Bonjour à tous!

J'espère que vous profitez du soleil magnifique de ce week-end ! Pour ma part, je travaille de nuit cette semaine, donc c'est un peu la déprime! Je compte donc sur vous pour me remonter le moral en me laissant tout plein de reviews sur ce chapitre un peu plus citronné!

Bon week-end!


"D'abord, il y a deux lèvres qui s'effleurent et qui se cherchent. Puis deux souffles qui se mêlent dans le froid. C'est un baiser caressant qui devient presque morsure. Un baiser dans lequel on obtient ce qu'il y a de plus intime chez l'autre. Tout de suite, elle ressent pour lui quelque chose de violent et de destructeur. Une attirance chargée de fascination et de crainte. Une brulure intense, une merveilleuse douleur..."

G. Musso


Chapitre 7

Passionate Salsa

Le regard navigant dans le vide, Alice se perdait dans ses souvenirs. Ceux du repas au petit restaurant mexicain. Ceux du festival de country. Ceux, enfin, de la veille au soir. Elle frissonna à l'évocation de ces derniers. Plus que les autres. Elle avala quelques gorgées de café avant de porter sa main à son cou. Là où, elle le savait, les lèvres de Jasper avaient laissé une trace. L'avaient marquée.

Elle soupira et frotta ses yeux encore engourdis de sommeil en fredonnant quelques paroles du CD qu'elle avait enclenché au hasard dans la chaîne hi-fi. Love is a burnin'thing. I fell into a ring of fire. And it burns, burns, burns. Le hasard avait bien fait les choses. La voix chaude, égale, familière, de Johnny Cash la rassurait. L'apaisait. Immanquablement.

Son regard se posa sur les esquisses qui traînaient sur la table. Froissées. Tachées. Certaines déchirées. Et les mots de Jasper lui revinrent en mémoire.

Pourquoi ne pas réessayer ?

Ces yeux accrochèrent un des croquis, particulièrement réussi, et elle tendit la main pour l'examiner de plus près. Elle pinça les lèvres, fronça les sourcils et soupira, ses doigts se crispant sur le papier fin.

Oui.

Pourquoi ne pas réessayer ?

Après tout, elle connaissait du monde dans le milieu. Pas mal de monde, même. Elle y avait passé plus d'une dizaine d'années de sa vie. Croisé des centaines de personnes. Assez pour déterminer lesquelles d'entre elles étaient les plus douées. Et lesquelles étaient passibles de lui donner une chance. Une nouvelle chance. Totalement différente. Mais pourquoi pas ?

Mue par une énergie nouvelle, Alice saisit son ordinateur portable et chercha un annuaire sur le net, où elle pianota dans la bande de recherche de ce dernier les noms qui lui venaient à l'esprit. Des noms qu'elle avait cru appartenir à son passé pour toujours. Elle nota les adresses correspondantes sur un bout de papier et sélectionna quelques-uns de ses croquis, qu'elle jugea les meilleurs. Les plus originaux. Les plus colorés. Mais tous bleus. En mille déclinaisons azuréennes. Elle les glissa dans plusieurs enveloppes. Frénétiquement. Rapidement. De peur de finalement changer d'avis. Sept enveloppes au total. Sept. Un bon chiffre.

Elle les posterait dans l'après-midi.

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Alice essuyait le bar avec application, faisant disparaître les traces de doigts et les auréoles laissées par les verres. Elle jeta un coup d'oeil à la pendule face à elle sur le mur, puis à Caïus et Marcus, les éternels compères. Il ne devraient plus tarder à s'en aller. La soirée touchait à sa fin. Jane était déjà partie depuis une petite heure.

Comme tous les soirs, pour faire plaisir aux deux mêmes derniers, et à elle aussi, un peu, elle monta le son de la radio. Elle s'apprêtait à aller empiler les chaises sur les tables de la salle lorsque la porte du bar s'ouvrit, la clouant sur place. Face au regard bleu qui la transperça. Machinalement, elle porta la main à son cou, fleurant du bout des doigts la marque rouge qui en ornait la peau pâle. Elle vit Jasper sourire à ce geste et rougit aussitôt. Violemment. Retirant sa main. Brusquement.

"Jasper ?", croassa-t-elle.

Elle jeta un nouveau coup d'oeil à la pendule. Effarée. Minuit et demi.

Marcue et Caïus tournèrent la tête en même temps, d'un même mouvement. Coordonné. Parfaitement. C'en était presque ridicule.

"Tiens, tiens, tiens !, jubila Marcus. Mais qui voilà ? N'est-ce pas le petit Withlock ?", lança-t-il en donnant un coup de coude à son compère.

Alice rougit un peu plus encore tandis que Caïus ricanait.

"M'est avis qu'il ne vient pas que pour la bière !",railla-t-il.

Cette fois, Alice vira au cramoisi. Jasper s'avança, saluant les deux hommes.

"Je suis désolé, s'excusa-t-il auprès d'eux. Je ne crois pas vous connaître..."

Une nouvelle fois, Caïus ricana. Pas méchant. Juste un peu moqueur.

"Non. Mais nous, nous te connaissons, jeune homme ! A vrai dire, les trois-quarts de San Angelo te connaissent !"

Jasper rit doucement, ce son faisant immédiatement frissonner Alice. Comme si son corps réagissait immanquablement à cette mélopée, vibrant de concert. Au diapason. Il passa la main dans ses cheveux blonds.

"C'est sûrement vrai.", concéda-t-il avant de se hisser à leurs côtés, sur l'un des hauts tabourets du bar.

"Je vais prendre une bière, s'il te plaît.", lança-t-il à Alice, ne regardant plus qu'elle.

"Qu'est-ce que tu fais là ?", balbutia-t-elle. Stupide. Empotée tandis qu'elle saisissait finalement d'une main maladroite l'un des verres qu'elle venait de laver.

Il eut un large sourire et elle cogna le verre contre la pression dans un tintement.

"Je réponds à une invitation !", assura-t-il, toujours souriant.

Elle déposa le verre de bière brune devant lui et encaissa sa commande. Lorsqu'elle tourna la tête, elle s'aperçut que Marcus et Caïus étaient partis. En douce. Sans même qu'elle ne s'en aperçoive. Fieffés coquins. Il n'aurait plus manqué que Jane soit là aussi. Bien qu'elle saurait tout dans les moindres détails dès le lendemain. Soit par elle-même, contrainte et forcée. Soit par un des deux cousins et leurs langues de commère. Elle soupira.

"Il n'y a pas grand monde dans ton bar...", remarqua Jasper.

Elle éclata de rire.

"Tu as vu l'heure ?", s'exclama-t-elle, moqueuse.

Ce ne fut qu'après avoir parlé qu'elle réalisa que ses mots pouvaient contenir un reproche. Ce n'était pas ce qu'elle voulait. Surtout pas.

"J'ai mis un moment avant de me décider, avoua-t-il.

- Pourquoi ?

- J'avais peur de te déranger pendant ton travail."

Elle sourit.

"Il ne fallait pas. Je t'avais invité à venir ici."

Puis, après une grande inspiration :

"Je suis contente que tu sois venu ce soir..."

Il sourit à nouveau et elle lui rendit son sourire. Le cœur battant.

"Je vais commencer à ranger la salle...", souffla-t-elle.

Elle fit le tour du comptoir, observant du coin de l'oeil la silhouette massive de Jasper sur le haut tabouret, accoudé au bar. Elle soupira et entreprit de hisser les tabourets et les chaises sur les petites tables de bois. Alors qu'elle en était à son troisième, une main le lui tira des mains et elle regarda Jasper le déposer facilement sur la table.

"Laisse-moi t'aider, proposa-t-il.

- D'accord."

En un rien de temps, tous les tabourets ne touchèrent plus le sol. Alice soupira de soulagement. Elle fredonna les premières notes du tube qui sortait de la radio, le mythique Hotel California, en se redressant. Un bras vint s'enrouler autour de sa taille, la plaquant contre le corps solide de Jasper, et elle sentit le souffle de ce dernier balayer son cou. Brûlant. Incendiaire. Elle laissa aller ses épaules contre le torse solide, et ne put retenir un gémissement lorsque ses lèvres se posèrent au même endroit que la veille. Légèrement. Mais suffisamment. Suffisamment pour s'assurer qu'elle se souvenait parfaitement de ce moment. De cet instant. De cet instant précis où il l'avait marqué. Comme sienne.

Il la retourna dans ses bras, saisissant sa main, la faisant tournoyer sur elle-même, puis revenir vers lui au son des Eagles. La faisant danser au rythme de la musique. Elle adorait danser. C'était indéniable. Depuis toujours. Mais elle adorait encore plus danser avec lui.

Elle se plaqua contre lui, l'enserrant dans ses petits bras, avant de poser un instant son front contre son torse. Inspirant son odeur. S'en enivrant. Littéralement. Les yeux clos, la tête lui tourna rapidement. Et elle redressa le visage à regrets. Pour croiser son regard et frémir. Du bleu azuréen, il ne restait plus rien que quelques reflets. Ses prunelles avaient viré au gris. Sombre. Orageux. Envoûtant.

"Jasper...", souffla-t-elle. Comme une supplique.

Il se pencha vers elle pour couvrir le bruit de la musique.

"Oui, Alice ?", murmura-t-il contre son oreille.

Elle frissonna à l'intonation de sa voix sur son prénom. C'en était presque diabolique. Elle secoua la tête, et dans un geste impulsif, sa main toujours dans son dos glissa sous son tee-shirt. Soudain avide. Avide de lui. Avide de plus. Ses doigts rencontrèrent la peau chaude de son dos, s'immobilisant lorsque les mains de Jasper agrippèrent ses hanches, puis ses fesses. Elle haleta, se plaquant un peu plus contre lui. Écrasant sa poitrine soudain douloureuse contre son torse, à la recherche d'une friction plus grande. Libératrice. Ses mains poursuivirent leur chemin dans le dos de Jasper, relevant sa chemise, suivant le contour des muscles saillants. Rassurants.

Il enroula sa main au creux de ses reins, la plaquant contre lui, violemment. Elle releva brusquement la tête. Leurs regards s'accrochèrent à nouveau. Aimantés. Et le temps sembla se suspendre une seconde. Une infime seconde. Loin, très loin, les dernières notes de la chanson parurent familières à Alice. Très loin. Et puis, Jasper plaqua ses lèvres contre les siennes et c'en fut finit de toute pensée rationnelle. Définitivement.

Immédiatement, elle entrouvrit les lèvres en gémissant. De plaisir. De désir. D'envie. De plus. Jasper immisça sa langue entre elles. Doucement. Jusqu'à la rencontre de la sienne. Initiant un ballet parfait et délicieux. Inconsciemment, elle lui mordilla la langue avant de l'aspirer un peu plus dans sa bouche. Il grogna et la plaqua un peu plus contre lui. L'empêchant presque de respirer. Elle crocheta sa nuque dans l'espoir vain de le rapprocher encore un peu plus d'elle. Il était trop grand. Alors, elle glissa ses mains dans ses cheveux, goûtant à leur douceur, et s'appliquant à les embrouiller avec délice.

La main droite de Jasper glissait sous son haut lorsque, sans même qu'elle se soit rendue compte qu'ils se déplaçaient, son dos heurta le bar. Jasper prit l'un de ses seins en coupe, le caressant à travers la dentelle de son soutien-gorge, avant de glisser dessous, titillant son mamelon. Lui arrachant un nouveau gémissement tandis que ses ongles s'enfonçaient légèrement dans son dos. Il la rendait folle. Étourdie de sensations oubliées ou nouvelles pour la plupart. Divines. Absolument.

Elle avait l'impression de brûler contre lui, sous ses mains, sous ses lèvres. Littéralement. C'était désagréable. Et agréable. Infiniment. Jasper fit courir son index le long de son buste, suivant le creux de ses abdominaux encore marqués, glissant dans son nombril en une caresse qui la fit frissonner violemment et s'arracher à leur baiser, haletante. Pantelante, les paupières toujours closes, elle le sentit déboutonner son jean et glisser à l'intérieur. Elle se mordit la lèvre et agrippa un peu plus fort ses cheveux. Il effleura à peine son clitoris et elle s'arqua aussitôt contre lui. Comme un instrument de musique parfaitement malléable pour lui, virtuose. Dans son mouvement, leurs bassins entrèrent en contact, et ils gémirent tous les deux, revenant un instant à la réalité.

Alice cligna des yeux sous la lumière blafarde du bar, et sa respiration désordonnée, bruyante, la surprit presque. Elle croisa le regard de Jasper, aussi halluciné qu'elle imaginait le sien. Elle secoua la tête.

"Pas ici...", parvint-elle à articuler d'une voix blanche. Elle se soupçonnait de vaciller dangereusement, sans les bras de Jasper et l'appui du bar dans son dos.

"Ma voiture est garée juste devant le bar, murmura-t-il.

- J'habite à deux minutes, contra-t-elle immédiatement, la voix un peu plus affermie.

- D'accord."

Ses mains quittèrent son corps, et elle frissonna aussitôt. De froid. De manque. Elle reboutonna son pantalon pendant qu'il rajustait sa chemise froissée. Elle s'assura que ses jambes ne tremblaient plus et se redressa. Elle saisit son sac et les clés du bar d'un même mouvement, éteignit les lumières, et ils sortirent dans la nuit moite.

Elle se retint de courir dans l'allée du parc, le cœur battant, sa main se serrant douloureusement et spasmodiquement sur les clés de son appartement. Les oreilles bourdonnantes, le souffle court, elle n'osait pas le regarder. Elle crut exploser sous la tension presque palpable entre leurs deux corps lorsqu'enfin, ils parvinrent à son petit immeuble. Elle inséra la clé dans la serrure et ouvrit sa porte, pénétrant la première dans son appartement sombre et silencieux. Dans la petite pièce, le son de leurs souffles sembla résonner. Amplifié. Étourdissant.

Elle releva la tête, cherchant les yeux de Jasper. Elle frissonna sous la brûlure de ses prunelles assombries. À nouveau, la tension était à son comble. Presque douloureuse. Elle serra les poings pour s'empêcher de bondir vers lui. De le toucher, de le sentir à nouveau. Plus qu'une envie, c'était un besoin. Terrifiant. Elle se mordilla la lèvre inférieure, hésitante. Mais il eut moins de maîtrise qu'elle. Son sac tomba par terre dans un bruit mat lorsqu'il la plaqua contre le mur, amortissant le choc de ses bras qui s'enroulèrent autour d'elle, tandis qu'il plaquait ses lèvres contre les siennes.

À nouveau, elle glissa ses mains sous sa chemise, recherchant le contact de sa peau chaude, dorée. Elle en déboutonna les trois premiers boutons, les derniers tombèrent au sol en petits tintements. Les mains de Jasper avaient déjà fait sauter le bouton de son jean et dégrafé son soutien-gorge, s'acharnant désormais sur son haut récalcitrant. Leurs lèvres se séparèrent un instant, lui, la débarrassant de son haut et elle, de sa chemise. Son soutien-gorge détaché tomba au sol dans le mouvement, et elle se plaqua immédiatement contre son torse, le laissant l'irradier de sa chaleur, dans un soupir de contentement absolu.

Les mains de Jasper effleurèrent ses omoplates puis suivirent la ligne de sa colonne vertébrale, lui arrachant une série de frissons incontrôlables. Elle se rapprocha un peu plus de lui, sentant son excitation contre son ventre. Sans réfléchir, elle initia un mouvement de bassin contre lui. Il se figea.

"Alice...", grogna-t-il.

Elle embrassa sa carotide.

"Oui, Jasper ?", souffla-t-elle contre sa peau. Goguenarde. Lui renvoyant l'effet qu'il lui avait fait dans le bar.

Son pantalon fut à ses chevilles en un instant, les doigts de Jasper crochetant déjà sa culotte. Lentement. S'attardant sur ses hanches, puis ses cuisses. Et elle fut nue devant lui. Sous l'opaque luminosité de la lune filtrant à travers la baie vitrée. Soudain anxieuse, sous le regard qui la détaillait. Minutieusement. À nouveau, elle se mordilla la lèvre. La main de Jasper s'éleva aussitôt vers sa bouche, caressant cette lèvre qu'elle venait de mordre. Du bout des doigts. Elle entrouvrit la bouche et lécha l'un de ses doigts, l'aspirant légèrement. Il tressaillit.

"Alice...", répéta-t-il.

Elle n'arrêta pas. Il fut sur elle en une fraction de seconde. Et cette fois, elle eut le souffle coupé par le choc de son dos contre le mur. Jasper agrippa ses cuisses, la soulevant à sa hauteur, et elle enroula ses jambes autour de lui, l'enserrant fermement. L'intérieur de ses cuisses était poisseux de désir et elle crut défaillir lorsqu'elle sentit l'érection de Jasper contre son intimité, simplement séparée de la sienne par le tissu fin de son boxer. Ses doigts tirèrent sur ce dernier, tirant désespérément dessus pour le faire descendre. Jasper comprit et s'en chargea, se débarrassant de son dernier vêtement d'une main. Le bout de son sexe vint cogner contre son clitoris et Alice rejeta la tête en arrière dans un gémissement, se cogna au mur sans même s'en rendre compte.

"S'il te plaît...", supplia-t-elle. Pantelante.

Elle n'avait pas fini de prononcer sa supplique qu'il glissait en elle, lui arrachant un long râle dans sa lente progression. Jusqu'à ce qu'il butte au fond d'elle. L'emplissant entièrement. Parfaitement. Elle ferma les paupières. Fortement. Tentant de maîtriser le plaisir qui montait en elle. Dangereusement. Trop fort. Trop rapide. Mais elle sut que c'était peine perdue lorsqu'il ressortit d'elle pour y revenir. Plus fort. Elle s'agrippa à son cou alors que sa tête tournait. Elle cala sa tête contre son épaule, inspirant son odeur, et crut défaillir lorsqu'il recommença en embrassant sa carotide au rythme effréné. Démentiel.

Et puis, elle cria alors qu'il initiait des mouvements rapides, puissants. Il s'immobilisa aussitôt.

"Ça va ?", souffla-t-il. La vibration de son souffle contre sa peau lui fit tourner la tête.

"Continue...", balbutia-t-elle. Supplia-t-elle.

Et il continua. Elle resserra l'étreinte de ses jambes autour de lui. Hébétée. C'était différent. Tellement différent de tout ce qu'elle avait pu connaître jusqu'à présent. Tellement différent des étreintes hésitantes de Jimmy. Tellement différent des étreintes bestiales de James. Tellement différent. Tellement plus doux. Plus intense. Plus important.

Elle s'arqua contre lui lorsque le plaisir la faucha, l'orgasme la submergeant. Presque par surprise. L'enserrant brusquement en elle. Il serra un peu trop fort sa taille lorsqu'il jouit à sa suite, en longs jets brûlants en elle. Et elle cria à nouveau, assaillie par une nouvelle vague de jouissance à cette sensation. Avant de retomber entre ces bras, molle et épuisée, soudainement bercée par l'écho de leurs respirations, les paupières lourdes.

"La chambre... Porte du fond...", grommela-t-elle, d'une voix à peine audible.

Elle gémit de bien-être lorsqu'il la déposa sur le lit moelleux, et vint se caler derrière elle, sa main se posant sur sa hanche, puis son ventre. Avant de descendre encore. Il effleura à peine son clitoris encore gonflé et elle se cambra contre lui, assaillie de plaisir. Encore. Ça semblait infini. Elle sentit son souffle dans son cou et il embrassa la marque qu'il y avait laissé la veille. Ses yeux roulèrent dans leurs orbites tandis qu'un de ses doigts pénétrait son intimité.

Elle eut une dernière pensée cohérente avant de sombrer.

Je vais mourir de plaisir.

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Elle émergea de son sommeil avec difficulté. Engourdie. Courbaturée. Les membres délicieusement douloureux. Elle crut un instant être revenue à Forks, à l'époque de son adolescence où elle patinait jusqu'à tard le soir, attendant son père qui la ramenait à la maison après ses gardes à l'hôpital. Cette époque bénie où le patinage n'était pas encore conflits d'entraîneurs et de chorégraphes, concessions entre partenaires, séances de musculation, ou compétition enragée. Cette époque bénie où seule la glace comptait. Où seule la face était souveraine.

Alice soupira de bien-être, s'attendant presque à entendre sa mère entrer dans la pièce, un chocolat chaud dans les mains, et la tirant de ses rêveries de sa voix douce et mélodieuse. Un rayon de soleil sur son épaule vint briser son illusion chimérique. Il ne faisait pas soleil à Forks.

Elle bougea légèrement et sentit un corps chaud contre le sien. Alors seulement, la nuit précédente lui revint en mémoire et elle soupira. Puis, l'anxiété prit le dessus lorsqu'elle ouvrit les yeux en sentant Jasper bouger contre elle. Elle roula sur le dos, tout près de lui. Et tourna la tête, plongeant dans son regard d'azur qui la fixait.

"Bonjour", articula-t-elle, la voix encore éraillée de sommeil.

Il sourit.

"Bonjour", répondit-il.

Sa main s'avança vers son visage et elle frémit lorsque son doigt traça la contour de sa pommette.

"Je ne peux pas rester longtemps, fit-il. Je dois être au bureau de bonne heure."

Elle acquiesça. Un peu déçue. Elle aurait aimé traîner au lit avec lui. À ne rien faire d'autre que le regarder. Encore et encore. Se saouler de son image. Salvatrice. Un peu soulagée, aussi. Elle se sentait terriblement maladroite. Empotée. Ils jouaient à un jeu dont elle ne connaissait pas bien les règles. Auquel elle n'avait jamais vraiment joué. Et elle n'aimait guère l'inconnu.

Soudain, alors que des détails de la nuit traversaient son esprit en boucle, inlassablement, son cœur se mit à battre plus vite, et elle formula sa remarque tout haut, sans vraiment le vouloir.

"On n'a pas utilisé de préservatif...", murmura-t-elle d'une voix blanche.

Et elle se maudit mille fois de ne pas y avoir pensé. Inconsciente. Distraite. Obnubilée. Par lui.

"Je sais. J'y ai pensé ce matin aussi, avoua-t-il. De mon côté, pas de problèmes. Tu es la première depuis longtemps."

Elle se figea face à cette révélation. Improbable. Il était beau comme un dieu. Elle secoua la tête pour se forcer à répondre, chassant les mots qui sonnaient délicieusement dans son esprit. La première depuis longtemps.

"Je prends la pilule. Et tu es aussi le premier depuis longtemps."

Pas si longtemps que ça, en y réfléchissant. Mathématiquement, pas si longtemps que ça. En réalité, cela faisait une éternité. C'était lors d'une autre époque. Un autre temps. Aujourd'hui, les étreintes rapides et brutales de James lui apparaissaient comme de mauvais souvenirs. Mais ils étaient tous les deux alors tellement contrôlés au niveau médical qu'elle savait être clean.

"Vraiment ?", questionna-t-il, étonné.

Elle sourit et se redressa, embrassant sa joue, dans le creux de sa fossette, avant de s'extirper du lit.

"Je vais faire du café. Tu peux utiliser la douche, si tu veux."

Elle sentit son regard sur elle, comme elle évoluait, nue, jusqu'à son placard, en tirant une culotte et un large tee-shirt qu'elle enfila rapidement. Puis, elle se dirigea vers la cuisine d'un pas rapide. Elle ramassa son sac qui traînait par terre dans l'entrée, et alluma la radio. Puis, la cafetière. Elle but un grand verre d'eau et entendit l'eau de la douche. Elle sortit les céréales, le lait et le sucre, qu'elle déposa sur la table. Un peu honteuse de n'avoir rien d'autre. Elle était en train de se servir une tasse de café lorsque Jasper surgit dans la cuisine. Elle déglutit péniblement à la vue de sa chemise ouverte sur son torse parfait, et ses mèches blondes mouillées. Il s'approcha d'elle et elle lui tendit une tasse de café, ne pouvant s'empêcher d'effleurer sa joue mal rasée. Le rendant terriblement attirant. Il balaya la pièce du regard avant de l'imiter et de s'asseoir face à elle à la petite table.

"Tous ces CD de Johnny Cash...", remarqua-t-il en jetant un coup d'oeil vers la chaîne hi-fi. "Je vais finir par être jaloux !"

Alice éclata de rire.

"Pas la peine d'être jaloux ! Tu n'es pas à la hauteur !", asséna-t-elle.

Il rit à son tour.

"Vraiment ? Tu ne voudrais pas être ma June ?"

Elle rit de nouveau. Il était fort. Très fort. C'était sans doute, à son sens, l'une des questions les plus romantiques qu'on lui ait posé.

"J'adorerais être ta June !, assura-t-elle.

- J'aime ton rire, affirma-t-il.

Elle détourna la tête, un instant gênée par l'intensité de son regard.

"Jolie vue.", remarqua-t-il en désignant le parc et le petit banc, par la baie vitrée.

"Très jolie vue.", renchérit-elle, avant de lancer la question qui lui trottait dans la tête depuis quelques secondes. Insupportable. "Tu veux revenir ce soir ?"

Il sourit.

"Pourquoi ne viendrais-tu pas chez moi ? Et je viendrais après-demain ?

- D'accord. Mais je suis partie trop vite la dernière fois, je ne me souviens plus où tu habites.

- Je passerais te chercher. On dit vers minuit au Concho ?

- J'essaierais de m'arranger avec Jane pour finir plus tôt si c'est calme. Je t'en verrais un message pour te tenir au courant.

- D'accord."

Il finit son café, et se leva. S'étirant, faisant jouer les muscles de son torse sous ses yeux. Tentants. Terriblement. Elle se leva à son tour, presque brusquement. Contourna la table jusqu'à lui. Évitant son regard, elle tendit les mains vers sa chemise, et entreprit de la boutonner. Avec le peu de boutons qu'il lui restait. Éloignant la tentation. Soupirant de soulagement lorsqu'elle eut refermé le dernier bouton.

"Tu vas être en retard.", souffla-t-elle.

Sans prévenir, il glissa ses mains autour de sa taille, et la souleva contre lui, plaquant un baiser sur ses lèvres encore gonflées par ceux de la nuit. Un baiser au goût de café. Délicieux.

"À ce soir, ma Junie !", lança-t-il en passant la porte.

Elle éclata de rire, et le suivit des yeux par la fenêtre. Elle s'étira et glissa un CD dans sa chaîne hi-fi, souriant lorsque les voix mêlées de June Carter et Johnny Cash retentirent dans la pièce. La question de Jasper était toujours dans sa tête. Fabuleuse. Autant que les souvenirs de la nuit dont elle ne pouvait se dépêtrer.

Tu ne voudrais pas être ma June?

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