Premier chapitre. Bonne lecture ! Faites moi part de vos avis et de vos remarques.
Chapitre 1 : L'enfer n'est pas si désagréable
Quatre mois... Cela faisait maintenant quatre mois que Bonnie et Damon étaient enfermés dans cette version de Mystic Falls, condamnés à revivre sans arrêt le même jour, le 10 Mai 1994. Bonnie n'avait toujours pas retrouvé sa magie et Damon était fatigué. Fatigué d'attendre, fatigué d'espérer qu'un jour il reverrait Elena. Il se disait que maintenant elle s'était faite à l'idée de sa « mort ». Jamais ils ne sortiraient d'ici. Il était condamné à vivre ici, avec Bonnie, qu'il appréciait plus qu'il ne voulait bien l'admettre. Ils s'étaient installés tout deux au Manoir des Salvatore et cela faisait quatre mois qu'ils cherchaient en vain. Ils avaient eu de l'espoir, un jour comme les autres où ils étaient partis faire des courses. Le carroussel du magasin s'était enclenché tout seul, la voiture de Damon avait réapparut sur le parking et pourtant, ils n'avaient vu aucun signe de vie ce jour-là, ni même les jours suivants d'ailleurs.
Il était huit heures du matin et Damon était déjà réveillée. Même s'il n'en avait pas vraiment la force, il se leva et se dirigea dans sa salle de bain pour prendre une douche. Il devait être présent pour Bonnie, elle avait besoin de lui et il avait besoin d'elle dans cette épreuve. Même s'ils se détestaient, ils devaient être présents l'un pour l'autre. Il s'observa dans le miroir, il semblait que ses traits étaient un peu plus tirés que d'habitude et il avait faim. Son besoin irrépréssible de tuer le rattrapait mais ici, dans ce monde de 1994, il n'y avait personne à tuer. Enfin, à part Bonnie mais ce n'était pas vraiment une bonne idée. Quoique... Damon réprima un sourire et sortit de sa chambre pour aller dans la cuisine.
Bonnie dormait encore, il entendait sa respiration lente alors qu'il passait devant sa chambre. Il savait qu'elle était fatiguée, elle avait besoin de repos. Tous ces grimoires qu'elle étudiait en vain la fatiguait physiquement et moralement. Il devait être présent pour elle, malgré tout.
Arrivé dans la cuisine, Damon mit un CD dans la chaine-hifi de l'époque, un vieux tube des années 90 qu'il appréciait particulièrement. Il monta le son, prit une bouteille de bourbon et commença sa recette de pancakes. Pancakes qui s'améliorait de jours en jours d'ailleurs. Damon n'avait jamais appris à cuisiner. A quoi bon quand on est un vampire ? Mais il voulait faire plaisir à Bonnie, et puis cela l'occupait, cela lui changeait les idées. Même si une autre raison moins évidente justifiait ses envies de cuisine. La bouteille de bourbon à la main, l'ustensile de cuisine de l'autre, il dansait au rythme de la musique et chantait à tue tête. Pendant un instant, il voulait juste profiter du moment et oublier.
Bonnie ouvrit les yeux lentement, lorsqu'elle sentit le soleil touché sa peau. Elle passa une main sur son visage puis s'étira doucement. Elle sentait l'odeur habituelle des pancakes. Elle fit un léger sourire. Comment Damon arrivait-il à faire ses pancakes chaque matin ? Aujourd'hui, elle se sentait épuisée et vraiment déprimée. Sa magie ne revenait pas et elle ne savait pas comment faire pour la récupérer. Ils avaient besoin de sa magie pour rentrer chez eux et leurs sorts étaient entre ses mains. Même si elle regrettait d'avoir entraîner Damon, d'un autre côté, elle était soulagée. Comment aurait-elle survécu seule, dans cet endroit ? Sans voir personne, sans pouvoir parler à quelqu'un ? Même si Damon et elle se disputaient la plupart du temps, elle était contente de le retrouver chaque matin et jamais elle n'aurait cru penser ça un jour.
Elle se leva doucement de son lit. Elle avait pris une des nombreuses chambres d'ami qui étaient à disposition. Même si ce n'était pas sa chambre, elle s'y sentait bien. Damon avait fait en sorte qu'elle s'y sente bien et elle avait apprécié cette marque d'attention. Surtout qu'elle savait que ce n'était pas le genre de Damon, surtout entre eux. Ils ne se montraient jamais vraiment de l'affection. Ils se chamaillaient, discutaient mais jamais il n'y avait eu une marque d'affection à l'ordre physique. Et Bonnie devait se l'avouer, cela lui manquait. Parfois elle avait ce manque, elle avait besoin de sentir quelqu'un près d'elle et de le prendre dans ses bras. Mais elle et Damon ? C'était vraiment trop bizarre. C'était trop tôt. Elle était contente de l'avoir auprès d'elle mais Damon, restait Damon. Il restait un vampire arrogant, égoïste, parfois manipulateur, même s'il faisait des efforts et elle ne les négligeait pas. Mais elle avait besoin de plus.
Bonnie se dirigea à la salle de bain annexe à sa chambre et après une bonne douche, puis après s'être habillée, elle descendit les escaliers pour rejoindre Damon à la cuisine, suivant l'odeur des pancakes. Visiblement, pour une fois, il n'y en avait aucun de brûlé. Elle se stoppa à l'embrasure de la porte et croisa les bras contre sa poitrine. Elle observa Damon, essayant de rester silencieuse, sachant qu'il avait une ouïe surdéveloppée. Elle sourit à pleines dents en le voyant danser, en buvant sa bouteille de bourbon. C'était une facette qu'elle aimait chez Damon. Elle l'observa quelques minutes et remarqua qu'il avait descendu de moitié sa bouteille de bourbon. Elle soupira légèrement. Il lui restait trois bouteilles à engloutir avant qu'il ne devienne excécrable.
Damon se figea brusquement et se tourna doucement vers Bonnie, l'air de rien, avec un sourire gêné. Bonnie s'approcha de lui.
« - Encore des pancakes ?
Bonjour à toi, Bon-Bon. Eh oui, encore des pancakes ! Et tu sais quoi ? J'crois que je m'améliore de jours en jours ! »
Damon lui lança un large sourire pendant qu'elle s'installait sur le tabouret du bar, et qu'il lui servait une assiette. Comme à son habitude, il créa deux yeux et un sourire en chocolat, puis deux dents de vampire avec de la chantilly. Bonnie prit sa fourchette et lui fit un sourire, qu'il lui rendit.
Il voulait savoir comment avançait les « recherches de magie » de Bonnie, mais il ne savait pas vraiment comment aborder le sujet, sachant qu'il était délicat. Il cligna doucement des yeux, engloutit une grosse gorgée de bourbon, et remarqua qu'il restait plus qu'un tiers de la bouteille : plus les jours, les mois avançaient, plus il descendait vite ses bouteilles.
« - Comment avance tes recherches ?, demanda Damon en baissant la musique. »
Ils avaient déjà eu cette discussion auparavant. Ils s'étaient disputés, comme d'habitude, à cause du manque de tact de Damon. Il lui avait malheureusement rappelé que s'ils étaient coincés dans ce monde puis quatre mois, c'était par sa faute, puisqu'elle ne retrouvait pas sa magie.
« - J'ai trouvé des choses dans le grimoire, hier soir... Ma magie est en moi, mais je dois trouvé un déclencheur. Quelque chose qui fera que... ma magie reviendra d'elle même.
Mm-mm, fit Damon. Et je suppose que c'est une bonne nouvelle ?
Laisse moi trouver la solution, fit-elle sèchement. Je vais y arriver. »
Damon haussa les épaules et soupira. Il observa Bonnie, qui évitait son regard et qui tournait pensivement sa fourchette dans son assiette. Elle était énervée, il le sentait. Il avait remarqué sa respiration qui s'était accélérée, il sentait son sang qui coulait plus vite dans ses veines. Son regard s'attarda sur son cou. Qu'est-ce qu'il ne donnerait pas pour une gorgée de sang frais ! Mais il ne fallait pas espérer que Bonnie lui offre le sien. C'était une sorcière et elle détestait les vampires. Elle le détestait, il le savait. Et comment pouvait-il vraiment lui reprocher ?
Il sentait la faim montée en lui, il souffla doucement et but le reste de sa bouteille de bourbon. Il la posa lourdement sur la table, faisant sursauter Bonnie. Il lui adressa un sourire narquois, qu'elle répondit par un regard qui en disait long.
« - Je reviens », fit-il en partant.
Bonnie le suivit du regard, inutile de lui demander où il allait. Il devait se nourrir, elle le savait. C'était un vampire, il avait besoin de sang. Elle savait qu'il avait tout un stock dans le congélateur de l'époque qui restait au sous-sol. Loin des regards indiscrets, enfin, de son regard, Damon avait demandé à Bonnie de ne jamais le rejoindre en bas. Elle n'avait jamais vraiment compris pourquoi exactement mais visiblement, il tenait à sa solitude, lorsqu'il se nourrissait.
Damon emprunta les escaliers et arriva au sous-sol. Il ouvrit le congélateur, il ne lui restait plus qu'une poche de sang et le stock de l'hôpital de la ville était vide. Il fallait qu'il aille à un autre hôpital pour s'en procurer. Il engloutit la poche d'une traîte et grogna quand celle-ci fut terminé. Il avait encore faim. Il avait réduit sa consommation depuis qu'il était dans cet endroit, il faisait attention. Il ne voulait pas choquer Bonnie. En fait, au fond de lui, il ne voulait pas la choquer, il ne voulait pas qu'elle le revoit comme un monstre. Ils commençaient à s'entendre et il ne voulait pas gâcher ça. Il balança la poche vide au congélateur et claqua la porte, agacé. Il se conduit à la cave et observa les nombreuses bouteilles qui étaient sur les étagères. Il soupira et en choisit une. Une bouteille de vin, qui venait de France, datant de l'année 1985. Un vieux vin, comme il les aimait. Puis il ne restait presque plus de bourbon, et il espérait faire plaisir à Bonnie.
Bonnie finit par manger les pancakes préparé par Damon à son intention et elle devait l'avouer, ils étaient délicieux. Enfin comparé à ce qu'il faisait au début. Elle se leva et mis l'assiette et les couverts dans le lave-vaisselle. Quand elle se retourna, Damon était face à elle, avec le sourire, une bouteille de vin à la main. Elle réprima son horreur quand elle vit du sang sur le t-shirt de Damon. Ce n'était qu'une seule goutte et pendant un instant, elle se rappela que son ami, qui se tenait devant elle était un vampire. Ces créatures surnaturelles qu'elle détestait, qui lui avait fait tant de mal. Damon fronça les sourcils : « Qu'est-ce qu'il y a ? ». Bonnie lui fit un léger sourire, pour détendre l'atmosphère qui devenait tendue et pointa du doigt la tâche rouge sur le t-shirt du vampire. Il baissa la tête et observa la tâche. Il sembla soudainement gêné et fit tout pour éviter le regard de Bonnie. Elle remarqua son malaise et ne put s'empêcher de s'en vouloir.
« - Damon, ce n'est pas grave, tu sais.
Ouais, si tu le dis... Je.. Je vais me changer, je reviens dans une minute. »
Bonnie soupira et l'observa posé la bouteille de vin sur le meuble de travail, puis partir de la pièce. Elle observa la bouteille et fut étonné de voir que pour une fois ce n'était pas du bourbon. Même si elle avait envie de rejoindre Damon, elle se sentit forcée de l'attendre. Mais au bout de quelques minutes, il n'était toujours pas revenu. Elle prit donc l'initiative de monter à l'étage et de se diriger à la chambre de Damon. La porte était entrouverte. Elle la poussa doucement et l'appela. Elle entendait l'eau couler. « Damon ? - Je suis là, Bonnie... ». Elle se dirigea vers la salle de bain du vampire, espérant qu'il ne soit pas complètement nu et qu'il lui tendait une mauvaise blague. Avec lui, à vrai dire, elle s'attendait vraiment à tout. Elle le vit en train de frotter la tâche de sang, face à l'évier, le regard dans le vide. Il était torse nu et semblait déterminé à faire partir cette tâche.
« - Qui aurait cru que tu savais lavé tes vêtements ?, fit-elle, l'air ironique. »
Contrairement à ses attentes, Damon ne releva même pas ses paroles et continuait son travail. Elle se posta à côté de lui et l'observa. Ses yeux bleus fixaient la tâche de sang, qu'il essayait en vain de faire partir. Un silence de plomb s'installa, Damon leva les yeux vers Bonnie. Elle crut voir comme un sentiment de culpabilité dans les yeux de Damon et cela l'affecta malgré elle. Elle ne le voyait jamais ainsi, Damon faisait tout pour cacher cet aspect de lui.
« - Je... Je suis pas doué pour les excuses, Bonnie. Mais heu... - Bonnie fronça les sourcils – Je suis désolé... De t'avoir mise mal à l'aise. D'habitude, je fais attention mais là... j'avais faim, je me suis précipité et voilà... »
Damon présentant ses excuses, ce jour était à marquer dans le calendrier. Bonnie lui lança un sourire rassurant et posa doucement sa main sur l'avant bras de son ami. Damon eut un léger geste de recul et sembla surpris, puis finalement touché par cette marque d'affection inhabituelle. Bonnie fit un sourire gênée, se rendant compte soudainement de leur proximité. Damon baissa la tête, elle aussi et évitaient tout deux de croiser leur regard. « Bon, je crois, que je suis pas doué non plus pour enlever le sang de mes vêtements...D'habitude, je jette le t-shirt et j'en achète un autre. ». Cette phrase eut don de faire rire Bonnie et d'avoir l'effet voulu par Damon. Il lui rendit un large sourire et lui lança son t-shirt au visage. Bonnie, surprise écarquilla les yeux et ouvrit grand la bouche.
« - Je crois que c'est plus un boulot réservé aux femmes..., lui lança t-il.
Damon !, le réprimanda Bonnie. Franchement t'es qu'un espèce de macho ! »
Damon ria aux éclats face à la mine énervée de Bonnie. Il savait qu'elle avait envie de rire, son regard la trahissait. Soudainement elle ouvrit le robinet et l'éclaboussa d'eau. Il fit un geste de recul avec un cri de surprise.
« - Espèce de fiotte, va !, lui lança Bonnie ».
Le visage du vampire se ferma soudainement, comme s'il était prêt à attaquer. Bonnie cessa de rire, et prit une mine inquiète. Non, elle ne savait vraiment pas à quoi s'attendre avec lui. Damon laissa transparaître un léger sourire. Il allait faire quelque chose, sur ses gardes, elle mit ses mains devant elle, comme pour se protéger. « Tu vas voir toi ! », lui lança t-il en riant. D'un geste rapide il la poussa dans la douche et la bloqua contre lui, afin qu'elle ne puisse plus bouger. Elle poussa un cri de surprise et ne put s'empêcher de rire, essayant de se débattre du mieux qu'elle pouvait mais Damon restait un vampire, et un homme. Il ouvrit le robinet et la mis sous l'eau, avant de partir pour ne pas être mouillé à son tour. Il ria de plus belle, voyant Bonnie, adossée contre le mur, complètement trempée.
« - Je dois te le dire, t'es vraiment super sexy toute mouillée ! »
Bonnie grogna et prit le pommeau de douche pour l'arroser à son tour. Damon mit les mains devant lui, pour se protéger, bien que ce soit un geste complètement inutile et repoussa Bonnie, tout en prenant garde de ne pas la blesser. Elle se rua sur lui en riant, il finit au sol alors que Bonnie l'arrosait de plus belle.
« - C'est bon ! Je me rends Bon-Bon ! J'me rends !
Bah alors, on s'avoue vaincu Salvatore ?, dit-elle en riant.
Jamais ! »
Damon poussa Bonnie à son tour, reprenant le dessus. Elle était sur le dos, au sol et il prit le pommeau pour l'arroser à son tour. Elle riait aux éclats.
« Damon ! Stop ! Arrête ! »
Il ria, posa le pommeau de douche et coupa l'eau. Il se posa aux côtés de Bonnie, légèrement essouflé. Il leva le poing en avant : « Et c'est la victoire de l'indestructible, Damon Salvatore, yeah ! ». Bonnie ria de plus belle et finit par se calmer doucement. Elle reprit lentement son souffle. « Ne t'inquiètes pas, je ne parlerais jamais de ta défaite. ». Bonnie leva les yeux au ciel et le poussa gentiment. Elle chérissait ces moments de complicité qu'elle partageait avec le vampire. Grâce à eux, elle oubliait tout. Elle oubliait qu'ils étaient ici, seuls, sans avoir aucune idée de comment sortir de cette impasse.
« - Merci..., fit-elle doucement, presque en un murmure.
Damon tourna la tête vers elle, et fronça légèrement les sourcils.
De quoi ?
D'être là. »
Damon lui fit un sourire sincère. Il ne savait pas vraiment quoi répondre mais ses paroles le réconfortait. Il prit une expression soudainement dure, mais pas agressive pour autant.
« Je te promets, Bonnie Benett, que je serais toujours là. Même quand on sortira d'ici, parce qu'on en sortira, je serais toujours là. »
Bonnie lui fit un sourire franc. Elle savait qu'elle s'était fait un ami, un véritable ami et qu'elle pouvait réellement compter sur Damon, désormais. Elle l'avait vu dans son regard. Après quelques minutes de silence et de regards, elle posa brusquement sa main sur le genou de Damon.
« - Allé, viens... J'ai vu qu'il y avait une belle bouteille de rouge qui nous attendait dans la cuisine ! ».
