Voilà la suite !
Chapitre 2 : Les souvenirs refont surfaces
Après s'être préalablement séchés et changés, Bonnie et Damon se retrouvèrent tout deux à la cuisine, bien décidé à boire cette bouteille de vin. Bonnie prit deux verres à vin et suggéra de le déguster dans le salon. Damon acquiesa et suivit Bonnie au salon, la bouteille à la main, qu'il avait préalablement ouverte. Ils s'installèrent tous deux sur le canapé. Bonnie présenta les verres face à elle, que Damon remplit. Il posa la bouteille sur le guéridon à sa gauche. Il leva son verre et lança un regard à Bonnie : « Aujourd'hui, je te propose une journée de répis. Une journée de plus ou une journée de moins dans cet enfer avec toi, qu'est-ce que ça change ? ». Bonnie hocha la tête. Elle était d'accord, une journée de répis ça ne pouvait lui faire que du bien. Il fallait qu'elle se détende si elle ne voulait pas finir folle. Elle leva son verre à son tour. Ils trinquèrent, ils goutèrent au vin. Damon fit une mine satisfaite.
« - En plus, c'est une bonne bouteille !
Je dois te l'accorder, tu as bon goût en matière de vin. Moi qui commençait à croire que tu ne buvais que du bourbon !
Oh, voyons Bonnie. Je sais me diversifier ! ».
Bonnie lâcha un petit rire et s'installa plus confortablement dans le canapé d'époque. Elle lâcha un soupir de bien être. Damon en fit de même et porta son verre à ses lèvres. Le vin était légèrement âpre mais rien qui ne le dérangeait. Il était bon et sa couleur bordeaux était magnifique. Pensif, il faisait tourner le précieux liquide dans son verre, tandis que Bonnie observait la pièce dans ces moindres recoins. Elle remarqua le piano dans un coin, comme s'il était à l'abandon. Elle but une gorgée de son verre et pointa du doigt l'instrument.
« - Je n'avais jamais fait attention à ce piano. Qui en joue ?
A l'époque, le fameux Oncle Zac – paix à son âme -
Je paris que Stefan sait en jouer, dit-elle avec un haussement de sourcils.
Eh non, Saint-Stefan ne sait pas en jouer. Il préfère la guitare.
Mmmh, je m'en serais doutée... »
Bonnie se rappela la première fois qu'elle avait vu Stefan, enfin, son dos. A l'époque, elle ne savait même pas qu'elle était une sorcière. Elle croyait seulement qu'elle avait des pouvoirs de médiums, selon sa grand mère Sheila. Et elle s'en était amusée. Elle avait dit qu'elle pressentait que Stefan jouait de la guitare, il faut croire qu'elle avait raison.
« - Pourquoi garder un piano qui n'a plus aucune utilité ? Ca me dépasse...
Parce que c'est classe. »
Bonnie tourna la tête vers Damon et fit une mine désabusée, avant de lâcher un sourire. Elle prit une autre gorgée du vin et se lécha doucement les lèvres.
« - Puis, un jour, je me suis dit que je m'y remettrais. »
Bonnie se tourna vers le vampire, un peu surprise. Jamais elle ne l'aurais imaginé joué du piano mais après réflexion, Damon était pleins de surprises et puis 175 ans d'existence, il devait bien avoir quelques loisirs, mis à part boire du sang de pauvres victimes. Cette pensée la fit légèrement frissonnée. Elle tenta de chasser cette idée, en revenant à l'instrument en question.
« - Tu joues du piano ? Toi ?
Fais pas ton air surpris, lui reprocha t-il. Enfin, jouais. Je sais même pas si j'y arriverais encore...
Ouais, c'est ça. Je croyais qu'un vampire avait une très bonne mémoire, vrai ?
Oui, c'est vrai.
Donc à mon avis, tu n'as pas oublié comment jouer.
Peut être... »
Damon finit son verre et s'en servit un second. Son regard s'attarda sur le piano. Il lâcha un petit rire, un souvenir d'enfance refaisant soudainement surface. Ces temps-ci, des souvenirs lui revenaient, à vrai dire, il n'avait rien d'autre à faire.
« - Qu'est-ce qu'il y a ?, demanda Bonnie, curieuse.
Rien, je me suis rappelé d'un truc, c'est tout..., répondit Damon en buvant son verre.
Raconte-moi. »
Bonnie ne connaissait pas réellement Damon. Elle savait qu'il avait été transformé en 1864 par Katherine Pierce, une femme dont il avait été éperdument amoureux mais qui l'avait trahi. Elle savait que le fait d'avoir été utilisé par cette femme l'avait détruit. Elle savait qu'il avait une relation tumultueuse avec son frère, plus jeune mais qu'au fond il était très attaché à lui, elle savait que Damon pouvait être imprévisible, impulsif et qu'il avait auparavant éteint son humanité pendant de longues années et qu'il avait peiné à la laisser s'emparer à nouveau de lui. Et aussi qu'il avait tué celui qu'ils appelaient Oncle Zac. Mais à part les horreurs qu'il avait commis ces dernières années, au final, que savait-elle réellement de lui ?
Damon se tourna vers son ami et fronça les sourcils, hésitant à se livrer. Jamais il ne se confiait ou parlait de ses souvenirs mais Bonnie semblait intéressée. Il lui lâcha un sourire et bu son verre. Il se reservit et en fit de même pour le verre de Bonnie qu'elle venait de terminer. Il posa la bouteille contre lui et lâcha un soupir.
« - Quand Stefan était enfant, il adorait m'écouter jouer. Il venait m'épier et il finissait toujours pas se recevoir quelque chose au visage..., fit-il en riant. On s'adorait à cet époque, lâcha t-il après un silence. Les inséparables frères Salvatore. J'aurais fait n'importe quoi pour lui, pour le protéger, de notre père en l'occurence ! Paix à son âme aussi ! Stefan a finit par le tuer, ce qui m'a comblé de joie. Je le haïssais... ».
Bonnie demeurait silencieuse face à ses aveux. Elle préférait le laisser se confier. Elle savait que ce n'était pas dans l'habitude de Damon et elle préférait l'écouter. Elle but une gorgée de son vin, Damon en fit de même, perdu dans ses lointains souvenirs. Souvenirs qu'il avait tout fait pour oublier mais ils restaient là. Il avait beau avoir éteint son humanité pendant plusieurs années et avoir tout fait pour que cette période ne soit jamais évoquée et pourtant. Elle s'était belle et bien passé. Il finit son verre d'une traite et s'en servit un autre. La bouteille était presque terminée. Il la fixa pensif.
« - Je m'étais même engagée dans l'armée pour lui faire plaisir. Je voulais qu'il ait mon attention...
Tu as combattu à la guerre ?, demanda t-elle intriguée.
Damon hocha la tête d'un signe positif et soupira.
« - Oui, la guerre de sécéssion. La bataille de Shiloh en 1862, pour être exact. Je me suis engagé, j'y suis resté pendant des mois... Autant de dire que ce n'était pas une partie de plaisir.
Tu as fait la guerre de sécession ?, fit-elle doucement, et un peu choquée par le traumatisme qu'une telle guerre aurait pu causer, même pour Damon. Quel âge avais-tu quand tu t'es engagé ?, demanda t-elle après un silence.
J'avais 22 ans.
Tu étais jeune... J'imagine que cela a dû être horrible...
Ca l'était oui... »
Bonnie le fixait, il tourna la tête vers elle. Il plongea son regard azur dans le sien, attendant une réaction, une pique, une blague, n'importe quoi mais non... Elle l'écoutait. Il baissa la tête et fit un léger sourire, inadéquat étant donné la situation.
« - J'entends encore les bombes explosées autour de moi, des morts de partout... J'ai été blessé par un éclat d'obus. J'ai sauvé un ami qui était coincé sous les roues d'un canon. Je l'ai ramené au campement. Après je ne me souviens plus de ce qu'il s'est passé...J'ai perdu connaissance. La joie d'être humain ! »
Le vampire se servit un dernier verre et proposa à Bonnie de finir la bouteille. Elle tendit son verre pour toute réponse. Le vampire fit un sourire et haussa les sourcils : « A force de traîner avec moi, tu vas finir alcoolique, Bon-Bon ». Bonnie sourit, ils trinquèrent. Damon porta le verre à ses lèvres, pendant que Bonnie continuait de l'observer attentivement, comme si soudainement elle arrivait à le comprendre.
« - Qu'est-ce qu'il s'est passé ensuite ?, demanda t-elle.
Oh, soupira t-il. Et bien, je me suis réveillé, soigné, j'avais reçu une lettre de Stefan. Il était en plein chagrin d'amour, tu aurais dû le voir, c'était pathétique !, lâcha t-il en riant. Et vu que je m'inquiétais pour lui, j'ai fait mon possible pour rentrer au bercail et après tu connais la suite... Katherine, l'attaque des vampires, la crypte... ».
Bonnie n'osait même pas imaginé l'horreur qu'il avait dû vivre durant ses années. Katherine avait certainement profité de lui autant qu'elle le pouvait. Damon devait être fragile psychologiquement après avoir vécu tout ça et Katherine n'avait sûrement rien arrangé.
« - Ton père a dû mal le prendre que tu reviennes à Mystic Falls, fit-elle en terminant son verre.
Oh ça oui ! C'était une honte. J'étais la honte de la famille, un déserteur.
Tu l'avais fait pour ton frère pourtant.
Ce n'était pas une bonne raison pour Giuseppe. »
Damon avait pris un air grave. Bonnie aurait voulu le prendre dans ses bras mais elle ne savait pas comment Damon allait réagir et surtout, elle n'osait pas faire preuve d'autant de proximité envers lui. Même si l'alcool faisait son effet, elle ne pouvait pas le faire. Ca lui était impossible. Damon se leva soudainement et ouvrit un des nombreux placard du salon, en sortant une bouteille de bourbon. Il fit un grand sourire, que Bonnie lui rendit.
« - Ah ! Le retour du bourbon, fit-elle, un peu éméchée.
Le meilleur ! »
Il lui servit un verre et en prit aussi un. Il resta stoïque, debout face à la cheminée, engloutissant son verre d'une traite. Il s'en servit un second. Tous ces souvenirs qui refaisaient surface l'embarassaient. Il ne voulait plus y penser mais après les avoir enfouit au plus profond de lui même pendant un siècle, il ne contrôlait plus rien. Tout lui revenait en mémoire et l'alcool aidant, cela lui faisait du bien de vider son sac. Il aimerait tant qu'elle le comprenne et il savait qu'il pouvait avoir confiance en elle, même Elena ne savait pas ces choses sur son passé. Elle savait qu'il avait participé à la guerre mais jamais il ne l'avait vraiment détaillé comme il venait de le faire face à Bonnie. Il se tourna vers elle et fronça les sourcils. Il voulait lui montrer quelque chose, un souvenir. Il voulait lui en parler mais à vrai dire, il ne trouvait pas les mots. Il s'asseya à ses côtés et se tourna vers elle. Elle fronça les sourcils, curieuse par son comportement.
« - Qu'est-ce qu'il se passe ?, demanda t-elle.
Je... J'ai parlé de mon père, commença t-il. Et... »
Bonnie se tourna un peu plus vers lui, lui démontrant par cette démarche qu'il avait toute son attention. Elle lui prit instincivement la main. « Tu peux me parler... Parle moi, Damon ». Elle aurait cru voir les yeux du vampires brillés. Allait-il pleurer ? Jamais elle ne l'avait vu ainsi et elle en était sous le choc. Le fait d'avoir été enfermé ici, seul avait changé Damon. Il n'était plus le même qu'à son arrivée. Leur relation avait aussi définitivement changée. Damon secoua la tête.
« - J'ai des souvenirs qui me reviennent, j'aimerais en parler mais... j'y arrive pas, avoua t-il. Est-ce que... je peux te montrer ? Avec mes pouvoirs ? »
Bonnie écarquilla légèrement les yeux, surprise. Même si elle était curieuse, laisserait-elle Damon entré dans sa tête ? Pouvait-elle lui faire confiance ?
« Vas-y, montre moi... ».
Un silence s'abattu sur la pièce. Damon hocha la tête et approcha doucement sa main vers la joue de Bonnie. Il sentit sa peau contre sa paume. Elle était brûlante, sûrement à cause de l'alcool. Il continuait à la fixer comme s'il attendait son accord. Elle ferma les yeux, elle voulait savoir.
Bonnie ouvrit les yeux et se retrouva plonger dans les souvenirs de Damon. Elle était là, présente mais personne ne la voyait. Une table en chêne vernis prenait toute la place dans la pièce. Un chandelier était posé au centre. Elle vit une domestique passée à côté d'elle, elle l'observa partir puis reporta son attention sur les personnes qui entouraient la table. Il y avait une femme, brune, les yeux aussi bleus que ceux de Damon. Sa mère... Face à elle, un homme au cheveux bouclés et une barbe naissante, sûrement Giuseppe, qui était le père de Stefan et Damon. A sa droite, un enfant aux cheveux blonds et aux yeux clairs, Bonnie reconnut immédiatement Stefan et ne put s'empêcher d'être attendri par le regard qu'il portait à sa mère, plein d'amour. A la gauche de Giuseppe, un autre enfant, plus vieux, il devait avoir plus de dix ans, Bonnie en déduit que cela ne pouvait être que Damon. Il avait toujours ce même regard pleins de malice, des yeux extraordinairement bleus, les cheveux noirs qui tombaient sur son front. Il avait les mêmes boucles que son père, qu'il observait avec inquiétude, alors que ce dernier portait un toast : « Si je prenais un moment pour remercier le bon Dieu de m'avoir donné une belle femme, deux gentils garçons, une table pleine de bonne nourriture et un estomac assez grand pour tout faire rentrer. ». Elle vit Stefan rire doucement face à cette dernière remarque, la mère de Damon fit un sourire et porta son verre à son tour. Quant à Damon, Bonnie le vit baisser la tête face à son assiette, l'air visiblement contrarié. Bonnie s'avança vers lui, curieuse. Qu'est-ce qui pouvait le tracasser à ce point ? Qu'est-ce qu'il allait se passer ? Le silence régnait autour de cette table. C'était un silence assourdissant. Elle vit Giuseppe boire une gorgée de son verre et le reposer en soupirant. « Fiston, mange ton dîner, s'il te plait. ». Bonnie observa le jeune Damon : « Je ne peux pas. ». Bonnie fronça les sourcils et observa Stefan qui restait silencieux.
« - Qu'est-ce qu'il se passe, chéri ?, demanda sa mère.
Ce n'était pas une invitation, Damon, reprit durement Giuseppe. Mange.
Pourquoi il ne mange pas ?, demanda Stefan, innocent d'une voix fluette qui attendrit Bonnie.
Parce que c'est Sami, répondit Damon à l'attention de son frère.
Cet animal a été créé pour être mangé, pas ton ami, » répliqua Giuseppe, autoritaire et haussant la voix, visiblement agacé par l'attitude de son fils.
Bonnie s'approcha de Damon. Elle ressentait sa peine mais aussi sa peur. Damon lui montrait non seulement ses souvenirs mais aussi les émotions qu'il avait ressentis à ce moment précis.
« - Maintenant, finis ton assiette ou tu passeras la nuit dans la cave, regrettant ne pas l'avoir fait... ».
Bonnie fut outrée et profondément choquée face au parole du père. Comment pouvait-il faire ça à son propre fils ? Elle vit Damon, déglutir. Visiblement, ce n'était pas qu'une simple menace en l'air, il allait s'exécuter si Damon n'obéissait pas. Il se tourna vers sa mère.
« - Mère... S'il vous plait, ne me forcez pas à la manger.
Tu as entendu ton père, Damon », répondit-elle après avoir lancé un regard à son mari.
Elle semblait aussi terrifiée que son fils, même si elle en laissait rien paraître. Bonnie observa Damon, baissé la tête, elle ressentit son dégoût. Pendant un instant, elle cru qu'elle allait vomir. Elle lança un regard à Giuseppe, qui ne masqua pas sa joie face à la soumission de son fils face à lui. Elle sentait la haine et la crainte que Damon portait à son égard.
Le reste du repas s'effectuait en silence. Elle vit Damon finir son assiette, dégoûté mais aussi rongé par la culpabilité. Il posa ses couverts et se tourna vers son père.
« - J'ai terminé. Pourrais-je être excusé ?
Dans un moment, répondit Giuseppe, énigmatique. Lily, fit-il en regardant sa mère, un bourbon s'il te plaît. »
Lily s'exécuta et lança un regard à Damon, puis un sourire discret à Stefan, comme pour les rassurer. Bonnie se mit vers sa place, observant désormais le trio. Elle vit Giuseppe sortir un cigare cubain de sa poche.
« Je l'ai sorti pour une occasion spéciale, fit-il en l'observant. Mais en même temps, j'ai découvert qu'il manque de l'argent dans mon bureau. Tu ne saurais rien à ce sujet, Damon ?
Non, répondit Damon le regard franc.
Stefan, tu as fouillé dans le bureau de ton père ?, demanda t-il en se tournant vers l'enfant. Il fit seulement un hochement de tête en guise de réponse négative. Tout de même, il ne s'est pas envolé !? »
Le tyran porta le cigare à ses lèvres qu'il coinça entre ses dents. Il jeta un regard insistant sur Stefan, qui s'empressa de se lever et prendre le briquet sur le meuble derrière lui, pour le poser sur la table à côté de son père. Il se réinstalla et Giuseppe alluma son cigare. Un silence de plomb régnait dans la pièce et Bonnie se sentait impuissante. Elle avait peur, peur de ce que le père de Damon et Stefan allait leur faire. Damon baissa la tête, semblait réfléchir. Il savait qui avait volé l'argent, ce n'était pas lui. Elle le savait.
« - Lequel de vous a fait ça ? Avoue ici et maintenant, comme un homme, ordonna t-il à Damon. Qui a pris l'argent ? »
Damon et Stefan échangèrent un regard. Stefan semblait terrifié et ne semblait pas comprendre réellement ce qu'il se passait. Mais il savait qui avait volé l'argent.
« - Ce n'était pas nous, répondit Damon.
Pense à tout le travail que ta mère a mis dans ton éducation pour te transformer en jeune gentleman. Tu veux lui infliger cette peine de penser qu'elle est un échec complet et total ?
Non, répondit Damon la voix tremblante mais essayant d'être dure.
Que ferait un homme ?
Il dirait la vérité, répondit Damon, ne lâchant pas son père du regard.
Et la vérité est ? »
Damon demeura silencieux et lança un regard à son frère, soucieux et inquiet de ce que son père pouvait lui faire. Jamais il ne laisserait Giuseppe touché à Stefan. Il avala sa salive et répondit en un souffle « Je l'ai pris. ». Bonnie secoua la tête. Elle savait que ce n'était pas Damon. Giuseppe baissa la tête, réprimant sa colère qui montait peu à peu en lui.
« - Je ne t'ai pas élevé pour être un voleur, ni pour être un menteur et tu dois me dire la vérité aujourd'hui. As-tu appris la leçon ? »
Damon hocha la tête. Bonnie espérait que cela en arrête là. Giuseppe demeura silencieux pendant quelques secondes, mais pris brusquement le bras de Damon. Il demeurait immobile. Bonnie observa Stefan retenir son souffle, n'osant plus bouger, se cramponnant à sa chaise.
« - C'est pour être sûr que tu t'en souviennes. »
Non, il ne pouvait pas faire ça. Bonnie s'approcha de Damon, elle vit son visage se criper. Il fermait les yeux. Alors que le tyran approchait doucement son cigare près de l'avant bras découvert de Damon. Il fixait son fils l'air dur. Quand le cigare allumé atteint sa peau, Bonnie fut prise d'effroi en entendant le cri de Damon. Elle cria à son tour, ressentant la douleur, alors que le cigare était écrasé sur sa peau. On sentait même l'odeur de la chair brûlée. Damon continuait à hurler, Stefan demeurait immobile, figé par l'horreur de ce qu'il se passait sous ses yeux.
Bonnie ouvrit les yeux et retint son souffle. Damon enleva brusquement ses mains du visage de Bonnie. Elle plongea son regard dans le sien, elle voyait les yeux de Damon embué de larmes mais son regard était dur. Sa mâchoire contracté. Il semblait retenir sa respiration. Bonnie ne savait que dire face à ce qu'elle avait vu. Sans réfléchir, elle prit Damon dans ses bras. « Je suis désolée, Damon... », souffla t-elle à l'oreille du vampire. Ce dernier fit un sourire, même si ce souvenir était douloureux, il se sentait soulagé. Un poids en moins sur les épaules. Damon enroula ses bras autour de Bonnie et la serra contre lui. Dieu que c'était agréable et il se surprit à penser qu'il ne voulait plus la lâcher, pas un seul instant. Il voulait sentir sa chaleur contre lui, son souffle chaud dans sa nuque. Il enfouit son visage dans son cou. Elle sentait terriblement bon. Son odeur était si agréable. Il se retira doucement, il sentait la soif présente et en aucun cas, il voulait blesser Bonnie. Il lâcha un rire gêné, censé détendre l'atmosphère mais à vrai dire, il ne savait plus quoi dire maintenant. Il ne savait même pas pourquoi il avait fait ça. Pourquoi il avait montré cette partie de lui ? Il voulait lui montrer, qu'avant le monstre, le tueur, le suceur de sang, l'ignoble vampire, il y avait eu l'humain, traumatisé par la guerre, mais aussi l'enfant. Il voulait lui montrer un autre aspect de lui. Il voulait lui montrer son humanité.
Damon plongea son regard dans celui de Bonnie. Il observa ses lèvres qui se tordait en un sourire, qu'il lui rendit. Pourquoi se sentait-il soudainement attiré par elle ? Cela devait être le sang, et l'alcool aussi. Il détourna son regard de celui de Bonnie et prit un autre verre de bourbon, qu'il engloutit. Puis un second avec lequel il répéta son geste. La pièce demeurait silencieuse, Bonnie repensait à ce qu'elle avait vu, elle revoyait la scène en son intégralité et se surprenait à ressentir tant de haine envers le père de Damon. Elle fit un sourire : « Ton frère a eu raison de le tuer. ». Damon se tourna vers elle, un peu surpris puis finalement éclata de rire, relâchant la pression et la tension qu'il avait contenu jusque là. Il se calma peu à peu et observa Bonnie finir son verre.
« - Merci Bon-Bon...
De rien... Merci à toi, de t'être confié à moi. Je suis contente d'avoir vu autre chose que l'affreux vampire que tu es, fit-elle en souriant. Je sais que pour toi c'est pas facile. »
Damon baissa les yeux et remplit à nouveau son verre, ainsi que celui de sa nouvelle amie. Ils trinquèrent une nouvelle fois. Bonnie se leva soudainement et tendit sa main vers Damon, l'invitant à se lever. Il fixa sa main l'air incrédule et haussa un sourcil : « Tu m'invites à danser ou quoi ? ». Bonnie leva les yeux au ciel. « Viens, on va se balader, il fait bon dehors et ça fera du bien de prendre l'air ! ». Damon dévisagea Bonnie qui demeurait immobile face à lui, la main toujours tendue. Son regard passa de Bonnie à sa main, plusieurs fois, puis finalement, il leva les yeux au ciel et la lui prit. Bonnie tira pour le lever.
« - Tu es plus lourd que ce que j'croyais ! Il va falloir de mettre au régime, je crois que tu engraisses, lui fit-elle.
N'importe quoi ! Je restais toujours et à jamais, beau comme un dieu ! C'est l'avantage d'être un vampire, mademoiselle.
Ouais c'est ce qu'on dit... ».
Damon prit un air faussement outrée, pour au final éclaté de rire. Ils sortirent du manoir. Le soleil était présent et pas un seul nuage ne venait perturber l'horizon, comme tous les jours depuis quatre mois maintenant. Il prit une bouffée d'air frais et expira aussi fort qu'il le pouvait. Bonnie avait raison, cela lui faisait du bien de prendre l'air. Il se tourna vers Bonnie qui avait les épaules relâché, les yeux fermés, son visage tourné vers le ciel. Il ne put s'empêcher de remarquer la veine du cou de Bonnie. Il sentit ses crocs apparaître dans sa bouche. Il détourna le regard et souffla. Il fallait qu'il boive du sang, sans plus tarder. L'envie devenait pressente et difficilement contrôlable. Heureusement qu'il avait ingurgité assez d'alcool pour calmer la soif. Il se tourna vers Bonnie, après avoir repris une apparence normale.
« - Cela te gêne si on va faire un tour à l'hôpital de la ville d'à côté ? »
Bonnie ouvrit les yeux et se tourna vers lui avec un sourire timide. Elle pencha légèrement la tête sur le côté. « Non, ne t'inquiète pas, on peut y aller ». Damon fit un sourire satisfait.
« - Alors en voiture ma belle ! On a de la route !
Attend, je vais chercher quelques affaires ! ».
Damon hocha la tête et partit chercher sa voiture pour la mettre devant l'allée pendant que Bonnie retournait à l'intérieur. Elle prit une veste, ses lunettes de soleil, la bouteille de bourbon et de quoi grignoter pour le voyage car la faim commençait à se faire ressentir. C'est au bout de quelques minutes qu'elle rejoint Damon, déjà au volant de sa camaro, lunettes de soleil sur le nez et un sourire ravageur. Elle le lui rendit et ne put s'empêcher de penser qu'elle était sur que cette technique du beau gosse à la belle voiture en lunettes de soleil avait dû marcher sur une centaine de filles. Elle fit un sourire et s'installa lourdement sur le siège. « On est parti ! ».
