Treizième et dernier chapitre pour nos deux héros. Merci pour toutes vos chaleureuses reviews et j'espère que ce chapitre vous plaira ! En tout cas, il devrait répondre aux questions que vous vous posez depuis longtemps...


Message de PumpkinSpy : Voilà, cette traduction ainsi que cette histoire ne m'appartiennent absolument pas. Si cette traduction vous rappelle quelque chose, c'est tout à fait normal, ceci est une traduction de Calliope83.

Calli a décidé d'accorder du temps à ses projets professionnels et de ce fait, elle a décidé de se retirer de la liste des auteurs. Malgré tout, elle ne voulait pas laisser ses traductions tomber dans l'oubli, surtout pas après le temps consacré mais aussi en pensant à ceux qui souhaiteraient relire une histoire qu'ils avaient aimé.

D'un commun accord, je reprends sur mon propre profil auteur ses traductions.


Chapitre 13

_ Tu devrais m'accompagner pour les essayages de mon smoking.

_ Je ne fais pas partie du cortège.

_ Bien sûr, mais tu as besoin de toute façon d'un costume, non ?

_ J'en ai déjà un.

Stiles lui jette un regard empreint de douceur et de malice.

_ D'accord, tu en as un, mais est-ce que tu rentres dedans ?

Derek se mord la lèvre et réfléchit. Il ne l'a pas porté depuis… un moment. Depuis au moins une année. Peut-être plus.

_ Très bien, je t'accompagnerai.

_ Par contre, tu devrais quand même tout d'abord essayer celui que tu as déjà, juste pour être sûr qu'il ne te va plus, dit Stiles, dardant sur Derek des yeux étincelants, largement écarquillés et pas le moins du monde innocents.

_ Et je devrais te laisser seul juge pour décider si le costume me va encore ou pas.

_ Hum, oui, absolument … Je veux t'aider, Derek.

_ Espèce de petit merdeux pervers.

Stiles lui décoche un sourire puissance dix mille volts et Derek peut sentir sa propre lèvre se retrousser comme pour faire écho à la jubilation de Stiles. Ce gamin est un danger public, un vrai démon.

Si jamais Stiles laissait entendre qu'il voulait la lune, Derek s'efforcerait de la décrocher pour lui.

(-)

Le costume ne lui va pas. Les yeux de Stiles s'ouvrent démesurément puis deviennent vitreux de désir lorsque Derek l'enfile. Le pantalon descend bas sur ses hanches, est attaché sous son ventre. Il n'arrive pas à boutonner sa veste.

_ Hmmm. Tu es vraiment beau, marmonne Stiles.

Derek fronce les sourcils. Il n'arrivera jamais exactement à saisir pleinement ce qui, dans ce genre de situation, excite avec autant d'intensité Stiles. Il s'assied à côté de lui sur le lit, grimaçant de douleur à cause de la ceinture qui cisaille la peau délicate de son ventre. Il se contemple et éprouve des regrets – son ventre paraît encore plus gros et rond qu'il ne l'est en réalité et déborde par-dessus le pantalon qu'il a eu bien de la peine à fermer.

Stiles pose une main sur un des côtés de son ventre puis se redresse pour attraper les lèvres de Derek et les emprisonner dans un baiser.

_ Ne sois pas si ronchon, souffle-t-il contre la bouche de Derek. On va te prendre un nouveau costume. Et tu vas avoir l'air vraiment sublime dedans et je me retiendrai de bander pendant toute la cérémonie du mariage auquel nous assisterons.

Derek lève les yeux au ciel. Stiles utilise un registre de vocabulaire obscène qui lui est entièrement personnel – et qui aboutit toujours à un discours fougueux et passionné.

_ Ah oui ?

_ Absolument. Stiles se laisse tomber sur ses genoux devant Derek, tout en palpant son ventre. Je brûlerai d'envie de me mettre à genoux devant toi pendant toute cette foutue cérémonie.

Derek tend sa main, attrape dans ses doigts les cheveux en bataille de Stiles, les tire un peu.

_ Montre-moi ça.

Stiles n'hésite pas une seconde, il se penche en avant pour mordiller la verge de Derek à travers le tissu de son pantalon, les yeux fermés, ses longs cils déployés sur ses joues. Il est si beau, si incroyablement beau, et Derek a conscience qu'il ne s'en rend même pas compte. Le gamin ne se rend pas compte qu'il est magnifique, ne se rend pas compte que le monde s'arrête pratiquement de tourner lorsqu'il marche dans la rue. Il traverse la ville avec Derek comme si ce dernier lui faisait une faveur d'être à son bras. Stiles ne se rend pas compte de la façon dont les gens le perçoivent et, vraiment, cela déconcerte Derek.

Et Stiles ne se rend d'ailleurs pas compte non plus de la façon dont les gens perçoivent Derek.

Mais il n'a pas l'occasion de réfléchir de façon plus approfondie à cette situation troublante car Stiles tire sur le bouton de la braguette de son pantalon, pousse sur son gros ventre jusqu'à ce que Derek en ait le souffle coupé, jusqu'à ce que Stiles puisse ouvrir sa ceinture.

Stiles suce la queue de Derek avec cette gravité étrangement espiègle qui lui est habituelle. Il alterne les petits coups de langue légers comme une plume avec des caresses buccales plus profondes, dignes d'un film pornographique, où il avale entièrement son membre, l'enfonce jusque dans sa gorge, jusqu'au moment où Derek saisit le gamin par les cheveux pour mieux glisser à plusieurs reprises toute la longueur de sa verge dans sa bouche. Et Stiles endure son geste sans broncher, tout simplement. Il l'endure tellement sacrément bien.

(-)

A deux semaines de Noël, finalement, Stiles déballe tout ce qu'il taisait jusqu'à présent.

Il n'avait pas l'intention de le faire. Il n'avait pas prévu de le faire. D'ailleurs, la plupart du temps, organiser les choses à l'avance n'est pas du tout le point fort de Stiles. Certes, il aime effectuer des recherches, il aime envisager sous tous ses aspects un problème qui se pose à lui, mais ensuite, il finit en général, de toute façon, par agir sans réfléchir et par suivre son intuition.

Donc, voici comment c'est arrivé.

Ce jour-là, ils passent leur journée à flâner dans le Quartier Français, le col de leurs vestes remonté pour affronter ce qui passe aux yeux des habitants de la Nouvelle Orléans pour une brise d'hiver, à savoir un air humide un tout petit peu frais. C'est le jour de congé de Stiles et il a rendu son dernier essai universitaire du semestre. Ils sont tous les deux heureux de déambuler dans le quartier, de faire du lèche-vitrine et de regarder les gens. Ils boivent des bloody marys au déjeuner et Stiles fronce le nez lorsqu'il voit le gombo mariné au vinaigre qui décore le verre du cocktail.

_ Normalement, on met du céleri, dit-il, l'air perplexe.

_ Pas à la Nouvelle Orléans, riposte Derek et Stiles ne peut rien objecter à ce genre d'argument.

L'après-midi, ils finissent par marcher le long des rives du Mississipi et regardent passer les bateaux de croisière et les péniches, les mains chargées de gobelets de café au lait poisseux de sucre et de cornets de papier sulfurisé remplis de caramels aux noix de pécan. Rien de spécial – rien durant cette journée ne l'est en particulier, sauf qu'on est en décembre et que partout où ils jettent leur regard, la ville est décorée pour les vacances, et il fait froid, et ils sont ensemble, et c'est agréable.

Derek a passé un bras autour du coude de Stiles, le serre avec fermeté. C'est une forme de contact physique chaleureux et prolongé que Stiles apprécie beaucoup. Derek n'y était pas au début accoutumé – dans les premiers temps de leur relation, si Stiles voulait le toucher en public, c'était lui qui prenait l'initiative de saisir sa main, d'entrelacer leurs doigts ensemble. Il peut se souvenir que son geste avait étonné Derek, que peut-être c'était un geste auquel il ne s'attendait pas. Bon sang, c'était même peut-être un geste qu'il n'avait jamais expérimenté avec un de ses compagnons autrefois – et à cette pensée, Stiles se sent triste.

Derek semble cependant désormais comprendre que Stiles éprouve le besoin irrépressible d'être touché, qu'il est avide de contact physique. Il sait que s'il ne lui accorde pas ces marques d'attention, Stiles les sollicitera comme un chat recherche une parcelle de terrain réchauffée par le soleil. Alors Derek le fait, il le touche, le serre et le maintient contre lui, sans qu'il le lui demande.

_ Est-ce que tu souhaiterais rester à la Nouvelle Orléans pour Noël ? demande Stiles, en jetant un coup d'œil à Derek alors qu'ils se promènent le long des berges.

Derek hausse les épaules.

_ Pourquoi pas ? Il regarde Stiles, il arbore une expression quelque peu impénétrable. Mais je sais que tu es excité à l'idée de rentrer chez toi.

_ Oui, bien sûr.

En levant son gobelet de café, il désigne nonchalamment la rivière qui coule à leurs pieds puis la ville qui s'étend derrière eux.

_ Mais c'est agréable ici, aussi.

_ Ça l'est. Certaines années, Malia descend pour passer Noël avec moi. C'est chouette.

Stiles acquiesce, esquisse un sourire à la pensée des leurs Noëls passés en comité réduit, se demandant quels étranges petits rituels traditionnels ils ont pu imaginer ensemble.

_ L'année prochaine, nous devrions rester ici. Et acheter un sapin.

Aussitôt que ces mots sont sortis de sa bouche, il se raidit. Il semble qu'il ne puisse pas s'empêcher d'évoquer leur avenir ensemble, qu'il ne puisse s'empêcher de formuler des hypothèses à propos de ce qu'ils sont et de ce qu'ils deviendront.

_ Tu pourrais prendre un sapin dès cette année, dit Derek, en éludant l'allusion à un avenir commun.

Stiles hausse les épaules.

_ Puisqu'en fait nous ne serons pas ici le jour de Noël, ça n'a pas d'importance.

_ Je t'en aurais acheté un si tu l'avais voulu, assure Derek d'un ton désinvolte, sans même jeter un regard à Stiles.

_ Vraiment ?

Derek lui jette un coup d'œil.

_ Tu obtiens toujours ce que tu veux, n'est-ce pas ?

Stiles sourit.

_ Tu me gâtes.

_ Sale gosse.

_ N'empêche que je t'aime.

Oh bordel de merde!

Ce n'est même pas une conversation durant laquelle ce genre de réaction émotionnelle se justifie. Ce n'est pas une discussion profonde, sérieuse au cours de laquelle ils évoquent leurs sentiments, leur relation ou encore les mots qu'ils doivent employer pour les qualifier. C'est juste une conversation badine, menée sur le ton de la plaisanterie, qui porte sur l'achat d'un arbre de Noël. Et curieusement, Stiles a ouvert la bouche et a laissé échapper exactement ce qu'il pensait, comme s'il n'y avait pas le moindre filtre pour faire barrage entre son cerveau et sa bouche.

Derek s'arrête de marcher alors que sa main est encore posée sur le coude de Stiles. Il s'immobilise soudain si abruptement que Stiles renverse du café sur ses baskets.

_ Hum.

Stiles se retourne, il appréhende ce qu'il découvrira en le regardant.

Le visage de Derek n'a pas pris l'aspect d'un masque sévère comme il s'y attendait, ce qui est un soulagement. Au lieu de cela, l'expression qu'il affiche est presque – affligée ? Ce qui met de toute façon Stiles encore plus mal à l'aise.

(-)

Ils commandent chinois ce soir-là et aucun d'eux ne mange beaucoup, ils se contentent de picorer dans les plats de temps à autre, pendant que Stiles change sans cesse de chaînes, ne restant jamais plus d'une minute ou deux devant le même programme. La tension entre eux est palpable et Stiles ne peut absolument pas supporter cette situation.

_ Bon, finit-il par dire, se sentant plus exaspéré que nerveux parce qu'il voit bien que tout est toujours difficile entre eux, et qu'il est systématiquement celui qui doit forcer Derek à engager la conversation. Alors, est-ce qu'on va en parler ou est-ce qu'on va continuer à agir bizarrement l'un envers l'autre longtemps ?

Derek le regarde et, encore une fois, Stiles est incapable de deviner ce qu'il pense.

_ Parler de quoi ?

Oh, pour l'amour de Dieu.

_ Oh, tu sais bien, quand j'ai lâché tout haut que je t'aimais et que tu es resté figé, debout, comme si je t'avais frappé au visage avec un poisson mort. Oui, parlons de ça. Espèce d'enfoiré.

La lèvre de Derek se contracte, cependant si furtivement que ce frémissement sur son visage demeure à peine perceptible. Aussitôt, son expression redevient sombre. Comme si évoquer les sentiments qu'éprouve Stiles équivalait sur le plan émotionnel à parler d'un foutu enterrement.

_ Stiles… ,soupire-t-il, puis sa voix s'éteint, il passe une main dans ses cheveux.

_ Mais quoi, Derek ? Bordel, quoi?

_ Je ne… Mince. Écoute, Stiles. Je sais que… je sais que tu penses ça en ce moment et je suis … je suis heureux que tu sois là, d'accord ? Mais, gamin, regarde-toi. Tu as vingt-deux ans et on est un vendredi soir à la Nouvelle Orléans. Tu devrais être dehors quelque part, à danser, à t'envoyer en l'air ou à boire ou … bon sang, à faire ce que tu veux. Et au lieu de t'éclater, tu restes cloîtré ici, à manger des plats chinois, à regarder cette foutue télé.

Derek secoue la tête, il a l'air à la fois contrarié et tourmenté.

_ Tu penses que c'est ce que tu veux, mais … mais tu vas avoir un jour ou l'autre la bougeotte. Je le sais. Et c'est normal, je le comprends. Tu ne voudras pas vivre une moitié d'existence avec moi, pas pour toujours. Tu l'as dit toi-même, tu veux que je fasse partie de ta vie quand tu seras de retour à Beacon Hills, tu veux que je fasse des choses que je ne peux pas faire. Tu ne voudras pas continuer à vivre de cette façon, ici avec moi, pas pour toujours.

Il s'interrompt et Stiles ouvre la bouche pour prendre la parole mais Derek secoue la tête et se remet à parler :

_ Je ne suis pas capable de te donner ce que tu veux. Tu ne voudras pas vivre ainsi, pas pour toujours. Il rit et son rire est tellement chargé d'amertume. Un loup-garou au chômage, de dix ans ton aîné, affublé d'un gros ventre, un mec obèse qui a une condition physique déplorable, tandis que tu es … Mais merde ! Regarde-toi Stiles, tu es un rêve, le genre de mec qui suscite des fantasmes érotiques et chaque fois que je sors avec toi, je veux arracher la gorge de chacun des types qui te reluquent.

Il rit à nouveau et le son de ce rire transperce Stiles de part en part.

_ Oh, va te faire foutre, Derek, oui, va te faire foutre.

Derek cligne des yeux, il a l'air étonné que Stiles soit furieux.

_ Je ne sais même pas par où commencer. Mais tu peux te la fermer et m'écouter, maintenant, d'accord ?

Stiles jette le carton de poulet à l'orange qu'il tenait, se place en face de Derek sur le canapé puis se contente de le fixer en silence pendant une minute.

_ Tu es tellement stupide, tu t'en rends compte? Bon sang, Derek. Je suis amoureux de toi depuis que j'ai seize ans…

_ C'est bien ça le problème, le coupe Derek. Tu me regardes parfois comme si tu éprouvais encore ce béguin juvénile,comme si tu avais sous les yeux la personne que j'étais cinq ans auparavant, mais je ne suis plus…

_ Mais tu vas la fermer! s'emporte Stiles en l'interrompant. Je ne te regarde pas comme si tu étais la même personne que tu étais autrefois. Parce que, mec, le type que tu étais à l'époque ? Ce type-là, il avait des tablettes de chocolat à la place des abdominaux, un truc dont tu déplores apparemment la perte, c'est ça ? Mais ce type, c'était aussi un sacré abruti. Et j'étais quand même amoureux de lui. A cette époque, j'étais un gamin, c'est vrai aussi. Et tu penses que je le suis resté mais je ne suis plus un gamin. Tu n'es pas ma première relation amoureuse. Tu n'es pas mon premier petit ami, ni le premier homme avec qui j'ai eu des rapports sexuels … Tu es tout simplement la première personne que j'ai regardée en pensant : jamais je ne quitterai cet homme, jamais. Je ne veux pas sortir, Derek. Je veux rester assis ici et manger des plats chinois avec toi, espèce d'abruti fini. Tu es celui que je veux.

Derek le regarde, puis secoue lentement la tête.

_ Mais tu ne vas pas éprouver ces sentiments éternellement…

_ Écoute. Arrête de dire à ma place ce que j'éprouve.

Derek ne cherche plus à parler, il reste assis, le contemple durant quelques secondes et Stiles en profite pour mettre de l'ordre dans ses idées.

_ Et tu n'es pas dans une forme physique déplorable, ajoute-t-il. Tu es un loup-garou et un vrai dur à cuire, qui m'a sauvé lorsque j'ai été victime d'un kidnapping.

Derek soupire.

_ Mais là n'est pas la question. Je suis trop vieux pour toi, je n'ai pas de travail…

_ Tu es millionnaire, Derek. Tu n'as pas besoin de travailler, bon sang.

_ Ce que je veux juste dire…

_ Eh bien, arrête. Arrête de parler à ma place, de dire ce que j'éprouve.

Derek ne répète pas ce qu'il a dit plus tôt. Il ne dit plus rien.

Par contre, il emporte dans ses bras Stiles dans la chambre à coucher, le pose délicatement à travers le lit comme s'il était quelque chose de fragile, quelque chose de magnifique, quelque chose qui pourrait facilement se briser.

Il l'embrasse avec douceur, avec tellement, tellement de douceur, le caressant comme il ne l'a jamais fait auparavant, comme s'il était quelque chose de précieux.

Stiles est la plupart du temps plutôt exigeant durant leurs ébats – Derek, plus d'une fois, l'a accusé d'être quelqu'un qui veut volontiers prendre le rôle du soumis mais qui s'avère être incapable de se retenir de dire ce que son partenaire doit faire pendant qu'ils font l'amour.(1) Stiles ne peut pas le nier , cependant il ne considère pas le point de vue de Derek comme une attaque ni un affront. Il aime être baisé. Il aime être rudoyé. Il sait pertinemment ce qu'il aime qu'on lui fasse au lit et quand il apprécie quelque chose, il n'a pas froid aux yeux et n'a pas peur de le demander.

Mais là, avec Derek allongé sur lui, qui le couvre de baisers, le caresse, touche chaque parcelle de son corps, l'effleurant, le cajolant, Stiles se trouve dans l'incapacité de supplier Derek, de lui donner des ordres ou encore de l'implorer. Il reste simplement couché et le laisse faire ce qu'il veut.

Au lit, Derek est un partenaire très sûr de lui. Il n'hésite jamais à dire à Stiles quoi faire, n'hésite pas à le placer sur lui, à agripper ses hanches, à le monter et le descendre sur sa verge quand Stiles le chevauche, imprimant le rythme des va et vient de son amant sur sa queue même si ce dernier le domine parce qu'il se trouve au-dessus de lui. Mais ce soir ce soir, il est bouleversé par la manière dont il recouvre entièrement le corps de Stiles, écrasant de toute sa masse bien plus imposante ses membres souples et agiles contre le matelas, le plaquant contre lui.

Il attrape les deux poignets de Stiles dans une seule de ses mains et les immobilise au-dessus de sa tête, l'empêchant ainsi de bouger puis il embrasse son cou, sa gorge, promenant et frottant ses joues barbues sur la peau tendre de Stiles, l'aspirant entre ses lèvres et Stiles devine que son épiderme sera marqué, couvert d'irritations et de suçons.

_ Tu es un gamin magnifique. Un garçon tellement magnifique.

La voix de Derek est plus grave que d'habitude, caverneuse et rocailleuse et le seul son de cette voix au creux de son oreille fait gémir Stiles.

_ Je suis à toi, Derek.

_ Tu es mien.

Ces mots sont prononcés dans un grondement bestial, et Stiles pense que même si Derek n'a pas eu envie d'écouter sa déclaration d'amour, son loup s'en est fort bien accommodé.

Quand Derek le prépare, il y a presque trop de tout – trop de lubrifiant, trop d'attouchements pour élargir son entrée, trop de doigts recourbés en lui, titillant sa prostate.

_ Tu te débrouilles si bien, mon bébé, murmure entre ses dents Derek, et ses yeux luisent d'une très légère teinte de bleu, en bordure de ses paupières. Si bien, tu peux supporter plus encore ?

Stiles bouge ses hanches, se frottant désespérément contre la main de Derek, dont trois doigts sont déjà à l'intérieur de lui.

_ Oui.

Oui. Il accepterait n'importe quoi pour faire plaisir à Derek, quoi que ce dernier lui accorde en retour de son abnégation. Ses doigts, sa verge, quelques malheureux lambeaux de son affection.

_ C'est si bon, tu es si bon, tu es une perfection, dit Derek en marmonnant,et il a l'air de s'abîmer dans le plaisir, tout comme Stiles lorsqu'il glisse en lui son petit doigt avec les autres, l'emplissant tout entier, dilatant son anneau douloureusement, parfaitement, complètement.

Il est très difficile pour Stiles de formuler des pensées cohérentes, alors qu'il perd tout repère à cause de la main de Derek qui le fourrage sans relâche, qui le baise de ses doigts, qui les plie et les déplie à un endroit bien précis, en les poussant vers le haut, pour venir frotter sa prostate, mais il arrive tout de même à se demander si Derek va tenter d'ajouter son pouce. Ce serait une première pour Stiles – personne n'a jamais mis sa main en lui. Il n'a jamais vraiment pensé qu'il l'accepterait. Mais, maintenant, il se rend compte qu'il est prêt à le faire, pour Derek. Il s'ouvrirait pour Derek, ouvrirait son corps pour lui, quelle que soit la manière dont Derek souhaiterait le pénétrer.

Cependant, Derek ne lui en demande pas plus. Il se contente de le doigter comme un forcené, jusqu'à ce que Stiles se mette à pleurer. Il ne laisse pas seulement échapper des larmes de ses yeux, il pousse des cris de lamentation se mêlant à de petits sanglots avortés et sa poitrine se soulève au rythme de sa respiration saccadée.

_ S'il te plaît, Derek, s'il te plaît, s'il te plaît.

Derek le libère de l'emprise de ses doigts et ce que Stiles ressent alors est abominable, une sensation de néant et d'étrangeté, comme un deuil – mais Derek le fait taire immédiatement, lui murmurant à l'oreille des paroles décousues, élogieuses et réconfortantes alors qu'il glisse sa verge en lui.

_ Chut, chut, chut, susurre-t-il, s'emparant des longues jambes de Stiles pour les mettre contre ses épaules, enroulées autour de sa nuque. Puis il se penche en avant et pénètre d'une seule longue poussée Stiles dont la vision se perd dans un éblouissement.

Il va et vient en lui avec des mouvements réguliers, profonds et énergiques mais rigoureusement maîtrisés et Stiles est presque plié en dessous de lui, ses jambes posées sur les larges épaules de Derek, le gros ventre de ce dernier appuyé contre lui, et sa verge est piégée sous ce ventre de la façon qu'il aime, de la façon dont il raffole tant.

Pendant qu'il le besogne, Derek chuchote à l'oreille de Stiles une litanie de mots incohérents et le couvre aussi de louanges, lui répétant combien il est beau, combien il se sent bien en lui, combien il encaisse admirablement les coups de butoir de sa queue, lui disant qu'il est un bon garçon.

Pas une seule fois Derek ne prononce une déclaration d'amour. Rien d'autre que des éloges formulés avec des mots grossiers et obscènes. Mais cela suffit – cela suffit pour que Stiles sente la tension dans sa poitrine se relâcher un peu, cela suffit pour que Stiles puisse respirer plus librement.

Ensuite, ils mangent dans leur lit les plats chinois qui ont depuis longtemps refroidi . Stiles donne à manger des nems à Derek, qu'il prend avec ses doigts et qu'il lui met dans la bouche, même pas forcément parce que c'est sexy – mais simplement parce qu'ils sont ensemble, simplement parce qu'il peut le faire. Lorsque qu'ils s'endorment tout collants et rassasiés, leurs corps entremêlés, minuit est déjà passé depuis un bon moment, c'est l'heure entre chien et loup, l'heure trouble de la nuit pour laquelle il est difficile de déterminer s'il est très tard ou très tôt. Stiles s'est endormi après avoir tracé d'un doigt nonchalant des arabesques sur le ventre de Derek, sa tête glissée et nichée sous son menton, enveloppé dans ses bras énormes.

La dernière pensée de Stiles avant de sombrer dans le sommeil est de se dire que peut-être, si Derek ne peut rien lui promettre d'éternel, s'il ne parvient pas à lui dire qu'il l'aime, il peut se satisfaire de cette situation. Peut-être que d'être enveloppé dans ses bras chaque nuit, à l'abri, protégé, est un semblant de déclaration d'amour de la part de cet homme qui ne paraît pas être capable de trouver les mots appropriés pour exprimer ses sentiments.

(-)

Epilogue

_ Ils forment un couple adorable, pas vrai ?

Stiles a l'impression que ses lèvres vont se fissurer à force de sourire, alors qu'il contemple Scott et Kira évoluer au beau milieu de leur première danse de la soirée.

_ Scott lui a marché sur le pied trois fois, rétorque Derek.

Stiles regarde Kira, resplendissante dans sa robe de mariée moulante, dont le style évoque les anciennes stars de Hollywood. Elle rit aux éclats et chuchote à l'oreille de l'homme qu'elle vient juste d'épouser.

_ Je ne pense pas qu'elle s'en formalise.

_ Non, pas le moins du monde.

Stiles se penche jusqu'à ce que leurs épaules se touchent puis se laisse aller contre le corps massif de Derek. Il ne dit rien, il laisse simplement Derek prendre son poids, savourant le fait de se tenir blotti contre lui. Qu'il est bon d'être revenu à Beacon Hills pour célébrer ce mariage, et d'être entouré d'amis. Son père et la mère de Scott, debout côte à côte, la main de son père posée sur l'épaule de Mélissa. Liam et Mason, déjà à moitié ivres à cause de la bière à la pression qu'ils ont bue. Malia fourrant d'autorité un verre de champagne dans la main d'un cousin très mignon de Kira, arborant un air résolument féroce comme si elle traquait une proie. Lydia et Chris, Lydia plaquée sous son épaule, comme si elle appartenait à cet endroit, tous les deux défiant du regard quiconque s'aviserait de faire une remarque à propos de leur couple.

La maison, son chez lui.

_ Scott a la tête de quelqu'un qui a gagné à la loterie, dit Derek lorsque le couple passe lentement près d'eux en virevoltant.

Stiles rit.

_ D'une certaine façon, c'est ce qui s'est passé.

_ Je connais ce sentiment.

Stiles cligne des yeux, regarde Derek, qui lui retourne son regard, tout en affichant une mine soudain grave.

_ Ah oui, mon gros ?

_ Oui.

Derek se retourne, pose ses mains sur les biceps de Stiles, le saisit puis le pousse jusqu'à ce qu'ils se retrouvent face à face, le ventre rond de Derek venant frôler le ventre plat de Stiles.

Ce dernier sourit.

_ Alors tu es en train de dire que si je voulais un gros mariage, nous pourrions en organiser un ?

_ Je ne sais pas si tu pourrais enfiler une robe de mariée, réplique Derek d'un ton pince-sans-rire.

_ Qu'est-ce qui te fait penser que je serais celui qui porterait la robe de mariée ?

Le sourire de Stiles illumine désormais tout son visage.

Derek s'esclaffe.

_ Absolument tout ce qui se passe dans notre relation.

_ Je pourrais porter la culotte si je le voulais, Derek Hale.

_ Tu veux la porter ?

_ Oh, non, mon Dieu, merci.

_ D'accord, alors.

Derek esquisse un petit sourire narquois, attire Stiles plus près de lui, pose son front contre le sien.

Il se contente de fixer Stiles pendant un instant puis déglutit.

_ Je le ferais. Organiser un mariage. Si tu le voulais.

_ Vraiment ?

Pour une fois, c'est Stiles qui reste coi.

_ Oui. Derek recule un peu, scrute le visage de Stiles durant une seconde. Quoi que Stiles cherche, il doit lui permettre de le trouver. Oui, je … je t'aime, gamin.

Stiles veut dire quelque chose de spirituel, pour détendre l'atmosphère en quelque sorte, mais il n'y arrive pas, il n'est presque plus en état de dire quoi que ce soit. Lorsqu'il parvient finalement à ouvrir la bouche, voici les seuls mots qui s'en échappent :

_ Dieu merci.

Derek rit, discrètement, tranquillement.

_ Je suis désolé que …. Désolé de ne pas l'avoir dit plus tôt.

_ Ça va. »

Stiles sourit, il a retrouvé sa langue.

_ Tu peux te racheter en m'offrant le plus gros mariage jamais célébré. Nous ferons passer celui-ci pour une fête d'anniversaire organisée pour des enfants.

Derek pâlit.

_ Oh, mon Dieu, Stiles, tu es sérieux là ?

_ Tu as dit que tu le ferais, dit Stiles.

Il essaie de garder une expression sérieuse mais il sent que ses lèvres se retroussent.

_ Sale gosse.

Moi aussi, je t'aime, mon gros.


1) pushy fucking bottom : terme qui n'a pas d'équivalent en français. Il désigne une personne engagée dans un rapport sexuel où elle est censée être dominée. Mais en vérité, cette personne s'avère directive et exigeante pendant les ébats.

Voilà, c'est fini ! Enfin, l'auteur(e) a écrit des bonus et je les traduirai, mais pas tout de suite. Je désire en effet d'abord avancer sur ma propre fic. Dans ces bonus à venir, Derek rencontre les collègues de travail de Stiles ( c'est plutôt humoristique - eh oui, n"oublions pas que Derek a dix ans de plus que Stiles) et Chris et Lydia viennent faire un tour à la Nouvelle Orléans, ce qui va marquer un tournant dans la manière dont Derek et Stiles envisagent leurs rapports intimes... Non, ce n'est pas une partie à quatre, rassurez-vous... A bientôt.