J'avoue ne pas avoir tenu une semaine mais c'est parce que le prologue est super court et que le mercredi m'arrange au vendredi :D Tous les autres arriveront donc après 6 jours d'attentes :P

Je vous présente le chapitre 1, gracieusement corrigé par Fuwa-Chaaan ma bêta que j'adore ! Bisous à toi :*

Merci pour vos follows et vos reviews ! Je les adore :)

Sur ce, bonne lecture !


Peter se vautra dans le long canapé qui trônait au milieu du salon, faisant tout de même attention à ne pas renverser le café que contenait sa tasse. Oui, il était trois heures de l'après-midi et, oui, il prenait son quatrième café et ALORS ? Il releva la tête sur son ordinateur posé devant lui sur la table basse, prit une gorgée du liquide encore chaud, puis se décida à continuer son travail en posant l'engin électronique sur ses genoux.

« On dirait que tu prépares une attaque terroriste.

- Tu m'en crois capable ? » répond le plus jeune sans détacher les yeux de son écran.

Il faut le comprendre : il a un test demain et il est HORS-DE-QUESTION pour lui de le rater. Qu'importe qui lui parle et le sujet. Il pourrait justement y avoir un attentat qu'il s'en ficherait. De toute façon, il n'est pas autorisé à aider en ce moment.

« Bien sûr que non, pouffe son interlocuteur. Mais au vu de ta tête, on pourrait croire à un meurtre. Ou au moins à de la torture.

- C'est parce qu'il m'énerve. »

Bien que la prononciation ait accentué le "il", le ton est détaché et prouve au plus vieux que c'est juste de l'agacement et non de la haine. C'est rassurant, il n'aurait pas aimé devoir gérer de la malveillance acharnée. Il n'est pas le meilleur dans ce domaine – autant dire le pire – et ils ne sont que deux dans la tour en ce moment.

« Pourquoi ? T'aimes pas sa couleur de cheveux ? »

Bon, il n'est pas très doué avec la compassion mais le sarcasme, il maîtrise. Sauf que si Peter a au départ accepté de démarrer cette conversation, ce n'est pas pour devoir supporter les stupidités de celui qui lui a permis d'être là aujourd'hui. Autant dire que la discussion ne va pas vraiment comme il le souhaitait. Pourtant, il sauvegarde ses fichiers et ferme son ordinateur, puis il se positionne assis en face de l'autre adulte.

« Mais non. Mais… Je ne sais pas… Je suppose… Je suppose que tout chez lui est… énervant ?

- Tu me poses la question ?

- Non. Il est énervant.

- Ou tu n'acceptes juste pas qu'il y ait meilleur que toi dans ton cursus. »

Ou comment avoir du tact selon Tony Stark. Le plus jeune grommelle un contre-argument grotesque, comme quoi il ne peut pas être le deuxième, que c'est scientifiquement aberrant et physiquement impossible.

« Mais la preuve est là, le contredit l'adulte aux cheveux brun foncé. Il a eu 76 alors que tu as eu 74. Il t'est mathématiquement supérieur.

- Merci Tony de m'aider et de me soutenir ! se vexe alors le jeune homme aux courts cheveux bouclés.

- Peter Parker, soupire le plus âgé en roulant des yeux. Je suis juste en train de te dire qu'au lieu de t'opposer à lui, tu devrais plutôt chercher à le connaître.

- Et pourquoi ?

- Il a sûrement pleins de bonnes idées et tu pourrais les lui voler !

- T'es vraiment qu'un sale égoïste profiteur. »

Et sur ses chaleureuses paroles pas vraiment sincères, Peter sort du salon. Il ne voulait pas discuter avec un des adultes pour qu'on lui oppose des arguments mais pour qu'on le conforte dans son idée : le jeune Stilinski est l'incarnation du Diable sur terre. Lui qui établit toujours un bon début de relation avec n'importe qui, il vient juste de découvrir son premier cas exceptionnel : une véritable épine dans le pied ce gars.

Peter a été premier dans toutes les matières de son cursus pendant tout le début du premier semestre. De septembre à novembre, il n'avait eu aucun problème. Il le sait puisque les professeurs rendent les examens en les classant par ordre décroissant. Ça veut dire que si votre nom est le premier à être appelé, vous avez la meilleure note, ce que Peter a toujours eu. Mais alors qu'ils venaient d'entamer la fin du premier semestre depuis à peine une semaine, il avait remarqué qu'il y avait toujours le même nom après le sien. Stilinski. Drôle de prononciation selon les profs évidemment, mais toujours des remarques élogieuses. A croire qu'être deuxième est la meilleure performance de l'univers. S'il n'était pas aussi gamin, peut-être que Peter avouerait qu'il était de mauvaise foi. Ou jaloux mais bref. Sauf que ça, c'était jusqu'à ce que ce Stilinski n'ait un meilleur score que lui en Programmation. EN PROGRAMMATION ! Sa matière préférée ! Alors peut-être que ce n'est pas celle dans laquelle il excelle mais Peter a l'impression que l'autre a piétiné une part de son royaume et il déteste cette sensation. "Tout homme est seigneur en sa demeure" lui a un jour confié un homme. Les données sont son refuge et il s'en considère le roi. Ce que Stilinski venait de faire ressemblait beaucoup à un coup d'état.

Mais ça avait malheureusement continué dans les cours d'Analyse et Visualisation, de Théorie des probabilités et d'Algorithmie. En une semaine. A chaque fois, le jeune homme avait eu envie de se lever et d'humilier son adversaire. Il lui aurait posé des questions qui ne sont pas au programme mais qu'il a quand même pris plaisir à résoudre parce qu'il adore réellement tout ce qui provient des données. Son problème, c'est qu'il a à chaque fois remarqué les étoiles qui brillaient dans les yeux de l'autre lorsqu'il voyait qu'il avait réussi. Et ça, Peter ne peut pas le lui enlever. Il comprend lui-même cette intense fierté de savoir que l'on peut continuer de faire ce que l'on aime parce que l'on a un don dedans. Il la ressent à chaque fois qu'il a une note satisfaisante ou qu'il comprend une nouvelle notion. C'est comme une étincelle d'espoir, de joie et de reconnaissance envers soi qui enflamme notre cœur. C'est gratifiant. Et Stilinski semble tellement euphorique à l'idée de ne pas se rater qu'il a toujours cet immense sourire un peu enfantin malgré leurs vingt ans passés. Peter ne se l'avoue pas, mais l'autre peut être vraiment adorable avec cette tête.

Le châtain y repense alors qu'il rentre vers sa résidence universitaire. C'est vrai qu'il n'a fait aucun effort pour s'intégrer dans son groupe d'étude. Les années précédentes, les autres l'avaient rejeté dans la catégorie "alien" parce qu'il était trop au-dessus de tout le monde, en plus de s'absenter parfois en plein milieu des cours. Mais si l'équipe l'assigne à rester ici maintenant – sauf cas graves mais il a de quoi être prévenu – et que Stilinski arrive à avoir le même niveau que lui, il pourrait essayer de se sociabiliser un peu plus. Juste pour essayer du moins. Au pire, la solitude ne l'a jamais vraiment dérangé.

Son sac pendant sur sa droite et un café mocha aromatisé à la cannelle dans sa main gauche, il regarde encore les dernières nouvelles du début de soirée sur son téléphone. Il est devenu accro à la boisson un mois plus tôt, quand il a découvert une nouvelle boulangerie trois rues plus loin. Il faut dire qu'il ne peut pas se passer de café plus d'une journée et la cannelle est son épice préférée. Il en prend désormais tous les soirs quand il sort du campus universitaire. Dommage que pour aujourd'hui elle finisse sur la pelouse.

Peter relève la tête avec étonnement, mais range son téléphone par précaution et se met en position défensive. Deux gars plus âgés et qui semblent assez alcoolisés le fixent avec de l'agressivité au fond des yeux. Il reconnait deux gars de son ancien cursus. Ils ne l'ont donc pas bousculé sans faire exprès.
Super, pense-t-il. Surtout qu'il est censé rester sage pour le moment, ordre des adultes.

« Mais regarde, c'est le petit orphelin. Tu sais, celui qui a eu sa seule note en-dessous de la moyenne l'année dernière parce que son cher tonton était mort. »

Bon, la provocation est claire mais Peter peut encore choisir s'il va les rembarrer gentiment avec une énigme qu'ils vont mettre 30 ans à résoudre ou les assommer et les laisser dormir toute la nuit dans le froid de ce début novembre.

« Tu sais petit, on n'aime pas trop les geeks dans ton genre. Ceux qui n'ont pas d'amis et même plus de famille, ce sont des loosers. T'as pas de vie sociale alors qu'on est à New York ! T'es vraiment nul tu sais. »

Voilà que le deuxième s'y met. Peter sent qu'il ne refusera finalement pas d'amocher un peu deux idiots. Il a fini d'être l'adolescent peu sûr de lui qu'il était. Trop de choses se sont passées depuis pour qu'il ne change pas. Steve va encore lui dire que son don ne sert pas à le défouler mais à aider les autres, sauf qu'il s'en fiche. Et puis, il aidera ces deux-là en leur remettant les idées en place, même s'il n'apprécie pas particulièrement de se battre s'il n'y a aucune cause à défendre derrière.

« En plus, tu ne serais pas gay par hasard ? C'est pour ça que t'as une tête de tapette en fait. »

Oh non mais sérieusement ? Depuis la légalisation nationale du mariage homosexuel, les blagues et les insultes n'ont cessé de s'amplifier. C'est comme un phénomène à la mode ou discuter politique avant des élections. Et Peter trouve que le sujet revient bien trop souvent. Pour lui, la religion, l'orientation sexuelle et les opinions politiques sont personnelles et ne sont abordées que si on le souhaite, pas parce que deux demeurés ont voulu le provoquer.

Bon, s'il récapitule : ils l'ont provoqué, ils sont idiots, ils sont deux et ils l'ont énervé sur un sujet personnel. Autant dire que le manque de cause est écarté et que seul l'ordre pas vraiment direct de ne pas se battre aurait pu l'empêcher de vouloir frapper les deux imbéciles. Il enlève donc son sac et le pose doucement au sol : il a l'intention d'évacuer un peu de toute cette tension qui l'assombrit. Il se rend compte que de ne plus être le premier le stresse plus qu'il ne veut bien l'avouer, surtout que les partiels arriveront vite pour valider le premier semestre.
Mais comme la vie ne semble pas tendre avec lui, un des deux abrutis s'effondre soudain au sol et le deuxième le rejoint presque aussitôt. Et derrière eux, Stilinski. Toujours et encore Stilinski. Peter aurait pu râler pour la forme – il n'est pas une princesse en détresse, merci – mais il reste choqué par la rapidité des gestes de son adversaire. Il n'a rien vu venir lui non plus, malgré ses super réflexes.

« Comment tu as fait ? s'ébahit-il

- De rien, grommelle l'autre.

- De quoi ? J'allais pas les laisser faire, se ressaisit le châtain.

- Ouai, on y croit avec ta bouille d'ange. »

Peter ouvre grand la bouche, incapable de contre-argumenter. Lui, une tête d'ange ? Vraiment ? Mais c'est surtout le sarcasme de Stilinski qui l'agace. Déjà qu'il doit supporter Tony, il n'a pas besoin d'un autre je-sais-tout-et-je-suis-le-plus-intelligent.

« C'est sûr que t'as une tête d'assassin toi. » finit-il tout de même par répliquer.

Le petit sourire en coin qui rehausse la commissure des lèvres de son adversaire aurait pu être amusant voir même attendrissant s'il ne venait justement pas de lui :

« Ça peut servir d'avoir eu un père shérif.

- Et il fait quoi maintenant ? demande-t-il curieusement.

- Il se repose enfin. »

La tristesse et la nostalgie percent dans la réponse, en même temps que le soulagement. Peter est étonné de cette étrange combinaison, mais il ne peut poser aucune question car l'autre le dépasse sans un regard et disparait dans la nuit. Comme s'ils ne se connaissaient pas, et malgré tout le ressentiment qu'il a pour lui, Peter en est vexé. Mais après quelques secondes de réflexion supplémentaires, il se rend compte qu'il y a eu une amélioration dans leur relation : ils ont finalement échangé leurs premiers mots.


N'hésitez pas à laisser des reviews et sinon on se retrouve mercredi prochain !

Kisses