temps. Il a fait de sombres prédictions à propos de « la perte du territoire des Hale » -comprenne qui pourra - et a surtout mis à rude épreuve les nerfs des gens qui prennent soin de lui – et qui le maintiennent aussi enfermé.

Sur son visage, Derek arbore une expression que Stiles n'arrive pas exactement à déchiffrer. C'est un mélange de souffrance, de colère et de peine.

C'est, eh bien … C'est l'une des nombreuses raisons pour lesquelles Derek n'est pas emballé du tout à l'idée d'aller faire un tour en Californie…

_ Oui, Stiles est là, dit Derek et Stiles peut entendre à l'autre bout du fil une exclamation étouffée et enthousiaste.

_ Salut, Malia, hurle-t-il, alors qu'il sait pertinemment qu'elle pourrait l'entendre même s'il chuchotait. Mets le hautparleur, Derek, pour que je puisse l'entendre.

_ Salut, Stiles ! La voix désincarnée de Malia, rendue métallique par l'amplificateur, s'élève, joyeuse. Alors, comme ça, tu vis avec Derek ?

_ Euh, - je veux dire, oui ?

Stiles ne sait pas vraiment quoi répondre. Il ne sait pas jusqu'à quel point il peut dire qu'ils sont officiellement engagés dans une relation stable, ou encore jusqu'à quel point Derek souhaite communiquer avec la meute sur sa vie privée. Autant ajouter cette question à la longue liste de « Tout Le Merdier Dont Ils N'Ont Pas Encore Discuté ».

_ Oh, c'est trop chou ! Tous les petits amis de Stiles à l'université étaient eux aussi des mecs gros, Derek, s'écrie-telle, gaiement. Il adore les gros.

Et oui, six années passées dans le monde civilisé et elle n'a pas encore vraiment intégré toutes les règles de savoir vivre qui permettent de tenir une conversation polie. Stiles suppose qu'il y a certaines choses qu'on ne pourra jamais apprendre si on ne les a pas connues enfant.

_ Merci d'avoir partagé cette information, dit Stiles, réprimant tant bien que mal son envie de rougir.

Derek jette un rapide regard de connivence à Stiles.

_ Il m'a montré leurs photos sur Instagram , dit Derek, qui est resté apparemment impassible.

Bien sûr, il avait dit que lui et Malia étaient assez proches – il est sûrement habitué à son complet manque de finesse. Ou de tact. Ou d'élégance en société.

_ Alors tu devrais venir avec Stiles demain, poursuit Malia.

Derek commence à protester :

_ Je n'ai pas acheté de billet…

Mais Stiles l'interrompt.

_ Oui ! Oui, il devrait, n'est-ce pas ? Dis-le-lui, Malia.

_ Tu devrais venir, Derek. Ça fait cinq ans que tu boudes à la Nouvelle Orléans dans ton coin. Ramène ton cul à la maison.

(-)

Ce n'est pas que Derek ne rentre plus dans un siège d'avion. Il y arrive, il y arrive vraiment. C'est juste que – eh bien … Les avions - tout spécialement en deuxième classe, ce qui bien sûr est tout ce que Stiles peut s'offrir, et bien sûr Derek a acheté un billet sur le même vol , également en deuxième classe, et a payé le triple de ce que Stiles a déboursé pour avoir le privilège de s'offrir une place la veille du voyage – donc, les avions sont … quelque peu exigus. Et Derek est assez … gros. Les épaules larges, les cuisses épaisses. Et ses genoux touchent presque le dos du siège situé en face de lui.

Et, mon Dieu, Stiles essaie de ne pas constamment traiter Derek comme un homme-objet, comme une source de fantasmes. Il essaie réellement de le faire. Mais le voir se trémousser dans son siège, remarquer combien son ventre déborde au-dessus de la ceinture, sentir ses bras frotter contre lui parce qu'il est tout simplement , tout près, empiétant sur l'espace occupé par Stiles , eh bien...

Eh oui, tout cela excite complètement Stiles, qui, de son côté, a l'impression d'être un salaud intégral, surtout lorsque les narines de Derek se dilatent et qu'il le regarde avec des sourcils plus réprobateurs que jamais.

_ Quoi ? dit Stiles en écarquillant les yeux.

_ Non, mais sérieusement, tu as la gaule, là, maintenant ?

_ Non ! Oui. Enfin, seulement un peu ?

Derek secoue la tête, partagé entre l'amusement et l'agacement.

_ Bon sang, gamin. Mais pourquoi ?

_ Tu as tout simplement l'air vraiment sexy, dit Stiles, qui ne fait qu'exprimer avec sincérité ses impressions.

Derek le regarde.

_ Pourquoi ?

Stiles se tortille, mal à l'aise.

_ Parcequetufaisparaîtrecesiègetellementriquiqui, marmonne-t-il.

_ Tu es un monstre. Et vraiment, je suis foutrement mal installé. La prochaine fois que tu me fais faire ça, j'achèterai des billets en première classe.

La prochaine fois ? Il voudrait bien refaire ce voyage ? Et il part du principe que Stiles l'accompagnera ?

_ Merci, Petit Papa Gâteau, lâche Stiles, tout sourire.

Deux escales et onze heures plus tard, ils sont enfin de retour en Californie. Pour être honnête, la journée a été plutôt pourrie. Derek est tendu – peut-être à l'idée de retourner à Beacon Hills ou peut-être parce qu'il était vraiment mal installé dans l'avion, ou peut-être à cause d'autre chose encore. Stiles n'en a pas la moindre idée.

Quant à Stiles ? Eh bien, il a assez bien supporté les deux premiers vols, mais au moment où leur avion stationnait sur la piste de l'aéroport, en attendant de décoller de Los Angeles en direction de San Francisco, il trépidait dans son siège, gagné par le désir impérieux de bouger. Il avait été coincé dans des avions et des aéroports toute la journée et il était littéralement au bout du rouleau. Finalement, alors que pendant le décollage Stiles commençait nerveusement à tapoter avec ses mains sur toutes les surfaces disponibles autour de lui, Derek avait allongé son bras, posé sa main sur l'arrière de la nuque de Stiles et avait appuyé. Durement.

_ Stiles. Calme-toi.

En aucun cas cela n'aurait dû marcher. Si cela avait été aussi facile de faire taire Stiles, il n'aurait pas passé autant de temps en retenue au lycée. Et pourtant, d'une certaine façon, ça a marché. Stiles s'était retourné pour regarder Derek et ce dernier l'avait juste fixé, pondéré et calme.

_ Assieds-toi contre ton siège. On est presque arrivés.

Alors Stiles a obéi. Derek a laissé tomber sa main du cou de Stiles pour la placer sur sa cuisse et il l'a tout simplement tenu là, plaqué sous sa large paume, pour le reste du vol qui, Dieu merci, a été court.

Lorsqu'ils mettent un pied à l'extérieur de l'aéroport, c'est étonnant, mais l'air est presque frais. C'est une belle journée , pourtant on est loin de subir la température digne d'une cocotte-minute qui règne début septembre en Louisiane. Cette absence de chaleur, voilà qui est surprenant.

Presque peut-être aussi surprenant que de constater que Chris Argent a non seulement accompagné Lydia pour venir les chercher mais qu'il descend du siège conducteur de la Toyota de Lydia, pendant que cette dernière sort souplement et gracieusement du siège passager.

La signification de tout ce manège n'a apparemment pas échappé à Derek parce qu'il donne un coup de coude à Stiles et lui adresse un regard peu amène qui semble dire: « Alors, hein ? Je te l'avais bien dit ».

Lydia serre Stiles très fort dans ses bras, comme il s'y attendait mais il est un peu surpris lorsque Derek et Chris se donnent également l'accolade, d'un seul bras, certes, mais avec une franche camaraderie, chacun attrapant l'épaule de l'autre et la tapotant. Stiles les observe, fasciné.

D'un côté, Derek est un Hale et Chris, un Argent. Mais d'un autre côté, ce sont deux hommes qui, le premier comme le second, ont pratiquement tout perdu. Quoi qu'il en soit, cela rend heureux Stiles de voir Derek adresser à Chris un sourire aimable et décontracté.

Lydia et Chris s'étonnent peut-être de voir que Derek n'a plus la silhouette qu'il avait cinq ans auparavant, lorsqu'il ressemblait à un mannequin de catalogue pour sous-vêtements, mais aucun d'entre eux ne fait de remarque à ce propos.

(-)

La meute a rendez-vous le soir même à l'appartement de Scott et Kira pour y dîner. Derek ne veut pas y aller – il préférerait ramener Stiles à leur hôtel pour y passer la nuit. Cependant, celui-ci ne l'entend pas de cette oreille. Bon sang, il devrait lui être tout simplement reconnaissant de leur avoir pris une chambre d'hôtel.

Mais Stiles a l'intention de dormir sur un matelas gonflable, dans la chambre d'amis de Scott et Kira et il tente, en toute bonne foi, de convaincre Derek que coucher sur un matelas gonflable est une option tout à fait valable pour tous les deux.

Derek rechigne à le faire - et, poussé dans ses derniers retranchements, joue la carte de « Je suis bien trop gros pour dormir sur un putain de matelas gonflable ». A ces mots, les prunelles de Stiles se couvrent d'un léger voile et, soudain, il se montre tout à fait disposé à passer la nuit dans la chambre que Derek a déjà réservée au Hilton.

Les yeux de Scott s'écarquillent lorsque Stiles le prend dans ses bras pour lui dire bonjour puis dérivent en direction de Derek. Sûrement parce que le gamin dégage une odeur particulière, comme si Derek avait plusieurs fois éjaculé sur lui pendant toute la semaine. Ce qui est effectivement le cas.

Scott- c'est tout à son honneur- ne fait absolument aucune réflexion à ce sujet. Il se contente d'adresser par-dessus l'épaule de Stiles un regard neutre à Derek, suivi d'un petit signe de tête.

Derek, pendant le repas, s'efforce de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Scott et Kira ressemblent un peu à des enfants qui jouent à la dînette, pense-t-il en son for intérieur, mais il ne jalouse pas leur bonheur. Leur appartement est à l'évidence meublé d'objets d'occasion ou d'objets qu'ils ont récupérés chez leurs parents. Presque tout chez eux semble hurler : " C'est notre premier appartement à nous, rien qu'à nous !"

Il y a une énorme casserole de spaghettis qui trône sur leur plaque de cuisson et, dans le four, quatre miches de pain à l'ail gardées au chaud. Les assiettes dépareillées ont un certain charme, tout comme le vin qu'ils servent, tiré d'un cubi en carton conservé au réfrigérateur. Derek, amusé, contemple Chris Argent faire tournoyer le vin dans son verre, en prendre une longue gorgée puis grimacer. Chris remarque son regard et incline son verre dans sa direction, en un petit salut moqueur, avant d'avaler le reste.

Satané Chris Argent . Qui aurait pu prédire que Derek finirait par apprécier cet homme ? Ou qu'un membre du clan des Argent assisterait carrément à des réunions tenues par une putain de meute de loups-garous ?

La conversation au cours du dîner tourne principalement autour de l'oméga et du clan des sorcières mais il n'y a rien que Derek n'ait déjà entendu de la bouche de Stiles. Derek fixe Scott qui est assis de l'autre côté de la table. C'est un bon alpha mais c'est sûr qu'il n'a jamais eu les qualités requises pour être un bon traqueur. Et comme il éprouve de sérieuses difficultés pour débusquer l'oméga, Derek soupçonne qu'il ne s'est toujours pas amélioré dans ce domaine. C'est vraiment regrettable que Boyd … – c'est vraiment regrettable que Boyd ne soit pas là, pour un tas de raisons, des raisons qui donnent des aigreurs d'estomac à Derek et qui oppressent sa poitrine. Il se trouve qu'une des raisons pour lesquelles on peut déplorer sa disparition, c'est que Boyd avait été un excellent traqueur – bien meilleur que certains loups garous de naissance.

En pensant à Boyd,il en arrive à penser à Erica et sa poitrine se resserre un peu plus encore. Merde.

Voilà pourquoi il ne voulait pas revenir. A Beacon Hills , il ne se sent pas chez lui. C'est une putain de ville peuplée de fantômes. Où qu'il se tourne surgit l'ombre de quelqu'un, quelqu'un qui devrait être là mais qui n'y est pas. Il ne sait pas comment Chris Argent fait pour supporter cela.

Il le regarde, observe la façon dont Lydia est assise bien trop près de lui pour ne pas blesser les convenances, même si, en vérité, leurs deux corps ne se touchent pas. Sa jupe est courte jusqu'à l'indécence, ses cuisses blanches et douces découvertes pratiquement jusqu'à son mont de vénus, et la main de Chris repose sur sa propre cuisse, mais à un petit centimètre ou deux seulement de la sienne.

Peut-être que c'est de cette façon qu'il arrive à supporter tout cela.

L'assiette de Derek est vide et Stiles s'en empare, enlève en les raclant avec dextérité les restes de ses spaghettis pour les mettre dans l'assiette de Derek. Il le regarde et lui adresse le sourire le plus adorable qu'il ait jamais vu.

Quel sale foutu gamin. Quand il revient de la cuisine une minute plus tard, il dépose sur les genoux de Derek plusieurs morceaux de pain à l'ail, avant de s'installer sur le canapé, les jambes croisées, juste à côté de lui.

Plus tard, Malia fait passer un récipient en plastique rempli de cookies aux pépites de chocolat .

_ Le dessert, déclare-t-elle d'un ton sérieux.

Stiles lui sourit. Il a toujours été très à l'aise avec Malia, Derek s'en souvient. Tout son passé d'enfant sauvage n'a jamais semblé lui faire peur, même quand, au tout début, elle était plus coyote qu'humaine.

_ C'est toi qui les as faits ? demande Stiles.

_ Oui. Je te donnerai la recette et comme ça tu pourras en faire pour Derek, dit-elle en étendant la main pour tapoter, avec une certaine désinvolture, le ventre de Derek lorsqu'elle passe devant lui.

Cette foutue Malia ! Derek a passé toute la soirée sans entendre un seul commentaire sur les vingt-cinq kilos de trop qu'il arbore mais vous pouvez compter sur elle pour aborder le sujet dont tout le monde évite de parler et en plus, elle ne s'en rend même pas compte !

(Et, au fait, vraiment ? Seulement vingt-cinq ? C'est plus de vingt-cinq kilos désormais. C'est sûrement plus puisqu'il n'arrive plus à boutonner un seul de ses jeans. Bon Dieu. Merci bien, Stiles Stilinski.)

Stiles devient rouge écarlate . Kira et Lydia lui lancent des regards lourds de connivence. Scott a l'air embarrassé. Quant à Liam et Mason, ils n'ont apparemment pas du tout relevé la remarque de Malia, ni son geste.

_ Euh, merci, Malia.

_ Pas de problème, dit-elle en leur faisant à tous les deux un grand et large sourire.

_ Mais tu ne sais pas faire la cuisine, dit Scott.

_ Je peux apprendre, rétorque Stiles, qui semble agacé.

_ Je suis étonnée que tu ne l'aies pas déjà fait. Derek ne saute jamais un seul repas, s'écrie Malia joyeusement et,vraiment, Derek a une foutue envie de l'étrangler sur place, même si elle est l'une des dernières Hale encore vivante sur cette terre.

_ Oh mon Dieu, ok. Merci Malia, donne-moi ces foutus cookies, finit par dire Stiles en lui prenant le Tupperware des mains. Ok, alors, pour cet oméga, Scott… Qu'est-ce qu'on va faire ?

(-)

_ Tu veux un cookie? demande Stiles, affalé sur le lit double de leur hôtel, ce soir-là.

_ Je n'arrive pas à croire que tu les aies emportés avec toi.

_ Mais c'est elle qui l'a proposé !

_Et toi, tu n'as aucune dignité.

Stiles hausse les épaules puis secoue la tête.

_ Et maintenant, tout le monde est au courant à notre sujet.

_ Sauf Scott, apparemment.

_ Scott est une âme pure et innocente. Cela fait partie de son charme. Stiles s'interrompt, mord dans un cookie puis le tend à Derek qui le prend bien volontiers. Tu crois qu'il fait avec Kira des trucs au lit qui sortent de l'ordinaire ?

_ Aucune chance. Position du missionnaire tous les jours.

Stile s'esclaffe.

_ Par contre Chris et Lydia, c'est sûr.

_ Oh oui, ces deux-là font des trucs au lit qui sortent de l'ordinaire, dit Derek, en prenant un autre cookie.

_ Nous devrions nous aussi faire des trucs qui sortent de la routine tout de suite, mon gros. Stiles se redresse pour s'asseoir, passe son t-shirt par-dessus la tête, dévoilant son joli torse mince. Qu'est-ce que tu en dis ?

_ Viens par ici.


Prochain chapitre … Un peu plus d'action…