Merci à tous pour vos reviews... Bienvenue aux nouveaux followers ...Ce soir, chapitre "pépère" mais qui prépare le chapitre final, comme vous le verrez la semaine prochaine ! ;)
Merci pour l'auteur que je tiens régulièrement au courant de vos reviews.
Beaucoup de notes en fin de chapitre car le texte fait référence à certains spectacles traditionnels suivis par des millions d'Américains au moment de Thanksgiving.
Message de PumpkinSpy : Voilà, cette traduction ainsi que cette histoire ne m'appartiennent absolument pas. Si cette traduction vous rappelle quelque chose, c'est tout à fait normal, ceci est une traduction de Calliope83.
Calli a décidé d'accorder du temps à ses projets professionnels et de ce fait, elle a décidé de se retirer de la liste des auteurs. Malgré tout, elle ne voulait pas laisser ses traductions tomber dans l'oubli, surtout pas après le temps consacré mais aussi en pensant à ceux qui souhaiteraient relire une histoire qu'ils avaient aimé.
D'un commun accord, je reprends sur mon propre profil auteur ses traductions.
Chapitre 12
Fin septembre, un après-midi, Stiles revient de son travail au Café Call et trouve Derek assis à la table de la cuisine, une paire de lunettes à monture noire sur le nez, en train de parcourir les photocopies que Stiles a rapportées du département des Archives, la veille.
Stiles se raidit un peu, inquiet à l'idée de s'approcher de lui, comme si Derek était un animal sauvage susceptible de détaler aussitôt qu'il aurait pris peur.
Derek n'a jamais manifesté un quelconque intérêt pour les travaux de Stiles , même depuis leur week end de la fête du travail, alors que ce qui s'est passé durant leur séjour a démontré de façon éclatante la pertinence de ses recherches. Il l'a cependant soutenu à sa manière. Par exemple, il ne s'est jamais plaint que Stiles passe des heures au département des archives de Tulane. Il ne râle jamais lorsque Stiles éparpille partout sur la table de la cuisine des photocopies et des pages gribouillées d'annotations,qu'il fixe avec des punaises sur le mur des feuilles, qu'il les accroche sur la porte du frigo, ou encore qu'il les suspend dans un coin du miroir de la salle de bain sous prétexte qu' « il réfléchit beaucoup sous la douche. » Mais Derek n'a jamais essayé non plus de l'aider dans ses recherches. Voilà qui est nouveau. Et Dieu du Ciel, c'est une chose que Stiles souhaite de tout son cœur voir se réaliser.
_ Salut, dit Stiles, qui se sent étrangement intimidé. Qu'est-ce que tu fabriques, mon gros ?
_ Je jette un coup d'œil aux trucs que tu as rapportés sur Marie Laveau, explique Derek, même si Stiles connaît déjà la réponse à sa question.
_ La reine du vaudou à la Nouvelle Orléans, réplique gaiement Stiles.
Sur Bourbon Street, les touristes peuvent visiter la Maison du Vaudou, autrefois occupée par Marie Laveau, y acheter des poupées pour pratiquer les rites vaudous et ils peuvent également se faire lire les lignes de la main. S'ils ont l'âme particulièrement aventureuse, ils peuvent aller au cimetière de Saint Louis et flâner dans le labyrinthe des pierres tombales érigées au-dessus du sol (c'est la seule manière possible d'enterrer les morts dans une ville située sous le niveau de la mer), jusqu'à ce qu'ils arrivent à celle attribuée à Marie Laveau. Sur la pierre de son caveau , ils pourront tracer un X, faire un vœu ou encore jeter un sort. Stiles aime bien le personnage de Marie. Il a rassemblé tous les documents qu'il a pu trouver sur elle , en partie pour constituer un dossier de recherche dans le cadre de son cours sur les pratiques culturelles des sociétés traditionnelles mais aussi pour son plaisir personnel.
_ Encore un nom qui permet de fourguer de la camelote aux touristes.
Derek lève les yeux au ciel. Il prononce cependant ces paroles sans acrimonie, et sans se montrer méprisant.
_ Tu ne penses pas qu'elle était une authentique prêtresse vaudou ? demande Stiles, tout en se glissant entre la table et la chaise où est assis Derek. Il pousse l'épaule de ce dernier jusqu'à ce qu'il se retrouve plaqué contre le dossier de sa chaise et que Stiles puisse se laisser tomber sur ses genoux.
_ Selon moi, c'est surtout une personne qui a authentiquement existé, qui prétendait pratiquer des rites magiques et je pense que beaucoup de gens étaient assez crédules pour croire en ses talents, dit Derek.
_ Je ne sais pas… Est-ce que tu as vu la saison 3 d'American Horror Story, intitulée « Coven » et consacrée à la sorcellerie ? Tout ça semblait plutôt authentique, plaisante Stiles.
Derek lève à nouveau les yeux au ciel, laisse tomber son crayon sur la table, enlace Stiles, dépose un baiser sur le coin de ses lèvres.
_ Tu as l'air sexy, dit Stiles. Il touche puis tapote l'armature des lunettes de Derek. Et si intelligent, en plus.
Derek fait la grimace.
_ Je n'ai pas l'air intelligent, d'habitude?
_ Mmm, je suppose simplement qu'en nous regardant, les gens pensent que tu fais travailler tes muscles et que moi je fais travailler mes méninges.
_ Sale gosse.
_ Non, mais blague à part, tu as l'air sexy. Genre, le prof sexy pour lequel tout le monde en pince secrètement.
Stiles hausse ses sourcils de façon suggestive et se tortille un peu sur les genoux de Derek. Derek se penche un peu en arrière, et sa main dérive vers son ventre, bien qu'il ne semble pas avoir conscience de faire ce geste.
_ Tu es ridicule.
_ Non, je pense vraiment ce que je dis, dit Stiles, se retournant de façon à être placé bien en face de Derek, à califourchon sur ses grosses cuisses. Tu ressembles à ce genre de personnage, tu sais, l'entraîneur de football qui serait aussi prof d'histoire.
Stiles se penche un peu en avant, jusqu'à ce que son petit menton pointu repose sur l'épaule de Derek, puis il chuchote presque –mais pas tout à fait- à son oreille :
_ Celui qui jouait au football à l'université jusqu'à ce qu'il se blesse grièvement au genou … Et qui, à partir de ce moment-là, a commencé à prendre du poids. Stiles pose ses mains sur le ventre de Derek et tapote, légèrement. Mais il est encore vraiment fort et complètement, totalement désirable et moi, je serais désespérément tombé amoureux de lui si j'avais été dans sa classe.
Derek laisse échapper un rire bref.
_ Espèce de petit pervers. Alors même à cette époque, hein ? Un gros ventre, ça t'aurait branché ?
_ Oh mon Dieu, ô que oui. Je me serais attiré exprès des ennuis tous les jours, juste pour que vous me convoquiez après les cours, Monsieur Hale.
_ Bon sang de bonsoir, Stiles.
(-)
Derek sait que Stiles est excité avant même qu'il franchisse le seuil de la porte d'entrée – pendant qu'il entend Stiles gravissant les marches de l'escalier, il peut humer ce qu'il ressent, c'est une explosion d'odeurs mêlées d'enthousiasme et de joie, bizarrement agrémentées d'une pointe d'appréhension.
_ Devine quoi? lance Stiles dès qu'il entre dans l'appartement. Il jette par terre son sac à dos, se débarrasse de ses chaussures en les laissant traîner à l'entrée de la porte, comme il le fait toujours.
_ Quoi donc?
_ Non, tu dois deviner, exige Stiles. Je te vais te donner un indice. C'est à propos de Beacon Hills.
_ Jésus, est-ce que j'ai une tête à me prêter à ce genre de petit jeu ? Derek dilate à nouveau ses narines afin de vérifier une seconde fois les effluves qui émanent de Stiles. Tu sens comme si tu étais heureux, et c'est une odeur qui ne cadre généralement pas avec les nouvelles que nous recevons de Beacon Hills.
_ C'est une bonne nouvelle, spécifie Stiles.
_ Ils ont fermé le Néméton.
Stiles lève les yeux au ciel.
_ J'ai dit une bonne nouvelle, pas un miracle. Allez, mon loup grognon. Une bonne nouvelle que les gens aiment partager. Essaie de deviner.
_ Oh, mon Dieu, quelqu'un attend un enfant ? Derek plisse le nez. Chris ne serait pas aussi sacrément stupide, tout de même ?
_ Oh ! Pour l'amour de Dieu, Derek. J'ai dit une bonne nouvelle, espèce de bourriquet !
La voix de Stiles laisse percer son énervement mais ses yeux restent chaleureux, comme s'il trouvait Derek irritant mais malgré tout attachant. Eh bien, Derek comprend tout à fait ce sentiment : c'est ce qu'il éprouve lui-même quand il est en présence de Stiles, 99 pour cent du temps.
_ Et, au fait, est-ce que ce serait vraiment la pire des nouvelles si Lydia était enceinte ? Pourquoi tu dois jouer les rabat joie ?
Derek cligne des yeux.
_ Elle a commencé le premier semestre de son Master en université et Chris est âgé de – quoi, à peu près 45 ans ? Et la dernière fois que nous avons passé un weekend ensemble, il a tué quatre personnes.
_ Fort bien, mais, toi, tu as arraché la gorge de quelqu'un ce weekend- là, je te le rappelle.
_ C'est l'une des nombreuses raisons pour lesquelles je suis bien content que tu n'attendes pas d'enfant, réplique Derek, pince-sans-rire.
Stiles lève les yeux au ciel et fait un geste dédaigneux de la main.
_ Non, il s'agit de Scott et de Kira.
_ Kira est enceinte ?
_ Non, espèce de zinzin tordu, personne n'attend d'enfant ! Tu es obsédé par ça, ma parole !
_ Tu as dit une bonne nouvelle que les gens aiment partager, dit Derek.
_ Oui, et que font les gens, d'ordinaire, avant qu'ils aient des enfants ?
_ Ils baisent ?
_ Oh, mais c'est pas vrai, bordel ! Ils se marient !
_ Oh.
Derek ferme puis ouvre ses paupières. Maintenant que Stiles a proclamé de quoi il s'agissait, c'était une nouvelle qui était bien plus évidente à trouver, pour tout dire, que le bébé surprise de Lydia et Chris. Mais ses réponses à côté de la plaque s'expliquent tout simplement de la façon suivante : Derek n'a pas de références en matière de mariage. Les loups garous pur sang, pour commencer, ne se marient pas systématiquement. Ses parents s'étaient certes mariés mais c'était plus parce que les Hale étaient considérés comme une famille éminente dans la communauté de Beacon Hills que parce qu'ils accordaient une quelconque valeur à cette institution. Et ensuite, quand il avait perdu – eh bien, pour tout dire, presque tous les membres de sa famille- c'en était fini des mariages auxquels il aurait pu assister, à supposer d'ailleurs que certains d'entre eux auraient été désireux de se marier.
_ Eh bien ?
Stiles le fixe et semble attendre une réaction de sa part.
_ C'est bien.
Stiles lui jette un drôle de regard, le genre de regard dont il ne peut pas vraiment déchiffrer la signification.
_ Oui, ça l'est vraiment, mec.
_ Je ne suis pas surpris par cette nouvelle, poursuit Derek. Ils avaient l'air heureux, à jouer à la dînette quand nous étions chez eux.
_ Jouer à la dînette ? répète Stiles comme dans un écho.
Derek hausse les épaules.
_ Ils avaient l'air heureux, c'est tout ce que je voulais dire.
Stiles exhale , soudain, une odeur de frustration et il y a aussi cette touche d'appréhension qui flotte encore dans l'air et dont Derek n'arrive pas à déterminer la cause. Toute cette conversation lui laisse un sentiment d'inachevé, comme si Stiles recherchait quelque chose qu'il ne parvenait pas à trouver ou que Derek ne lui donnait pas.
_ Bon, quand le mariage a-t-il lieu? demande-t-il, non pas parce que la date du mariage le préoccupe particulièrement mais parce qu'il lui semble que c'est la question la plus appropriée à poser dans cette situation.
_ Le jour de l'an, dit Stiles, qui a retrouvé le sourire. Ils ont fixé cette date parce que tout le monde sera de retour à la maison pour les vacances.
Il regarde Derek d'un air éloquent.
_ Et donc nous aussi? demande Derek, parce qu'il n'est pas bouché à ce point, même s'il a du mal à saisir toutes les nuances de cette discussion.
_ Eh bien, tu te dois tout de même d'assister au mariage de ton alpha, non ? Et d'avoir le privilège de voir ton petit a… et d'avoir le privilège de me voir en smoking ? Je vais être le garçon d'honneur, dit Stiles et il a un air encore plus juvénile que d'habitude.
Son sourire dévore tout son visage, ses yeux marron brillent. Derek se demande si Stiles ressemblerait tout le temps au garçon qu'il a actuellement sous ses yeux si son adolescence n'avait pas été aussi irrémédiablement gâchée. S'il avait simplement eu l'occasion de grandir comme les gens normaux, qui n'ont aucune idée de l'existence du surnaturel, et qui sont bienheureux de leur ignorance.
Derek lève un sourcil.
_ Un smoking, hein? Il jauge Stiles, lui décochant un regard langoureux, volontairement lubrique, comme s'il le déshabillait des yeux de pied en cap. Tu penses que te voir porter un smoking est un argument suffisant pour que j'endure de nouveau ce putain de voyage en avion ?
Stiles lui rend son regard, le fixant par dessous ses cils recourbés, feignant l'innocence, ce qui donne immédiatement envie à Derek de le jeter au sol et de le besogner jusqu'à lui faire crier grâce.
_ Pendant le voyage, je ferai en sorte que tout ça en vaille la peine.
Derek sourit, ravi de voir que la conversation bascule sur un terrain qui lui est familier.
_ Mmm. Viens ici, gamin, et montre-moi comment tu vas t'y prendre.
(-)
Même à 3000 kilomètres de Beacon Hills, le mariage imminent McCall/Yukimara est devenu désormais le principal sujet de conversation chez eux. Derek observe, amusé, Stiles recevoir des appels téléphoniques à la fois de Scott et de Kira à propos des fleurs – Kira veut des tulipes et Scott ne sait pas ce que sont des tulipes, des appels à propos des couleurs utiliser pour la cérémonie – Kira veut que tout soit décoré en blanc et en argent , puisque le mariage est organisé en hiver, et Scott, de son côté, pense que l'argent n'est pas une couleur à proprement dire. Il reçoit aussi des appels à propos du lieu où se passera la réception – Kira veut louer une salle avec une grande piste de danse et Scott avait pensé qu'ils pourraient peut-être faire ça dans le jardin de Mélissa.
En Novembre, il y a de nombreuses discussions animées à propos de la nourriture qu'il sera de bon ton à servir aux invités. Derek regarde un jour par-dessus l'épaule de Stiles. Il s'aperçoit que ce dernier est en train d'échanger comme un fou furieux des textos avec Kira pour vanter les mérites des buffets par rapport aux plats servis sur des assiettes à table.
Derek s'esclaffe.
_ Tu prends ton rôle de « meilleur ami gay » très au sérieux, lui fait-il remarquer.
Stiles lève les yeux de son téléphone après avoir envoyé un avis qui constitue, dans le cadre de l'organisation d'un mariage, un exemple magistral d'argumentation brillamment menée : « Ecoute, choisis le buffet, les gens adorent picorer des conneries. »
_ Je ne suis pas seulement le meilleur ami gay du couple qui va se marier. Je suis aussi leur garçon d'honneur. Ce mariage aurait du mal à s'organiser sans mon aide, dit Stiles. En outre, mon gros, tu sais très bien que le buffet est la bonne solution.
_ Est-ce que Kira est au courant que tu lui donnes des conseils à propos de l'organisation de son mariage qui sont basés sur tes goûts de pervers sexuel ?
Avant que Stiles puisse répliquer, son portable sonne de nouveau. Derek jette un coup d'œil et voit s'afficher en lettres lumineuses sur l'écran un message de Lydia.
_Arrête de harceler Kira pour qu'elle organise un buffet. Un buffet, ça fait kitsch et vulgaire et en vérité, tu veux juste qu'il y en ait un pour que tu puisses gaver Derek avec son poids en mini quiches lors de la réception.
Stiles ne rougit même pas. Il se contente de lever ses yeux vers Derek et de sourire.
_ Kira ne s'en doute peut-être pas mais Lydia a tout deviné.
_ Bon sang , Stiles. Tu n'as aucun amour-propre.
_ En effet.
(-)
Étant donné qu'ils retournent en avion pour la Noël et le Nouvel An, ils ne vont pas aller à Beacon Hills pour y fêter Thanksgiving. Derek propose à Stiles de lui acheter un billet, s'il le désire, mais Stiles ne veut pas passer de vacances loin de Derek – même s'il ne sait pas comment définir leur relation et même s'il n'est pas non plus vraiment sûr que passer des vacances fait partie des choses qu'ils font ensemble comme un couple normal.
Donc, quand Derek affirme qu'il lui paiera le voyage pour retourner chez lui, Stiles lui répond qu'il ne veut pas que Derek paie à sa place et qu'il ne peut pas prendre cet argent. Ce qui est en partie vrai – Derek laisse Stiles vivre sous son toit pour une somme dérisoire, paye les notes d'épicerie, règle les additions au restaurant, les places de cinéma, bref, pratiquement tout. Mais ce que Stiles cache à Derek, c'est qu'il déteste l'idée que ce dernier reste à la Nouvelle Orléans seul pour la fête de Thanksgiving, qu'il la déteste presque autant qu'il déteste l'idée de retourner lui tout seul, à Beacon Hills, sans Derek.
Mais il se trouve qu'en vérité, Derek ne se serait pas retrouvé tout seul. Malia prend l'avion pour la Nouvelle Orléans deux jours avant Thanksgiving et, apparemment, c'est un voyage qu'elle fait chaque année. Parfois, Stiles s'étonne encore de la montagne de choses qu'il ne connaît pas de la vie de Derek. Comme, par exemple, la façon dont Malia se précipite en bondissant vers eux lorsqu'ils viennent la chercher à l'aéroport, la façon dont elle se jette sur Derek en passant ses bras autour de sa nuque, avec ce naturel complètement spontané qui la caractérise. Derek lui retourne son accolade avec tout autant de fougue , il la soulève dans les airs jusqu'à ce que ses pieds ne touchent plus sol, puis la fait virevolter pendant que Malia lui dit combien il lui a manqué depuis la Fête du Travail. Stiles prend conscience alors que, dans la vie de Malia, Derek est devenu une sorte de substitut de Peter. Il ne fait pas tout à fait figure de père – il est trop jeune, tout d'abord. Mais il est plus qu'un ami, plus qu'un cousin. Un grand frère, peut-être.
Stiles les regarde, contemple l'affection chaleureuse qui les lie, la manière dont Derek lui sourit, décontractée et tendre. Mon Dieu, il aime Derek.
Il aime Derek.
Il est amoureux de Derek. Et il l'a été pratiquement depuis l'instant où il est sorti de ce foutu avion, et Derek était là, descendant de sa Camaro, à la fois exactement le même et totalement différent.
Il est amoureux de Derek et il ne sait même pas s'il peut s'accorder le droit d'appeler cet homme son petit ami. Et il ne voit pas comment s'y prendre pour le lui demander.
Malia et Derek, apparemment, ont leurs petits rituels pour fêter Thanksgiving. Le mercredi, ils vont chez Rouses (1) et prennent assez de victuailles pour nourrir un village de taille modeste – mais pas de dinde, seulement un gros jambon parce que Malia insiste sur le fait que la volaille a une chair « filandreuse ». Stiles se sent étrangement contrarié par cette décision. Par ailleurs, il appliquerait cet adjectif à n'importe lequel des oiseaux qu'elle attrapait dans sa gueule en le saisissant par les ailes quand elle vivait dans les bois plutôt qu'aux superbes dindes de marque Butterball (2) devant lesquelles ils passent devant l'épicerie.
Le jeudi, ils allument la télé pour suivre la Macy's day parade (3) et mettent sens dessus dessous la cuisine de Derek qui est normalement impeccablement rangée. Derek cuit le jambon, Malia fait de la purée. Stiles contemple, avec une sorte de sidération fascinée, Malia jeter une plaquette entière de beurre dans le récipient contenant les pommes de terre cuites avant de les écraser avec un mixer. De petits flocons de pomme de terre volent partout sur les placards. Si Derek le remarque, il laisse couler et ne réagit pas.
Stiles est lui aussi enrôlé comme commis de cuisine lorsque Malia le charge de cuire des nouilles – ce qui signifie qu'elle lui fourre dans les mains un paquet de nouilles aux œufs précuites, du bouillon de poulet et qu'elle lui demande de les porter à ébullition. Il peste parce que personne n'a confiance en ses capacités culinaires, ce qui fait ricaner Derek qui lui donne une petite tape sur les fesses lorsqu'il passe près de lui.
Ils font une sorte de version Cajun de la farce traditionnelle, avec des crevettes et des huîtres et Malia cuisine une casserole entière de petits pois tristounets, sur lesquels elle a placé des rondelles d'oignons. Stiles fait bouillir ses nouilles et , réduit au simple rang de spectateur, se contente de les regarder, un peu étonné de cette atmosphère familière et bon enfant.
Alors qu'il les observe, il se demande comment Derek aurait été si l'incendie n'avait pas eu lieu. A le voir vaquer ainsi à ses occupations, à l'aise avec sa famille (une seule personne en tout et pour tout !), Stiles pense qu'il aurait pu devenir très différent de l'individu qu'il est maintenant, jusqu'à en devenir peut-être presque méconnaissable.
Cette pensée lui brise un peu le cœur.
Quand tout est bientôt prêt, Stiles commence à mettre la table mais Malia l'arrête tout de suite.
_ Non, non, ce n'est pas ce que nous faisons d'habitude, dit-elle.
_ Alors, qu'est-ce que vous faites ?
_ Nous mangeons sur le canapé et nous regardons le Dog Show (4), dit-elle, comme si elle énonçait une évidence.
Et c'est ainsi que Stiles se retrouve pris en sandwich entre Derek et Malia, sur le canapé, son assiette posée en équilibre sur ses genoux, à observer les Hale regarder le Westminster Dog Show. Avec enthousiasme. Commentaires et avis en prime.
_ Est-ce que tu aimes au moins les chiens? finit par demander Stiles à Derek.
Derek hausse les épaules et ensuite, fait jaillir ses crocs, juste un peu, jusqu'à ce qu'ils s'enfoncent dans sa lèvre inférieure.
_ Bien sûr, mais eux ne m'aiment pas.
Stiles écarquille les yeux. Derek ne se transforme presque jamais en public et certainement pas de cette manière, avec autant de désinvolture. C'est plutôt émoustillant.
Quand le Dog Show est terminé, Derek a englouti une énorme quantité de nourriture, même pour un repas de jour de fête. Stiles meurt d'envie de grimper sur ses genoux, mais il résiste à cette pulsion car ils ont de la compagnie. Derek ne l'aide pas à réfréner ses ardeurs : il s'allonge sur le dos, étale ses membres sur le canapé, a l'air nonchalant, pleinement rassasié et ridiculement sexy. Malia disparaît à la cuisine puis les interpelle.
_ Stiles, tu veux venir chercher de la tarte pour Derek ? Nous avons de la tarte à la citrouille et de la tarte aux noix de pécan.
Malia est tellement directe, c'en est foutrement gênant.
_ Hum – Il regarde Derek. Tu veux de la tarte ? Apparemment, Malia pense que je devrais te donner de la tarte.
Derek a un petit sourire narquois.
_ Si elle n'était pas là, tu tenterais de me les fourguer entièrement.
Stiles secoue la tête.
_ C'est Thanksgiving. C'est ce que tu es supposé faire, manger de la tarte au dessert.
_ Mmmh , mmh, c'est ça.
Cette nuit-là, pendant que Malia est endormie dans la chambre pour laquelle Stiles paie un loyer mais qu'il n'utilise pas, Stiles entraîne Derek dans leur chambre à coucher et le fait asseoir par terre, au pied du lit. Ensuite il se laisse tomber à genoux devant lui, défait sa braguette. Il le suce, lentement, le titillant, n'adoptant jamais un rythme régulier. Il ne prend jamais entièrement son membre dans sa bouche, jusqu'à ce que Derek craque, le saisisse par l'arrière de sa nuque et le pousse vers lui, l'empalant sur sa verge jusqu'à l'étouffer, jusqu'à ce que tout devienne collant de salive, sale et sauvage. Ensuite, il tire Stiles en arrière, le regarde.
_ Ca va ?
_ Sûr que ça va, dit Stiles , une main agrippée à une des cuisses de Derek, l'autre reposant sur son ventre. Allez, vas-y. Baise ma bouche.
Alors Derek s'exécute, glisse et enfile la bouche ouverte de Stiles le long de sa hampe, tenant fermement sa tête en place de ses deux mains, puis d'un mouvement implacable, enfonce sa queue en avant, même quand Stiles s'étouffe un peu, hoquète ou laisse échapper des filets de bave.
_ C'est si bon, gamin, si foutrement bon.
Derek perd le fil de ses pensées et Stiles s'empare de sa propre verge, la caresse, la frotte dans la paume de sa main. Quand Derek se raidit, il retire sa queue de la bouche de Stiles et jouit sur ses joues, son menton, sa langue et Stiles jouit à son tour, se répandant longuement dans sa main, éperdument.
Ensuite, Derek serre Stiles étroitement contre lui, en sécurité, à l'abri, lové comme une petite cuillère contre son corps massif. Le ventre rond de Derek se presse contre le bas de son dos, ses bras forts sont accrochés autour de son torse et Stiles pense qu'il n'a jamais peut-être été aussi heureux.
Il ouvre la bouche, il a envie d'oublier toute prudence, toute retenue, de dire à Derek qu'il l'aime, qu'il est heureux, qu'il voudra toujours passer Thanksgiving avec lui, qu'il veut passer toutes les fêtes avec lui, ensemble à tout jamais. A la dernière minute, pourtant, il se dérobe et ravale ses paroles.
_ B'nne nuit, murmure-t-il à la place.
La voix de Derek est déjà tout embrouillée de sommeil.
_ B'nuit, gamin.
Rouses est une chaîne d'hypermarchés américains.
Cette marque est réputée pour ses dindes.
Le Macy's Thanksgiving Day Parade est un cortège annuel créé par la chaîne de magasins américaine Macy's. Le défilé, d'une durée de trois heures, se tient à New York le jour d'Action de grâce, soit le quatrième jeudi de novembre.
Des chars défilent dans la ville supportant de grands ballons à l'effigie de personnages et de personnalités célèbres. Fréquemment des artistes se produisent sur les chars accompagnant les ballons.
Le National Dog Show est un concours qui a été créé en 1879 et qui n'a été interrompu que pendant la grandecrise économique de 1928 à 1932. Ce concours est organisé par le club canin de Philadelphie. Il se déroule le troisième week end du mois de novembre et dure deux jours. Il s'agit d'un des trois concours canins nationaux les plus renommés. Le concours est diffusé en différé sur les ondes nationales par la chaîne NBC durant Thanksgiving, juste après la diffusion de la parade Macy's.
Une note sur le garçon d'honneur : dans le monde anglo-saxon, le garçon d'honneur est plus impliqué que le témoin dans le mariage. C'est toujours le meilleur ami du marié. Il collabore activement à l'organisation générale du mariage. Il doit organiser l'enterrement de vie de garçon ,lors de la cérémonie accueillir les gens et les placer , apporter les alliances , lors du repas de mariage faire un discours,organiser des jeux ou autres entre les différents plats...
Dernière note à propos du cimetière Saint Louis : Le cimetière Saint-Louis présente un aspect très original, très français, qui le distingue de l'ensemble des cimetières américains. En effet, dès sa mise en service, au dix-huitième siècle, les tombes furent érigées au-dessus du sol , et non dedans, en raison de la présence de la nappe phréatique couvrant la plus grande partie du territoire de la Nouvelle Orléans, située au-dessous du niveau de la mer et entrecoupée de nombreux bayous. Il était impossible de creuser le sol afin d'y enterrer les morts en pleine terre. Les tombes, les sépultures et les chapelles s'élèvent donc toutes au-dessus du sol.
Semaine prochaine : c'est le dernier chapitre (bonus à venir... plus tard...) !
